7_ « Avec plaisir, mon aimé. »

Les deux couples se retrouvèrent dans la salle suivante après avoir longuement marché le long de couloirs infinis. Engineer interrogea du regard son collègue BLU lorsqu'il vit derrière lui le tireur d'élite boiter.

-Oh ! Une mauvaise chute, mon ami, pas de quoi en faire un plat ! menti l'espion.

Sniper détourna les yeux et ils se mirent à explorer la vaste salle. Encore une fois il s'agissait d'un casse-tête comprenant une boule lumineuse et des boutons au sol. L'homme aux bandages commença à emmètre quelques stratégies mais l'ingénieur l'arrêta et lui dit de lever la tête.

-Un observatoire ! Enfin ! s'écria le grand homme en bleu.

-On va grimper par-là, les garçons !

-Faudrait atterrir sur la passerelle là-haut, c'est loin mais j'pense p'voir vous y mett' un téléporteur, fit Sniper.

-Portail, rectifia l'homme au casque.

-Bah !

Le tireur dégaina le Portal gun que leur avait lancé l'ingénieur auparavant et visa longuement. Il ralentit sa respiration doucement, la bloqua et, quelques secondes plus tard, un sifflement et une lumière orange au plafond leur indiqua qu'il avait posé le premier portail.

-Joli tir, mon ami ! le félicita le Français.

-Bien joué, petit ! le complimenta l'autre BLU.

-Mhh fffhhm ! applaudit Pyro.

L'autre leur envoya un sourire et ouvrit leur entrée dans le mur en face d'eux. Spy regarda par le trou :

-Ça m'a l'air haut quand même, non ?

-Fait pas ta pleureuse, on peut pas faire autr'ment t'façon ! ronchonna le tireur d'élite.

L'homme poli roula des yeux et passa dans l'ouverture lumineuse. « BANG ! » fit son corps en tombant sur le métal froid. Un gémissement leur parvint puis le mécano le vit se relever à travers le passage. L'ingénieur fit alors signe au pyromane de s'approcher. Il se positionna derrière lui, le ceintura de ses bras et traversa le portail, redoutant le choque. En effet, encore épuisé des dernier évènement, il tomba sur le dos contre le métal et se fit mal, mais au moins, le pyromane ne serait pas plus blessé qu'il ne l'était déjà. Spy vint les relever et rattrapa le dernier membre de l'équipe qui passa à travers le trou formé au plafond.

-Pas d'mal ? demanda le dernier à arriver.

-Hm un peu… fit Engineer en se massant le dos.

L'incendiaire se pendit à son cou pour le câliné.

-On dirait que ça marche plutôt bien vous deux non ? taquina l'espion.

-Ahh ta gueule… répliqua l'homme casqué en caressant le dos du petit RED.

-Bon on entre là-d'dans ? suggéra l'Australien pour changer de sujet.

Tous acquiescèrent et entrèrent dans la cabine. Il y avait des ordinateurs éteints et des dossiers éparpillés sur le bureau. Ils examinèrent les documents sans trouver réponse à leurs questions. Il s'agissait d'informations sur d'autres cobayes de ce groupe de recherche nommé Aperture mais rien n'indiquait pourquoi ils avaient été choisi eux, ni dans quel but.

-Toute façon, tout c'qui compte pour l'instant c'est sortir d'ici ! se renfrogna Sniper

-Mmhfgrr gfmhggrm frrrefg mdhhuud ?

-Si, j'aimerai bien savoir, mais j'rest'rai pas ici plus longtemps !

-Il n'a pas tort, nous ferions mieux de trouver un moyen de sortir de là ! Au Diable les questions il en va de notre sécurité ! déclara le Français.

-Yep, mais on aurait besoin… hm… T'saurais pirater cet engin ? demanda le mécano en désignant l'un des ordinateur.

-Possible, essayons, veux-tu ?

Tous les deux allumèrent la machine et fouillèrent de multiples fichiers craqués par le saboteur professionnel. Pendant ce temps, les deux REDs fouinèrent dans les tiroirs et casiers présents dans la pièce. Sniper trouva dans l'un des casiers un superbe Beretta 92 au corps étincelant. Il était chargé et on lui accorda la garde de l'arme. Après tout, c'était le meilleur tireur du groupe.
Enfin, l'espion réussit à trouver un plan du bâtiment, où tout du moins, un morceau. Il l'étudia un moment avec le mécano pendant que l'Australien se familiarisait à la crosse de sa nouvelle arme. Pyro, lui, faisait des avions en papier.

-Y a un conduit d'aération juste en face, les garçons ! informa Engineer.

-Et ? fit Sniper

-On va passer par là ! Ça pas l'air trop compliquer !

-J'avoue ne pas voir la sortie… s'inquiéta le Français.

-J'en vois pas non plus mais l'un d'ces conduits s'colle à l'un des murs donnant sur l'extérieur ! Il suffit de l'faire exploser !

-Et où t'as vu un Demoman ici ? rétorqua l'homme aux lunettes.

-Pas b'soin de Demoman pour ça, petit, suffit juste des quelques bouteilles de gaz stockées de l'autre côté d'la passerelle ! J'ai vu ça sur l'plan. Y'aura qu'à les faire exploser en un tir !

-As-tu calculé tout ça en quelques secondes ?! s'exclama Spy.

L'autre haussa les épaules et ouvrit la marche, fier de lui. Les deux grands hommes se regardèrent, désorienté et le suivirent, accompagné du pyromane et de son cube. Ils traversèrent ensemble la passerelle sur laquelle ils avaient atterrit auparavant et entrèrent dans un nouveau local.
Comme prévu, ils trouvèrent des bouteilles de gaz stockées dans une grande salle cachée derrière une bibliothèque renversée. Chacun d'entre eux, à part le pyromane, avait récupéré une lourde bouteille blanche qu'ils avaient amené en dessous d'une grille dans la pièce d'à côté. Il s'agissait là de l'entrée d'une bouche d'aération. Celle par laquelle ils devaient passer pour s'enfuir à jamais de ce lieu mortel.
Grâce à son couteau, l'espion parvint à dévisser la grille qui barrait le passage en montant sur le cube. Il la posa un peu plus loin par terre et regarda à l'intérieur :

-C'est plutôt sombre là-dedans !

-Y a pas grand-chose à r'garder non plus de toute façon ! Au pire, on a un briquet avec nous si t'as peur du noir ! plaisanta Engineer.

Celui-ci jeta un coup d'œil à l'incendiaire qui leva la tête et fit un bond.

-Oui, Pyro, on va avoir b'soin d'feu pour éclairer le ch'min ! lui sourit-il.

-De plus, Pyro est le plus petit, autant qu'il passe devant. Je me mettrai derrière, en cas de problème. Je suis le plus fin et le plus agile d'entre vous, je pourrais agir vite s'il le faut.

-C'est une idée, ouais, mon pote, approuva l'Australien.

Ils aidèrent donc l'incendiaire à passer le premier dans le conduit et le suivirent avec les bouteilles de gaz, guidés par la petite flamme vacillante du briquet. Le tunnel était étroit, l'ingénieur passait tout juste la largeur de ses épaules. Ils firent plusieurs pauses de quelques minutes voyager à quatre pattes dans la gorge de métal était plus difficile qu'ils ne l'auraient pensé. Heureusement cela n'empêchait pas les BLUs de se rappeler le chemin à prendre.
Ils tournèrent à droite, puis à gauche et encore à droite, firent une boucle et prirent le chemin à leur gauche. Le labyrinthe n'en finissait plus.

-Vous êtes sûr d'vous rappeler où c'est ? s'inquiéta le tireur d'élite.

-Yep…

-Bloody que c'est long !

-Il n'y avait pas un carrefour à un moment sur notre chemin, Engineer ? demanda Spy.

-Si pourquoi ? questionna l'autre.

-Nous pourrions nous arrêter un peu plus longtemps, non ?

-Oui mais…

-J'ai mal au dos et je ne pense pas être le seul, qu'en pensez-vous, vous autres ? le coupa l'espion.

Les deux REDs acquiescèrent d'un geste de la tête et ils s'arrêtèrent au croisement quelques mètres plus loin. Ils rassemblèrent toutes les bouteilles de gaz au milieu et chacun prit place à l'entrée de chaque passage. Le groupe resta silencieux un moment, jusqu'à ce que le Français daigne parler :

-Mes amis, je dois vous avouer quelque chose…

-Quoi donc ? fit le mécano plutôt curieux.

-Je pense… demander à être muté en rentrant…

-Quoi ?! s'exclama l'homme aux lunettes.

-Pour tout vous dire… Je vous aime bien, toi et le pyromane et je pense que… Enfin, ça me ferait mal de vous tuer au combat.

-Je vois, soupira l'ingénieur, j'comprends tout à fait ta décision… s'tout quand on voit à quel point l'Snip boite !

-Il éclata de rire et l'espion ne put s'empêcher de sourire en secouant la tête :

-Je m'suis fait mal à la jambe c'tout ! menti le concerné.

-On m'la fait pas, à moi, j'sais r'connaitre ces chose-là, répondit le Texan avec un clin d'œil.

-Bloody… P'tit génie d'mon cul ouais…

-MMhf ! rrffgmhr mmhuund mefe !

Sniper tourna la tête vers le BLU trapu avec de grands yeux.

-Quoi ? demanda l'homme au casque.

-Tu l'as… Enfin vous avez…

-Hein ?! Pas du tout je…

-Allons, allons, mes amis, pas d'histoire, il ne sert à rien de nous mentir ! Nous savons tous très bien qu'ici sont présent deux couples qui sont passé aux choses sérieuses lors de notre séparation ! fit Spy avec un sourire narquois.

-Y a vraiment qu'toi qui t'en vente ! cracha Sniper.

-Et puis je n'ai… Je ne … Pyro … je… pas…

Engineer ne parvenait qu'à bafouiller et il tourna son regard vers Pyro. Celui-ci le regardait, tête penchée. Il baissa alors les yeux et avoua :

-Ouais, ouais…Y s'est passé que'que chose entre nous et j'pense moi aussi d'mander à êt' muter, où tout simplement arrêter… J'suis capable de bien d'chose -après tout…

-Teuh…

-Tu as raison, mon ami, lui dit l'espion, d'autant plus que je vois mal Pyro changer d'emploi… Et toi Sniper arrête de faire cette tête, je te signale qu'à présent tu es à moi tout comme Pyro est à Engineer !

-Comment ça à toi ?! s'indigna l'Australien.

-Il est évident que je te domine voyons, mon chou !

-Tah !

Sniper préféra se taire et ignorer les rires des trois autres.

-Et toi, Pyro, es-tu à Engineer ? En es-tu conscient de ça ?

-Uh-huh ! répondit-il en secouant vivement la tête de haut en bas.

-En vl'à un qu'est pas mécontent ! plaisanta le mécano.

-Ah ça va hein ! Lâchez-moi avec ça ! s'énerva l'Australien.

-Ton tour viendra, ne t'en fais pas, le rassura le Français avec un sourire des plus charmeur.

Le grand RED frissonna et détourna la tête, gêné par ses propres sentiments envers l'homme en bleu. Engineer, quant à lui, ouvrit son bras vers le démarreur de feu qui n'attendait qu'un signal pour se blottir contre lui. La petite masse orange s'endormir vite au creux des bras du BLU et aucun d'entre eux n'osèrent le réveillé. Après tout, il avait été blessé, balloté et… plus encore. Ils pouvaient le pardonner.

Les trois hommes avaient parlé de leur reconversion et de leur avenir durant le sommeil du pyromane et ne s'étaient arrêtés que lorsqu'il se réveilla. Ils reprirent alors leur route, suivant les instructions de l'ingénieur dont le plan était resté en mémoire.
Après une heure à ramper, les quatre prisonniers s'arrêtèrent. Le génie frappa contre les parois métallique jusqu'à ce qu'il atteigne un endroit où le son était plus sourd.

-C'est là, les garçons !

Sous la lumière du Pyro, il installa les bouteilles de gaz que lui passait ses coéquipiers contre le mur et ils reculèrent jusqu'à être caché dans un angle. L'étroit couloir n'était pas bien long et l'explosion pourrait facilement les toucher s'ils tiraient directement sur les capsules blanches. Cependant, Sniper eut une idée :

-J'vais l'faire ! dit-il en sortant l'arme à feu.

-Quoi ? Comptes-tu te suicider ?! s'exclama l'espion choqué.

-Non, j'suis pas kamikaze moi, j'suis Sniper !

-Mais si tu dois tirer là-dessus, il faut que tu t'approches et…

-T'en fais pas, Lady, j'sais gérer ça ! le railla-t-il.

Il l'embrassa sur la joue et fit signe aux BLUs de se reculer le plus loin possible. Il passa sa tête derrière le coin et observa un instant les parois et sa cible, éclairé par le Zippo de son compagnon. Lorsqu'il se retourna pour voir si les deux autres étaient bien reculés, il vit Spy, penché en avant, l'air terriblement inquiet. Il lui sourit et le rassura :

-V'savez, avant, j'faisais du golf !

-Mais je m'en fous totalement de ton golf ! Qu'est-ce que tu vas faire, nom d'un chien !? s'énerva le Français.

-J'voulais juste dire, qu'c'est comme le mini-golf.

-Pardon ?

Il se mit en position après encore quelques minutes d'analyse du terrain. Il marmonna quelque chose au pyromane qui partit alors rejoindre les deux hommes en bleu. Le petit RED vint se blottir contre le torse chaud et large, serrant dans sa main son briquet fermé. Engineer l'enserra de ses bras, perdu dans ce noir complet. Comment le tireur d'élite allait-il faire ? Il était derrière l'angle et dans le noir complet. Le mécano compris bien avant l'espion qui mordillait toujours sa lèvre inferieur. Il ne voyait plus son amant, il ne l'entendait même plus. « Mon Dieu mais que fait-il ?! ».
La détonation du Beretta 92 retentit. Spy comprit enfin lorsqu'il entendit la balle ricocher plusieurs fois contre les parois jusqu'à atteindre les bouteilles de gaz. Celles-ci explosèrent dans un bruit assourdissant. Un blaste vint parasiter l'audition des quatre cobayes et ils n'entendirent pas le métal se froisser et se plier. Ils se sentirent glisser un à un en avant et d'un coup une grande lumière les aveugla.

Spy releva la tête. Il vit l'ingénieur à terre qui tenait fermement Pyro contre lui. Le jeune homme en combinaison orange se cramponnant encore à lui. Il remarqua également que le Texan souriait sans savoir quoi dire, les yeux grands ouverts vers le plafond. Mais quand l'espion releva la tête, il ne vit que le ciel tinté d'un magnifique bleu azure. Il se retourna et vit une main se tendre vers lui la main du Sniper.

-J'nous ai tirés de là, j'ai ma récompense ? lui dit-il avec un clin d'œil.

Il lui sourit et s'approcha au plus près de lui :

-Avec plaisir, mon aimé.

FIN