CHAP 7 : Et Dieu créa la femme…
Sheppard ouvrit enfin les yeux. Il porta la main à sa tête qui semblait vouloir exploser. Sa vision devint plus nette et il aperçut Teyla assise près de lui, le visage inquiet mais souriant.
« John, ça va ? »
Le lieutenant colonel mit un temps avant de réagir et tenta de se redresser doucement. L'athosienne l'aida et cala un gros oreiller dans son dos afin qu'il puisse s'asseoir face à elle.
« Mis à part la centaine de marteaux-piqueurs qui transpercent mon cerveau en ce moment, tout baigne… »
« Je vais aller chercher Jennifer. »
« Attendez …» fit Sheppard en saisissant son bras pour l'empêcher de partir.
Teyla reprit lentement sa place sur le lit.
« Vous êtes resté avec moi pendant que j'étais inconscient ? »
« Jennifer était là, puis je l'ai remplacée, oui… »
« Vous… vous m'avez parlé ? » demanda le militaire encore un peu sonné.
« Non, John » répondit simplement l'athosienne.
La main de Sheppard se posa alors sur celle de la jeune femme qui se figea soudain.
« Alors je crois que j'ai rêvé de vous… vous touchiez mes cheveux…»
Le silence s'imposa. Leurs yeux s'accrochèrent. Un regard lourd de sens. Teyla se sentit soudain irrésistiblement attirée par ses yeux et commença à se pencher doucement vers le militaire. Mais John se redressa brusquement sur son oreiller.
« Enfin, voilà, je crois que ce n'est pas très facile avec Kanaan en ce moment et que vous tenez beaucoup à lui, alors… Et avec Torren d'ailleurs… Enfin, c'est normal c'est votre fils… Et Ronon qui m'a dit que l'entente au sein de l'équipe était primordiale… »
Teyla avait cessé d'écouter le discours alambiqué de Sheppard qui semblait ne pas pouvoir achever une seule phrase. Le militaire avait le visage grave et tentait apparemment de lui faire passer un message très important.
L'athosienne avait soudain compris. Alors, délicatement, tandis que Sheppard continuait à se débattre avec ses explications maladroites, elle prit le visage de John entre ses mains.
Au contact des doigts fins de Teyla, Sheppard cessa brusquement de parler. Elle approcha lentement son visage et posa ses lèvres sur la bouche entrouverte de John. Leurs langues se mêlèrent ainsi que leurs souffles. John ne put alors se retenir de la prendre dans ses bras et de caresser sa nuque. Il avait si souvent imaginé ce moment depuis quelques temps que la repousser à présent était un déchirement. Pourtant c'est ce qu'il fit en haletant.
« Ecoutez Teyla…Je crois que vous en voulez à Kanaan en ce moment, je vous ai vu vous disputer devant la porte des étoiles l'autre jour. Vos sentiments sont certainement un peu faussés…Alors on devrait arrêter ça, vraiment…Et puis pensez à Torren, je ne veux pas… »
Elle se recula légèrement et baissa les yeux. Puis elle s'en voulut. Elle s'en voulut de ne plus penser à Kanaan comme elle le faisait avant. Elle s'en voulut de ne plus voir en lui qu'un homme avec qui elle partageait son lit. De ne voir en lui que le père de son fils au lieu de l'amour de sa vie…
Depuis quelques mois, elle avait senti que quelque chose en elle changeait. Quelque chose qu'elle croyait avoir toujours été de l'admiration, de l'amitié, de la tendresse envers le chef de son équipe se transformait peu à peu en un sentiment qu'elle n'avait jamais imaginé auparavant. Depuis qu'Elisabeth les avait quittés, elle avait tenté de l'aider, persuadée qu'il avait perdu la seule femme qui comptait vraiment pour lui. Alors qu'à présent c'est ce qu'elle désirait devenir à ses yeux… C'était ridicule…
« Je suis désolée John… Elizabeth est… Enfin… Je suis… »
De longues secondes s'écoulèrent dans un silence pesant. Alors, à son tour, Sheppard sut tout simplement qu'ils se fourvoyaient tous les deux… Il ne s'agissait pas de Kanaan. Il ne s'agissait pas d'Elizabeth. Il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas retiré sa main de la joue de Teyla qui demeurait immobile, le regard perdu.
« Ce n'est pas Elizabeth qui occupe mes pensées depuis quelques temps…. » murmura-t-il.
Alors, happé par une tempête cent fois plus violente que celle qui grondait à l'extérieur, il donna à la jeune femme le baiser le plus passionné qu'elle n'ait jamais reçu.
OooooooooooO
« Je vais chercher Teyla » fit Jennifer en déposant les assiettes de sandwiches concoctés par Rodney sur la table de la salle à manger.
Elle se dirigea vers la chambre à coucher quand soudain la pièce sembla tourner à une vitesse folle. Elle plaqua la main sur son front en tentant de calmer le manège incessant des murs en pleine rotation autour d'elle et sentit sa peau recouverte de sueur.
« Jennifer ? » lança Rodney qui l'avait vue s'arrêter net et attendre sans bouger à la sortie de la cuisine.
La voix du scientifique lui apparut si lointaine qu'elle eut du mal à reconnaître son propre prénom… Elle sentait que ses jambes ne la portaient plus, que son cerveau allait la lâcher et soudain, ce fut le noir total.
OoooooooooO
Une douleur lancinante dans son bras…des picotements dans ses orteils…
Au dehors, le hurlement du vent accompagnait le bruit sourd des branches qui griffaient la surface des volets clos. Il était enveloppé d'une douce chaleur et les souvenirs émergèrent lentement à la surface de son esprit.
Le grizzli… l'attaque… sa chute dans le lac… l'eau glacée qui le paralysait peu à peu…Puis quelqu'un l'avait trainé dans la neige…
C'est à ce moment-là qu'il avait senti son cœur ralentir et avait sombré dans l'inconscience.
Il inspira profondément, les yeux encore fermés. Un effluve fleuri le tira de sa torpeur. Alors, il se rendit compte qu'il n'était pas seul dans ce lit, mais n'osa faire aucun mouvement. Il se décida enfin à ouvrir les paupières. La tête de la jeune femme était posée sur son épaule, le front appuyé contre sa joue. Ce parfum doux était celui de ses cheveux. Elle avait la main posée sur son torse et il constata avec stupeur qu'il ne portait aucun vêtement. Délicatement, il souleva de son bras libre un pan de la couverture qui les recouvrait tous deux. Amélia avait, quand à elle, gardé ses dessous.
Toujours avec précaution, il lança un rapide coup d'œil dans la pièce. Un feu avait été allumé dans la petite cheminée et les issues barricadées. Il semblait toutefois qu'il fît encore nuit. Ils étaient allongés sur un matelas placé au centre de la pièce, tout près de l'âtre. La tempête avait pourtant faiblit et il aperçut le fusil posé sur la table.
Les coups de feu… un grognement sourd et un bruit de fuite…
La respiration de la jeune femme, régulière et paisible, venait caresser son cou. Elle remonta soudain sa jambe le long de la cuisse du satédien en soupirant. La faible lueur des flammes coloraient son épaule nue de reflets dorés. Alors, mû par un désir soudain, Ronon effleura du bout des doigts la joue d'Amélia. Sa peau était veloutée et tiède.
C'est à cet instant, qu'à son tour, la jeune femme ouvrit les yeux. Après un bref moment où elle reprit peu à peu ses esprits, elle dégagea sa tête et plaça son visage face à celui du satédien. Elle réalisa soudain que Ronon était parfaitement réveillé et bondit hors du lit en soutien-gorge et culotte.
«Je… Je suis désolée… » bafouilla-t-elle en cherchant ses vêtements par terre. Elle agrippa un pull et essaya tant bien que mal de l'enfiler en continuant ses explications.
« J'ai dû enlever tous vos vêtements. Ils sont en train de sécher près du feu. Vous étiez en hypothermie et j'ai dû trouver un moyen pour vous réchauffer rapidement. J'ai réussi ensuite à faire du feu…et… je crois que je me suis endormie… désolée… » souffla-t-elle, mal à l'aise.
Elle avait enfin réussit à se couvrir un peu et était à présent à la recherche de son pantalon.
« Merci pour m'avoir évité de finir au fond du lac… » répondit le satédien en se redressant pour s'asseoir sur le lit.
Amelia ne bougea plus. Elle en oublia complètement son pantalon quand Ronon se leva carrément pour lui faire face. Et il était nu.
Elle se mit à frissonner quand il posa sa main chaude sur sa joue en se rapprochant encore.
« Il faudrait peut-être que je refasse votre pansement… » parvint-elle à articuler péniblement alors que Ronon jeta un rapide coup d'œil à son épaule bandée.
Le regard du Satédien se planta ensuite encore une fois dans le sien. Ses mains descendirent lentement vers le bas du pull de la jeune femme. Il fit une pause. Elle lui donna son accord avec un sourire. Le pull se retrouva roulé en boule une fois de plus sur le sol. Le torse brulant de l'ex-runner s'appuya contre elle.
Sa respiration se fit plus rapide quand elle sentit une des mains de Ronon se poser sur sa taille et l'autre caresser sa nuque. Puis, le satédien attendit encore, le visage étrangement serein. Amélia posa ses doigts sur la peau ambrée de l'ex-runner et leva son visage vers lui. Leurs lèvres se touchèrent enfin sans plus d'hésitation. C'était si doux… si chaud…Elle savoura ce moment de pur abandon avant de resserer son étreinte sur le corps musculeux de Ronon tandis qu'il dégraffait son soutien-gorge.
