James marchait là où ses pas le menaient. Autrement dit, il tournait en rond. Il était prit dans cette spirale comme il était pris dans ses pensées. Rien n'avait de sens. Il leva la tête pour regarder l'extérieur à travers la fenêtre à l'autre extrémité du couloir. Le soleil éclairait tout l'étage. Une ombre vint tourmentée l'éclairage et James pu entrevoir son père.

-James, je te trouve enfin.

-Tu me cherchais vraiment ?

-D'accord, je regardais pour voir si tu n'étais pas dans l'entourage.

-Il me semblait bien aussi…

-Mais je voudrais te montrer quelque chose.

Intrigué, James suivit son père jusqu'à l'atelier. Dans le peu de temps libre que possédait son père, il aimait bien utiliser ses mains pour bricoler ou faire de « l'art artisanal » comme il disait si bien. Aucune de ses œuvres n'avait vraiment de sens ou d'utilité. James fut donc étonné de voir un voile rouge recouvrant quelque chose d'assez long et mince.

-Une nouvelle réussite ?

-Non, une nouvelle trouvaille.

Voyant la mine enthousiasme de son fils qui adorait les souvenirs, il souleva le voile découvrant deux belles épées.

-Les Moldus utilisaient des armes pour se battre. Ils se battaient à l'origine grâce à des roches. Puis, ils inventèrent les lances. Éventuellement, l'épée fit son apparition et se modifia avec le temps. Le moyen-âge est reconnu pour ses chevaliers dont chacun possédait une épée pour se défendre. J'insiste bien sur cette époque puisque le but de l'arme n'est pas seulement d'attaquer. Tu comprends ?

-Comme toujours. Tu devrais savoir que j'écoute attentivement à tous tes cours d'histoire.

-Malheureusement, tu n'écoutes pas autant en classe…

James lui fit un grand sourire innocent.

-Donc, les épées que j'ai ramenées viennent d'Italie, ce sont des rapières. Elles datent du 16e siècle et je les trouvais plutôt belles alors j'ai décidé de me renseigner. Tu sais aussi bien que moi ce que je pense de la guerre ou de la violence physique mais on peut les considérer comme de l'art. Je me suis donc dit qu'on pourrait les essayer et voir ce qu'on peut en faire.

-Bonne idée !

Marc prit la garde des deux épées et en tendit une à son fils. Celui-ci prit inconsciemment la lame de ses deux mains et s'entailla les paumes. Il relâcha prestement l'épée en retenant un cri de surprise. Son père lança un sort pour que les blessures se referment et reprit l'épée qui était tombée.

-Oui, je comprends maintenant pourquoi on m'avertissait autant à propos des lames…

-Tu es sûr que tu veux qu'on les teste ? Juste à l'observer, je me suis blessé.

-Tu as raison, on va devoir faire quelques petites modifications.

Il lança un autre sort pour recouvrir les lames d'une protection.

-Voilà, plus de risque de voir le plancher tâché de sang. Tu sais à quel point je me ferais gronder si cela devait arriver.

-Oh oui, maman serait folle de rage de voir son beau bois ensanglanté.

-En garde !

Après plusieurs coups portés au hasard, ils développèrent une technique unique. L'un attaquait à l'aide de la pointe, l'autre grâce au côté aiguisé. Possédant des bras puissants, les coups se suivaient avec force, créant des ecchymoses sur toutes les parties atteignables. Mais à force de frapper, ils s'épuisèrent.

-Ça va suffire pour aujourd'hui.

-C'est ça, grand-père, va faire une sieste.

-Tu sais qu'en temps normal je réagirais, mais pas aujourd'hui.

-Et à quoi doit-on ce grand honneur ?

-Ta mère, elle aussi a besoin d'une sieste.

-Ah, je comprends.

Malgré ce qu'il disait, James aussi désirait une pause. Son bras droit commençait à s'engourdir et ses muscles le faisaient souffrir. Il dégouttait de sueur.

-Une douche ne sera pas de refus.

-Pour toi non plus.

-Moi au moins, je ne sens pas le vieux pou !

-Très drôle, papa, très drôle. C'est presque mature pour ton âge.

-Va-t-en avant que je ne change d'avis et que le combat ne recommence.

-Oui chef !

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Lily se promenait dans le manoir pour essayer d'apprivoiser le territoire. Elle était si gênée par ce qui était arrivé qu'elle n'osait plus demander quoi que ce soit à James, encore moi une visite. Elle entendit des bruits de lames et s'approcha de la source. À travers une porte entrouverte, elle aperçu James et Marc se battant à l'épée. Leurs coups semblaient forts et rapides mais ils n'en restaient pas moins gracieux. Ayant déjà été intéressée par le moyen-âge, Lily avait étudié un peu le sujet et avait vu certain vidéo d'escrime. Il lui semblait que les deux hommes se battaient mieux, même sans technique. Ils étaient en sueur mais leurs visages rayonnaient.

Lily reprit sa marche pour leur laisser leur moment. Une activité entre père et fils, lui prouvant que James était un être normal. Mais il était aussi puissant, sa magie était impressionnante. Il était peut-être à l'origine de ses hallucinations… Elle était perdue dans ses pensées, ne portant plus attention aux chemins qu'elle empruntait. Arrivée au tournant du couloir, quelqu'un lui pris le bras la faisant redescendre sur Terre.

-Lily, qu'est-ce qui t'arrive, dis-moi.

-James, tu m'as fait peur.

-Je te jure que je n'ai rien fait, dis-moi !

-Remus te l'a dit, j'ai des hallucinations.

-Mais tu hallucines quoi ?

-Toi.

Il recula de quelques pas. Il était encore trempé, elle remarqua ses cheveux collés sur son front.

-Non, je n'ai rien fait.

-Ha ! Je savais que ce n'était pas que ma tête ! Je savais que je ne fantasmais pas sur toi ! Mais quelle idée d'être sous ma douche en boxer ?

-Je ne l'ai jamais voulu. Tu as ta vie privée, j'ai la mienne.

-J'espère au moins que tu en as profité, espèce de pervers.

-Puisque je t'ai dit que je ne voulais pas ! Je ne savais même pas que c'était vrai, j'avais simplement une vision de toi. J'ai vu ton dos et ta tête, je n'ai rien remarqué d'autre. Je fixais mon armoire, je t'ai vu, tu t'es retourné et je revoyais mon armoire. Tu peux garder ta pudeur.

-Mais tu ne cesses de me harceler !

James resta interdit pendant un instant, réfléchissant à ses paroles. Il se ressaisit cependant.

-Ouvre donc les yeux ! Lily, je ne te coure plus après depuis l'année passée.

-Tu ne lâches pas l'affaire pour autant !

-Et alors ? En quoi ça te dérange ? Je te promets de ne plus t'approcher autrement qu'en ami, qu'est-ce que ça change si je veux plus ?

-Il ne faut pas que tu aies plus.

-Je suis tanné, Lily, tanné de te courir après. Je suis en train de te laisser de côté mais ce genre de chose prend du temps. Si ce n'était que de moi, tu serais hors de ma tête depuis longtemps. Mais je ne décide pas, je subi.

-Je subi aussi.

-Justement, je tente de tout subir, que tu n'aies rien. Mais tu viens me rechercher, on dirait que tu veux subir.

-Oh non, je ne veux pas subir !

-Alors arrête de le penser et tu ne le subiras plus. Tu cherches le mal partout alors normal que tu le trouves !

Sur ce, il partit.