Disclaimer : Les personnages appartiennent à leur créateurs de chez Marvel Comics, mais plus particulièrement à ceux qui les ont adaptés pour le grand écran, chez Marvel Studio's, qui appartient à Disney. Je ne tire aucun bénéfice financier de ce texte.

Note et Blabla : Nous sommes ici rassemblés pour le chapitre final de la fiction appelée "Why Can't We Be Friends" ! ça fait tellement longtemps que j'ai pas clôturé une fic, ça me fait bizarre. Toutefois, je suis contente du temps plutôt court que ça m'a pris pour le faire - vu que j'ai commencé début mai, tout de même, c'est un petit record en soi. Je suis jamais satisfaite de mes fins, mais il faut bien finir quelque part pas vrai ?

Je suis désolée du temps que ça m'a pris mais je peux vous assurer que je fais mon retour peu à peu dans le monde et que je me suis remise à écrire activement !

Dans tous les cas, je suis super heureuse d'avoir fait ce trajet avec vous. J'espère que cette petite conclusion vous plaira !

Bonne (dernière) lecture !


Chapitre 7: September

L'explosion.

Le corps de Bucky, éjecté au loin, dans un torrent de flammes et de fumée. Et il rebondit sur le toit d'une voiture, avant de s'écrouler contre le bitume brûlant. La chaleur du sang dans sa bouche lui chatouilla la langue.


« Je t'ai trouvé un peu distant, ces derniers temps. »

Bucky jeta un regard furtif par-dessus son épaule tout en ouvrant la première bouteille de bière avec sa main en métal. Il la tendit à Sam. Ce dernier avait retiré ses chaussures. Elles traînaient dans un coin du balcon, les lacets entremêlés, un rayon de lune courant sur le cuir noir et blanc. Après un silence d'hésitation, Bucky avoua en même temps qu'il ouvrait la seconde bouteille :

« Désolé. J'ai… J'étais préoccupé. »

A l'intérieur, la fête était plus moins finie depuis un petit moment. Cassie dormait, les adultes continuaient de discuter en buvant ou grignotant tranquillement, ou somnolaient sur les sièges pendant que la musique continuait de ronronner dans la pièce, parvenant jusqu'à eux en chuchotant.

Come on baby, let's ride
We can escape to the great sunshine


Bucky tenta d'inspirer mais le sang qui s'infiltra dans sa gorge ne le fit que tousser et étouffer d'avantage. Au-dessus de sa tête, les lumières continuaient de danser, lui martelant le front alors que sa vision se brouillait un peu plus. Les cris devinrent bientôt des sons ouatés, et les battements de son propre cœur, des tambours lointains.


Sam lui jeta un regard qui voulait clairement dire qu'il avait intérêt à avoir mieux que ça dans sa manche, parce qu'il n'était pas vraiment prêt à accepter cet argument. Bucky ne put s'empêcher de rire, un peu stupidement sans doute, en passant ses doigts dans ses cheveux et en regardant l'extérieur du domaine. La tranquillité et la beauté de la nature avaient quelque chose de rassérénant. Il respira l'air frais, les paupières closes, mais même la fraîcheur de la brise n'arrêta pas la sensation de chaleur qui s'était emparé de ses joues.

« Il va falloir que tu t'expliques, Barnes, repris Sam, un brin sérieux malgré que fait qu'il avait peut-être un –très léger- coup dans le nez. Un jour, j'ai l'impression que tu flirtes avec moi, on se tient la main et tout le tintouin, pire que des lycéens, le lendemain tu me fuis comme la peste, sans explication, et tu me jettes des regards haineux. »

Bucky déglutit cette fois.


« Barnes ! »

Sam atterrit brutalement au sol, et se mit à courir sur l'asphalte alors même que ses ailes ne s'étaient pas encore rétractées. Il joua du déséquilibre du poids sans problème, se ruant vers la silhouette vêtue de noir, encore couverte de fumée et de braises. L'homme volant tomba à genoux près du corps semi-inconscient, qui laissa échapper un gémissement pathétique. Ses mains s'agrippèrent à la veste en kevlar de Bucky.


« Je ressens des choses, admit enfin Bucky. Pour toi, je veux dire. Et je… »

Le Soldat de l'Hiver plissa les lèvres, désarçonné, comme incapable d'aller plus loin. Incapable de supporter l'idée que Sam pourrait le rejeter. Parce qu'il pouvait le faire. Il en avait le droit. Sam était un homme de bien qui avait déjà assez de misère à gérer quand les autres ne s'amusaient pas à essayer de rajouter la leur. Essayer vainement, mais tout de même. Bucky inspira, à nouveau.

« Je sais pas comment gérer, tout ça, admit-il de manière hachée. J'avoue qu'assez stupidement, je m'étais dit que, si je t'éloignais, ça passerais mais… »


« Barnes, articula Sam, fais pas le con. Je te jure que si tu … »

Le Faucon déglutit, l'air chaud brûlant ses poumons et la fumée de souffre lui piquant les yeux.

« J'arrive pas à croire, siffla-t-il en s'essuyant le front de la main, c'est tellement… Bordel. Tu me fais faire dans le mélo, enfoiré ! Si après ce qui s'est passé, tu me plantes comme ça, je te jure que je te poursuis jusqu'en enfer ! Et pas un truc poétique à la Orphée et Eurydice, non ! Un vrai conte macabre, tu peux me croire, je vais arracher ton âme de la gueule de Satan juste pour te tabasser moi-même ! »


Le poing fermé de Sam s'abattit sur l'épaule de Bucky, qui poussa un cri, si non de douleur, au moins de surprise. La main de métal se posa sur l'épaule de chair endolorie.

« Tu es malade !, s'écria-t-il.

- Et toi t'es trop con, Barnes !, siffla Sam, agité par l'alcool.

- Mince, souffla Bucky pour lui-même en se frottant l'épaule, ça m'a vraiment fait mal.

- Et si au lieu de faire dans le mélodrame, tu essayais de m'en parler ?! Je dis pas que je suis concerné mais quand même !

- Pourquoi tu t'énerves, grogna derechef Bucky, hagard.

- Je suis agacé parce que je ressens la même chose et que j'ai cru que tu me détestais ! Je suis agacé parce que j'ai pas compris ton changement de comportement, que j'ai cru que j'avais passé une ligne et que tu t'éloignais et… Tiens ! »

Un nouveau coup sur l'épaule. Mais cette fois, Bucky éclata de rire.

« Et tu trouves ça drôle ! »


Un ricanement échappa bien malgré lui à Bucky, qui cracha une glaire mêlée de sang sur le sol, il sourit, les dents écarlates.

« T'es trop con Wilson, articula-t-il.

- Et tu trouves ça drôle, répéta Sam. Tu devrais regarder des dents avant de te marrer. »

Mais il n'avait pas pu empêcher sa voix de se serrer.

« Sam, fit alors la voix de Natasha dans son oreillette. Comment ça va ?

- Il nous faut une ambulance, répliqua le Faucon. Et vous ?

- L'autre camion a explosé. Pas de blessés civils, mais Peter et Scott sont mal en point et… »

L'espionne se mit à tousser, et Sam comprit que l'homme-fourmi et l'araignée n'étaient pas les seuls à se retrouver au tapis.


« C'est gênant. »

Bucky, les lèvres entrouvertes, ne trouva que le moyen de pencher la tête sur le côté, comme défait. La main de Sam était fermement accrochée à sa veste militaire, et il gardait ses yeux plongés dans les siens. Un éclat enflammé, d'un séduisant mordoré, se reflétait dans ses prunelles brunes. Bucky déglutit.

« Ça devrait pas être si difficile, tenta-t-il.

- Oh mais je te comprends, le railla Sam, même si sa voix était étonnamment douce. Je dois être le plus beau gentleman que t'embrasses depuis la Seconde Guerre Mondiale, tu perds tes moyens.

- C'est pas, commença Bucky, écarlate, avant de s'interrompre. N'importe quoi. T'es loin d'être mon premier baiser depuis 1945. »

Sam ne put s'empêcher de rire. Un franc rire, sincère, qui rehaussait ses pommettes et dévoilait ses dents parfaitement alignées, et le petit espace entre les deux de devant. Ce rire qui faisait danser les étoiles dans ses yeux. Ce rire qui donnait l'impression à Bucky que toutes les horreurs du monde avaient disparues.


Bucky n'aimait pas les hôpitaux. Comme beaucoup de monde. Il aurait bien voulu être soigné à la base des Avengers, mais le lieu plus proche pour sauver sa peau était un hôpital public où il avait été pris en charge par Claire Temple, qui y travaillait, et Helen Cho, qui avait fait le déplacement depuis New-York où elle était à présent établie la moitié de l'année. Il commençait à trouver que ça faisait beaucoup de monde pour lui. Mais Sam était resté, lui avait ordonné de rester couché, de ne pas protester et de ne pas aggraver son cas, à tous les niveaux. Alors Bucky les avaient laissé le mettre sous anesthésie. La douleur s'était d'abord envolée –enfin-, puis tout était devenu noir. Il avait serré la main de Sam dans la sienne avant de sombrer dans l'inconscience.


You make me feel
You make me feel
Like a natural woman

Tout semblait fait de coton. Le lit dans lequel il était allongé, les draps dans lesquels il était noyé, le coussin qui entourait sa tête. Et pourtant, il savait qu'il était dans un lit d'hôpital, que ce matelas était tout sauf confortable, que ces draps étaient rêches et que le coussin, fatigué par la vie qui avait été ranimé dans le corps de dizaine de patients avant lui, était tout sauf confortable.
Peut-être était-ce la voix si riche et émotionnelle de la Reine de la Soul qui l'avait aidé à s'échapper du sommeil, et qui le faisait se sentir si bien. Ou peut-être était-ce la présence de Sam, assis à côté de lui, en train de lire 2001 – L'Odyssée de l'Espace - qu'il avait certainement volé dans sa bibliothèque. Si bien que plutôt que de lâcher un petit phrasé romantique et de rompre la quiétude du moment, Bucky choisit d'attendre que Sam ne remarque qu'il était éveillé.

Quand ce fut le cas, Sam le regarda avec de grands yeux, et se permit un petit sourire. Celui-là même qui rehaussait ses pommettes.

Avant de lui donner un coup sur l'épaule.

Bucky, indigné, sursauta et hurla :

« Mais ça va pas Wilson !? C'est vraiment une manie, s'écria-t-il.

- Dixit celui qui s'est jeté droit devant le missile d'un terroriste, » rétorqua Sam en lui écrasant en plus son livre sur le visage.

Bucky pouffa. Son bras de chair allait probablement rester dans le plâtre pendant quelques jours mais ça, c'était secondaire. Bon, il avait aussi des côtes fêlées et devait mesurer ses déplacements, mais il avait connu pire. Inutile de parler du petit pansement rose que Cassie avait mis sur son arcade à la place du bandage blanc et sans âme de l'hôpital pendant qu'il dormait. Il se souvenait l'avoir entendu chuchoter à son oreille « Monsieur Barnes, papa dit que je dois vous prévenir avant de vous toucher, comme ça, vous savez que c'est moi et vous avez pas peur. ».

« Combien de temps je dois encore rester, demanda-t-il en souriant à cette moitié de souvenir qui ressemblait à un rêve.

- Deux jours, l'hôpital peut pas se permettre plus, répondit le Faucon en se tassant dans son siège pour croiser les bras.

- Je serais certainement sur pied avant, tenta Bucky.

- Deux jours », insista Sam.

Le Soldat de l'Hiver ouvrit la bouche pour émettre un brin de protestation, mais ne lâcha au final qu'un simple soupir.

« Comment vont les autres ?

- Natasha souffrait d'une hémorragie interne, admit Sam après un léger silence. Un traumatisme crânien pour Peter, une jambe cassée pour Scott. Côtes en mauvais état pour Rhodey. On a mis du temps avant de remarquer que Pietro avait une clavicule en miette et Wanda, une épaule déboitée. »

Les yeux de Bucky avaient grossis de seconde en seconde, mais Sam posa sa main sur son épaule.

« Ils vont bien, lui assura-t-il. Ils vont bien. »

Le soldat poussa un long soupir de soulagement, avant de tendre la main vers la joue de Sam, et d'effleurer sa peau, sans oser la toucher.

« Tu as un hématome, remarqua-t-il.

- Et c'est tout ce que j'ai, lui assura le Faucon. Quant à Clint, il est blanc comme neige.

- Barton ? sursauta Bucky. J'te crois pas.

- Si je te le dis, ricana Sam en lui faisant un clin d'œil. Les mecs normaux ont un truc. Je crois que ça s'appelle un instinct de survie.

- Arrête, on parle de Clint là. Le type qui saute des toits.

- Mais en attendant, c'est le super-soldat qui est dans un lit d'hôpital et pas lui. »

Malgré l'amusement, Bucky pouvait sentir la réprimande, causée par l'inquiétude, si bien qu'il se tut à nouveau, vaincu. Et de nouveau fatigué. Il ne savait pas quelle morphine ils utilisaient ici, mais c'était diablement efficace. Un peu affaibli, Barnes fit papillonner ses paupières. Il sentit qu'il ne tarderait pas à s'endormir. Sam se pencha vers lui et l'embrassa sur la joue.


« Et c'est pas juste, répéta Bucky.

- Buck, fit la voix de Sam, t'arrives dans littéralement cinq minutes.

- Pourquoi personne est venu me chercher ?

- Hope est venu chercher Scott, rétorqua le Faucon qui roula des yeux si fort que Barnes l'entendit à l'autre bout du fil. La tante de Peter l'a récupérée, et Clint les jumeaux. Rhodey et Nat sont rentrés ensemble, en taxi.

- T'es en train de me dire que j'ai aucun proche qui a eu envie de venir me chercher ?

- Exactement. »

Cette fois, Bucky pouvait sentir le sourire dans sa voix, ce qui allégea un peu plus son humeur. Après encore quelques échanges que Sam semblait s'efforcer d'écourter, Bucky raccrocha, et regarda son téléphone. Il voulut l'ouvrir pour envoyer un message, à n'importe qui –T'Challa, Steve, Shuri-, mais il se dit qu'il aurait tout le temps de le faire une fois arrivé.

Bucky fourra son téléphone dans sa poche, sentant l'appréhension monter en lui. Quelque part, il savait que Sam ne faisait que plaisanter, mais il devait lutter contre cette désagréable petite voix qui lui disait qu'il n'était pas le bienvenu. Il du bien la faire taire : la base des Avengers apparaissait dans le décor.


C'était l'été qui arrivait. L'air avait un petit quelque chose de début de vacances. Le ciel clair, la chaleur, les arbres verdoyants aux feuilles jeunes et tendre, les fleurs et le chant des oiseaux qui tâchaient de transmettre au monde leur bonne humeur éternelle.

La portière du taxi s'ouvrit sur un Barnes vêtu d'un chandail rouge et d'un jean bleu. Le nouvel arrivant, le bras dans le plâtre, resta debout à contempler les grandes portes de verre, quand Sam se retrouva à l'extérieur, face à lui.

Bien que le Faucon tenta de se donner un air bourru, les bras croisés, mais il ne pouvait pas s'empêcher de sourire, et Bucky, la main en visière, le remarqua également.

« Wilson, dit-il d'un ton taquin.

- Barnes, » répondit Sam avec la même ironie.

Bucky se rendit compte que son cœur tambourinait dans sa poitrine, et cette sensation avait quelque chose d'agréable. Ça y était, Sam était là, face à lui, après qu'ils aient été interrompus, après qu'il ait été blessé, puis hospitalisé, il le retrouvait enfin. Et il se rendait compte qu'il ne savait pas quoi faire. Est-ce qu'il devait aller vers lui ? Et quand ils se retrouveraient au même niveau, qu'est-ce qu'il devrait faire ? La main de chair de Bucky se fit moite et il déglutit. Sam lui facilita toutefois la tâche en lui faisant un signe de tête, l'invitant à entrer.

« Barnes ! »

Bucky se figea sur place, comme un animal menacé. Un grand éclat de rire féminin suivit sa réaction. A quelques pas de lui, dans le hall, Steve Rogers, Tony Stark, T'Challa, et sa petite sœur Shuri – la source de ce sourire cristallin. Celle-ci fut la première à venir vers lui, et, encore sous le choc, il lui ouvrit les bras par automatisme, la bouche et les yeux grands ouverts. La princesse du Wakanda referma ses bras autour de son cou, et ce fut à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'ils étaient tous là. Que c'était réel. Que ces gens étaient là, et qu'ils l'attendaient.

« Contente de te revoir, muffin, » ronronna Shuri.

- Et moi donc, songea Bucky. Mais sa gorge s'était resserrée trop fort pour qu'il articule le moindre mot.

T'Challa vint à son tour le saluer, droit et solennel, comme toujours, mais avec un sourire sincère sur les lèvres, avant qu'il ne lui donne une accolade, et même Tony se permit de lui serrer la main sans trop de malaise. Bucky dut bien avouer qu'il laissa échapper une petite larme en échangeant une étreinte chaleureuse avec Steve. Ce sur quoi il s'en retourna vers Sam, qui se moquait avec tendresse de son accès émotionnel.

« Wilson, t'es mort.

- Fais pas comme si t'étais pas heureux ! »

Le quartier général des Avengers avait été entièrement restauré. Les grands couloirs de verre, les gigantesque salles hautes de plafond, l'architecture vertigineuse, épurée et lumineuse, tout cela était à présent rempli de bruits, d'éclats de rire. Bucky eut le plaisir de faire visiter les lieux à T'Challa et Shuri.

Tous les deux en imposaient terriblement. Le prince, dans son pantalon noir à pince et son col roulé surmonté d'une veste hors de prix –certainement sur mesure-, et la princesse, dans une belle robe blanche ouverte sur les cuisses, à manches longues et noires. Ses cheveux étaient tressés, ses oreilles ornées de boucles d'or, ses poignées chargés de bracelet. Elle semblait étinceler, et tout cela n'était rien comparé à son grand sourire ravi quand elle se balada dans les couloirs au bras de son frère.

Ils passèrent par la salle de restauration où déjeunaient Rhodey et Natasha, la piscine restaurée et nettoyée où jouaient Wanda Maximoff, Clint Barton, Scott Lang et sa fille, les salles d'entraînement occupée par Spider-Man et Pietro, pour finir par le jardin, parfaitement entretenu. Partant du principe qu'ils resteraient plusieurs jours, Bucky leur montra également les quartiers personnels. Ce ne fut qu'à ce moment-là que Shuri se mit sur la pointe de pieds pour atteindre son oreille :

« Et, est-ce que… Thor viendra ? »


Bucky avait décidé d'aller rejoindre Sam, sur le balcon. C'était un peu comme leur lieu à eux, il s'en rendait compte à présent. Sam était assis sur le parquet flottant, comme toujours, serein, un petit sourire content sur les lèvres. Barnes grimaça, se gratta la nuque, s'installa à côté de lui, avant de demander de but en blanc, mais d'une petite voix :

« Au fait est-ce que tu… Tu pensais ce que tu as dit ? Tu sais, avant qu'on nous appelle, et que… »

Les mots suivants restèrent bloqués dans sa gorge. A propos de tes sentiments, voulait-il dire. Est-ce que tu ressens vraiment ça pour moi, est-ce que tu penses qu'on a le droit d'essayer, que ça aurait ne serait-ce qu'une chance de marcher, est-ce que…

Sam, qui l'écoutait attentivement, n'entendit rien de ces pensées entremêlées, mais il en avait bien assez entendu. Ses sourcils se froncèrent, et il se sentit perdre patience.

« C'est pas vrai, » grogna-t-il.

Il ne savait pas ce qu'il lui fallait de plus, au décongelé. Entre leurs échanges avant l'appel, la scène qu'il avait faite quand Barnes s'était écroulé, et la visite à l'hôpital. Ça devait être son côté vieillard.

Les mains de Sam se posèrent sur les joues de Bucky, vers qu'il attira vers lui en prenant une grande inspiration. Le Soldat était sensiblement plus grand et fort que lui, mais cela ne l'empêcha pas de l'attirer vers lui avec assurance pour enfin faire rencontrer leurs lèvres. Au début, ce fut étrange, comme un baiser forcé entre deux collégiens, avant que l'un comme l'autre ne se rende compte de ce qu'il se passe, et que le contact s'adoucisse. Bucky retint son souffle une seconde, avant de fermer les yeux et de passer son bras métallique autour des hanches de Sam pour le presser contre lui. Ce fut le moment que le vétéran choisit pour décoller ses lèvres des siennes. Bucky se rendit compte qu'il ne respirait plus. Abasourdi, il baissa les yeux vers Sam :

« Je prends ça pour un oui, articula-t-il.

- Il me tardait de t'entendre dire quelque chose d'intelligent, » le railla Sam, jamais gêné de bousculer le grand-père.

Bucky déglutit, et se dit qu'il devait un peu augmenter le niveau avant de passer pour un imbécile complet. Il tenta un sourire charmeur, ce qui sembla amuser Sam au possible étant donné qu'il se mordit la lèvre inférieure.

« Tu dois avoir une bonne influence sur moi, souffla le Soldat. Essaye encore.

- Ça, ricana Sam en le repoussant pour se lever, tu vas devoir le mériter mon vieux. »

Ce sur quoi il tourna les talons et s'en retourna à l'intérieur, jetant un regard à Barnes par-dessus son épaule.

What you want
Baby I got
What you need
You know I got it

Bucky resta statique une petite poignée de secondes, avant de bondir sur ses pieds pour talonner le Faucon à toute vitesse.

All I'm askin'
Just a little respect when you come home

Just a little bit ! hey baby, when you get home
Just a little bit


I ain't gonna do you wrong
While you're gone
Ain't gonna do you wrong
'cause I don't wanna

All I'm askin'
Is for a little respect when you come home (just a little bit)

Les dîners ensemble étaient une idée de Vision, d'après ce que les invités avaient compris. Leur arrivée avait fait tant de bruit qu'elle n'avait même pas été éclipsée par celle de Thor un peu plus tard, juste avant de manger. Les habitants de la base commençaient à se demander s'il n'avait pas un goût à apparaître un peu après que quelqu'un l'ait demandé. Ce jour-là, Wanda était de corvée de cuisine. Steve avait tenu à l'aider, et une chose était sûre, voir Captain America dans ses éternels top blancs trop petits avec en plus un tablier représentant le drapeau américain, ça valait le détour. Bucky était venu leur prêter main forte ensuite, mais c'était plus pour rester planter devant le plan de travail et servir de goûteur que faire autre chose. Il était toujours convalescent après tout.

« Alors, comment ça s'est passé avec Stark ?

- On en parlera plus tard, » rétorqua Steve avec un petit clin d'œil suggestif.

Bucky creva littéralement le plafond, faisant rire Wanda si fort qu'elle manqua de peu de faire tomber son goulasch.


I'm about to give you all of my money
And all I'm askin' in return, honey
Is to give me my propers

T'Challa, Tony, Rhodey, Peter et Natasha s'étaient, en attendant, installés dans le laboratoire. Tony discutait les nouvelles idées qu'il avait eu avec ses camarades, et il devait compiler avec l'air monstrueusement admiratif de Peter dont les yeux brillaient férocement, et celui, plutôt indifférent, de T'Challa, qui hochait la tête comme un adulte en voyant un enfant lui présenter un collier en macaroni. Les voir côte à côte avait quelque chose de grandiose. Spider-Man était comme un petit chiot agité à côté de la Panthère Noire qui avait tout du félin tout plein de dignité et de hauteur.

« C'est sympa, finit par admettre Rhodey.

- Mais ça mérite quelques améliorations, » ajouta Natasha, la main en bâillon.

Sans répliquer, Tony éteignit l'écran à côté de lui, un sourcil levé et la bouche tordue en une grimace désapprobatrice.


When you get home (just a, just a, just a, just a)
Yeah baby (just a, just a, just a, just a)
When you get home (just a little bit)
Yeah (just a little bit)

Sam, Scott et Pietro, de leur côté, étaient parti s'entraîner. Ou plutôt, s'amuser à se balancer des choses sans faire trop de dommages. Ce après quoi ils s'en retournèrent voir où en étaient Shuri, Thor, Vision et Clint, qui jouaient au poker. Vision avait un air totalement abattu, la tête écrasée sur son poing fermé. Pour lui, c'était définitivement un comble, de ne pas réussir à lire des expressions humaines. Clint regardait son jeu avec dépit. Thor lui, s'interrogeait, les sourcils assez froncés pour former une ride entre son front, se tenant le menton.

« Eh bien l'asgardien, se moqua Scott, on arrive plus à tenir le rythme.

La jeune princesse est une adversaire redoutable, » reconnut Thor, autrement sérieux.

Les cartes en main, les ongles vernis de noir et d'or, avec un sourire narquois, Shuri ressemblait à un chat qui tenait le canari entre ses griffes.


Oh your kisses
Sweeter than honey
And guess what?
So is my money

S'organiser avait été une épreuve de tous les instants, et Steve avait bien regretté de reprendre son rôle de père au sein des Avengers. Pietro, arrête de courir, Wanda, n'utilise pas tes pouvoirs dans la marmite, Tony et Rhodey, pas de bras de fer avec vos armures, Natasha, Shuri, ça vaut pour vous aussi, Bucky pas de pieds sur la table, Thor, pourquoi tu tresses les cheveux de Bucky, et toi tu le laisse faire ? Cassie, descend des épaules de Thor. Sam, Clint, arrêtez de vous envoyer un Scott rétréci, T'Challa, Altesse, vous ne pensez pas que vous pouvez m'aider sur ce coup-là ? Et ne mettez pas le volume de vos écouteurs plus forts parce que je parle !

All I want you to do for me
Is give it to me when you get home
Yeah baby
Whip it to me (respect, just a little bit)
When you get home, now (just a little bit)


Do you remember the
21st night of September?
Love was changing the minds of pretenders
While chasing the clouds away

Il n'y avait pas assez de place autour de la table, alors, Pietro avaient placés tout un tas de chaises et de fauteuils de façon anarchique dans la cuisine, avec la table au centre, pendant que Wanda et Steve s'affairaient à mettre le couvert, les plats, la salade, le pain et tous les accompagnements nécessaires dessus, ainsi que les boissons.

Steve et Tony s'installèrent sur un petit sofa, calés l'un contre l'autre, Peter, Pietro et Clint s'assirent sur des poufs, Wanda, Natasha, Rhodey, Sam, Bucky, T'Challa et Shuri accaparèrent les chaises, Scott, Cassie et Thor, un autre sofa et un fauteuil pour Vision. Les plats circulaient d'une assiette à l'autre, les bouteilles bondissaient de main en main, et les rires et les sourires se transmettaient à vue.

Our hearts were ringing
In the key that our souls were singing.
As we danced in the night,
Remember how the stars stole the night away

Ce fut à ce moment-là que Bucky se rendit compte que cela faisait presque neuf mois qu'il était arrivé dans cette base. Et ce fut, aussi, incontestablement, un des meilleurs soirs de sa vie. Tout était différent maintenant. Sauf une chose, sans doute.

Sam refusa à nouveau de lui passer le sel si bien qu'il ne gêna pas pour étendre ses jambes à côté de lui, et empiéter sur son espace vital. Tous deux s'échangèrent un regard, et sourirent discrètement.

Ba de ya - say do you remember
Ba de ya - dancing in September
Ba de ya - never was a cloudy day


Et voilà ! J'espère que cette fiction et ce final vous auront plus ! Je vous suis infiniment reconnaissante d'avoir fait ce voyage avec moi. Je vous remercie comme toujours pour votre soutien, vos commentaires qui m'ont redonnés vie, votre aide, vos suggestions, bref, tout ce pour quoi on écrit ! Et comme toujours, un grand merci à ma Lady-Lawy qui m'aide et me soutient toujours !

Merci encore et à une prochaine !