Disclaimer :
Death Note © Tsugumi Ōba et Takeshi Obata.
An Ace up my Sleeve et les personnages extérieurs à Death Note © Wisty
Cette traduction © moi

Bonne lecture!


Interrogated once again Nouvelle interrogation

Alice enleva la serviette qui lui couvrait la tête. Ses cheveux étaient encore humides après sa douche, mais elle les laisserait sécher naturellement. Il se faisait tard et elle se sentait complètement usée après une journée entière de jeux à l'extérieur avec les enfants. Ils avaient tous déjà diné et s'étaient retirés dans leur chambres, probablement pour étudier leurs cours du lendemain. Leur pause se terminait, et Alice devrait trouver une autre manière de passer le temps. Du moins jusqu'à ce qu'ils finissent leurs cours.

Watari lui avait proposé de suivre des cours elle aussi, mais elle savait qu'elle ne pouvait les égaler en aucune manière. Elle considérait son diplôme du secondaire comme largement suffisant pour elle. Quelque chose de plus lui ferait exploser le crâne. De plus, en trainant avec les enfants depuis aussi longtemps, elle apprenait de nouvelles choses. Pour elle, il n'y avait pas besoin de suivre des leçons si elle apprenait déjà des enfants.

Alors qu'elle enfilait son pyjama, quelqu'un frappa à sa porte. Elle alla l'ouvrir pour savoir qui voulait lui parler. A sa grande surprise, c'était L qui se trouvait de l'autre côté de la porte dans ses jeans et t-shirt blanc habituels. Alice commençait à se demander si c'était tout ce qu'il possédait.

Elle n'était pas la seule à juger l'apparence. L observait aussi son choix de vêtements avec attention. Il sut tout de suite qu'il s'agissait d'un pyjama, mais comme précédemment dans la journée, elle portait un short en coton et un débardeur. Il en conclut qu'elle n'avait pas peur de se montrer.

- L ? dit Alice, rappelant L à son objectif initial.

- Pardon de vous déranger, Miss Alice, mais j'aimerais continuer notre conversation de l'autre soir.

- Oh oui, sans problème. Alice mit une mèche de cheveu trempée derrière son oreille.
Au fait, tu n'as pas besoin d'utiliser « Miss » devant mon prénom… et tu peux aussi arrêter de me vouvoyer (1). J'ai essayé d'arrêter Watari, mais je pense qu'il ne peut pas, c'est dans sa nature…

- D'accord. Alice donc. Viens avec moi s'il te plait. L voulait reprendre l'interrogatoire le plus vite possible, ce qui surprit Alice.

L s'éloigna de sa porte et se dirigea vers la pièce dans laquelle ils avaient déjà parlé auparavant. Alice retourna très vite dans sa chambre pour prendre les draps de son lit. Elle le suivit ensuite dans le hall. Le temps qu'elle le rattrape, il était déjà dans la pièce et s'asseyait sur le canapé. Une théière et deux tasses se trouvaient sur la table, une pleine de thé vert et l'autre vide. La tasse remplie se trouvait devant la place qu'Alice avait occupée la dernière fois qu'ils avaient parlé.

L rapprocha la tasse vide et se servit du thé. Il y avait un bol de sucres juste à côté, et il ne fallut pas longtemps à L pour les prendre et les mettre dans son thé. Alice commença légèrement à s'inquiéter au 15eme sucre. Elle était déjà surprise par la quantité de chocolat que Mello pouvait ingurgiter en un jour, mais L mangeait beaucoup plus de sucre. C'était quasiment incroyable de voir tout ce qu'il pouvait fourrer dans son estomac sans prendre un poil de graisse.

- Assieds-toi s'il te plait, demanda L poliment.

A la place de s'asseoir sur la chaise à gauche du canapé, Alice se laissa tomber sur l'autre côté de celui-ci. Depuis que L était arrivé à l'orphelinat, Alice profitait de chaque moment qu'elle avait pour apprendre à mieux le connaitre. Elle avait utilisé la même méthode « claustrophobe » avec les autres enfants, et L allait devoir s'habituer à la voir tout le temps près de lui.

Il remarqua son changement de siège, mais n'y pensa pas trop. De toutes les observations qu'il avait faites d'elle, il semblait qu'elle ne croyait pas en l'espace personnel. Aussi innocent et frais que cela puisse être, L devait conserver son passé et son présent aussi secrets que possible, et spécialement en présence de la fille d'une famille très connue dans la politique.

- Alors, qu'est-ce-que tu vas me demander cette fois ? demanda-t-elle en rapprochant sa tasse de thé de son nez pour en sentir la délicieuse odeur. Elle avait posé son drap sur ses genoux, créant ainsi un environnement chaleureux qui la satisfaisait pleinement. Même si beaucoup de personnes ne le croyaient pas, une des choses qu'Alice préférait faire était de simplement se relaxer dans une pièce agréable et chaude, avec peut-être un livre ou un puzzle. Elle aimait les choses simples, même si elle avait grandi dans un environnement qui était tout sauf simple.

- La dernière fois que nous avons parlé, nous avons évoqué ta relation avec tes parents, ainsi que l'issue de celle-ci. J'aimerais passer à toi maintenant.

- Je ne peux pas te garantir que je saurai répondre, mais continue. Alice sourit, imitant la phrase de L de la fois précédente. Il l'ignora et entra directement dans le sujet.

- Il y a une raison pour que Watari t'ai amenée ici.

Alice avala une gorgée de son thé et marqua une pause. Elle savait que la conversation allait forcément s'orienter vers cela, mais dans sa tête, elle n'avait pas envie de l'évoquer. C'était un sujet dont il était difficile de parler, du moins cela dépendait de la personne avec qui elle en parlait. Elle ne connaissait pas assez L, et elle ne savait pas où cette conversation allait la mener.

- Tu as mentionné à Watari que tu pouvais communiquer avec les défunts.

Alice inspira et hocha la tête. L la regarda avec attention alors que différentes émotions traversaient son visage. Elle semblait mal à l'aise à ce moment, mais L devait aborder le sujet. Ce serait à lui seul de déterminer si elle disait la vérité ou si elle était complètement folle.

- Je ne sais pas tout ce que Watari t'a dit, mais oui, je peux parler avec les esprits. J'ai un côté medium..., continua-t-elle en voyant que le visage de L ne trahissait absolument aucune émotion à propos de ce qu'elle disait. En général, c'était à ce moment que les gens la regardaient comme si elle était folle, mais L gardait un visage neutre. C'était un point positif pour Alice, mais elle pouvait encore dire qu'il ne la croyait pas complètement. Aucun vrai détective avec un minimum d'intelligence ne la croirait, à moins d'avoir une preuve. Elle n'avait malheureusement aucune preuve à lui donner, seulement ses paroles.

- J'aimerais que tu m'expliques comment cette habilité est apparue, dit-il en reprenant une gorgée de son thé. Il grimaça et ajouta plus de sucre.

- Tu ne penses pas que je suis folle ? s'étonna Alice. La plupart du temps, les gens arrivaient à cette conclusion, et elle pensait donc naturellement que L réagirait aussi comme cela.

- « Folle » a plusieurs significations, Alice. Ta personnalité serait considérée comme déjantée par un large pourcentage de la population, mais la vraie question ici devrait plutôt être de savoir si tu es mentalement stable ou non. J'ai vécu beaucoup de choses dans ma vie, donc qui dit que voir des esprits est forcément impossible ? Le cerveau est un organe très complexe, et beaucoup de ses capacités restent encore des mystères. Pour le moment, je vais juste écouter ce que tu as à dire et je viendrai à une conclusion quand j'aurai pesé tous les faits et les indices. Continue, s'il-te-plait.

Alice était sans voix. Même si L ne montrait aucun signe extérieur de son opinion à ce sujet, Alice pouvait l'entendre dans sa voix. Il allait réellement lui donner le bénéfice du doute. Oubliant ses derniers mots, Alice commença son explication.

- Hé bien, je ne pourrais pas vraiment te dire si ça s'est vraiment développé, puisque je vois des morts depuis que je suis toute petite. Cette habilité a toujours embarrassé mes parents. C'est pour ça que peu de personnes savent que j'existe, si tu te posais des questions sur cette partie.

L hocha la tête lentement pour montrer qu'il lui accordait de l'attention. Il se demandait pourquoi elle n'était pas apparue dans sa base de données aussi souvent qu'il pensait qu'elle le ferait, mais maintenant il savait pourquoi. La famille était probablement tombée de haut quand elle leur avait appris qu'elle pouvait voir des esprits. Aucune famille de politiciens aussi importante ne serait respectée s'ils avaient une fille qui parlait au vide.

- Et comment communiques-tu avec les esprits ?

- Hé bien, c'est le problème ils viennent à moi à l'improviste. Ce n'est pas quelque chose que je contrôle vraiment.

- Tu en vois souvent ?

Alice dut réfléchir un moment à la question. Il lui semblait que cela dépendait des moments. Des mois pouvaient parfois passer sans que des esprits interagissent avec elle, et parfois il pouvait en apparaitre un toutes les heures.

- Je suppose que ça dépend des moments. Les revenants viennent et partent en suivant leurs propres horaires.

- Intéressant…, marmonna L avant de prendre une autre gorgée de sa tasse remplie de sucre. Alice ne pouvait même plus voir le thé. Il ressemblait davantage à du sucre liquide, ce qui lui donna des frissons. Elle aimait le sucre, mais pas plus que ce que son estomac pouvait en supporter.

Après avoir avalé son sucre, L regarda de nouveau Alice.

- Tu as dit que tu étais médium, ce qui ne désigne pas seulement l'habilité de quelqu'un de voir les morts. « Medium » est un terme utilisé pour un spectre d'habilités bien plus large utilisées par l'esprit. Es-tu en train de me dire que tu as d'autres capacités que celle de voir les revenants ?

- Wow, tu comprends vite, s'exclama Alice avec admiration. Elle était étonnée de voir à quel point il l'écoutait bien. Elle-même n'avait pas réalisé qu'elle utilisait ce terme pour se décrire.

- Evidemment. Je ne serais pas reconnu comme le plus grand détective du monde si je ne pouvais pas relever une phrase aussi simple que ça.

- Oh, je vois que tu es aussi modeste. Tu es plein de surprises, n'est-ce pas ?

- Réponds juste à la question, Alice. Ce serait bénéfique pour toi si tu coopérais avec celui qui te donne le bénéfice du doute.

- Je rigolais, répondit simplement Alice pour sa défense. L n'eut aucune réaction à cela. Il était trop absorbé dans la conversation pour se soucier de savoir si elle plaisantait ou non.

- Tu as raison, j'ai d'autres habilités, dit Alice en soupirant. Je peux « sentir des choses ». C'est la meilleure expression que je puisse utiliser.

- Donne-moi un exemple.

- Ok. Si tu me donnais une chemise de quelqu'un que je ne connais pas, je pourrais probablement avoir des idées de ce que cette personne a vécu ou a fait. Des trucs du genre. Alice essayait tant bien que mal d'expliquer la situation. C'était compliqué, mais c'était le seul exemple auquel elle pouvait penser.

- Contrôles-tu cette capacité ou est-ce aussi imprévisible que les apparitions d'esprits ?

- Je pense que je peux le contrôler, mais il y a des moments où ça vient de nulle part.

L baissa le regard vers sa tasse vide. Il devait examiner tout ce qu'Alice lui disait avec attention. Il avait déjà parlé à des médiums auparavant, mais il n'en n'avait jamais pensé grand-chose. En général, il apparaissait qu'ils avaient juste des hallucinations. Alice avait beau être très charismatique, elle n'avait pas l'air d'avoir d'handicap. Et elle disait la vérité, pour ce que L avait entendu jusque-là. Il n'y avait pas de fluctuation dans sa voix et ses yeux étaient fixés sur lui. Ils n'étaient pas fuyants comme ils l'auraient été si elle avait menti.

- Très bien, Alice. Je pense que la prochaine étape devrait être l'expérience, déclara-t-il en reposant sa tasse vide sur la table.

- Comme celle que Watari m'a fait passer le premier jour ? demanda Alice, en repensant à sa première interrogation avec Watari. Il le lui avait fait passer avant d'avoir l'occasion de venir à la Wammy House. Dans ce test, il lui avait donné une photo d'un homme qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Sur base de cette image, elle avait du écrire tout ce qui lui venait à l'esprit à son sujet. A la fin, Watari avait été impressionné par ce qu'elle avait déduit de la photo.

- Oui, juste comme ce dernier test. Mais seulement, cette fois, je vais te donner la photo moi-même.

- Ok, répondit Alice, déterminée à prouver à L qu'elle disait la vérité. Tout ce qu'elle avait à faire était d'espérer qu'elle puisse tirer quelque chose de la photo. C'était la seule façon pour qu'il la croie.

L prit un dossier derrière lui et le plaça sur la table basse à côté de la théière. Il l'ouvrit en le tenant comme s'il contenait quelque maladie, en sortit une grande photo avec deux doigts et la donna à Alice. Elle prit lentement la photo et la retourna sous tous les anglespour en avoir une bonne vue d'ensemble. Pendant qu'elle regardait l'image, L attrapa un petit bloc-notes qu'il fit glisser sur la table avec un stylo, vers Alice.

- Qui est cet homme ? demanda-t-elle en regardant la photo sur laquelle se tenait un jeune homme avec des cheveux noirs en épis et des piercings partout sur les lèvres et les oreilles. Il ressemblait à un délinquant moyen avec des restes d'acné sur le visage.

- Tu as besoin d'un nom ? demanda L, qui regardait Alice avec attention pour observer sa technique. Elle devint pâle pendant une seconde et retint son souffle. Elle ne pensait même pas à essayer de se concentrer sur un nom. La dernière fois qu'elle avait fait ce genre de test, Watari avait été assez gentil pour lui donner le nom et l'âge de la personne photographiée. Juste à ce moment précis, Alice commença à s'inquiéter.

- Hé bien, je… je pourrais essayer de trouver un nom…, bredouilla-t-elle en essayant de se concentrer davantage.

- Alice, je n'ai pas d'attentes spécifiques de la part de tes facultés, donc si tu as besoin d'informations supplémentaires pour t'aider à booster cette capacité, n'hésite pas m'en demander, dit L en espérant ainsi calmer Alice. Il pouvait voir qu'elle paniquait un peu, et ce n'était pas ce qu'il voulait qu'elle fasse.

- Oh, merci. Elle soupira de soulagement. Les noms lui étaient toujours utiles quand elle devait se concentrer. Sans un nom, en général, rien ne lui venait.

- L'homme sur la photo se nomme Louis Starks, annonça L. Alice, heureuse d'avoir enfin un nom, hocha la tête et recommença à regarder la photo attentivement.

L se tu en l'observant prendre le petit bloc-notes sur le table sans quitter la photo des yeux. Elle était très focalisée sur l'image et ne cligna pas une fois des yeux en se concentrant. Après quelques minutes, elle se mit à écrire. Il l'observa tranquillement griffonner une ou deux choses à quelques minutes d'intervalle seulement. Elle était très régulière dans sa prise de notes. Elle regardait la photo quelques secondes, et après notait quelque chose. A un moment, sa main couru le long du papier plastifié, ce que L nota mentalement. Après 10 minutes, elle annonça qu'elle avait fini.

- C'est tout ce que je peux en tirer pour le moment

- Tu es sûre ?

- Oui, j'en suis sûre, déclara-t-elle, se sentant beaucoup plus confiante maintenant qu'elle avait terminé. L nota également cette prise de confiance.

- Alors explique-moi ce que tu as trouvé, dit-il. Alice hocha la tête et rendit la photo à L qui la posa sur la table, face vers le haut, pour qu'ils puisent tous les deux la voir de là où ils étaient assis. Elle prit le bloc-notes et le remit à la première page pour commencer du début.

- Très bien. Les premières choses que j'ai écrites sont un chiffre et une lettre, commença-t-elle. J'ai écrit « 2B ».

- Qu'est ce que ça veut dire ? demanda L. Un léger rire s'échappa des lèvres d'Alice, mais elle recommença très vite à froncer les sourcils.

- Je ne sais pas vraiment. Parfois, je reçois ces messages sans explications.

Elle releva la tête vers L qui avait posé son pouce légèrement sur sa lèvre, comme d'habitude. Elle savait que ça voulait dire qu'il réfléchissait de façon critique.

- Bon, as-tu écrit quelque chose d'autre ?

- Oh, oui, répondit-elle en relevant la deuxième page de ses notes. Elle porta la main à sa gorge, toussa un peu et fronça encore davantage les sourcils.

- Quand je regardais la photo, j'ai commencé à avoir mal à la gorge et j'ai eu plus de difficulté pour respirer. C'est là que j'ai découvert qu'il était fumeur.

L écarquilla les yeux, mais resta calme. Il voulait entendre plus de ce qu'elle avait à dire. Elle lui jeta un coup d'œil mais son regard se redirigea très vite vers ses notes.
- J'ai aussi eu mal au bras gauche, continua-t-elle en touchant son avant-bras droit. Comme si des aiguilles me piquaient, en fait. Je pense donc que c'est un drogué.

Alice changea de page et son front se plissa à nouveau.

J'ai fait un dessin ici. Elle mit la feuille devant L, qui remarqua tout de suite son dessin. Il était mal dessiné – ce qui l'amena à la conclusion qu'elle n'avait aucune habilité artistique que ce soit – mais l'image en elle-même le surprit. C'était le visage d'un homme barbu avec des cheveux hirsutes.

- Pourquoi as-tu dessiné ça ?

- Parce que je ne pense pas que la photo que tu m'as donnée soit bonne.
Cela intrigua encore plus L

- Tu penses que je t'ai donné la mauvaise personne ?

- Non. Je pense juste que c'est une photo de lui plus jeune. Ce dessin, c'est ce à quoi je pense qu'il ressemble maintenant, répondit-elle, en prenant la photo et en la pointant du doigt.

- Intéressant. Il y a-t-il encore autre chose ?

Alice approuva et passa à la page suivante.

- J'ai écrit les mots « peur » et « moucharder »… mais je ne pourrais pas vraiment te dire s'il a mouchardé quelqu'un parce qu'il avait peur, ou s'il a fait chanter une personne en utilisant la peur pour que cette personne ne moucharde pas…

L la regarda attentivement s'efforcer de mettre les mots ensemble. Elle commençait à se frustrer de ne pas être capable de donner des réponses concrètes.

- La dernière chose que j'ai écrite. Le prénom « Joey », et j'ai eu la sensation que c'était une personne très importante, termina-t-elle en fermant le calepin.

- Est-ce que ce Joey a un nom de famille ?

- Désolée, je n'ai pas trouvé de nom de famille, soupira-t-elle, l'air encore plus déçue. Elle reposa le bloc-notes à côté de la photo et releva la tête vers L, dans l'espoir d'avoir quand même donné quelques bonnes réponses. Celui dernier vit directement l'espoir dans ses yeux. Il pouvait voir qu'elle voulait qu'il la croie et non qu'il la pense folle.

- C'est très bien Alice, je suis déjà vraiment très impressionné de ce que tu as réussi à trouver.

Le visage d'Alice s'éclaira comme des étoiles dans un ciel nocturne.

- Vraiment ?! J'ai bon ?

- J'ai juste une dernière question, continua L en gardant le contact visuel avec Alice. Elle hocha la tête pour approuver.
- Quand tu as parlé de l'usage de drogues de Louis, tu n'as pas fait référence à lui au passé, ce qui veut dire que tu penses qu'il est encore en vie. Est-ce correct ?

Alice resta silencieuse pendant quelques secondes, tentant de se remémorer ce qu'elle avait ressenti en tenant la photo. Elle voulait être sûre que c'était bien ce qu'elle croyait. Après quelques temps, elle décida qu'elle était assez sûre d'elle pour répondre.

- Oui, je crois qu'il est encore en vie.

- Fascinant… Donc, même si l'individu n'est pas mort, tu peux encore sentir ces choses..., se murmura L à lui-même, bien qu'il l'ait dit assez fort pour qu'Alice entende.

Elle n'avait jamais réalisé cela auparavant, et elle s'impressionna de ce dont elle était capable.

- Très bien Alice. Maintenant, je vais te parler de cet homme, annonça L en tenant la photo devant elle. Comme tu le sais, cet homme s'appelle Louis Starks. Il est américain, est né et a été élevé à New York. Le premier numéro et la première lettre que tu as évoqué étaient 2B, est-ce bien ça ?

- Oui.

- Son appartement portait le numéro 2B, bien que je ne puisse pas clarifier que tu ais deviné son numéro d'appartement puisque tu ne savais pas ce que cela signifiait, donc malheureusement, je ne peux pas utiliser cet élément comme indice, dit L en regardant Alice qui s'était mise à froncer les sourcils. Elle se sentait au moins soulagée de savoir que la lettre et le chiffre avaient une certaine importance.

- Tu as aussi dit qu'il fumait et se droguait. C'est correct. Il était un gros fumeur dès l'âge de 17 ans et a commencé à se droguer à l'héroïne à 20 ans. De son expérience de drogué, il est également entré dans le commerce de stupéfiants. Il a fait tourner son business dans son appartement pendant environ 5 ans.

Les yeux d'Alice s'écarquillaient un peu plus à chaque seconde. Tout commençait à devenir clair et l'histoire devenait de plus en plus intéressante à chaque minute.

- L'argent qu'il gagnait de son commerce était utilisé pour des jeux d'argent. Quand il n'a plus eu d'argent, il a du aller chez un usurier, dont le nom était Joey.

- Oh ! C'est le nom que je t'ai donné ! A-t-il un nom de famille ?

L posa son pouce sur ses lèvres et sourit intérieurement. Alice devenait de plus en plus impatiente, ce qui l'amusait aussi.

- La police n'est jamais parvenue à obtenir un nom de famille.

Le visage d'Alice s'éclaira davantage.

- La dette de Louis s'est accumulée et l'usurier a utilisé des mesures plus extrêmes pour récupérer son argent. C'est ici que les mots « peur » et « moucharder » prennent tout leur sens. Mais encore une fois, tu ne semblais pas sûre de toi pour ces mots, ils ne seront donc pas non plus utilisés comme preuve.

Son visage perdit son étincelle et son front se plissa à nouveau.

- Je pense que la dernière chose que tu as faite est ce croquis de Louis avec une barbe.

Alice opina et passa à la page sur laquelle se trouvait le dessin. L mis la main dans sa poche arrière de pantalon et en sortit une autre photo. Il la donna à Alice. Elle la prit et regarda avec surprise. C'était en effet le même homme, avec une barbe et des cheveux en broussailles, comme elle l'avait dessiné.

- C'est lui !

- Tu avais raison pour l'image que je t'ai donnée. Elle a été prise durant sa vingtaine, avant qu'il se lance dans le trafic de drogues.

- Ca veut dire que j'avais raison ! Alice sourit, oubliant les autres indices qui étaient tombés à l'eau. C'était la meilleure preuve qu'elle croyait jamais avoir donné.

- Avant que tu ne t'emballes trop, je dois t'expliquer à quel point tout cela est important. Le cas que je t'ai soumis est un profil très bas. Il n'a même pas été publié aux Etats-Unis. J'ai utilisé ce cas uniquement parce qu'il n'y avait aucune chance que tu en ais entendu parler. Cependant, je ne peux pas garantir que tu n'en ais effectivement pas entendu parler puisque ta famille voyage partout dans le monde. Pour l'instant, c'était simplement un test que nous devrons poursuivre plus tard, expliqua-t-il.

- Donc ça veut dire que nous devrons faire un autre test de ce genre ?

- Correct. Je ne peux pas tirer de conclusion avec une si petite preuve. La semaine prochaine, nous devrons nous réunir ici chaque soir et faire un test similaire à celui-ci.

Alice posa la main sur son front et soupira. Elle savait qu'il en faudrait beaucoup plus pour lui prouver quelque chose, mais elle était prête à tout. Mais à ce moment précis, elle se sentait juste épuisée et légèrement déçue que ce qu'elle venait de traverser ne compterait pas forcément pour beaucoup.

L remarqua ce changement d'émotion et se sentit un peu coupable de le lui avoir fait subir.

- Si cela peut t'aider à te sentir mieux, j'ai tout de même été impressionné par ton habilité à deviner que la photo était fausse.

Alice sourit et gloussa, la main toujours sur le front.

- Merci, L.


(1) Ca, ce n'est pas dans l'original, évidemment :)

Voilà Voilà! J'espère que le chapitre vous a plu! Nous rentrons enfin dans le vif du sujet avec ce chapitre :). Next : A Smile can last forever