Merci à TYMARA pour la correction du chapitre.

Disclamer : L'univers de Harry Potter appartient à JKR sauf l'histoire !


Chapitre 6 : Secours

Les révélations du directeur me font bien rire. Si je comprends bien, ce vieux timbré a fait de ma vie un enfer parce qu'il croyait que j'allais devenir un mage noir. Je n'en crois pas mes oreilles ! C'est genre, séquestrons et maltraitons le petit et maigrichon Potter avant qu'il ne devienne un monstre et qu'il ne se retourne contre nous ! Et tout cela pour son bien et celui des autres bien sûr. C'est tout simplement aberrant ! Haha ! Haha ! Haha !

C'est trop tordant. Ma vie a été gâchée parce qu'un vieux fou se prenant pour Merlin en personne s'est persuadé que j'allais mal tourner. L'ironie de la situation est tout simplement hilarante. Quand je pense que sans son intervention, jamais je n'aurais pris contact avec Voldemort. Je ne peux que rire. En définitive, ce sont ses actes qui m'ont poussé à suivre les traces du mage noir. Ma naïveté m'aurait obligé à rester auprès de mes amis. C'est en voulant éviter une prétendue menace future que le Dumbledore a ouvert la porte à Voldemort. Si seulement je n'étais pas enchaîné, je pourrais lui, non ! Leur montrer à quel point je leur en suis reconnaissant. Une claque me tire de mes pensées.

- T'es complètement cinglé ma parole, dixit Ron.

Moi ! Un fou !? N'importe quoi ! Je lui crache dessus pour lui montrer mon mécontentement et ce que je pense de sa stupide déclaration. Il ne semble pas aimer, car une autre claque suit la première. Un coup de poing suit la gifle. Rapidement, les coups pleuvent sur moi. Il s'acharne sur mon pauvre corps avec une violence inouïe. Mais ces coups n'ont pas la force de ceux du défunt oncle. Cependant, je pense qu'il partage la même tare. Ce sont de vrais malades. Et après, c'est moi qu'on accuse de mal tourner... Quelle injustice tout de même ! Le côté positif de la chose, s'il devait y en avoir, c'est qu'étant habitué depuis l'enfance à être passé à tabac, ses coups de midinette n'ont aucun effet sur moi. Et pour bien lui montrer mon manque d'intérêt pour son jeu pervers et à quel point ses petites chatouillettes me font quelque chose, je sifflote We Are The Champion de Queen. Mais on dirait qu'il n'aime pas ça. Aucun goût musical. Le vieux machin pas beau et manchot intervient en mettant un terme à notre câlin si plein de virilité.

- Monsieur Weasley, ça suffit. Je pense qu'il a compris la leçon.

- Ah non ! Je ne crois pas, je démens immédiatement.

Ron me regarde comme si une seconde venait de me pousser sur l'épaule en secouant la tête le souffle court. Ensuite, il me crache dessus et va rejoindre Hermione. Dumbledore quant à lui, il déambule dans ma geôle, me tourne le dos et se dirige vers la petite table. Il farfouille un bout de temps dessus en marmonnant des mots incompréhensibles. Je crois que le peu de cervelle qui lui restait a foutu le camp avec sa main. Pendant que le vieux manchot pas beau est occupé ailleurs, Hermione et détache de Ron et s'approche de moi.

- Harry, n'en veux pas trop à Ron, me dit-elle sur le ton de la confidence. C'est la perte de son père qui fait qu'il est devenu un peu trop violent ces derniers jours. Mais dès que nous aurons pratiqué l'ensorcellement, tout reviendra à la normale. Je te promets de tout faire pour que tu puisses redevenir comme avant. Oh, Harry ! Tu ne peux pas savoir à quel point j'étais inquiète pour toi, finit-elle en pleure.

Par Merlin, c'est dégoutant ! J'ai soudainement envie de vomir tellement son manège est écoeurant.

- Oh là ! Il faudrait stopper la fumette ma fille ! lui dis-je. Je n'ai aucun désir de revenir en arrière. L'esclavage, très peu pour moi. Merci, mais non merci.

- L'esclavage ? Ce n'est pas ce que nous voulons te faire Harry, crois-moi ! s'exclame-t-elle avec toute la sincérité du monde.

Si j'ai été encore le Harry d'avant, je pense que je l'aurais cru. Cependant, je ne le suis plus. Ce Harry est mort et enterré depuis des lustres. Toutefois et rien que pour la faire marcher, je lui demande d'une voix larmoyante :

_ Si vous ne prévoyez pas de faire de moi être plus miséreux qu'un elfe de maison, quel est votre but ?

_ Te faire redevenir le Harry d'avant. Le gentil Harry. Mon meilleur ami.

_ Désolé de te décevoir, Hermione, mais je ne tiens pas à redevenir cette sous merde d'ancien Harry Potter.

_ Je comprends qu'en cet instant tu ne dois pas vouloir redevenir ce gentil et aimable Harry d'avant, car tu es sous l'emprise de tu-sais-qui. Mais, quand tout sera terminé, tu vas nous remercier.

Je crois qu'elle est bien plus folle que moi, c'est certain. Ce constat fait, je décide de ne pas gâcher ma salive à tenter de lui faire entendre raison. Je vais donc employer mon temps à trouver une solution pour m'évader d'ici. Pour commencer, je me concentre sur la pierre dans ma main, me demandant ce qu'elle peut être et qui a bien pu me la laisser. J'ai bien une idée sur le qui en question, mais pas sur le pourquoi, rien.

Ne connaissant pas l'utilité de la pierre, je décide de la garder précieusement au cas où elle me serait utile plus tard. Snape - car qui d'autre que lui aurait pris le risque de se faire prendre pour un vulgaire caillou ? - m'a peut-être offert un billet de sortie.

Pendant que mon cerveau cogite, le directeur s'approche de moi et prend la place de miss-je-sais-tout-sur-tout-et-mieux-que-tous. Il m'explique le déroulement des événements qui l'ont mené à prendre conscience d'une réalité jusque là obscure et insoupçonnée. En effet, dans un des coffres cachés de sa famille, un journal intime de Godric Gryffondor racontait avec précision et moult détails, les circonstances de la création de Poudlard.

De l'idée de la création du collège suggérée par Salazar, en passant par leurs efforts mis en commun pour ériger le bâtiment sans oublier la découverte des origines de Salazar par Rowena Serdaigle lors d'un séjour au manoir familial de ce dernier, pour finir par leur trahison sans oublier la formule qui avait permis la réalisation de leur projet. En effet, la jeune sorcière avait découvert une lettre provenant de la mère biologique de Salazar qui relatait les circonstances de sa naissance. L'idée d'utiliser le demi-démon comme donneur de magie afin de rendre l'école vivante était venue de Rowena. Après la lecture de la lettre, cette dernière ne considérait plus Salazar comme un être humain. Seule la magie de ce dernier l'intéressait. Elle avait toujours pensé que rendre Poudlard vivante aiderait à mieux protéger les élèves qui viendraient y étudier. Cependant, elle n'avait jamais su comment faire. Apprendre la nature de Salazar lui avait fourni la solution. Elle avait donc convaincu ses deux autres amis du bien-fondé de son idée.

Le vieux timbré me confia que c'est à la lecture de ces mémoires qu'il a eu la réponse à toutes ses questions. Alléluia ! En gros, il a l'intention d'utiliser un serment d'assujettissement sur moi. Une chape de plomb me broie les entrailles. Je ne veux pas. Je. Ne. Veux. Pas. Impossible ! Jamais je ne l'autoriserai ! Jamais de la vie. Je préfère mourir que de vivre de cette manière.

À la fin de son discours, il trace un cercle autour de moi. Il est de couleur rouge vif. La même couleur que celle décrite par Salazar. Du coin de l'œil, je vois Ron qui avance vers moi avec des chaînes. Pendant ce temps, Hermione entonne un chant. Ce n'est pas possible ! C'est un cauchemar ! Oh, doux Merlin, ne me faites pas ça. J'ai assez eu de merdes comme ça dans ma vie, non ? La panique me gagne. Je ne vais pas pouvoir me relever de ça. Plus rien n'a d'importance. Ron me détache du mur, mais impossible de bouger. Je suis sous un sort d'immobilisation. On me lance un sortilège qui m'ôte mes vêtements, me laissant nu.

Une lumière rose pâle entoure le cercle. Des runes apparaissent sur mon corps. Que se passe-t-il ? Salazar n'a jamais parlé de ça dans son journal. Mon corps se replie sur lui-même. Une douce chaleur parcourt mon être.

- Du calme, mon enfant. Je vais t'aider à t'enfuir. Fais-moi confiance. N'aie pas peur.

Le son provient de l'intérieur même de mon esprit. C'est une présence non hostile. J'hésite à lui faire confiance. Pourtant, mon instinct me dicte de le faire et il ne m'a jamais trompé, lui. Alors je le suis.

Quelque chose tente de sortir de moi. C'est comme si un nouveau membre me pousse dans le dos. Je sens un mouvement rapide derrière moi. Ce mouvement entraine un brusque levé de vent. J'entends des voix crier, mais je n'y prends pas garde. Un éclair de lumière blanchâtre s'abat à mes pieds, une poussée magique m'inonde. Un battement d'ailes me fait tourner la tête pour m'apercevoir de l'apparition de deux magnifiques ailes rouge sang dans mon dos. Un éclat de rire démentiel sort de ma gorge.

La situation s'est retournée à mon avantage on dirait. Cherchant et trouvant la porte, je fonce dessus. Elle mène sur un couloir. Je le survole en vitesse. Il me guide irrésistiblement vers la sortie. Enfin, j'aperçois la lumière du jour. Je redouble d'efforts et c'est avec une joie indescriptible que je vois la Forêt Interdite et que je m'y enfonce. Liberté ! Liberté chérie, comme tu m'as manquée.

Quelques heures plus tard, je me goinfre comme un malade posé tranquillement devant une assiette de pâtes. Je me ravitaille alors que le Mage noir et sa Cour m'observent avec prudence. Bon, ce n'est pas tous les jours qu'un jeune homme ailé sonne à votre porte, mais ce n'est tout de même pas de ma faute si des trucs étranges m'arrivent.

Mon arrivée au Manoir de ce matin en a chamboulé plus d'un. J'ai atterri dans le parc avec grâce et élégance. Merci, merci, je sais que j'ai la classe. Bon ! J'étais à poil, mais nous n'allons pas en faire un fromage non plus. Je n'ai aucune honte de mon physique. Il est vrai qu'il est bourré de cicatrices, que je suis maigrelet et blanc comme un cachet d'aspirine. Cependant, j'aime mon corps. Il ne m'a jamais lâché alors que je subissais les pires tortures. Il est resté droit et fier quand je ne le nourrissais pas pendant des jours et des jours. Il a subi sans jamais fléchir, les sévices infligés par ma famille. Alors, oui ! J'en suis super fier. Et celui qui ose dire le contraire, je le saigne. Et je ne plaisante pas !

Bref ! Quand j'ai fait mon apparition ce matin, un groupe important de Mangemorts était en route pour me sauver. Le caillou que m'avait donné Snape était un Portoloin, programmé pour me ramener au Manoir le moment venu. Normalement, une diversion était prévue pour faciliter et permettre mon évasion. Dommage pour la cavalerie, je me suis sauvé tout seul. N'est pas Harry Potter qui veut. Et toc ! La première chose que j'ai faite en arrivant, c'est de vider ma vessie. Ah ! Quel soulagement ! Ensuite, direction la salle à manger. Alors que je me baladais à poil comme kirikou, Voldemort a fait apparaitre des vêtements directement sur moi. Il est fort, hein ! Voilà comment j'en suis arrivé là.

Je relate mon aventure à Tom sans oublier de mentionner la voix mystérieuse. Maintenant que je suis bien au chaud, je m'interroge sur les événements survenus avant et qui ont aidé à mon évasion. Je me demande aussi si c'est à elle, à cette voix, que je dois le déblocage de ma magie. Je fais part de mes interrogations à Voldemort. Il me promet de faire des recherches dessus. Je lui fais confiance sur ce point, c'est un maniaque quand il s'agit de mener des investigations.

Dans tout ça, je ne sais toujours pas comment faire disparaître ces satanées ailes. À peine je pense ces mots qu'elles disparaissent. Ébahi, je me lève de surprise. Quoi ? ! Fallait juste le penser pour qu'elles dégagent. Et est-ce qu'elles vont revenir ? Et si oui, comment ? En y pensant aussi ? Aussitôt dit, aussitôt fait. Pff, c'est débile. Je m'attendais à un truc super compliqué, comme une histoire de méditation. Enfin l'essentiel, c'est que ça marche.

Le lendemain de mon évasion, je surprends une conversation :

- Le Maître est dans une rage folle depuis sa disparition. À chaque fois qu'il me convoque, je crains pour ma vie. J'espère que ce sale rat va bientôt réapparaitre.

- Qu'il le fasse rapidement avant qu'on y laisse nos vies.

Une face de rat. Une face de rat... Ah ! Peter Pettigrow ! Je l'avais oublié celui-là. Attends voir... Depuis combien de temps je l'ai enfermé déjà ? Trois, quatre, cinq jours ! Espérons qu'il ne soit pas mort de faim. J'ai tout un programme pour lui. Le bon côté des choses, c'est que personne ne me soupçonne pour sa disparition.

Je prends donc le chemin de la cellule de mon cher ami le cœur en fête en imaginant tous ce que j'allais lui infliger. Je suis dégoûté. Affligé. Anéantis. Ce gros porc est mort. Et en plus, il a chié partout. L'horreur. Je dois trouver un moyen de me débarrasser du corps avant que l'odeur n'avertisse quelqu'un. Quelle poisse ! Moi qui avais tout un programme de divertissement avec lui. On aurait pu bien s'amuser ensemble. Quel gâchis !

En chemin pour le laboratoire de Snape, je rencontre Nagini. On converse tranquillement. Il me fait part de son dépit de ne plus avoir eu un seul humain à grignoter depuis mon arrivée. Je compatis avec lui. Je lui propose de l'aider à assouvir son désir. Je lui demande s'il aime les proies qui sont déjà mortes. Il me dit que ce n'était pas son plat favoris, mais qu'elle pourrait bien faire une exception s'il en trouvait un. Voilà comment Peter quitta ce monde.

Je viens de recevoir une bonne nouvelle. Tom est parvenu à mettre la main sur une Sorcière Blanche. Je vais actuellement à sa rencontre. Je suis tout excité. La pleine Lune est après-demain. Je descends dans les cachots. Voldemort a refusé de me donner le nom de la Sorcière. Il a seulement dit que cela devrait me plaire.

Ses Mangemorts ont fait une descente sur le Chemin de Traverse. Il y a eu beaucoup de prisonniers et de morts de chaque camp. L'une des captives est celle choisie par Voldemort pour tenir le rôle de Mage Blanc. La personne ne voulant pas coopérer avec nous, Bellatrix s'est proposée pour lui faire entendre raison.

Je suis accueilli par les hurlements d'une femme dont la voix me semble familière. Je longe un couloir qui me mène à la cellule où est retenue la prisonnière. C'est petit et crasseux. Une forme petite et rondelette est recroquevillée au sol. Elle porte un tablier à fleurs. Bellatrix lui inflige un doloris. Des cheveux roux dépassent de son chapeau pointu.

Merde, c'est Molly Weasley ! Je l'ai longtemps considérée comme une mère avant de m'apercevoir qu'elle n'avait rien à faire de moi. Je me rappelle que cette découverte m'avait fait très mal. Mais ça, c'était avant. Un très bon choix qu'a fait le Lord Noir. Il n'y a pas plus blanche que cette sorcière. Quand Lestrange femme lève son sortilège, elle me voit, et un petit « Harry » franchit ses lèvres.

Ses grands yeux gris me supplient de lui venir en aide. Quelques mois plus tôt, je me serais fait avoir par ses yeux de mère de bonne famille. Je suis immunisé maintenant. Elle doit comprendre qu'aucune aide ne viendra de moi, car elle ne se donne pas la peine de la demander. J'assiste à sa torture d'une durée de quatre heures, avant qu'elle n'accepte de participer volontairement à la mise en place du lien qui nous unira, Tom et moi.

Le lendemain, le Manoir est en effervescence. Tout le monde est mis à contribution dans les préparatifs. Je me cache de Bellatrix et de sa sœur, le Lord les a chargées de me trouver une tenue pour la cérémonie. Je ne comprends pas pourquoi je dois en avoir une. Une de mes vieilles robes fera parfaitement l'affaire. Que je sache, ce n'est pas un mariage ! Alors pourquoi toutes ces conneries ?

Je vais me réfugier chez Snape. On dirait que c'est devenu une habitude chez moi.

- Monsieur Potter, tiens donc. Il me semble que Narcissa et Bellatrix sont à votre recherche. Une histoire de tenue, si je me souviens bien.

Il dit ça avec une de ses grimaces qu'il cherche à faire passe pour un sourire. Oh le traître ! Ça l'amuse ! Je ne sais pas ce qui me retient de le maudire. Ses yeux brillent d'amusement, comme s'il avait pu lire mes intentions dans mon esprit. Je grince les dents de dépit. Il me propose de faire des potions avec lui pour me rendre utile à quelque chose.

Je lui demande pourquoi il n'a pas été enrôlé comme ses collègues dans les préparatifs. Il me jette un regard suffisant avant de me répondre.

- Je suis Maître de Potions Potter, non fée de logis.

Je fais la sourde oreille sur sa proposition de confectionner des potions. Je m'installe sur une chaise et le regarde faire. Un agréable silence s'établit dans la pièce. C'est reposant de le voir travailler. Je me sens en sécurité avec lui. Parfois, je me demande ce que serait devenue ma vie s'il avait pu obtenir ma garde. Serais-je devenu un de ces ados insouciants, croyant que tout lui est dû comme Malfoy ? Ou un adolescent plein d'envie et de haine pour ceux qui sont plus riches, plus beaux et plus populaires comme Ron ? Je ne le saurais jamais, finalement.

On discute doucement de tout et de rien. Il me parle de ses années à Poudlard. De sa haine pour mon père et ses amis. Des difficultés rencontrées à Serpentard durant sa scolarité. Mais nous discutons surtout de son amitié envers ma mère. De mon côté, je lui parle difficilement de ma vie chez les Dursley. Des sévices reçus. Des privations. Du jour où on m'a privé de ma magie. Des sentiments de trahison ressentis. De mon inquiétude sur les circonstances liées à mon emprisonnement. Il m'écoute sans jamais porter de jugement, se contentant de hocher la tête. Alors, je me dis que c'est ce à quoi devait ressembler un père. Je suis heureux de cette évolution entre nous. J'ai comme l'impression d'enfin avoir une famille rien qu'à moi. Nous n'en avons jamais parlé, mais je sais qu'il ressent la même chose pour moi.

Bellatrix a fini par me dénicher dans le laboratoire. Ce traitre de Snape n'a pas levé un doigt pour me venir en aide alors qu'elle me traîne dans son sillage. Elle me conduit dans un petit salon où nous attendent Narcissa, son fils, et une espèce de femme, ou peut-être bien d'homme, j'ai du mal à savoir. Il - elle ? - porte une robe violette et rose bonbon. Des talons de vingt centimètres de hauteur. De longs cheveux bleus verdâtre. Son visage est un pot de peinture ambulant. Une paire de lunettes à double vitrage lui mange la face. Ça y est ! Je sens que je vais vomir.

- Ah ! Voilà notre jeune fiancé ! s'exclame l'énergumène.

- Hein ? Quel fiancé ? Qui va se marier ? Malfoy ? Avec qui ? Si c'est avec lui, qui que ce soit, je le plein de tout cœur. Je te félicite tout de même et te souhaite bonne chance.

- De quoi tu parles Potter ? T'as fumé ou quoi ? Ce n'est pas moi qui me marie.

Je me tourne vers la seule autre personne présente dans le salon dont je suis presque sûr qu'elle n'est pas mariée.

- Félicitation, madame ou monsieur ! lui dis-je. Le silence accueille mes mots.

Un rire profond et grave le coupe. Malfoy est plié de rire. Une larme coule de son œil droit. Quoi ? Il s'est finalement rendu compte de sa démence ? Oui, je sais, pour moi, tout le monde est forcément fou.

- Sérieusement, Potter ! Tu ne vas pas me faire croire que tu as oublié que tu vas t'unir au Lord demain soir.

- Bien sûr que non ! Nous allons nous lier afin d'accroitre nos puissances magiques respectives. C'est même moi qui en ai eu l'idée, lui dis-je. Je ne vois pas en quoi mon union avec Voldemort a à voir avec un mariage. Alors si ce n'est pas toi ou lui qui allez-vous marier, qui est-ce ?

Ils me regardent tous en silence. Une minute. Cinq minutes. Je viens de saisir.

- Mais, mais, mais non ! Ce n'est pas un mariage ! C'est juste une assurance pour moi ! C'est pour que Voldemort ne puisse pas me tuer pendant que j'ai le dos tourné.

Ils me fixent avec de grands yeux. Malfoy secoue la tête de dépit.

- Potter, dans le Monde Magique, se lier avec quelqu'un équivaut à se marier dans tous les sens du terme.

Mes jambes me lâchent. Je suis soufflé. Un mariage. Un mariage. Je vais me marier avec Voldemort. Je n'ai pas signé pour ça !

C'est dans un état second que je laisse les deux sœurs choisir ma tenue pour le lendemain soir.