Chapitre VIII : le 2 mai 1998.

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Fred se réveilla en sursaut, et dans un réflexe, chercha du bras le corps chaud qu'il avait l'habitude, de nouveau, de trouver à ses côtés au réveil. Mais sa main, ce matin là, ne rencontra que du vide. Cette sensation de vide, au creux de sa poitrine, l'étreignit, comme à chaque fois qu'elle le quittait. Les questions, encore une fois, l'attente, l'inquiétude, l'angoisse qui lui serrait la gorge. Roulé en boule au milieu du lit, il se permit de s'abandonner à sa souffrance, rien qu'un petit instant. Ce n'était pas courageux, et il savait qu'Hermione n'aurait pas aimé qu'il se comportât ainsi, mais il en avait besoin. Pour pouvoir tenter de cacher sa souffrance à nouveau, pour pouvoir reprendre le fil normal de son existence. Après quelques minutes, ou quelques heures peut être, il se traina jusqu'à la douche, histoire de se remettre les idées en place, juste un peu. Sorti de la douche, il se dirigea vers la cuisine, où il eut la surprise de trouver son jumeau. Devant sa question muette, celui-ci lui adressa un petit sourire.

- Mione m'a prévenu qu'elle partait ce matin, avec leur système de galion. Elle se doutait que tu ne serais pas en très bonne forme, et m'a demandé un petit coup de main.

- Hum.

- Bien, on va se la jouer pas très loquace alors. Juste une petite question, j'ai cru remarquer l'absence de la bague de grand-mère. Bon, d'accord, c'est maman qui s'en est rendu compte. J'imagine que quand je reverrai Hermione, je la trouverais à son doigt.

- Hum.

- Merde, Freddie. T'aurais pu me mettre au courant. J'aurais bien aimé être dans le coup.

- Désolé Georgie, mais pour le coup, c'était mon affaire à moi. J'y pense depuis le mariage de Bill et Fleur, alors quand j'ai su qu'elle était à la chaumière, et dans quel état, j'ai eu l'impression que je n'en aurais peut être plus jamais l'occasion.

Il se perdit dans ses souvenirs un instant, avec l'impression que cette fois ci il n'y parviendrait pas. Hermione lui avait dit qu'il aurait de ses nouvelles dans la journée, et il priait qu'elle ait dit vrai. Il secoua la tête, comme pour tenter de chasser ce qui le rongeait, et s'adressa à son frère.

- J'imagine que tu n'es pas le seul à en être arrivé à de telles conclusions. Comment le prend Maman ?

- Comblée. Elle est déjà sur la liste des invités. Je crois que tu vas avoir le droit à un mariage en grande pompe, pire que Bill. Tu vas supporter ?

- Je pourrais même me marier avec le costume de Ronnie lors du bal du tournoi des quatre sorciers, tant que Mione me revient vivante, et que je peux passer chaque minute après ça avec elle. Je ne suis pas sur de pouvoir supporter encore un seul de ses départs.

- On a jamais rien fait normalement tous les deux, mais là.

- Ce qu'il y a entre Mione et moi n'a rien de normal. Et cette fille n'est décidément pas normale. Cette façon d'apparaitre et de disparaitre de ma vie. Je donnerais tout pour qu'au contraire, tout soit normal comme tu dis.

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Son frère allait de toute évidence rétorquer, quand Bill apparut à la porte, blanc comme un linge. A sa suite arrivèrent le reste de la famille, bientôt suivis de Remus, Tonks et le petit Teddy, dont le père était venu annoncer la venue au monde quelques jours plus tôt seulement. Andromeda suivi de quelques secondes tout ce remue-ménage. Fred se leva alors, et se dirigea vers eux. Il n'aurait su dire s'ils étaient inquiets, terrifiés ou exaltés.

- Crachez le morceau.

Tous hésitèrent, et ce fut Bill finalement qui se chargea du lâcher de bombe.

- D'abord, sache que de toute évidence, ils sont en vie.

Les deux jumeaux échangèrent un regard, sans prendre la peine de demander de qui ils parlaient.

- Comment ça de toute évidence ?

- Gringotts a été assiégé par les mangemorts. Pas de doute à avoir, c'était eux.

- Ils ont cambriolé Gringotts ?

- C'est ça. Ils se sont enfuis sur le dos du dragon qui gardait la chambre forte des Lestrange.

Fred dut s'assoir, tant la nouvelle lui avait fait un choc. Elle avait osé se jeter dans la gueule du loup, de cette façon. Elle allait en entendre parler. Elle était suffisamment en danger comme ça pour en plus se permettre de chercher les ennuis. Mais à quoi s'attendait-il ? Il en avait toujours été ainsi, depuis des années. Le « trio d'or » était systématiquement en danger de mort une à deux fois par an à Poudlart. Et en plus, elle s'était enfuie…

- … sur un dragon.

- Mince alors, s'exclama Georges. Alors là, on a pas fini d'en entendre parler, le trio d'or dépasse les jumeaux Weasley. Cambrioler le lieu le plus imprenable après Poudlart et s'envoler sur le dos d'un dragon pour échapper aux gobelins et aux mangemorts. Je leur tire mon chapeau.

- Ton chapeau ? Ton chapeau ! Non mais tu plaisantes j'espère. Quelle bande d'imbéciles ! Ils vont m'entendre ces trois là. Ils se doutent qu'on est tous là à s'inquiéter pour eux. Ils ont une famille, bordel. Ils veulent nous faire mourir de peur ou quoi. Ah si je les tenais.

Un choc. Voir l'un des jumeaux Weasley s'injurier contre l'absence de responsabilités, de discrétion et de prudence de trois membres de sa famille tout en connaissant son histoire et sa personnalité n'était pas quelque chose que qui que ce soit le connaissant un tant soit peu se serait attendu à voir. Un choc amer, parce que ce qui se cachait derrière ce changement, c'était la guerre. Une guerre qui était parvenue à passer outre l'insouciance personnifiée qu'était Fred Weasley. Alors personne ne dit un mot, personne n'osa se moquer de ce changement. Et le silence s'installa. Enfin jusqu'à ce que Fleur ne ressente les premières contractions dues à son état.

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Les contractions avaient débutées quelques heures avant. Bill avait emmené sa femme dans leur chambre, à l'étage, aussitôt suivi par Molly et Andromeda. Remus avait décidé de ramener Tonks et Ted chez eux, et le reste de la famille Weasley, Dean et Luna patientaient depuis dans le salon de la Chaumière aux Coquillages. Fred était perdu, trop d'événements se bousculaient en si peu de temps, et il avait l'impression que la journée n'avait pas finie de faire dérouler toutes ses surprises. Le départ d'Hermione, le cambriolage de Gringotts, leur échappée sur le dos d'un dragon, son petit neveu ou sa petite nièce à venir, la première, bien qu'il considérât Teddy comme faisant parti de la famille. Trop. C'était décidément trop à supporter. Alors, bien que le bébé ne soit pas là à proprement parler, il sorti dès à présent la bouteille de Wisky-Pur-Feu. Devant les mines effarées des autres, il sorti cinq autres verres.

Molly redescendit quelques instants, le temps de boire un peu d'eau et de donner des nouvelles de la future maman. Cependant, avant qu'elle n'ait eu le temps de remonter, un gémissement se fit entendre. Tous tournèrent la tête vers Dean, dont le visage ne reflétait que la surprise, et qui fixait le galion qu'il venait de sortir de sa poche.

- C'est Neville. Ils sont à Poudlart. Vous-savez-qui est en chemin. On va se battre.

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Fred n'avait pas attendu le consentement de ses parents, et Georges et lui se trouvaient dorénavant dans le passage qui reliait les trois sangliers et la salle sur demande. Celui-ci ne lui avait jamais paru aussi long. Ses parents, Dean, Luna et Ginny les avaient rejoint juste avant qu'ils n'empruntent le passage et il les entendait avancer à quelques mètres derrière lui, tout comme il entendait, bien que de moins en moins fort, les grognements d'Alberforth qui n'avait eu de cesse de répéter que son bar n'était pas un hall de gare. Il se doutait que Bill et Abdromeda étaient restés auprès de Fleur. Il n'avait pas peur, en fait il était soulagé. Quelque soit l'issue de la bataille pour lui, cette attente était finie. Son futur commençait dans quelques heures, et son unique but était de faire en sorte, tout au long de la bataille, qu'Hermione fasse partie de ce futur, même si pour cela ce ne devait pas être son cas. Enfin, la fin du périple apparut devant lui et, sortant enfin du tunnel, il fit face à la salle sur demande telle qu'il ne l'avait jamais vue. Elle était immense et ressemblait à la calle d'un navire, qui servirait de dortoir aux matelots. Un monde fou était présent, et il parvint à reconnaître quelques têtes tandis qu'il faisait parcourir son regard sur tous les visages présents, à la recherche d'un seul. Il entendit à peine les autres descendre du passage et étreindre Harry et Ron lorsque son propre regard croisa celui d'Hermione. Il se précipita vers elle, passa sa main sur sa nuque et amena son visage contre le sien avant de prendre ses lèvres. Pressé, prit d'un besoin qu'il commençait à reconnaître, il en demanda l'accès et mêla sa langue à la sienne quand elle l'y autorisa. Peu conscient des regards parfois surpris, parfois incrédules dont ils étaient la cible, il mit fin au baiser et enfonça sa tête dans le coup de la jeune fille, en posant sa main sur le haut de son crâne.

- Très discret, Monsieur Weasley, lui sourit-elle.

- Ma façon à moi de marquer mon territoire, Melle Granger, lui répondit-il, la voix rauque, alors qu'il embrassait la peau nue de son cou.

- Hum, la bague qui se trouve à mon annulaire faisait l'affaire. Mais je t'autorise à marquer ton territoire de cette façon pour le restant de tes jours.

Il eut un sourire face à leur échange léger, si loin de tout ce qu'ils avaient envie de se dire. Entendant à peine Harry dire qu'il ne voulait pas que les gens se battent, et eux rétorquer qu'il n'aurait pas le choix, il quitta à regret la chevelure indomptable de la jeune fille pour vriller son regard au sien. Il redevint immédiatement sérieux, sa colère reprenant le dessus devant les brulures légères qu'il pouvait voir sur son visage et le long de ses bras.

- Gringotts ?

- J'ai toujours été ambitieuse.

- Je ne plaisante pas Hermione. J'ai cru mourir sous le choc de la nouvelle. Je ne t'aurais jamais laissé partir si…

- Pourquoi crois-tu que je ne t'aie rien dit ?

- Un dragon ?

- Mon idée, je plaide coupable. Mais pour ma défense, les autres choix ne t'auraient pas plu non plus.

Il soupira et posa son front contre le sien pendant que sa main rejoignait la joue d'Hermione.

- Inutile de te demander de rentrer à la maison.

Elle eut un petit rire désabusé, mais laissa tomber les sarcasmes en croisant le regard du jeune homme. Alors elle se contenta de résumer la situation.

- Ma place est ici.

- Alors que ta main ne quitte pas la mienne une seule seconde pendant la bataille.

Elle ferma les yeux un instant. Elle savait qu'il aurait aimé porter son fardeau à sa place, ou tout du moins une partie. Mais la vie est ainsi, ils avaient des rôles à tenir dans cette guerre, les cartes avaient été distribuées il y a des années, et ils ne les avaient pas choisies.

- Je suis désolée Fred. Je dois aller m'occuper de quelque chose avec Harry et Ron. Mais je te promets que ce sera moins dangereux que d'être au cœur de la bataille.

Il laissa échapper un gémissement, alors que déjà elle s'éloignait de lui, rejoignant ses deux comparses qui l'attendaient près de la porte d'entrée. Elle fit quelques pas, avant de se retourner et de se précipiter dans ses bras. Il eut un sourire désabusé alors qu'elle l'étreignait de toutes ses forces et qu'il lui rendait la pareille.

- Pas facile de laisser l'autre face au danger, hein ? Pour une fois que nos rôles sont inversés.

- J'ai tenu ma promesse Fred, celle que je t'ai faite cette fameuse nuit. Je suis revenue. Alors promets-moi d'en faire autant.

Elle n'écouta pas sa réponse et parti sans demander son reste, de peur qu'il ne lui dise la vérité, qu'il ne lui dise que c'était une promesse qu'il ne pouvait être sur de tenir, même s'il s'y efforçait. Prit d'une sorte de superstition, il ne répondit pas, tout comme elle n'avait jamais répondu presque un an auparavant.


Je suis désolée d'avoir tant tardé à poster ce chapitre, qui est l'avant dernier. Surtout que cette fic est finie depuis belle lurette. Mais je travaille sur trois autres fanfics en ce moment, et je vais éviter de poster avant d'avoir pas mal de chapitres à mon actif, voir la totalité. J'essaierais aussi de m'instaurer une publication hebdomadaire. Qui plus est, j'ai écrit deux OS que j'ai posté, et le tout m'a prit pas mal de temps. Bref, aucun excuse, mais des explications.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, les reviews m'aident à m'améliorer, et si vous avez aimé, à me prévenir que je suis sur la bonne voie.