Bonjour tous!

J'avoue publié ce chapitre un peu plus tard que je pensais, mais je suis pas mal occupée par l'école ces temps-ci. Ne vous en faites pas, les publications resteront encore très collées, car la rédaction de cette fanfiction est terminiée. Il ne reste plus que la correction. (Merci Pistachoux!!! ^^)

Un gros merci à ceux qui lisent ma fanfiction et qui me laissent des reviews! ^^ J'adore lire vos commentaires!

Merci à Amy, Charlou et Didine Halliwell à qui je ne peux répondre, car ils sont anonymes! ^^ J'espère que tes cours de tennis se passent bien Charlou! Dis-moi si tu aimes ça!!

Un merci spécial à Senslo aussi pour son joli dessin! ^^

Sur ce, Bonne lecture!

Luna

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Chapitre 7

Promesse

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Severus soupira d'agacement lorsqu'il entendit son père crier sur sa mère. Un bruit sourd s'en suivit qui fut complété par les pleurs d'Eileen. À pas de loup, il sortit de l'appartement sans que ses parents ne s'en aperçoivent. Le jeune homme hésita à la porte un instant lorsqu'il perçut un autre bruit sourd, mais il fuya finalement tel un lâche. À l'extérieur, l'air frais de la soirée frappa son visage agréablement, chassant ses mauvaises pensées un instant.

Au loin, Severus vit la plus douce des créatures s'avancer vers lui. Ses cheveux attachés derrière sa tête retombaient en une couette qui se balançait sous le vent comme une flamme. Ses magnifiques yeux émeraude étincelèrent à sa vue et procurèrent une amère chaleur à Severus.

« Qu'est-ce que tu fais là? demanda le jeune homme de sa voix terne.

-Je viens te rendre visite », répondit Lily avec enthousiasme.

Son joli regard loucha vers la porte d'entrée du bloc appartement.

« N'y songe même pas. Pas aujourd'hui, clama Severus plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

-Même pas un petit breuvage? supplia la jeune rousse en affichant sa plus mignonne moue.

-Non », déclara l'adolescent au teint pâle d'un ton qui n'ommetait pas l'opposition.

Il eut un pincement au cœur lorsqu'il vit la mine de la rouquine se renfrogner. Le nuage ne fit que traverser le visage de Lily qui reprit immédiatement une allure plus joyeuse. Severus voyait cependant le trait soucieux sur le front la jeune rousse et ses yeux plus obscurs qu'à l'habitude. Il avait su avec le temps reconnaître lorsque Lily tentait de dissimuler les problèmes qui la préoccupaient.

« Alors allons se promener », consentit la rouquine en glissant son bras sous celui de son ami.

Severus resta de glace face au geste amical de la jeune rousse, ne tentant nullement de resserer l'emprise qui les liait. Il laissait tomber lourdement son bras sur le côté qui balloterait sottement si Lily ne l'empoignait pas si solidement. Les adolescents firent quelques pas dans le silence jusqu'à ce que Severus se décide à le briser.

« Est-ce que tu vas me dire ce qui te tracasse? », questionna le jeune homme aux cheveux d'ébène d'une voix neutre.

Lily sursauta comme si cela la surprenait énormément qu'il la devine aussi bien. Avec le temps, Severus aurait cru qu'elle se serait habituée à son don pour reconnaître la véritable humeur des gens.

« C'est encore la faute à Potter, maugréa la rouquine.

-Raconte », l'incita froidement l'adolescent aux yeux noirs.

Une animosité en lui commençait à se tisser face au nouveau voisin de Lily. Ces temps-ci, la rouquine avait son nom collé sur les lèvres; il sortait au détour de chacune de leurs conversations.

« Alors premièrement, j'ai appris qu'il n'était pas homosexuel, annonça la rouquine d'un air contrarié.

La nouvelle tomba comme une pierre dans l'estomac de Severus. Son visage déjà blême perdit toute once de couleur; il fut pendant un instant plus semblable à un fantôme qu'à un humain. Une douce envie meurtrière vis-à-vis ce James Potter s'insinuait peu à peu dans ses veines.

« Ça remet certaines choses en perspective en effet, siffla le jeune homme entre ses dents.

-Tu ne sais pas le pire! », s'exclama Lily en se détachant du bras de Severus pour pouvoir gesticuler librement.

La rouquine commença à raconter à son ami dans tous les détails ce que Pétunia lui avait avoué de son rendez-vous, en passant rapidement sur les subtiles rapprochements que James avait tentés à son égard. Ce furent cependant ces derniers détails qui attirèrent le plus l'attention de Severus. Ses poings se serrèrent à la pensée qu'un rival venait de mettre les pieds dans la vie de Lily.

« Tu n'étais pas supposée éviter Potter? lui rappela l'adolescent aux cheveux noirs.

-Ce n'est pas comme si j'avais cherché sa présence, grogna la jeune rousse.

-Tu t'y prendras mieux maintenant je suppose.

-En fait, j'ai un match de tennis prévu avec lui », avoua Lily d'un air coupable.

Aucune réaction perceptible ne frappa le visage de Severus. Il haïssait ce sport de raquettes qui l'avait toujours éloigné de son amie, même s'il savait parfaitement que le tennis faisait partie intégrante de la vie de la rouquine.

« Je suppose que c'est une bonne excuse », ironisa Severus.

Lily lui répliqua par un grand sourire franc espérant probablement que son ami lui réponde, mais les lèvres de Severus n'y arrivèrent pas.

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Le bois du banc s'incrustait inconfortablement contre son dos, mais la paresse l'empêchait de changer de position. Elle remuait seulement parfois le bassin pour que ce ne soit pas toujours le même morceau de peau qui ait droit au coin du siège. Allongée ainsi sur le banc de tennis, Lily attendait patiemment que James Potter veuille bien lui accorder sa présence. Ils s'étaient donné rendez-vous au terrain de tennis directement, car il semblait que le jeune homme ait à faire ailleurs avant son match.

Lorsqu'elle entendit finalement des pas approcher, la rouquine ne prit même pas la peine de se relever. Elle reconnaissant parfaitement le rythme de sa démarche si confiante.

« Tu es en retard, Potter » constata-t-elle sèchement.

Lily voulait imposer le ton de leur rencontre pour qu'ils gardent leur distance.

« Tu as décidé que tu préférais m'appeler par mon nom de famille » souleva-t-il d'une voix amusée.

La rouquine ne répliqua pas, ne lui accorda même pas un vrai regard. Elle glissa quelques balles dans ses poches et se dirigea nonchalamment sur une des moitiés du terrain.

« Tu peux commencer avec le service », annonça la jeune rousse.

James ne discuta pas et commença à jouer.

La partie se fit dans un silence pesant. Au début, mêmes leurs coups semblaient alourdis par la réticence de paroles. Lorsque les deux se concentrèrent finalement sur leur jeu, le match reprit de la vitesse et de l'intérêt. Les adversaires ne s'échangèrent aucun mot durant la partie. Même durant les temps de repos qu'ils s'accordaient, leur discussion était brève et concise. À son étonnement, Lily rencontra un opposant moins féroce que la dernière fois et réussit à le battre de justesse.

« Bien joué, très bien joué! la félicita James en reprenant son souffle sur le banc.

-Merci, Potter », répondit la rouquine avec un ton moins froid qu'elle l'aurait voulu.

Lily était assise au côté de James qui s'amusait à tourner sa raquette entre ses mains. La rouquine se reposait avant de devoir marcher vers sa maison. Pour l'occuper, elle faisait mine d'arranger le cordage de sa raquette.

« Alors est-ce que je peux savoir pourquoi est-ce que je suis passé de James à Potter? demanda-t-il brisant le silence qui s'était installé.

-Disons, simplement que j'ai arrêté de croire au gars charmant », ironisa la rouquine.

Cela ne sembla pas vexer l'adolescent aux yeux bleus qui afficha plutôt un sourire rieur.

« Et pourquoi ça? questionna-t-il.

-Je crois que tu sais déjà la réponse à cette question.

-Ce n'est pas parce que mon meilleur ami et ta sœur ont eu un rendez-vous qui a fini aussi bien que le Titanic qu'il faut être en froid. »

Lily ne put s'empêcher de sourire à la comparaison, mais secoua rapidement la tête pour retrouver ses idées et redevenir froide.

« Ce n'est pas seulement ça », dit-elle.

James fronça alors les sourcils semblant plus confus et la fixa en attendant qu'elle s'explique.

« Sirius a été odieux avec Pét'! gronda Lily.

-Quoi! Pas du tout! C'est ta sœur qui a mal pris le refus de Sirius, riposta James, perdant toute once de sourire.

-Un refus qu'il a fait seulement pour s'amuser.

-Absolument pas. Il ne voulait juste pas d'une fille égocentrique.

-Je crois que tu te trompes de rôle! C'est Sirius qui est égocentrique!

-Cesse donc d'insulter quelqu'un que tu ne connais même pas! s'écria le jeune homme à lunettes, rouge de colère.

-Parce que tu penses que tu connais plus Pétunia, répliqua Lily en serrant les poings.

-Je connais d'elle ce que j'ai vu et ce que Sirius m'a raconté.

-Même chose pour moi avec Sirius! Je le connais un peu moi-même et je sais ce que Pétunia m'a dit!

-Et tu trouves que ça correspond à ce que tu connaissais de lui? »

Dressée debout, le visage réchauffé par la frustration, Lily déglutit difficilement, car le portrait qu'avait décrit sa sœur n'avait aucun lien avec le garçon aux yeux gris qu'elle avait rencontré.

« Peut-être pas, mais il est facile pour lui de jouer un rôle, puisque c'est un beau-parleur, répondit sèchement la rouquine.

-Tu as à ce point confiance en ce que Pétunia te dit? demanda James d'un ton presque dérisoire.

-Je peux te retourner la même question envers Sirius!

-Moi, tu vois, j'ai juste à regarder comment Sirius me parle pour savoir quand est-ce qu'il ment, alors je sais qu'il m'a dit la vérité. Est-ce que tu peux en dire autant de Pétunia? »

Lily souffla rageusement, car elle n'avait jamais su déceler les mensonges de son aînée, encore moins ses manipulations douteuses. Elle était très loin d'avoir le don d'observateur que possédait Severus.

« Non, mais je lui fais confiance! », hurla la jeune rousse.

Lasse de cette dispute, Lily empoigna son sac et se dirigea vers la sortie du terrain. Juste avant de partir, James lui siffla à l'oreille :

« Ce que tu es naïve »

Sans réagir, la jeune rousse continua son chemin.

« Dans trois jours, même heure, on fait un match, vociféra James alors qu'elle était maintenant à des mètres de lui.

-Parfait! », cria Lily sans prendre la peine de se retourner.

Elle avait beau le trouver hautain, ingrat, buté et le détester… Elle adorait jouer au tennis avec lui.

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La famille au complet était installée dans le salon des Evans regardant un film qui passait à un poste. Un livre sur les genoux, Lily ne cessait de passer ses yeux du roman à la télévision, de la télévision au roman.

« Lily, je ne suis pas sûre d'être très encline face au match que tu as prévu avec James Potter, lui glissa soudainement sa mère d'une voix doucereuse.

-Mais, maman, ce n'est qu'un match! », se défendit la rouquine en regardant son père pour chercher un appui.

Ce dernier baissa les yeux pour ne pas affronter le regard trahi de sa fille.

« Vous ne pouvez tout de même pas m'empêcher d'aller au match! vociféra la jeune rousse.

-Mais non, on voulait simplement te partager notre désaccord face à ce choix », glissa mielleusement Élizabeth en grimaçant un sourire.

C'était une contrainte dissimulée à laquelle Lily avait une grande difficulté à résister tant elle se laissait contrôler par la manipulation astucieuse de sa mère. Sans qu'elle n'y puisse quoique ce soit, un sentiment de culpabilité l'envahissait inopinément.

« Je vais annuler, si ça vous dérange à ce point, se soumit la rouquine en claquant de la langue avec mécontentement.

-Tu n'es pas obligée, Lil'. Vas à ton match, si tu le désires », la rassura son père.

En réponse à cette réplique, la jeune rousse lança un regard reconnaissant à Henry qui l'aidait enfin alors que sa mère fusillait son mari des yeux.

« Il faudra t'acheter une tenue de tennis convenable alors, plus joli que le linge de sport que tu mets à l'habitude, ordonna Élizabeth.

-Mais pourquoi? Tu n'as jamais critiqué mes habits avant », questionna Lily d'un air contrarié.

Cette subite règle choquait légèrement la jeune rousse, car elle préférait ses vêtements larges de sport à la jupette traditionnelle de tennis qui ne la mettrait pas aussi à l'aise.

« Ne discute pas, c'est ainsi », répliqua sa mère sur un ton qui n'admettait pas la riposte.

La rouquine soupira férocement pestant intérieurement contre le caractère buté de la femme qui l'avait mise au monde.

« Maman a peur que les Potter nous snobent, alors elle veut que tu te montres à ton meilleur jour. Elle croit que Sirius m'a rejetée, car nous n'étions pas de leur calibre, lui expliqua Pétunia.

-C'est l'histoire la plus absurde que j'ai entendue! », s'étonna furieusement Lily.

La famille Evans ne vivait pas dans la pauvreté, mais leur revenu moyen ne pouvait se comparer à celui des Potter. Logan était un homme d'affaire réputé dont le succès lui avait permis de ramasser une certaine fortune. La richesse des Potter était donc un fait établi, mais ils vivaient de façon modeste. Leur maison était certes élégante et coquette, mais sa grandeur ne pouvait se comparer à celle d'un manoir.

Même si Lily avait su dénicher un nombre incomparable de défauts chez James, jamais elle n'avait senti le jeune homme se montrer snob face à elle, car il était plus aisé. Sa mère se comportait seulement ainsi, car elle était elle-même hautaine face aux plus pauvres. Contrairement à l'orgueil mort et enterré de Lily, Élizabeth portait fièrement le sien en l'entretenant tous les jours.

« Ce n'est pas parce que tu as une opinion différente que tu dois ridiculiser la mienne, jeune fille », lui reprocha sa mère.

Le regard significatif d'Élizabeth posé sur elle suffit à Lily pour qu'elle n'ose pas répliquer. Un tonnerre de colère éclatait tout de même en elle. La rouquine ne comprenait pas pourquoi il fallait que sa mère se préoccupe tant de ce que les autres pouvaient penser d'eux. Laissant sa fureur dans un coin de son esprit, la jeune rousse se concentra sur l'écran devant elle tentant d'oublier ses oreilles qui chauffaient. Elle aperçut le protagoniste qui embrassait à pleine bouche l'actrice principale.

Alors qu'elle tentait de comprendre l'histoire du film dont elle avait manqué quelques scènes, Lily commença peu à peu à discerner un bruit lointain et rythmé. L'adolescente prit un certain temps à réaliser qu'il ne provenait pas de la télévision. Intriguée par le son perpétuel, la jeune fille tourna ses yeux émeraude vers la fenêtre d'où il semblait provenir. Sa famille qui avait également perçu la résonance imita son geste. Pétunia se leva du sofa et alla écarter le rideau pour découvrir ce qui se passait à l'extérieur.

« Quoi?! s'exclama-t-elle avec étonnement.

-Qu'est-ce qu'il y a? demanda Lily en rejoignant son aînée à la fenêtre.

-Il y a une fête chez les Potter », ragea Pétunia.

La rouquine le constata d'elle-même en apercevant le nombre impressionnant de voitures stationnées autour de la maison de leurs voisins et des jeunes de leur âge qui en sortaient pour se diriger vers l'arrière de la demeure.

« J'espère qu'ils ne vont pas mettre leur musique jusqu'aux petites heures du matin, siffla Élizabeth en fronçant les sourcils.

-J'espère pour eux qu'ils ne gâcheront pas ma nuit, car je n'ai pas l'intention de rester muet », l'appuya son mari.

Pétunia rabattit le pan du rideau avec frustration.

« Ils n'ont même pas pensé à nous inviter, grogna-t-elle, vexée.

-Tu aurais accepté? s'étonna Lily en dévisageant son aînée.

-Bien sûre que non, mais je me serais fait un plaisir de refuser », avoua Pétunia d'un sourire mesquin.

La rouquine ne put s'empêcher de partager le sourire de sa sœur, même si au contraire, elle ne regrettait pas une seconde qu'ils n'aient pas voulu les inviter.

Finalement, la fête chez les Potter se fit sans le respect des alentours. La musique tonitruante vibra dans le quartier pratiquement toute la nuit, sans relâche. Lily avait beau caché sa tête sous son oreiller, le bruit infernal l'empêchait royalement de dormir.

Faisant le deuil de son sommeil, la rouquine se leva de son lit et alla s'installer près de sa fenêtre. Puisque la fête avait lieu derrière la demeure des Potter, Lily ne pouvait observer grand-chose d'où elle était. La jeune rousse apercevait simplement quelques adolescents qui circulaient à l'occasion dans l'entrée de ses voisins.

Brisant sa concentration, Lily entendit des pas dans le couloir de sa maison. Intriguée, la rouquine se précipita à l'extérieur de sa chambre et tomba sur son père qui arborait un air furieux.

« Qu'est-ce que tu fais? lui demanda la jeune rousse en chuchotant.

-Je vais arrêter cette satanée musique, grommela Henry.

-Il n'en est pas question, gronda une voix scandalisée derrière lui qui appartenait à sa femme.

Cette dernière était enveloppée dans une longue robe de chambre d'un rose délavé et sur sa tête trônaient des bigoudis qui enroulaient ses cheveux.

« Et pourquoi ça? grogna le père des Evans en roulant des yeux par exaspération.

-On aura l'air de quoi si tu vas au beau milieu de leur fête piquer une crise de colère! répliqua Élizabeth.

-Maman a raison, intervint la voix claironnante de Pétunia qui venait de sortir également de sa salle à coucher, ça ne sert à rien de créer un coup d'éclat. »

Vaincu, Henry marmonna des mots dans sa barbe en retournant dans sa chambre.

« Demain, je vais tout de même aller voir les Potter pour leur dire ma façon de penser », tonna-t-il.

Cette fois, ni Élizabeth, ni Pétunia ne ripostèrent devant ses intentions.

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La mère des Evans dénoua son tablier à carreaux blanc et rouge puis réajusta d'une main une mèche blonde de sa coiffure. Fin prête, elle alla rejoindre le reste de sa famille qui était attablé. Son regard d'aigle fit l'inspection de chaque membre des Evans, comme à son habitude. Ses yeux passèrent fièrement sur sa fille aînée qui se tenait droite comme une flèche et qui attendait patiemment qu'Élizabeth s'assoit près d'eux. La femme aux cheveux de blé ne put s'empêcher d'envoyer un regard de reproche à son époux qui avait entamé sa poitrine de poulet en son absence. Le bout manquant de sa nourriture trahissait son geste et celui-ci baissa les yeux sous les yeux accusateurs de sa femme.

L'attention de la mère des Evans se porta alors sur sa cadette qui accotait son menton dans le creux de ses mains, les coudes posés sur la table. Un air rêveur sur le visage, elle semblait promener son esprit loin de la maison des Evans. Pour la ramener à l'ordre, Élizabeth racla sèchement sa gorge et fit ainsi sursauter Lily. Tout de suite, la rouquine se raidit et ôta ses coudes de la table pour ensuite lancer un sourire d'excuse à sa mère. Enfin satisfaite, la mère des Evans commença son repas suivi pas les membres de sa famille.

« Vous ne savez pas ce que j'ai entendu! lança-t-elle au milieu du dîner pour alimenter la conversation.

-Quoi? demanda immédiatement Pétunia, avide de ragots.

-Des chats du quartier ont été retrouvés teints de différentes couleurs.

-Hein?! s'exclamèrent en chœur le père et ses filles avec un air bouche bée.

-J'ai eu la même impression aussi, avoua la mère, fière de l'effet de sa nouvelle.

-Qui auraient fait ça? s'étonna Lily se demandant intérieurement si elle devait trouver cela cruel envers les animaux ou simplement amusant.

-Des garnements probablement, proposa Henry en haussant les épaules.

-Si vous voulez mon avis, ça ne m'étonnerait pas que nos jeunes voisins soient dans le coup, lança Élizabeth d'un air dédaigneux.

-C'est assez puéril pour être leur genre, reprit Pétunia sur le même ton.

-Madame Primscy a fait plusieurs shampoings à ses chats, mais la couleur ne partait pas. Elle a fini par les raser », raconta sa mère.

Lily grimaça à l'image horrifiante d'un félin sans pelage. La rouquine se dit intérieurement que si elle avait un chat qui s'était fait teint, elle lui laisserait son étrange couleur jusqu'à ce que celle-ci s'atténue plutôt que de lui donner un air de rat.

« Mais comment est-ce qu'ils s'y prennent? questionna la jeune rousse, réellement intriguée.

-Aucune idée, répondit Élizabeth, peu intéressée.

-Tu demanderas à James au match », suggéra moqueusement Pétunia.

Lily lui lança un regard noir pour faire comprendre à sa sœur qu'elle n'avait nullement l'intention d'adresser la parole à Potter durant leur partie de tennis.

« Parlant de ta relation avec Potter, j'espère que tu n'as pas l'intention de les voir autrement que durant ces matchs, n'est-ce pas? », émit sa mère d'une voix sournoise.

La rouquine éleva un sourcil offusqué au terme « ta relation avec Potter » qu'elle ne trouvait pas du tout approprié à sa situation.

« Aucun doute là-dessus, formula clairement la jeune rousse sans hésitation.

-Après la soirée gâchée de Pétunia, la fête d'hier et le tour des chats colorés, il est évident qu'on s'est trompé en croyant que les Potter étaient des gens biens », les dégrada Élizabeth sans remords.

Même si elle n'arrivait pas à contredire sa mère, Lily sentit un poids tomber dans son estomac à ses paroles. Le sourire si chaleureux d'Isabelle lui revint à l'esprit comme une tâche d'espoir parmi le sombre tableau de mauvaises pensées qui s'accumulaient contre les Potter. La douceur qui émanait du visage ensoleillé et de l'attitude sereine de madame Potter traversa sa mémoire comme une caresse de souvenirs.

Malgré ce sentiment d'appréciation envers Isabelle, la rouquine ne pouvait s'empêcher d'abhorrer son fils. Les Potter auraient été des voisins formidables sans l'arrogance et l'insolence de James.

« Ils ont au moins eu la bonté de s'excuser après leur fête bruyante. Il a fallu aller les confronter nous-mêmes pour cela, mais ils l'ont fait », ironisa Henry.

La réplique fit esclaffer la tablée, mais le rire de Lily résonna comme un diamant en plastique. Elle se sentait mal à l'aise au souvenir de son père qui allait voir les voisins pour les chicaner comme des enfants de cinq ans. À vrai dire, Lily n'avait ni osé espionner la scène de la fenêtre, ni osé demander des détails de la mésaventure à son père. La rouquine préférait garder toute sa colère en elle, puis mettre cette désastreuse nuit au fin fond de sa mémoire.

« Alors, Lily, tu ne te fâcheras pas, si on t'empêche de fréquenter James en dehors des matchs », déduit Élizabeth en souriant.

Sur le coup, l'interdiction lui parut futile et inutile, car Lily n'avait aucune intention de voir James autrement. C'est donc sans rechigner qu'elle dit :

-Je te le promets, maman! »

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Les notes mélancoliques de guitare étourdissaient les pensées de Severus. Les oreilles cachées derrière des écouteurs, le jeune homme aux cheveux noirs se laissait transporter par la psychose de Pink Floyd. La chanson Wish you were here lui déchirait les entrailles ou c'était peut-être les substances qu'il avait ingérées plus tôt qui lui procuraient cette désagréable sensation. Il ne savait plus trop, nageant dans le néant. Allongé sur son lit, l'adolescent fixait le plafond comme s'il contemplait la plus belle des œuvres d'art.

Soudainement, l'air commença à s'alourdir dans ses poumons et il dût se lever vers la fenêtre pour respirer. La tête sortie à l'extérieur, Severus ferma les yeux pour apprécier la brise qui jouait dans ses cheveux souillés. Il se rappela alors d'un souvenir d'une rouquine qui lui glissait un subtil commentaire sur le fait de laver sa chevelure. Il emmerdait cette jeune rousse.

« Severus! », cria une voix cristalline provenant du trottoir.

Le jeune homme au visage pâle baissa les yeux vers le son et tomba sur Lily qui lui faisait des signes de la main. Aussitôt, un sentiment de bien-être submergea Severus. Des feux d'artifice éclatèrent dans sa tête et réconfortèrent son âme. Il était fou de Lily.

Un vent de panique suivit la béatitude de Severus. Son amie ne devait pas l'apercevoir dans cet état, ou du moins elle ne devait pas s'apercevoir de son état. Il se détacha du cadrage de la fenêtre et fila vers la salle de bain. Le jeune homme empoigna une serviette au hasard et s'en servit pour s'asperger le visage avec de l'eau glacial. Ensuite, Severus s'empara d'un verre au contour sali par le temps, le remplit et vida goulûment son contenu. D'un pas précipité, il sortit de l'appartement sans même accorder un regard à son père qui jonchait sur le divan du salon accompagné d'une bouteille de cognac ou à sa mère qui, assise sur une chaise, fixait la fenêtre du couloir sans bouger. Laissant ces scènes de malheur derrière lui, Severus dévala les escaliers pour rejoindre son amie.

« Tu ne devineras pas ce qui est arrivé, commença Lily d'un air soucieux.

-Potter », soupira l'adolescent au teint pâle.

Il n'était peut-être pas au meilleur de sa concentration, mais un enfant de trois ans aurait découvert de qui parlerait la jeune rousse. Satisfaite qu'il la discerne si facilement, Lily s'accrocha à son bras et vida son sac à plaintes sur lui. Son orgueil gonflé, ses manières bourrues, son impolitesse déplacée, Severus apprit tous les défauts de James Potter. D'une oreille distraite, l'adolescent suivait la rouquine lui raconter la fête qu'il avait osé organiser et l'histoire des félins colorés.

« Ça explique ce chat violet que j'ai croisé l'autre fois, constata négligemment Severus, en se grattant les yeux.

-Est-ce que ça va, Sev'? s'inquiéta Lily, tu as l'air drôlement fatigué »

Reprenant ses airs hargneux, Severus glaça ses traits et répondit froidement :

« Oui, je manque juste un peu de sommeil. »

Lily hocha la tête en plissant les yeux comme si cela pouvait l'aider à déceler la vérité chez Severus. Le jeune homme aux cheveux noirs ne se soucia pas réellement qu'elle puisse deviner ses secrets. La rouquine n'avait jamais été douée à cela. Abandonnant la partie, la jeune rousse baissa le regard et voulut reprendre le court de ses plaintes, mais Severus l'arrêta.

« Si tu hais tant Potter, alors pourquoi est-ce que tu n'arrêtes pas de m'en parler? », s'irrita-t-il.

Son ton dur bouscula Lily. Elle le regarda bouche bée.

« Enfin…hum…je….c'est qu'il m'énerve, bafouilla-t-elle.

-Très convaincant », cracha Severus, les traits révulsés.

Il ne supportait nullement que quelqu'un d'autre puisse s'accaparer l'attention de sa Lily ainisi.

« Si tu ne veux pas que je te raconte ce qui se passe dans ma vie, tu n'as qu'à me le dire et je vais me taire! se défendit la rouquine en haussant le volume furieusement.

-C'est juste que je ne comprends pas pourquoi tu t'acharnes à jouer au tennis avec lui. Il y a d'autres personnes qui jouent, non?

-Si ça peut te rassurer, mes parents m'ont interdit de le voir autrement que pour le tennis.

-Parce que tu aurais voulu faire plus avec lui? se scandalisa Severus d'un air dédaigneux.

-Bien sûr que non! » s'offusqua Lily.

Les traits de Severus se détendirent et la lueur bilieuse de ses yeux s'apaisa. Il apprécia l'idée que James était plus détesté qu'il ne l'était par les parents de la rouquine. Même si Élizabeth Evans n'aimait pas particulièrement la relation qu'il entretenait avec Lily, jamais elle n'avait été jusqu'à l'interdire. Connaissant l'habituel assujettissement de son amie pour les règles, il se doutait bien qu'elle n'oserait pas les transgresser. Cette nouvelle le rassura malgré lui.

Redevenu de bonne humeur, Severus lança à Lily un large sourire. Son expression trop carnassière n'apaisa pas la rouquine comme à son habitude.