Chapitre 6

Henry était avec Belle. Il voulait lui exposer sa théorie et lui poser des questions.

Emma entra en trombe dans le bureau de Regina sans avoir pris la peine de se faire annoncer.

– Mademoiselle Swan, que me vaut cet honneur ? Ironisa-t-elle.

– Arrêtez vos conneries « Majesté ».

– Comment… ?

– J'ai bu quelques verres avec grincheux hier soir. Il m'a tout raconté. Alors, maintenant « Votre Altesse » vous allez ouvrir ce mur à la con et nous laisser partir Henry et moi !

– Je ne peux pas.

– Mon cul oui ! Vous allez vous bouger et nous faire sortir.

Regina pinça les lèvres.

– Mademoiselle Swan, je ne vous savais pas aussi vulgaire. Ce n'est pas très élégant et cela ne vous sied guère.

– Rien à foutre si je choque vos oreilles chastes de snobe. Je ne suis pas d'une famille royale moi !

– Si, justement.

– …

– Vous êtes une princesse.

– N'importe quoi !

– Mademoiselle Swan, s'il vous plaît asseyez-vous. Il semblerait que Leroy ne vous ait pas tout dit.

À vrai dire Emma avait arrêté de l'écouter lorsqu'il avait commencé à parler d'une certaine Astrid, une sorte de fée avec un tutu rose à qui il avait très envie de montrer sa pioche…

Emma s'assit face au maire. Elle ne put s'empêcher de l'admirer. Cette femme était d'une telle beauté.

– Ok, je vous accorde une heure, lui dit-elle. Expliquez-moi.

.

Regina venait de terminer son histoire. Emma resta silencieuse un petit moment.

– J'ai abandonné mon fils ?

– Oui.

– Je n'aurais jamais fait une chose pareille.

– Emma vous aviez dix-huit ans et purgiez une peine de prison pour vol. Vous avez fait ce que vous estimiez nécessaire. Vous avez voulu lui donner les meilleures chances dans la vie.

Emma se souvint de cet instant de doute à la naissance d'Henry, devait-elle le garder ? Elle s'en voulait encore de cette hésitation.

Elle repensa à ce qu'avait dit Henry à propos de cette ville, de son sentiment de chez soi. Si c'était vrai pourquoi ne le ressentait-elle pas ?

– Henry a compris tout ce que vous venez de dire. Il vous croit.

– Ça ne m'étonne pas, il a toujours était un enfant brillant. Et puis il a le cœur du véritable croyant.

– Qu'est-ce que ça veut dire ?

– Qu'Henry croira toujours à la magie.

– Et moi… je suis le Sauveur ?

– Oui.

– Nous étions ennemis ?

– Oui… au début.

– Puis nous sommes devenues amies ?

– Oui.

– Plus qu'amies ?

– Non. Jamais.

– Et pourtant vous avez des sentiments pour moi… cette lettre…

– Oubliez-la je vous prie. Je n'étais pas dans mon état normal.

– Oui, mais vous pensez chaque mot, la coupa Emma

– Oui

– Je suis plutôt flattée.

– Emma…

Elles se regardèrent sans rien dire. Emma se surprit à trouver cette femme très attirante. La lettre qu'elle lui avait écrite et la façon dont elle la regardait à ce moment précis la troublait au plus haut point.

Regina le remarqua et s'en amusa, elle demanda d'une voix suave.

– Tout va bien, Mademoiselle Swan ?

« Merde reprends-toi ! » pensa Emma.

– Hum !... Oui… Je… Il y a quand même une chose qui m'échappe.

Regina redevint sérieuse.

– Je vous écoute.

– Comment avez-vous pu inventer tous ces souvenirs entre Henry et moi.

– Je n'ai rien inventé.

– Comment ça ?

– Je n'ai fait que vous donner mes propres souvenirs avec lui, en brodant un peu autour pour quelques uns.

– Vos propres souvenirs ?

– Oui. Lorsqu' Henry avait trois ans il a eu la scarlatine. Vous souvenez-vous de l'angoisse ressentie ?

– Oui.

– Puis à cinq ans, les oreillons. À huit ans, il est tombé d'un pommier et s'est cassé le bras. Je l'ai emmené aux urgences. J'ai séché ses larmes lui disant qu'un plâtre lui donnerait un air d'aventurier auprès de ses amis.

– Je commence à comprendre…

– Emma c'était un cadeau. Je voulais vous laisser un souvenir de moi, même sans que vous le sachiez. À cause du sort de Peter Pan et notre retour dans la Forêt Enchantée, j'étais persuadée que je ne vous reverrais jamais.

– C'est bien beau ces histoires de contes de fées mais ça ne me dit pas comment je vais récupérer mes souvenirs ?

Regina la regarda droit dans les yeux.

– Je pense que nous devons nous embrasser.

– C'est un peu facile vous ne trouvez pas ?

– Non, c'est assez logique.

– Comment ça ?

– Seule un véritable baiser peut briser le sort.

– Celui qui nous empêche de sortir ?

– Oui.

– Alors allons-y. Embrassons-nous.

– J'ai bien peur que ce ne soit pas aussi simple. Ça ne marchera pas.

– Pourquoi ?

– Parce que… Tu ne m'aimes pas soupira Regina. Et bien que rien ne me ferait plus plaisir que t'embrasser à cet instant. Ça ne serait pas juste. Je profiterais de la situation et je t'estime trop pour te faire une chose pareille.

Regina se tut se rendant compte qu'elle venait de tutoyer Emma.

– Je suis désolée. Mademoiselle Swan, pardonnez ce soudain tutoiement.

Emma l'étudia. Cette femme lui avait écrit une lettre où elle s'était mise à nue. Le tutoiement paraissait dérisoire à côté, et puis si elle restait, elles finiraient sans doute par l'adopter donc…

– C'est bon on peut se tutoyer.

– Vraiment ?

– Oui, mais sache que je t'en veux.

– Pourquoi ?

– Pour nous avoir attiré Henry et moi dans ce trou. J'avais une vie à Boston et à cause de toi je ne peux plus partir. Combien de temps ça va durer ?

– Je ne sais pas. Je te propose d'attendre une semaine. Si rien n'a changé d'ici là, peut-être essaierons-nous ce fameux baiser.

Emma réfléchit.

– D'accord. Mais qu'est-ce que je vais faire pendant une semaine ?

– Tu pourrais toujours retravailler avec le shérif ?

– Nolan ? Prince Charmant ? Ce gentil papounet de merde qui m'a abandonné avec cette hypocrite de Blanche-Neige sur le bord d'une route ?

– Ils ont fait ça pour te sauver.

Regina n'en revenait pas de défendre les Charmant.

– Ouais, c'est ce qu'on dit !

– Emma c'est beaucoup de chose en peu de temps. Réfléchis, donne-toi jusqu'à demain.

Emma hocha la tête.

– Si tu as des questions je suis là. Si Henry souhaite me voir la porte de ma maison lui est ouverte. Enfin je veux dire si cela ne te dérange pas.

Emma hocha à nouveau la tête. Elle avait vu l'air de tendresse de Regina lorsqu'elle parlait d' Henry. Le regard d'une mère pour son fils.

– D'accord, dit-elle à nouveau en se levant. Nous nous verrons donc… plus tard ?

– Oui, dès que tu le désires. Tu sais où se trouve mon bureau, lui répondit Regina en souriant.

Emma lui rendit son sourire.

– À plus tard alors Regina. Ça ne te dérange pas si je t'appelle comme ça ?

– Non, au contraire.

– À plus tard Emma.

Elle sortit du bureau en fermant doucement la porte du bureau derrière elle.