Bonsoir à tous !
Et oui, pour une fois moins de blabla que d'habitude (je suis on ne peut plus crevée donc je vais certainement pas beaucoup blablater) Juste : nouveau chapitre chers lecteurs ! Au programme : un baiser et des doutes ;)
Réponse à la question de Rimen14 : Ses vêtements de Bannis consistaient uniquement en pantalon proche de ce qu'il avait, bottes en poils de yak et gilet ouvert, sans chemise. Sur Beurk il s'est remit à la chemise (trois fois trop grande pour lui, toujours depuis le premier chapitre) et le gilet s'est sans doute égaré dans la bataille sur l'île d'Alvin :)
Et on dit tous merci à Naemos pour sa correction ! (non parce que là il a dû saigner des yeux avec mes "marchand"avec un T sérieusement . Pour une fois que j'en avais pas beaucoup en plus !)
Merci à vous tous aussi pour ces reviews, ces favorites et ces follows ! Vous illuminez mes semaines de cours ! Merci beaucoup !
Et oui, déjà le fin du blabla du début... Pour cette lecture,
Enjoy !
Beurk la Honteuse
Chapitre 7 :
Une petite voix dans sa tête lui informa que quelque chose avait changé mais il n'arrivait pas encore à mettre le doigt dessus.
Peut-être était-ce les regards des villageois. Auxquels il avait le droit maintenant.
Auparavant, tous baissaient les yeux à son arrivée ou le regardaient d'un air farouche, les enfants dans leurs dos, histoire de bien lui faire comprendre qu'il n'était pas le bienvenue.
Plus maintenant. Désormais ils n'empêchaient plus les enfants de s'approcher de lui et nombreux étaient-ceux parmi ces derniers qui le suivaient à la trace. Comme Gustave qui passait maintenant le plus clair de son temps dans la forge et le bassinait de questions sur la vie dans le Sud.
C'était pire depuis que ce dernier avait appris qu'Harold avait sauvé la petite fille dans la rivière. Petite fille qui s'était avérée par la suite être la petite sœur du jeune Viking, née pendant son absence.
Il aurait pu s'en énerver et l'envoyer paître ailleurs que dans son espace vital mais il n'y arrivait pas. Le garçon ne posait jamais de question sur ce qui lui était arrivé, seulement sur les habitudes, les coutumes et la langue.
S'en était presque effrayant, un Viking qui cherchait à s'instruire.
« Harold ! »
Sur les marches du Grand Hall, le jeune homme s'arrêta pour regarder en arrière et constater plus haut sur l'escalier, la présence d'un couple Beurkiens.
Encore mieux. Maintenant ils lui parlaient. Une première.
« Hildegarde était malade ces derniers temps avec ce qu'il s'est passé, commença la mère. Alors nous n'avons pas pu te remercier pour ce que tu avais fait pour elle. »
Les parents de la gamine alors. Venus lui dire merci apparemment.
Surprenant.
Effrayant en fait.
Soutenu par son époux, la Viking descendit difficilement une marche pour s'approcher un peu du garçon qui avait sauvé la vie de sa fille. Son genoux avait l'air d'être dans un sale état.
« Et Hilda… Continua le père, voulait le faire elle-même. »
Harold vit avec surprise le père gentiment pousser quelque chose de derrière ses jambes et apparut alors, une petite tête rousse ornée d'un petit casque. Ses deux parents l'encouragèrent muettement sous le regard du jeune homme qui ne pipa mot.
La petite fille sembla s'armer de courage et se décrocha de son père pour aller sauter les marches qui menaient à son sauveur. A quelques hauteurs de pierre, ses courtes pattes lui firent défaut, manquant de la faire s'écraser contre le sol mais Harold la rattrapa à temps contre ses jambes.
« Hey, doucement… » Murmura-t-il.
Le sang de Viking qui coulait dans les veines d'Hildegarde l'empêcha de sombrer en larme. A la place, elle secoua la tête avant de lever son visage vers l'auburn et leva les bras dans un signe universellement compréhensible.
Harold cilla un temps, surpris, avant de se reprendre et attrapa la petite fille sous les épaules pour la surélever jusqu'à hauteur de son visage, la calant gentiment contre lui.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda-t-il avec une douceur qu'il ne se connaissait pas.
La petite était silencieuse pour une enfant mais elle avait dans les yeux une petite étincelle qui lui fit comprendre qu'elle comprenait, mais ne savait pas quoi faire ou dire.
Puis elle prit sa décision.
Elle attrapa de ses petites mains potelées les joues du jeune homme avant de l'embrasser, le visage aussi rouge qu'il était possible.
Harold ne dit rien, ni ne fit quoi que ce soit. Il la laissa simplement faire jusqu'à ce qu'elle se détache d'elle-même et tende ses bras vers ses parents qui avaient ouverts de grands yeux ahuris, pas choqués, mais surpris. Très surpris.
Le garçon la fit descendre au sol et Hilda grimpa les marches comme elle put jusqu'à ses parents qui la reprirent dans leurs bras et lancèrent un regard désolé à Harold qui chassa leurs excuses d'un vague geste de la main. Il les regarda repartir, la petite dans les bras qui lui fit elle aussi un geste de la main auquel il répondit simplement.
Cette journée commençait vraiment très bizarrement.
« Et bien quel tombeur, retentit une voix amusée.
- Ce n'est qu'une petite fille, soupira-t-il en levant les yeux au ciel.
- Elle t'a quand même embrassé.
- Elle n'est pas vraiment mon genre.
- Ah c'est vrai j'avais oublié, tu préfères les blondes…
- Tu vas me lâcher avec ça Astrid ?! »
La jeune femme éclata de rire devant le regard désespéré de l'auburn qui soupira à nouveau.
« Même pas en rêve, répondit-elle en s'approchant. Pour une fois que j'ai quelque chose sur toi qui te met mal à l'aise !
- Sympa… Merci…
- Quoi ? J'ai pas le droit de me moquer ? C'est toi qui viens d'embrasser une autre fille !
- Elle a quatre ans…
- Encore une chose que j'ignorais sur toi…
- Stop ! On arrête cette discussion ! »
Astrid rit une nouvelle fois et Harold bougonna dans son coin.
Ah les femmes.
« Qu'est-ce qui t'es arrivé au fait ?
- De quoi ?
- Ces égratignures. Qu'est-ce que tu as fait ? »
La jeune blonde avisait d'un œil curieux les nombreuses éraflures en effet qui perçaient la peau du Banni. Elles s'étalaient de ses avant-bras à son visage dont la joue avait rougi un peu. Harold haussa les épaules.
« Je me suis levé cette nuit pour boire un peu, expliqua-t-il. Mal réveillé, je me suis vautré bien proprement dans les escaliers … »
Astrid resta un instant sceptique devant l'aveu d'Harold. Lui se contentant de se gratter l'arrière de la tête, une moue mal à l'aise sur le visage.
« Un petit moment à la Harold… ça faisait longtemps… »
La Viking lui sourit. Les moments haroldiens étaient très connus à sa grande époque, lorsqu'encore il arrivait à trainer dans les pattes des guerriers lors des attaques de dragon. Toujours des maladresses qui l'envoyaient face contre terre ou l'enfermait chez lui pour les heures qui suivaient.
Elle perdit son sourire lorsqu'elle se rappela que son dernier moment haroldien l'avait envoyé sur une galère pour y chercher la mort.
« Astrid ? »
La jeune femme sursauta et s'arma à nouveau d'un sourire. Un qui semblait faux même pour elle.
« Oui ?
- Des nouvelles des dragons ? »
Le visage de la blonde s'assombrit derechef et sa main alla par réflexe chercher le manche de sa hache.
« Pas la moindre… Pourtant j'ai bien vu les traces moi aussi mais depuis, plus rien… A se demander si les dragons étaient vraiment là ou…
- … Tu penses qu'ils se cachent ?
- Il n'y pas vraiment d'autre solution !
- Tu crois vraiment que les dragons sont assez intelligents pour attendre patiemment que la méfiance de Beurk s'endorme ? Ricana-t-il.
- Ils sont assez fourbes pour ça. »
Harold observa un moment le visage de la blonde. Elle avait les yeux sévères et regardait la mer comme si un Ebouillantueur allait en sortir à tout instant.
« Pourquoi tu les détestes autant ? »
Astrid reporta son attention sur le garçon qui arborait une expression totalement neutre. Une simple question que pourtant elle ne comprenait pas.
« Ce n'est pas évident ? Demanda-t-elle. Tu viens d'ici toi aussi, tu sais pourquoi nous les détestons !
- ''Ils ont tué des centaines d'entre nous'', répéta Harold en levant les yeux au ciel avant de revenir à elle. Tu sais quelle avait été ma réponse.
- … ''On a tué des milliers d'entre eux'', je sais mais ce n'est pas la même chose !
- En quoi c'est différent ?
- Pourquoi tu les défends ?!
- Ne réponds pas par une autre question, répliqua-t-il froidement. Les dragons m'ont pris ma mère je te signale. Lorsque j'étais un bébé, à cause d'eux je ne l'ai jamais connue !
- Alors pourquoi ?!
- Parce que j'imagine que si j'étais resté ici j'aurais privé un bébé de sa mère !
- Que ! »
Astrid bégaya une longue minute, cherchant ses mots, cherchant un moyen de clouer le bec une bonne fois pour toute à cet homme qui pensait mieux connaître les dragons qu'elle. Elle qui les combattait depuis des années maintenant, qui subissait leur souffle brûlant à chaque fois qu'ils s'attaquaient à leur village pour un peu de nourriture.
Pour qui se prenait-il ?
« Les dragons ne ressentent rien, réussit-elle à siffler.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Mais il suffit de les regarder ! Ce ne sont que des animaux ! »
Harold ne cilla même pas lorsqu'elle lui hurla presque dessus. Astrid pensait qu'enfin il revenait à la raison mais à sa surprise, il se rapprocha d'elle d'un pas, réduisant fortement la distance qui s'était installée entre eux.
« Tu te souviens des bêtes dont Titus et moi t'avions parlé ? Ceux qui terrifiaient les hommes du Sud ? »
Astrid réfléchit un temps, exercice devenu difficile avec la proximité effrayante du garçon devant elle. Mais enfin elle se rappela.
La guerrière hocha doucement la tête.
« Quand j'ai enfin compris la langue, continua-t-il alors, on m'a parlé sans cesse de ces monstres. Leo dans leur langue. On me racontait comme ces créatures étaient effrayantes, des griffes qui pouvaient trancher la peau d'un homme comme du papier, des crocs qui pouvaient broyer un os d'un seul coup de mâchoire… Toutes les histoires les plus atroces les unes que les autres à leur sujet. Si bien que j'ai commencé comme eux à en avoir peur. »
Astrid pouvait presque voir les souvenirs qui défilaient dans les yeux d'un Harold dont elle ne savait pas vraiment s'il savait encore qu'il lui parlait ou s'il revivait le passé.
« Et un jour je les ai vus dans l'Arène. Les gens hurlaient d'excitation dans les gradins pendant que Titus me broyait le bras de peur et que le leo dévorait un homme sur le sable. Vivant. »
Astrid ne put s'empêcher de déglutir.
« J'ai constaté deux choses ce jour là. Une : que ces créatures qui peuplent les cauchemars de ces personnes n'étaient rien d'autre que des grosses bébêtes à poils qui n'arriveraient même pas à entailler un dragon. Deux : qu'à force de répéter quelque chose qui pourtant n'est qu'une vaste plaisanterie, on finit par y croire. »
La blonde devant lui cilla un instant, tentant de comprendre où Harold cherchait à en venir.
Tout ce qu'elle avait retenu était que cette sale bête avait mangé un homme.
« Je… Tenta-t-elle. Je ne comprends pas…
- Je suis allé dans leur enclos le soir. La plupart m'ont grogné dessus et ont cherché à m'attaquer. Sauf deux. L'un était leo qui s'était repu du pauvre malheureux, l'autre était un vieux mâle qui manquait de se faire dévorer par les plus jeunes à chaque fois qu'il passait près d'eux. »
Astrid tiqua à la faute de langage d'Harold mais ne dit rien. Elle se demanda vaguement si c'était ainsi qu'ils s'exprimaient dans le Sud.
« Lorsque je me suis approché, le jeune s'est levé et s'est allongé dans le fond de l'enclos. Le vieux lui, qui s'était couché, a reculé un peu ventre à terre. Et là j'ai remarqué. Ils étaient maigres. Ils avaient tous les côtes apparentes. Alors j'ai pris un morceau de viande, et je l'ai approché de la cage du plus vieux. Il ne voulait pas s'approcher de moi au début. Rien à faire, il grognait en tournant la tête. Puis il l'a pris. Et la seule chose que j'ai sentis après ce fut sa langue sur mes doigts. »
Un rire jaune avait ponctué sa dernière phrase, comme si elle était chargée d'une ironie que la jeune femme avait du mal à percevoir.
« Ces animaux étaient affamés Astrid. Ils avaient faim. Après avoir donné à manger à l'un d'eux, les autres ont arrêté de grogner et tentaient de s'approcher de moi ensuite. Parce qu'ils avaient simplement faim.
- Pourquoi est-ce que tu me dis ça… ? Fit la voix blanche d'Astrid.
- Parce que j'aimerais que tu réfléchisses à deux choses : as-tu déjà vu un dragon manger ? Et pourquoi n'ont-ils jamais emporté d'humains ? »
Le silence s'installa entre la Viking et le Banni. Chacun d'eux les yeux figés dans ceux de l'autre, Astrid tentant de digérer les paroles du jeune homme, Harold lui, toujours aussi impénétrable que d'habitude. Finalement, ce fut lui qui brisa l'échange dans un soupir. Il pivota sur lui-même et commença à dévaler les dernières marches du Grand Hall, laissant derrière lui une certaine blonde encore sous le choc.
« Si tu me cherches je suis à la forge. » Furent ses derniers mots.
oOo
Calée dans l'embrasure de l'ouverture du toit de sa maison, Astrid mirait d'un œil absent, les nuages qui défilaient dans le ciel.
Les Vikings regardaient toujours le ciel. C'était le domaine des dragons et il fallait les voir apparaître avant qu'ils ne commencent à saccager le village et massacrer ses habitants.
Enfin. C'était ce qu'on lui répétait depuis toujours.
La jeune femme ne sursauta même pas lorsque des pas retentirent dans les escaliers.
« Salut chérie !
- Ça baigne Astrid ? »
Les jumeaux. Parfait. Juste ce qui lui fallait.
En sac de frappe au moins.
Elle avait besoin d'un sac de frappe. Là, tout de suite.
« Qu'est-ce que vous voulez ? Fit-elle d'une voix traînante.
- On est de service dans la forêt pour rechercher des traces de dragon je te signale, ricana sa consœur chasseuse.
- La vache, fit sur le même ton son frère, te disputer avec Harold ne te réussit pas ! »
Astrid jeta aux deux énergumènes le regard le plus noir qu'elle avait en réserve avant de retomber élégamment sur le plancher et d'attraper ses effets, manteau et hache, délaissés sur le sol. Elle s'équipa silencieusement avant de suivre les deux têtes blondes et leurs lances en dehors de la bâtisse, direction la forêt.
« Ce que t'es sombre, siffla Kognedur. C'est pire que d'habitude !
- Clair, renchérit Kranedur. Pire qu'Harold lorsqu'il mange dans le Hall !
- Très drôle, répliqua Astrid en détournant les yeux.
- Bah quoi c'est vrai ! Continua la sœur. Dès qu'il pense qu'on ne le regarde pas, il fait une tête de six pieds de long, comme celui qui n'a pas assez de bifteck dans son sandwich !
- Il a toujours cette tête là, soupira Astrid.
- Ouais ben quand t'es pas là c'est pire ! Confirma le frère.
- Je suis au courant… »
Les jumeaux partirent dans un rire commun tout en se frappant, une Astrid désabusée derrière eux.
Elle repensait aux mots d'Harold au sujet des dragons. Elle n'arrivait pas à imaginer qu'il ait raison.
Sauf qu'elle n'arrivait pas à voir où il pouvait avoir tord dans ses paroles.
« Dites… Commença-t-elle. Est-ce vous pensez qu'il y a une raison aux attaques des dragons ? »
A sa surprise, seul le silence lui répondit et Astrid releva la tête qu'elle avait baissée vers le sol pour observer les deux Thorstons qui la dévisageaient avec stupéfaction.
Ils se ressemblaient déjà beaucoup mais là, c'était flagrant.
« Toi, tu passes trop de temps avec Harold, fit Kogne.
- Tu te mets à parler comme lui c'est grave flippant… Continua Krane.
- Pourquoi ? » Répondit Astrid dubitative.
Les jumeaux s'échangèrent un regard avant que la sœur ne soupire et ne s'approche de son amie, le visage décidé.
« T'as intérêt à m'écouter chérie. Une raison ? J'en sais fichtre rien. Y'a que quelqu'un comme Harold qui peut demander une chose pareille. Et tu sais quoi ? Toi tu l'écoutes. Parce que c'est Harold. Parce qu'il est quelqu'un que de toute façon, on finit par écouter un moment ou à un autre. Mais je ne suis pas sûre qu'on puisse le comprendre totalement. »
Elle s'arrêta un temps, pour mieux s'avancer vers Astrid en plissant les yeux.
« Harold… Tu sais, il a tout un tas de secrets dont on ne sait rien, que dalle, nada, niet. Ce type… ne vit pas dans le même monde que nous. Il regarde ailleurs lorsqu'il pense que personne ne le voit. Loin. Très loin. Il n'est pas avec nous. La question n'est pas de se demander si tu peux arriver à le comprendre aujourd'hui. Harold est quelqu'un de gentil, tu le sais toi-même. Alors s'il n'en parle pas, c'est qu'il a une très bonne raison qui peut-être, pourrait te faire se détourner de lui. S'il ne dit rien, c'est qu'il ne veut pas te perdre. »
Enfin elle se tut, la respiration devenue presque ératique.
Astrid elle, papillonna un long moment des yeux, le visage de Kognedur à quelques centimètres du sien, les yeux écarquillés, choquée.
Très choquée.
« Ça… ça va ? Réussit-elle à dire. T'es sûre que… tu ne veux pas t'allonger ?
- Si, répondit la Thorston. Si… »
Une main sur la tête, la jumelle vint s'assoir sur une branche sous les réprimandes de son frère sur pourquoi il ne fallait pas essayer de réfléchir de trop avec leur cerveau. C'était dangereux pour eux et ils ne le supportaient pas.
Elle le savait pourtant !
Astrid elle, ne pouvait qu'hocher vaguement de la tête aux paroles du jumeau.
Elle avait raison.
Astrid n'aurait jamais cru dire ça un jour… mais Kognedur avait raison.
Harold ne disait rien parce qu'il n'avait pas confiance en sa réaction. Et au lieu de mettre en colère la blonde, cela lui faisait peur.
Parce que le poids des secrets de l'auburn était peut-être plus lourd qu'elle ne l'imaginait.
oOo
Il fallu encore plusieurs heures à la jeune guerrière Viking pour retrouver Harold dans la forge. Aucun bruit ne troublait l'atelier lorsqu'elle s'en approcha, une grande première depuis que le garçon avait repris sa place derrière le marteau.
Astrid entre lentement, gênée de se présenter à nouveau devant lui après la scène du matin.
Et puis de mémoire de Viking, jamais une Hofferson n'était venu présenter ses excuses à quelqu'un et être capable d'en parler ensuite.
A sa surprise, Harold était effectivement là mais profondément endormi sur le plan de travail sur lequel le forgeron avait posé ses bras et son visage.
Il était fatigué ces derniers temps. Avec la quantité de travail qu'il fournissait à la forge c'était compréhensible. Il devait être courbaturé de partout à force de rattraper le temps perdu par Gueulfor. Le blond était un bon artisan, mais respecter les délais n'était vraiment pas dans sa nature.
Et une main en moins n'aidait pas.
Il n'avait jamais repris d'apprenti depuis Harold d'ailleurs. Ce n'est pas faute que les villageois le lui ait recommandé de le faire mais rien n'y fit, il ne reprit personne à son service.
Il avait failli avec le fils du Chef, sans doute ne voulait-il plus tenter l'expérience.
« Astrid… ? »
La voix ensommeillée d'Harold fit sursauter la jeune femme qui se retourna vers le garçon qui frottait son poing contre son œil. Il tentait vainement d'ouvrir les yeux mais ces derniers cherchaient absolument à se refermer contre son gré.
« C'est rien, murmura la blonde. Reste couché, tu as l'air exténué.
- Hum… »
Il reposa sa tête sur ses bras mais sa respiration indiquait à Astrid qu'il était toujours éveillé, mais bien loin de l'état ''frais et dispos'' dont il faisait toujours preuve. Pour la première fois, Astrid le vit fatigué.
« Je ne t'ai jamais vu dans cet état, commenta-t-elle doucement.
- … Dû mal à dormir… » Répondit-il des profondeurs de ses bras tatoués.
Astrid se demanda un instant si cela avait un rapport avec son père. Ce ne serait pas étonnant vu sa réaction en présence de la Brute.
« Pourquoi ? Consentit-elle finalement à demander.
- Froid.
- Il ne fait pas si froid que ça. L'hiver glacial est derrière nous.
- J'ai passé quatre années dans un pays où tu peux cuir la viande avec le soleil alors oui, j'ai froid maintenant.
- Le soleil ?!
- Il fait chaud là-bas en été.
- Donc tu préfères dormir à la forge ?
- C'est déjà plus chaleureux que chez moi. »
Astrid tiqua un peu aux derniers mots d'Harold. Elle ne pensait pas qu'il considérait cette petite bicoque sans prétention comme son chez lui.
Mais peut-être n'était-ce qu'un abus de langage.
« Comment… Comment tu faisais pour dormir sur l'île d'Alvin ? »
Le Banni resta un moment silencieux, le visage caché dans ses bras avant de répondre d'une voix lointaine.
« Titus. Titus était là. Je suppose que c'est pour ça que je parvenais à supporter le froid.
- Et c'est pour ça que tu m'as obligée à dormir avec toi ?
- C'était si dérangeant ? » Fit-il d'une voix moqueuse.
Pour toute réponse, Astrid lui décocha un crochet dans l'abdomen qui le fit se plier sur lui-même dans un grognement. La jeune femme croisa ensuite les bras, les traits mécontents.
« Arrête de pleurer pour un rien, dit-elle en attrapant un clou qui passait par là.
- Tu permets ? Siffla-t-il. Pour une fois que j'ai une bonne raison…
- Rho… »
La blonde avisa le sol non loin où était déposé le tas de cuir important donné aux forgerons pour les pommeaux des armes à réparer.
« Il n'y aura pas moins de cuir que la dernière fois ?
- Hum… Grogna-t-il avant de répondre. Phlégma avait besoin d'une grande quantité et je n'avais pas besoin d'autant. Je lui ai donné.
- Oh. Vous vous en êtes sortis avec le minerai de fer qu'on a récupéré la dernière fois ?
- Gueulfor ne pouvait pas le faire seul et je n'étais pas au meilleur de ma forme ces derniers temps. On devrait s'y mettre dans les prochains jours.
- Harold ! Harold ! »
Un bras toujours autour de son abdomen douloureux, l'auburn recula la tête pour constater à l'embrasure de la fenêtre de l'atelier, la présence d'une petite tête brune bien connue.
« Gustave ? Répondit le susnommé.
- Harold ! Oh Astrid aussi ! Venez vite !
- Qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta de suite Astrid qui se redressa.
- Johann est de retour ! Venez ! »
Gustave disparut encore plus vite qu'il n'était apparu, laissant les deux jeunes gens seuls dans la forge. Passée la surprise, Astrid se mit à sautiller – mais qu'est-ce qu'elle lui faisait là ? C'était loin d'être guerrier ça – sur place et bondit presque à la suite du jeune Viking. Avant de prendre la porte, elle fit volte-face pour regarder Harold qui n'avait pas bougé d'un pouce.
« Harold Héla-t-elle, les indices d'une certaine excitation dans la voix. Tu ne viens pas ?
- Si… Si j'arrive, ne m'attends pas. »
Astrid haussa les épaules et courut presque vers le port.
Johan le Négociant était là, l'un des rares marchands qui parvenait jusqu'ici, l'un des villages les plus au Nord du monde. L'un des plus dangereux aussi. Mais il était toujours là, il répondait toujours à l'appel même avec ce trafic d'esclaves qui pesait sur les voies marines.
En tant que marchand il ne devait pas être trop exposé de toute façon.
Astrid se demanda quelles merveilles le Négociant avait ramenées de son voyage cette fois-ci.
Son enthousiasme redescendu d'un ton lorsqu'elle se rendit compte qu'elle en avait oublié de s'excuser auprès d'Harold.
oOo
Lorsqu'elle arrive enfin près du bateau qui avait déjà commencé à décharger sa marchandise, Astrid put voir qu'une bonne partie du village s'était donné rendez-vous sur le port, adultes et jeunes mélangés.
« Johann ! S'exclama-t-elle avec un sourire lorsqu'elle aperçut enfin le marchand.
- Astrid ! Répondit-il en écartant les bras. Ah ! La plus magnifique des guerrières de Beurk ! La valkyrie parmi les valkyries ! J'ai énormément de choses qui pourraient t'intéresser ma chérie !
- Beau parleur comme toujours, fit-elle moqueuse.
- Toujours lorsqu'il s'agit d'affaire, salua-t-il dans une révérence.
- Johann ! Tonna une voix ! C'est un plaisir de te revoir ! »
Johan pivota sur ses pieds pour faire face à l'immense silhouette du Chef de Beurk, Stoick la Brute. Astrid elle, se retourna vers les fortunes du Négociant, une oreille distraite sur la conversation.
« Maître Haddock, s'inclina Johann.
- Alors comment vas-tu Johann ?
- Bien comme toujours lorsque je foule le sol de Beurk !
- Une masse !
- Tu 'vas pas m'dire qu'après tout l'boulot qu'on amasse dans la forge, tu vas trouver une arme aut' part !?
- A la bonne heure ! Que des merveilles apparemment sur ton bateau encore une fois…
- Je serais venu plus tôt d'ordinaire mais de nouvelles voies marchandes se sont ouvertes et j'en ai profité pour prendre quelques raretés que sans doute, vous n'avez jamais vues !
- Oh mais ce sera parfait pour mes culottes ça !
- Un livre de botanique !
- C'est ton combientième Varek ?
- Parfait alors ! Pas de problème sur la route j'espère ?
- Etrangement non Sir, répondit le marchand. Pas un dragon sur ces eaux, ou alors ils sont restés bien sages. Par contre les hommes…
- Un problème avec d'autres marchands ?
- Oh non, si ce n'était que ça… Mais bon, ce n'est p-… »
Astrid se retourna devant la perte de voix momentanée du marchand d'ordinaire si volubile. Il regardait plus haut par-dessus l'épaule de Stoick et semblait stupéfait par ce qu'il voyait, sa bouche s'ouvrant par moment comme s'il voulait parler mais n'arrivait pas à aligner ses idées.
La jeune femme suivit son regard pour constater avec surprise la présence d'Harold en haut de la falaise, qui observait silencieusement le marchand toujours bouche-bée.
« Maître… Harold… ? »
Johan sembla se reprendre et secoua la tête avant de reculer face à Stoick.
« Excusez-moi… Je dois… Je dois aller lui parler… »
Avec stupéfaction, les Vikings de Beurk virent Johan courir aussi vite qu'il le pouvait sur la route du port qui menait vers le village, en haut de la falaise. Après plusieurs secondes de course, il s'écroula au sol aux côtés du jeune homme qui s'était assis sur le bord de la crique et commença à lui parler, exercice rendu difficile par l'effort, le visage rouge, les yeux écarquillés et les membres tremblants.
Astrid le vit, comme les autres, parler sans interruption avant qu'Harold ne le calme d'un geste et ne parle à son tour en quelques mots. Elle resta ébahie lorsqu'elle vit le marchand lui prendre les mains, les yeux remplis de larmes et baisser la tête devant lui et elle put lire sur ses lèvres des « Merci » à n'en plus finir. L'auburn le laissa faire un moment avant que l'homme ne se calme et redresse la tête d'un bond pour lui parler à nouveau, une inquiétude palpable sur le visage.
La jeune femme sentit son cœur rater un battement lorsqu'Harold fronça les sourcils et détourna les yeux, visiblement en colère. Il marmonna quelques mots auxquels répondit Johan par un hochement de tête. Le Banni frappa du poing sur le sol pour ensuite le placer devant son visage, visiblement très mécontent pendant que le marchand le regardait en silence.
La conversation reprit du côté d'Harold, de simples hochements de tête pour Johan avant que les deux hommes ne se redressent ensembles, échangent une poignée de main durant laquelle Johann s'inclina une nouvelle fois devant un Harold qui ne désirait apparemment que récupérer sa main droite. Enfin ils se séparèrent pour de bon. L'auburn remonta vers le village, le marchand redescendit vers le port.
Lorsque ce dernier revint à son bateau, il fut littéralement agressé par le père Haddock qui attendait, non pas pour les marchandises, mais bien pour l'étrange conversation que le marchand venait d'avoir avec le Banni de Beurk.
« Qu'est-ce que ça veut dire Johann ? Commença-t-il d'une voix blême. Tu… savais pour lui ? »
Johan leva les yeux vers le Chef de Beurk mais pour la première fois depuis toutes ces années, ces derniers n'avaient pas la lueur de respect dont le marchand faisait preuve face à la Brute. Cette fois, ils étaient durs, accusateurs, presque méprisant.
« Oui, finit-il par concéder. Je l'ai vu partir dans la galère qui l'a emmené dans le Sud il y a cinq ans lorsque les lignes maritimes se sont rouvertes, dans les premières prises de la saison. J'ai d'abord cru à un garçon qui lui ressemblait mais lorsque je suis revenu ici et constater qu'il n'était plus là… que le village faisait comme si de rien n'était… J'étais choqué. Outré. »
Il avait planté durement son regard dans celui de Stoick qui baissa les yeux. Cela sembla le mettre encore plus en colère.
« Comment avez-vous pu ?! S'emporta le Négociant. Votre propre fils Maître Haddock ! Votre fils ! J'ai eu tellement de honte de continuer à faire affaire avec vous… Tellement honte… »
Il serrait les poings maintenant, une grimace de dégout sur le village.
C'est Gueulfor, en renfort à quel homme, Astrid n'aurait su le dire, qui brisa l'échange d'un pas clopinant.
« Pourquoi ne pas avoir arrêté de commercer avec nous alors ?
- J'avais développé mon commerce sur d'autres lignes. J'espérais pouvoir me défaire de la votre mais il est revenu avant. En quatre ans il avait changé du tout au tout, j'ai vraiment eu de mal à le reconnaître… »
Astrid repensa à la première fois où elle revit Harold depuis son bannissement. Elle n'avait pas eu de mal à le reconnaître.
Elle avait su qui était cet homme tatoué, froid et impitoyable en un simple échange de regard.
« Tu l'as vu ?! S'écria le forgeron, les yeux écarquillés.
- C'est lui qui m'a demandé de continuer à faire affaire avec vous, répondit froidement Johann. En compensation pour m'avoir aidé.
- Aider à faire quoi ? Demanda Gueulfor.
- … Ma famille… Mes deux filles, il les a libérées… »
Les Vikings purent voir le corps du marchand trembler sous les souvenirs douloureux qui affluaient.
« Alvin n'a pas épargné l'île où ma famille s'est installée, expliqua-t-il. Mes deux filles ont été attrapées et c'est à cet instant qu'il est réapparu. Il les a libérées, je ne sais même pas comment et elles ont trouvé refuge auprès de l'Intendant. L'une d'elle était blessée apparemment et ne pouvait plus prendre la mer, Harold m'a dis t'attendre avant d'aller les récupérer.
- Intendant ? Se joignit Astrid en avançant de quelques pas.
- Un ami à lui à ce qui paraît, répondit-il en la regardant. Il est le refuge des personnes qui sont envoyés sur les galères pour le marché aux esclaves. Il n'obéit qu'aux ordres d'Harold. »
Les Vikings s'échangèrent des regards sceptiques, Astrid maintenant au centre de toute l'attention. Mais la jeune femme ne put qu'hocher la tête de droite à gauche.
Elle ne savait pas.
Elle n'avait jamais entendu parler de cet homme. Harold n'en avait même jamais fait allusion.
Il avait simplement « omis » de lui dire.
Comme d'habitude.
oOo
« Merde. Merde merde merde merde merde ! »
Harold faisait les cent pas dans l'atelier. Il cisaillait littéralement sa lèvre inférieure avec ses dents, ses ongles s'enfonçaient allègrement dans son crâne et ses yeux parcouraient sans y prêter le moindre attention, les armes qui peuplaient la forge de Beurk.
Il s'arrêta brusquement devant un établi où ses deux poings vinrent fracasser la surface de la table en hurlant :
« MERDE ! »
Sa botte vint à son tour frapper le pied de la table alors qu'il se redressait dans une volte-face et marmonnait :
« Mais c'est pas vrai ! Il a fallu continuer hein ! Il a fallu – en plus ! – que ce soit lui ! Non ! Ça pouvait être que lui ! »
Dans un cri de rage, Harold vint s'assoir sans douceur sur un tabouret et ses mains vinrent masquer ses yeux, sa bouche toujours déformée par la colère.
« Hors de question… Hors de question de le laisser faire… Mais quoi faire ? Comment ? Je n'ai pas fait tout ça pour rien, merde ! »
La suite de ce qu'il marmonna devient une suite incompréhensible de grognements ponctués à la consonance qu'Astrid reconnaissait comme étant la langue étrange qu'Harold seul maitrisait sur l'île.
Elle ne devrait pas être là, à la fenêtre de la forge, à l'espionner. Ce n'était pas son but, elle était simplement arrivée là sans que le jeune homme ne s'aperçoive de sa présence et il avait commencé à hurler sa rancœur.
Rancœur dont Astrid ne connaissait pas l'origine. Sûrement ses mots que Johann avait prononcés à sa seule oreille mais elle ne pourrait jamais rien obtenir de ce dernier.
Il était bien trop redevable à Harold pour lui dire quoi que ce soit.
Mais alors qu'était-ce ?
Et surtout : est-ce qu'Harold le partagerait cette fois ?
Les yeux clos, Astrid recula de nombreux pas en silence. Lorsqu'elle n'entendit plus la rage contenue du jeune homme, elle se redressa, le visage haut.
« Harold ! »
Elle courut les quelques pas qui la séparaient de la forge avant d'entrer comme d'ordinaire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Elle le savait. Elle s'y attendait.
Il ne lui dirait rien.
Le visage d'Harold ne trahissait aucunement l'excès de rage et de colère dont Astrid avait malgré elle était témoin.
Rien.
Pas une trace hormis la légère rougeur qu'arboraient ses joues.
Si elle était arrivée quelques minutes plus tard, elle n'en aurait rien su.
« De quoi vous parliez avec Johann ? »
Si Harold voulait jouer à ce jeu, il serait deux. Elle n'était pas vraiment certaine d'être gagnante mais au moins aurait-elle la satisfaction d'avoir essayé.
« Ses filles ont été victimes du trafic, je les ai aidées à s'échapper mais il n'a pas pu aller les récupérer depuis à cause d'Alvin. Je lui ai dis qu'il pouvait maintenant.
- Oh… Fit Astrid en se postant sur la table de l'établi que deux minutes auparavant, Harold frappait à grands coups de pieds et de poings. Elles sont jolies ?
- Elles sont brunes. »
L'auburn sourit dans un regard de connivence à la jeune femme qui éclata de rire.
« D'accord ! D'accord ! J'arrête de t'embêter avec ça ! »
Il leva les yeux au ciel et s'en retourna vers l'un des seaux remplis d'épées. Il en attrapa une et inspecta le pommeau d'un œil expert, estimant si oui ou non il était nécessaire de le refaire.
Dans son dos, Astrid serra les dents.
Et voilà. Il évitait le sujet. Devait-elle continuer à pousser le sujet plus loin ?
Ou devait-elle le laisser gagner ?
La jeune femme avisa un bout de lame qui trainait et joua de ses doigts fins sur la surface miroitante.
« C'est qui l'Intendant ? »
Harold stoppa son geste, releva la tête et soupira de tout son saoul.
« Johann parle trop.
- Allez ! Bougonna-t-elle. C'est qui ?
- Johann… Soupira-t-il à nouveau mais consentit à répondre à la question. Un homme du Sud. Enfin, milieu qui a fini dans le Sud. Un ancien gladiateur, mon Maître d'Arme dans l'Arène. C'est lui qui m'a tout appris, lever une arme, me défendre, tuer… »
Astrid ne pipa mot, se contentant de laisser Harold filtrer les informations qu'il souhaitait divulguer.
Combien de mensonges allait-elle entendre cette fois ?
« Flamma. C'est comme ça qu'il s'appelle. Ça signifie feu, flamme ou même passion selon le contexte. Il aimait bien son nom. C'était un manchot, comme Gueulfor. Il me le rappelait beaucoup mais il était beaucoup plus strict. Mais comme Titus et moi, il était simplement obligé d'être là-bas. Il n'avait rien en dehors de l'Arène et n'était au final qu'un esclave.
- Et il est parti avec vous lorsque vous vous êtes enfuis, compléta la blonde.
- Je n'ai jamais dit que nous étions que deux. » Sourit Harold.
Mais il n'avait jamais laissé entendre l'inverse.
Pas le moindre indice.
Encore un mensonge par omission comme il savait si bien les faire.
« Nous l'avons laissé sur un port un jour. Avec l'argent que je lui ai laissé, il a monté un petit commerce, une auberge un truc du style où il récupérait les esclaves d'Alvin, au nez et à sa barbe. Il était la seule personne avec Titus auquel je pensais comme à un ami là bas. Le seul qui savait ce que j'endurais. »
Il jouait de la lame distraitement. Astrid se demandait même s'il en avait conscience. La lame tournoyait, dansait dans sa main, sûrement dans le souvenir de cet entraînement qui semblait si dur.
Peut-être n'avait-elle pas entendu de mensonges aujourd'hui.
Mais sans doute pas toute la vérité non plus.
« Bon ! Fit-elle en bondissant de l'établi. C'est pas tout ça mais c'est moi qui écaille le poisson ce soir. Tu manges au Hall ce soir ?
- Non, répondit-il en attrapant une autre épée. J'ai trop de travail. Je mangerai plus tard. »
Combien de mensonges y avait-il dans cette phrase ?
Et c'est la fin pour ce chapitre ! J'espère qu'il a plu !
Comme d'habitude, commentaire, remarque, question, ou juste effusion de joie, le petit bouton en dessous n'agresse pas ceux qui le clique ! (et après cette journée de 8h de TP, un quart de pause entre les deux pour bouffer des pattes et des tomates avec les doigts, je serais très heureuse de ce petit réconfort... mais je ne vous pousse pas ! :D)
