Pairing : Sasori x Deidara
Rating : Je dirais K +, mais bon, y a des mini-allusions, alors par précautions, mettons T.
Disclaimer : Je n'écris qu'au nom de la Lecture et ne réclame aucun droit ou revenu en dehors des reviews - car de toute façon, même si je réclamais, je n'aurais rien de plus. Naruto, son univers et ses personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Note à l'intention de mes habitués : (autrement dit : ceux qui suivent Neige et Expression Book) Le chapitre 13 de Neige est à 95% rédigé. Mon problème, c'est que je l'ai perdu. Et oui, comme chez mon père j'ai deux ordis, chez mes grands-parents un, chez ma mère deux autres (donc pas un seul à moi, évidemment ... malgré les commandes au père Noël ...), il est très facile d'égarer un pauvre petit chapitre innocent et ... égaré (je savais pas quoi mettre après le 'et').
Note au sujet de cette fanfiction : Elle est pas toute jeune. Pour être franche, je l'ai écrite en décembre 2008 pour faire un cadeau à mon meilleur ami. Je l'ai retrouvée au fin fond des oubliettes de ma clé USB et je me suis dit que ça pourrait peut-être en intéresser.
Enfin bref. Bonne lecture !
~ FEEL ~
C'était au cours d'une mission comme les autres. Lente. Ennuyeuse. Mais pourtant… il ne parvenait pas à l'oublier. Cette chaleur.
- Deidara, dépêche-toi. J'ai horreur de faire tarder les missions, grinça le marionnettiste.
- Mais… Sasori-danna ! Kof !… kof !… nous ne devons être rentrés que pour dans deux jours ! Et cette fichue… kof ! ... tempête de sable nous empêche d'avancer… kof ! … convenablement !
Le plus âgé s'arrêta et examina la question. En effet, les contraintes naturelles n'étaient en rien bénéfiques, particulièrement pour Deidara qui, étant directement exposé à l'air libre, se recevait tout en pleine face.
- J'aperçois une caverne, là-bas, dans ces roches ! Elle pourrait… kof ! …nous abriter !
Oh, après tout, avec deux jours d'avance, il pouvait bien se permettre une petite « pause réparatrice ». De plus, un acolyte monopolisé par des évacuations massives de mucus pulmonaire ne lui était d'aucune utilité.
- On va dire que ça fera l'affaire.
Deidara manqua de lui faire répéter, mais craignit de le faire changer d'avis. Un sourire victorieux naquit sur ses lèvres tandis qu'il suivait à la trace l'emprunte lourde que son danna imprimait dans son sillage.
La caverne n'était pas bien grande, mais isolait néanmoins assez bien des projections répétitives de sable. Sasori se posa dans un coin et Deidara s'assit non loin de lui.
Deidara repensa à ce qui s'était passé avant qu'il parte… ce que… lui, lui avait dit.
Et surtout fait, ajouta-t-il mentalement avec un sourire sournois. Dieux que ses mains le rendaient fou… et ses lèvres… et ses…
Un bruit de ferraille le sortit de ses pensées plus qu'agréables.
Son danna se démantelait de A à Z. Estomaqué, Deidara le regarda faire. Bien sûr, il s'était douté que ce n'était pas son vrai corps… mais il n'avait jamais vraiment essayé d'imaginer ce qu'il y avait à l'intérieur.
Il entraperçut une chevelure rousse qui disparut presqu'aussitôt. Sa vue fut obstruée par le vêtement qui semblait avoir été négligemment écarté du chantier.
Lorsqu'il crut distinguer un visage juvénile, Deidara cligna des yeux. Une fois, deux fois. Non, visiblement, ce n'était pas un mirage.
Le véritable Sasori émergea de sa carapace provisoire. Malgré l'étoffe qui le recouvrait entièrement, il paraissait assez mince. En fait, il ressemblait en tout point à un adolescent.
Et pas vilain, avec tout ça.
Deidara se gifla mentalement. Sasori avait près de cinquante ans. Cinquante balais. Retouché par il-ne-voulait-savoir-quelle-technique-douteuse.
Enfin bon. Il ne vaudrait jamais Itachi, son Ta-chan…
- Deidara, tu baves, constata Sasori qui commença à dessabler sa carapace.
- Désolé.
Il y eut un silence embarrassant, seulement brisé par la tempête au-dehors. Un ange passa.
- Tu penses à Itachi ?
Le blond sursauta en entendant prononcer le nom de son amant.
- Comment le savez-vous ? demanda-t-il d'un air surpris.
- Disons que ta chambre n'a jamais été à côté de la mienne.
Ah… ses visites nocturnes avaient étés repérées. Autant pour lui. Il ferait désormais plus attention. C'était un ninja, tout de même.
- Tu l'aimes ?
Deidara commençait à trouver toutes ces questions un peu trop personnelles et pesantes, à la fin.
- Itachi ? Non. Pas lui.
Devant le sourcil interrogateur de Sasori, il continua, ses fines lèvres retroussées en un sourire carnassier :
- Son corps.
Son danna hocha la tête, dubitatif.
- J'aimerais bien connaître ça.
- De quoi ? s'enquit son acolyte.
Sasori haussa les épaules.
- Ce petit sourire en repensant à des sensations fortes. Ce regard pervers en pensant à un corps. Ressentir, tout simplement.
- Voyons, vous avez certainement déjà connu le plaisir.
Inutile d'être très futé pour savoir de quel plaisir il parlait.
- Non, répondit le marionnettiste en toute honnêteté. Je ne ressens plus rien.
- Comment ça ?
Le blond ne comprenait plus.
- C'est le prix de ma jeunesse. Un corps qui se sent vivre se sent mourir petit à petit. Un corps qui ne sent rien ne s'approche pas de la mort.
- Cette arnaque valait-elle vraiment la vie éternelle ?
- Evidemment.
- Uh. Nous n'avons pas vraiment les mêmes valeurs.
- Je crains que non.
Sasori continua de nettoyer sa marionnette en silence tandis que Deidara se livrait à nouveau à son occupation favorite : fantasmer.
Itachi dans un lit… Itachi sur un lit… Itachi à côté d'un lit… Itachi dans des douches… Itachi dans cette caverne…
Son cerveau bloqua : il venait d'avoir une idée.
- Sasori-danna, faisons un pari.
- Un pari ?
- Je parie que je peux vous faire ressentir des choses.
- Pari intéressant. Un enjeu ?
- Hm… le perdant porte le colis, fit le blond en désignant du menton le frêle individu bâillonné, ficelé dans des draps noirs, qu'ils devaient ramener à l'Akastuki – et qu'il s'était farci jusqu'à présent.
- Comme tu veux.
Deidara s'en léchait déjà les babines.
Tandis que Sasori se détournait de son engin, le blond s'approcha de lui avec un sourire mauvais.
Je me demande si j'ai bien fait d'accepter… soupira mentalement le plus âgé. Enfin bon. Je ne perds rien à essayer.
Deidara approcha son visage du sien. C'était assez tordu, quand même. Il avait quand même proposé à son danna frigide de lui faire ressentir du plaisir…
… et la perspective de la hiérarchie rendait vraiment les choses bizarres. C'était comme… comme si l'on lui demandait d'habiller Pein en lycéenne. C'était vraiment contre nature. D'autant plus que son danna avait la cinquantaine…
Et dire que c'était lui qui avait proposé ça ! Et qu'il avait accepté !
D'un autre côté, toute cette ambiguïté rendait les choses… carrément excitantes.
Décidant de mettre fin à ce monologue intérieur, il caressa du bout des lèvres celles de Sasori. Puis il les dessina doucement avec sa langue.
Le marionnettiste ne semblait en rien ébranlé par cette pratique. Un chouilla vexé, le blond décida de passer sans plus attendre à l'étape supérieure.
Sasori sursauta lorsque la langue qui jouait avec ses lèvres s'insinua entre elles, cherchant la sienne pour le faire participer à l'action.
A ce moment-là – pas avant, pas après, à ce moment précis entre tous, il ne savait pourquoi – un déclic se produisit dans le cerveau du rouquin. Enfin… pas tout à fait un déclic. Mais plutôt comme si… son cerveau avait été congelé pendant très longtemps, et était à présent en train de fondre.
Et c'était… tellement bon.
Sa langue, qui n'avait jusqu'alors jamais été sollicité pour de telles utilités, s'éveilla, encore engourdie et maladroite.
Sasori ne voulait pas s'arrêter.
Il était à présent comme un enfant affamé qui retrouvait soudainement le goût du chocolat chaud qui réchauffe les entrailles, de la vanille qui embaume le palais…
Deidara passa une main derrière sa nuque. Enfiévré par la crème brûlante qui lui tenait lieu de cerveau, il fit de même et répondit avec plus de passion au baiser.
Lorsqu'il se trouva nez-à-nez avec l'une des plus cuisantes lois de l'humanité – il faut de l'air pour respirer –, il se sépara à regret du blond céleste.
- Alors ?
Il lui avait fait de l'effet. Il le savait. Et puis, qui aurait pu lui résister ? Lui qui avait plié à ses désirs Itachi « je-ne-m'abaisse-pas-à-ce-loisir-de-bas-étage-qu'est-le-sexe » Uchiha…
Sasori fixa un point invisible au-dessus de l'épaule gauche de Deidara, impassible.
- Je crois bien que tu as gagné, avoua-t-il finalement.
- Uh ! Par ici la monnaie…
Deidara n'était qu'un gamin qui ne pensait qu'au jeu. Et c'est par jeu qu'il avait réussi à faire revivre l'enfant sensible qu'avait été Sasori. Son corps de bois avait été plus qu'ébranlé de ces sensations de plaisir – seulement en partie – sexuels. Un simple baiser. Juste un.
- Sasori-danna, vous traînez ! lança le blond avec un sourire.
Le même sourire apparut sur le visage de l'adolescent qui avait revêtu sa carapace d'acier. Il n'osait imaginer être à la place d'Itachi… il en frémissait déjà. Et puis… qui sait ? Deidara n'était jamais à court de paris…
