*Regarde bêtement dans le vide* J'ai fini ? J'ai fini ! J'ai déjà fini la suite ! Oui, je vous vois, impressionnés devant tant d'efficacité ! Pas la peine de retenir vos applaudissements, ils ne me dérange pas ! Allez y ! Je ne vous entend pas ! Plus fort !
Vous ne voulez pas applaudir ? Pas grave ! *Sourire de démon* J'ai tout prévu ! *Part chercher son radio-réveil, y insère un disque et appuie sur play. Des acclamations s'élevèrent* Merci ! Merci beaucoup ! Tant de support ! J'en ai la larme à l'oeil !
Encore merci pour toutes vos magnifiques reviews. Je ne vous retiens pas plus longtemps.
Bonne lecture !
Chapitre 7
L'air était humide. Très humide. Et pesant. Il apportait une sensation désagréable. Une sensation de déjà vu. La puanteur le fit éternuer, déclenchant une vive douleur à l'arrière de son crâne, ce qui lui arracha un gémissement.
C'est alors qu'il se souvint des cours de Speed Jiru. « Si vous vous réveillez dans un endroit inconnu, faites les endormit un peu plus longtemps. Profitez que votre ennemi vous pense inconscient pour remettre vos idées en place et réfléchir à la suite des évènements. » Jamais il n'aurait pensé s'en servir si tôt ! Avec un peu de chance, ses gardiens n'avaient rien remarqué et il pouvait continuer le plan. Il faudrait par contre qu'il fasse remarquer au commandant le léger défaut de sa technique.
Bon, le début. Comment il en était arrivé là ? Un type assoiffé de sang l'avait battu. Lui qui avait promis de vivre sans regret ! Quand allait-il enfin devenir plus fort ?! Il n'avait pas échoué une fois, ni deux, mais bien trois fois ! Quelle image de grand frère protecteur lui restait-il ?! Il devait devenir plus fort ! Pas seulement pour crier haut et fort face au monde, mais pour défendre ses frères !
« Tu devrais serrer tes doigts plus fort pour que tes ongles transpercent encore mieux ta paume. »
Ace souleva doucement ses paupières. Sa vue était voilée par la pénombre. Au début, il pensait que c'était dû à la douleur lancinante dans sa tête, jusqu'à ce qu'il discerne les contours de ses compagnons. La scène était similaire à celle qu'il avait vécue un mois et demi plus tôt.
Dans sa cellule, il distinguait cinq silhouettes. Il reconnut sans peine ses frères et leurs chapeaux extravagants. La touffe bizarre devait être le gars-barrière, quant à la coupe normale, elle devait être à la Hyène. Il ne restait plus qu'un bonnet et son ombre d'adolescent à identifier.
« T'es qui toi ? »
Voilà, du Ace tout craché ! Avec la douceur et la délicatesse qui le caractérisait ! L'autre ne réagit cependant pas à la dureté de son interrogation.
« Trafalgar Law. »
« Et qu'est-ce qu'on fiche ici ? »
« À ce que j'ai pu comprendre, nous sommes partis pour être entraînés par le CP9. Vous y serez sûrement engagés. »
« Le CP9 ? Connaît pas. C'est une organisation du crime ? »
« Le CP9 est une branche de la Marine. La seule qui ait l'autorisation de tuer. Et elle contient les meilleurs agents, entraînés depuis le berceau. »
« LA MARINE ?! HORS DE QUESTION ! »
Son cri brisa les doux rêves de leurs colocataires qui s'éveillèrent un par un, non sans émettre un gémissement.
« Ace, évite de crier s'il te plaît, j'ai mal à la tête. » Se plaignit doucement le blond.
« Désolé Sab'. »
« Gamin, la prochaine fois que tu te permets de jouer les réveils matin, je te ferai envier le sort du coq du voisin ! » Menaça Bellamy.
« Ace~ Sabo~J'ai faim ! » Hurla leur élastique, accompagné d'une manifestation de son estomac.
« Eh bien, en voilà un qui ne perd pas le Nord ! » Railla Ace, calmé par la situation habituelle.
« Oh, non ! » Se lamenta Sabo, « On est en encore enfermé dans une cale ? Ils ne pourraient pas innover un peu ? »
« Tu t'en plaindras auprès du marine qui nous a emprisonnés ici ! Je suis sûr qu'il appréciera ! » Continua le grand brun.
Des sourires amusés s'étalèrent sur les lèvres des deux aînés.
« Je savais qu'ils n'étaient pas non plus bien dans leurs têtes, mais je ne pensais pas que c'était à ce point ! » Se plaignit l'unique sain d'esprit. Mauvaise idée.
Ace se mit à rire comme un déchaîné, suivit par Sabo, comme s'ils faisaient un concours.
Désespéré par cette vision, Bellamy détourna sa tête pour trouver Luffy et Bartolomeo se débattre pour attraper une cuisse de poulet abandonné près de la porte.
« Ne vous inquiétez pas Luffy-sempai ! Je ne vous laisserais jamais mourir de faim ! »
Essayant une nouvelle fois de fuir cette scène, il tomba sur la nouvelle addition.
« T'es qui ? »
'Mais quel tact dans cette bande !' Ironisa intérieurement Law.
« Non, ne dis rien. Tu es un autre timbré venu d'où personne ne sait vraiment où pour gouverner le monde. Et tu penses que cette situation est marrante. Et tu penses peut-être même qu'on va tous être bons amis. Voire, tu veux nous engager. Je refuse, pour quelque soit le contrat; bande, piraterie, révolution ou marine. » Coupa La Hyène.
« T'aurait-on traumatisé ? » Interrogea Sabo, tournant sa tête avec une expression diabolique vers son aîné, suivi par Ace.
« J'ai cru entendre qu'il y existait un Asile dans le Nouveau Monde. Dès qu'on sort, je vous y réserve une place ! » Il se tourna alors vers Trafalgar, « Pendant que j'y suis, je t'en prends une ? »
L'adolescent se contenta de lui renvoyer un regard blasé.
« Je prends ça pour un non. De toute façon, on ne devrait plus tarder à rencontrer un autre taré, ma chance est tellement haute ces temps-ci… »
C'est à ce moment que Sabo s'aperçut de la présence du nouveau venu. Il arrêta son rire, qui ne cessa pas pour autant de résonner, et se tourna vers lui.
« Bonjour ! Je m'appelle Sabo, et toi ? Je suis désolé pour mon rire de maniaque, c'est juste que j'avais besoin de libérer mon surplus d'énergie et grâce à la magnifique présence de mes frères dans mon entourage cette dernière année, toute ma sanité a été éradiquée. Et donc, ton nom ? »
« Trafalgar Law. »
« Trafa-gars, tu n'aurais pas à manger ? » L'interrogea Luffy la bouche pleine.
« Luffy ! Et la politesse ?! » Le gronda gentiment l'ancien noble.
« Je sais que rien ne vous arrête, mais auriez-vous remarqué que nous sommes dans une cellule et enchaîné à des murs ? » Demanda ironiquement Bellamy.
« Quoi ?! On est enchaîné ?! » S'étonna le plus jeune, son morceau de poulet avalé. « Ah oui, j'avais remarqué. » Se souvient-il.
« Comment peut-on sérieusement oublier une telle chose ?! » S'écria, abasourdi, le pion de Doflamingo.
« En s'appelant Luffy. » Répliquèrent sérieusement ses deux frères.
« Avec la faim ! » Décida le personnage principal.
« Luffy-sempai est si génial ! » À nouveau (pour ne pas changer) en larme aux côtés de son idole, Bartolomeo flattait le D avec des étoiles à la place des yeux.
« D'ailleurs, en parlant de faim, vous n'auriez pas un petit truc à manger ? Parce que je suis en pleine croissance, il faut que je mange ! » Se lamenta l'élastique.
« TU VIENS JUSTE DE MANGER ! » Lui rappelèrent ses frères. « Et en plus, tu n'as rien partagé ! » Rajouta le brun.
« Mais tu avais déjà mangé dans les égouts ! » Se défendit le chapeau de paille.
Une dispute s'en suivit, au grand désespoir de Sabo. Il se tourna alors vers le prénommé Law.
« Et donc, tu t'appelles Law. Tu viens d'où ? Cela fait longtemps que tu voyages ? »
Il lui posa ainsi tout une série de questions pendant que Bellamy vociférait sur Bartolomeo pour qu'il se taise.
À cause de la pagaille environnante, ils n'entendirent pas arriver l'agent du CP9. Il put ainsi s'approcher des barreaux discrètement et regarda les enfants se chamailler.
« Eh bien~ Moi qui craignait que Lucci ne vous ait abîmé YOYOI ! »
Tous les mouvements cessèrent et l'attention générale se tourna vers le marine. Il avait des cheveux roses mi-longs et la peau blanche, contrastant avec le noir de son uniforme.
« Vous avez dépassé en vous maquillant ce matin. Vous vous en êtes mis sous le nez. » Lui fit poliment remarquer Ace.
Cela eut le mérite de figer le sourire de l'agent.
« YOYOI ! C'était volontaire ! »
« Oui, ils disent tous ça. »
Une minute de silence s'écoula pendant que Kumadori cherchait une réplique adéquate.
« Dites, vous avez à faire avec nous ou pas ? Parce que sinon, j'ai une dispute à finir. » Mit au clair le prince en se retournant vers son jeune frère.
« MON MORCEAU NE COMPTAIT PAS ! »
Sa phrase fut considérée comme le signal du retour à l'anarchie. Luffy reprit ses arguments, Bartolomeo ses louanges, Bellamy ses plaintes et Sabo ses questions. Seul Law restait silencieux. Comme avant l'arrivée du marin. Donc, au fond, tout était revenu en ordre.
Kumadori regarda le chaos face à lui confus. Comment avait-il perdu leurs intérêts déjà ? Ne venait-il pas de faillir dans sa mission ?!
« Tout est de ma faute~! J'en prends l'entière responsabilité ! YOYOI ! Je vais commettre un suicide pour regagner mon honneur ! »
Il dégaina son épée et pointa sa lame vers son ventre.
« Tekkai ! »
Puis il tenta d'enfoncer son arme dans sa chair en vain.
« J'ai échoué, je ne suis pas mort ! »
« Dommage. » Remarqua platement Ace, déçu, au moment où un autre adulte arriva.
« Oy, il te faut combien de siècles pour ramener six gosses ?! » S'écria le nouveau venu.
Il avait les cheveux liés derrière la tête, une pousse de barbe, sa chemise grande ouverte et une cicatrice luisant à la lueur des torches.
« J'ai failli ! Je vais de ce pas— »
« NON. Tu te suicideras plus tard ! Ma sieste n'attend pas. Prend les gamins et amène-les au bureau, j'ai des affaires importantes sur le feu… »
Il repartit dans la pénombre, laissant deviner son départ.
Kumadori attrapa son bâton avec ses deux mains et l'amena à la hauteur de son visage puis il se concentra.
Les garçons le regardaient maintenant, intrigués et sur leurs gardes. Quand les cheveux roses commencèrent à s'agiter, leur esprit logique leur dit que c'était dû à une petite brise. Mais quand les cheveux sortirent une clef et déverrouillèrent la cellule, ils étaient mués.
Sabo chercha dans sa tête quel nom pouvait bien porter un tel fruit du démon et les différents usages possibles. Luffy était émerveillé et Ace dubitatif.
Profitant involontairement de ce temps de flottement, l'agent leur retira toutes leurs chaînes et les lia ensemble, comme lui avait conseillé (lire ordonné) Lucci.
« Tu ne pouvais pas utiliser tes mains ? C'est réservé au commun des mortels ? » Se moqua Ace, ramenant tout le monde à la réalité.
Dans un calme suspect, le CP9 guida la petite horde vers le bureau de son chef. Les enfants étaient bien trop occupés à admirer le paysage/ repérer la route/ hurler pour s'opposer à la marche. Le cliquetis des chaînes ne troubla en rien leur gaîté. Luffy tenta même de discuter avec leur surveillant.
« On aura à manger en arrivant ? C'est encore loin ? Il y aura de la viande ? Je veux du Roi de mers ! C'est super bon ! Vous avez déjà goûté de l'ours au miel ? C'est délicieux ! »
C'est donc avec une étrange facilité que Kumadori parcourut les couloirs avant de toquer à la porte du bureau de son chef. N'entendant pas de réponses, il s'attendit au pire.
« Chef ! Ne mourrez pas ! J'arrive ! »
Il détruisit la porte et se jeta dans la salle, prêt à lutter avec sa vie pour son boss.
Les garçons se poussèrent pour trouver une place suffisamment près de l'ouverture pour admirer le spectacle, mais aussi abritée afin d'être dans une relative sécurité. Ils découvrirent avec étonnement et hilarités deux hommes, les yeux grands ouverts, épouvantés devant les débris de la porte.
Le plus vieux fut le premier à réagir. Il se leva d'un bond et fit face à l'agent.
« Kumadori ! Qu'est ce que cela signifie ?! »
Le susnommé les regarda éberlué.
« J'arrive trop tard ? L'assassin a déjà fui ! Je suis désolé ! Pour me faire pardonner, je vais me faire seppuku ! »
Avant qu'il ne sorte son arme, sous les regards attentifs des mineurs, affalés sur le sol qui regardaient la scène comme une pièce de théâtre et faisaient circuler des jumelles, le plus vieux l'arrêta.
« Stop ! J'ai compris et je te pardonne, comme mon fils. Amène plutôt les nouvelles recrues. »
Ace nomma rapidement les deux autres personnes. Il se trouvait face à Grand Connard Père et Grand Connard Fils. GCP et GCF pour raccourcir.
Allongés sur le sol, les jeunes étaient tellement bien installés qu'ils ne se fatiguèrent pas à se lever. Si cet homme voulait les voir, il n'avait qu'à se déplacer.
« Comme la pièce est annulée, ça vous dit touche-touche-pas ? » Proposa Sabo, ignorant les GC et le unième seppuku de leur baby-sitter.
Sans attendre, Bartolomeo hurla son accord et reprit ses éloges. Sur ses gardes, Bellamy choisit la solution de sûreté.
« Non merci. »
Quant à Trafalgar, il commençait à accepter cette nouvelle compagnie.
« En quoi consiste ce jeu ? »
Des sourires démoniaques s'étirèrent sur les lèvres des grands frères.
« C'est simple, il faut toucher les autres sans se faire toucher. Et le perdant a un gage. »
Une sonnerie retentit dans la tête de la Hyène. Gage ? Peut-être qu'il pourrait coincer les frères à leur propre jeu !
« Je suis partant. » Répondirent en même temps les deux adolescents.
Ils eurent à peine le temps de s'envoyer un regard noir que des mains volèrent de tous les côtés. Suivi par les chaînes. De toute façon, même si Bellamy avait refusé, il aurait été entraîné dans le "jeu".
Ace et Sabo faisaient de leur mieux pour ne pas perdre les yeux fermés. Ce jeu était une idée de Vista pour leur apprendre à contrôler le Haki. Ils souhaitaient s'améliorer alors ils en profitaient pour s'entraîner à la barbe de l'ennemi sans qu'il ne s'aperçoive de rien.
Spandine en avait marre. Déjà, quand il avait été promu chef du CP9, personne ne l'avait prévenu de tous les tarés qui s'y trouvaient ! Et maintenant, le voilà devant six gosses avec un morceau de kairoseki coincé dans les cheveux, car, bien évidemment, ils n'avaient pas de menottes suffisamment petites pour leurs microbras et, en plus, pleins d'énergie, désobéissants et bruyants !
« Ça suffit. »
Et qui l'ignoraient. Royalement.
« MAIS VOUS ALLEZ CESSER DE VOUS BATTRE ?!»
Un murmure s'échappa du chao, « Nan. »
Et qui se moquaient de lui.
« KUMADORI ! »
« Je vais tout assumer ! Pour me faire pardonner, je vais me faire seppuku— »
« NON ! Tu m'attrapes ces déchets et tu me les mets en rang ! »
Avec une moue, car il avait été interrompu pendant son repenti, l'agent s'approcha de ses prisonniers. À l'aide de sa concentration, il envoya six mèches de ses cheveux saisir les petits combattants.
« Lâche-moi ! J'étais à deux doigts de toucher Sabo ! » Cria le prince.
« C'est faux ! En plus, j'ai touché trois fois Luffy, deux Law, douze Barrière et dix-huit Hyène ! J'ai gagné ! »
« Moi je n'ai pas réussi à toucher Traffy… »
« Humf ! Encore heureux ! Je suis au moins capable d'éviter un nouveau-né ! »
« Il parle ! Je ne savais pas qu'il pouvait parler… » Constasta Bellamy, un de ses bras coinçé par la jambe de son voisin, sa tête bloquant l'épaule de son associé et ses pieds écrasant le dos du plus jeune. Les chaînes les retenaient de toutes parts, les empêchant d'esquisser le moindre mouvement.
Kumadori posa sa boule de noeud devant ses chefs et commença à la démêler.
« À qui est cette main ? »
« Je crois qu'elle est au timbré. » Posa Ace.
« Si tu n'es pas plus précis que ça, on ne saura jamais son propriétaire ! » Hurla le ressort.
« Ton ami-barrière. » Traduisit Sabo.
« Ce type n'est pas mon ami ! AÏ ! Ma main ! »
« Ah non, c'était la tienne. » Ricana le brun.
« Ace~ Je ne trouve pas mon pied, tu ne l'aurais pas vu ? » Demanda Luffy.
« Il est sur l'épaule de Traw. »
« Je m'appelle Trafalgar Law. »
« Traffy, tu peux me rendre mon pied s'il te plaît ? »
« … »
Pendant que Sabo félicitait Luffy pour sa politesse, Bellamy se tourna vers Law.
« Ça ne sert à rien. Jamais ils n'arriveront à prononcer ton nom. Par contre, si cela peut te rassurer, le mien non plus. »
« C'est bon ! »
Kumadori était fier de son travail. Il avait réussi à séparer les gamins et ne leurs avaient coupés aucun membre. Ils étaient maintenant alignés devant ses supérieurs avec leurs cheveux en bataille et leurs vêtements défaits.
Spandine profita de sa hauteur pour jeter un regard dédaigneux aux enfants.
« Bien. Sachez que vous avez l'extrême honneur d'avoir été recrutés pour devenir des agents du CP9. »
« CP9 ? Sabo, ça veut dire qu'on va aller à l'école ? Mais je n'ai pas envie de commencer au CP ! Je sais déjà lire ! » Se plaignit Luffy, en se remémorant de la description du lieu tel que le lui avait faite son frère.
« TAIS-TOI QUAND JE PARLE ! » Hurla le chef.
« Eh ! Vous n'avez pas la permission de crier sur mon petit frère ! Seuls Sabo et moi l'avons ! » S'interposa le plus grand brun, pas le moins du monde dérangé par la différence de taille.
« Trois semaines de nourriture en moins ! Je continue. Vous avez donc été recrutés pour subir l'entraînement des membres de la branche Cipher Pol du gouvernement. Donc, sachez qu'à partir de maintenant, vous n'existez plus. Vous êtes morts aux yeux du monde ! » Il se tourna de façon dramatique vers les enfants pour pouvoir se délecter de leurs expressions de frayeur…
Sabo tentait de se recoiffer sous les indications de Bellamy, Ace retirait un morceau de viande qui c'était coincé entre ses dents, Luffy explorait sa narine droite, Law retirait une poussière de son chapeau et Bartolomeo dessinait Gros Connard Père et Fils en tutu rose sur les dalles.
Spandine eut une minute de paralysie.
Puis il revint à la réalité.
« VINGT JOURS SANS NOURRITURE POUR VOUS TOUS ! Je vais vous apprendre la discipline moi ! Kumadori, amène les auprès de Laskey. »
« Bravo mon gars ! Ton dessin est très réussi ! » Félicita Ace, admiratif du gribouillage sur le sol. « Si je te décris mon vieux schnock, tu pourrais faire pareil ? Je lui enverrai par la poste ! » Demanda-t-il, hilare à cette pensée.
Bartolomeo acquiesça frénétiquement.
« Kumadori. Exécution. TOUT DE SUITE ! »
« YOYOI, oui chef. Par ici les enfants. »
« Lu', si jamais d'autres types bizarres comme lui te demandent de les suivre quand Sabo et moi nous ne sommes pas autour, tu ne les suis surtout pas. Ils sont louches. »
« YOYOI, sous-entendrais-tu que je suis louche ? »
« Oui. Bien deviné Sherlock. »
« YOYOI~ Je m'appelle Kumadori. »
« La marine est remplie d'érudit ! » Railla l'orphelin.
« Bon, on y va ? » S'impatienta Luffy, près de la porte.
« Oui, oui. »
La troupe reprit son cheminement dans les couloirs, accompagnée par de la musique, gentillesse du Caïd pour couper la monotonie de ses idoles. Qui, pour deux d'entre elles, auraient sûrement préféré qu'il se taise.
« Quand est-ce qu'on mange ? » Interrogea le Chapeau de paille.
« Aux dernières nouvelles, dans vingt et un jours. » Répondit calmement Law.
L'élastique se statufia. « VINGT ET UN JOURS ?! MAIS JE VAIS MOURIR DE FAIM ! Je sens déjà mes forces qui m'abandonnent. » Il tomba théâtralement au sol. « Ace, Sabo, merci d'avoir été à mes côtés tout ce temps. Vous direz à Bon-chan que je suis désolé de ne pas tenir ma promesse. Au revoir… » Et il ferma ses yeux.
« LUFFY ! NON ! » Le plus vieux brun sécha ses larmes et se tourna vers le ciel, visible à travers une fenêtre. « Tout est de la faute du gouvernement ! Je te vengerais petit frère ! »
« Ace, Luffy. Cessez votre cinéma, vous nous empêchez d'avancer. »
« Sabo, tu brises toute la magie du moment ! Quel frère indigne ! »
« Je sais. » Il s'approcha de la dépouille de son petit frère. « Debout Luffy. Et ne compte pas sur moi pour annoncer ta mort à ton ami. Ne compte même pas sur moi pour aller le voir volontairement. »
Le chewing-gum se releva avec une moue.
« Méchant~ »
Il courut dans les pattes de leur guide, entraînant toute la chaîne dans son sillage.
« LUFFY ! » Crièrent en coeur ses victimes, hormis son admirateur.
« On va où ? »
« Dans la forêt, rejoindre votre instructeur, YOYOI~ »
« YOYOI ! » Répéta, amusé le chapeauté.
Ils sortirent rapidement du bâtiment et prirent le chemin vers l'étendue boisée.
« Il y a des crocodiles ? »
« Non. »
« Et des ours ? »
« Non plus. »
« Des abeilles ? »
« Non. »
« Des chats géants ? »
« Non. »
« Et des fourmis ? »
« Non— Oui. »
« Et des… »
« Luffy, tu ne vas pas demander toute la faune et la flore que tu connais ?! » Interrogea, agacé Ace. Cela faisait une bonne demi-heure déjà que son jeu durait.
Son petit frère pencha la tête sur le côté comme si c'était quelque chose d'évident. Il allait même reprendre sa conversation quand la Hyène l'interrompit.
« On est arrivé. »
Face à eux s'étendaient trois rangées d'enfants, en tout une bonne vingtaine, qui reproduisaient les mouvements de leur instructeur dans une clairière.
« Ça a l'air ennuyeux ! » Commenta Ace. « Rien ne vaut un bon entraînement avec notre vie en jeu ! Avec ça, on n'atteindra jamais Grand Line ! »
« Tu es déjà sur Grand Line. » Lui rappela Bellamy avant de se faire gronder par son collègue qui n'appréciait décidément pas son comportement envers ses vedettes.
« LES NOUVEAUX VENUS ! BOUGEZ-VOUS DE REJOINDRE LES RANGS ! » Cria l'entraîneur.
Les garçons le regardèrent sans expression.
« J'ai pas envie. » Explicita la torche humaine.
« Je passe mon tour. » Renchérit son jumeau.
« Sans moi. » Rajouta la dernière recrue.
« On va cueillir des champignons ?! » Proposa joyeusement le plus jeune, soutenu par son groupie.
« J'ai mieux à faire. » Fini le ressort-humain.
Les garçons voulurent rebrousser chemin le plus naturellement du monde quand l'instructeur les attrapa par le col.
« Vous allez où ? » Demanda-t-il ironiquement sur un ton bourru.
« À la chasse aux champignons. Vous n'avez pas entendu ? Il faudrait sérieusement que vous songiez à vous laver les oreilles. » Puis la flamme renifla. « Ou juste vous laver tout court. »
Ace rencontra la poigne de son entraîneur. Et, pour une fois, il était presque reconnaissant envers Garp. Il avait tellement reçu de coup pendant son enfance que celui de l'instructeur semblait être en comparaison un papillon qui se posa sur son crâne.
Voguant tranquillement sur les vagues, la Moby Dick était ignorante des problèmes de leurs petits protégés. Depuis le départ des huit flottes, le nombre de ses habitants avait considérablement diminué, mais n'en restait pas moins conséquent.
« COMMENT ?! VOUS AVEZ PERDU TROIS GOSSES DANS LE NOUVEAU MONDE ?! »
Le brusque cri surprit un pirate qui en laissa tomber sa bouteille. Il soupira. Il savait déjà d'où venait le bruit. Cela devait bien être le quatrième de la journée. Il essuya sa main sur son pantalon et parti en quête d'une serpillière. Sans mauvais jeu de mots pour l'un de ses camarades. En chemin, il passa devant la salle d'origine du cri. La porte était légèrement entrouverte et laissait distinguer une forme humaine de petite taille.
« Oui Epoida, pas la peine de crier. » Grimaça Haruta. « Vous allez tous me rendre sourd avec vos réactions. »
« Désolé. Mais il faut avouer que vous avez fait fort ! D'ailleurs, je ne veux pas paraître pessimiste, mais vous avez vérifié qu'aucun cadavre ne flottait dans les environs ? Parce qu'au milieu de l'océan et sans laisser de trace, il ne peut pas être arrivé grand-chose à vos gamins… »
« Oui, Namur et ses hommes ont ratissé la zone, aucune trace d'eux. Et puis ils sont comme la mauvaise herbe, on aurait beau vouloir s'en débarrasser, ils reviendraient. »
« Alors je ne vois pas le problème. Il suffit d'attendre qu'ils décident bien gentiment de rentrer au bercail ! »
« Oui, mais ils se sont sûrement déjà attirés des ennuies plus gros qu'eux. Il faut les retrouver au plus vite, c'est pour cela que nous avons besoin de votre aide. »
« Je vois le scénario. Trois jeunes de vingt ans avec quatre poils au menton, le tatouage de Père sur le dos qui se pensent surpuissants. Aucune idée d'où ils auraient pu aller pour concentrer les recherches ? »
« Eh bien… C'est-à-dire que ce n'est pas tout à fait ça… »
« Vous ne les avez pas tatoués ? »
« Non et puis… Ils n'ont pas vingt ans… »
« Pas vingt ans ? On n'est pas à deux années de plus ou de moins ! Tant que ce n'est pas visible, c'est bon. »
« Ils n'ont qu'une dizaine d'années. »
« … »
« … »
« Une dizaine d'années ? »
« Oui. »
Par réflexe, Haruta éloigna le combiné de son oreille.
« QUOI ?! »
Sourde. Cette corvée allait définitivement la rendre sourde. Une fois sûr que son ami s'était calmé, elle ramena l'écouteur.
« Une dizaine d'années ?! Pour le coup, vous avez fait fort les gars ! On peut toujours compter sur vous pour être surpris ! Vous ne nous décevez jamais ! »
« Heureux que cette mauvaise nouvelle te plaise. Bon, pour leurs descriptions, tu te rappelles du journal à la fin du mois dernier ? »
« Ouais. On l'a encore. Pourquoi ? »
« Nos disparus sont les trois enfants de l'avis de recherche. »
« … »
« … »
« Je peux récapituler ? Vous avez perdu trois mômes en couches-culottes dans le Nouveau Monde avec une prime sur la tête. Tu n'es pas sérieux ?! »
« Si, justement. »
« Oh là ! Je t'arrête tout de suite. Vous espérez les revoirs vivants ? »
« C'est effectivement la raison pour laquelle je t'appelle. Un problème ? »
« Est-ce seulement possible ?! La Marine est au courant que vous les avez pris sous votre aile ? »
« Normalement non. J'ai déjà prévenu Doma, les frères Decalvan et Elmy, ils recherchent tous de leurs côtés. Et les trouver ne sera pas le plus dur, ce ne sont pas des experts dans la discrétion. »
« Bon, je vais voir ce que je peux faire. Aucune rancune si je ne trouve que des cadavres ? »
« Fais seulement un effort s'il te plaît et cesse d'être aussi pessimiste ! »
« C'est vous qui êtes utopiste. À la prochaine ! »
« Gotcha. »
L'escargot relâcha ses paupières et laissa tomber sa tête, signifiant la fin de la conversation.
« Bon sang ! Quand arrêtera-t-il de ne voir que le mauvais côté des choses ?! Allez, suivant… à toi Bizarre ! »
La commandante composa un nouveau numéro d'une main et attrapa des boules Quiès de l'autre. La journée était loin d'être terminée pour elle.
Ailleurs, dans une île reculée de Grand Line, un homme d'âge mûr à la stature digne d'un chêne interpellait différents passants dans une rue.
« Excusez-moi Madame, auriez-vous rencontré ces trois vauriens ? » Demanda-t-il en montrant une affiche.
« Non, désolé. » Furent les seuls mots qu'il réussit à extirper de son interlocutrice avant qu'elle ne parte, le laissant seul.
« Il semblerait qu'ils ne soient pas non plus ici. » Constata-t-il maussadement.
Son désespoir fut interrompu par un froissement de son pantalon. Il baissa son regard et tomba sur un petit enfant agrippé au tissu. Il suivit son regard et remarqua que le petit fixait son affiche. Avec une lueur d'espoir, il s'agenouilla pour être à son niveau et lui mit sa feuille sous le nez.
« Tu les connais ? »
« Oui ! C'est Mugi-chan et ses frères ! »
« Mugi-chan ? »
« Hum. » Il acquiesça avec un grand sourire plein de fierté malgré un bon nombre de dents manquantes.
« Et tu sais où ils sont allés ? »
« Oui, ils sont retournés auprès de Moustache Grise ! »
« Moustache Grise ? Qui est-ce ? »
« Le Cap'taine de leur navire pirate ! » Annonça fièrement l'enfant.
« NAVIRE PIRATE ?! » L'adulte lâcha son document de surprise et empoigna les épaules du garçon pour ensuite le secouer comme un prunier.
« DIS-MOI QUE CE N'EST PAS VRAI ! ILS N'ONT PAS OSÉS FAIRE ÇA ?! QUEL NAVIRE PIRATE ?! PARLE ! »
Un toussotement l'interrompi, mais il n'en teint pas compte. Il n'eut de pitié pour son arbre fruitier que lorsqu'une main se posa sur son bras.
« Pourriez-vous, s'il vous plaît, relâcher mon fils ? Pour parler, ce sera plus commode. »
Le père avait mis un moment avant de se décider à intervenir. D'où son fils pouvait bien tenir sa mauvaise habitude de s'approcher et d'aborder les personnes les moins fréquentables de ce monde ?!
Garp obtempéra. Il voulait ses réponses et les morts ne parlent pas.
« Je l'ai déjà dit ! » Reprit gaîment Bon Clay, sans rancoeur pour la dureté du plus vieux, « Sur le navire du Couette Violette ! »
« Couette Violette ?! Je ne connais aucun pirate de ce nom ! Et tu n'avais pas dit un autre nom avant ? »
« Ah bon ? Je dois me tromper alors. Touffe Rouge ? »
« Non. »
« Houppe Verte ? »
« Non plus. »
« Épi Bleu ! »
« Aucune chance. »
« Mais je me souviens que c'était quelque chose sur la tête avec une couleur… » Le petit partit dans ses réflexions, essayant de se rappeler des mots de l'hybride qui avait emmené son ami.
Si son fils perdait encore du temps, ils allaient être en retard pour le repas ! Et, non seulement il ne voulait pas rater le repas chaud qui les attendait, mais il ne voulait pas non plus recevoir un "Okama Kenpo Par-ta-faute-le-repas-est-froid" dans la figure en rentrant. Heureusement que leur maison était petite et les murs fins.
« Barbe Blanche. On peut y aller maintenant ? »
Apparemment pas. Le visage du Marine se figea puis se décomposa.
« BARBE BLANCHE ?! »
Mais ne pouvait-il donc pas cesser de hurler ?!
« Oui ! C'est ça ! » S'exclama joyeusement son fils, sans aucune considération pour la crise cardiaque du quadragénaire.
Le héros se releva d'un bond, pencha sa tête en arrière et hurla.
« C'EST CE QU'ON VERRA ! »
Il bouscula tous les curieux qui s'étaient rapprochés de l'évènement et partis d'un pas sûr vers l'horizon.
Toujours souriant comme son ami, Bon Clay saisit la main de son père.
« On rentre manger ? » Demanda-t-il comme si rien ne s'était passé.
Ils ignoraient tous les problèmes qu'ils venaient de déclencher pour trois petits brigands et la plus grande famille du monde.
C'est fini ! Déçu ? Je dois avouer qu'il n'y pas eu beaucoup d'action dans ce chapitre... Peut-être au prochain ?! Et le CP9 n'en a pas beaucoup bavé... Disons que nos trois brigands n'étaient pas en grande forme après leur défaite... Forme qui va revenir ! Alors revenez pour la suite !
Dites moi ce que vous en avez pensé ! Vous avez été triste ? Heureux ? Joyeux/En colère/Morose/Hilare/En larme/Énervé ou quoi que ce soit d'autre ? Ou vous avez repéré une faute d'orthographe ou de grammaire ? Dites le moi que je rectifie ! X)
Une review pour un auteur affamé ? À la prochaine !
