L'ADN ne peut mentir : Don et Mike sont frères.

Voici la suite.

Bonne lecture !

Partie 7 :

Le temps se figea lorsque Mike apparut sur le seuil du salon. L'ambiance, déjà bien tendue, se refroidit aussi et un silence accueillit le jeune substitut et Don accompagné de Mac Taylor.

Ce dernier se plaça légèrement en retrait dans le hall. Il n'avait pas souhaité venir mais sur la demande insistante et quasi implorante de Don, il y avait consenti pour soutenir son homme.

Se promettant de ne pas intervenir en aucun cas dans cette réunion de famille.

Engourdi, subitement intimidé par tous les regards centrés sur lui, Mike ne parvint pas à franchir les mètres qui le séparaient du salon.

Une main, douce et affectueuse, pressa celle du jeune homme et l'incita à prendre place sur un canapé.

Mike se contraignit à sourire pour remercier Don qui, d'un air de défi, à l'encontre de son père et de sa mère, s'installa aux côtés de son demi-frère.

L'inspecteur, touché par le courage de Mike, ressentit une brusque tendresse à l'égard de ce frère dont il ne savait rien.

Mike, mal à l'aise par le silence persistant, dévisagea discrètement sa demi-sœur et la mère de Don.

Cette dernière avait une attitude froide et pleine de dignité. Mais dessous ce verni mondain, elle manifestait de la curiosité et semblait un peu perdue.

Mike sentit un regard insistant sur lui et avec timidité, il osa scruter son père biologique. Enfin.

Monsieur Flack sénior dégageait un charisme et une assurance inouïe. Il se tenait debout, la silhouette mince et droite, malgré les années et émanait de lui une autorité naturelle.

Pour l'instant, les yeux bleus de l'ancien policier détaillèrent le jeune substitut avec une immense fierté mêlée à de l'embarras. Un éclat fugitif de tendresse traversa ce regard d'acier.

Et ce fut ce minuscule éclat d'affection paternelle qui apaisa Mike et le mit à l'aise.

« -Père, il serait temps de nous dire la vérité. Pria Don, d'un ton calme. La vérité sur la naissance de Mike, ton fils caché. Car sa présence ne te surprend pas. Visiblement. »

Contre toute attente, monsieur Flack eut un sourire chaleureux et large pour ses deux fils. Il prit la main de sa femme entre ses doigts et la consultant tacitement, il commença, d'une voix claire :

« -Votre mère est au courant pour l'existence de Mike. Je lui ai confié mon secret lors de ma demande en mariage. Rien ne devait nuire à notre couple. Elle m'a soutenu durant des années où j'ai eu des remords vis-à-vis de toi, Mike. J'étais jeune à l'époque où j'ai fait la connaissance de ta mère, Mike. J'allais intégrer l'académie de police et ta mère se destinait à une carrière d'avocate. Quand ta mère est tombée enceinte de toi, sa décision, ainsi que la mienne, fut de te faire adopter. Nous avions nos carrières en jeu. Le père de ta mère a usé de son influence pour te trouver une famille bien sous tous les rapports. Et, depuis, ta mère et moi n'avions jamais cessé de garder un œil sur toi et tes études de droit. »

Un silence suivit l'aveu du père de Don et de Mike. Les deux hommes, muets, avaient écouté sans intervenir.

Des émotions diverses les avaient traversés : Stupéfaction, colère, incompréhension puis soulagement pour Don et une joie atténuée par de l'amertume pour Mike…

« -Qui est ma mère ? Demanda Mike, émergeant de ses pensées. Quelle est ma famille naturelle ? Quel est mon vrai nom ? »

Une nostalgie se fit sur les traits de l'ancien policier qui jeta un coup d'œil à sa montre.

« -Elle ne devrait pas tarder, Mike. Déclara-t-il, en enlaçant sa femme. Je l'ai appelée. Elle a hâte de te rencontrer. »

Une sonnette résonna à la porte d'entrée et le maitre d'hôtel alla ouvrir. Mike se crispa, tendu.

Ce que voyant, Don posa une main rassurante sur celle du substitut et lui adressa un demi-sourire.

Mike finit par se détendre et rendit son sourire à son frère. Cette tendresse et cette complicité naissante entre les deux frères émurent le père qui se sentit ravi et émerveillé par la gentillesse de Don.

Un homme jeune, élégamment vêtu, les cheveux châtains, surgit dans le salon. Il salua courtoisement et respectueusement la famille Flack et eut un regard étrange envers Mike.

Il présentait des similitudes physiques avec le jeune substitut qui l'examina avec beaucoup d'intérêt.

Une femme, de l'âge de la mère de Don, pénétra dans la pièce et d'un signe de tête discret et poli, salua la maitresse de maison. Cette dernière lui renvoya son salut, sans hostilité.

Elle se tourna enfin vers Mike qui put découvrir ses traits.

Le jeune substitut, pétrifié par l'ébahissement, reconnut la juge fédérale Marcy Laker dont la famille possédait près de la moitié de la cinquième Avenue.

La juge Marcy Laker était réputée pour son intransigeance et son intégrité. Elle se présentait pour les élections de gouverneur.

Blonde, mince, jolie en dépit des années, elle ressemblait à Mike et lui avait donné sa grâce naturelle et son sourire.

« -Bonsoir, Mike. Dit-elle, en lui souriant. Tu as hérité du charisme de ton père. Je suis heureuse de pouvoir te parler. »

Mike, bouleversé, la contempla sans rien dire. Il digérait les nouvelles données de sa vie et tentait de les intégrer dans son esprit épuisé.

Puis réalisant que cette femme était sa mère naturelle et qu'elle n'avait jamais cessé de veiller sur lui, il éprouva une émotion étrange et il se leva lentement du canapé.

Mac Taylor avait assisté, invisible, aux aveux du père de son amant et remarqué le soulagement visible de Don durant l'explication de l'ancien policier.

Don avait saisi que son monde n'était pas un mensonge et que son père n'avait pas trahi sa mère.

Puis Marcy Laker était arrivé et Mac Taylor avait compris les motifs de l'adoption de Mike.

Soudain, son mobile sonna et l'inspecteur décrocha.

Il pâlit en entendant les mots de son interlocuteur et raccrochant rapidement, il prit son arme et se précipita vers le salon.

Il jaillit au moment où Mike se levait pour prendre sa mère dans ses bras et dégainant son arme, provoquant cris et panique parmi les femmes, il lança :

« -Monsieur Tony Laker, je vous arrête pour tentative de meurtre sur la personne de Michael Cutter. »

Tony Laker, avec une parfaite maitrise et un sang-froid impeccable, s'empara de Mike et braqua le canon de son pistolet sur la tempe de son demi-frère. La juge, interdite devant le geste de son fils légitime, se recula et l'apostropha :

« -Tony, qu'est-ce qui te prend ? C'est ton frère ! »

L'homme eut un rictus de mépris et affermant sa prise sur le jeune substitut, cracha :

« -Je protège mes intérêts, mère. Tu croyais vraiment que j'ignorais son existence ? Tu as toujours été fière de lui. Le digne fils de sa mère : Substitut tenace et intègre comme toi. Grand-père est fier aussi de lui et comme toi, il l'a mis sur son testament. Je l'ai vu son testament, mère ! Il m'a déshérité pour lui, ce bâtard ! »

Don et Mac Taylor faisaient face ensemble et essayaient de calmer la fureur et la rancune de Tony.

Un sifflement, suivi de bruit de verre brisé, retentit et Tony s'écroula, un trou sanglant dans la tête.

La juge Marcy, effondrée, s'agenouilla vers le corps de son fils et demeura muette. Mike n'osa pas la déranger, debout à ses côtés, fixant ce frère qui l'avait haï.

Sur le toit d'un immeuble, en fac de la propriété des Flack, John observa, à l'aide du viseur de son arme, la scène. Il s'assura que Mike était sain et sauf et chuchota dans le micro de son oreillette :

« -Contrat exécuté, Douglas. »

A suivre.

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