Bienvenue pour un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Comme toujours merci pour toutes les reviews que je reçoit, ça me motive beaucoup. En vous souhaitant une agréable lecture.

Théodore Barney

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Chapitre 7 : Les cases

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Contrairement à ce que tout le monde disait, Hermione ne sortait pas avec Cormac. Du moins pas encore. Tout ça pour la simple et bonne raison qu'elle se posait beaucoup de questions, notamment au sujet de sa dernière relation avec Viktor Krum. La jolie brune croisa les bras et s'avança vers la fenêtre de sa chambre pour regarder la pluie tomber au-dehors.

D'un côté, si elle refusait d'écouter ses sentiments pour Cormac, elle savait qu'elle allait s'en vouloir pour longtemps et d'un autre côté si elle laissait le barrage céder pour de bon, elle craignait que cela se finisse de la même façon qu'avec Viktor.

Tu en fait des caisses, se dit-elle en soupirant. Arrête de jouer l'égoïste et fait plaisir à quelqu'un pour une fois.

- Je sais comment le faire craquer, dit-elle à haute voix avant de sortir de sa chambre pour aller dans la salle commune des Gryffondor deux étages plus haut.

Il était déjà 21h00 passées lorsqu'elle y arriva, et s'assit en face de Harry qui lisait La Gazette du Sorcier. Ron était déjà partit se coucher en prétextant un rhum passager pour éviter de croiser sa meilleure amie.

- Tu veux un verre d'eau ? Demanda Harry.

- Non merci.

Hermione se tritura les mains, visiblement embarrassée par ce silence entre eux. Au bout d'un moment Harry leva les yeux de son journal.

- Tu sais, j'ai réfléchi et je pense que Cormac est un type bien, honnêtement tu devrais te faire plaisir et aller avec lui. Je ne suis pas aussi susceptible que Ron, crois-moi.

- Je devrais aller lui parler.

- Non, très mauvaise idée quand il fait la tête. Ça passera comme toujours je suppose.

La préfète-en-chef regarda tristement le feu qui ronronnait dans l'âtre sans répondre.

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Crabbe et Goyle revenaient de leur habituelle excursion à Pré-au-Lard et comme d'habitude ils rentrèrent par là où ils étaient passés, c'est-à-dire par le passage secret qui permettait de passer des cachots à la taverne La Tête Du Sanglier. Et encore une fois ils avaient avec eux leur lot complet de bouteilles aux contenus divers.

- La moisson de novembre a été belle on dirait, déclara Drago qui était nonchalamment allongé sur un canapé de velours, la tête sur les genoux de Pansy. Passe-moi un verre d'hydromel Goyle !

Il vida le shot d'un trait et se passa la main sur la bouche avant de s'allonger à nouveau.

- C'est vraiment pratique d'habiter dans les cachots, ricana Blaise. Ont peut acheter tout l'alcool qu'on veut à n'importe quelle heure sans que Rogue ne lève le petit doigt. N'empêche que sans ce souterrain ont seraient mal, pas vrai les gars ?

Les deux gorilles hochèrent la tête puis s'assirent dans un coin pour compter tout l'argent en liquide qu'il leur restait ( c'est-à-dire pas grand chose ) .

- Pansy ?

- Oui mon Dragichou ?

- Viens dans ma salle commune pour cette nuit, tu va faire de beaux rêves.

Nott éclata d'un rire gras, mais Tracey qui se tenait à-côté lui flanqua une beigne qui le fit taire rapidement.

- On ne t'as pas appris à respecter le roi des Serpentard Théo ? Cracha-t-elle.

- Relax ma belle, gloussa Pansy tout en caressant les cheveux de Drago.

Celui-ci se leva d'un bond et sortit de la pièce, suivit de près par la jeune femme. Dès qu'ils furent partis, ce fut la bagarre générale pour savoir qui aurait le droit d'occuper le canapé le plus confortable de la salle commune.

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Le samedi suivant, Drago se rendit à nouveau dans le bureau du directeur du château car il avait de nouvelles questions qui lui venaient en tête. Dumbledore l'accueillit comme à son habitude avec un sourire bienveillant, mais cette fois il sortit une belle bouteille de vin de derrière une étagère et rempli deux coupes en cristal puis en tendit une à Drago.

- Pourquoi toute cette mise en scène ?

- Je vous offre simplement un verre pour que nous puissions discuter plus tranquillement d'homme à homme.

- Je n'ai pas encore 18 ans, affirma le beau blond.

- Vous êtes cependant bien plus mûr que la plupart des personnes de vôtre âge.

Il burent tous les deux puis le directeur le regarda de derrière ses lunettes en demi-lune, ce qui mit Drago mal à l'aise.

- Posez-moi vos questions mais je ne vous promets pas de répondre à tout.

Le roi des Serpentard se leva et arpenta la pièce, son verre de vin rouge à la main. Au bout d'un moment il releva la tête et arrêta de marcher.

- Vous n'attendez absolument rien de moi pour le moment ?

- Je vous demanderais quelque chose chaque fois que cela sera nécessaire. Ce n'est pas nécessaire pour l'instant.

- Autre question : mon père est sensé apprendre que je suis l'élu ?

- Il le sait déjà, soupira Dumbledore.

Drago contracta les muscles de sa mâchoire et ferma les yeux, se contenant pour ne pas laisser éclater sa rage.

- Mais cela n'a aucune importance car il ne sait pas de quoi vous êtes l'élu puisqu'il ne connaît pas la prophétie. En vérité j'oserais dire qu'il est un bouclier pour toi et ta mère contre Voldemort.

- C'est faux, mon père n'est qu'un lâche ! S'exclama le jeune homme.

- Je ne serais pas aussi cruel à vôtre place, même si ce n'est pas un ange il faut le reconnaître.

- Il a préférer se soumettre alors qu'il avait la possibilité de fuir, m'imposant une vie de servitude.

- Tout le monde ne peux pas être courageux comme vous l'êtes Drago. Souvent les hommes choisissent de rester bien confortablement chez eux en obéissant plutôt que de se révolter et de dire adieu à la belle vie tranquille.

Dumbledore lui sourit puis se versa une autre coupe de vin.

- Quand est-ce que vôtre père projette de faire de vous un fidèle vassal du Seigneur des Ténèbres ?

- L'été prochain, marmonna Drago. Je n'y ait pas encore réfléchi.

- Je ne te donnerais aucun conseil hormis celui-ci : n'écoute pas tes intérêts personnels mais plutôt ton cœur. Serait-tu donc prêt à renoncer à ta liberté aussi jeune ? Tu peux disposer si il n'y a pas d'autres questions.

- Il n'y en a aucune. Au revoir monsieur le directeur.

Dès qu'il fut sortit, le beau blond se rendit sur le terrain de quidditch pour l'entraînement collectif. Le match prévu pour la semaine suivante face à Serdaigle devait être préparer sérieusement car Gryffondor le rival éternel avait déjà un tour d'avance, ce qu'il fallait tout de suite rattraper. Dans les gradins Tracey se serra contre Blaise en prétextant qu'elle avait froid, ce qui n'était peut-être pas faux mais cet argument fit tout de même sourire Blaise.

- Tu était avec Montague, non ?

- On a rompu. D'ailleurs ce méchant garçon est sur le terrain en ce moment.

- Et tu es déjà en manque ?

- Tais-toi ! S'offusqua la jeune fille en le tapant à l'épaule.

- Je prends ça pour un oui.

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Après l'entraînement Drago partit faire son petit tour habituel dans le parc sans regarder autre chose que la pelouse trempée par la rosée d'automne. Il se posa en bordure de la forêt interdite et tenta d'écouter les battements de son cœur. Il mit sa main sur son côté gauche et l'entendit, le sentit sous la peau, son cœur qui battait doucement à un rythme calme et apaisant. Drago ferma les yeux et pensa à ce que lui avait dit le directeur. Il ne l'appelait même plus le vieux fou, cela aussi ça lui était passer par dessus la tête. Non, en fin de compte il n'était pas prêt. Il attendrait l'été pour choisir. Soudain il entendit des éclats de voix et s'arracha à ses pensées, sortant même sa baguette de sa poche.

Mais ce n'était que Granger qui discutait avec Mc Laggen alias le blaireau pour Drago, puisqu'il trouvait que cet individu dégageait une odeur nauséabonde.

- Et tu ne lis presque jamais ? Comment tu fait ?

- Je compense par les activités physiques, ça développe d'autres types de muscles.

Pathétique, se dit Drago. Comment peut-elle ne serait-ce que parler avec ce blaireau puant ? Ah oui, j'avais oublié que je parlais de Granger, rien d'étonnant alors.

Il s'appuya nonchalamment à un arbre et écouta distraitement le reste de la conversation. Pour ne pas trop s'ennuyer il contempla un écureuil gris qui sautait de branches en branches, mais il ne trouvait aucun intérêt à ce qu'il faisait ( car pour Drago tout était une question d'intérêts ) . Et il décida de se divertir un peu en arrivant près de Cormac et Hermione. Il passa entre eux comme si ils n'existaient pas mais glissa quelque chose dans la main de la brune avant de faire un petit sourire en coin à son intention. C'était un petit bout de papier sur lequel était marqué : tu as fait tomber ça.

Et à-côté se trouvait son collier préféré offert par sa mère pour son onzième anniversaire.

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Ron marchait de long en large dans la volière du château. Il était venu voir si il y avait du courrier adresser à son nom mais quand il avait vu qu'il n'y avait rien, il s'était mis à penser à Hermione. À y penser très fort. Elle le faisait sûrement exprès, cela devait être une technique visant à le faire sortir de ses gonds. Dans tous les cas il était impossible qu'elle n'ait pas capter ses signaux d'alerte. Elle se fichait royalement de lui alors qu'il avait fait un superbe match récemment tandis que Mc Laggen lui il avait fait quoi ? Rien. Et puis il était trop vieux, pourquoi fallait-il toujours qu'elle choisisse des hommes vieux ?

Le rouquin retourna au château les mains enfoncées dans les poches de son pantalon. Sur son chemin il tomba sur Tracey collée à Blaise.

- Dit donc c'est pas toi Zabini ? Harry a une dette envers toi.

- Ouais c'est ça, confirma le métis d'un air amusé. Malgré sa taille imposante, Ron le dépassait d'une tête. Sacrément grand pour un roux...

- Je t'offre ce que tu voudras.

- Tu plaisantes j'espère ? A-t-on déjà vu un griffon offrir quoi que se soit à un Serpentard ?

- Il y a un début à tout, rétorqua le rouquin avec le sourire.

- Il n'est vraiment pas mal pour un roux ce Weasley, déclara Tracey une fois qu'il fut parti. Il ne t'arrive pas à la cheville, mais quand même.

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Le soir-même Ron évita de s'approcher d'Hermione car elle discutait avec Cormac. Résigné, il monta dans son dortoir sans dire bonne nuit à personne. Le lendemain Harry emmena Blaise aux Trois Balais pour lui offrir un verre.

- Tu vas encore ici ? Nous ont va tous à La Tête du Sanglier.

- Mais c'est malfamé à ce qu'il paraît.

- Et alors, où est le problème ? C'est une vraie taverne au moins.

Harry soupira puis ils allèrent à La Tête du Sanglier. On leur demanda se qu'ils voulaient et Blaise commanda du gin.

- C'est toi qui régale, Potter.

- Arrête de m'appeler comme ça, on croirait entendre Malefoy.

Harry posa cinq mornilles sur la table et le barman rempli deux verres de gin.

- Tu bois ça toi ?

Blaise éclata de rire devant l'air sidéré du Gryffondor.

- Pourquoi, qu'est-ce que tu bois toi d'habitude ?

- Euh...de la bierraubeurre.

Blaise rit de plus belle puis trinqua avec Harry pour éviter de le gêner encore plus.

- Décidément les griffons vous me surprendrez toujours. De la bierrraubeurre...c'était en troisième année que l'on buvait ce genre de boisson.

- Excuse-moi de ne pas être à la page niveau alcool, se dédouana Harry. Ce n'est pas ce qui m'intéresses vraiment si tu vois ce que je veux dire. À propos, vous nous appelez tout le temps les griffons ?

- Vous nous appelez bien les serpents, les sobriquets marchent dans les deux sens Potter.

- Eh Blaise, ça va ? S'exclama Pansy en lui faisant la bise.

Harry ne pu s'empêcher de loucher sur les jambes de gazelles et sur le décolté de la jeune femme avant qu'elle ne retourne voir ses copines.

- Et oui Potter, il n'y a pas que toi qui est populaire à Poudlard. Bon, je pense qu'il est temps de rentrer maintenant.

Ils se séparèrent au niveau de la Grande Salle. En montant les escaliers pour regagner sa salle commune, Harry entendit à nouveau des murmures et se surprit à regarder autour de lui encore une fois. Il tendit l'oreille mais ne perçu qu'un son léger comme le vent, pratiquement inaudible. Pourtant ils les entendaient bel et bien, ces murmures étranges qui se répercutaient en échos sur les murs couverts de tableaux.

- C'est bon Harry, tu deviens déjà schizophrène à ton âge, se dit-il.

Il ne fut pas surpris de ne trouver ni Hermione ni Ron dans la salle commune. Après tout, chacun faisait la tête à l'autre et elle avait du aller à la bibliothèque et lui au terrain de quidditch.

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Drago était assit dans la clairière à-côté du vieil ouvrage qui menaçait de tomber en poussière à chaque instant. Ce jour-là, le ciel était moins bleu que d'habitude, plus terne. Même si ce lieu était différent de tous les autres endroits qu'il avait pu connaître, il arrivait parfois que le paysage ne soit pas aussi immuable que souhaité. Aucune brise n'agitait la surface à l'eau pure du lac sur les berges duquel il s'asseyait à chaque fois. Le mystère était là, à portée de main et attendait de s'offrir à lui. Le roi des Serpentard n'avait jamais été impatient mais il devait avouer que pour une fois une certaine excitation s'emparait de lui, une curiosité incroyable.

Drago sortit le talisman d'une de ses poches et le regarda longuement. C'était sa mère qui le lui avait offert le jour de sa naissance. Il devait être très ancien car des caractères gothiques étaient gravés dans le métal. Il repensa en souriant au collier que Granger avait fait tomber par inadvertance, ou plutôt qu'il avait lui-même sciemment fait tomber. Ça lui avait fait tellement de bien que d'exposer sa supériorité aux yeux de ce blaireau de Mc Laggen, et en prime il savait que Granger avait failli le remercier pour son collier, il l'avait vu dans son regard.

Le beau blond rangea le talisman et s'allongea dans l'herbe. Quand il revint enfin dans la salle commune des Serpentard une heure plus tard, il se versa un verre de whisky pur malt et Blaise vint s'asseoir à-côté de lui.

- Potter et moi on a pris un verre, déclara le métis. Eh, tu m'écoutes ? On dirait que ça ne te choque pas.

- Content pour le balafré, murmura Drago. Il se força à ne pas trembler et se demanda quand est-ce que Potter saurait à propos de cette histoire d'élu.

Il partit à la fenêtre et regarda longuement dehors, s'attendant peut-être à voir Potter surgir et lui dire qu'il avait tout entendu.

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Le lendemain le beau blond se retrouva en potions avec Blaise, mais il avait la tête ailleurs. Comme il était l'élève préféré de Rogue, celui-ci ne releva pas son évident manque d'attention. Dean au contraire subit de plein fouet les foudres du professeur de potions pour ses bavardages avec Neville. Hermione quand à elle retrouva Harry et Ron pour le déjeuner. Évidemment le rouquin faisait la tête, retournant les aliments dans son assiette sans leur prêter beaucoup d'attention. La jolie brune discuta donc avec Harry pour ne pas accroître la tension déjà présente.

Ce fut le soir-même que Cormac la rejoignit à la bibliothèque. Hermione esquissa un petit sourire malicieux et lui montra un énorme volume posé sur la table de travail.

- Que-ce que c'est encore ?

- Quelque chose qui va te faire plaisir, dit-elle en lui montrant le titre.

- Oh ! Le quidditch à travers les âges, c'est vrai que je n'ai jamais penser à le lire.

Un peu plus tard, Cormac sortit de la bibliothèque avec l'énorme livre sous le bras. Hermione et lui s'arrêtèrent près de la salle commune des préfets pour se dirent bonne nuit.

- Tu me ressemble beaucoup avec ce livre dans les mains, rit-elle. J'ai bien envie de te voir t'y mettre.

- Moi c'est d'autre chose que j'ai envie, dit-il en plaquant ses lèvres contre les siennes.

Le livre qu'il tenait à la main s'écrasa par terre mais il n'y prêta aucune attention et approfondit le baiser avec Hermione. Il s'arrêta pour reprendre son souffle, faisant voler quelques mèches brunes au passage.

- Tous les livres du monde ne vaudraient pas un baiser avec toi.

- Je prends ça pour une insulte, dit la brune en riant.

Puis elle se fit plus sérieuse et l'embrassa encore une fois.

- Passe une bonne nuit, dit-elle en s'éloignant.

Aucun des deux n'avaient remarquer la silhouette qui les épiait dans l'ombre d'une colonne de pierre.

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- Alors comme ça vous êtes vraiment en couple ? Interrogea Dean.

C'était deux jours après, dans la salle commune des Gryffondor après une longue journée de cours.

- Pourquoi, c'est si surprenant ?

- Bah...venant de nôtre studieuse Hermione, oui c'est surprenant.

- En tout cas je ne suis pas coincée contrairement à ce que certaines peuvent croire, dit-elle en regardant Ginny, qui rougit immédiatement. Et entre toi et Ginny ça se passe bien ?

- Pour le moment c'est idéal.

Hermione lui fit un sourire entendu puis pris un livre et se cala confortablement contre un coussin.

- Je te rassure je ne sors avec lui que pour avoir les réponses aux examens de fin d'année, lui chuchota Ginny.

Dean qui avait tout entendu répliqua :

- En attendant si tu ne les réussit pas, ne compte pas sur moi pour continuer à te fréquenter.

La rousse le frappa à l'épaule, ce qui le fit sourire et il l'attira à lui pour lui embrasser le front.

Au bout d'une heure, Hermione voulu aller rejoindre Cormac dans les appartements des préfets pour reparler du baiser et de leur relation. Elle plissa sa jupe et se coiffa, tentant de discipliner ses cheveux bouclés. Une fois qu'elle se jugea suffisamment présentable, elle sortit de la salle commune des Gryffondor mais à peine avait-elle franchit le portrait de la tapisserie qu'elle se retrouva face à Ron qui était assis au bas des marches de l'escalier permettant d'accéder au couloir du septième étage. Il se redressa lorsqu'elle arriva, son regard était vide et sans expression.

- Ron ça va ? Que-ce qui ne va pas ?

Il se contenta de lui barrer le passage de sa haute et imposante taille, fixant toujours un point invisible au-dessus de la tête d'Hermione.

- Tu peux me laisser passer s'il te plaît ?

Et c'est à ce moment-là qu'il la regarda, et elle aurait préférée qu'il continu à fixer le vide. Ses yeux étaient rougies et boursouflés mais surtout elle n'y vit aucune sympathie, seulement de la haine.

- Ron laisse-moi passer, murmura-t-elle pour l'apaiser.

Il ne broncha pas, mais ses yeux se plissèrent comme si Hermione était un problème d'arithmancie particulièrement difficile à comprendre.

- Pourquoi ? Murmura le rouquin. Pourquoi ?

Hermione se figea, n'étant pas sûr de comprendre.

- Tu peux t'expliquer plus clairement, Ronald ? S'écria soudain la brune.

- Ah oui ? Tu veux que je m'explique plus clairement ?! Tu devrais commencer par le faire toi-même au lieu de me laisser moisir dans mon coin ! Explosa Ron.

- Je ne sais pas de quoi tu parles ! Répliqua Hermione sur le même ton.

- À ton avis ? Réfléchie un peu, ça ne devrais pas être difficile pour une première de la classe ! Mc Laggen ça te dit quelque chose ?

Les yeux d'Hermione se remplirent de larmes, elle était effondrée.

- C'est ça ou pas ? Réponds-moi ! Hurla-t-il en la saisissant au poignet.

Hermione fit un geste dérisoire pour se protéger, mais Ron l'expédia contre le mur et elle atterrit dans le couloir. Le rouquin s'avança vers elle et la jeune femme se redressa péniblement, la vue brouillée par les larmes.

Mais Hermione n'en avait rien à faire des larmes qui ruisselaient sur ses joues ou de la douleur physique qui la tiraillait. Non, c'était dans sa tête que la douleur était insupportable. Elle avait toujours détestée se disputer avec Ron mais là ce n'était pas une simple dispute.

- Je veux comprendre, déclara sourdement son ami en la regardant fixement. Je veux une explication maintenant.

- Je te déteste ! S'écria Hermione, ne retenant plus ses larmes désormais.

- Tu ne peux pas savoir à quel point je te déteste aussi.

- Alors pourquoi tu viens me parler ! Va-t'en !

- J'en ai assez de toi Hermione. Entre nous c'est fini tu entends ?! Je ne supporte plus tes mensonges odieux dont tu es la spécialiste !

- C'est faux et tu le sais !

- Menteuse ! Voilà ce qui arrive lorsque l'on fait trop confiance à quelqu'un. La confiance ça ne s'achète pas Hermione, ça se gagne !

- Et que-ce que tu gagnes toi ? Rien du tout. Tu es juste jaloux, voilà ce que tu es !

- Et toi tu es perfide ! Tu donnes des coups bas dans le dos de tes amis à la première occasion ! Alors que j'ai besoin de toi lorsque je ne vais pas bien !

- Tu n'est qu'un stupide égoïste ! Dit-elle en lui flanquant une gifle en plein visage, mais il ne paru même pas la sentir.

- Tu m'a déçu Hermione. Profondément déçu. Où est passée la gentille Hermione que je connaissais ou que je croyais connaître ?

- Comment peux-tu ? S'étrangla la brune. Comment oses-tu ?

- Tu m'a fichu à la poubelle comme on jette un vieux chiffon !

- Et alors quoi ? Monsieur est prioritaire sur la liste d'attente c'est ça ?!

Le visage de Ron s'assombrit plus encore si c'était possible, les traits déformés par la rage, une rage bestiale qui le rendait méconnaissable.

- Tu veux que je te dises ? Il y a deux mois je t'ai retrouvée endormie dans la salle commune avec mon pull qui te servait d'oreiller ! Et tu avait pleurer dessus !

- Mais où tu veux en venir à la fin Ronald ?

- Je t'ai aimé Hermione, tu ne peux pas savoir à quel point...

Il pointa sa baguette sur elle et fit apparaître des dizaines de petites aiguilles effilées qu'il jeta sur Hermione aussitôt. La jeune fille eu beau se couvrir le visage avec les mains, les petites pointes d'acier la piquèrent partout et en même temps.

- ...mais j'ai supporté trop longtemps ton petit jeu ! Je refuse de souffrir plus encore alors va retrouver ton crétin de Mc Laggen puisque ça te fait tant plaisir !

- Ron...je t'en prie ne part pas, sanglota Hermione. S'il te plaît reste Ron...

Le rouquin lui tourna le dos et disparut au bout du couloir, la laissant effondrée sur le sol.

Harry s'inquiéta de ne pas voir Ron dans le dortoir et descendit dans la salle commune pour voir s'il n'était pas là. Il se figea en entendant soudain des pleurs et devina immédiatement de qui ils provenaient.

- Oh mon dieu Hermione ! Que-ce qui c'est passé ? S'alarma Harry en voyant ses bras tailladés et ses cheveux en bataille.

La jeune fille se cacha le visage dans les mains et le repoussa malgré tout.

- Hermione, c'est grave ?

Elle hocha la tête négativement mais il savait que ce n'était pas la vérité. Alors avec une grande douceur il la releva et la serra très fort contre lui. Cédant enfin, la jeune femme s'agrippa à sa chemise et laissa à nouveau exploser sa tristesse infinie qui sonnait comme le carillon funèbre des malheurs à venir. Elle finit par respirer un grand coup et à le regarder en face.

- C'est fini entre nous Harry, définitivement. Tout est terminé.