Chapitre 7, sauvetage
Elle prit un pied de biche et décida de fracturer tous les conteneurs qu'elle pouvait trouver. Forte de cette décision, elle porta son dévolu sur le premier d'entre eux qui se trouvait par une heureuse coïncidence en face d'elle. S'escrimant dessus, elle réussit à coincer le pied de biche dans un petit interstice et faisant levier, elle souleva le couvercle et dévoila le contenu. Il y avait dedans un gros machin jaune. Elle rechercha une quelconque notice et découvrit que c'était des canots de sauvetage qui se gonflaient dés qu'on tirait sur la ficelle. Elle le sortit, puis découvrit un autre en dessous. Elle vida la caisse et en découvrit quatre. Elle imaginait déjà ce qu'elle allait pouvoir en faire, les gonfler et les transformer en barge. Ainsi, elle pourrait y installer toutes ses découvertes et les ramener sur son morceau d'île. Elle laissa là sa tâche et alla voir où se trouvait la rivière qu'elle avait vu de la montagne. Elle faillit hurler de joie quand elle découvrit que l'eau vive se trouvait très près de l'endroit où elle avait trouvé les bateaux gonflables. Ravie, elle se précipita vers les bidules jaunes et les rapprocha de la rivière. Soudain elle se rendit compte que la rivière était assez étroite. Elle ne pourrait pas faire une barge, mais faire un train de canots. Sachant maintenant ce qu'elle devait faire, elle fouilla dans la soute et découvrit dans un conteneur éventré plusieurs rouleaux de cordes. Elle les prit et les déposa près des canots. Ensuite, elle prit un morceau de ferraille, le planta profondément dans la terre près de l'eau et y accrocha un morceau de corde.
Quand elle eut terminé, elle tira la ficelle d'un des canots qui s'ouvrit dans un long chuintement puis l'accrocha avec l'autre bout de la corde avant de le mettre à l'eau. Malgré le débit de la rivière, le poteau resta fermement planté dans la terre. Elle décida d'attacher les autres canots les uns après les autres et attacha le dernier à un autre poteau qu'elle planta profondément. Ensuite, elle alla fouiller les autres conteneurs. Elle espérait trouver des outils qui lui sauveront peut-être la vie et lui permettront de fuir cette île. Elle se sentait de plus en plus observée, scrutée par quelqu'un qui ne lui voulait pas que des bonnes choses. Dans la première caisse, elle trouva des rouleaux de tissus et pas n'importe quoi comme tissus, des tissus précieux comme de la soie, du lin et du velours. Prendre ou ne pas prendre ? Telle est la question ? Ça pourrait toujours servir. Elle se mit donc en tête de tirer la caisse, mais découvrit qu'elle était très lourde. En fait, trop lourde pour elle. Elle souleva l'un des rouleaux et testa son poids. Il devait faire dans les cinq kilos. Elle retira donc tous les rouleaux et les plaça dans chacun des canots de sauvetage afin de ne pas surcharger un canot et de ne pas perdre les marchandises. Quand tous les rouleaux furent bien attachés, elle alla fouiller une autre caisse. Elle découvrit avec joie des outils, une perceuse, une meuleuse, un tournevis électrique et une dizaine d'autres outils qui pourraient lui être utile… enfin s'il y avait des prises électriques sur l'île. Elle en aurait pleuré de rage. Mais bon, elle les prit quand même, car si elle trouvait un moyen, elle pourrait toujours les utiliser pour se sortir de cette merde.
Elle installa la caisse dans le premier canot, puis alla voir d'autres caisses. Il y en avait tellement qui ne demandaient qu'à être fracturées et pillées. Un bon coup de pied-de-biche et elle découvrait des trésors cachés comme plusieurs paquets en carton remplis de lattes de teck. Elle regarda avec beaucoup d'intérêt ces planches, elle allait pouvoir peut-être faire une coque de bateau ou un plancher sur un bateau. Elle transféra les planches sur les canots et se rendit compte qu'il n'y avait plus vraiment de place. Elle testa les attaches des marchandises, puis retira les amarres du dernier canot, elle remonta jusqu'au premier monta à l'intérieur, retira la seconde amarre et se laissa porter par le courant qui l'entraîna jusqu'à la mer. Là, elle dut se battre avec les courants pour rejoindre sa partie d'île et sa grotte. Elle faillit hurler de joie quand elle se rendit compte que sa grotte avait un accès ouvert sur la mer, elle allait pouvoir faire passer les canots par là et les vider un à un avant de rejoindre l'autre île pour refaire une razzia et c'est ce qu'elle fit. Elle vida les canots l'un après l'autre remplissant ainsi sa caverne qui devint la caverne d'Ali baba. Elle quitta de nouveau sa grotte, puis alla rejoindre l'autre île et faire de nouveau ses courses. Elle remonta la rivière, amarra le premier canot, puis le dernier et recommença ses emplettes. Elle fractura une nouvelle caisse et découvrit que Noël était arrivé en avance. Dans cette boîte, elle découvrit une cargaison de panneaux solaires ainsi qu'une boîte sur laquelle était écrite « contrôleur de charge ». Elle allait pouvoir créer de l'électricité et utiliser ses outils pour concevoir son bateau et se tailler de cette île. Elle voulut soulever la caisse, mais elle découvrit que les plaques étaient très lourdes et très fragiles. Elle ne pouvait pas les retirer une à une et les mettre sur les canots au risque de les détruire et de perdre son seul moyen d'avoir de l'électricité. Comment faire pour les mettre sur ses canots ? Elle décida d'aller voir autre chose dans les autres caisses afin de trouver de quoi transporter les panneaux solaires.
Elle décida de s'arrêter un moment pour souffler et vit son fauve le ventre à l'air qui pionçait tranquillement. Delphine était fatiguée et aurait bien voulu faire la même chose que Hope, mais elle devait se tailler le plus vite possible de cette merde. Elle continua à regarder la panthère, mais elle ne la voyait plus, son esprit était resté sur le concept de merde ! La merde ça glisse, la merde c'est humide comme… de la boue. Mais oui, voila ce qu'elle pourrait faire, un chemin de boue comme dans MacGyver. Elle pourrait creuser sous la caisse et y installer des patins puis pousser la bête jusqu'aux zodiacs. Ça, c'était la meilleure idée qu'elle n'ait jamais eu. Elle fouilla un peu partout et découvrit des morceaux de fuselage qui avaient une vague forme de luge. Elle se démena avec ce qu'elle avait et réussi à transformer la caisse en traineau et put le pousser jusque sur l'un des canots. Il lui fallut quand même deux heures avant de réussir cet exploit et le mieux c'est qu'elle n'avait cassé aucune plaque et aucune n'était tombée à l'eau. Elle allait pouvoir faire plein de chose… enfin si elle trouvait un générateur qui transformerait la lumière du soleil en électricité. Elle regarda dans une autre caisse et découvrit une mallette en cuir. Elle l'ouvrit et découvrit des couteaux japonais en acier trempé. Elle les mit dans ses canots, puis découvrit dans un autre endroit le premier corps. Il avait l'air d'être jeune bien qu'il ait une barbe drue et des cheveux noirs un peu longs. Il était en parfaite conservation. D'ailleurs, il avait l'air de dormir. Sentant les larmes couler le long de ses joues, elle passa délicatement la main dans les cheveux sales de l'homme. Mais soudain l'homme attrapa sa main et récolta un hurlement qui frappa de terreur les survivants. Ces derniers qui avaient perdu l'un des leurs pensèrent qu'il venait de se faire dévorer. Delphine tenta de se délivrer de la poigne et vit que l'homme n'était pas mort, mais était encore vivant comme le prouva ses yeux verts entre-ouverts. Elle se calma un peu et entendit le moribond murmurer :
-Je… vous… en … supplie… aidez… moi.
Delphine lui répondit :
-D'accord. Mais lâchez-moi.
L'homme était tellement faible qu'il retomba dans l'inconscience. C'était un miracle s'il avait survécu au crash. Et d'ailleurs, comment avait-il fait, cela faisait plus de six mois que l'avion s'était écrasé et non une heure ou deux. Il faisait peut-être parti des autres survivants, avait voulu trouver un moyen de s'en sortir et s'était blessé ou plutôt avait été attaqué par les chiens sauvages. Elle ne pouvait le laisser là sans rien faire. Laisser les autres se démerder seuls s'était une chose, laisser un homme seul mourir c'était un meurtre. Elle avait une sensation de déjà vu avec l'homme évanoui. Bon, elle n'avait pas que ça à faire, elle allait le mettre sur l'un des canots et après avoir faire ses courses. Sa décision prise, elle le prit sous les aisselles et le tira jusqu'à l'un des zodiacs, ensuite, elle l'attacha fermement et après avoir à nouveau fouillé dans les bagages, elle le recouvrit d'une couverture pour qu'il ne prenne pas froid. Maintenant cela fait, elle rechercha le truc qui lui permettrait d'utiliser les panneaux solaires et les outils électriques. Cependant, au lieu de trouver un groupe électrogène, elle trouva une voiture électrique. Elle sut alors quoi faire, mais elle allait devoir libérer tous les zodiacs pour pouvoir mettre la petite voiture sur eux. Après avoir appelé Hope, elle libéra de nouveau les zodiacs et retourna dans sa grotte. Elle eut un peu plus de mal à déposer les panneaux solaires, mais y réussit après plusieurs heures de lutte. Le soleil commençait à se coucher et elle avait faim et soif. Elle se dirigea donc vers la rivière et but en abondance l'eau fraîche. Elle cueillit des litchis et retourna dans sa grotte.
Elle était épuisée à force de travailler et gronda quand elle vit que le mâle qu'elle avait envoyé paître était de nouveau sur son lit et léchait tranquillement Hope. Comme pour payer son séjour dans la grotte, le fauve avait ramené une biche et son faon. Hope était en train de dévorer la biche et lui avait laissé le faon. Delphine regarda le fauve et lui dit :
-Je ne sais pas pourquoi tu as amené cela, mais si c'est pour draguer Hope, il va te falloir un nom. Parce qu'il est hors de question que je t'appelle le fauve ou machin. Normalement, les jaguars sont tachetés ou noirs, mais jamais cette couleur. Je pensais t'appeler Cannelle, mais ça fait pas vraiment mâle. Cependant, la cannelle vient de Ceylan l'ancien nom du Sri Lanka. Et j'aime bien ce nom de Ceylan (1).
Ceylan regarda la jeune femme d'un œil torve, puis recommença à lécher sa femelle. Delphine bougonna et dit :
-Tu pourrais faire comme Hope et faire semblant d'écouter quand j'étale ma science.
Mais à part un ronronnement sourd, il ne réagit pas plus. Delphine bougonna, puis prit l'un des couteaux japonais et dépeça l'animal. Elle retira la peau qu'elle mit de côté, retira les abats qu'elle nettoya le mieux possible et les fit frire sur la pierre plate qui servait à cuire les aliments. L'odeur la fit saliver d'avance. Elle coupa de gros filet de viande qu'elle coupa en cube puis les fit griller à côtés des abats. Elle prit un morceau de fuselage qui avait prit la forme d'un bol et broya à l'intérieur un morceau d'igname afin de se faire une bonne purée. C'est dans ces moments là qu'elle regrettait la modernité et ses avantages. Surtout le beurre et le coca. La vie était dure… mais bon, elle avait au moins l'estomac plein pas comme les autres qui ne pouvaient pas se démerder seuls. Tout en pestant contre sa situation, elle fit cuire sa purée et pour lui donner plus de goût y mélangea du jus de viande. Quand le repas fut prêt, elle mangea sa part, puis pensa enfin à son invité. Elle lui retira sa chemise et vit une blessure assez grave qui risquait de s'infecter. Remerciant sa bonne étoile d'avoir trouvé l'armoire à pharmacie portative, elle nettoya la plaie et la désinfecta. Elle fouilla dans la mallette posa une compresse stérile et banda la blessure. Ensuite, elle réveilla le moribond et lui donna à manger. L'homme était tellement dans les vapes qu'il ne capta absolument pas que Delphine était là et le nourrissait comme un bébé. Quand il eut terminé de manger, elle lui donna à boire, puis le recoucha. Elle remit du bois dans le feu et alla se coucher non sans avoir poussé Ceylan qui voulait squatter le lit. Elle dormit comme un bébé ne sentant absolument pas Ceylan et Hope faire un sort au reste de la carcasse de faon.
Quand elle se réveilla le lendemain, elle découvrit la disparition de la carcasse, le moribond serré entre deux félins velus et une pluie battante accompagnée d'un orage monstrueux. Elle regarda un instant la pluie tomber et décida de se faire une beauté. Elle ouvrit la mallette et un pot plein de cire professionnelle. Elle refroidissait quasiment instantanément et Delphine n'aurait pas besoin de bandes de tissus. Bon qu'allait-elle faire en premier… Les jambes, elle ressemblait à la fille légitime du yéti avec le duvet qu'elle se tapait. Elle fit fondre la cire, la badigeonna pas trop chaude sur sa peau, puis quand la couche violette fut refroidie, elle tira d'un coup sec. Hope et Ceylan la regardèrent avec curiosité, ne comprenant pas pourquoi la jeune femme se torturait de cette façon, car d'après sa tête ça avait l'air de faire très mal. Delphine réussit à se faire les jambes, les aisselles, les sourcils et là, elle commença le maillot. Elle mit la cire là où elle devait être et tira d'un coup sec. Le hurlement qu'elle poussa réveilla en sursaut le moribond qui ne comprenait pas ce qui se passait et les survivants qui pensaient maintenant que leur ami était tombé sur des psychopathes qui le torturaient.
L'homme souleva la tête et vit une femme gueuler en insultant la mode et ses putains de poils de merde ! Il ne comprenait pas trop ce qu'il se passait, mais il savait déjà qu'il n'était plus près de l'épave, mais dans une grotte bien à l'abri des bêtes sauvages… enfin, sauf qu'il y avait deux grands fauves qui s'amusaient à lui renifler les cheveux et à lui lécher le front en ronronnant comme des gros chats. Il allait demander ce qu'il se passait, quand il vit la jeune femme se mettre un étrange produit violet au niveau de son aine, attendre quelques secondes, puis tirer d'un coup sec et pousser un cri de torturé. Ça y est, il avait compris. Elle était en train de s'épiler… Mais drôle de moment pour le faire. Maintenant que son esprit avait trouvé la cause de ce cri atroce, il se rendormit et ne fit absolument plus attention aux hurlements d'agonie poussés par la jeune femme qui se faisait belle, pour le simple plaisir de se faire belle. Quand elle eut cessé de s'automutiler, elle mit la cire utilisée dans un bol et la fit fondre jusqu'à ce qu'elle soit aussi liquide que de l'eau et que les poils qui étaient accrochés remontent à la surface. Elle les retira tous, puis quand il n'y eut plus un seul poil, elle laissa refroidir la cire et la mit dans un coin de la pièce loin du feu. Ensuite, elle s'enduisit d'une dizaine de produit pour la peau et alla se reposer, le temps que son pauvre corps se remette de ces souffrances atroces.
Au bout de quelques heures de sieste, elle décida d'aller chasser, au moins, avec la pluie, elle serait plus silencieuse et ses proies auraient du mal à l'éviter. D'ailleurs ce fut ce qui se passa avec un énorme pécari qui devait avoisiner les quatre vingt kilos de muscles. Elle lui tomba dessus et avant qu'il puisse réagir, elle lui avait déjà ouvert la gorge. Elle le traina jusqu'à sa grotte et découvrit que les deux fauves étaient partis, ils avaient dû aller chasser. Elle dépiauta la bête et fit cuire une grosse tranche de viande. L'odeur réveilla le moribond qui ouvrit un œil et découvrit la jeune femme en train de faire une purée. Dieu qu'il avait faim. Il tenta de se lever et son mouvement alerta la jeune femme qui se retourna et lui dit :
-Tiens, ça y est, vous vous êtes réveillés ?
Dirk comprit ce que la jeune femme disait, donc elle parlait anglais et elle avait un accent qui montrait qu'elle était américaine. Mais son visage lui était familier, il l'avait déjà vu auparavant. Il tenta de se mettre debout, mais il était trop faible pour cela alors il décida d'utiliser le mur derrière lui et s'assit. La regardant avec attention, il lui demanda :
-Est-ce vous qui nous avez donné de quoi manger ?
-Oui, je me disais que ce serait vraiment inhumain de vous laisser crever de faim.
-Pourquoi ne venez-vous pas avec nous ?
-Parce que vous êtes des boulets !
Dirk faillit exploser de rage et siffla :
-Nous ne sommes pas des boulets !
-Alors pourquoi vous crevez de faim alors que si vous regardiez autour de vous, vous pourriez vous nourrir sans problème. C'est pour cela que je dis que vous êtes des boulets.
Dirk serra les poings, puis souffla et dit :
-Nous ne sommes pas nés sur cette île.
-Moi non plus. En fait, nous sommes arrivés en même temps.
-Que… Comment vous nommez-vous ?
-Delphine Brown !
-Oh ! Mon dieu. Alors vous avez survécu, s'exclama Dirk en la regardant avec stupéfaction.
-Et vous êtes ? demanda Delphine avec curiosité.
-Pitt, Dirk Pitt. J'étais sur la rangée devant la votre, répondit le jeune homme.
-Ah ouais ! Le magnifique homo sapiens sapiens de la race hominidus americanus, marmonna Delphine en se remettant à rêvasser, l'imaginant de nouveau en train de tortiller son superbe popotin sous une musique salsa.
Dirk la regarda avec curiosité, car elle avait vraiment l'air d'être dans la lune et un léger filet de bave commençait à couler du coin de ses lèvres. Il allait lui parler quand deux énormes fauves entrèrent dans la grotte. Il y avait un mâle et une femelle. La femelle était noire comme la nuit tandis que le mâle était d'une chaude couleur sable. Il voulut reculer, mais le mur l'en empêcha. Le jaguar noir se jeta sur Delphine et se mit à lui lécher le visage récoltant des cris outragés et écœurés.
-Hope ! Combien de fois je t'ai dis que tu n'es pas un chien. Tu es un jaguar, panthera onca, tu es un félin intelligent qui adore l'eau !
Delphine fut outrée quand elle se rendit compte que Hope était plus intéressé par Dirk que par elle et siffla :
-Tu pourrais au moins faire semblant de m'écouter quand j'étale ma science.
Elle se tourna vers Ceylan et gronda :
-Tout ça, c'est de ta faute, tu l'as dévergondé !
Dirk la regardait avec curiosité, puis se mordit les lèvres avant d'éclater de rire. Delphine rougit violemment puis siffla :
-Oh vous ! Le détourneur de félin, arrêtez de ricaner !
Le jeune homme au lieu de s'offusquer se marra encore plus. Delphine lui lança un regard noir puis siffla :
-Jeune homme ! Il me reste énormément de cire d'épilation alors si vous voulez que je vous fasse le maillot, continuez comme cela !
Là bizarrement, Dirk cessa immédiatement de rire et la regarda avec un air innocent qui la fit sourire. Elle lui lança un regard pseudo énervé et lui demanda :
-Vous avez faim ?
-Je dévorerai sans aucun problème les deux fauves, lança Dirk avec un léger sourire qui montrait qu'il n'en avait en fait pas l'intention.
-C'est une des raisons pour laquelle je ne vous rejoindrai pas, je ne veux pas qu'ils soient abattus et dévorés, murmura Delphine en caressant délicatement les oreilles de Hope.
-Comment s'appellent-ils ? demanda le jeune homme.
-La noire, c'est Hope. Je l'ai depuis qu'elle est toute petite, en fait, depuis que j'ai trouvé cette grotte, ça fait six mois. Je me suis couchée seule et quand je me suis réveillée, cette boule de poils était à mes côtés.
-Et pour l'autre ?
-Lui, c'est un squatteur ! Il reste là pour draguer Hope. Comme il a une couleur de Cannelle, je l'ai appelé Ceylan.
-Pourquoi ?
-Parce que le Sri Lanka est le premier exportateur de Cannelle et qu'il s'appelait avant Ceylan. Voilà.
Dirk observa avec curiosité Ceylan qui se mit à ronronner comme un sonneur. Delphine outrée siffla :
-Vous pourriez au moins faire semblant de m'écouter quand j'étale ma science. Et bien si c'est comme ça, je retourne cuisiner. Au moins, le pécari ne dira rien contre moi.
A suivre
(1) Prononcez Say Lane
