Est-ce Que Tu M'aimes ?


MARDI 14 FÉVRIER…


Bonjour à toutes les personnes qui passeront par là.

C'est Bonney qui vous écrit.

Aujourd'hui, c'est la Saint-Valentin. La journée des Amoureux. C'est aussi la fin de cette histoire.

Les plus perspicaces d'entre vous auront compris…

Comme vous êtes sensés le savoir, cela faisait quelques temps que ça n'allait plus entre Law et moi. J'ai toujours été raccroché à l'idée qu'un jour tout rentrerait dans l'ordre et qu'on s'aimerait comme au premier jour. Malheureusement, il semblerait que tout ne s'est pas passé comme je l'avais espéré.

Tout avait commencé le 26 décembre : depuis ce jour, rien n'allait entre nous.

Plus de confiance.

Plus de communication.

Plus de délires.

Plus d'amour.

J'ai passé mes journées à chercher une solution pour arranger notre situation mais je n'y arrivais pas. Je perdais Law, sans rien pouvoir faire. Je le regardais s'éloigner de moi, et lui non plus ne faisait rien pour rester à mes côtés. Ça ne nous avançait pas trop…

Plus les jours passaient, plus c'était compliqué. Plus les jours passaient, plus je l'aimais. Plus les jours passaient, et moins j'avais d'espoir.

Je ne me sentais plus aimée, j'avais l'impression d'être là, mais de ne servir à rien. Il ne se souciait jamais de moi.

Je passais donc les peu de fois où je lui parlais à lui demander s'il m'aimait. Je recevais des « non » ou des « je sais pas » pour ensuite entendre « c'est une blague » mais jamais de oui pure.

Maintenant, je me dis « c'est pour ça... »

Mais moi je l'aimais toujours Law, je n'ai jamais cessé de l'aimer. Alors je me raccrochais à la moindre once d'espoir que je pouvais avoir.

Je ne vais pas franchement tourné plus longtemps autour du pot, ça me fait assez souffrir comme ça.

Quand je repense à notre couple, je me dis que l'on était particulier. On était des amoureux immatures, on se quittait très souvent et se disputait tous les jours pour tout et n'importe quoi. Mais même si on était comme ça, je me dis que l'on s'aimait vraiment, et c'est le principal.

Enfin, c'était.

Vous vous rendez compte que l'on se parlait tellement peu qu'à force j'avais peur de lui parler ? J'avais peur qu'il s'énerve ou qu'il me parle violemment. Même quand j'avais besoin de quelque chose et qu'il était en mesure de m'aider, j'allais voir quelqu'un d'autre par peur qu'il se moque ou qu'il réagisse mal.

Mais aujourd'hui, j'ai bien dû prendre mon courage à deux mains. Je l'ai fait, je lui ai parlé. Et comme je l'ai dit plus haut, je n'ai rien pu faire d'autre à part lui demander si il m'aimait toujours.

C'est bête comme question. Je ne devrais même pas avoir à la poser… Rien qu'en la posant je me sens bête. J'ai l'impression d'être une petite enfant dans la cours de récrée qu'attend son amoureux. Mais on était arrivé tellement bas que c'était la seule chose que j'attendais : une réponse.

Pour la première fois, j'ai eu droit à une réponse sincère. Brutale, mais sincère.

J'ai pu apprendre que pour lui « il était déjà célibataire depuis plus d'un mois » et que c'est moi qui « me créait des délires toute seule ».

D'un côté je m'attendais à cette réponse, mais pas à autant de sincérité. Je ne pensais pas non plus qu'il jouait avec mes sentiments depuis si longtemps. J'avais juste envie de l'oublier pour toujours.

Eh dire que c'est lui qui m'a lancé dans cette histoire…

C'est à cause de lui que je suis devenue comme ça.

Que je suis devenue « amoureuse ».

J'étais tranquille, je menais une vie paisible et il est venue, il s'est introduit dans ma vie, et maintenant il n'en sort plus.

Il obnubile mes pensées. J'ai compté et je pense plus de quatre-vingt–onze fois à lui par jour. Ça peut paraître peu, mais c'est invivable.

Maintenant tout est comme ces deux précédents mois, à l'exception du fait que désormais je suis au courant pour mon célibat…

Je n'ai pas encore pleuré (miracle !) mais je passe mes journées avec ce sentiment d'échec.

J'ai perdu.

Je n'ai pas réussi à le garder à mes côtés.

Qu'est-ce que j'ai fait de faux ? Qu'est-ce que j'ai raté ? Qu'est-ce que je n'ai pas compris ? Pourquoi est-il parti ? Ne ressent-il plus rien pour moi ? Que pense t-il de moi ?

Tant de questions similaires…

C'est maintenant que je comprends certaines choses. Maintenant que tout s'arrête :

C'est pour ça qu'il ne voulait plus me serrer dans ses bras.

C'est pour ça qu'il ne voulait plus rentrer avec moi.

C'est pour ça qu'il a rayé mon prénom de partout.

C'est pour ça que l'on faisait croire à tout le monde que l'on était séparé (parce que c'était vrai…)

C'est pour ça que tout s'est arrêté.

Au fond je me dis que c'est peut-être une bonne chose car, j'étais incapable de mettre fin à notre relation et je passais mon temps à souffrir alors… ça ira sûrement mieux. Il faut juste que je l'oublie pour de bon.

J'ai fait l'erreur d'avoir espoir et confiance, maintenant j'en paye les conséquences…

Et c'est fou mais… j'ai toujours envie de lui parler. Toujours envie de… de je sais pas, d'être comme avant. Je relis les beaux messages que l'on s'envoyait quand on s'aimait et je me dis que je devrais les supprimer au lieu de le contempler.

Mais je n'y arrive pas. Comment voulez-vous renoncer à une personne que vous aimez ?

Certaines personnes diront le temps, d'autres diront que c'est impossible.

Moi je dirais que je vais faire ma propre expérience et que peut-être je reviendrai vous parlez de comment je me sens quelques mois après…

Le truc c'est qu'il m'a fait tellement de blagues jusqu'à maintenant que j'ai l'impression que s'en est une…

Enfin bon, je ne vais pas plus vous attristez avec mes peines de cœur et plutôt vous dire que le karma retombe toujours.

Cette fois je ne vous ai pas montré précisément ce qu'il s'est passé car ce n'est pas le but de ce chapitre. Je veux juste m'adresser à Law.

Je ne sais pas si tu lieras ça un jour. Je vais te l'envoyer et pis on verra bien. Je tenais juste à te dire que…

Ha ! Je suis restée figée devant mon écran à me dire : mais tu veux lui dire quoi au juste ?

Eh bien sache que c'est toi qui m'a appris à mettre un espace entre mes points d'exclamations (ou d'interrogations) et les mots.

C'est toi qui m'a appris à écrire en message codé.

C'est toi qui me donnait des surnoms.

C'est toi m'a appris à aimer.

C'est toi qui m'a fait connaître tant de jeux vidéos.

C'est toi que j'aimais rendre jaloux.

C'est toi qui demandait à avoir des dizaines de photos de moi.

C'est toi qui me donnait envie d'avoir une famille.

Bref, « c'est toi qui » pleins de choses…

C'est fou, je pensais vraiment que je regretterais d'être sortie avec toi mais… j'ai eu un grand sourire en pensant à ses bons souvenirs.

Je sais vraiment plus quoi penser de toi, de nous, de ce que l'on était, et de ce que l'on sera.

Je sais juste que mon sujet de conversation n°1 va être remplacé et qu'il faut que je trouve autre chose pour tourmenter mes pensées.

Ha… j'ai plus rien à dire mais je continue d'écrire car je ne veux pas que cette histoire s'arrête.

En plus, si je me souviens bien tu l'aimais bien.

Mais il le faut bien, c'est comme ça que ça doit être.

Enfin bon, tu m'avais posé une question à laquelle je n'avais pas répondu, mais je pense que ce texte y répond amplement.

Cependant, je te connais, et tu es très bien capable de me dire que non, tu n'as pas compris.

Alors je vais te le dire clairement : Oui, malheureusement je t'aime encore. Il faudra sûrement beaucoup de temps à ce putain d'amour pour s'en aller mais bon… j'ai envie de te dire que ça fait deux mois que je souffre de cette manière alors, c'est devenu une routine.

Je ne sais pas du tout comment conclure cette histoire. Eh dire que c'est terminé…

Mais peut-être que je reviendrais vous raconter mes prochaines peines de cœurs,

C'était moi,

Merci d'avoir lu,

On se retrouve dans de prochaines fictions.