Hello, un nouveau chapitre pour vous.
Mais avant de vous laisser lire, quelques réponses aux commentaires.
Remilia29: Pourquoi Espria a le même effet que le Kairôseki? La réponse n'est pas pour tout de suite, malheureusement, il va falloir patienter un peu. ^^
La crimineuse: Pour l'oiseau bleu, je me suis inspiré d'un vieil anime que je regardais quand j'étais petite où deux enfants essayaient d'attraper un oiseau bleu capable de réaliser un voeu afin de soigner leur mère malade.
Les combats contre les méchants approchent ne t'inquiète pas, même si quelques uns d'entre eux vous réservent quelques surprises. XD
Merci pour vos comms, ils me donnent envie de continuer. ^^
C'est tout pour aujourd'hui.
Bonne lecture.
PS. Monsieur Oda, je vous déteste, pourquoi me faire ça. T_T
Chapitre 7:
Un dîner presque parfait.
Seran enroula la serviette autour de son corps et quitta la cabine sans prendre la peine de se cacher. Elle savait parfaitement qu'elle n'était pas seule dans la salle de douche, elle avait sentit la présence de Law à l'autre bout de la rangée de cabines. Présence confirmée par le bruit d'eau lui parvenant. Sans s'en soucier, l'Atlante essuya ses cheveux avec une autre serviette avant de se pencher par dessus la rangée de lavabo afin d'examiner ses ecchymoses dans le miroir. Elle avait rarement récolté autant de coups pendant un entraînement, Law n'y allait de main morte. Ça ne faisait que quatre jours qu'ils s'entraînaient ensembles et déjà sa collection de bleus passait par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
Soupirant, elle ouvrit le pot d'onguent donné par nul autre que le responsable de son calvaire et commença à en appliquer sur les marques les plus récentes et les plus douloureuses. Elle achevait d'en mettre sur sa cuisse quand l'eau fut coupée dans la dernière cabine. Quelques instants plus tard, Law en sortait, une serviette autour des hanches. Seran le regarda approcher, détaillant soigneusement sa musculature finement taillée. Elle ne pouvait nier que le jeune homme était bien bâti et plutôt attrayant, très attrayant même. Du genre à plaire aux demoiselles. Enfin, s'il n'avait pas ce caractère sombre et un peu effrayant qui devait tenir les jeunes femmes éloignées.
− Ce que tu vois te plaît? Demanda-t-il avec un sourire sarcastique.
− J'avoue oui, répondit-elle en toute franchise. Et si j'en juge par les images que Esran m'envoie, ça lui plaît aussi.
Par moment, Law se demandait comment réagir devant tant de franchise. Il déposa sa trousse de toilette près de l'un des lavabo et en sortit un rasoir droit et un blaireau.
− Comment ça marche entre un symbiote et son hôte? Comment tu peux communiquer avec Esran?
− Pas directement, si c'est ce que tu veux dire.
Seran fixa son reflet dans le miroir et Law put la voir baisser les yeux vers sa cicatrice à la poitrine.
− Je peux parler à Esran si je veux et je pense qu'elle peut comprendre, mais elle ne peut pas me répondre. Pas par des mots. Les symbiotes ne parlent pas, même pas en s'adressant directement à l'esprit de leur hôte. Mais ils savent quand même se faire comprendre. Le plus souvent, ils communiquent avec leur hôte par le biais de sensations, d'impressions, parfois avec des images mentales et des souvenirs. Ce sont des créatures très sensibles aux sentiments, aux impressions et les hôtes apprennent très vite à les interpréter. La plupart des symbiotes ont un jugement très sûr et on peut s'y fier. Je n'ai pas regretté une seule fois d'avoir fait confiance à l'instinct de Esran.
Elle laissa passer un instant, regardant Law étaler de la mousse sur son visage à l'aide du blaireau.
− Elle m'a, pas exemple, fait comprendre que je pouvais te faire confiance.
− Et si elle avait tort? Demanda le pirate avec un sourire sarcastique.
− Ce serait bien la première fois.
Il y eut un instant de silence. Law ouvrit son rasoir et en vérifia le tranchant avant de le passer sur sa joue gauche.
− Que se passerait-il si un symbiote se rebellait contre son hôte?
− Je ne pense pas que ce soit possible, répondit l'Atlante en réfléchissant. Je n'ai jamais entendu parler de ce genre de cas. Je suppose qu'en cas de désaccord entre un symbiote et son hôte, les deux se contenteraient de s'ignorer mutuellement. Comme je te l'ai déjà dit, la symbiose est définitive et seule la mort de l'hôte peut y mettre fin. Je suppose qu'on pourrait prendre son symbiote à un hôte particulièrement indigne mais ça reviendrait à le tuer. Voir les tuer tous les deux, si le symbiote n'est pas transplanté rapidement dans un nouvel hôte ou s'il ne peux rejoindre la Mare Mouvante.
Tout en l'écoutant, Law changea son rasoir de main et le passa sur sa joue droite, visiblement capable d'utiliser les deux mains avec la même habilité.
− Et si le symbiote prenait l'avantage sur l'hôte, demanda-t-il.
− C'est impossible. Un symbiote ne peut pas contrôler son hôte. Sauf si l'hôte lui laisse volontairement le contrôle. On peut presque dire que le symbiote n'est qu'un passager. Un témoin muet en quelque sorte. Il voit ce que voit son hôte, entend ce qu'il entend et ressent les mêmes choses que son hôte mais tous les deux restent deux entités distinctes. On peut toujours faire la différence entre ce que ressent le symbiote et ce qu'il nous transmet. On le ressent aussi mais on sait parfaitement que ce n'est pas nous. Le caractère et les états d'âme du symbiote n'ont aucune influence sur son hôte. Ce sont juste des informations. Le symbiote peut faire part de ses sentiments, de ses craintes, et même parvenir d'une manière ou d'une autre à donner son avis à son hôte, celui-ci n'est pas obligé de s'y plier. Le symbiote ne peut pas agir si son hôte décide de ne pas écouter ses avertissements et d'agir contre son avis. A part bouder, bien entendu.
Elle regarda Law manipuler le rasoir pour corriger les contours de sa barbiche avec une précision de sculpteur.
− Tu n'as rien à craindre, ajouta-t-elle quand il baissa le rasoir pour vérifier le résultat. Il n'y a aucun risque que je vire berserk à cause de Esran.
Law resta silencieux un instant, essuyant son visage à l'aide d'une petite serviette. Il jeta un rapide coup d'oeil vers Seran qui brossait soigneusement ses cheveux encore humides, la large bande de soie noire qu'elle utilisait comme ruban posée à cheval sur son épaule en attendant d'être nouée autour de sa crinière blonde.
− On arrivera à destination demain dans la matinée, annonça-t-il, délaissant momentanément le sujet des symbiotes. Ce soir, on doit rejoindre le Chapeau de paille et son équipage.
Il n'en semblait pas particulièrement ravi.
− Je me rends sur leur navire pour leur faire part du nouveau plan. Tu viendras avec moi.
Seran se tourna vers lui en haussant un sourcil.
− Le code en atlante, tu te souviens?
− Ah oui! J'ai pas vraiment eu le temps d'y penser mais je verrai ça avec eux.
Elle noua ses cheveux avec le ruban, en faisant une large cocarde qu'elle laissa retomber dans son dos, puis laissa glisser la serviette qui la couvrait. Les yeux de Law s'agrandirent de stupéfaction.
− Tu ne devrais pas faire ça.
Seran le regarda sans comprendre.
− Te montrer nue comme ça.
Les lèvres de la jeune femme formèrent un O bien rond.
− Pourquoi? La nudité est un tabou d'où tu viens?
− Ce n'est pas la question. Au cas où tu ne t'en serais pas rendue compte, tu es la seule femme à bord d'un sous-marin qui ne voit la terre ferme que de temps à autres. J'aimerais que tu évites de faire quoique ce soit susceptible de faire perdre la tête à mes hommes.
Seran inclina la tête sur le coté, son soutient gorge entre les mains.
− Je comprends. Ma présence pourrait ... réveiller certaines choses en eux, c'est ça?
Elle enfila rapidement ses sous-vêtements avant de se tourner à nouveaux vers le capitaine.
− C'est une façon de le dire, mais oui, c'est ça. J'ai la chance d'avoir un équipage plutôt tranquille comparé à certains autres. Mais les hommes sont des hommes. Autant éviter de les provoquer pour rien.
− Je ferai attention.
Ça ne semblait pas particulièrement la vexer. Law était toujours surpris par la facilité avec laquelle elle acceptait ses décisions. Elle passa la robe blanche qu'elle avait amené avec elle et jeta un dernier coup d'oeil à son reflet avant de se détourner des lavabos. Law la regarda ranger soigneusement ses affaires dans le casier qu'il lui avait attribué avant de la rappeler.
− Seran-ya? J'ai besoin de tes mains.
Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres quand il vit la jeune femme cacher instinctivement ses mains dans ses manches, pensant qu'il pourrait avoir l'idée de les couper avec son étrange pouvoir.
− J'ai besoin de toi au bout de tes mains, précisa-t-il sans chercher à cacher son ton moqueur. Tu vas m'aider à refaire le bandage.
Il prit une paire de ciseaux chirurgicaux dans sa trousse et découpa le bandage qui lui couvrait encore le torse, laissant les bout de tissus tomber sur le carrelage. Dans le miroir, Seran put voir ce que cachait le bandage. Le tatouage en forme de coeur qu'arborait le capitaine était à présent coupé en deux par trois profondes entailles parallèle qui couraient de son épaule gauche à sa hanche droite, traversant tout son torse. Une autre cicatrice, plus courte mais plus profonde, barrait les trois premières au niveau de son coeur.
− Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle en s'approchant.
− Le résultat d'un plan bancal, répondit Law en jetant un coup d'oeil expert sur ses plaies.
Les sutures étaient propres et nettes, pas de sang ni de suppuration. La cicatrisation était bien avancée. Il allait pouvoir retirer les fils d'ici quelques jours.
− Ces blessures sont graves, remarqua Seran en s'approchant. Tu devrais être mort!
Law frissonna quand les doigts de la jeune femme se posèrent sur son torse pour suivre le tracé de la cicatrice placée au niveau de son coeur.
− Je le serais probablement si mon coeur avait été à sa place. Heureusement, je savais parfaitement ce que je risquais et je l'ai remplacé par un autre.
Seran haussa un sourcil.
− Comment?
− En utilisant mes pouvoirs sur moi-même, comment veux-tu?
Pendant qu'il appliquait de la gaze sur ses blessures, il lui expliqua de quelle manière il avait remplacé son coeur par celui de Cesar Clown. Ainsi, quand Doflamingo avait cru lui porter le coup de grâce, il avait en réalité tué son fidèle savant fou, alors que le coeur de Law était resté bien à l'abri à bord du Sunny, hors de porté de l'homme flamant. Un taré de moins dans ce monde, ça ne pouvait pas faire de mal, surtout si ça lui permettait de survivre. Enfin, ça ne l'empêcha pas de prendre une méchante raclée qui l'avait laissé plus mort que vif.
Suivant ses instructions, Seran refit le complexe pansement qui couvrait soigneusement ses blessures. Elle prit soin de le serrer suffisamment pour qu'il ne glisse pas, mais sans toutefois gêner la respiration de Law.
− A quelle heure le navire de Luffy-kun doit nous rejoindre? Demanda-t-elle en achevant le pansement.
− En début de soirée, à croire les calculs de Bepo.
Qui aurait pu croire que l'ours était le meilleur navigateur de North Blue?
− D'accord, je serais prête.
Avec ça, elle attacha soigneusement le bandage en utilisant les agrafes que Law lui tendait.
− Voilà, fit-elle. Comment c'est?
Law inspecta le bandage.
− C'est très bien pour une première fois.
Il ne prit pas la peine de la remercier avant de commencer à ranger ses instruments médicaux. Comprenant que sa tâche était terminée, Seran quitta la salle de douche en trottinant, fredonnant une chanson de son île natale.
Le soleil touchait déjà presque l'horizon quand le Heart refit surface pour naviguer bord à bord avec le Thousand Sunny. Quand Law posa le pied sur le pont couvert de gazon de l'extravagant navire de son allié, il fut accueillit à grands cris par Luffy qui se planta devant lui avec son sourire idiot sur le visage.
− Hey, Torao, je suis content de voir que tu vas bien, annonça-t-il en riant.
Son regard tomba alors sur Seran qui inspectait le gazon sur lequel elle marchait d'un air surpris.
− T'es là aussi Sora!
Il en semblait particulièrement ravi, à moins que ce ne soit à l'idée du repas qui les attendait, si Law en jugeait par la délicieuse odeur de nourriture lui parvenant de la cambuse.
− On a des plans à discuter, rappela Law.
− Ouais, ouais, on verra ça après mangé.
Seran aurait juré entendre Law grogner.
Sans plus attendre, Luffy passa un bras autour des épaules de Law, qui sembla faire des efforts pour ne pas le lui couper, et l'entraîna vers la cambuse. Seran suivit en se demandant si elle devait rire ou s'inquiéter pour Luffy. Quand elle entra dans la salle à manger, elle vit que la majorité de l'équipage était réuni là: le blond aux sourcils enroulés, les deux filles, le squelette ambulant, le grand type en slip de bain, le type aux long nez et un autre qu'elle n'avait pas encore rencontré. Ils ne semblaient pas particulièrement ravis de les voir, mais aucun ne fit de remarque. En discutant avec Law et avec Bepo, Seran avant compris que Luffy avait accepté cette alliance avec Law sans demander l'avis de son équipage. Il était évident que ledit équipage n'était pas ravi de la situation. Il était vrai qu'elle même avait ressenti un désagréable frisson dans le dos quand elle avait appris que cette alliance avait pour but de vaincre l'un des hommes les plus puissants navigant sur ces eaux. Mais elle devait la vie à Law et elle était prête à la sacrifier pour lui s'il fallait. Là où Law irait, elle le suivrait, fut-se même en Enfer.
− T'es qui, toi? Demanda le type à la tignasse verte qu'elle n'avait encore jamais rencontré.
Il la fixait avec un regard ouvertement suspicieux.
− Seran, répondit-elle sans se formaliser de son impolitesse. J'appartiens à l'équipage du Heart.
− Ah oui, les autres m'ont parlé de toi. T'es la fille qui ne sais pas parler.
Une petite moue boudeuses déforma les lèvres de Seran.
− Je sais parler maintenant, objecta-t-elle.
Le type aux cheveux verts se détourna d'elle, se moquant visiblement des progrès qu'elle avait fait. Haussant les épaules sans chercher à comprendre, Seran fit le tour de la table pour se trouver une place quand son regard croisa celui de Law. Il lui fit clairement comprendre qu'elle avait tout intérêt à s'asseoir près de lui et à subir avec lui les lubies de Luffy. Docile, la jeune femme pris place près de son capitaine et retint un sourire quand elle le vit lever les yeux au ciel tandis que Luffy lui racontait l'une de ses aventures ridicules.
Petit à petit, les membres de l'équipage de Luffy les rejoignirent, prenant place suivant un schéma qui semblait établi à l'avance. Le voisin de Seran s'avéra être une boule de poils coiffée d'un drôle de chapeau, encore un. Quand elle le vit, la jeune femme ne put retenir une exclamation ravie qui sembla le figer de terreur.
− Trop mignon! Une peluche qui marche.
Avant de comprendre ce qui se passait, Chopper fut soulevé du sol et se retrouva coincé contre la poitrine de la jeune femme en une accolade qui faillit l'étouffer. Il laissa échapper une plainte tandis que ses petits sabots s'agitaient pour essayer de trouver une issue.
− Je ne pense pas que Luffy-ya apprécie que tu étouffes son médecin, Seran-ya, intervint Law d'une voix étonnement froide.
La jeune femme se tourna vers lui et remarqua qu'il ne regardait pas dans sa direction, préférant fixer un point imprécis au dessus de l'épaule de son allié. Se demandant ce qui lui prenait, l'Atlante relâcha son étreinte et posa Chopper sur ses genoux.
− Tu es médecin?
La petite créature acquiesça d'un hochement de tête timide.
− Comme Law, alors!
Un grognement mécontent prévint Seran que son capitaine n'appréciait pas d'être comparé à son petit collègue à fourrure.
− Qu'est-ce que tu es au juste? J'ai jamais vu de créature comme toi avant.
Seran le fit tourner entre ses mains pour l'inspecter sous toutes les coutures.
− Ohé, arrête ça, s'écria Chopper retrouvant sa petite voix. Je suis pas un phénomène de foire, je suis un renne.
Ça sembla laisser l'Atlante perplexe.
− Un renne? Qu'est-ce que c'est?
Elle se tourna vers Law et constata qu'il faisait toujours semblant de regarder ailleurs.
− Une sorte de cerf qui vit dans les pays froids, répondit-il tout de même.
Seran se tourna à nouveau vers Chopper.
− J'en avais encore jamais vu. Est-ce que tous les rennes sont comme toi?
− Mais non, s'écria le petit renne, visiblement outré de la confusion. Moi, j'ai mangé le fuit de l'humain. C'est pour ça que je peux marcher et parler comme un humain.
− Encore l'un de ces fruits qui donnent d'étranges pouvoirs. J'ai l'impression que j'ai pas fini d'en voir.
La conversation s'arrêta là, Sanji amenant les premiers plats à table. Sitôt le plateau posé, Luffy se rua dessus et une vive bagarre s'en suivit. Sanji dut écarter Luffy de la table d'un coup de pied en pleine figure qui l'envoya valser au fond de la pièce. Si ça ne sembla pas troubler Law, Seran en resta bouche bée, stupéfaite par le comportement du blond. Elle n'eut cependant pas le temps de réagir, Sanji se jeta à ses pieds et prit sa main entre les siennes, des coeurs dans les yeux.
− Ne t'en fait pas, Seran adorée, je m'occupe de ce morfale, tu peux prendre tout ce que tu veux.
− Euh ... merci.
Ne sachant pas comment réagir, elle décida d'imiter Law et de faire comme si tout était normal à bord de cet étrange navire.
Le début du repas se déroula tranquillement. Enfin aussi tranquillement qu'un repas puisse se dérouler à bord du Thousand Sunny. Luffy, Sanji, Zoro et même Usopp ne cessaient de se chamailler, se disputant le contenu des plats posés devant eux. Parfois, un peu de nourriture volait d'un bout à l'autre de la table et Nami assomma Sanji à coup de bâton pour avoir taché son nouveau teeshirt. Seran observait les interactions entre les membres de l'équipage en comprenant ce que Law avait voulu dire par "avoir la chance d'avoir un équipage plutôt tranquille comparé à d'autres". Nul doute qu'il pensait à son exubérant allié en disant ça.
Quand l'appétit de Luffy sembla enfin se calmer, ce qui prit pas loin de trois services, Law décida qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. Il n'était pas venu pour un dîner tranquille ou encore pour passer la soirée à écouter Luffy faire étalage de ses aventures rocambolesques. Repoussant son assiette, il s'accouda à la table. Comprenant que l'heure n'était plus aux chamailleries inutiles, l'équipage tout entier se tut, tournant son attention vers le chirurgien.
− Nous arriverons à destination demain dans la matinée, commença-t-il. L'île que nous allons rejoindre s'appelle Ranchorosa. Si j'ai choisi cette île c'est pour une bonne raison. Depuis quelques mois déjà elle est la cible des attaques fréquentes d'un sbire de Kaido, un certain Darkov. Il n'est pas très important dans l'organisation de Kaido, mais après notre mésaventure à Dressrosa, j'ai pensé qu'il valait mieux s'attaquer aux petits poissons avant de faire plonger leur maître. La perte du SAD et des fruits artificiels a certainement été un coup dur pour Kaido, mais visiblement pas assez pour l'obliger à bouger. Notre but est donc de le harceler jusqu'à ce qu'il finisse par commettre une erreur.
Luffy regardait Law en clignant des yeux comme s'il n'avait pas compris un mot de ce qui venait d'être dit. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde.
− C'est bien beau tout ça, mais comment on est sensé faire pour en arriver là, intervint Nami.
− En éliminant les intérêts de Kaido dans le Nouveau Monde les uns après les autres, répondit Law. Ranchorosa a peut-être l'air d'une île comme les autres mais elle renferme un secret qui attise bien des convoitises: la plus grosse mine de diamants de ce coté de Red Line.
− Des diamants, s'écria Nami, les yeux brillants de convoitise. Qu'est-ce qu'on attend pour éliminer ce sale type?
− Il est très fort, remarqua Zoro en vidant son verre. Il arrive même à manipuler Nami!
Les bras croisés sur sa poitrine, Usopp approuva d'un vigoureux hochement de tête.
− Fermez la, bande de crétins, s'écria la rouquine en leur lançant une bouteille vide.
Indifférent aux chamailleries des autres, Law continuait à expliquer son plan, même si les seuls qui y étaient encore attentifs étaient Franky, Sanji et Seran. Le chirurgien avait tiré une carte de sa veste et l'avait étalé sur la table pour la montrer à tout le monde.
− Voici une carte approximative de Ranchorosa. Comme vous le voyez, l'île ne compte qu'une seule ville, pas très importante, mais aucun port. Les diamants extrait des mines sont acheminés jusqu'à cette baie, ici.
Il montra un point sur la carte.
− Ce serait simple d'attaquer les convois pour couper l'approvisionnement de Kaido, mais ce ne serait qu'une solution provisoire. Ce que nous voulons c'est couper cette route définitivement.
− Comment, intervint Seran en se passant une main sur le front. Même si nous parvenons à éliminer ce type, ce Darkov, rien n'empêchera Kaido d'envoyer un autre de ses mignons sur cette île pour continuer le travail.
− Précisément, répondit Law avec un sourire digne des pire comploteurs.
Seran le regarda un instant, commençant à comprendre ce qu'il avait en tête.
− Tu comptes détruire la mine?
− Je savais bien que c'était une bonne idée de t'amener, Seran-ya.
Il baissa les yeux vers sa carte.
− La mine se trouve quelque part par ici, fit-il en désignant une vaste zone au centre de l'île, mais j'ignore où précisément. Voilà ce qu'on va faire. Demain, on jettera l'ancre dans cette petit crique qui devrait suffire à protéger les navires. Pendant que mes hommes et moi chercherons des renseignements sur la mine, toi et les tiens, vous vous renseignerez sur ce Darkov et ses troupes. Je sais que c'est utopique, mais essayez de vous faire discrets. On en est pas encore à la phase de combat, on cherche juste des renseignements. Pas question de rentrer dans le premier crétin venu sous prétexte qu'il a bousculé une vieille. Darkov doit ignorer notre présence le plus longtemps possible. C'est clair, Luffy-ya?
Luffy avait posé le menton sur le bord de la table et fixait la carte comme si c'était la chose la plus barbante qu'il ait jamais vu.
− Ouais, ouais, fit-il d'un ton qui indiquait clairement qu'il aurait nettement préféré être ailleurs et s'amuser. Les renseignements d'abord, je suis pas idiot!
Law préféra ne pas dire à voix haute ce que cette réflexion lui inspira. Il replia la carte et la remit dans sa poche.
− On sera en mesure de monter un plan plus précis quand on en saura plus.
Il se tut un instant, attendant les questions de ses alliés. N'en entendant pas, il conclut qu'ils avaient tous compris ce qu'il avait expliqué et espéra que c'était bien imprimé dans leurs crânes. De toutes façons, il commençait à les connaître et avait compris qu'avec eux, il ne servait à rien de faire des plans précis. Ils arrivaient toujours à déclencher des évènements qui mettaient à mal même le plan le mieux préparé, comme il avait eu l'occasion de s'en rendre compte à Punk Hazard et à Dressrosa.
− A ton tour, Seran-ya, fit-il après un instant de silence.
Se rappelant soudain pourquoi elle était là, Seran se redressa sur sa chaise.
− Ah oui. Euh ... Par où commencer?
Elle réfléchit un instant, confrontée au même problème que depuis son arrivée sur le Heart: que dire de son île natale sans en dévoiler les secrets?
− Quand on s'est rencontré, il y a quelques jours, Robin-san m'a demandé d'où venait mon accent, commença-t-elle en regardant ses mains croisées sur la table. J'ai répondu qu'il venait de loin. La vérité c'est que je suis Atlante, et qu'il y a encore une vingtaine jours, je ne parlais pas un mot de votre langue.
Il y eut un instant de silence autour de la table.
− Atlantide? Commença Robin d'une voix lente. Cette île existe réellement.
Seran hocha la tête. Robin ouvrait la bouche pour poser des questions, mais Seran l'arrêta d'un geste.
− Je répondrai aux questions plus tard, assura-t-elle. Pour le moment je dois vous parler d'une idée du capitaine.
Du coin de l'oeil, elle vit Law s'enfoncer dans son siège, s'accouder à la table et poser sa tête sur son poing, un sourire satisfait aux lèvres.
− Nous savons tous à quel point il est simple d'intercepter une communication par escargophone, vrai?
Le regard de la jeune femme glissa justement vers le gros escargot dormant sur une table près de la porte de la cambuse.
− Le capitaine m'a demandé d'établir un code manuscrit que nous allons pouvoir utiliser pour nous envoyer des informations, sans craindre que quelqu'un puisse le décrypter.
Elle tira de son soutiens gorge un papier soigneusement plié en quatre.
− Voici une liste de quelques glyphes, l'écriture que les Atlantes utilisent. Je ne vous ai mis que ceux qui seraient les plus susceptibles de nous être utiles, accompagnés de leur traduction. Ça devrait suffire pour les premiers tests de notre petit code. Je pourrai vous en enseigner d'autres plus tard, si vous le souhaitez.
Elle tendit la feuille à Robin qui y jeta un coup d'oeil avant de fixer sur Seran un regard exorbité.
− Ce sont des lettres atlantes? Interrogea-t-elle, la voix tremblante.
− Pas des lettres, des glyphe, corrigea la jeune femme. Chacun d'eux représente une idée qui mises bout à bout finissent par former des phrases. On les appelle glyphe parce que ...
− A l'origine ils étaient gravés dans la pierre.
Seran tourna vers Robin un regard méfiant.
− Exact, comme le sais-tu?
− Je connais cette écriture, révéla l'archéologue. Je peux la lire.
Elle leva un regard effaré vers Seran qui ne semblait pas moins stupéfaite.
− C'est impossible, fit-elle en secouant la tête. Personne en dehors d'Atlantide ne peut comprendre cette écriture. Il y a des siècles que l'île n'a pas eu de vrais contacts avec l'extérieur.
Elle détourna la tête un instant, pour rassembler ses idées, visiblement prise de cours, puis fixa à nouveaux ses yeux de saphir sur Robin.
− Comment connais-tu cette langue? Demanda-t-elle en atlante.
A sa stupéfaction, l'archéologue répondit dans la même langue.
− Je l'ai appris quand j'étais enfant. Ma mère faisait parti d'un groupe de savants qui étudiaient des stèles couverte de cette écriture.
Un silence interloqué suivit cet échange. Tous les regards étaient fixés sur les deux jeunes femmes. Même Law semblait particulièrement intéressé par la tournure des évènements.
− Est-ce que tu as des croquis, des notes que je pourrais voir? Demanda Seran revenant à la langue commune pour faciliter la compréhension des autres.
Robin hocha la tête et se leva pour sortir de la cambuse. Elle revint quelques instants plus tard et tendit un carnet à Seran. L'Atlante le feuilleta attentivement, prenant soin de s'arrêter sur tous les passages relatifs aux stèles dont parlait l'archéologue.
− On les appelle Ponéglyphe, précisa Robin. On en trouve sur de nombreuses îles de Grand Line. La plupart révèle des secrets datant de l'époque à laquelle elles furent érigées. D'autres traitent des Armes Antiques. Le Gouvernement Mondial en a interdit l'étude et chasse férocement toutes personne capable de les lire.
− Armes Antiques? On a quelque chose comme ça dans notre tradition, en Atlantide. Mais c'est plutôt quelque chose de terrifiant, comme un avertissement, et il est interdit d'en parler, même de l'évoquer. On sait que ça existe mais ça s'arrête là. Personne ne doit chercher à en savoir plus. Je ne suis pas certaine mais je pense que c'est une forme de censure pour essayer d'oublier un événement obscur de notre histoire.
Robin fronça les sourcils. La plus pure confusion semblait régner dans l'esprit des deux jeunes femmes.
− C'est bien de l'Atlante, confirma Seran après avoir parcouru la majorité des documents concernant les Ponéglyphes. Enfin, une forme d'Atlante. Il y a quelques différences, la construction des phrases fait un peu archaïque et certains glyphes ne sont plus utilisés depuis longtemps. Comme celui-ci "Nema", le Peuple. Aujourd'hui on utilise plutôt "Asha".
Elle ferma le carnet et le rendit à Robin.
− Pourquoi étudies-tu ces Ponéglyphe?
− Pas pour trouver les Armes Antiques, si c'est ce qui t'inquiète. Je veux connaître la Véritable Histoire. Comprendre ce qui a put se passer il y a neuf cent ans et qui vaille la peine que le Gouvernement Mondial aille jusqu'à détruire toute une île pour le garder secret.
− Neuf cent ans! Répéta Seran, pensive. C'est l'époque à laquelle Atlantide a cessé de regarder vers l'extérieur pour s'enfermer sur elle même. Tout ça serait lié?
La question ne s'adressait à personne en particulier, personne ne détenant la réponse. Seran réfléchissait à voix haute essayant de comprendre et se demandant pourquoi Esran se faisait si discrète depuis le début de cette étrange conversation. Le symbiote savait probablement quelque chose qu'il lui était interdit de révéler. Seran savait qu'elle ne devait pas essayer de la forcer à répondre, il n'y avait aucun moyen d'obliger Esran à lui faire part de ses connaissances si elle ne le devait pas. C'était un mystère qu'elle allait devoir résoudre seule.
Seran était toujours pensive quand elle regagna le Heart en compagnie de Law qui, de son coté, semblait particulièrement satisfait de la soirée. Si on omettait les pitreries de Luffy et de son équipage, tout s'était particulièrement bien déroulé pour lui. Il avait enfin pu faire part d'une partie de son plan à son intenable allié et avait découvert que Seran n'avait pas besoin de perdre son temps à enseigner les glyphes à Robin, vu que celle-ci parlait l'atlante. Plus besoin de mettre au point un code écrit, les deux jeunes femmes pourraient aisément se faire passer les informations par escargophone. Il avait en plus découvert un début de mystère qui semblait valoir la peine qu'on s'y intéresse. Même s'il n'était pas féru d'histoire et de langue, il devait avouer qu'une énigme mettait toujours son intelligence en éveil.
− A ton avis, que c'est-il passé il y a neuf-cent ans? Pourquoi les stèle cherchées par Robin-ya sont rédigées en Atlante? Tu ne lui as rien dis, mais je suis sûr que tu as des idées.
La jeune femme s'adossa au bastingage sur le pont du sous-marin et croisa les bras sur sa poitrine.
− Je ne peux que faire des suppositions, répondit-elle en le regardant dans les yeux. J'ignore pourquoi Atlantide s'est coupée du monde, mais je sais qu'à l'origine, avant cette fermeture, c'était certainement la civilisation la plus brillante de ce monde. On a beaucoup perdu depuis la fermeture de l'île. Un peu comme une race qui régresse à force de vivre enfermée.
"C'est une histoire que seule la Mère des Âges, la femme qui se situe au dessus des Martiarches, connaît. Un secret qui n'est pas partagé avec le reste du peuple Atlante. Mais je crois qu'il y a eu une guerre. Contre qui, je l'ignore, mais je suppose que si tout le monde essaie de l'oublier, c'est que le résultat ne fut pas glorieux.
Law resta muet un instant avant de demander:
− Et tu ne crains pas que la vérité soit si terrible que le monde ne se remette pas de sa découverte?
Seran se décolla du bastingage et se dirigea vers la porte ramenant à l'intérieur du sous-marin.
− On apprend de nos erreurs, répondit-elle. Si on décide de les oublier qu'est-ce qui nous empêche de les commettre à nouveau? Et puis, quel que soit ce secret que les Atlantes et le Gouvernement Mondial essaient de cacher, ce n'est pas à eux de décider ce qui doit être oublié ou pas. L'Histoire nous enseigne ce qu'on doit éviter de faire ou de refaire mais si on la censure, rien ne nous empêche de plonger à nouveau dans une guerre qui aurait pu être évitée.
Là dessus, elle entra dans le sous-marin en lui souhaitant bonne nuit. Silencieux, Law la regarda disparaître dans la coursive, un sourire en coin aux lèvres.
− Le moins que l'on puisse dire c'est que tu es vraiment intéressante, Seran, murmura-t-il avant de lever les yeux vers le ciel.
La pleine lune éclairait le navire d'une lueur fantomatique.
− Combien de découvertes vais-je encore faire à ton sujet?
Sans perdre son sourire inquiétant, Law entra à son tour dans le sous marin, fermant la porte étanche derrière lui.
