Voici le dernier chapitre. Je ne suis pas sûre que cette histoire m'aie conduite exactement là ou je voulais, et je ne suis pas sûre non plus d'être vraiment restée fidèle à l'esprit de la série, mais... c'est fait ! Donc voilà. J'aurais pu écrire encore une suite, mais j'ai besoin de laisser cette histoire respirer. J'y reviendrai peut-être un jour, pour un épilogue ; qui sait ?
Enjoy !
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Disclaimer : les personnages cités dans cette fic ainsi que la trame générale de leur histoire sont la propriété de leur créateur et/ou de leur diffuseur. Seule la trame spécifique de l'histoire de la fic m'appartient. J'écris pour le plaisir, sans contrepartie financière.
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Teal'c ouvrit les yeux et laissa son regard errer sur ce qui l'entourait. Les bougies qu'il avait allumées étaient pour la plupart totalement fondues et il régnait dans la pièce une obscurité pesante. Le jaffa fixa l'une des seules bougies qui se consumait encore.
Deux jours, estima-t-il ; suite à quoi, il se surprit à soupirer. C'était pourtant une chose qui lui arrivait rarement – pour ainsi dire jamais.
Il était entré en Kel'no'reem deux jours auparavant pour tenter de faire passer plus vite ce voyage et la monotonie qu'il engendrait, mais il n'était pas parvenu à tenir très longtemps.
Comment faites-vous pour supporter de rester assis pendant aussi longtemps ? La question qu'O'Neill lui avait posée lui revint en mémoire et il esquissa un léger sourire. Pendant les longues années passées au service d'Apophis, il était parvenu à maîtriser l'art de cacher en façade ce qu'il ressentait au plus profond de lui. Mais dans ce cas précis, il avait des difficultés à cacher son profond ennui.
Il se leva et fit quelques étirements pour dénouer ses muscles raidis par les longues heures de méditation. Il devait accepter la durée de ce voyage. C'était en quelque sorte sa rédemption. Il aurait dû attendre Carter et O'Neill sur cette planète. Il aurait dû dire à Daniel Jackson de ne pas composer les coordonnées aussi rapidement. Il n'aurait pas dû laisser sa vigilance s'endormir du fait qu'ils n'avaient rencontré aucun danger au cours de leur mission.
Il avait failli et il fallait maintenant qu'il paye sa dette pour tenter de réparer son erreur.
Il éteignit une à une les quelques flammes vacillantes qui brillaient toujours et sortit de la salle dans laquelle il s'était installé. Jacob Carter était parvenu à réquisitionner un Al'Kesh. Le vaisseau était bien trop spacieux pour eux trois, mais il offrait la possibilité de parer à une éventuelle attaque. Il entreprit de rejoindre Daniel dans la salle du vaisseau qu'il avait transformée en véritable musée. Il arpenta les couloirs les mains derrière le dos, ne prêtant pas attention au chemin qu'il empruntait. Le vaisseau avait beau être grand, le Jaffa avait eu tout le temps d'apprendre à s'y repérer depuis le début du voyage.
Il atteignit sa destination et resta un instant immobile dans l'encadrement de la porte, à observer l'archéologue. Un livre ouvert dans la main gauche, Daniel bondissait littéralement du tableau blanc sur lequel il notait ses idées à l'un des nombreux artefacts disséminés dans la pièce.
Ça et là, Teal'c parvenait à repérer des restes de repas et ce qui avait dû être son lit de camp, bien que l'entassement de livres indiquait que Daniel n'y avait pas dormi depuis longtemps. La barbe naissante, les cheveux décoiffés et de larges cernes sous les yeux, il posa le livre sur une cantine et tendit la main pour attraper un mug de café qu'il avala d'une traite. Il grimaça et éloigna la tasse de son visage, puis il redressa la tête, prenant soudainement conscience de la présence du jaffa.
- Teal'c ! s'exclama Daniel.
Le Jaffa le salua calmement.
- Vous ne deviez pas aller faire un kel'no'reem ? poursuivit l'archéologue en se replongeant dans son livre.
- En effet.
Daniel hocha imperceptiblement la tête, absorbé par sa traduction.
- C'était il y a deux jours, l'informa Teal'c.
Daniel leva les yeux vers lui, les sourcils haussés.
- Oh.
- En effet.
Un léger sourire flottait sur les lèvres du Jaffa.
- J'en déduis que vous n'êtes pas sorti de cette pièce depuis tout ce temps.
Daniel grimaça et ferma son livre.
- On devrait peut-être aller voir Jacob, proposa l'archéologue.
Teal'c inclina de nouveau la tête et s'effaça pour le laisser passer. Il ne leur fallut que quelques minutes pour rejoindre la salle de pilotage. Jacob occupait le même poste que celui qu'il occupait deux jours auparavant, lorsque Daniel et Teal'c l'avaient vu pour la dernière fois.
- Si je n'avais pas eu les capteurs de vie, j'aurais pu croire que vous aviez déserté le vaisseau ! dit-il d'un ton pince-sans-rire en entendant les deux membres de SG-1 entrer.
- Désolé, répondit Daniel.
Jacob lui adressa un sourire auquel l'archéologue répondit. Au moins, le père de Sam ne paraissait plus être en colère ; c'était un bon point. Il venait d'expérimenter presque trois semaines (moins trois jours) de voyage auprès d'un Jacob de très mauvaise humeur, et il n'était pas pressé de renouveler l'expérience. Il était heureux de n'avoir jamais été un militaire sous ses ordres, et il se demanda un instant si Sam l'avait déjà connu aussi emporté.
Pour l'heure, Jacob regardait l'hyperespace d'un air serein. Fatigué, mais serein. Selmac avait fait du bon travail.
- Souhaitez-vous que je prenne le relais aux commandes de l'appareil ? proposa Teal'c.
- Ce n'est pas de refus, affirma Jacob.
Il fit quelques manipulations puis quitta le siège et s'étira légèrement.
- On est encore loin du but ? demanda Daniel.
Jacob fit quelques pas et se tourna vers l'archéologue.
- Quelques jours, trois tout au plus.
Daniel haussa les sourcils.
- Je pensais qu'il nous faudrait un mois pour rejoindre la planète ; ça ne fera que trois semaines ! Ce n'est pas que je m'en plaigne, mais...
Jacob fronça légèrement les sourcils et Daniel crut lire un mélange de mépris et de moquerie sur son visage. Oui, cet homme était parfaitement parvenu à associer son côté tok'ra et son côté humain.
- Depuis la Terre, sans doute. Pas depuis Kevala.
Et Daniel se sentit idiot.
Ça ne lui était pas arrivé souvent dans sa vie, encore moins depuis qu'il avait intégré le projet Stargate. C'était plutôt l'apanage de Jack en général. Mais il faut croire qu'en l'absence du colonel, c'est à lui que revenait l'honneur de poser des questions aux réponses apparemment évidentes pour le reste de la galaxie. C'est pourquoi il se retint de poser les autres questions qui lui brûlaient la langue, telles que : ce vaisseau pouvait-il détecter les signes de vie à la surface de la planète, ou leur faudrait-il marcher ? ou encore à partir de quelle position pourrons-nous envoyer des messages radios afin de leur indiquer notre présence ?
Il se laissa tomber dans un siège et ferma les yeux. Les questions attendraient au moins la fin de la sieste qu'il avait décidé de s'accorder. Et qui sait ? Peut-être que Teal'c les poserait avant lui ?
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Vingt jours avaient passé depuis leur discussion et ils étaient parvenus à maintenir les choses dans un équilibre qui ressemblait à s'y méprendre à celui qu'ils avaient installé au sein de SG-1. Un mélange de sourires, de regards et de contacts physiques qui auraient pu paraître totalement innocents à quiconque les aurait surpris, mais qui signifiaient bien plus aux yeux des deux soldats.
Parfois, leurs mains se frôlaient plus qu'elles n'auraient dû, leurs corps se touchaient au moment où ils s'allongeaient en silence pour dormir et il pouvait arriver que la tête de Sam vienne trouver asile dans le creux du cou de son colonel lorsqu'ils étaient assis là, contre un arbre, aux heures les plus chaudes de la journée. Mais il n'y avait rien d'autre. Ils se l'étaient promis et ils n'étaient pas revenus dessus. Ils ne discuteraient pas de nouveau de leurs relations ; l'accord qu'ils avaient passé était définitif.
Peu précis en terme de délai, mais définitif.
Lorsque Sam ne put plus prétendre qu'elle avait encore quoi que ce soit à analyser/relever/observer aux abords de la porte ou de la mine, elle eut peur que sa soudaine oisiveté ne la conduise à accepter la proposition que son colonel avait renouvelée des dizaines de fois. Mais elle n'était pas prête pour aller pêcher avec lui, pour toutes les raisons qu'elle avait déjà tournées et retournées dans sa tête des milliers de fois depuis le début de leur exil. D'autant plus qu'elle se sentait plus que jamais frustrée et qu'elle n'était pas certaine d'avoir la volonté de résister s'il tentait quoi que ce soit. Très vite cependant, elle découvrit que la frustration était pour elle une inépuisable source de créativité.
En une journée, elle était parvenue à construire un abris et une table. Le lendemain, elle ajouta un foyer pour le feu et même un banc, qu'elle plaça sous leur arbre.
Non, elle ne venait pas de frissonner en pensant que c'était leur arbre.
Le vingtième soir arriva donc et comme tous les soirs, ils s'assirent au coin du feu, bien trop proches l'un de l'autre – mais honnêtement, qui irait le rapporter aux autorités militaires ?
Ils parlèrent de tout et de rien, et Jack pensa qu'il était proprement incroyable qu'ils trouvent encore des sujets de conversation inédits après ces... il perdit un instant le fil de ce que lui disait Sam pour se concentrer sur un exercice de calcul mental... trente-six jours. Trente-cinq, si l'on voulait être précis, mais il était déjà vingt-trois heures.
Il tourna la tête vers son second, recula presque en constatant qu'elle était vraiment bien plus proche qu'elle n'aurait dû, et il afficha un léger sourire sur son visage. Elle s'arrêta de parler et fronça les sourcils devant ce sourire énigmatique et le regard qui l'accompagnait. Un sourire et un regard. Elle pensa que décidément, leur relation semblait pouvoir être réduite à ça. Il était évident que l'air qu'arborait le colonel n'avait pas de lien avec ce qu'elle lui disait – une sombre histoire de robe à paillettes que son père avait voulu qu'elle porte quand elle avait cinq ans.
Jack continuait à la regarder en souriant ; il n'avait aucun idée de ce qu'elle avait pu dire, il ne savait pas s'il devait lui répondre et à vrai dire, il s'en fichait. Elle fronçait toujours légèrement les sourcils et il savait qu'en temps normal, elle aurait accompagné cette interrogation non-verbale d'un Mon colonel ? Mais pas cette fois-ci. Il faut dire que les grades avaient eu tendance à s'effacer ces derniers temps. Elle ne ponctuait plus toutes ses phrases de Monsieur ou de Mon colonel. Ça lui arrivait encore ; il fallait bien sauver les apparences et maintenir l'équilibre, mais pas aussi souvent qu'elle aurait dû. Et aussi dangereux que ce fut, il était en train de s'y habituer doucement.
- Qu'est-ce qui vous fait sourire ?
- Le fait que nous soyons coincés ici depuis trente-six jours.
Elle détourna le regard, perdue dans ses pensées. Jack aurait pu parier qu'elle se livrait aux mêmes calculs que ceux qu'il avait fait quelques minutes auparavant, à ceci près qu'ils lui fallu trois fois moins de temps pour les résoudre ; c'était Carter après tout.
- Trente-cinq, corrigea-t-elle.
- Pour l'amour du ciel, Carter, il est plus de vingt-trois heures !
Elle sourit et baissa la tête.
- D'accord, concéda-t-elle. Trente-six jours. Et c'est ça qui vous fait sourire ?
- Je me disais que j'étais à peu près sûr de rester coincé ici pour le reste de ma vie, alors...
Elle redressa la tête et fronça de nouveau les sourcils.
- Et c'est ça qui vous fait...
Jack roula les yeux. Sérieusement, elle lui faisait ce coup-là ? Elle n'était pas censée être la plus intelligente des deux ? Si le cerveau ne fonctionnait plus, il fallait passer à l'action. Il encadra son visage de ses mains et l'embrassa doucement. Elle ne répondit pas tout de suite et il s'écarta avant qu'elle ne puisse le faire.
- Oh... murmura-t-elle alors qu'un sourire et un léger rougissement apparaissaient au moment où elle réalisait où il venait en venir. C'est le moment où nous sommes censés aviser, n'est-ce pas ?
Il sourit en retour et fut presque surpris lorsqu'elle combla de nouveau l'espace qui les séparait. Le baiser qu'elle lui offrit n'avait rien de timide. Il traduisait la frustration et l'envie qui s'étaient accumulées au fil des années.
Quand Jack répondit à son baiser, le côté rationnel de Sam lui signala que les secours avaient encore largement le temps d'arriver, mais la sensation des mains de Jack sur son corps - comment cet homme faisait-il pour la caresser à tous ces endroits en même temps avec seulement deux mains ? - firent taire la voix de la raison. Cette voix ne revint pas, plus tard cette nuit-là, lorsqu'elle s'abandonna complètement à lui, pas plus qu'elle ne réapparut le lendemain matin quand elle se réveilla nue dans ses bras.
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Elle avait réellement l'intention d'aller pêcher, maintenant que pêcher ne signifiait rien d'autre que pêcher. Il le lui avait proposé vers onze heures et elle avait accepté, après qu'ils aient avisé deux autres fois.
Sam sourit en constatant combien leur relation, en plus de pouvoir être résumée à des regards et des sourires, comptait de non-dits et de métaphores.
Le fait était qu'il était quatorze heures et qu'elle n'avait pas encore vu un poisson. Mais était-ce de sa faute si Jack – Jack – ne cessait de l'embrasser et que ses baisers, qui étaient réellement addictifs, les conduisaient à, eh bien, aviser ?
A nouveau.
Dans la clairière.
Contre cet arbre qui borde la côté.
Sur les rochers.
Au moins, ils se rapprochaient de la mer.
Allongé sur le matelas de sol de Sam – elle avait sciemment emporté son matelas de sol, alors qu'elle ne vienne pas lui dire qu'elle n'avait pas d'idée derrière la tête – Jack enlaçait le corps de son major, un sourire satisfait peint sur le visage. Il la sentit somnoler dans ses bras et déposa un baiser dans ses cheveux. Toute cette situation lui semblait juste parfaite. Il avait le sentiment que tout était à la bonne place. Il tendit le bras pour atteindre la couverture qu'il avait apportée – d'accord, lui aussi avait une idée derrière la tête – et il couvrit leurs deux corps. Suite à quoi il soupira d'aise. Il ne savait pas si le fait d'avoir autant attendu rendait les choses meilleures, mais il savait que ça valait le coup. Il sentit le sommeil le gagner et il s'endormit en resserrant inconsciemment son étreinte autour de Sam.
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- Vous les avez repérés ?
Daniel venait d'entrer précipitamment dans la salle de contrôle en entendant le message diffusé par Jacob via le système de communication interne du vaisseau.
- J'ai repéré deux signatures énergétiques, murmura-t-il inquiet.
- Quelque chose ne va pas ? reprit l'archéologue.
- J'ai beau les contacter par radio, ils ne répondent pas.
Teal'c amorça la descente vers la planète alors que Jacob entrait des instructions sur l'ordinateur de bord. Il fit signe à Daniel de se rendre dans la salle des anneaux. Teal'c passa les commandes à Jacob et suivit Daniel. Jacob prit le même chemin qu'eux quelques minutes plus tard, après avoir stabilisé le vaisseau.
Daniel fut donc le premier à entrer dans la salle des anneaux, au moment où les deux soldats étaient téléportés à bord. Ils étaient de toute évidence en vie – endormis - et … nus ? C'est alors que l'archéologue prit conscience de la position dans laquelle ils se trouvaient et des sourires qui illuminaient encore leurs visages. Il entendit Teal'c arriver derrière lui et se tourna vivement vers le Jaffa qui n'avait manifestement pas eu besoin d'autant de temps que lui pour comprendre de quoi il retournait. Les deux hommes sortirent de la pièce et fermèrent la porte, puis Teal'c partit chercher les vêtements de rechange qu'ils avaient apportés pour Sam et Jack.
Daniel était particulièrement nerveux. Jacob ne devait pas voir ça. Ce serait extrêmement gênant et il n'était pas sûr que Jack finirait le voyage entier. Le père de Sam arrivait justement.
- Daniel ? questionna-t-il en constatant que la porte était fermée.
- Il ne vaut mieux pas que vous entriez, Jacob.
Il regarda Daniel les sourcils haussés.
- Il y a un problème ?
Il était temps de faire preuve de sa légendaire capacité à négocier. Quoi qu'en l'occurrence, il s'agissait moins de négocier que de transformer la réalité.
- C'est-à-dire qu'ils ne sont pas visibles.
- Pas visibles ? Vous voulez dire qu'ils sont nus ? Ma fille et son supérieur nus dans la même pièce ?
Calme toi, Jacob, il peut y avoir des dizaines de raisons à cela.
Sérieusement, Selmac ?
…
C'est bien ce que je pensais.
Daniel se pinça les lèvres. Selmac et Jacob formaient un duo aux capacités de déduction bien trop aiguisées.
- Ils sont en sous-vêtements.
Ok, c'était un mensonge. Il n'avait pas vérifié, mais la position de ses amis ne laissait pas de doute quant à leurs activités antérieures.
Tu réalises qu'il te ment effrontément, n'est-ce pas, Jacob ?
Alors pourquoi as-tu l'air si amusé ?
En deux mille ans d'existence, j'ai appris à relativiser.
Daniel déglutit difficilement en sentant le regard de Jacob le scruter. Il finit néanmoins par acquiescer lentement, les yeux plissés. Définitivement trop perspicace, pensa Daniel.
Teal'c revint avec les vêtements et Daniel soupira discrètement. En temps ordinaires, il appréciait Jacob, mais cette mission de sauvetage lui avait fait découvrir un côté de lui qu'il ignorait.
Le côté père super-protecteur.
Et Daniel pensa alors qu'il n'aimerait pas être à la place de Jack le jour où Jacob saurait.
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Sam et Jack s'habillaient en silence. Ce n'était pas un silence gêné, ni un silence triste ; c'était un silence plutôt confortable.
Teal'c s'était dévoué pour venir réveiller le couple – Daniel ne voulait pas affronter un Jack de mauvaise humeur. Il avait secoué Jack, qui s'était réveillé en sursaut – cette planète n'était-elle pas censée être déserte ? - ce qui avait par extension réveillé Sam. Ils s'étaient salués, il leur avait tendu leurs vêtements puis il était sorti.
Une fois leurs tenue revêtue, ils se tournèrent vers la porte.
- Nous y sommes, murmura Jack.
Sam acquiesça en pinçant les lèvres.
- Sacré timing, répondit-elle sur le même ton.
Elle savait que ce moment viendrait ; seulement, ils n'en avaient pas parlé, aveuglés comme ils l'étaient par la chimère qu'ils resteraient sur cette planète pour toujours. Et elle ne savait pas à quoi s'attendre.
Pour être précise, elle ne sut pas à quoi s'attendre pendant les trente premières secondes que dura son face-à-face avec la porte. Dès la trente-et-unième secondes, les choses devinrent plus claires puisqu'elle sentit ses lèvres sur les siennes et que le baiser qu'il lui offrit n'avait rien de gentil. Les choses devinrent limpides une éternité après, lorsqu'ils se séparèrent et qu'il murmura :
- J'ai cru comprendre qu'on ne pourrait pas faire ça pendant les trois prochaines semaines.
Alors elle sourit, déposa un chaste baiser sur ses lèvres et se dirigea vers la porte.
- Allons rejoindre les autres, mon colonel.
