Je ne possède ni Ranma ½, qui est à Rumiko Takahashi, ni cette fanfiction, qui est à Swartzvald. Je n'ai fait que traduire cette histoire.

No Depression

Chapitre sept

L'heure du bain pour P-chan

Ranma ½ ? Jamais entendu parler.

-Une place s'il vous plait, demanda Ukyo. Oh, et est-ce que je peux prendre mon cochon avec moi ? Elle désigna le porcelet susmentionné. Il fut impitoyablement observé par la gardienne des bains publics qui ressemblait à un corbeau. P-chan se tint admirablement sous le déplaisant regard suspicieux de la femme.

-Est-il apprivoisé?

-Bu'kee, répondit le Sus scrofa profondément offensé.

-Oh oui, ajouta Ukyo, réprimant son envie de rire. Il est très bien élevé.

Incapable de trouver à redire, la femme céda.

-Je suppose que c'est bon, mais gardez un œil sur lui.

-C'est ce que je vais faire, définitivement, rit la jeune fille avant de continuer son chemin, le cochon sous le bras et traînant un monstrueux sac-à-dos, jusqu'au bain des femmes.

Les yeux de P-chan s'élargirent et il commença à se débattre.

-Arrête ça, lança Ukyo. Si tu penses que je vais te laisser sans surveillance…

Il acquiesça, elle marquait un point.

-On dirait qu'il y a de la place.

Ils inspectèrent la salle vide. Il y avait des robinets placés à intervalles réguliers le long du mur. Au fond, deux grandes baignoires, sûrement d'eau chaude. Elle le posa sous un des robinets.

-Tu as du savon et des affaires dans ton sac, non ?

Il acquiesça. Elle récupéra les objets et s'agenouilla devant lui, souriant méchamment.

Il est probablement important de mentionner à présent qu'Ukyo n'avait jamais eu d'animal de compagnie (excepté Konatsu). Quand elle était petite, elle aurait désespérément voulu avoir n'importe quelle sorte de petit animal mignon, qu'elle aurait pu laver avec affection, mais à cause des facteurs combinés de la charte d'hygiène, des allergies de son père et du temps non inconsidérable que lui prenait son entrainement, ce n'était jamais possible. Non pas que cela excusait ses actions, mais bon, elle ne pouvait pas s'en empêcher.

Après tout un concert de couinements (mutuels) :

-Tu peux y aller, tu es tout propre, dit-elle, déposant le seul et unique P-chan légèrement traumatisé au bord d'une grande baignoire.

-Attend ici que je sois prête.

Elle s'éloigna et se plaça sous le robinet.

-Et il vaudrait mieux que je ne te prenne pas à regarder.

« C'est différent », pensa Ryoga alors qu'il se glissait dans l'eau chaude, reprenant forme humaine. Même si ce n'était pas complètement déplaisant, ce n'était pas quelque chose qu'il aimerait endurer régulièrement. Se sentant plutôt gêné, il essaya de se distraire.

« Alors… c'est le bain des dames », pensa-t-il. Ce n'était pas aussi différent qu'il le pensait. Plus ou moins la même chose que le bain des hommes, juste plus… rose—enfin saumon, pour parler techniquement. Il s'enfonça plus profondément dans l'eau chaude. « Mmm, relaxant » pensa-t-il. Alors, comme cela arrive souvent quand quelqu'un essaie de ne penser à rien, il se demanda quel effet cela ferait si Ukyo le lavait sous sa forme humaine. Ses doigts doux et forts caressant sa peau nue, ses lèvres déposant des baisers papillons le long de son cou et plus bas, sa langue tracassant audacieusement son lobe d'oreille anciennement innocent, il la prendrait dans ses bras… et dans son exhaltation, l'écraserait comme un grain de raisin.

Il frissonna, c'était clairement inacceptable. Si seulement il pouvait la rendre plus résistante, par n'importe quelle technique, connaissait-il quelque chose comme ça ? L'univers retint son souffle alors que Ryoga essayait de réfléchir. On pouvait entendre un grincement à peine perceptible, comme quand quelqu'un apprend pour la première fois à utiliser une transmission manuelle.

Ryoga avait un plan.

Il apprendrait le Point de Rupture à Ukyo! Elle serait enfin assez forte pour survivre à ses affections hypothétiques. Non pas qu'il pensait qu'elle était intéressée ou quoi. Ca serait une bonne chose à lui apprendre, juste au cas où.

Mais voudrait-elle l'apprendre ? Cela impliquait une assez grande quantité de douleur, voulait-il vraiment la pousser à faire ça pour qu'elle puisse être avec lui ? Cela semblait un peu égoïste, maintenant qu'il y pensait. Il ne savait toujours pas si elle le voyait comme ça. Il arrêta son monologue intérieur, depuis quand avait-il des sentiments pour elle ? Il était sûr que c'était lui qui pensait cette fois-ci, et non le cochon. D'accord, il avait des sentiments pour Ukyo, qu'allait-il faire avec ça ? Avant de faire quoi que ce soit, il devait savoir ce qu'elle ressentait, autant être rejeté maintenant plutôt qu'après s'être pris la tête pendant des mois.

Cette fois-ci, ce serait différent.

0-0

Entre temps, de l'autre côté de la salle, Ukyo s'exaspérait. Ce putain de sable était partout, dans ses habits, dans ses cheveux, dans ses… partout ! C'était infernal ! Et ça grattait. Stupide Ryoga. Elle jeta un regard vers le Garçon Perdu et trempé.

-Je veux, grogna la partie ancienne, animale de son esprit.

-Non, répondit la partie moderne et civilisée.

-Je veux ! répéta-t-elle, soutenue par une succession d'images de plus en plus… intenses.

-Remontre moi la dernière, hum, je veux dire, non !

-JE VEUX !

-Non ! Oublie qu'il est assis juste là, tout +gulp+ mouillé et sans méfiance… humm, nu...

-Je veux.

-...

Ukyo soupira. Pas pour la première fois, elle aurait souhaité que sa mère soit encore en vie, ou au moins avoir des amies avec qui parler de choses comme ça. La seule personne avec qui elle pensait être assez proche était Akane, qui était actuellement indisponible. Les seules autres filles qu'elle connaissait vraiment étaient Shampoo et les autres sœurs Tendo. Il n'y avait pas moyen qu'elle parle à Shampoo. Ukyo était sûre que l'Amazone allait au choix : a) rire d'elle, ou b) lui dire de sauter Ryoga dans le bain. Aucune alternative séduisante, - enfin, peut être b). Kasumi… n'était pas le meilleur choix pour un certain nombre de raisons et, alors que Nabiki pourrait lui donner de bons conseils, Ukyo ne pensait pas avoir les moyens de se les payer.

Ukyo soupira à nouveau. Décidant qu'elle s'était assez nettoyée, elle se leva et s'approcha de la baignoire qui n'était pas occupée par le Garçon Perdu. Elle s'immergea dans l'eau chaude et relaxante.

-Tu peux regarder maintenant, dit-elle avec une désinvolture feinte. Pourquoi était-elle si nerveuse ? C'était seulement Ryoga, il ne ferait rien. Quoique avec sa force, s'il voulait faire quelque chose, que pourrait-elle faire pour l'arrêter ? Etait-ce un problème si elle était un peu excitée par cette idée ? Il bougea et put la voir. Il avait un regard très pensif, comme s'il essayait de se préparer à quelque chose.

-Hum, Ukyo? il rougit.

-Oui? elle se pencha en avant par anticipation.

-Euh, voila, j-je me demandais si peut être tu, hum… il était en sueur à présent.

- Dis-moi.

- Que veux-tu manger?

Ukyo était si déçue qu'elle ne remarqua pas que Ryoga se punissait silencieusement.

« Ce n'est pas si différent que ça », pensa-t-il amèrement.

Plus un chapitre 6.5 qu'un chapitre entier, mais ça ne m'a pris qu'une semaine.

Prochainement:

J'arrête de tergiverser et je mets ces deux enfants idiots ensemble.