Note de l'auteur : Merci à Mademoiselle de Maupin, faerycyn, Hardcoredrugs, Fifi72, Rosabella01, Charliee3216, SatouneDV, VivreVivi et swetty-girl-35. Vous êtes adorables !
.
Le Doux Témoignage d'un Malefoy Déshérité
Chapitre 6
.
J'avais connu différent type de réveil. Brutal. Comme lorsque mon père arrivait dans ma chambre et me sortait de mon lit en me tirant par les oreilles. Sensuel. Comme lorsqu'une de mes partenaires me réveillait en me faisant une gâterie. Et bien d'autre. Des réveils oppressants, comme lorsque je sors d'un cauchemar ou triste lorsque je rêve de ma mère. Mais rarement je n'avais connu de réveil doux. Comme aujourd'hui.
J'étais allongé dans mon lit, perdu entre un rêve et la réalité. Il y avait cette voix qui fredonnait. C'était si agréable. Je n'arrivais à saisir les paroles mais l'air m'était familier. Mes yeux s'ouvrirent lentement. La voix était toujours là. Je me levais en caleçon, les yeux à demi clos et ouvrais la porte de ma chambre. Je compris qu'elle émanait du fond du couloir. De la salle de bain, précisément.
Granger prenait sa douche.
Open up and let me in
Let's go down the waterfall
Have ourselves a good time
It's nothing at all
Nothing at all
Nothing at all
C'était la chanson de Radiohead que nous devions répéter dans... Je regardais ma montre. Dans environs une heure. Le bruit de l'eau s'écoulant cessa. J'entendais tout. Le bruit de la serviette qu'elle tirait et percevais l'ombre de ses pieds, sous la porte. Elle ne chantait plus. Il n'eut plus de bruit pendant une dizaine de secondes. Je l'entendais déplacer des affaires. Puis un murmure prononcer à voix basse : "Merde."
La porte s'ouvrit tout doucement, elle tentait d'être discrète. Sa tête passa dans entrebâillement. Ses cheveux étaient mouillés et lui collaient au visage. Lorsqu'elle s'aperçut que je la voyais, elle recula subitement et fit claquer la porte.
Je levais les yeux au ciel. Quelle gamine.
-Granger, t'as foutu de l'eau partout. C'est pas moi qui va nettoyer, je te préviens.
-Comme si tu avais déjà bougé ton cul princier pour faire le ménage, l'entendis-je rétorquer derrière la porte.
Mes lèvres esquissèrent un sourire. Ca ne dura qu'un quart de seconde.
-Tu devrais te dépêcher de sortir le tien de la salle de bain, j'ai besoin de me prendre la douche.
Pas de réponse.
-Bouge toi, Granger.
-Tu pourrais retourner dans ta chambre, s'il te plaît ?
-J'y suis déjà.
-Alors ferme là, le temps que je sorte.
-Pourquoi ?
Un silence s'installa.
-J'ai oublié de prendre ma serviette de bain.
Je soupirai. Mes yeux balayèrent l'appartement. J'aperçus sa serviette sur l'étendage.
-C'est la violette ?
-Oui. Tu peux me l'apporter ?
Je me mis à sourire, en me dirigeant vers ce qu'elle cherchait.
-Si tu me supplie, peut-être.
J'attrapais son précieux. Le tissus était râpeux et sec. Un peu usé. Elle mit du temps avant de répondre.
-Tu te fiches de moi ?
-J'aimerais bien, mais non.
-Allez Malefoy, dépêche-toi.
-Je ne répond pas aux ordres.
-S'il te plaît.
-Pas suffisant.
-Malefoy !
Je m'approchai de la porte de la salle de bain, victorieux. M'adossant patiemment contre le mur, j'attendis une demande digne de ce nom. Elle mit une bonne minute.
-Je t'en prie, Malefoy.
-Maitre, la corrigeai-je.
-Va te faire foutre ! lança-t-elle.
Je devais avouer que la situation m'amusait beaucoup.
-Pour le bien commun de tous, tu devrais te soumettre. Tu es trop pudique pour sortir et je tiens trop à conserver ma santé mentale pour te voir à poil.
Une bonne minute s'écoula.
- Je t'en prie... maître, finit-elle par dire.
Je frappai à sa porte. Elle ouvrit, et laissa seulement dépasser son bras. Je m'approchais pour lui donner.
Au moment où j'allais poser la serviette dans sa main, mes yeux glissèrent sans que je ne fasse réellement attention vers entrebâillement de la porte. Il y avait un miroir, posté en face de la baignoire. Et je pouvais clairement voir le reflet. Les cheveux trempés dans le dos de Granger qui atteignait ses omoplates, sa peau laiteuse, le creux marqué par sa colonne vertébrale, la chute vertigineuse de ses reins, et le haut de ses fesses. Arrondi. Ferme.
Seigneur.
-Bon ça vient ? s'impatienta-t-elle.
Mais qu'est-ce que je venais de voir ? Je déposais la serviette dans sa main et retournais dans ma chambre. Une hallucination. Très probablement. Je me passais une main sur ma nuque. La fatigue, peut être. Mes lèvres s'entrouvrirent légèrement. Je devais sûrement avoir une expression qui laissait apparaître l'incrédulité. Non mais sincèrement. C'était Granger.
Impossible de la placer dans une catégorie élogieuse. Par principe. Mais là...
-J'ai fini, tu peux y aller ! lança-t-elle.
J'entendis la porte de sa chambre claqué. A cet instant précis, elle était nue. Sous sa serviette. Je me rendis compte de la réflexion que je venais de faire et décidai de faire comme si je n'avais jamais songé à ça. Une fois sortis de ma douche, je me rendais dans la Grande Salle pour déjeuner. Je vis Anna et décidai de m'installer juste en face d'elle. Ses cheveux pendaient toujours devant son visage. De longs filaments blonds miel qui m'empêchaient d'observer clairement son expression.
-Salut, lâchai-je en attrapant un croissant.
Je mordis dedans sans grande conviction. Il était tout chaud, et le goût de beurre fondait sur ma langue. Anna, quant à elle, m'accorda à peine un regard et un hochement de tête avant de replonger dans mon livre. Je soupirai et lui arrachai son bien.
Elle eut l'air outré.
-Mais qu'est-ce que tu fais ? J'étais en train de lire.
-Sans déconner? répondis-je avec sarcasme.
Elle leva les yeux au ciel.
-Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle, en plantant son regard dans le mien.
Je la toisai, avec serieux. Mes mains se posèrent lentement sur la table.
-Je veux faire de toi une fille que personne ne voudra plus jamais emmerder.
Ses yeux glissèrent derrière moi et se baissèrent sur son assiette. Je me tournai et aperçus un Serdaigle qui la dévorait des yeux. Lorsqu'il s'aperçut que je le fixais, il continua de manger en tentant de s'intéresser à la conversation qu'il entretenait avec ses amis.
-C'est qui lui ? demandai-je à Anna, un sourcil arqué.
-Personne, répondit-elle en rougissant.
Je levais les yeux au ciel.
-On a connu mieux comme tentative de mensonge. Enfin, soupirai-je, je t'apprendrai ça aussi.
-Je ne veux pas de ton aide, marmonna-t-elle, orgueilleuse, en jouant avec la tranche de bacon qui trônait au centre de son assiette.
-De toute façon, je ne te demande pas vraiment ton avis.
Elle leva les yeux vers moi, et m'offrit un pauvre sourire.
-Qu'est-ce que tu y gagnerais, toi ?
-Distraction, répondis-je avec franchise. Il n'y a plus personne à Serpentard, on se fait chier. Autant passer le temps.
-Je ne suis pas un rat de laboratoire, rétorqua-t-elle en reculant.
-Ce n'est pas comme ça que je te considère, contrai-je. Ca ne pourra qu'être bénéfique pour toi.
-Non merci, lança-t-elle en récupérant son livre.
Ah, de la fierté. J'aimais beaucoup. Enfin quelqu'un qui se respectait. Je l'observai, un sourire imperceptible aux lèvres. De toute façon, c'était bien clair dans ma tête. J'allais faire d'elle une fille qu'on n'embête pas.
Elle avait beaucoup trop de potentiel pour l'observer se faire marcher dessus.
.
Une fois le petit déjeuner terminé, je me rendis au Trois Sorcier en Aaron Grey. J'entrai dans le pub, il y avait quelques employés qui faisaient le ménage. Passant la serpière et nettoyant les tables. Le piano était en haut sur une estrade légèrement surélevé. Je m'y installais et commençais à jouer le morceau que j'avais répété la veille. Granger arriva avec quelques minutes de retard. Ses cheveux étaient secs, tressés sur le côté. Elle portait un haut blanc avec une veste à capuche bleu large, et un jean bleu foncé. Elle salua tout le monde avant de me rejoindre.
-Salut, lança-t-elle en me regardant dans les yeux.
Putain, j'arrivais plus à la voir comme avant maintenant. Mes yeux derapèrent une fraction de seconde sur son corps avant de remonter vers ses yeux.
-Salut.
Elle s'aperçut que je l'avais reluqué et détourna le regard, gênée. Je perçus même une pointe d'agacement. Un long silence s'installa. Elle était debout, son regard balayait la salle. Je me concentrai sur les touches du piano et lui fis une place sur la banquette.
-Vas-y, assis-toi, lui intimai-je, les yeux fixés sur le piano.
Elle s'exécuta. Je pris quelques secondes avant d'entamer le morceau. Elle me fit savoir que la cadence était trop rapide à son goût. Je tentais de réfréner le rythme afin de m'accorder a sa voix.
I might be wrong
I might be wrong
I could have sworn
I saw a light coming home...
Son timbre était rauque. Comme si elle me partageait un secret. Malsain. Je restais cependant impassible. Jouant de manière mécanique. Mes yeux glissèrent à plusieurs reprises vers elle. Les siens étaient clos et ses lèvres se mouvaient de manière lente. Presque langoureuse. Seigneur. Il fallait vraiment que j'arrête. C'était Granger après tout. Je passais le reste de la séance à me concentrer sur les notes du piano. Je ne fis aucune faute. Il fallut moins d'une heure pour que notre interprétation soit satisfaisante. Nous sortîmes du Pub, sans rien dire, marchant côte à côte en direction de Poudlard.
Au bout d'un moment, Granger finit par briser le silence.
-Tu as quel âge, au fait ?
-18 ans.
-Je ne t'ai jamais vu à Poudlard.
-C'est parce que je n'y suis pas, répondis-je sans lui montrer de réel intérêt.
Il fallait qu'elle arrête de poser des questions et s'intéresser à ma vie. Puisque je n'existais pas. Enfin, Aaron n'existait pas. Elle hocha la tête, comprenant que je n'avais pas envie de parler de moi. Une sorte de froid s'installa entre nous deux. A chaque fois qu'elle faisait des efforts pour venir vers moi, je la remballai sans préavis. Ce n'était peut être pas très gentil mais pour tout vous dire, je m'en fichai. Après tout, ça faisait plus de six ans que je la connaissai, et elle m'avait toujours paru... insupportable. D'ailleurs, elle l'était toujours. Surtout avec ses règles à la con qu'elle imposait à l'appart'. Je ne vois pas pourquoi je ferais des efforts pour être aimable avec elle. Je pretextai une excuse pour disparaître dans le village. Elle fit mine de comprendre et me répondit qu'elle me verrait ce soir, lorsque nous exécuterons notre première prestation devant tout le monde. On devait venir tôt, vers 19 heure. Elle m'avoua qu'elle avait le traque. J'avais hoché la tête sans rien dire.
En réalité, j'y pensais aussi mais mon esprit était plus tracassé par autre chose. Il fallait vraiment que je sache ce qui c'était passé après que je me sois évanoui. Et qui m'avait ramené à Poudlard.
J'avais tenté de joindre Théo en lui envoyant des lettres mais je n'avais toujours pas reçu de réponse. Il n'y avait qu'une chose à faire. Retourner au Styx. Je songeai à y faire un tour après la prestation de ce soir.
.
.
Costard noir ébène. Chemise pâle. Cheveux coiffé de manière stricte. Imperturbable. C'est ainsi que, je m'avançais jusqu'au piano. Mes nerfs tressautaient. Je n'aurais voulu l'avouer pour rien au monde mais j'avais le trac. Un silence raignait dans la salle. Tout ce que l'on entendait, c'était le bruit de mes chaussures italiennes qui épousaient le sol. Je m'installai sur la banquette. Granger fit son apparition quelques secondes plus tard. Ses boucles étaient brillantes et rassemblé sur le côté droit de son épaule, dévoila un cou pâle aux yeux de tous. Ses yeux étaient légèrement maquillés. Un léger trait d'eye liner et la courbe de ses cils semblait également soulignée. Ses lèvres semblaient brillantes. Cependant, ce n'était pas ce que l'on remarquai d'emblée.
Elle portait une de ces robes. Celles qui font tomber les hommes et attisent le regard des plus imperturbables. Rouge asymétrique, moulant son buste jusqu'à ses genoux. Le tissu semblait duveteux, et je fus pris d'une violente envie d'en caresser la texture. Le patron avait insisté pour qu'elle mette cette robe et elle avait fini par céder. Elle posa ses yeux sur moi, imprégnant son regard topaze au mien. Le coin de ses lèvres se souleva un peu. Un tressaillement. Avant qu'il ne retombe et qu'elle ne scanne la salle des yeux. Mes doigts s'approchèrent du piano attendant son signe. Quelques seconde plus tard, elle fit un mouvement de tête imperceptible dans ma direction.
Les premières notes de I might be wrong flottaient dans l'air d'une manière pesante. Jusqu'à ce que je n'entame le rythme effréné de la chanson. Granger me fixait. Ses mains glissèrent lentement jusqu'au micro. Son corps suivit le mouvement et sa voix caressa ma peau.
I might be wrong.
I might be wrong .
I could have sworn
I saw a light coming home -
I used to think
I used to think
There is no future left at all
I used to think.
Elle ferma les yeux et sans m'en rendre compte, je dévisageai ses lèvres qui se mouvaient avec sensualité, faisant traîner les dernières notes. Ses yeux se plissaient légèrement et ses mains s'accrochaient plus fort au micro. J'étais en transe. Je jouais sans même regarder les touches. Je les connaissai par coeur. La chanson arriva à son terme. La salle resta silencieuse durant quelques secondes avant d'applaudir. Nous les saluâmes avant de s'éclipser. J'avais l'impression de ressentir encore les vibrations dans ma cage thoracique.
Je remarquais dans la salle les regards graveleux de certains hommes. Ils déshabillaient Granger du regard. C'était écoeurant. Je jetais un regard à cette dernière, elle les avait remarqué mais faisait comme si elle n'avait rien vu.
Lorsque nous arrivâmes en coulisse, elle se tourna vers moi et attrapa ma main avec vivacité. Elle l'approcha de sa poitrine et la posa près de son sein. J'arrêtai soudain de respirer, devenant raide. Merlin, mais qu'est-ce qu'elle faisait celle là ?
-Tu sens ? me demanda-t-elle en me fixant droit dans les yeux.
Je me perdis dans sa couleur marron aux filaments d'or. Ses pupilles étaient si dilatés. Je la fixai, incrédule, tentant de récupérer ma main. Sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration.
-Mon coeur, expliqua-t-elle, comme il bat vite.
Ah ?
-...
Bordel. Sa main maintenait fermement la mienne sur son sein. S'en rendait-elle au moins compte? De son autre main, elle pressa mon torse.
-Le tiens bat encore plus vite, commenta-t-elle avant que je ne la repousse.
Elle se mit à rougir et détourna le regard.
-Oh, désolé. Je ne sais pas ce qu'il m'a prit.
-Evite ce genre de chose, à l'avenir.
Je m'éloignai rapidement d'elle, sans même lui laisser le temps de répliquer. Par Merlin, cette fille était complètement dérangée. J'ouvris et refermai mon poing plusieurs fois afin de faire partir les fourmillements qui s'étaient logés dans mes doigts. Le patron vint nous féliciter. Il nous informa qu'il voulait que l'on fasse un répertoire suffisant pour tenir une bonne demie heure.
Granger me proposa de se voir demain matin au Pub, je ne pus qu'accepter.
.
Une fois sortis du Pub, je décidai de me rendre au Styx. Afin de passer inaperçus, je gardais l'apparence d'Aaron Grey. La musique transportait les gens, les faisant danser, chanter. Des rayons lumineux acajou caressaient les murs. Je partis m'installer au bar afin d'avoir une vue d'ensemble sur la boite de nuit. Je commandais un coctail dont le nom était imprononçable. Le tout était crémeux et blanc, avec des coulis rouges, et une cerise brillante au centre. Je repérais rapidement le coin des fées. Il y avait Inna, la fille que Théo avait dragué la dernière fois. Elle me fixait, les sourcils froncés. M'avait-elle reconnu ? Je détournais le regard, sirotant ma boisson. La seconde d'après, je l'aperçus assise au tabouret voisinant le mien, orienté dans ma direction, le bras posé sur le bar et un air pensif.
-C'est quoi ce déguisement ? questionna-t-elle soudainement.
-On se connait ?
Elle leva les yeux au ciel.
-Oh, s'il te plait. Je n'ai pas la patience de jouer. Théo est ici avec toi ?
Je finis par renoncer.
-Comment as-tu su ? Non, il n'est pas avec moi, répondis-je.
Elle scanna les environs, sûrement parce qu'elle ne me faisait pas confiance. Elle se pencha ensuite vers moi, plongeant son regard à la teinte lavande dans le mien.
-Chaque être vivant à une aura qui lui est propre. Un palette de couleur propre aux sentiments de chacun. J'ai reconnu la tienne.
Je réfléchis à l'information qu'elle venait de me donner.
-De quelle couleur est la mienne ?
-C'est une foisonnement de couleur. Chez toi les teintes sont sombre, variant du gris au vert bouteille. Il y a quelques tâches lumineuses. C'est fascinant à observer.
Je ne répondis pas, sirotant ma boisson en regardant distraitement ailleurs. Lorsque je voulus me tourner pour regarder Inna, une autre créature troubla mon champs de vision. Je manquai de briser mon verre.
Démarche gracieuse, talons hauts, longues jambes, ventre plat et poitrine généreuse. Le tout dans une robe satinée rouge sang. Rouges lèvres carmin. Sourire amusé. Elle avait des yeux verts et des cheveux châtains. C'était la vampire qui m'avait fait une gâterie la dernière fois, dans les toilettes du Styx. Bordel. J'étais vraiment dans un sale pétrin. Elle s'approcha d'Inna qui s'était pétrifiée, attrapa avec grâce une mèche de ses cheveux afin de dégager son cou et s'approcha de son oreille.
-Dégage, petite fée. Ou bien je plante mes crocs dans ton cou si tendre, susurra-t-elle.
Inna serra les dents. Son regard était fixé sur le côté, dans la direction de la vampire sans la regarder vraiment dans les yeux. Elle me lança un dernier regard avant de descendre du tabouret et filer. La vampire prit sa place et croisa ses jambes avec classe. Le barman vint a elle, lui demandant ce qu'elle désirait.
-Un bloody Mary, s'il vous plait. O négatif.
Sa voix était si sensuel. Tout chez elle était affreusement plaisant. Elle se tourna vers moi, ce qui me permit de contempler ses longs cils noirs.
-C'est quoi cet accoutrement ? demanda-t-elle, en levant un sourcil.
Je finis par arrêter de prétendre. Apparemment, prendre une autre apparence ne trompait pas d'autres créatures que les sorciers.
-Comment as-tu deviner ? l'interrogeai-je tout de même.
-L'odeur de ton sang. Tu sens l'océan et les pluies diluviennes d'été. J'arrive même à percevoir cette sorte de fierté, qui dégage de toi. C'est... appétissant, commenta-t-elle, rêveuse.
-J'ai ma baguette, et je n'hésiterai pas à m'en servir, la prévins-je, menaçant.
Elle soupira.
-Vous êtes toujours si coincé, vous les sorciers. On pourrait passer du bon temps, tu sais. Si tu n'avais pas peur, comme ça.
-Je n'ai pas peur de toi.
Elle me fixa, d'un air provocateur.
-Ah oui ?
En une fraction de seconde, elle se trouva derrière moi et m'avait désarmé. Sa main droite agrippait mes cheveux, exposant mon cou. Elle s'approcha et posa délicatement ses lèvres sur ma peau. Je la sentis inhaler mon odeur. Je me tendis. Sa langue frôla ma peau et je sentis son autre main qui était posté sur mon épaule se crisper.
-C'est interdit dans cet établissement, lança le barman d'un air critique.
La vampire soupira et me relâcha pour regagner son tabouret.
-Malheureusement, commenta-t-elle. Comme tu vois, votre baguette magique est complètement inutile. D'ailleurs, je pensais que vu l'état dans lequel on avait retrouvé ta copine tu t'en serais rendu compte toi même.
Ma main crispa mon verre une seconde fois tandis que je me penchais en avant, les traits crispés. La mâchoire contractée.
-Tu sais qui à fait ça ? lui demandai-je, la voix vibrante sous la colère.
-Peut être bien, murmura-t-elle en détaillant ma baguette.
J'arrachai mon bien de ses mains et plantai mon regard dans le sien.
-Dis-moi, ordonnai-je.
A une vitesse surhumaine, elle était descendue de son siège et s'était approché de moi. Ses hanches pressées contre mon tabouret, entre mes jambes. Sa main s'était glissé derrière ma nuque, me forçant à me courber devant elle, pressant mon front contre le sien.
-Plus jamais d'ordres, souffla-t-elle du bout des lèvres.
J'étais perdu dans la contemplation de ses yeux, assombris. Je percevais le danger. Je n'avais pas peur, au contraire, ça m'excitait. Ses lèvres se déplacèrent jusqu'à mon lobe.
-Laisse moi boire un peu de ton sang et je te dirais ce que je sais.
Sa main gauche frôlait ma cuisse, remontant lentement. Merlin, je ne pouvais pas la laisser salir mon sang. Il était Pur. Je me respectais. Aucun sorcier digne ne donnait son sang à un vampire. Si quelqu'un l'apprenait j'étais foutu. Cependant, je n'avais pas le choix. Il fallait que je découvre qui avait fait du mal à Kheyr. D'autant plus que les écritures sur son avant bras avait été très claires. Des menaces qui m'étaient adressées.
J'allais buter ces pourritures.
-D'accord, cédais-je.
Salut mes Petits loups !
Alors qu'avez vous pensé du petit rapprochement HG/DM ? De leur prestation au Pub ? Du passage au Styx avec Inna et la vampire ? Et du chapitre en général ?
Bisous,
REDASASTRAWBERRY.
.
