Titre: Small Bump (SB)
Genre: Mpreg/Romance/Guimauve/Fluff/Famille/Amitié/Fantastique/Un peu de drame/Un soupçon de Angst
Précisions supplémentaires: C'est un UA (hors du monde Naruto) et les personnages sont totalement OOC (Leurs caractères sont donc différents de ceux qui leurs sont attribués dans l'œuvre originale.).
Pairing: SasuNaru et d'autres surprises.
Warning: Grossesse masculine
Résumé: « Tu es juste une petite bosse pas née. Je vais tenir ton corps dans mes mains, être aussi doux que je peux. Mais pour l'instant tu n'es que l'échographie de mes plans irréalisés. Si tu n'es pas à l'intérieur de moi, je vais mettre mon avenir en toi »


Note 1 : Alors le chapitre fait environ 45 pages et 16 725 mots. Il est beaucoup plus long que les autres chapitres de cette fiction parce que j'ai mis ce qui normalement tiendrait en 3 chapitres pour me faire pardonner de mon retard. Mais ne vous y habituez pas !

Note 2 : Il n'y a pas vraiment d'interaction SasuNaru dans ce chapitre (je vous vois déjà abandonner l'idée de lire) au vu de la situation mais comme vous l'aurez remarqué, l'histoire ne tourne pas uniquement autour d'eux. Ce n'est pas vraiment un chapitre joyeux mais il n'est pas déprimant non plus. Il est construit assez bizarrement et je le trouve atrocement mal écrit mais il y en a toujours des comme ça! u_u

Note 3 : Je m'excuse de ne pas vous offrir plus de SasuNaru mais je promets que vous aurez votre dose dans BD ou STDF que j'espère attaquer ensuite. Je vais juste écrire le chapitre 4 de Rough Love pour mon blog et ensuite je passe à BD !

Note 4 : Je m'excuse aussi pour la mise en page et les fautes mais j'ai écris non stop malgré la crève et les nuits blanches ces derniers jours et cette nuit je suis passé de 21 pages à 45 En gros j'en ai MARRE ! XD

Note 5 : Oui j'ai mis Asami parce qu'il est juste parfait pour le rôle physiquement ! XD Pareil pour Kise !

Note 6 : Je ne sais pas s'il reste encore des lecteurs mais merci aux personnes qui me soutiennent et qui se reconnaitront. Je n'oublie pas de répondre aux commentaires et messages privés je promets ! Je mets du temps mais j'avance au fur et à mesure et c'est toujours un plaisir et une motivation de vous lire ! Et sinon BONNE RENTRÉE à tous ! C'est dur, mais il faut hélas en passer par là !


"Laisse nous tranquille
Ne pouvons-nous pas juste vivre, dans un monde qui se serait arrêté ?
Qu'est ce qui ne va pas ? Pourquoi on ne peut pas ?
Nous n'avons rien fait de mal.
Ne me regarde pas comme ça, avec ces yeux.
Arrête de nous maudire, nous sommes,
Comme tu peux le voir, juste un peu différent..."


-Arrête la voiture ! Hurla soudain Naruto.

Le blond s'était détaché brusquement de Sasuke, la main déjà sur la poignée de la portière opposée.

Le producteur sursauta, pris de court, incapable de comprendre ce qui se passait.

Il y a une seconde encore, l'autre était à moitié endormi contre lui et voilà qu'il semblait à deux doigts d'exploser la vitre.

-Quoi ? Balbutia le brun, perdu.

-ARRÊTE TOUT DE SUITE LA VOITURE !

Sasuke recula machinalement face au ton de l'Uzumaki.

-Qu'est ce qui se passe ? Tenta-t-il de comprendre.

Mais au lieu de lui répondre, Naruto ouvrit la porte et sauta simplement hors du véhicule en marche.

Le chauffeur dut s'en rendre compte car il pila brusquement, les crissements de pneus de la limousine se mêlant à celle d'autres voitures autour.

Même s'il était sorti rapidement, Sasuke resta quelques instants figé face à la scène.

Complètement sous le choc, son cœur semblant à deux doigts d'exploser, il ne quitta pas du regard Naruto qui était au milieu de la circulation.

Lorsqu'il le vit reprendre sa route, il bougea enfin, ignorant les voitures pressés ou les gens abasourdis qui s'étaient arrêtés.

-Tu as perdu la tête ?! Cria-t-il en retenant le bras du créateur. Tu essayes de te faire tuer ?!

L'autre rejeta sa main en se tournant sans douceur vers lui, donnant l'impression qu'il allait lui sauter à la gorge.

-Ne me parle pas comme si j'étais incapable de prendre soin de moi ! Cracha-t-il. Comment penses-tu qu'on a tous survécu jusque là ?

-Je voulais j…

Sasuke était déstabilisé par la réaction de Naruto et la rage qui enflammait son regard.

Il tenta de le toucher mais l'autre recula en ramenant son bras vers son ventre dans un geste clairement protecteur.

Le mouvement figea entièrement le producteur, son esprit enregistrant douloureusement qu'il était à cet instant précis considéré comme un risque voire un ennemi par le doré.

-On a enduré et dû se préparer à affronter bien pire à cause de vous alors n'utilise pas ce ton avec moi ! Je te l'interdis !

Le blond était aussi hostile que féroce et avant que le producteur ne puisse réagir, il reprit sa course, retournant vers le restaurant qu'ils venaient à peine de quitter.

Un coup de klaxon fit sursauter Sasuke, le sortant de sa transe et il se précipita pour le rattraper, plus inquiet encore.

Même « à la retraite », Shikamaru savait qu'il n'avait rien perdu de ses réflexes incroyables alors il aurait presque pu se sentir vexé de voir qu'il n'avait absolument rien vu venir et dû se laisser sauver comme une pauvre victime.

Presque, parce que la situation ne laissait absolument pas la place à ce genre de sentiment ridicule.

La voiture avait évidement fait des victimes mais aucun son ne parvenait aux oreilles du brun qui était happé par la scène.

Le sang, les débris de verre, les tables renversées, les corps au sol, les blessés, les gens paniqués cherchant à fuir à tout prix et ceux sous le choc qui n'étaient plus capable de bouger le moindre membre.

Soudain, il prit conscience qu'il était comme ceux là, complètement figé par le chaos autour et enfin, le son lui revint brutalement, le désespoir et la douleur l'agressant sans attendre.

Doucement, il se rendit compte que le véhicule seul n'avait pas pu faire autant de mal et il remarqua les impacts de balles, l'arme à feu échouée à ses pieds et l'homme qu'il avait extirpé de la place passager, dont il serrait encore fermement la gorge en maintenant son bras derrière le dos.

Il vit le conducteur inconscient échoué sur le capot et enfin Gaara, immobile au milieu du chaos.

Le roux avait été touché plusieurs fois. Son haut se colorait doucement de sang mais il ne semblait pas s'en rendre compte.

Malgré tout ce qui se passait autour de lui, il ne réagissait pas, comme ailleurs.

Gaara se redressa malgré la douleur.

D'abord à genoux, ses mains écorchées accrochant au sol et la tête tournée vers la voiture renversée, dans laquelle venait de foncer un camion.

Le sang de sa plaie au crâne coula sur son visage et vers son œil, le forçant à fermer les paupières mais il lutta, relevant péniblement une main tremblante pour s'essuyer grossièrement.

Il devait se lever.

Repoussant la souffrance et son envie de s'endormir, il tenta de se redresser entièrement mais ses bras cédèrent et il se retrouva à nouveau écrasé au sol, sa joue frottant les graviers.

Un sanglot lui échappa alors que son corps semblait ne plus vouloir lui obéir mais il refusa d'abandonner.

Poings serrés, les ongles enfoncés dans ses paumes, il inspira profondément, effaçant tous les bruits autour pour se concentrer sur les battements de cœurs provenant de la voiture.

Ils étaient faibles mais les quatre s'entendaient encore et Gaara souffla, quelques larmes lui échappant.

Ils étaient en vie, ça allait bien se passer.

Et c'est en s'accrochant de toutes ses forces à cet espoir, alors qu'il se redressait à nouveau à genoux, qu'il l'entendit.

Ce bruit si spécial qui le fit frissonner entièrement.

Le son d'un fusil que l'on recharge.

Sasuke écarquilla les yeux, horrifié par la devanture éventrée du restaurant et le spectacle atroce qu'offrait la salle.

Ignorant la foule curieuse, les gens qui filmaient, ceux qui appelaient les secours et même les blessés, il resta concentré sur Naruto, désirant plus que tout l'éloigner de toute cette folie.

Mais il savait qu'essayer serait une très mauvaise idée.

Le blond ne semblait absolument pas en état de discuter ou même de simplement l'écouter.

Une fois juste à deux pas du restaurant, le créateur saisit soudain un homme parmi les gens pressés autour, contrant sans mal sa tentative de se dégager pour le soulever du sol, la main autour de sa gorge.

L'image força une fois de plus le producteur à s'arrêter et il se rendit soudain compte de quelque chose qui lui avait jusque là échappée.

Naruto n'était pas humain.

C'était quelque chose qu'il savait depuis le début mais dont il n'avait jamais réellement pris conscience.

Jamais complètement assimilé.

Même si les porteurs avaient clairement un « don » particulier, Sasuke ne les avait jamais mis dans la même « catégorie » que Hinata ou Neji par exemple et ce soir, il comprenait son erreur.

-Ga … Gaa….Gaara… Souffla maladroitement Shikamaru.

Il avança de quelques pas, les mains inconsciemment levées devant lui, sentant que le roux pouvait mal réagir à sa tentative d'approche.

L'appelant à nouveau, l'homme d'affaire ne remarqua pas vraiment le son de ses semelles sur le verre brisé au milieu du bruit autour mais Gaara tressaillit, se tournant soudain vers lui, le clouant sur place de surprise.

Ses yeux n'étaient plus vraiment humain, ses pupilles noires dilatées, plongées dans une tempête dorée qui semblait doucement tout engloutir.

Pour la première fois depuis longtemps, Shikamaru ne savait pas quoi dire ou faire et il resta là, les mains levées, son expression trahissant son trouble.

-Lee…. Gémit Gaara.

Le brun qui s'était étrangement attendu à une réaction violente fut surpris par son ton plaintif et douloureux.

L'espace d'une seconde, il songea à son frère et son cœur se serra un peu plus encore alors qu'il repoussait le souvenir douloureux.

Le gémissement de son ami avait soudain accaparé toute l'attention de Naruto qui tourna enfin la tête vers lui en l'appelant le plus doucement qu'il put, sachant qu'il l'entendrait malgré le bruit.

Gaara fit volte face dès qu'il entendit sa voix mais seul un nouveau « Lee » chargé de souffrance, franchit ses lèvres.

Le créateur jura, frappant l'homme qu'il maintenait toujours avant de le plaquer contre le mur, prenant soin de bien faire cogner sa tête.

Sasuke l'observait toujours sans esquisser le moindre mouvement, cherchant à gérer toutes les pensés qui explosaient dans son esprit.

Il n'entendait pas ce qui se disait mais Naruto avait l'air en plein interrogatoire et lorsqu'il vit son expression passer de la rage à l'angoisse alors qu'il sortait rapidement son téléphone, il en déduit que les réponses n'avaient apporté aucune bonne nouvelle.

W

Neji n'avait pas couru aussi vite depuis des années.

Il avait reçu l'appel de Naruto le prévenant du danger et l'informant qu'il n'arrivait pas à joindre Tetsuya et c'est terrifié qu'il pénétra dans le hangar.

Il avait senti l'odeur du sang depuis le bout de la rue et il craignait le pire, de vielles angoisses enfouies remontant brutalement à la surface.

Les lieux étaient plongés dans le noir et même s'il y voyait assez pour se déplacer, l'avocat alluma les puissants projecteurs, dévoilant les ravages qu'avait subis le « loft ».

Tout avait été retourné ou cassé et il avança prudemment, son regard fixant les gouttelettes de sang à ses pieds.

Il y en avait plus ailleurs mais il les ignora, comme il le fit avec les deux corps échoués, préoccupé uniquement par celui qui appartenait à son ami.

Il n'entendait aucun battement de cœur, pas le moindre souffle de vie ne troublait le silence pesant du hangar et il songea au pire.

Non !

Malgré ses craintes, il repoussa ses sombres pensés.

Tetsuya n'était pas du genre à se faire avoir si facilement !

Serrant les poings, sa colère grondant de plus en plus dangereusement, il se précipita vers la chambre, priant pour ne pas découvrir quelque chose qu'il ne pourrait supporter.

XxxX

Ayame retira sans douceur le poignard de la gorge de son agresseur en poussant un sifflement rageur.

Elle n'avait pas perdu son calme lorsqu'une bande d'homme masqués étaient venus l'agresser chez elle en pleine nuit mais lorsque son petit frère avait fait irruption à son tour, blessé, elle avait explosé.

Tetsuya était la personne qui comptait le plus dans sa vie, sa première famille et son premier réel lien alors il était hors de question que qui que ce soit lui fasse du mal.

Et c'est parce qu'il ressentait exactement la même chose que même en sachant qu'elle était plus que capable de se défendre seul, il avait couru jusque ici sans se soucier de ses propres blessures qui coloraient son tee-shirt blanc.

Ayame s'était chargé de tous les assaillants et son frère n'avait rien eu à faire, arrivant juste à temps pour assister à la presque décapitation du dernier agresseur.

Lâchant son arme, la jeune femme rejoignit rapidement Tetsuya, son expression terrifiante effacée par l'inquiétude.

Elle souleva son haut, sifflant à nouveau lorsqu'elle vit la plaie qui marquait son flanc et le blessé tenta de la rassurer.

-Ca va, ce n'est rien de grave.

C'était mot pour mot ce qu'il lui avait dit il y a des années et le souvenir la fit gronder, ses doigts se crispant sur le haut ensanglanté.

Comme s'il devinait exactement ce à quoi elle pensait, il saisit délicatement son poignet et elle releva la tête, plongeant dans ses yeux.

Ils restèrent ainsi quelques instants, les pupilles reptiliennes de la jeune femme laissant peu à peu place à son habituel regard noisette.

-Allons chez la teigne pour qu'il te remette sur pieds ! Lança-t-elle finalement en passant un bras autour de ses épaules.

Tetsuya acquiesça.

-Gaa doit y être de toute façon !

-Tu veux dire que c'est une attaque multiple ?! S'exclama-t-elle.

Sursautant, elle gémit en réalisant le danger.

-Karin !

XxxX

Sasuke ignora les regards noirs jetés par les officiers de police, se levant simplement de sa chaise lorsqu'on lui permit de quitter les lieux.

Ses parents étaient venus tous les deux et tout le monde savait qui ils étaient, surtout du côté des forces de l'ordre.

Ils avaient formé un couple de redoutables avocats de la « pègre » puis une fois séparés, chacun avait retrouvé l'amour avec ce que les gens « normaux » considéraient comme d'atroces criminels.

Sa mère, Mikoto avait épousé un important chef de clan et son père, Fugaku, la fille d'un autre qui hériterait bientôt du pouvoir.

Les deux familles étaient du même « côté » et évidement ça n'avait en rien arrangé les rumeurs qui couraient sur l'ancien couple ou sur leur fils.

Pour tous ces officiers, les avocats étaient l'ennemi et ceux qui défendaient les mafias et membres du crime organisé étaient ceux qu'ils méprisaient le plus.

Alors évidement, aucun n'était ravi de voir Mikoto et Fugaku dans leurs locaux.

L'ancien couple leur avait fait regretter d'avoir arrêté celui qui, aujourd'hui encore, restait leur bébé et c'est avec leur chef forcé de s'excuser que les inspecteurs avaient libéré le producteur.

Mais ce dernier avait la tête ailleurs, bien loin du commissariat ou même du drame qui venait de se produire et pour lequel on l'avait menotté et trainé ici comme un criminel.

Naruto était parti rapidement avec Gaara, Shikamaru leur ayant donné ses clefs de voitures et Sasuke n'avait même pas été capable de regarder le blond dans les yeux, détournant piteusement la tête en choisissant de rester avec son meilleur ami.

Mais toutes ses pensés étaient tournées vers le créateur et son moral était en chute libre.

Remarquant que son fils ne l'écoutait pas, Mikoto coupa court à sa tirade contre les préjugés et abus de pouvoir de la police, l'observant avec attention alors qu'ils avançaient vers la sortie, sans pour autant lui demander quoique ce soit.

Sur ce plan, il lui ressemblait et elle savait que ça ne servait à rien de chercher à savoir.

Il allait simplement répondre « ça va » et se refermer encore plus sur lui-même.

Fugaku par contre ne pouvait rester silencieux face à la mine de son enfant et malgré le regard insistant de son ex femme, il était décidé à tenter sa chance.

Mais une agitation à l'entrée du commissariat qu'ils venaient d'atteindre le coupa dans son élan.

-Worick ?! S'exclama-t-il en voyant l'un de ses patrons, ami et surtout dirigeant de l'un des plus influents groupes du clan.

L'homme était fidèle à lui-même, habillé comme une sorte de rock star qui se voulait faussement décontracté, loin des costumes hors de prix que la plupart des autres chefs portaient.

Un jeans gris déchiré, un tee-shirt avec un message provocant et un blouson en cuir noir qui valait une petite fortune.

« Il est venu en moto.» Songea l'avocat en passant de ses bottes à ses gants alors que le casque que tenait un homme derrière lui confirmait ses pensés.

Pas que ça ait une quelconque importance…

-Sas', ça va ?! Hurla Deidara en se jetant sur Sasuke.

-Oh… Souffla Mikoto, comprenant en même temps que son ex mari ce qui se passait.

Même s'il était terrifiant pour ses ennemis, Worick était un papa poule qui ne pouvait rien refuser à son fils et forcément Dei l'avait prévenu en apprenant pour l'arrestation de son précieux modèle.

Le producteur sourit au jeune homme en le rassurant et face à son visage défait, le mannequin grogna en criant au scandale et à l'erreur judiciaire.

-J'ai appris pour l'arrestation de Sasuke et comme tout s'est passé chez nous, je suis venu jeter un coup d'œil. Expliqua Worick.

Le brun le remercia et ils furent une fois de plus interrompus par une arrivée soudaine.

-SASUKE !

Deidara grogna en se tournant vers la porte.

-Tu n'avais pas besoin de venir, je gérais très bien seul ! Lança-t-il.

-Je viens m'occuper de mon frère, ne te mêle pas de nos affaires de famille ! Rétorqua Yahiko.

-Ta famille est aussi la mienne je te rappelle ! Rétorqua le mannequin.

Il se tourna vers l'ex couple d'avocats.

-Il a vraiment le droit de bafouer comme ça les lois sacrés de nos clans ?! Questionna-t-il. Est-ce que c'est seulement légal ?!

Mikoto pouffa.

-Je ne vais pas mettre mon second fils en prison. Rétorqua-t-elle.

Deidara cligna des yeux avant de se tourner vers l'autre avocat.

Ce dernier rit aussi, pointant son ex femme du doigt.

-Elle est meilleure que moi, ce serait un combat perdu d'avance !

Le mannequin grogna avant de saisir le bras de Sasuke.

-Viens, je vais te raccompagner.

Yahiko passa de l'autre côté, un bras autour des épaules de son demi-frère.

-Je vais le raccompagner !

Chacun repoussa l'autre alors qu'ils atteignaient l'extérieur, Sasuke toujours aussi impassible.

Appuyé sur la voiture amenée par son chauffeur pendant qu'il se faisait interroger, Shikamaru fumait tranquillement une cigarette et son meilleur ami ne fut même surpris de voir qu'il s'était changé.

-Désolé les gosses mais c'est moi qui vais le raccompagner ! Lança l'homme d'affaire en rangeant son briquet. On a des histoires de grands à régler !

Ignorant les protestations des deux autres, le brun ouvrit la portière avant d'aller s'installer au volant et le producteur s'excusa rapidement auprès du duo infernal, salua ses parents et Worick puis rejoignit rapidement son ami.

Ils discutèrent sans entrer dans les détails de leurs interrogatoires et de l'animosité des forces de l'ordre puis le silence s'installa, plus d'un quart d'heure passant sans qu'un seul mot ne soit prononcé.

Mais Shikamaru était patient pour certaines choses et il attendit simplement.

-L'enfant qu'on va avoir avec Naru, il… il y a des chances pour qu'il ne soit pas humain.

Ce n'était pas une question mais le conducteur répondit quand même.

-Oui, évidement.

XxxX

Shikamaru avait conduit directement jusqu'à l'hôpital, précisant à son meilleur ami qu'il pouvait rester dans la voiture.

En temps normal, ce dernier l'aurait sans doute taquiné sur son soudain intérêt pour la santé d'un inconnu mais là, il le suivit sans un mot, bien loin d'être dans son état normal.

Il craignait de revoir Naruto mais ne pouvait pourtant s'en empêcher et c'est pour ça qu'il était descendu du véhicule.

Chaque pas semblait alourdir le poids qui pesait sur sa poitrine et il avançait dans les couloirs clairs de la clinique du docteur Hatake comme si on venait de lui annoncer qu'il était en phase terminale.

Il était anormalement pâle, son expression figée dans un masque d'angoisse alors que son corps semblait soudain plus petit, toute sa confiance et sa force habituelle comme envolées.

Avec une blouse d'hôpital, il aurait facilement pu passer pour un patient désespéré.

Shikamaru lui, était fidèle à lui-même, marchant comme si le monde lui appartenait mais en réalité, il était incertain et troublé.

Si Gaara ne l'avait pas poussé, s'il ne s'était pas en premier occupé du conducteur, il serait peut être mort à l'heure qu'il est, ça méritait bien qu'il s'intéresse un minimum à son état de santé non ?

Sa présence n'était pas si étrange ?

Aller rendre visite à celui qui vous a sauvé la vie était bien un acte civilisé ?

Enfonçant les mains dans les poches de son blouson pour cacher sa nervosité, il pénétra dans l'ascenseur juste après son meilleur ami.

-Oui, je suis un chasseur ! Cracha-t-il face aux regards que lui lancèrent les gens déjà présents dans la cabine.

La réaction ne se fit pas attendre, des sons en tout genre et loin d'être humains résonnant alors que chacun se mettait en position défensive.

Shikamaru ne bougea pas, se fichant encore une fois de ce qu'on pouvait penser de lui ou de sa présence dans une clinique destinée uniquement à ceux qu'il était censé haïr.

Il n'avait pas à se justifier.

Même si, il devait l'avouer, ce soir, il se sentait un peu plus affecté par l'animosité qu'il engendrait.

Sans surprise, Sasuke vit Naruto en premier, pour ne pas dire qu'il ne vit que lui.

Le blond était au bout du couloir, face à ce qui devait être la chambre de Gaara, en pleine discussion avec le docteur Hatake.

Inconsciemment, le producteur avait accéléré le pas mais il s'arrêta lorsque le créateur tourna la tête vers lui.

Ils eurent à peine le temps de se regarder dans les yeux, Sasuke coupant immédiatement le contact en serrant les poings.

Shikamaru continua, franchissant le peu de distance qui les séparait de Naruto et le brun les entendit discuter sans réellement comprendre ce qu'ils se disaient.

Les mots lui parvenaient clairement mais son esprit était trop agité pour se concentrer sur leur sens.

Il était partagé entre l'envie de rejoindre l'Uzumaki et celle de partir en courant.

Shikamaru était rassuré que Gaara aille bien, remerciant pour une fois la nature vraiment résistante des anhumains.

Les assaillants avaient tenté une attaque vraiment osé mais étrangement ils n'étaient pas assez préparés pour ce qu'ils avaient prévu.

Parce que même s'ils avaient fait des victimes humaines, l'homme d'affaires était persuadé que leur véritable et cible était Gaara.

Mais pourquoi ?

Ce n'étaient pas des chasseurs alors pourquoi s'en prendre au roux ?

Est-ce que ça n'avait rien à voir avec sa nature ?

Il avait l'impression que Naruto ne lui disait pas tout ou plutôt presque rien et que les choses lui échappaient.

Mais en même temps, pourquoi voulait-il savoir ? Pourquoi était-il si curieux ?

Il se sentait frustré de ne pas comprendre et encore plus de ne pas avoir pu voir Gaara.

Le créateur lui avait assuré qu'il allait bien, qu'il se reposait mais lui avait bien entendu fait comprendre que le roux n'apprécierait nullement de le voir.

« De toute façon, il dort » Avait-il ajouté en lui offrant un petit sourire.

Mais Shikamaru sentait qu'il était encore tendu, soucieux et malgré lui il avait envie de savoir.

Il avait envie de demander au blond ce qui n'allait pas, envie de lui rappeler qu'il portait l'enfant de son meilleur ami et que rien ne devait compter plus que ça.

Mais le chasseur en lui savait que c'était une très mauvaise idée.

Et-ce qu'il avait réellement bien fait de proposer un porteur à Sasuke ?

L'espace d'une seconde, il songea même que l'idée d'enlever un gosse aurait peut-être été moins folle avant de reprendre ses esprits.

Il commençait vraiment à délirer !

Naruto le ramena sur terre, s'excusant pour rejoindre Sasuke.

-Hey…

Le brun sursauta lorsqu'il se rendit compte que le créateur était à deux pas de lui.

Forcé de lui faire face, il ne le regarda pourtant pas directement dans les yeux, faisant son possible pour ne pas avoir l'air trop mal à l'aise.

-Bon…bonsoir ! Rétorqua-t-il.

C'était stupide puisqu'ils avaient diné ensemble et il s'insulta mentalement alors que le doré semblait chercher à lire en lui.

Sasuke ne se sentait vraiment pas prêt à lui faire face.

Il voulait fuir loin et tout de suite !

-Je voudrais m'excuser pour tout à l'heure. Commença Naruto.

Le producteur se mordit la lèvre.

Il n'avait absolument pas envie d'en parler.

-J'ai été atroce et injuste avec toi et j'en suis sincèrement désolé. Continua pourtant l'Uzumaki. Je vais sans doute avoir l'air de me chercher des excuses mais c'est sans doute difficile à comprendre pour un humain et je…

Le créateur se tut, cherchant ses mots et Sasuke retint difficilement son envie de crier.

Ce n'était pas le moment pour Naruto de lui rappeler qu'il était différent.

-Je sais que sauter de la voiture pour courir rejoindre Gaara peut paraitre vraiment inconscient et que tu as dû avoir très peur pour le bébé mais même si je n'ai pas de partie animale, j'ai aussi quelque chose…quelqu'un….

Le blond s'arrêta à nouveau en soupirant, frustré.

C'était tellement compliqué de trouver les mots pour expliquer quelque chose qu'on ne pouvait réellement saisir qu'en étant sois même pleinement concerné.

Aussi complexe que décrire son mal être ou expliquer la dépression à quelqu'un qui n'avait jamais eu plus qu'un coup de blues de toute sa vie.

-Prendre soin des miens passe avant tout et jamais je ne pourrais ignorer une situation comme celle de ce soir. Reprit le créateur. L'instinct prendra toujours le dessus et si quelqu'un interfère même involontairement il sera considéré comme un ennemi.

Sasuke émit simplement une sorte de bruit étranglé en réponse.

-Si j'ai l'impression que la personne en face de moi met en doute mes capacités à prendre soin de l'enfant que je porte alors je vais très mal réagir… Expliqua Naruto. Je sais que dans ton cas ce n'était que de l'inquiétude mais j'étais déjà à fleur de peau à cause de la fusillade autour de Gaa et…

Le producteur cligna des yeux, se répétant en boucle que oui, le blond avait pu entendre l'accident et le bruit de balles alors que lui non.

Il le revit sauter de la voiture et lui cracher à la figure cette rancœur que tous les « siens » devaient consciemment ou non ressentir envers les être humains.

La facilité avec laquelle il avait soulevé un homme bien plus imposant que lui et son expression lorsqu'il l'avait cogné contre le mur lui revinrent aussi, le faisant chanceler.

-Je suis désolé de t'avoir inquiété et je promets de faire plus attention à l'avenir mais je t'assure que jamais je ne ferais quelque chose que je considère comme risqué pour le bébé. Reprit Naruto. Même si je le voulais, je ne pourrais pas !

Il sourit mais sans exprimer la moindre joie.

-Je ne pourrais pas parce que même si c'est agaçant parfois, lorsque j'attends un enfant, je suis avant tout et surtout un porteur.

Il souffla profondément, enfonçant ses mains dans ses poches et Sasuke se dit qu'emmitouflé dans cette veste noire qui n'était clairement pas la sienne, la capuche cachant ses cheveux et le tissu large dissimulant toute trace de son petit ventre, il faisait vraiment « normal ».

Il avait tout l'air d'un simple être humain mais il n'en était pas un.

Et l'enfant qu'il portait ne le serait peut-être pas non plus.

Son bébé serait différent.

Sentant l'air quitter ses poumons et sa cage thoracique se compresser douloureusement, il haleta, serrant les poings en griffant ses paumes.

-Je…Je ser…serais che…chez Shika ! Bégaya-t-il péniblement avant de tourner les talons et de disparaitre sans laisser le temps à Naruto de comprendre ce qui se passait.

W

Sasori s'appuya contre le comptoir de la grande cuisine ouverte, observant le salon où étaient installés Edward et Tatsuya.

Le blond était encore sous le choc de ce qui s'était passé plus tôt et c'est timidement qu'il avait essayé de se rapprocher du brun, cherchant un contact rassurant.

Le neko avait fait semblant de ne rien voir, se penchant pour saisir un magazine au hasard en prenant bien soin de se coller à l'adolescent en se recalant dans le confortable canapé.

Le violoniste avait une réelle présence apaisante, sans doute grâce à son côté chat et peu à peu, le corps tendu d'Edward s'était décrispé et son expression s'était adouci.

Mais il ne semblait pas encore réellement rassuré et malgré son regard fixé sur l'écran, il n'avait absolument pas l'air de suivre le film diffusé.

Sasori souffla, la culpabilité le secouant à nouveau.

C'était lui qui avait décidé que l'adolescent serait plus en sécurité avec eux et pourtant il venait de se faire attaquer par une bande armée qui était venue avec la ferme intention de tous les éliminer !

Heureusement, ils étaient loin d'être assez bons pour leur poser de réel problème et n'avaient vraiment pas eu de chance de tomber sur lui, Hinata et Tatsuya ensemble.

Ca n'avait pas été un combat long ou compliqué mais il avait fait beaucoup de bruits et de dégâts matériels, ce qui n'était le mieux vu l'état encore fragile du blond.

Ce dernier n'avait pas prononcé le moindre mot depuis le trajet qui séparait leur appartement saccagé de la villa où ils se trouvaient cette nuit et où ils allaient sans doute vivre quelques temps.

Rejoignant le salon, Sasori se dirigea vers Edward qui tourna immédiatement la tête vers lui, ne le lâchant plus du regard, semblant y chercher un point d'ancrage.

Le roux s'installa sur l'accoudoir du canapé et machinalement les doigts de l'adolescent se nouèrent autour d'un bout de sa manche.

L'ainé se mordit la lèvre, son cœur se serrant désagréablement.

-Je suis désolé… Souffla-t-il en glissant sa main dans celle du plus jeune.

Celui-ci resserra immédiatement l'étreinte.

-J'aurai dû savoir que nous n'étions pas la famille la plus calme et rassurante qui soit !

Edward sursauta, se redressant un peu avant de baisser la tête et de mordiller sa lèvre pendant quelques instants, ses cheveux devant son visage cachant son expression.

-Je dois… Je dois partir ? Questionna-t-il finalement d'une petite voix.

Il releva timidement la tête et son expression donna envie à Sasori de pleurer.

-Non, bien sûr que non ! Rétorqua-t-il, l'émotion dans sa voix palpable malgré ses efforts pour garder un ton léger. Je veux simplement dire qu'on va devoir faire en sorte que tu te sentes en sécurité !

Le plus jeune ne dit rien, jouant simplement avec les doigts du roux et ce dernier souffla, énervé contre lui-même.

Il se sentait aussi nerveux que vulnérable et luttait pour ne pas simplement se rouler en boule dans un coin en laissant ses idées noires prendre le dessus.

-Ecoute… Reprit-il avec hésitation. Lorsque j'ai envoyé Gaa te chercher, je n'ai pensé qu'au danger que représentait ton père et ta peur de le revoir.

Il marque une légère pause, le regard hypnotique du plus jeune fixé sur lui.

-Je sais que tout s'est fait dans la précipitation et qu'on en a pas vraiment discuté depuis mais….Je pense que… qu'on….

Butant sur ses mots, Sasori s'arrêta une nouvelle fois, frustré.

-Maman numéro deux t'explique qu'il n'a jamais eu l'intention de te laisser partir et qu'il s'est rendu compte qu'il avait tout de même besoin de ton consentement. Intervint calmement Tatsuya, comme si tout ça l'ennuyait un peu. En gros, est-ce que tu veux faire partie d'une famille de cas sociaux ?

-Hey ! Intervint le roux.

-Quoi ? Il s'est rendu compte par lui-même qu'on était tous plus ou moins dérangés ! Rétorqua le neko. C'est trop tard pour lui vendre du rêve !

Edward ne dit rien, semblant aussi surpris qu'ému, ses yeux mouillés laissant échapper quelques larmes qui roulèrent sur ses joues. Sasori les essuya machinalement, s'en voulant d'avoir abordé le sujet alors que l'adolescent était loin d'être remis de ce qui s'était passé plus tôt.

Hinata intervint, arrivant derrière eux en tapant des mains.

-Aller, aller, ces choses là demandent du temps et ne vont pas se décider maintenant ! Donc pour le moment on coupe la séquence émotion et on va se coucher ! Déclara-t-elle. Notre lapin à cours demain et notre chaton se lève dans quelques heures !

Le « chaton » en question lui lança un regard noir mais ne fit pas de commentaire, reposant son magazine avant de se lever gracieusement, comme toujours.

Sasori quitta l'accoudoir du canapé, ne laissant plus qu'Edward qui semblait recommencer à se tendre.

Comprenant ce qui l'inquiétait, le roux le tira vers lui en le relevant.

-On dort en meute ? Proposa-t-il joyeusement.

-Neji est le seul loup de la bande, on n'est pas une meute ! Rétorqua le neko. Je vais dans ma chambre.

-Génial ! Tous dans la chambre de Tatsuya ! Cria Sasori.

-Hors de question ! Gronda le brun. Je dors seul !

Le roux et Hinata se regardèrent quelques secondes avant de se tourner vers lui.

-Tous dans la chambre de Tatsuya ! Répétèrent-ils en cœur.

Le neko soupira.

-Ok, ok, on dort en meute ! Abdiqua-t-il.

Ses amis crièrent en applaudissant et même Edward sourit alors qu'il les suivait jusqu'à la chambre de Naruto.

-Je vais prendre une petite douche et je vous rejoins ! Lança Sasori en s'arrêtant dans le couloir.

Sans attendre de réponse, il pénétra dans la pièce et referma la porte derrière lui.

Tatsuya voulut le suivre mais Hinata l'en empêcha.

-Laisse… Souffla-t-elle.

Ils se regardèrent un instant en silence et finalement le neko soupira en s'éloignant pour rejoindre la chambre du créateur.

Intimidé, Edward regarda autour de lui sans quitter l'entrée, ne sachant pas comment se comporter.

-Tiens, en attendant qu'on aille chercher tes affaires, met ça !

Tatsuya lui tendait un pantalon de sport et un tee-shirt gris qu'il accepta machinalement, balbutiant un « merci » timide.

Sasori s'appuya contre le lavabo après avoir ouvert le robinet, la tête baissée vers l'eau qui tourbillonnait avant de disparaitre.

Ses ongles tapotèrent nerveusement contrer l'évier alors que les émotions contenues jusque là se faisaient plus pressentes.

Ce n'était pas la première fois qu'ils avaient des problèmes mais cette fois ci les choses étaient plus inquiétantes, les ramenant tous à des traumatismes qu'ils tentaient, encore aujourd'hui, de surmonter.

Sentant son estomac se contracter douloureusement il s'accrocha fermement au lavabo, haletant sous l'impression de manquer d'air.

Toujours accroché à sa perfusion, Sasori tentait de forcer le passage, ne comprenant pas pourquoi Gaara l'empêchait d'entrer dans la chambre de son amant.

Il avait passé toutes ses journées auprès de Hidan en priant pour qu'il se réveille enfin et maintenant que le miracle avait eu lieu, on lui refusait l'accès ?

Pourquoi l'empêchait-on de voir son amant ?!

Poussant malgré son manque de force, il cria, cognant même Gaara.

-Laisse-moi passer ! Exigea-t-il. Je veux le voir ! Je DOIS le voir !

L'autre le fit reculer en le maintenant par les épaules, faisant attention à ne pas blesser son corps fragile.

-Pas maintenant ! Rétorqua le roux. Il ne veut voir personne, il n'est pas en état.

-Mais c'est moi putain ! Cria Sasori.

Gaara ne dit rien, le poussant encore vers l'arrière mais il ne se laissa pas faire, tirant sur sa perfusion dans ses mouvements précipités.

Il arriva à atteindre la porte et à la pousser un peu mais rapidement son ami la bloqua, une main sur la poignée alors que son bras entravait le passage.

Sasori laissa échapper un grognement frustré en le frappant aussi fort qu'il put.

-Gaa arrête ça tout de suite bordel ! Laisse-moi passer !

-Il n'est pas en état !

-Hidan ! Hurla le malade en l'ignorant, tentant toujours de se faufiler. Hidan c'est moi !

-Arrête !

-HIDAN ! Insista le malade.

-Il va devoir abandonner la danse !

Le ton de Gaara et les mots prononcés eurent le mérite de faire taire Sasori qui cligna des yeux, sous le choc.

-Quoi ? Souffla ce dernier, perdu.

-Il a perdu l'usage de ses jambes…

Sasori redressa la tête, croisant son reflet dans le miroir, prenant conscience de ses joues mouillées par les larmes et de son expression douloureuse.

Cognant rageusement dans l'évier, il se mouilla le visage et ferma les yeux, le rire de Lee qui résonnait dans l'habitacle juste avant que le camion ne percute la voiture revenant, comme si souvent, le hanter.

Il ne se souvenait plus de ce qui les avait autant fait rire, juste du regard pétillant de son meilleur ami.

Le brun était sur le siège passager, tourné vers Sasori, son habituelle expression stoïque effacée par son fou rire.

Gaara qui était assis à l'arrière avec l'autre roux, se baissa, appuyant sa bouche sur le ventre de ce dernier, murmurant contre son pull.

Les autres ne l'entendaient pas mais devinaient que c'était des bêtises.

-Hidan ! S'exclama Sasori. Tu m'as bien autorisé à tuer ton abruti de meilleur ami s'il recommençait ses bêtises ?

Le conducteur ouvrit la bouche, prêt à répondre mais ses mots furent avaler par un bruit atroce que Sasori ne pourrait jamais oublier.

Le bruit de leurs vies volant en éclats.

-Ah, j'ai besoin de me laver aussi ! S'exclama Hinata en pénétrant dans la salle de bain de Naruto.

Elle tira la porte sans la claquer, le son de sa voix parvenant assez clairement à Tatsuya et Edward.

Le neko soupira en l'entendant chantonner mais le blond sentit que ce n'était pas réellement de l'agacement et il ne put s'empêcher de sourire, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il allait devoir se changer face au violoniste.

Déglutissant, il baissa les yeux vers le sol, ses doigts se serrant autour des vêtements prêtés.

Il avait souvent entendu que les gens beaux restaient ensemble mais franchement la « meute » de Sasori battait tous les records !

Ils étaient tous absolument magnifiques !

En plus d'être très beaux, ils avaient des personnalités intéressantes, des caractères affirmés, un style unique et des carrières florissantes.

Ils semblaient tous sortis d'un film à grand budget et il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il faisait parmi eux.

Voulaient-ils vraiment de lui ou était-ce simplement le grand cœur de Sasori qui parlait ?

Tatsuya retira tranquillement son haut et Edward recula machinalement, se demandant comment quelqu'un qui ne faisait jamais rien d'autre que jouer du violon pouvait avoir un corps aussi impressionnant.

Le brun était taillé comme un danseur ou peut être un nageur. Sa grande taille et sa fausse délicatesse cachant des muscles parfaitement dessinés.

Le violoniste se retourna et cette fois ci l'adolescent hoqueta bruyamment en lâchant les vêtements sur la moquette.

Le corps parfait, il s'y attendait mais l'immense tatouage très impressionnant qui recouvrait entièrement le dos du neko, non.

Absolument pas !

Tatsuya tourna légèrement la tête, regardant par-dessus son épaule.

-Oh… Lâcha-t-il toujours aussi nonchalamment. Ca date de l'époque où j'étais dans un gang !

Edward retint un couinement.

Il avait décidément encore beaucoup de choses à apprendre sur sa future famille !

S'approchant de lui en se baissant pour être à peu près à sa hauteur, Tatsuya le regarda droit dans les yeux.

Ce n'était pas un regard agressif mais le brun était très impressionnant et l'adolescent tourna la tête.

-Ca pose un problème ? Demanda le neko calmement.

Encore une fois, il n'y avait ni colère ni hargne dans ses mots et sans réellement savoir pourquoi, Edward se sentit stupide.

Réalisant qu'il avait inconsciemment utilisé le terme « future famille », il frissonna, une sensation indescriptible le secouant.

Troublé, il secoua simplement la tête, ses cheveux blonds tombant sur ses yeux.

-N…non. Balbutia-t-il.

-Bien. Rétorqua Tatsuya en s'éloignant.

Attrapant un briquet, il se dirigea vers la sortie.

-Je vais fumer, ça te laissera le temps de te changer ! Lança-t-il avant de disparaitre dans la pénombre du couloir.

W

Sasuke jouait plus avec son verre qu'il ne buvait, l'alcool n'ayant pas réussi à effacer son expression agitée ou à adoucir le fil de ses pensés.

Une partie de lui se sentait vraiment stupide de ne réaliser certaines choses que maintenant mais la majorité de son esprit était assailli par le doute et l'angoisse.

Et si son enfant n'était pas humain ?

Il y avait tellement de possibilités, tellement de créatures dont il ne savait absolument rien.

Comment allait-il l'élever ? En serait-il capable ?

En finissant par accepter de prendre un porteur au lieu d'une femme, il n'avait pas envisagé une seconde que le bébé puisse être autre chose que cent pour cent humain, bien trop obnubilé par le désir d'être père et désespéré par tous ses échecs.

Mais ce soir en voyant Naruto, en prenant réellement conscience de la nature du créateur, il avait été frappé de plein fouet par la situation.

Il y avait des chances pour que son bébé ne soit pas humain.

Pas comme lui.

Différent.

L'espace d'un instant, il eut l'impression de ne plus savoir comment respirer et il se leva en s'accrochant au comptoir du bar, faisant basculer son siège au sol.

Haletant, il renversa son verre, le liquide glissant sur le bois coûteux où il crispa ses doigts.

-Sasuke ?

En rentrant de soirée, Rin s'était attendu à tout sauf à voir l'Uchiwa en train de faire une sorte de crise d'angoisse dans le salon privé de son ainé.

Où était son abruti de frère d'ailleurs ? Comment pouvait-il laisser son meilleur ami se souler seul alors que le soleil allait bientôt se lever ?

Le producteur avait tourné la tête vers lui brièvement, semblant incapable de se détacher du comptoir brillant, comme si l'imposant meuble était tout ce qui lui permettait de tenir encore debout.

Le rejoignant rapidement, le roux lui saisit le bras, écarquillant les yeux en sentant son corps trembler.

-Sas'… Souffla-t-il doucement. Ca va aller, je suis là.

D'abord, Sasuke s'accrocha plus fort lorsque Rin voulut le décoller du bar, ce qui serra le cœur de ce dernier.

Jamais il n'avait vu le brun aussi fragile.

Pour lui, l'ainé était un roc, une force inébranlable.

Quelqu'un qui n'avait aucune faille et ne faiblissait jamais.

C'était stupide, il s'en rendait compte maintenant.

« Il était temps » Songea-t-il en tentant à nouveau d'éloigner le producteur du comptoir.

Celui-ci se laissa faire, basculant un peu sur le plus jeune qui se stabilisa avant de l'aider à rejoindre un fauteuil.

-Sas', il faut que tu te redresses.

Sasuke s'était penché, la tête presque entre ses jambes, tentant toujours de respirer à nouveau correctement mais Rin le saisit par les épaules pour le repousser vers l'arrière.

Le geste était ferme mais doux et l'Uchiwa se laissa faire, finissant par se caler contre le dos du fauteuil, en se tenant le plus droit possible.

-Je ne crois pas que tu ais besoin d'un sac en papier donc juste… Juste respire ! Commenta Rin en s'accroupissant près de lui.

Il se sentait stupide de ne rien avoir de mieux à dire et alors qu'il cherchait quelque chose de rassurant ou d'encourageant, la chanson que lui avait chanté Naruto pour l'aider à se rendormir après son cauchemar, lui revint soudain.

Il se mit à chanter sans même avoir le temps d'y penser, ne prenant conscience de ce qu'il faisait qu'une fois le premier couplet entamé.

Sasuke avait la tête légèrement en arrière, les yeux fixés sur la fresque du plafond, faisant de son mieux pour se calmer et Rin continua de chanter avec plus d'assurance, assis sur la moquette, contre le fauteuil.

W

Karin venait enfin de se calmer, à moitié endormie sur Ayame qui était toujours à fleur de peau.

On avait essayé de tuer sa petite amie et son frère la même nuit et elle n'avait rien pu faire.

Tetsuya n'était même pas encore allé à l'hôpital, ayant refusé de la laisser aller cherchez Karin seule et elle se sentait aussi coupable qu'impuissante.

Ils avaient été accueillis par un incendie impressionnant et si elle n'avait pas immédiatement remarqué la rousse au milieu de la foule et des camions de pompiers, elle aurait sans doute perdu l'esprit avant même d'avoir atteint le foyer.

Mais fort heureusement, quelque soit la situation et peu importe le nombre de personnes autour, sa compagne était toujours celle qu'elle voyait en premier.

Karin gémit en bougeant légèrement sur la banquette du café, enfonçant son visage dans le cou d'Ayame.

Elle n'arrivait pas à croire que parce qu'ils voulaient l'éliminer, des gens avaient fait cramer tout son foyer.

Malgré les mots réconfortants de sa petite amie, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir responsable pour les morts, les blessés et les familles qui allaient apprendre l'horrible nouvelle.

Elle n'arrivait pas à se sentir heureuse ou soulagée d'être en vie contrairement à Ayame qui bénissait leur dispute puis réconciliation qui l'avaient fait arriver bien après le couvre feu.

Le visage d'Aya refusait de quitter son esprit.

L'adolescente venait toutes les nuits ou presque en douce pour dormir dans son lit, malgré les règles du foyer et l'idée que la jeune fille ne soit plus de ce monde par sa faute lui donnait autant envie de hurler que de s'allonger pour toujours.

Si Ayame n'était pas à ses côtés, elle aurait sans doute déjà fait une bêtise.

Songeant soudain que sa petite amie avait faillit lui être enlevée aussi, elle hoqueta en serrant celle-ci plus fort, se tendant entre ses bras.

Préférant les laisser un peu seules, Tetsuya sortit discrètement, emmitouflé dans la veste à capuche rose et gris de sa sœur.

Le soleil commençait doucement à se lever et tout était étrangement calme au vu de la nuit agitée qu'ils avaient eue.

Mais le monde continuait de tourner et la plupart des gens dormaient encore, en dehors de Koki qui les avait comme toujours gentiment accueillis et qui n'allait pas tarder à ouvrir son café.

Frissonnant, il remonta la large capuche, la laissant cacher une partie de son visage alors qu'il cherchait son briquet dans la poche étroite de son jeans.

-TETSUYA !

Le jeune homme sursauta, le cri de Neji assez puissant pour réveiller toute la rue.

Avant qu'il ne puisse enregistrer sa présence ou comprendre ce qui se passait, il était déjà dans les bras du brun, ce dernier le soulevant presque du sol en le serrant contre lui comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des années.

Un peu perdu, Tetsuya ne réagit pas tout de suite, grimaçant simplement en sentant sa blessure compressée.

-A quoi tu joues exactement ?! S'exclama l'avocat en se détachant un peu. Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ?! Tu sais que ça fait des heures que je te traque ?! Je suis allé chez toi et j'ai vu le sang et…

Se taisant abruptement, Neji le fixa en fronçant les sourcils.

-Ne me dis pas que tu n'es pas encore allé te faire soigner ?!

Sa voix était plus calme mais nettement plus sombre.

-S'il te plait dis moi que tu n'as pas encore fais passer ta santé après…

Il se tut à nouveau, la colère qu'il retenait lisible sur son visage.

-Je vais bien, c'est superficiel… Souffla Tetsuya en triturant la cigarette dans la poche de sa veste. Je suis allé m'assurer qu'Ayame allait bien puis après on est venu pour Karin.

-Et toi alors ?! S'exclama Neji.

L'autre déglutit et le brun effaça les quelques pas qui les séparaient.

-Fais-moi voir ! Ordonna-t-il presque en remontant ses vêtements.

-Neji, ce n'est rien !

-Rien ?! Je sens ton sang putain ! Cria l'avocat. Tu sais ce que ça me fait ? Et ce que j'ai ressenti en entrant chez toi ?!

-Je peux savoir de quel droit tu parles à mon frère comme ça ?!

Ayame était sur le pas de la porte, son regard lançant des éclairs.

-Je ne l'aurais jamais laissé trainer si ça avait été grave ! S'exclama-t-elle. Il a des gens pour prendre soin de lui !

Neji eu un reniflement de mépris.

-On voit le résultat !

La jeune femme siffla en se rapprochant.

-Je ne te permets pas ! S'emporta-t-elle.

-Je n'ai pas besoin de ton autorisation !

-Et qui es tu au juste pour débarquer et foutre le bordel ?! Cria-t-elle. C'est mon frère et il n'est ni un membre de ta meute ni ton compagnon !

Le brun grogna, le son purement animal bien plus impressionnant que ses cris se répercutant contre la vitrine du café.

Tetsuya s'était aussitôt interposé, ses deux mains contre le torse de Neji, le repoussant fermement.

Ce dernier avait toujours le regard fixé sur Ayame, semblant prêt à lui sauter à la gorge.

-Tu es en train de menacer ma sœur !

Tetsuya n'était pas en colère mais surpris par le comportement inhabituel du brun.

Posant ses deux mains sur les joues de celui-ci, il le força à couper le contact avec Ayame et à le regarder dans les yeux.

Il était sur la pointe des pieds mais l'avocat avait suivi naturellement le mouvement en se penchant.

Karin était sortie voir, sachant que sa petite amie était surprotectrice avec son petit frère et qu'elle appréciait moyennement de le voir si proche du loup.

Ce n'est pas qu'Ayame n'aimait pas Neji, c'est simplement qu'elle ne supportait pas que Tetsuya souffre.

La rousse se rapprocha rapidement de son adorable serpent qui était toujours derrière son frère, prête à mordre l'avocat si nécessaire.

L'enlaçant doucement, elle embrassa sa tempe et cala son menton sur son épaule.

-On devrait libérer Tetsuya et le laisser enfin aller se soigner. Souffla-t-elle. Puis, on a tous besoin de repos, on est épuisé et à cran.

-On va à l'hôpital ! Gronda Neji en attrapant la main du plus jeune.

Ayame voulut intervenir mais son frère la connaissant par cœur ne lui en laissa pas l'occasion.

-Tu dois t'occuper de Karin ! Lui Sourit-il. Elle a raison, on a tous besoin de repos !

La rousse passa un bras autour des épaules de sa petite amie.

-On va rester chez Koki pour le moment, je n'ai pas envie d'inquiéter papa tout de suite. Grommela Ayame. Tu nous rejoins après ?

-Non ! Grogna Neji. Il va rester avec moi !

La jeune femme serra les poings, prête à répliquer mais son frère la devança une fois de plus.

-On se verra plus tard, il y a beaucoup de choses dont on va devoir tous discuter.

Ayame se mordit la lèvre, sachant qu'il avait raison et que malgré tout, Tetsuya serait en sécurité avec le loup.

L'attirant contre lui en lui faisant ainsi lâcher la main du brun, elle l'embrassa en lui soufflant d'être prudent, ignorant le grondement de l'avocat.

-Je te le confie, mais ne pense pas pouvoir agir comme s'il t'appartient ! Lança-t-elle à ce dernier.

W

-Rin…

Le roux sursauta légèrement lorsque la voix du producteur brisa le silence qui s'était installé.

Relevant la tête, il scruta son visage.

-Ca va mieux ?

Sasuke acquiesça et le plus jeune sourit, soulagé.

Le brun ouvrit la bouche puis la referma, semblant indécis.

-Tu as besoin de quelque chose ? Le questionna Rin.

L'ainé hésita, sa confusion gravée sur son visage.

-Est-ce que…Comment tu… Balbutia-t-il. Je veux dire, quand tu….

Soufflant, comme s'il venait de fournir un effort énorme, il se tut, passant une main dans ses cheveux.

Rin fronça les sourcils, se demandant ce qui pouvait bien le mettre dans un tel état. Le producteur était quelqu'un de franc et direct, il était donc rare de le voir hésiter ou tourner autour du pot.

Quel pouvait être ce sujet qu'il craignait tant aborder ?

Soudain, le plus jeune pensa comprendre.

-Tu veux me parler de… mon état ? Questionna-t-il.

Sasuke tressaillit, évitant son regard en se raclant la gorge.

-Je suis désolé… Souffla-t-il.

Rin secoua la tête.

-C'est bon, ça va ! Chercha-t-il à le rassurer. Tu peux demander.

L'Uchiwa mordilla sa lèvre avant de s'avancer vers l'avant de son fauteuil.

-Comment tu….

Merde, pourquoi n'arrivait-il pas à formuler une simple phrase ?!

Puis que voulait-il exactement savoir ?!

Frustré et agacé, il soupira bruyamment.

-Comment je vis le fait d'être un anhumain né dans une famille de chasseur extrémiste ? Questionna Rin avec un faux sourire. Comment c'est de n'avoir sa place nulle part ?

Sasuke s'insulta mentalement.

Il savait pourtant que ce sujet était tabou ! Shikamaru allait à juste raison le massacrer !

Rin était le seul de sa famille depuis des générations à ne pas être humain et évidement dans un clan comme le sien, ce n'était pas acceptable.

Accusée de tous les maux, sa mère avait « disparue » du jour au lendemain et normalement le roux aurait dû subir le même sort.

Le pire pour ce dernier, c'est qu'en plus de ne pas pouvoir se sentir humain et donc accepté par sa propre famille, il ne pouvait pas non plus se sentir comme un anhumain.

Il faisait parti des très rares cas où bien que présent, le gène ne s'éveillait pas, ce qui faisait que son métabolisme était le même que n'importe quel être humain.

Il n'avait aucune capacité, aucune « nature » et en dehors de ses yeux qui changeaient parfois tout était absolument « normal » chez lui.

Et à moins de connaitre son histoire, tout le monde le prenait pour un être humain.

Même les anhumains ne le détectaient pas !

Parce que rien n'était différent en dehors de ce petit gène paresseux qui faisait de lui une erreur à effacer pour le reste de sa famille.

C'était difficile de trouver sa place dans ce genre de condition. Difficile de savoir qui on est et ce que l'on veut.

Mais peu à peu, Rin y arrivait.

Il avait beaucoup travaillé sur lui-même et la route était encore longue mais il n'était plus l'enfant qui avait tenté de mettre fin à ses jours, persuadé de ne pas appartenir à ce monde.

Sasuke se leva abruptement, trébuchant presque.

-Je…Je suis désolé ! Lança-t-il avant de sortir précipitamment de la chambre.

Surpris, Rin bondit sur ses jambes pour lui courir après.

-Sas' ! Sas' attend !

Le producteur s'arrêta devant la chambre qu'il utilisait lorsqu'il dormait chez son meilleur ami, triturant nerveusement la poignée en se tournant vers le plus jeune.

-Je…J'ai besoin de dormir un peu ! Balbutia-t-il.

Puis inspirant profondément, il posa une main sur son épaule.

-Désolée pour tout ça Rin.

Il tenta de sourire et lui ébouriffa les cheveux.

-On se voir plus tard d'accord ? Repose toi aussi, c'est important !

Le danseur hocha machinalement la tête, sentant la colère l'envahir alors que Sasuke disparaissait derrière la porte, le visage crispé et le regard triste.

Où était son frère ?! Pourquoi personne n'était là pour prendre soin du producteur ?!

Comme pour répondre à ses questions, il entendit la voix de Shikamaru et fonça directement dans l'entrée, espérant que ce dernier ait une bonne excuse.

Mais une fois en face de lui, la stupeur le cloua sur place.

Shikamaru était avec un jeune homme qui devait avoir environ son âge et qui fut le premier à se tourner vers lui.

Il était grand, avait un bandana rouge assorti à son jeans slim dans les cheveux et portait un blouson noir sur un tee-shirt blanc.

Il avait un visage magnifique et délicat qui lui donnait un air adorable mais son regard noir et profond montrait clairement qu'il ne fallait pas s'y fier.

Puis surtout, il avait cet insupportable rictus aux lèvres qui attisa immédiatement la colère de Rin.

-Vraiment ?! S'exclama ce dernier en foudroyant son ainé du regard. Tu laisse Sasuke seul alors qu'il va mal pour aller te chercher un putain de plan cul ?!

Le danseur n'était pas souvent en colère mais lorsqu'il était, c'était impressionnant.

Son adorable bouille de bébé laissait place à un masque sombre, changeant tout de suite l'aura autour de lui et donnant le sentiment de faire face à une toute autre personne.

-Ce n'est pas un plan cul ! Rétorqua son frère.

Shikamaru n'était pas à l'aise. Il ne mentait pas mais il savait que la vérité plairait encore moins à son cadet.

-Il y a eu quelques soucis et….

Il ne finit pas, ne sachant pas vraiment ce qu'il devait dire exactement.

Rin fronça les sourcils, le détaillant intensément avant de se tourner vers l'intrus qui lui sourit en formant un « V » avec ses doigts.

Le danseur serra les poings, son corps se tendant encore plus.

-Un chasseur ?!

Un gloussement effrayant lui échappa.

-Tu as ramené un putain de chasseur chez nous ?

Il semblait à deux doigts de partir dans un fou rire dément, ses épaules tremblant de rage difficilement contenue.

-Rin… Tenta Shikamaru sans pour autant savoir quoi dire.

-Je suppose qu'il est plus à sa place que moi ! Cracha le roux en le bousculant.

Il attrapa rapidement sa veste accrochée, mit ses chaussures, prit son sac abandonné dans un coin près de la porte à son arrivée et disparut en claquant celle-ci derrière lui.

-Il est super sexy ton frère ! S'exclama joyeusement l'inconnu, nullement affecté par ce qui venait de se passer.

Shikamaru se tourna vers lui, la mine sombre.

-N'y pense même pas !

W

Tetsuya se répéta en boucle que Neji n'était pas vraiment conscient de ce qu'il faisait, que ce n'était pas de sa faute et que donc, il devait se retenir de l'empoisonner douloureusement.

Le brun l'avait installé sur ses genoux à l'arrière d'un taxi, aboyant au pauvre chauffeur pendant tout le trajet « d'aller plus vite » mais « de faire attention » avant de le porter comme une demoiselle en détresse dans les couloirs de l'hôpital, refusant même de le lâcher une fois dans la salle d'attente.

La clinique du docteur Hatake était immense, très spacieuse et luxueuse mais ce n'était pas dans un but superficiel ou tape à l'œil.

Soigner des anhumains demandait bien plus d'organisation que soigner des humains, les contraintes semblant parfois sans fin.

Et l'une des bases de cette organisation était l'espace.

Certaines espèces, surtout malade, n'étaient pas faite pour partager trop longtemps la même pièce, encore moins dans une situation stressante.

Voilà pourquoi Tetsuya et Neji étaient installés dans un salon confortable qui ne ressemblait en rien à la salle d'attente d'un hôpital.

Tout était accueillant, chaleureux, pensé pour éviter le stress et les comportements agressifs.

Bien sûr, il y avait aussi beaucoup de longs couloirs semblables à n'importe quelle autre clinique mais pour les cas particuliers, le traitement était plus soigné.

Vu de l'extérieur, ça semblait injuste mais certaines créatures ou certaines maladies ne pouvaient simplement pas être exposées aux autres.

Tetsuya était le plus particulier des tous les cas particuliers alors forcément, tout était spécial lorsque ça le concernait.

Hélas, le jeune homme savait aussi que s'il attendait avec les autres, le comportement de beaucoup serait hostile voire violent.

Alors il patientait coupé de la plupart des autres patients pour être sûr de ne déclencher aucun chaos.

Pour être honnête, il était heureux que Neji soit une fois de plus étrange et laisse à peine les gens respirer près de lui.

Il n'avait pas envie de l'avouer et se détestait d'être aussi faible mais il craignait les hôpitaux et ne supportait pas les endroits bondés.

En fait, l'idée d'être entouré de tant de personnes susceptibles de l'insulter ou l'agresser lui faisait peur.

Ce n'est pas qu'il n'avait pas la capacité de se défendre, bien au contraire ! C'est simplement que lorsqu'une foule le prenait à partie, lui répétant ce qu'on lui avait craché la moitié de sa vie, il était incapable de ne pas y croire, de ne pas se dire qu'ils avaient raison et donc incapable de répliquer.

Le souci de Tetsuya, c'est que peu importe la haine qu'on lui portait, elle ne dépassait jamais celle qu'il ressentait encore envers lui-même.

Son problème, n'était pas que les autres le traite d'erreur de la nature mais que lui soit persuadé d'en être une.

Une abomination.

-Je vais t'arracher les yeux ! Grogna Neji.

Le brun avait le regard fixé sur le seul autre adulte de la pièce, un homme d'une quarantaine d'années aux cheveux blonds très foncés dont l'imposante barbe cachait une partie de son visage.

Il était accompagné d'une petite fille brune à qui il ne semblait pas accorder beaucoup d'attention, préférant scruter du regard Tetsuya comme s'il était une bête de foire.

L'avocat avait parfaitement vu son froncement de nez, sa mine écœurée et son regard méprisant.

Ce n'était pas quelque chose qu'il allait accepter plus longtemps.

Le blond était un loup aussi, ce qui n'arrangeait en rien l'animosité ressenti par le brun mais le premier n'était clairement pas capable de tenir tête à un alpha.

Détournant la tête, il se leva et murmura à la petite fille qu'il « revenait », sans même la regarder.

Neji le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il sorte de la pièce, amusé par la peur qu'il dégageait à présent.

Tetsuya se détendit instantanément au départ du quadragénaire et le brun resserra son étreinte en luttant pour ne pas réellement arracher les yeux de l'autre loup.

Il détestait vraiment son espèce !

La porte à leur droite s'ouvrit et une infirmière s'avança vers eux en leur souriant.

-Tetsuya ? S'assura-t-elle alors que l'avocat semblait la surveiller en maintenant le plus possible le blessé contre lui.

Elle ne sembla pas s'offusquer de son comportement, gardant son sourire avenant.

Le plus jeune s'était redressé, conscient soudain de la position étrange dans laquelle il se trouvait mais le brun refusa de le laisser bouger.

-Un médecin est prêt à vous recevoir et les mesures nécessaires ont été prises pour que votre compagnon puisse vous accompagner ! Lança l'infirmière.

Cette fois-ci, Tetsuya bondit vraiment hors des genoux et de l'étreinte de l'avocat, prenant ce dernier par surprise.

-Ce n'est pas mon compagnon ! Répondit-il assez sèchement. Et il reste là !

La jeune femme cligna des yeux, perturbée pour la première fois depuis son entrée.

-Oh… Je suis désolée…

Elle baissa les yeux vers le dossier entre ses mains où il était inscrit que le patient était accompagné de son compagnon et que ce dernier était un loup.

-Ma collègue a du mal comprendre.

-Ce n'est rien ! Marmonna Tetsuya en jouant avec le lacet de sa capuche.

Neji grogna en réaction.

Pourquoi ne pouvait-il pas entrer avec lui ?

Il refusait de le laisser seul !

Le plus jeune le regarda droit dans les yeux.

-Tu n'as pas à venir !

Sa voix était toujours aussi ferme et son ton froid ce qui transforma le grognement du loup en couinement plaintif.

Mais Tetsuya ne céda pas, suivant l'infirmière sans un regard en arrière.

Neji soupira, en fusillant la porte des yeux.

Il ne comprenait pas pourquoi le blessé avait une telle aversion pour le terme « compagnon ».

On les prenait souvent pour un couple, même leur entourage pensant sans réellement l'avouer qu'ils étaient amants et aucun d'eux n'y prêtait attention.

Lorsqu'on les appelait amoureux, petits amis ou autre, le blessé ne réagissait pas mais dès qu'il entendait le mot compagnon, il s'emportait.

C'était automatique.

Cognant son poing contre sa jambe, il grogna à nouveau.

Il ne supportait pas d'attendre ici !

Il était nerveux, fébrile, inquiet et énervé !

Tout un tas d'émotions qui ne l'avaient pas quitté depuis de la vielle et qui avaient été multiplié par dix depuis l'attaque qu'ils avaient subie.

-Putain ! Cria-t-il, frustré.

Il se leva, faisant les cents pas dans le salon en ruminant ses pensés sombres.

Même s'ils allaient vivre à l'autre bout du monde, il retrouverait ceux qui avaient fait ça !

-C'est ton amoureux ?

Surpris, l'avocat se figea au milieu de la pièce, tournant la tête vers la petite qui le regardait avec intérêt.

Elle ne semblait pas du tout effrayée.

Neji acquiesça sans ouvrir la bouche.

Dans ce genre de situation il avait pour habitude de confirmer les suppositions que faisaient les autres sur Tetsuya et lui, histoire de prévenir tout risque.

Dans le cas présent, ça semblait inutile mais peu importe, la gamine état un loup et les loups n'étaient pas digne de confiance.

-Il est très joli ! S'exclama-t-elle en souriant.

Le brun hocha à nouveau la tête, ne pouvant s'empêcher de penser que le blessé aurait grogné face à tel adjectif.

-Oui, il l'est. Rétorqua-t-il tendrement.

-Et j'aime beaucoup son odeur… Ajouta-t-elle plus timidement en remontant ses genoux sur le siège, contre sa poitrine.

Étonné, il l'observa quelques instants alors qu'elle jouait nerveusement avec la manche de son pull trop grand avant de retourner s'asseoir.

-Moi aussi. Sourit-il.

Le silence n'eut pas le temps de s'installer, la petite reprenant rapidement la parole.

-Il a peur des piqures aussi ?

-Oui. Répondit Neji.

-Alors pourquoi il n'a pas voulu que tu entres avec lui ?

-Je ne sais pas… Souffla le brun, pensif.

Son regard dévia vers la porte close.

-Peut-être que je ne suis pas assez utile ou rassurant…. Murmura-t-il presque. Peut-être que j'aurai dû laisser sa sœur venir au lieu de….

Sa phrase mourut dans silence incertain et la petite pencha la tête, le scrutant avec intérêt.

-Moi je crois qu'il est très heureux que tu sois là !

Relevant les yeux vers elle, Neji ne sut pas quoi dire, espérant simplement que ce soit vraiment le cas.

-Et toi, tu es malade ? Demanda-t-il.

Elle fit « non » de la tête.

-Madame Suzy l'est. Expliqua-t-elle comme si l'adulte était censé comprendre de qui elle parlait. Elle a fait un spit !

Neji fronça les sourcils. Un quoi ?

Avant qu'il ne puisse demander, la porte côté couloir s'ouvrit et il se tendit en pensant que l'autre loup était de retour.

Sans la présence de Tetsuya pour l'apaiser, il n'était pas sûr de se retenir.

C'était bien un blond mais pas celui qu'il craignait.

Kise avait l'air de tout sauf d'un médecin.

En fait, il n'avait même pas l'air du genre à réussir ses études !

Avec sa masse de cheveux blonds, ses yeux cernés de noir, ses dizaines de tatouage et piercings, son débardeur blanc aussi long qu'une robe, son jean gris troué de partout, le casque autour de son cou et les drôles de pins accrochés à sa blouse, il détonait.

Neji l'imaginait parfaitement en tant que chanteur ou acteur mais médecin ?

Non ! Absolument pas !

Pourtant à seulement vingt quatre ans il était déjà un psychiatre reconnu et un expert dans tellement de domaines avec tant de doctorat différents que le brun était incapable de tous les nommer.

Sans lui, la meute n'aurait sans doute jamais tenu le coup.

Neji était le seul à ne l'avoir jamais consulté.

En fait, il avait même tendance à l'éviter.

Parce que Kise, avait le don d'attirer les gens à lui.

Au premier abord il semblait très intimidant et hors d'atteinte mais il faisait toujours le premier pas vers les autres, plus par bienveillance et gentillesse que par sociabilité.

Le psychiatre s'intéressait réellement aux sentiments des autres ce qui poussait à ce confiait à lui sans difficulté.

Mais peu importe à quel point Kise était proche de la meute, il n'en ferait jamais parti.

Neji savait que le blond avait son propre cercle et que jamais il n'appartiendrait au sien.

Donc, il refusait de se laisser prendre dans ses filets, de s'attacher.

Parce qu'il était trop possessif avec les gens qui comptaient pour lui et que créer des liens en dehors de la meute n'apporterait que des complications inutiles.

S'il se confiait à Kise, alors ce serait une personne de plus qu'il devrait accepter de perdre.

Lorsqu'il avait expliqué son raisonnement à Naruto, ce dernier lui avait rétorqué « Et Tetsuya ? » le laissant sans voix, avec une sensation désagréable dans tout le corps.

Pourquoi tout le monde pensait que le jeune homme ne faisait pas parti de la meute ?

Repensant aux paroles d'Ayame, il grogna, attirant l'attention du médecin sur lui.

Ce dernier, accroupi à sa hauteur, discutait depuis son entrée avec la petite.

Cette dernière attrapa son sac à dos lorsque le blond se releva et elle courut jusqu'à Neji pour lui claquer un bisou sur la joue avant de sortir en agitant la main.

Kise gloussa.

-Toujours aussi populaire ! S'exclama-t-il. Moi je peux toujours attendre !

-Hun.

-Tu la connais ? Questionna le médecin

-On a juste discuté un peu parce que Suzy a fait un spit. Marmonna l'avocat comme si ça avait un sens.

Une fois de plus, le petit rire du psychiatre résonna.

-Un split ! Corrigea-t-il.

Le brun fronça les sourcils.

Ca n'avait toujours pas de sens !

-Ce n'est pas le terme médical mais ça s'est banalisé. Expliqua le blond. C'est psychologique et ça touche surtout les loups.

Neji se redressa, curieux.

-Qu'est ce que c'est ? Demanda-t-il.

-C'est trop complexe pour être résumé mais disons que c'est lorsque une personne rejette son loup.

Le brun renifla.

C'est tout ?

C'est ce qu'il faisait depuis toujours !

Kise secoua la tête.

-Non crois moi, tu n'en es heureusement pas là !

L'avocat se tendit.

Il détestait quand le plus jeune lisait dans ses pensées !

Il savait que personne n'avait ce pouvoir mais Kise le faisait toujours douter.

-L'un des cas que j'ai étudié concernait une jeune femme qui n'avait pas le même compagnon que son loup.

Neji écarquilla les yeux, interrompant le blond.

-Quoi ?! Pas le même ?

-Et bien, au vu de l'environnent son loup avait décidé de celui qui serait le compagnon idéal alors qu'elle était amoureuse de quelqu'un d'autre.

L'avocat était encore plus ahuri.

-Je….je croyais qu'un compagnon était celui qui effaçait tout le reste ? Questionna-t-il d'une voix faible.

-Ah, même après autant d'année je ne m'y fait pas ! S'exclama Kise. C'est dingue de voir à quel point chaque espèce ignore tout de sa nature et de son fonctionnement ! C'est pour ça que j'interviens dans des établissements scolaires !

Neji ne dit rien de très clair, émettant plus des sons que des mots.

Le psychiatre soupira avant de s'asseoir.

-Tu sais ce que je reçois le plus dans mon cabinet lorsque les patients viennent d'une meute ?

Le brun fit « non » de la tête.

-Des homosexuels. Rétorqua Kise.

-Être gay n'est pas une maladie !

-Oui, ça je sais merci ! Sourit le blond. Mais combien personnes que tu connais se sont retrouvés directement avec un compagnon du mec sexe ?

L'avocat chercha, fronçant les sourcils au fur et à mesure.

-On nous répète que lorsque ça sera le moment, on trouvera la personne idéale, guidé par notre animal et que ça sera l'amour de notre vie. Reprit le psychiatre. Mais en vrai, un loup par exemple, se fout de ce qu'un humain recherche, ses critères sont différents. Et le premier de tous, touche la reproduction.

La surprise traversa le visage du brun.

-Alors qu'est ce que fait un homme gay lorsque son loup devient complètement dingue en présence d'une femme parce qu'elle a selon lui tous les critères pour être l'âme sœur idéale ? S'exclama Kise. Il finit dans mon bureau !

Neji essayait d'assimiler tout ce qu'il apprenait, se sentant aussi choqué que stupide.

Mais bon, lui n'avait pas eu son bac à douze ans !

-Les anhumains vivant loin de toute meute et créature de la même espèce, on des critères différents mais celui de la reproduction ne varie pas. Continua Kise. La patiente dont je te parle était amoureuse d'une femme mais lorsqu'on son loup a trouvé que l'un de ses amis mâles était parfait pour avoir des enfants, après qu'il l'ait protégée lors d'une émeute, sa vie a tourné au cauchemar.

Ébranlé, le brun passa machinalement une main sur son visage, se pinçant ensuite l'arrête du nez.

-Je pensais que si l'animal aime alors l'humain aussi.

-Oh ça arrive.

-Mais comment ?! Cria presque l'avocat. Si on est un parfait mâle alpha amoureux d'une parfaite femme au foyer non stérile qui par chance nous aime aussi ?!

Neji ne savait même pas pourquoi il était aussi affecté par la nouvelle.

Mais il l'était !

Il avait envie de pleurer et de crier, n'ayant jamais autant détesté sa nature de loup.

Et pourtant, pas un seul jour il ne s'était réjoui d'en être un.

-La patiente a fait un split et a fini par penser que la seule solution était de tuer l'autre. Elle en était arrivée à un tel point de rejet et de dissociation, qu'elle était persuadée qu'elle pouvait se débarrasser de son loup sans se faire de mal.

-Oh donc tu me remontes le moral en me disant qu'elle s'est suicidé ?! Ouah merci ! Heureusement que tu es là monsieur le génie ! Railla le brun.

Kise secoua la tête.

-Je te remonte le moral en te disant qu'elle a fêté ses vingt ans de mariage avec sa compagne.

Neji sursauta.

-Mais et l'instinct et….

Le psychiatre sourit.

-Les vrais compagnons, ils existent, seulement ce n'est pas un compte de fée, rien ne se résout par magie. Rétorqua-t-il. Dans une meute on se rend très vite compte que l'espèce n'est pas en danger et on peut alors tenter sa chance avec l'être aimé, quelque soit son sexe. Moi j'aide surtout pendant ou bien évidemment quand le loup ne lâche pas l'affaire.

-Comment ?

-L'hypnose entre autre.

Le brun hocha la tête, pensif.

-Et hors meute ?

-C'est encore plus compliqué. Répondit le médecin. Plus il est isolé de son espèce plus l'animal va ressentir le besoin de se reproduire et ça peut virer en obsession.

-Alors comment cette patiente a fait ? Demanda Neji. Elle a tué le mâle choisi par son loup ?

Kise rit.

-Il en aurait trouvé un autre ! Rétorqua-t-il. Toujours.

-Alors ? Tu as juste menti pour me préserver ?

Le ton se voulait moqueur mais le blond sentait bien que l'avocat espérait.

-Elle a arrêté de considérer son loup comme un ennemi, décidant qu'ils devaient travailler ensemble et apprendre à réellement se connaître. Expliqua le médecin. Elle a emménagé avec la femme qu'elle aime, coupé tout contact avec le reste du monde pendant plusieurs mois, travaillé sur l'instinct qui la poussait à rejoindre l'homme que voulait son autre, dompté la douleur due au manque et fait en sorte que son loup passe du temps avec celle qu'elle avait choisie.

-Et ? Intervint Neji.

Il était horrifié en pensant aux souffrances qu'avait supporté cette femme, qui faisaient passer les siennes pour de la rigolade.

On pouvait faire tout ça par amour ?

-Ca a été difficile et douloureux, surtout en retrouvant le monde extérieur et en côtoyant à nouveau son ami.

-Elle a recommencé à le voir ?! S'exclama l'avocat, choqué. Elle était maso !

-Lui ou un autre c'était pareil ! Répondit Kise. Le loup n'avait pas d'amour pour lui, il cherchait simplement un reproducteur capable de prendre soin de son humain !

Neji frotta ses mains moites sur son pantalon.

Il avait toujours du mal avec cette partie là.

Il n'arrivait pas à croire qu'un animal puisse rendre complètement fou son humain pour quelqu'un qui n'était pas l'amour de sa vie.

Le brun n'était pas un grand romantique et sa vision de l'amour était sombre mais il avait toujours trouvé du réconfort dans l'idée que les souffrances de beaucoup d'anhumains étaient pour ou par l'être aimé.

Quelqu'un d'unique, de spécial.

Pas une pondeuse ou un distributeur de spermatozoïdes !

-Ensuite elle et sa compagne ont décidé d'avoir un enfant à l'aide de l'insémination artificielle. Reprit Kise. Pour le coup, elles n'ont même pas pensé que ça calmerait les angoisses de reproductions du loup qui soulagé de son obsession a pu se concentrer sur tous le reste.

-Et ? Grogna presque l'avocat.

-Et quand les critères de l'animal le mènent vers la personne choisie par l'être humain, ça s'appelle un « vrai » compagnon. Sourit le psychiatre. Comme dans les contes de fées !

Neji ne s'exprima pas tout de suite, l'observant de longs instants.

N'importe qui aurait fini par être mal à l'aise mais Kise ne broncha pas, attendant qu'il prenne la parole.

-Et l'autre il efface vraiment tout le reste ?

Le psychiatre acquiesça.

-Oui ! Répondit-il. Je n'ai d'ailleurs toujours pas réussi à comprendre pourquoi les sentiments humains ne changent jamais lorsqu'ils sont en harmonie parfaite avec la partie animale.

Il avait une moue boudeuse qui exprimait clairement qu'il détestait ne pas avoir saisi quelque chose.

-Et est ce qu'il y a moyen d'effacer un vrai compagnon ? Demanda Neji

Kise le regarda droit dans les yeux.

-Non. Ça n'a jamais été possible. Trancha-t-il. Surtout pour un loup.

-Il paraît… Souffla le brun en regardant dans le vide.

-Ton espèce trouve rarement un vrai compagnon hors meute, vous vous mélangez peu. Continua le médecin. Ou plutôt, comme tous les autres, vous trouvez rarement un vrai compagnon tout court !

-Ouais, nous sommes des bêtes qui préfèrent écouter des instincts écœurants plutôt que nos sentiments !

-Vous êtes pourtant ceux qui ont la relation la plus fascinante avec vos vrais compagnons !

Neji releva la tête vers le médecin qui lui sourit.

-Le lien mental et émotionnel qui se créé, la façon dont vos sentiments s'harmonisent, vos personnalités qui sont toujours compatibles, la paix qui se forme entre l'humain et l'animal une fois le compagnon trouvé…. Énonça Kise. Il y a tellement à dire que j'en ai fais une thèse !

Il rit en s'ébouriffant les cheveux.

-Après c'est vrai que vous ne supportez pas la présence de ce que l'animal considère comme un rival, vous êtes ridiculement protecteur, vous pouvez difficilement être séparés plus de quelques heures et en dehors des enfants, votre conjoint peu dire adieu aux gros câlins et contacts physiques prolongés !

Neji fronça les sourcils prêts à réfuter mais le médecin sursauta soudain en regardant sa montre.

-Merde ! Je devais prendre le petit déjeuner avec Minho ! S'exclama-t-il en bondissant hors de son siège.

-Attend !

Neji avait crié instinctivement et maintenant il était mal à l'aise.

Toussotant, il regarda ailleurs.

-Ton histoire, elle est fausse n'est ce pas ?

Kise sortit son téléphone et le rejoignit en quelques pas, lui tendant l'appareil déverrouillé.

-La patiente, sa femme et leur fils. Déclara-t-il, ses doigts tapotant sur la photo en fond.

Neji écarquilla les yeux.

-Mais c'est…

-Mes mères oui.

Le brun était à court de mot, les yeux toujours fixés sur l'image.

-Tu veux dire que tu as étudié le cas de ta propre mère ?! Cria-t-il soudain. Mais qu'est ce qui ne va pas chez toi ?!

Le psychiatre pouffa avant de ranger son téléphone et de le saluer.

-Kise…. Souffla Neji une fois la main du blond sur la poignée. Je… je vais sans doute appeler pour une consultation.

Le médecin sourit en ouvrant la porte.

-Quand tu veux.

L'infirmière qui était venue chercher Tetsuya apparut à peine le psychiatre parti.

Elle semblait toujours aussi calme et professionnelle mais son expression était bien moins apaisée.

-Qu'est ce qui se passe ?! Panique immédiatement l'avocat.

Il était débout et prêt à forcer le passage si elle ne le laissait pas entrer.

-Je pense que vous devriez venir, on n'arrive pas à l'approcher.

Le brun la poussa presque en exigeant une explication et elle le guida rapidement dans les différentes pièces.

-Il a refusé les piqures mais ça n'a pas empêché de désinfecter et suturer sans problème. Expliqua-t-elle. C'est seulement vers là fin qu'il a commencé à paniquer sans qu'on ne comprenne pourquoi !

Neji avait la tête qui tournait et le cœur qui tambourinait, n'entendant plus que tout ce qui était relatif à Tetsuya malgré le bruit autour.

N'attendant même plus que l'infirmière lui montre le chemin, il la devança, courant jusqu'à la pièce où le plus jeune avait été soigné.

Ce dernier avait tiré un des chariots dans un coin et s'était recroquevillé en dessous, le corps tremblant.

Il était sans chaussures et torse nu, un large bandage autour de la poitrine et un pansement épais à la gauche de son cou.

Le personnel médical était en retrait pour ne pas l'agiter d'avantage en lui donnant l'impression d'être acculé.

-Vous voulez que je prévienne le docteur Laurie ou le docteur Kise ? Questionna un aide soignant.

L'avocat grogna un « non » avant d'exiger tout aussi délicatement qu'on les laisse « respirer ».

L'infirmière qui l'avait guidé jusque là, lui rappela le bouton d'urgence en cas de besoin et elle s'éclipsa discrètement.

Dans cette clinique, beaucoup de choses ne pouvaient être réglé médicalement et vu qu'aucun membre du personnel n'était humain, c'était quelque chose que personne n'avait de mal à comprendre.

Neji s'accroupit, une main autour d'une des barres du charriot et le blessé émit un sifflement menaçant.

-C'est moi… Souffla le brun. Juste moi.

Il tendit le bras mais l'autre le griffa immédiatement, visant la peau que ses manches remontées ne protégeaient pas.

L'avocat n'y fit pas vraiment attention, insistant malgré les lacérations.

Face à son comportement, Tetsuya tenta de fuir par le côté mais il fut plus rapide et le saisit au passage en le tirant contre lui.

Le plus jeune se débâtit violemment, enfonçant ses ongles là où il pouvait tout en cognant l'ainé mais ce dernier tint bon, l'emprisonnant entièrement entre ses bras.

Le patient se retrouva avec le visage vers le cou de l'avocat et il mordit la chair sans hésiter, ses petites dents perçant profondément jusqu'à ce que le sang coule.

En réponse, Neji le serra plus fort, caressant ses cheveux en lui répétant que tout allait bien.

Il préférait souffrir plutôt que le voir se faire du mal comme la dernière fois.

Voyant qu'il ne lâchait pas prise, Tetsuya hurla, son cri strident teinté d'angoisse alors qu'il se débâtait frénétiquement.

Mais l'étreinte du loup ressemblait à un étau et malgré toutes les blessures infligées, elle ne faiblissait pas.

Au bout de longues minutes de combat, Tetsuya finit par abandonner, l'épuisement l'emportant soudain sur tout le reste et il craqua, son corps secoué par ses sanglots au lieu de sa rage.

Neji se releva doucement en le gardant contre lui, le berçant comme il aurait pu le faire avec un enfant, conscient de ses propres larmes roulant le long de ses joues pour rejoindre celles du malade.

W

Rin ne savait pas vraiment pourquoi il avait couru chez Sasuke en espérant que Naruto y soit.

Mais de tous les endroits où il aurait pu aller, c'est là bas qu'il avait foncé.

Il ne pensait pas que c'était spécialement dû au côté « maternel » d'un porteur puisqu'il avait autour de lui plusieurs mamans géniales vers qui il aurait pu se tourner mais plus en rapport avec l'aura du créateur.

Ce dernier dégageait beaucoup de douceur mais Rin était persuadé qu'il se montrait aussi très franc et ne lui dirait pas juste ce qu'il avait envie d'entendre.

Il avait besoin d'être consolé mais il ne voulait pas qu'on le laisse s'apitoyer sur son sort.

Souvent, lorsqu'il allait mal, il se sentait faible et pathétique face à la gentillesse de ses proches mais la dernière fois, lorsque Naruto l'avait aidé, il n'avait pas eu ce sentiment désagréable.

Alors sans vraiment réfléchir, il avait directement pris le chemin de l'appartement de Sasuke.

Il faisait jour lorsqu'il avait sonné, ne songeant qu'ensuite à la possibilité d'avoir réveillé le blond.

Mais ce dernier lui avait ouvert rapidement, les cheveux en palmier sur la tête, une paire de lunettes rondes rouges sur le nez et un pull oversize blanc qui donnait envie de s'y blottir.

Naruto avait paru surpris lorsque le danseur lui avait déclaré savoir que Sasuke n'était pas là mais il l'avait tout de même laissé entrer avec le sourire, lui proposant un petit déjeuner.

Et c'est face à son chocolat chaud que Rin lui avait parlé du chasseur que son frère hébergeait et de sa colère.

Commençant par ça pour poursuivre avec son enfance dans son clan, sa nature anormale puis son sentiment de n'avoir sa place nulle part qui l'oppressait encore parfois.

Et comme il était déjà allé si loin, que les mots ne semblaient pas vouloir tarir, lui échappant avec facilité et empressement, il décida de continuer.

D'aborder quelque chose qu'il n'avait jamais confié à personne.

Ils avaient fini de déjeuner et s'étaient installés au salon, le créateur toujours parfaitement à l'écoute.

Il n'avait pas besoin de dire quoique ce soit ou de réagir d'une façon particulière pour que Rin se sente réellement écouté et c'est ce qui rendait tout plus facile.

Même là, malgré son soudain silence, Naruto ne parlait pas, sentant qu'il n'avait pas fini, qu'il cherchait simplement comment poursuivre et qu'il avait besoin de temps.

Si le blond prenait la parole, alors Rin n'était pas sûr d'aller au bout de ce qu'il avait prévu de dire.

Mais l'ainé ne dit rien et ne le scruta pas du regard non plus, désireux de ne lui infliger aucune pression.

Il ne voulait pas avoir l'air d'attendre et le presser ou forcer les mots hors de sa bouche.

Naruto lui sourit puis se leva avec les tasses vides de leur second chocolat, amenant le tout à la cuisine.

Rin le suivit des yeux, l'observant ranger ce qu'ils avaient utilisé pour le petit déjeuner avant de se lever le rejoindre.

Sans un mot et simplement avec un sourire de plus, le créateur ouvrit le lave vaisselle et ils commencèrent à le remplir ensemble.

Seul le bruit des couverts se fit entendre pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que le danseur se décide.

-Je… Je ne suis pas attiré par les femmes ou les hommes. Lâcha-t-il doucement.

Sans ses sens plus affutés, Naruto n'aurait pas été sûr de l'entendre.

Relevant précipitamment la tête vers ce dernier, cognant deux verres ensemble, Rin eut soudain l'air horrifié.

-Mais je ne veux pas dire que j'aime les animaux ou les enfants ou…. Oh mon dieu non, pas du tout ! Paniqua-t-il.

Le blond lui saisit délicatement le poignet.

-Calme-toi, je n'ai jamais pensé ça !

Le danseur voulut respirer profondément mais il finit par tousser bruyamment, semblant presque s'étouffer et Naruto lui servit un verre d'eau.

Le laissant se reprendre, il lança le lave vaisselle et essuya les miettes sur le comptoir.

-Je suis asexuel je suppose… Souffla Rin quelques instants après.

Le créateur se tourna vers lui.

-Et c'est un problème ? Questionna-t-il.

Le roux écarquilla les yeux, surpris par sa réaction et la sienne par la même occasion.

Jusqu'ici, il avait toujours considéré que ça en était un, ruminant cette différence sans jamais oser l'exprimer mais là, soudain, face à cette question si simple, il n'était plus très sûr.

Et ce que c'était un problème ou était-ce lui qui en avait fait un problème ?

-Viens, on va en discuter.

Naruto accrocha le torchon qu'il tenait avant de lui tendre la main.

Rin la saisit et le suivit avec le sentiment d'être redevenu un enfant.

W

Edward se regarda plusieurs fois dans le miroir, clignant des yeux parfois pour être sûr que tout était bien vrai.

Il avait dormir coincé entre Tatsuya et Sasori, la main de Hinata jouant avec ses cheveux et à sa grande surprise, il n'avait pas mis longtemps à succomber au sommeil.

Mieux encore, il n'avait fait aucun mauvais rêve.

Il avait été réveillé par l'odeur du petit déjeuner et accueilli par Sasori aux fourneaux, Tatsuya devant son café, un roman dans une main et Hinata lui piquant son croissant.

Même s'il n'avait pas beaucoup d'appétit le matin et encore moins en ce jour particulier, le blond avait essayé de se nourrir un peu, tentant de se détendre en regardant le roux et la panthère taquiner le neko.

Puis ensuite, en l'envoyant prendre sa douche, Sasori l'avait poussé vers le petit salon dont le sol était presque entièrement recouvert de sacs.

-C'est pour toi ! Ce sont des vêtements ! S'était exclamé l'adulte. Tatsuya est allé les chercher exprès ce matin !

Edward était resté figé comme un idiot, la bouche ouverte.

D'où sortait tous ces vêtements exactement ?!

Comme s'il lisait dans ses pensés, Sasori l'avait éclairé.

-Ils ont tous été dessinés par Gaa!

Puis sans lui laisser vraiment le temps de réagir, il avait saisit deux énorme sacs.

-On rangera le reste plus tard mais pour aujourd'hui je pense que cette tenue est idéale !

Le roux était surexcité et l'adolescent avait simplement acquiescé en saisissant les paquets pour retourner vers les chambres.

Il s'était douché, un peu plus rassuré sans exactement savoir pourquoi et maintenant il était prêt.

-Ah je savais que ce serait parfait ! Couina Sasori dans son dos.

Edward le regarda à travers le miroir, lui souriant doucement.

-J'aime le style de Gaara.

L'adulte rit.

-Oui, il a été surpris de voir à quel point tu lui rappelais une mini version de lui !

L'adolescent fit vivement « non » de la tête et le roux sourit en lui ébouriffant les cheveux.

-Alors, la tenue est approuvée ? Questionna-t-il.

Edward se regarda une dernière fois dans le miroir, détaillant le tout avec attention.

Il portait un jeans beige qui mettait en valeur ses jambes, un long débardeur marron, de la même couleur que sa sacoche faussement usée et un blouson en cuir kaki assorti à ses converses.

Rien d'extravagant mais quelque chose qui lui correspondait.

-Oui, tu as très bien choisi, je te remercie.

Sasori sourit, apparemment ravi puis il le tira vers le salon en lui demandant pour la énième fois s'il avait bien préparer tout ce dont il aurait besoin pour sa première journée de cours.

Le roux l'avait inscrit dans un nouveau lycée mais il se comportait comme une mère poule qui devait être séparé de son bébé pour la première fois.

Pour être honnête, ça ne gênait pas vraiment voire pas du tout l'adolescent.

Il n'avait encore jamais eu personne pour s'inquiéter de ce genre de chose ou l'accompagner dans ses démarches, donc il appréciait de ne pas tout devoir gérer seul pour une fois.

-Comme je te l'ai dis, Tatsuya est la rock star des profs là bas, donc si tu as un souci n'hésite pas à aller le voir et à utiliser son influence ! S'exclama Sasori.

-Oui, n'hésite surtout pas ! Appuya Hinata. Ils ne peuvent rien lui refuser !

Le neko délaissa son roman pour leur lancer un regard noir.

-Je ne fais pas ce genre de chose ! Gronda-t-il.

Déposant son livre, il rejoignit Edward pour lui tendre un papier.

-C'est mon emploi du temps ! Expliqua-t-il. Quand je n'ai pas cours, je suis dans la salle de répétition.

Le blond le remercia timidement, ses joues teintées de rouge et Hinata ébouriffa ses cheveux et ceux du chat en lâchant un couinement qui ressemblait fortement au mot « adorable ».

Le brun repoussa sa main en l'assassinant du regard, s'éloignant rapidement mais elle lui envoya simplement un baiser en réponse avant de se concentrer sur l'adolescent.

-Tiens, je t'ai mis les numéros de toute la meute et quelques autres en plus !

Edward attrapa le téléphone portable flambant neuf avant de comprendre de quoi il s'agissait et lorsqu'il réalisa enfin, ouvrant la bouche pour protester, Sasori l'en empêcha.

-Non, on n'a pas le temps ! S'exclama celui-ci. On doit filer sinon on sera en retard !

-Oui, si vous trainez encore je ne vous attends pas ! Commenta Tatsuya en sortant pour aller démarrer la voiture.

Hinata se pencha pour déposer un bisou bruyant sur la joue du blond avant de le pousser doucement et le roux l'entraina vers la sortie en saluant la brune.

-Vite, sinon il va partir sans nous ce sale gosse !

Et en courant derrière Sasori, Edward se dit qu'au moins, ils ne lui laissaient même pas le temps de stresser.

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Tetsuya ne pouvait détacher ses yeux du torse de Neji.

Et bien qu'ils soient superbes, ce n'était pas à cause des abdominaux de ce dernier mais bien des blessures qu'il lui avait infligées.

Il l'avait mordu et griffé, arrivant souvent à passer la fine barrière de tissus de son haut, tellement il y avait mis de force et de colère.

Et de terreur surtout.

-Arrête ça ! Lui lança l'avocat. Ce ne sont que des simples égratignures !

-Je suis dés

-Stop ! Je ne veux pas encore t'entendre t'excuser !

Le brun qui s'activait en cuisine, déposa une assiette de pâtes aux fruits de mers devant le plus jeune.

-Je veux que tu me dises que tu n'as jamais rien mangé d'aussi bon !

Tetsuya le regarda, se demandant comment il avait fait pour avoir quelqu'un d'aussi génial dans sa vie.

Il avait déjà la chance d'avoir Ayame et leur père, n'était-ce déjà pas beaucoup trop pour quelqu'un comme lui ?

Ou peut-être que justement, sa rencontre avec Neji était plus une punition qu'un cadeau.

Peut-être que c'était un moyen de plus pour le torturer.

Mais qu'importe, il se sentait prêt à souffrir si ça lui permettait de vivre des moments comme ceux là.

Plus tard lorsqu'il sera seul, lorsque le brun aura quitté sa vie, il pourra au moins se souvenir de ses instants précieux.

-Tu sais lorsque tu me regardes comme ça, ça me donne envie de te jeter sur mon lit et de faire en sorte que tu me mordes et griffes à nouveau mais de façon plus plaisante ! Lui lança l'avocat.

Son regard s'était assombri et son ton était plus rauque, faisant frissonner Tetsuya qui ne put même pas répliquer cette fois, baissant la tête vers son assiette à la place.

Neji le taquinait tout le temps comme ça, c'était un jeu entre eux.

Même si le brun était sincère et que lui rétorquait de régler les choses avec Sasori.

Il ne voulait pas que l'avocat choisisse la solution de facilité mais qu'il soit enfin heureux.

Qu'il ait tout ce qu'il mérite, tout ce qu'il désirait.

Tetsuya avait décidé que jamais ils ne seraient des amis qui couchent ensemble.

Mais il était aussi conscient que le terme « ami » malgré son importance n'était pas encore assez puissant.

Regardant autour de lui, il admira le loft magnifique de son hôte.

Il avait toujours refusé d'y venir mais cette fois ci, Neji avait profité de son sommeil et au vu de la situation, il se voyait mal râler.

Après tout, il ne pouvait pas retourner chez lui et payer l'hôtel alors qu'ils avaient un lieu ou dormir était ridicule !

Sans compter qu'il s'était réveillé dans un lit moelleux avec l'avocat qui le regardait comme s'il craignait qu'il y ait le moindre accro dans sa respiration.

Ce dernier l'avait emmitouflé dans un pull moelleux dans lequel il nageait puis lui avait servi un jus de fruit frais avant de lui faire visiter son appartement et de l'installer au comptoir de la cuisine ouverte pendant qu'il s'occupait du déjeuner.

Comment aurait-il pu se plaindre ou lui reprocher quoique ce soit ?!

Neji était toujours adorable avec les gens qu'il considérait comme « les siens » mais Tetsuya avait conscience qu'il était étrange depuis ce matin et ça l'angoissait.

Alors pouvoir passer un peu de temps avec lui dans cette petite bulle lui semblait une bonne idée.

Plus tard il aborderait le sujet et chercherait à savoir ce qui n'allait pas.

Mais d'abord, il allait prolonger le rêve, profiter d'un bonheur qui ne lui appartenait pas.

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Sasori sautillait presque dans la rue, impatient de savoir comment c'était passé la matinée de Edward.

Il avait fait promettre au blond de le rejoindre pour le déjeuner, ne souhaitant pas attendre la fin de la journée pour avoir de ses nouvelles.

Il savait qu'il se comportait comme une mère poule mais il s'en fichait.

L'adolescent avait de toute façon semblé ravi de déjeuner avec lui alors il ne voyait aucune raison de se priver.

S'arrêtant une seconde en face d'une voiture garée, il utilisa la vitre conducteur pour être sûr d'être bien coiffé et que rien ne clochait.

Il ne voulait surtout pas aller chercher Edward avec un look négligé !

Soudain, alors qu'il remettait du baume à lèvre transparent, la vitre se baissa et un miroir apparut à la place.

Clignant des yeux, il finit par réaliser la situation et il sursauta en poussant un petit cri.

Le miroir disparut pour dévoiler le visage d'un homme qui devait être dans la fin de la trentaine ou le début de la quarantaine.

Ses cheveux noirs étaient coiffés vers l'arrière, pas une seule mèche ne dépassant et son regard sombre était fixé sur Sasori qui sentit ses joues s'échauffer.

Il semblait amusé, ses yeux pétillant alors qu'un léger sourire étirait ses lèvres.

-Désolé, je pensais simplement que ce serait plus pratique.

Sa voix grave glissa contre la peau du roux que la chair de poule recouvrit entièrement.

-Je…Je suis désolé ! Balbutia-t-il en reculant.

Il se sentait horriblement gêné et tout autant troublé, un mélange qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps.

-Il n'y a pas de raison. Rétorqua le brun. Vous en avez encore besoin ?

Il lui montra le miroir et Sasori fit non de la tête avant de s'excuser rapidement et de fuir.

Il ne courut pas mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait.

Au bout de quelques minutes, il ne put retenir son envie de se retourner et il faillit trébucher en voyant que l'homme marchait tranquillement non loin de lui.

Il était très grand et vraiment bien bâti, sa silhouette mise en valeur dans un costume trois pièces sur mesure bleu marine à rayures.

Continuant d'avancer, il lui sourit en agitant la main et Sasori se demanda s'il avait à faire à un malade.

Pourquoi le suivait-il au juste ?!

Reprenant sa route en accélérant le pas, ses mains enfoncées dans les poches, il jeta des coups d'œil nerveux derrière lui tout le long.

Puis soudain, juste avant de traverser pour atteindre la grille du lycée, il se retourna vivement.

Hors de question qu'un type étrange ne s'approche d'Edward !

-Écoutez, je ne sais pas ce que vous voulez mais c'est non ! Cria-t-il. Je suis désolé d'avoir utilisé votre vitre mais je ne compte pas faire quoique ce soit avec vous !

L'inconnu sembla surpris mais il ne se défit pas de son sourire.

-Je m'excuse si je vous ai donné l'impression d'attendre quelque chose ou si je vous ai mis mal à l'aise. Répliqua-t-il calmement. J'ai simplement rendez-vous avec l'un des professeurs de mon fils.

Il pointa du doigt le lycée et Sasori pria pour que le sol s'ouvre sous ses pieds.

-Oh… Lâcha-t-il, mort de honte.

Malgré son visage entièrement rouge et son envie de courir tout en hurlant, il se redressa et regarda le brun qui semblait très amusé.

Se raclant la gorge, le roux se déplaça en tendant le bras vers le trottoir d'en face.

-Et bien…. Allez-y !

L'homme lui souhaita une bonne journée avant de traverser et le plus jeune le suivit des yeux malgré lui, ne respirant qu'une fois qu'il disparut derrière les grilles de l'établissement.

Amenant ses mains à ses joues brulantes, il se maudit, tapotant de plus en plus fort pour reprendre ses esprits.

Regardant sa montre, il vit qu'il avait encore une vingtaine de minutes à attendre et décida de s'acheter un magazine à feuilleter à la terrasse d'un café et c'est en pénétrant chez le buraliste qu'il tomba sur un visage familier.

Ou plus précisément, sur l'homme devant lequel il venait de s'humilier, en couverture d'un magazine, en short de sport, exhibant un corps qui faisait passer tous les autres canons de la planète pour des laiderons.

Sasori déglutit, attrapant le journal sans quitter des yeux son torse tatoué qui allumait dangereusement son bas ventre.

C'était un magazine célèbre sur les affaires et les « stars » dans ce domaine.

Si le brun en faisait la couverture, c'est qu'il avait réussi.

Il posait avec un ballon de basket, est-ce que c'était un indice ?

Détachant difficilement le regard de son corps, il lut enfin son nom, sentant une vague de frissons le secouer lorsque les mots roulèrent sur sa langue.

-Ryuichi Asami.

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Naruto avait laissé Rin là où il s'était endormi, c'est-à-dire dans son lit et lui, incapable de se détendre avait fini par foncer chez Shikamaru.

Débarquer dans la maison d'un chasseur qui en accueillait un autre n'était pas quelque chose qui lui plaisait mais il le fallait.

Il devait absolument parler à Sasuke !

C'est parce qu'il devenait complètement dingue qu'il n'avait pas attendu plus longtemps, pressé de pouvoir enfin régler les choses.

Mais loin de l'éclairer, le producteur ne cessait de fuir son regard en émettant des sons étranglés au lieu de prononcer le moindre mot cohérent.

Et ça le rendait dingue !

-Au début je pensais que tu étais juste en colère mais en y repensant ça m'a paru peu probable et ce matin, deux minutes avec Shikamaru on finit par me convaincre que c'était effectivement loin d'être la cause de ton comportement ! S'exclama-t-il. Et ce que j'ai cru comprendre des non-dits de ton meilleur ami ne me plait vraiment pas, alors j'espère que tu vas t'expliquer et me prouver que je suis simplement parano !

A nouveau, Sasuke ne parla pas, balbutiant des choses, comme s'il avait perdu la capacité de s'exprimer.

-Dis-moi que le problème ne vient pas du bébé. Insista Naruto. Dis-moi que tu ne commences pas à douter car il pourrait ne pas être humain.

Le producteur ne dit rien mais son corps sembla le trahir et le blond serra les poings, son expression trahissant son mal à contenir le flot d'émotions qui le submergeait.

-D'accord… Souffla-t-il d'une voix étrangement calme.

Une sorte de rictus étira ses lèvres et rire froid, presque silencieux lui échappa.

-Et bien, tu peux arrêter de t'inquiéter car il n'y a aucune chance que je laisse mon enfant à quelqu'un comme toi !