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Rating : M

HP/ DM


Chapitre six

« Il y a deux choix fondamentaux dans la vie : accepter les choses telles qu'elles sont ou accepter la responsabilité de les changer. »

Denis Waitley.

Papa,

La répartition vient de se terminer, je suis, à l'instant, installé dans mon dortoir. Tout ce qui m'entoure ressemble à un merveilleux rêve.

Je ne vais pas te faire languir plus longtemps, j'ai été envoyé chez les Serpentard. Le Choixpeau avait l'air de penser que c'est la maison dans laquelle je serai le plus en sécurité. Il a parlé du poids toujours présent de notre nom dans cette maison. Je n'ai pas tout compris mais j'en suis heureux. J'espère que tu seras fier que ton fils suive tes traces, je ferai tout pour être ton digne héritier.

A part ça, le trajet s'est mieux passé que je ne l'avais craint. Et je me suis même fait un ami. Pour dire vrai c'est surtout lui qui l'a décidé mais je vais essayer de le garder. Il a été gentil avec moi et il a pris ma défense quand d'autres étudiants ont dit des choses blessantes.

Sans le savoir il m'a beaucoup aidé, avec tout ce monde, je ne me sentais pas très à l'aise mais maintenant je vais mieux.

Je suis heureux d'être ici, même si tu me manques.

Je t'embrasse.

Scorpius.

Drago relisait la lettre de son fils, pour la dixième fois, et son sourire ne voulait toujours pas quitter son visage. Bien qu'il lui ait de nombreuses fois assuré, que la maison dans laquelle il serait envoyé n'avait pas d'importance, il était tout de même apaisé de le savoir chez les vert et argent.

Le Choixpeau avait eu raison, le nom des Malefoy gardait une certaine prestance chez les serpents, et c'était là-bas que Scorpius risquait le moins d'être ennuyé. Il espérait que son fils continuerait à être heureux, même s'il ne put s'empêcher de se demander qu'elles étaient les choses blessantes que ces enfants avaient pu lui dire.

Il fut aussi touché par les mots de son garçon concernant cette amitié naissante. Drago n'en revenait pas, sa plus grande peur était que Scorpius soit isolé, mais apparemment ce n'était pas le cas. Il se promit d'en découvrir plus sur ce mystérieux garçon qui avait accompli l'impensable : charmer son fils en si peu de temps.

Il s'assit à son bureau, bien décidé à répondre immédiatement. Il savait qu'une attitude trop protectrice pouvait faire de Scorpius la risée des autres enfants, mais il voulait s'empresser de lui dire à quel point il était fier de lui. Une fois sa lettre envoyée, l'homme se permit enfin de rejoindre son lit. La journée avait été longue et particulièrement stressante. A présent, il espérait que tout continuerait sur cette voie.

De son côté, il se demandait de quelle manière il allait remplir ses journées, maintenant qu'il n'avait plus la présence constante de son petit garçon.

À l'annonce de son handicap, il avait craint ne pas être à la hauteur et de ne pas avoir la patience pour l'accompagner au travers des épreuves. Et maintenant, il se rendait compte que sa vie entière tournait autour de lui et qu'il était totalement perdu une fois seul. Il soupira longuement. Il était adulte après tout, il trouverait bien de quoi s'occuper dans l'attente des premières vacances.

A plusieurs dizaines de kilomètres de là d'autres parents attendaient impatiemment le hibou annonçant la maison dans laquelle leurs progénitures allaient effectuer leurs sept années d'études. Harry ne faisait pas exception à la règle.

Il était arrivé depuis quelques minutes au Terrier, qu'il espérait déjà une seule chose : recevoir la missive tant attendue et rentrer chez lui.

Pas que l'accueil de Molly et Arthur ne soit chaleureux, loin de là, même. Malgré sa séparation, ils continuaient à le traiter comme l'un de leurs enfants. C'était d'ailleurs ce comportement qui était le déclencheur de la tension. Ginny voyait d'un très mauvais œil que son ex-mari soit présent autour de la table familiale. Et si, en général, il évitait soigneusement d'être présent lorsqu'elle et Alderick étaient invités, il n'avait pu faire autrement cette fois.

Pour être honnête, il aurait pu attendre la lettre d'Albus bien sagement chez lui, mais, appréhendant la réaction de Ginny s'il n'était pas envoyé à Gryffondor, il avait préféré être présent pour éviter qu'elle ne lui envoie une lettre sanglante, voire une beuglante. C'était cette raison qui l'amenait à meubler une conversation précaire, assis entre George et Hermione.

Le chahut que provoqua l'arrivée des hiboux coupa court au malaise ambiant. Quatre volatiles pénétrèrent en même temps dans la pièce. Le premier se dirigea vers Luna, le second vers Ron et Hermione, le troisième se posa devant George et enfin le quatrième et dernier hibou fit le tour de la pièce pour se poser devant Harry.

George fut le premier à prendre la parole.

« C'est de notre cher professeur Londubat, qui nous annonce l'entrée de Franck à Gryffondor », déclara-il en souriant. « Neville et sa femme Hannah doivent être drôlement fiers. »

Luna lisait sa missive sous l'œil attentif de son mari. Tous les regards étaient braqués sur elle.

« Lysander assure avoir vu des traces de sirènes pendant la traversée du lac » annonça-t-elle en regardant Rolf.

Celui-ci ne sembla aucunement perturbé par les priorités de sa femme, et lui prit doucement la lettre des mains. Il la parcourut rapidement.

« Serdaigle, pour tous les deux », déclara-t-il avec son accent américain.

Ron, de son côté, avait entamé une danse de la joie, en hurlant à tue-tête.

« Rosie à Gryffondor, Rosie à Gryffondor … »

Harry inspira un grand coup. Pour le moment, il n'y avait aucune surprise, les enfants avaient atterris dans la maison de l'un ou l'autre de leurs parents. Il regardait toujours le hibou posé en face de lui, n'osant pas toucher l'enveloppe attachée à la patte de l'animal. Ginny perdit patience et lui somma de se dépêcher. Les mains tremblantes, il libéra l'oiseau de son fardeau. Celui-ci ne se fit pas prier pour disparaître aussitôt par la fenêtre. Harry décacheta la missive et parcourut l'écriture minuscule de son fils.

Papa,

Je sais que vous êtes tous réunis chez mamy et papy pour attendre de nos nouvelles, je compte donc sur toi pour partager la nouvelle avec maman et les autres.

Le trajet s'est très bien passé et je me suis même fait mon premier ami dans le train, j'espère que notre amitié sera aussi belle que celle qui vous unis toi, tante Hermy et oncle Ron.

Harry releva la tête pour regarder ses deux meilleurs amis, Ron rayonnait de fierté pour sa fille et Hermione qui le regardait plein de sollicitude. Il lui avait parlé des craintes d'Albus concernant la répartition. Et, comme lui, elle avait peur des réactions impulsives de Ginny. Il reprit la lecture silencieuse de la lettre.

Je me suis un peu disputé avec Louis et Victor, les deux amis de James, mais tu serais d'accord avec moi pour dire qu'ils sont légèrement idiots et ils s'en sont pris à mon nouvel ami. Et comme tu l'aurais fait, j'ai pris sa défense. J'espère que tu ne m'en voudras pas.

Bon, passons aux choses sérieuses. Le Choixpeau a décidé de m'envoyer à Serpentard. Comme toi, j'aurais pu lui demander d'aller à Gryffondor, mais je pense que ma place est chez eux. Je suis vraiment désolé si je déçois maman. J'espère que tu seras quand même fier de moi.

Je t'embrasse.

Albus.

« Serpentard »

Un silence de plomb s'installa dans la pièce, malgré son chuchotement, tout le monde l'avait entendu. Sous le choc, Molly dut s'asseoir, mais Harry ne regardait que Ginny. Celle-ci passa par de nombreuses émotions, toutes plus négatives les unes que les autres. Enfin elle laissa exploser sa rancœur et son incompréhension.

« C'est une plaisanterie ? », protesta-t-elle en arrachant la lettre des mains d'Harry, qu'elle parcourut rapidement. Comprenant que ce n'était nullement ironique, elle se figea et vociféra « Ce n'est pas possible, il ose demander si je suis déçue ? C'est pire que ça ! J'ai honte ! Un Weasley à Serpentard », cracha-t-elle sous les yeux réprobateurs d'Hermione et d'Harry, et ceux effarés des autres. « Tu dois faire quelque chose », finit-elle en se retournant vers son ex-mari.

« Premièrement, que ça te plaise ou non, notre fils s'appelle Potter. Ensuite, j'aurais moi-même pu être envoyé à Serpentard et je ne m'en suis jamais caché. Enfin, par Merlin, que veux-tu que je fasse ? », s'insurgea-t-il.

« Tu es le Survivant ! Je veux que tu ailles à Poudlard et que tu exiges qu'Albus soit envoyé à Gryffondor, coûte que coûte », exigea-t-elle le plus sérieusement du monde.

Cette fois-ci, l'assemblée complète la regarda, choquée de ses paroles. Chaque personne présente savait pertinemment que jamais Harry n'utiliserait son statut, quelle qu'en serait la raison.

« Te rends-tu compte des inepties qui sortent de ta bouche », questionna-t-il, furieux. « Si les parents avaient leurs mots à dire, la répartition n'aurait plus aucun intérêt. De plus, la seule chose qui m'importe c'est le bonheur d'Albus, et si sa place est à Serpentard je serai fier de porter leurs couleurs pour l'encourager s'il venait à rentrer dans leur équipe de Quidditch, dans le futur, tout comme je le ferai pour James. »

Harry avait levé le ton en même temps qu'il s'était levé de sa chaise, sous le coup de la fureur.

« Tu ne vas rien faire ? Tu vas laisser ton fils dans la maison qui a accueilli l'assassin de tes parents ? » -'

Harry n'en revenait pas de l'audace de son ex-femme. Il préféra partir avant d'avoir une parole qui risquait d'être blessante et d'envenimer les choses plus qu'elles ne l'étaient déjà.

« La seule chose que je compte faire, c'est rentrer chez moi et écrire à mon fils pour lui dire que je l'aime et que je suis fier de lui ». Il enfila sa veste et se dirigea vers la sortie après s'être excusé auprès de Molly. Avant de franchir la porte, il se retourna une dernière fois vers Ginny. « N'oublie pas que la personne qui a trahi mes parents était un Gryffondor. Par contre, celui qui a perdu la vie pour protéger la mienne était un Serpentard. Il est temps de revoir tes jugements, il en va du bonheur de ton fils. » Il transplana sur cette phrase.


To be continued...


RARA

Babylon : un grand merci pour ta review. Tu as enfin la réponse à ta question concernant la répartition. J'espère n'avoir déçu personne. Bisous

Hermione Drago : comme toujours un grand merci pour ta super review sur le chapitre précédent. Moi aussi je comprends la peur de Scorpius, Merlin ils n'ont que 11 ans et on les parachutes comme ça "seul". J'imagine même pas l'angoisse pour les enfants nés moldu qui viennent de découvrir la magie. Voilà réponse pour les maisons. Serpentard était attendu par tout le monde, je pense. J'espère n'avoir déçu personne. Bisous, encore merci.