Coucou tout le monde !
Merci à ceux qui me lisent et à ceux qui m'ont laissé un commentaire, cela m'a fait vraiment plaisir de les lire.
Comme promis, voici le septième chapitre, beaucoup plus mouvementé que son précédent.
J'espère vraiment que vous l'aimerez:)
Bonne lecture !
Chapitre 7 : Une avancée et un déchainement
En début de soirée, Brian quitte son bureau s'étonnant que Justin ne soit pas venu le voir de l'après-midi. Il s'attendait que le blondinet vienne le trouver commençant à s'ennuyer. Il salut sa secrétaire et lui demande si elle ne saurait pas où se trouve son petit ami. Cette dernière répond par la négative mais suppose qu'il doit encore être avec l'équipe graphique.
- Sûrement, admet le brun. Je vais aller vérifier.
- D'accord Brian. Dès que tu l'auras trouvé, vas-tu partir ? Demande-t-elle ayant quelques papiers à lui donner avant qu'il ne s'en aille.
- Tout à fait. Nous allons chez moi comme ses parents ne sont pas là, déclare Brian. Pourquoi ?
- Il y a deux, trois choses que tu dois vérifier et signer. Le premier est par rapport à des achats de matériels. Le deuxième concerne le dossier Pizza Bella. Est-ce que tu veux que l'on regarde ça maintenant ou tu préfère le faire chez toi ?
- Donne-les moi. Je verrais ça ce soir et je les rapporterais demain matin.
La femme lui tend alors deux pochettes qui semblent assez bien remplis. Il les récupère et les range dans sa mallette à côté d'autres dossiers avant de saluer Cynthia et lui souhaiter une bonne soirée.
- A toi aussi, Brian. Salut Justin de ma part, dit-elle en souriant.
- J'y penserais, sourit le brun avant de tourner les talons et de se rendre aux ascenseurs.
Il retrouve Théodore qui s'apprête lui aussi à partir. Ils rentrent ensemble dans l'ascenseur et son ami lui demande s'il descend bien au rez-de-chaussée. Il est un peu surpris lorsque celui-ci lui répond qu'il se rend au quatrième mais ne fait pas de commentaire se contentant d'appuyer sur le bouton qu'il faut.
- Je suppose que ce soir, on ne te verras pas au Babylone, lance le directeur financier en regardant son patron.
- Venir pour risquer de tomber sur Michael ? Sans façon, déclare Brian en grimaçant, imaginant facilement la réaction de l'autre homme. Je le verrais bien assez tôt... Malheureusement.
- Ça, c'est sûr, accorde Théodore. C'est déjà étonnant que Debbie ou lui n'aient pas essayé de rentrer dans l'agence pour te parler.
- Tu veux plutôt dire pour m'engueuler ou pleurnicher ? Soupire le brun en bloquant l'ascenseur arrivé à son étage pour continuer un peu à discuter avec son comptable. Mais j'admets qu'il est étrange qu'aucun ne soit venu ici. Peut-être que Mélanie leur a dit ce qui s'est passé à midi et qu'ils sont en train de préparer un plan pour me prendre au piège dans un endroit où ils savent que la sécurité ne pourra pas les virer.
- C'est vrai que Mélanie a dû empêcher tout le monde de venir taper le scandale à l'agence mais par pas bonté de sa part. Elle sait très bien qu'ils risquent de finir dans une cellule s'ils viennent ici pour intrusion. Elle se doute bien que Cynthia n'hésiterait pas à appeler les flics les chercher si tu ne le fais pas, affirme l'autre homme. Elle déteste Lindsay et Michael !
- Oh oui, elle en est bien capable ! sourit Brian en pensant à la belle blonde qui est son bras droit depuis une éternité. Elle a toujours gardé mes arrières et c'est pour cela que je l'aime bien... outre qu'elle semble lire dans mes pensées devançant quasiment toujours mes demandes.
Il s'arrête un instant et laisse échapper un soupir de désespoir.
- Malheureusement, elle ne sera pas chez moi ce soir prête à appeler de l'aide si le trio m'attend devant ma porte, se plaint-il légèrement, l'idée lui traversant l'esprit.
- Alors ne rentre pas chez toi, déclare son ami avec un petit sourire.
- Et tu veux que j'aille où ? A l'hôtel peut-être ? Non, il est hors de question que je les laisse me virer de chez moi. S'ils m'attendent sur le palier, je n'hésiterais pas à appeler les flics pour les faire déguerpir, dit-il d'un ton ferme et confiant.
Théodore est heureux et un peu soulager d'entendre cela, il est désormais persuadé que le brun ne va plus se laisser marcher dessus par le groupe. Soudainement, il frôle la crise cardiaque en voyant Brian blêmir rapidement et sans raison apparente.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? Demande-t-il avec inquiétude, sa main déjà dans sa poche prêt à dégainer son portable pour appeler des secours.
- Justin, souffle le brun, la panique dans le regard.
- Justin ? Répète alors Théodore d'une voix où s'entend toute son incompréhension. Pourquoi Justin ?
- Oui, Justin. Lui et moi avions prévu de passer la soirée chez moi comme ses parents ne sont pas là, résume-t-il toujours aussi déconfit.. Or, maintenant que j'y pense il y a de forte probabilité que l'on soit une nouvelle fois dérangée et pas par n'importe qui, par Michael en plus !
- Aïe ! Ce n'est, pas cool, pas cool du tout même, acquiesce le comptable avec une grimace désolée. Au pire, propose lui d'aller au restaurant puis au cinéma, cela lui fera certainement plaisir et cela t'éviteras de tomber dans un traquenard.
- Je ne sais pas trop. Il risque de croire que je n'ai pas envie de lui montrer mon loft...
- Regarde ça avec lui, conseille-t-il amicalement. Explique lui ce qui arrive et pourquoi tu voudrais changer vos plans. Je suis sûr qu'il va comprendre. En plus, il va constater que tu fais des efforts et que tu essaye de l'impliquer dans tes décisions, cela lui prouvera que tu veux vraiment que cela fonctionne.
Le brun reste un instant silencieux, prenant le temps de réfléchir à la solution donnée par son ami. Il finit par déclarer qu'il va suivre sa recommandation. Ils discutent encore une minute ou deux avant que Brian ne quitte l'ascenseur pour essayer de retrouver son petit ami.
Il sourit en pensant à ce mot, son cœur se réchauffant. Même si tout va très vite, peut-être un peu trop pour lui qui n'a jamais eu de copain et qui ne pense à s'installer que depuis hier, il ne le regrette pas. Pour la première fois depuis longtemps, il se sent heureux, vraiment heureux, le cœur léger et l'âme en paix.
En se retrouvant au quatrième, il est surpris d'entendre un brouhaha du côté de la zone des bureaux. Se demandant ce qui est en train d'arriver, il s'empresse de faire le tour pour essayer de trouver ses employés, Justin et surtout la raison du boucan.
A sa grande surprise, tout le monde est réuni autour de l'espace de travail de Bill, soit assis sur une chaise soit debout à regarder l'écran et celui qui est en train de travailler dessus. Brian est fortement étonné de remarquer que c'est Justin qui est installé devant l'ordinateur.
Il s'approche alors discrètement pour observer ce que son blondinet est en train de faire. Certains de ses salariés l'aperçoivent et vont pour se remettre au travail lorsqu'il leur fait signe de ne pas bouger. Il ne veut pas déranger le groupe pour le moment. Ces derniers rouges d'avoir été surpris en pleine pause au lieu de travailler obéissent et restent immobiles ne désirant pas énerver encore plus leur patron.
Lorsqu'il est assez bien placé pour voir ce qui est à l'écran, Brian lève les yeux et... reste bouche bée. Justin a oeuvré sur le logo de l'entreprise et l'a entièrement remanié. Les changements qu'il a effectué permettent non seulement de mettre en valeur « Kinnetik » mais lui donne aussi vie.
Personne ne peut rester indifférent face à un tel logo tout comme personne ne peut passer devant sans le voir. Le travail attire l'oeil et hypnotise par ses couleurs vibrantes et tendances. La police, la taille et le fond choisi font que les mots « dynamique » et « énergique » viennent sans attendre résonner dans l'esprit. Il est certain pour le brun que quiconque verrait le logo, serait poussé inconsciemment de faire des recherches sur l'agence tant il est remarquable.
Inconscient de la présence de son nouveau petit ami, plongé dans son ouvrage, le blond fait encore quelques changements qui peuvent sembler bien mineur comme la augmenter la taille des lettres et renforcer certains ombrages mais qui sont en fait tout à fait remarquable. Puis, après une longue seconde d'observation, Justin heureux de sa création, estimant qu'il a terminé, la sauvegarde.
- Voilà le travail ! S'exclame-t-il joyeusement commençant à se retourner. J'espère que cela vous plait !
- Je vous l'avez bien dit qu'il a énormément de talent, déclare Bill en tournant la tête vers l'assemblée un grand sourire sur le visage.
Il ne met qu'une demie-seconde pour le perdre, remarquant immédiatement que le grand patron les observe, le visage de marbre. Devant son mal être soudain, ses collègues se retournent pour essayer de comprendre son inquiétude. Tous perdent leur sourire et leur enthousiasme en s'apercevant eux aussi de la présence de Brian.
Ce dernier ne peut pas s'empêcher de sourire intérieurement devant l'effet qu'il provoque chez ses employés. Il n'y a qu'une légère lueur de crainte dans leur regard mais surtout de la gêne et de la honte d'être pris en flagrant délit de relâchement.
A la vue de son petit-ami, Justin prend un air penaud sachant que c'est de sa faute si ses employés ne sont pas en train de travailler. Avant qu'il ne puisse s'excuser à haute voix, Billy prend la parole.
- Je m'excuse vraiment monsieur Kinney. C'est entièrement de ma faute cette situation. C'est moi qui est interpellé tout le monde pour qu'il puisse observer le travail de Justin tellement j'ai été impressionné par ses compétences, explique-t-il d'un ton légèrement nerveux prenant sans arrière pensée et en toute honnêteté ses responsabilités. Je suis prêt à assumer les conséquences.
A ses paroles, ses collègues et Justin vont pour protester et le défendre. Il n'a forcé personne à arrêter ce qu'il faisait pour venir regarder le blondinet. Ce sont eux-mêmes qui ont pris la décision de déserter leur poste et d'être rester jusqu'à maintenant à observer l'adolescent.
Mais avant que l'un d'eux n'ait le temps de prononcer la moindre syllabe, le brun perd son air froid pour laisser un sourire étrangement doux sur son visage choquant tous ses collaborateurs. Il faut dire qu'ils n'ont pas du tout l'habitude de le voir aussi calme et heureux.
- Il est vrai que je ne suis guère très content que vous ayez tous quitté vos postes surtout en sachant que nous avons quelques dossiers qui commence à être sur le feu. Cependant, je comprend tout à fait votre démarche Billy et la soutient car vous avez tout à fait raison, dit-il en se tournant vers le concerné. Il est intelligent et éclairé de votre part de partager avec vos collaborateurs tous travaux qui puissent aider l'ensemble du groupe et non, de le garder jalousement pour vous. Par conséquence, ne vous inquiétez pas, je ne vous sanctionnerais pas pour cela. Juste, évitez de le faire trop souvent.
- Merci beaucoup monsieur Kinney ! S'exclame-t-il soulagé de ne pas être plus réprimandé que cela. Ne vous inquiétez pas, je ne recommencerais plus. La prochaine fois, j'attendrais une pause. En tout cas, Justin a vraiment un talent et un instinct incroyable pour la publicité. Cela serait un vrai plaisir de travailler avec lui !
Le petit blond rougit devant l'enthousiasme de l'autre homme, un peu gêné de s'être autant fait remarquer dans l'agence de son compagnon. Celui-ci ne semble pas se soucier de cela, acquiesçant à cette affirmation avant de convier ses partenaires de bureaux à retourner à leur poste pour ranger leurs affaires et sauvegarder leur travail pour qu'ils puissent rentrer chez eux. En moins de deux minutes, il ne reste plus que Billy, Justin et Brian devant le bureau de l'employé.
- Billy, tu peux me graver l'oeuvre de Justin sur une disquette ? Demande le grand patron en se rapprochant du petit blond encore rouge des félicitations des autres collègues qui se sont éloignés.
- Bien sûr, monsieur. Si vous pouvez attendre un peu, cela ne prendra pas plus de cinq minutes, déclare-t-il en se remettant devant l'écran allumé.
- Oh, je n'en ai pas besoin tout de suite ! Cela peut largement attendre demain matin. Termine ce que tu as à finir avant de rentrer chez toi, tu le donneras à Cynthia dans la matinée, intervient Brian avant de se tourner vers le petit blond qui n'ose pas bouger. Il est l'heure de partir Justin, es-tu prêt ?
- Heu... oui Bri...an, répond le petit blondinet avec un petit temps de retard le temps de comprendre que le brun s'adresse à lui.
- Super ! Tu viens alors ? Interroge le plus âgé tendant la main vers son petit ami pour l'aider à sortir du fauteuil dans lequel il est installé.
Avec un sourire éclatant, le blondinet accepte le bras tendu pour se relever. Une fois debout, il se tourne vers Billy, le remerciant sincèrement d'avoir passé son après-midi avec lui pour lui présenter les ficelles du métier et lui donne ses adieux.
Le couple finit par laisser l'employé retourner à son devoir, se dirigeant ensemble vers l'ascenseur. Comme s'ils suivent une règle tacite entre eux, aucun ne parle jusqu'à ce que les portes de verres de l'entreprise ne se soient refermés derrière eux et qu'ils sont à l'abris des oreilles des collaborateurs du brun.
- Ton travail m'a vraiment époustouflé ! Il est tout à fait remarquable surtout quand je sais que tu n'avais jamais utilisé un tel logiciel et le peu de temps que tu as eu. Le lettrage, le fond, les couleurs... Tout m'a plut dans ce que tu as imaginé pour Kinnetik, déclare Brian avec passion et admiration.
- Je... heu... merci Bri, sourit timidement Justin n'ayant pas l'habitude de recevoir de tel compliment. Je suis vraiment très heureux que tu aies aimé !
- Je ne l'ai pas aimé, je l'ai adoré ! D'ailleurs, j'ai quelque chose à te demander, admet l'homme avec un peu plus de retenu. Serais-tu d'accord que j'utilise ton travail pour mon entreprise ? Bien entendu, tu seras rémunéré et clairement désigné comme son auteur.
Le blond reste silencieux face à cette proposition inattendue, totalement abasourdie. Il se demande s'il a vraiment bien entendu car il faut dire que c'est son rêve d'être reconnu pour ses talents artistiques. Or, il devine combien il doit être difficile d'impressionner Brian, un publiciste qui a gagné plusieurs fois le concours CLIO qui récompense les meilleurs publicités de l'année.
Devant le manque de réaction du blond, le brun se met à supposer que ce dernier ne sais pas comment refuser sa proposition. Alors, reprenant sa parole, il demande à Justin d'oublier son offre. A l'entente de ces paroles, le plus jeune redescend sur terre.
- Non ! S'exclame-t-il dans un sursaut de désespoir faisant se retourner vers lui son interlocuteur. Je veux que tu utilise mon travail ! S'il-te-plait Bri ?
Face au regard remplit de peur d'être rejeté et d'espoir que sa supplique soit entendu par le grand patron de Kinnetik, ce dernier sent son cœur fondre.
- D'accord Sunshine, sourit-il avec douceur. Demain, je regarderais avec mon directeur des ressources humaines et Théodore pour les détails du contrat et le montant de ta rémunération. Dès que les papiers seront mis à jour, il ne faudra que deux jours pour que nous commencions à utiliser ton œuvre. Cela te conviens ?
Le blond hoche vigoureusement de la tête, étant incapable de parler ému par la tournure des choses. N'ayant pas de voix pour remercier son compagnon, il lui tend les bras pour lui faire comprendre qu'il veut lui offrir un câlin en signe de reconnaissance.
Brian n'attend pas longtemps pour ouvrir les siens et les enroulés autour du petit blond. Ils restent plus d'une minute blotti l'un contre l'autre, profitant de la présence et de la chauleur de l'autre.
- Merci Bri... Merci beaucoup, finit par chuchoter Justin se remettant peu à peu de ses émotions.
- Tout pour toi, Sunshine, répond Brian ne sachant pas à quel point ces paroles vont se révéler vrais dans l'avenir. Tout pour toi...
Lentement, ils se détachent de l'autre devant rentrer mais ne voulant pas rompre le contact pour le moment, Brian garde un de ses bras autour des épaules de Justin. Ensemble, d'un pas tranquille, ils reprennent leur chemin en direction du parking de la société.
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Une fois bien au chaud dans la voiture, Brian réalise qu'il n'a pas encore parlé à Justin du pépin sur lequel ils risquent de tomber en rentrant au loft. Il se décide à le faire ne voyant pas d'autres solutions. C'est donc avec un manque d'enthousiasme flagrant mais plus que compréhensible qu'il explique la situation au petit blondinet.
Le blond l'écoute parler de ses inquiétudes et grimace mentalement. Il n'a aucun mal à s'imaginer déjà une nouvelle conversation houleuse et tonitruante avec les anciens amis de son petit-ami et cela ne l'enchante pas vraiment. Malgré ce que les gens peuvent en penser, il n'est pas du tout fan de telle scène de ménage et celle du midi lui a amplement suffit. Il ne tient pas vraiment à réitérer une telle intervention surtout en sachant la capacité d'écoute que semble posséder l'ex-meilleur ami du brun.
De ce qu'il a compris de la personnalité de Michael, il a la certitude que parler à un mur en langage des signes aboutirait à un dialogue beaucoup ouvert et utile qu'avec l'homme susmentionné. Face à cette idée, il se retient de demander à Brian de stopper le véhicule devant le premier bloc de brique cimenté qu'il remarque pour qu'il puisse mette à l'épreuve son hypothèse. Ce n'est pas parce qu'il ne veut pas passer pour un fou devant son nouvel amant, mais c'est juste qu'il ne connait malheureusement pas le langage des signes.
Bien loin de s'imaginer tout les films que le jeune homme est en train de se faire dans la tête faisant intervenir un immense mur de brique rouge, Brian continue à parler.
- Je comprendrais parfaitement que tu ne veuilles pas qu'on aille chez moi tant que je n'ai pas réglé ce problème. Si tu préfère, nous pouvons aller manger dans le restaurant de ton choix, aller voir un film ou autre, propose le brun comme lui a conseillé de faire son directeur comptable. On peut même aller jouer au bowling si tu veux !
A la dernière activité mentionnée, Justin est fortement tenté d'accepter l'une ou plusieurs des solutions émises pour éviter de rencontrer la troupe qui en veux, sans raison valable qu'on se le dise, à Brian. Cependant, il n'a pas été élevé comme un lâche et n'a donc pas l'habitude de fuir devant l'ennemi. Bien au contraire même, il a plutôt tendance à foncer dans le tas dans l'idée que plus vite la confrontation a lieu, plus vite, on en est débarrassé.
Suivant cette philosophie, il opte pour ce qui a été prévu plus tôt dans la journée et en fait part à Brian. Celui-ci ne peut retenir une légère moue de déplaisir mais ne tente pas pour autant de dissuader le plus jeune de sa décision.
Au fond de lui, un étrange sentiment de soulagement apparaît. Ce soir, il sait que non seulement une page se tourne mais un chapitre de sa vie se termine et un autre commence. Cette nouvelle section de son destin comprend avec certitude Justin, qui aura une place majeure, ainsi que Ted, Emmett et tous les gens de sa vie professionnelle comme Cynthia. Il n'est, cependant, pas du tout certain qu'elle mettra en scène Michael, Mélanie ou encore Lindsay. Cela dépend vraiment de comment la soirée va se dérouler.
Si face à Justin et l'aura de bonheur qu'il dégage désormais, son ami d'enfance refuse d'ouvrir les yeux, et bien tant pis pour lui. Il n'a plus besoin de boulets accrochés à ses chevilles, l'empêchant d'être heureux et surtout, lui-même.
C'est dans un silence pensif que les deux hommes terminent les dernières minutes du trajet jusqu'au loft de Brian. Sans hâte, chacun d'eux se détache, ouvre leur portière et quitte le véhicule. Justin attend que le brun rejoigne ses côtés ne sachant pas où il doit aller. Ce dernier lui prend la main avant de se remettre à marcher en direction de sa maison.
Ils ne mettent pas plus d'une minute pour atteindre le perron de l'immeuble. Ils restent un instant à le regarder, se demandant silencieusement s'ils doivent s'attendre à la troisième guerre mondiale. Justin est le premier à se ressaisir et en serrant fortement la main de son compagnon s'avance vers la porte d'entrée suivit docilement par le brun qui s'arrête devant le digicode.
- Advienne ce qu'il pourra, déclare-t-il en frappant le code d'entrée et en ouvrant la porte au blondinet.
- Tant qu'il y a pas mort d'homme, tout va bien pour moi, surtout avec toi à mes côtés ! Sourit mutin le plus jeune pour non seulement se donner du courage mais aussi pour rappeler à l'autre homme qu'il est là pour le soutenir.
Brian incapable de répondre à cet élan de soutien, se contente de lui sourire affectueusement. Tranquillement, ils atteignent le monte-charge et sous le regard intrigué de l'adolescent, Brian l'appelle. Dans un léger bruit de rouages et de grincements, la cabine aux parois inhabituelles arrive au rez-de-chaussée.
- C'est étrange ! Je n'ai encore jamais utilisé de monte-charge comme ascenseur, admet le plus jeune en rentrant dans la cage, les yeux n'arrêtant pas de regarder partout autour de lui.
- Dis-toi qu'avant que je ne visite cet ancien entrepôt, moi non plus, je ne me suis jamais amusé à utiliser une de ces choses comme ascenseurs. Il faut dire, que les hangars ne sont pas connu pour être d'excellent terrain de jeux, si tu vois ce que je veux dire, déclare Brian, un sourire en coin.
L'adolescent ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel face à l'insinuation de l'homme mais n'a pas le temps de faire un commentaire étant donné qu'ils sont arrivée au dernier étage. Sur la pointe des pieds, ils sortent de l'appareil, méfiants. C'est comme s'ils s'attendent qu'une bombe leur saute à la figure ! Bien que Michael n'ai pas aussi mortel qu'un obus, il reste néanmoins bruyamment nuisible et désespérément offensant.
Par miracle, l'invité guère désiré ne semble pas encore arrivé. Brian s'empresse alors de déverrouiller la lourde porte coulissante de métal et va pour désactiver l'alarme quand il a un mauvais pressentiment. Il tourne la tête et voit assis sur son sofa blanc Michael qui est en train de regarder un porno sur sa télévision. Plongé dans son film, il semble que ce dernier ne l'ai pas entendu rentrée.
Sentant la rage montée en lui, il prend une longue inspiration pour ne pas exploser tout de suite. Prenant vraiment sur lui, il se contente de faire un signe de la main à Justin rester sur le palier, qui observe l'intérieur, incertain de ce qu'il doit faire ayant lui aussi aperçue la silhouette sur le canapé.
Juste après que Justin ai passé le pas de la porte, Brian vient refermer violemment le battant d'acier dans un son métallique pour faire réagir Michael. Cela ne manque pas, ce dernier sursaute et se retourne rapidement une bière à la main, un étrange sourire plaqué sur les lèvres.
- Hey, tu es déjà-là ? Tu n'as pas vue le livreur ? Il aurait déjà dû être là ! J'ai commandé pour 19h30 du thaïlandais ! Je sais que tu aimes bien cela, annonce l'homme en se levant, les yeux rivés sur son fameux meilleur ami.
C'est comme s'il a totalement occulté ce que ce dernier lui avait dit la veille. Il agit comme si c'est l'une de leur soirée entre ami qui ont régulièrement l'habitude de faire. Toujours concentré sur Brian, lui souriant béatement, il ne remarque pas Justin qui observe la scène abasourdie, ayant du mal à en croire ses yeux et ses oreilles. Il n'est malheureusement pas le seul à se sentir dans la treizième dimension. Brian est dans le même cas que lui, ne comprenant pas comment Michael peut sembler si inconscient.
Face à un tel comportement, le brun ne sait pas du tout comment réagir. Une grande partie de lui veut hurler sur Michael pour cette intrusion et lui demander comment il a fait pour rentrer chez lui alors qu'il semble que la veille il a récupéré toutes ses clefs tandis qu'une autre partie veut juste appeler l'hôpital psychiatrique le plus proche pour le faire interner. Il est certain qu'une telle attitude est plus inquiétante, totalement anormale. Comme si une lumière s'est éteinte dans son cerveau, le transformant en cette personne étrange et plus que dérangeante.
Avant même qu'il est le temps de choisir comment opérer face à son ancien meilleur ami pour éviter toute catastrophe, ce dernier se rend compte de la présence de Justin qui se tient toujours près de la porte n'ayant pas osé bouger. Le visage de Michael perd rapidement toute trace de bienveillance et de joie pour ne montrer plus qu'un masque de jalousie maladive, de rage et de haine.
- C'est qui lui ? Se met-il à hurler en pointant du doigt l'adolescent qui sursaute de terreur devant cette explosion soudaine et inattendue de fureur brûlante.
Il se précipite vers Brian pour lui planter son index dans le torse avec force. Ce dernier est tellement stupéfait par la réaction de Michael qu'il ne bouge pas, écoutant les vociférations et les lamentations de l'homme paraissant être en pleine crise psychotique.
- Comment ose-tu amener un minet à notre soirée ? C'est ma soirée ! Tu es à moi ! Je ne veux pas te partager ! S'égosille-t-il avant de reprendre pitoyablement. Mais pourquoi, dois-tu toujours aller voir ailleurs ? Je ne te suffis pas ?
Il se met à pencher la tête sur le côté pour dévisager l'adolescent qui s'est blotti près de la porte d'entrée, son portable dans la main en train d'enregistrer les paroles de l'homme fou. Il a le sentiment que cela pourra leur être très utile dans un avenir proche.
- Non ! Je sais que je te suffis, chuchote-t-il comme pour se parler à lui-même. C'est juste que tu n'oses pas me faire l'amour tout les jours de peur pour ta réputation. Mais c'est pas grave, je vais te faire soigner mon amour. Les médecins te répareront et tu seras parfait pour moi, tu verras.
Les dernières paroles sont prononcés alors que Michael lève la main pour tenter de caresser le visage blême de Brian. Le geste est comme un électrochoc pour le directeur de Kinnetik, qui instinctivement vient emprisonner le poignet de l'autre homme pour se protéger.
- Qu'est-ce qui te prend Bri ? S'étonne le fan de comics, confus de la réaction soudaine de l'homme. Pourquoi m'as-tu arrêté ? Tu aimes pourtant mes caresses et mes câlins ! D'ailleurs, pourquoi ne m'as-tu pas embrassé ?
Le brun ne répond pas, tournant la tête vers Justin pour lui demander de l'aide. Il s'aperçoit avec soulagement que ce dernier est au téléphone en train d'appeler du secours, estimant que la situation est plus qu'instable et dangereuse avec l'invité indésiré en plein tourment. Pour Justin, il semble que Michael est en plein mauvais trip, sûrement à cause d'une surdose de drogue, vue son comportement versatile et ses mouvements frénétiques à moins qu'il vienne de perdre totalement la raison, qui est une hypothèse aussi n'ayant pas supporter le rejet de Brian la veille au soir.
Malheureusement pour eux, Michael remarque bien le mouvement et penche une nouvelle fois la tête sur le côté. Il sent une vague de haine le consumer vivant lorsqu'il constate que le minet est en train de parler avec quelqu'un à travers son téléphone portable.
- Comme oses-tu te mêler de ce qui ne te regarde pas ! Se met-il à beugler, le visage rouge de colère devant l'affront qu'est la présence de Justin à ses yeux.
Oubliant qu'il a encore son poignet retenu par Brian, il tente de se jeter sur l'adolescent qui se met crier de peur. Avec la force qu'il a mis dans cette tentative d'assaut et la puissance qu'a utiliser Brian pour l'en empêcher, son poignet émet un craquement inquiétant. Mais aveuglé par la fureur, dopé à l'adrénaline, l'homme ne ressent pas la douleur. Il continuer à s'époumoner contre l'adolescent prêt à lui faire payer sa présence ne se souciant guère que celui-ci est en larme terrifié en train de supplier l'aide d'arriver au plus vite.
A l'autre bout du fil, ayant entendu le cri de terreur de l'appelant et percevant les rugissements remplit de dégoût et de mépris, l'assistante du 911 presse la police avec qui elle communique en même temps. Elle décide aussi de faire intervenir les pompiers sentant que l'homme fou-furieux aura besoin d'aide médicale pour se calmer. Une fois assurée que les deux équipes de secours se sont bien mis en route, elle tente de calmer le jeune homme qui a appelé à l'aide qu'elle entend en train de commencer à hyperventiler.
- Chut. Tout va bien. Les secours sont sur le chemin. Ils sont bientôt-là. Chut. Calme-toi. Suis ma respiration, Justin, finit-elle par ordonner avec bienveillance avant de commencer à inspirer lentement et à expirer tout aussi doucement plusieurs fois d'affiler.
Elle entend le jeune homme suivre ses conseils et tenter de se conformer à son rythme respiratoire au mieux. Elle continue alors, commençant aussi à prier que la police ne tarde pas à intervenir écoutant les beuglements se faire de plus en plus fort au point qu'elle puisse discerner aisément certains mots. Ce qu'elle entend la chamboule et la terrorise.
- Je vais te tuer ! Tu as ensorceler Brian ! Jamais il ne m'aurait repousser auparavant ! Sale minet ! Je vais te faire la peau ! S'excite Michael qui devient de plus en plus agité au fur et à mesure que les secondes s'écoulent.
Ces mouvements commencent à être plus vifs, violents alors qu'il tente de se dégager de la poigne de fer du brun qui a de plus en plus de mal à le tenir, des fourmillements débutant dans ses doigts blanchis par le manque de sang à cause de la force qu'il doit mettre pour tenir le poignet surement rompu.
Par malheur pour le couple nouvellement formé, dans sa tourmente Michael donne un violent coup de genou dans les parties précieuses de Brian qui sous la douleur soudaine et inattendue, desserre sa main. Il n'en faut pas plus pour l'homme pris de folie de se dégager de l'emprise de son meilleur ami, lui donnant un violent coup de poing dans l'estomac au passage qui coupe le souffle de Brian et le pousse en arrière. Sa tête vient frapper la poutre derrière lui, l'assommant et le faisant tomber à terre.
Pris dans sa folie, l'homme ne se soucie pas de son soi-disant amour étendu sur le sol. A la place, il se précipite sur le pauvre adolescent pétrifié de terreur devant la vision de son petit-ami froissé sur le parquet et l'homme complètement fou qui fonce sur lui. Avant qu'il n'ai le temps de faire le moindre geste pour se protéger Michael se jette sur lui avec une telle force que la tête de celui-ci vient frapper violemment le mur l'assommant à moitié l'empêchant de se défendre ou de répliquer.
Utilisant ses poings et toute sa force, l'enragé commence à donner des coups sur l'adolescent qui tente de se replier sur lui-même pour protéger au mieux ses organes vitaux sentant que l'autre homme est bien capable de le tuer dans sa colère noire.
- Arrête... S'il-te-plaît, arrête... Pitié... halète à bout de force le blondinet en train de succomber à l'inconscience sous les coups qui pleuvent par dizaine sur son corps marqué.
Un dernier coup sur le front de l'adolescent le fait sombrer dans les ténèbres de l'inconscience. Michael ne s'en aperçoit même pas continuant à frapper au hasard le jeune homme entre ses mains. Il veut faire disparaître de la surface de la terre le sale minet qui a tenté de le séparer de son amour.
Entièrement concentré sur sa pauvre victime désormais inerte, il n'entend pas les sirènes résonnant en bas de l'immeuble, ni les bruits précipités de pas dans les escaliers. C'est avec surprise qu'il remarque la porte s'ouvrir près de lui. Avant même qu'il est le temps de terminer d'abaisser son poing une dernière fois sur sa victime inconsciente, des policiers se jettent sur lui pour l'écarter au plus vite de l'adolescent.
Il ne veut pas se laisser faire. Il veut terminer le travail. Il recommence à se débattre dans tout les sens poussant des cris hystériques, insultant la police et tentant de les frapper. Il faut trois hommes pour le plaquer au sol et le maintenir ainsi que deux autres pour placer ses mains dans le dos et lui attacher les poignets à l'aide de menottes. Même au sol, il continue d'hurler et de gesticuler, essayant de se libérer les mains des entraves en métal qui l'emprisonne. Dans sa folie, il ne sent pas la douleur de son poignet, ni celles des coupures qui commencent à se faire à force de frotter sa peau contre les rebords des menottes.
Comprenant rapidement que l'agresseur n'est pas prêt de se calmer, les policiers demandent à l'un des pompiers de venir dans la pièce pour qu'il puisse donner un tranquillisant à l'homme enragé. Ces derniers ont reçu pour ordre d'attendre derrière la porte, le temps que les agents de l'ordre puissent sécuriser les lieux mais sont prêt à intervenir.
L'un d'eux s'empresse de rentrer dans le loft avec son sac et d'accourir vers le groupe de policier qui tente tant bien que mal de garder Michael au sol tant il bouge dans tout les sens. D'ailleurs, ce dernier a réussi à donner un coup de pied au visage d'un des policier qui a désormais l'arcade sourcilière en sang.
Le pompier s'agenouille à deux pas du prisonnier pour éviter de recevoir un coup et se dépêche de fouiller dans son sac pour récupérer son matériel médical, plus précisément une seringue et un flacon contenant un puissant tranquillisant qui a pour caractéristique de faire effet très rapidement.
En quelques gestes professionnels, il prépare la piqûre et avec l'aide d'un policier remonte l'une des manche du sweet de Michael pour découvrir sa peau. Il désinfecte à l'aide d'une compresse alcoolisée une petite partie du bras de ce dernier puis vient planter l'aiguille dans la peau pour injecter le liquide.
En attendant que le médicament face effet, le secouriste range rapidement la seringue dans son bac de déchet pour éviter que toute ne personne se pique dessus. Quand il constate que son patient ne s'agite presque plus, ses mouvements devenant beaucoup plus lent et lourd, il contrôle rapidement son pouls et sa respiration surveillant que l'homme ne fasse aucune réaction au produit. Heureux de son examen, il fait signe aux policiers qu'ils peuvent l'embarquer. Ces derniers le lèvent avec un peu de difficulté, étant donné que Michael est devenu un poids mort alors qu'ils le sortent de l'appartement.
Au passage, l'un des agents fait signe aux autres secouristes qui attendent encore sur le palier d'intervenir. Il ne faut qu'un regard sur l'ensemble de la pièce et les deux victimes pour comprendre par où ils doivent commencer. L'équipe se précipite vers le jeune homme au visage ensanglanté près de l'entrée. L'autre homme attendra la deuxième équipe de secours qui est en train de monter les escaliers.
En s'approchant, le médecin halète, choqué par l'identité de la victime. Malgré le sang qui recouvre l'adolescent, il reconnaît Justin Taylor, le patient qui a permis la rénovation de toute l'aile de l'hôpital dédié aux enfants. Sachant son passé médical, il sait qu'ils doivent faire très attention avec tout ce qui est anti-douleur et médicament contre la fièvre.
- Ne lui donner rien d'autre que de l'eau saline pour le moment, ordonne-t-il en s'agenouillant près de l'adolescent, grimaçant intérieurement en constatant qu'un filet de sang s'écoule de son oreille gauche. Il est gravement allergique à de nombreuses substances même le Tylenol, c'est pour dire !
Ne cherchant pas à obtenir plus d'information sur les raisons du savoir de leur chef, les trois infirmiers se mettent eux aussi au travail pendant que le médecin commence par vérifier si le jeune homme est vraiment inconscient.
- Justin ? Justin, si tu m'entends sert moi la main, déclare-t-il en prenant la main du jeune homme dans la sienne.
Il laisse quelques secondes s'écouler avant de réitérer sa demande. Mais aucune réaction ne vient en réponse. Il prend alors sa petite lampe de la poche de sa chemise et vient soulever délicatement l'une des paupières violacés par les coups pour constater que les pupilles ne réagissent pas à la vive lumière.
- Aucune réaction ! S'exclame-t-il pour prévenir son équipe. Ses lèvres commencent à bleuir. Il a beaucoup de mal à respirer, ses poumons peuvent être touché. Il faut que je l'intube !
Immédiatement, un des ambulancier s'empresse de donner le matériel nécessaire pour l'intubation au médecin. Celui-ci ouvre la bouche de Justin avant d'enfoncer d'un geste précis et assez délicat le tube profondément dans la gorge. Quand il est certain que le tuyau est bien placé, il l'attache à une machine respiratoire portative. Celle-ci remplit lentement les poumons d'oxygène de l'enfant avant de les vidés et de les remplir de nouveau avec de l'air renouveler à un rythme régulier.
A côté du médecin en train de régler les derniers détails de la machine, l'un des infirmier découpe habilement la chemise de l'adolescent afin de pouvoir poser des électrodes sur son torse qi leur permettront de surveiller son rythme cardiaque comme il le font habituellement pour toute personne inconsciente et semblant gravement blessé.
Il déglutit difficilement en voyant l'état du torse et du ventre de l'adolescent avant d'interpeller le docteur qui détourne des yeux de la machine respiratoire pour poser à son tour les yeux sur ce que son coéquipier regarde. Il blêmit devant la vision inquiétante. Un important hématome dont la couleur violet foncée tirant vers le noir annonçant rien de bon, a fleuri sur le ventre plat de Justin. Le médecin s'empresse de venir palper la tâche mauve sombre et grimace en constatant que la peau n'est plus souple, quelque chose en dessous la durcissant.
- Risque d'hémorragie interne ! Déclare-t-il à haute voix. Il faut se dépêcher !
Ils doivent l'amener à l'hôpital le plus vite possible s'ils veulent le sauver. Alors que l'infirmier s'empresse de placer tout les patchs reliés à un écran portable, un autre se dépêche de placer une intraveineuse attaché à une poche de fluide composé essentiellement d'eau saline dans le bras fin de l'adolescent pour tenter de le stabiliser après sa perte importante de sang.
Pendant ce temps, le médecin et le troisième infirmier se chargent de placer un collier cervical autour du cou de Justin pour le bouger le moins possible pendant le transport ne sachant pas la gravité de ses blessures à la tête et au cou.
Une fois que cela est fait, un des infirmier pose une planche dorsale au sol et habilement, le médecin et les deux autres infirmiers couchent leur patient dessus sans trop le bousculer. Le médecin se charge d'attacher les sangles avant de s'écarter et de laisser deux des secouristes soulever la planche pour la placer sur le lit roulant tandis que le troisième porte le lecteur cardiaque.
Ils recouvrent rapidement le blessé d'une couverture de survie jusqu'au menton pour le protéger du froid extérieur et du regard des curieux qui se sont agglutinés au pied de l'immeuble et qui attendent avec impatience de connaître pourquoi la police a dû intervenir.
- Si on peut protéger son visage des journaliste, son père nous en sera très reconnaissant, déclare le médecin à Carl, un enquêteur de la police avec lequel il a l'habitude de travailler.
- Pourquoi ? S'étonne un peu l'homme en suivant le brancard que l'équipe de secours est en train de sortir croisant deux autres infirmier qui monte un autre brancard pour le deuxième blessé qui commence à retrouver ses esprits.
- C'est le fils de Craig Taylor, Justin, annonce-t-il sans prendre la peine de préciser plus.
Qui ne connait pas la célèbre famille Taylor dans la ville ? Non seulement, c'est la plus riche famille de la région, très connue pour leur philanthropie mais ceux sont aussi les seuls qui ont toujours une place à la table du sénateur de Pennsylvanie, grand ami de celui-ci.
Il est certain que le fameux clan ne se montrera pas du tout heureux si le dernier de la lignée, gravement blessé fait la première page des magazines people pendant des semaines surtout en sachant tout le mal qu'ils se sont donnés pour le protéger de ses vautours de journalistes jusqu'à aujourd'hui.
Certes, le médecin a bien conscience que garder l'identité de son patient secrète est impossible mais il espère pouvoir éviter le plus possible que des photographies et des vidéos ne soient prises alors qu'il est dans cet état.
- Bien, je préviens l'une des patrouilles de vous attendre devant la porte et de vous escorter jusqu'à l'ambulance en le cachant le plus possible, décide Carl qui ne tient pas à subir les foudres de ses supérieurs pour avoir énervé les parents du blessé outre qu'il sait que personne ne tient à voir son enfant dans un tel état sur la première de couverture de tous les journaux de l'Etat.
Environ deux minutes plus tard, les secouristes faisant rouler le brancard où est étendu Justin émergent de l'immeuble protégés tant bien que mal des flashs lumineux des appareils photos et des caméras de la horde de journalistes déjà présent sur les lieux, par cinq policiers à l'air patibulaire.
Ils se précipitent vers l'ambulance aux portes arrières grandes ouvertes et rentrent rapidement le lit roulant à l'intérieur pendant que le médecin tient le plus haut possible la couverture de survie sur le visage de Justin pour le dissimuler le mieux possible, sans gêner le fonctionnement de la machine respiratoire sur lequel est accroché Justin, du regard de la foule.
Il ne lâche la couverture seulement lorsque le véhicule commence à rouler, se méfiant du zoom des appareils photos. Il est à peu près certain que les meilleurs photographes peuvent parvenir à prendre des photos d'assez bonnes qualités en visant à travers les deux vitres arrières.
Pendant que l'ambulance fonce à toute vitesse dans la nuit, le second brancard où est installé un Brian conscient dans une position semi-allongée quitte à son tour l'immeuble, lui aussi protégé tant bien que mal des journalistes excités de voir quelqu'un de conscient.
Ce dernier est très inquiet pour Justin bien que n'ayant repris connaissance qu'au moment où l'autre équipe de secouristes sortait le blondinet du loft, il a eu le temps de comprendre que quelque chose de grave lui est arrivé.
Le temps que son lit roulant soit amener, il a eu largement le temps de regarder la large flaque de sang se figeant lentement à l'endroit où s'est trouvé Justin. Il est persuader que la perte de tant de liquide vital est de très mauvaise augure. Cependant, il refuse de s'imaginer le pire ne voulant pas être condamner pour meurtre. Il sait parfaitement s'il pense que Michael a tué Justin, aucun endroit de l'univers, aucun être vivant ne pourra l'empêcher de se venger et de le massacrer à son tour.
Brian veut être libre pour être auprès de Justin, s'il s'en sort et que celui-ci désire encore de lui. Malgré tout, si le blond a été blessé, c'est un peu de sa faute sachant que Michael était son ami et il espère que Justin lui pardonnera d'avoir fait rentrer un monstre dans sa vie.
Il est certain qu'il aurait pu éviter ce drame s'il avait un peu plus réfléchit. S'il l'avait persuader de ne pas aller au loft, s'il avait arrêter Michael plus tôt, s'il ne s'était pas évanouie, si...
Maintenant, ne pouvant plus changer les choses, il peut juste prier que son jeune compagnon survive et garde le moins de séquelle possible de cette terrible soirée.
A suivre !
Rendez-vous la semaine prochaine avec le prochain chapitre :)
