Hello ! Nouvel OS dans la même lignée, cette fois-ci, pour remercier Probie d'avoir résolue la seconde énigme de Jeu de piste … Le thème demandé ? Tony donne des cours de drague à McGee. Je vous préviens, ça vole bas. Héhé.

Encore bravo Probie, et encore un énooooorme merci pour ton suivi ! *câlin*

Ah, et, j'ai cru m'apercevoir que tu aimais le nutella alors … *te tends un pot enrubanné d'un joli nœud rouge* T'étouffes pas avec, hein ?

Enjoy !


(NdA : point de vue alternant Tony/McGee avec quelques passages narratifs)

- Bon, alors, ouvre grand les pupilles McLoveur. Prévenais-je mon acolyte de la soirée avec un grand sourire.

Enfin, acolyte qui m'avait longuement prié pour le devenir le temps d'une sortie. Moyennant récompenses, bien sûr. Contre un certain service qui m'avait laissé esquisser un rire moqueur à peine l'avais-je entendu.

Mais bien sûr j'avais eu obligation formelle de me taire sur ce coup là.

Obligation de ne surtout pas me vanter ni émettre l'hypothèse que mon cher et bien aimé collègue de bureau m'ai demandé mes conseils en matière de drague.

Nous étions donc en tête-à-tête dans ce bar branché à quelques minutes de chez lui, dans lequel il avait repéré une jeune femme tout à fait à son goût. Sans oser réellement l'aborder. J'étais donc venu avec la volonté de le faire passer pour un homme irrésistible, donc en essayant de ne pas trop éblouir … J'avais d'ailleurs pour ce faire mis une de mes chemises me mettant le moins possible en valeur. Difficile de faire moins.

Je fis un grand sourire à la serveuse qui déposa devant nous deux vodkas tonics et reportais mon attention sur le bleu de la soirée, tendant mon verre devant lui.

- A une soirée qui va devenir mémorable, McPro !

ooo

Je me retrouvais donc là, yeux légèrement écarquillés, redoutant à l'avance de ce qui risquait de se passer durant cette soirée.

J'émis un sourire forcé à l'adresse de Tony et me redressais sur mon siège.

Surtout ne pas partir en courant.

Je m'assenais mentalement un bon slap à l'arrière du crâne et enroulais mes doigts autour de mon verre, laissant sa fraîcheur rafraîchir ma paume moite une seconde avant de le porter à mes lèvres. Et d'avaler le liquide amer d'une traite.

Autant déstresser un peu.

ooo

Minuit moins 10. Constatais-je en louchant sur ma montre.

Et Sarah n'avait toujours pas pointé le bout de se jupette de serveuse. Ni même le bout d'un talon. Et non plus d'un tablier. Ni une mèche de cheveux blonds. Ou bruns je sais plus. Peut-être qu'elle s'était teinte en rousse entre temps ? Cela expliquerait pourquoi on ne la voyait pas. Ou alors McGeek m'avait menti pour passer une soirée en tête-à-tête avec moi. Ou bien encore il avait changé d'avis et ne voulait surtout pas que Sarah me voit, car ça aurait gâché toutes ses chances de sortir avec elle. D'ailleurs ça devait être relativement bizarre pour lui de craquer sur une fille portant le même nom que sa sœur. Enfin du moment que ce n'est pas le même nom que sa mère … oh tiens les jambes de la serveuse.

- Tony ?

Je retournais mon attention vers le probie de la table, arquant un sourcil sous son interpellation de type interrogatif. Interrogative. Interrogatif ? Merde.

- Il faudrait peut-être qu'on parte. Ça ne sert à rien de rester … Argumenta-t-il d'une petite voix larmoyante.

- McGee.

Il leva son regard de cocker vers moi.

- On va rester ici jusqu'à ce qu'elle arrive.

- Mais peut-être qu'elle ne vient pas ce soir, il faudrait peut-être demander à une de ses collègues …

Je me pris la tête entre les mains en poussant un long soupir. Toute son éducation à refaire …

- Non, McNul, non ! Il ne faut pas qu'on laisse passer le moindre signe sur le fait que sa présence nous soit nécessaire, compris ? Nous sommes deux jeunes hommes célibataires pleins de fougue en train de passer une bonne soirée … C'est elle qui doit nous remarquer. Et venir.

- C'est relativement macho comme vision ça. Se permit-il d'ajouter.

- C'est ça où tu vas la voir au bar et tu lui mets la main au cul en lui proposant de la ramener.

Il fronça les sourcils et regarda au loin dans une expression de profonde réflexion, faisant tourner son troisième verre de gin entre ses doigts.

Oui, bon, on s'ennuyait légèrement en attendant.

Et la petite serveuse blonde qui se croit obligée de revenir à chaque fois qu'on vide un verre. Et dites-moi comment résister à un tel minois qui vous propose un cocktail, en plus !

ooo

Je commençais à déprimer. Elle ne viendrait pas, c'était sûr. Et je me verrais obligé de passer la soirée à boire pour noyer mon chagrin. Avec Tony.

J'en étais là de mes désastreuses conclusions lorsque je sentis une présence dans mon dos. Féminine au vu de l'odeur. Et du regard de Tony.

Une déesse brune passa devant notre table, un plateau en équilibre précaire tenu d'une main. Et mon cœur loupa un battement – ou alors étais-ce à cause de l'alcool ? – en reconnaissant Sarah.

- Tony ! M'exclamais-je silencieusement. C'est elle !

- Rah, McStressé, tu ne pouvais pas choisir moins séduisant ? Plus à ta portée si tu préfères ?

Je lui envoyais un coup de pied dans le tibia bien senti qui lui fit étouffer un glapissement et retournais mon attention vers la déesse américaine, occupée à slalomer entre les tables, un immense sourire aux lèvres qui me fit à nouveau craquer.

Oui, j'entendis distinctement un petit « crac ».

Ou peut-être était-ce mon rêve qui se brisait quand je vis qu'elle répondait par un sourire à mon cher et bien aimé collègue qui venait de lui dévoiler une rangée scintillante de dents brossées façons émail diamant.

Je plissais les yeux façon méchant et l'attrapais par le col de sa chemise de façon à ce que son attention soit captée par une autre personne qu'elle.

- Tony. Commençais-je ma sentence d'une voix mauvaise.

ooo

Je retournais mon attention vers McNerveux qui n'avait pas l'air très heureux de découvrir la tournure que prenaient les événements. Remettant négligemment le col de ma chemise en place, je zieutais au passage Sarah qui passa à côté de nous en coup de vent.

Je n'écoutais qu'à demi-mot la tirade sentenciée qui s'échappa des lèvres du bleu, remarquant la petite veine qui jouait du tambourin le long de sa gorge.

- Fini ? Demandais-je lorsqu'il reprit laborieusement sa respiration après 30 bonnes minutes de lutte acharnée pour tenter de capter mon attention.

- Je te propose un petit challenge, McRougeVif. Repris-je.

- Quoi ? Répondit-il en fronçant les sourcils.

- Action ou vérité ?

Son visage se décomposa.

Je suis sérieux ! Vraiment. Il passa par divers nuances de vert avant de virer au blanc légèrement teinté de rouge. Je n'avais plus l'habitude des visages expressifs à force de collaborer avec Gibbs. J'avisais mon troisième - ou quatrième ? - verre de Gin - ah non, autant pour moi, de Get - et avalait le fond d'un trait. Autant se mettre dans l'ambiance.

- Ça ne peut qu'être bénéfique pour toi. Action ou vérité ?

- Ni l'un ni l'autre, Tony, tu ...

- Ou je vais parler à Sarah. Le coupais-je. Et tu sais comment je suis.

- Vérité.

- Ta dernière rencontre d'un soir remonte à quand ?

- Action.

J'esquissais un sourire. Ah, la manipulation, la plus belle invention de l'homme.

- Je te déteste.

- Je t'aime aussi, McTristounet.

Je me frottais mentalement les mains. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

- Lâche le morceau ... Se lamenta le bleu.

ooo

Quoi. Quoi ? QUOI ?! S'exclama mon subconscient lorsqu'il eut fini d'assimiler ce que venait de dire Tony. Mon palpitant se mit à battre la chamade, à coups sourds remontant jusque dans ma tête. Non. Il n'était quand même pas sadique au point de faire ça. Non !

Je m'explique. J'ai deux choix. Soit je vais la voir soit … Tony s'en charge. Et s'il arrive à la séduire mieux que moi, mon dieu je n'ose pas imaginer la honte qui s'abattra sur mes frêles épaules. Jusqu'à la fin des temps !

ARG. Je crois que même le regard de chien battu ne le fera pas changer d'avis.

C'est fou. On dirait qu'il est passé en mode prédateur. Il me fait presque peur.

Je me mis à tourner brusquement la tête de droite à gauche puis m'arrêta bien vite, ressentant la désagréable impression que mon cerveau entouré de coton était en train de jouer au flipper dans ma boîte crânienne.

Je louchais donc sur mon verre semi-entamé d'un air plein de reproche.

J'aurais du commander une limonade. Comme d'hab.

Enfin non, pas comme d'habitude ! Haha. Je suis un homme, moi. Alcool, toujours. Hum.

ooo

- Hé, hé, Ivy !

- Oui ? Répondit une brunette.

- Tu vois ce que je vois ?

- Quoi ?

- Là ! S'écria la blonde en pointant l'intérieur du bar devant lequel elles passaient.

- … Heu, ouais, et ?

- Ca te tente qu'on fasse notre expérience ici ?

Sa coéquipière se tut, se tordant machinalement la bouche en une expression d'intense réflexion.

- C'est … quand même dangereux … finit-elle par lâcher d'un ton hésitant.

- Tu veux rire ! C'est une expérience. Ils ne sauront rien, ne verront rien. Je t'assure !

- Bon. Allez.

Et elles poussèrent la porte d'un air décidé.

ooo

- Mais … On a rien commandé, mademoiselle ! Assurais-je à la serveuse lorsqu'elle déposa deux Gin devant nous, en m'arrêtant en même temps dans le speech que je m'apprêtais à faire au bleu pour le motiver.

- C'est de la part des deux filles, là-bas.

Elle désigna une table, un peu plus loin, où une blonde et une brune nous firent un petit signe de la main.

J'ouvris à demi la bouche, légèrement épaté. Visiblement mon charme marchait même à distance. McGêné esquissa un sourire gêné et retourna son attention vers l'homme de la soirée. Autrement dit, moi-même. La blonde me tendit son verre à distance, comme pour trinquer, et elle le porta à ses lèvres, imitée par son amie.

Je fis aussitôt de même et avala la boisson d'un coup. Héhé. C'est ça, un maître. Même pas de grimace causée par l'amertume, comme celle qui vient de crisper le visage de McChochotte.

Je décidais de me lever d'un pas décidé, décalant un pied pour le sortir de sous la table. Je m'appuyais ensuite dessus, posant les mains sur les bords, et me levais, la tête droite avec toute la classe associée à mon rang, le sourire étincelant en bonus.

Même pas besoin de pastille de menthe. L'alcool, ça désinfecte.

Mais … A peine eu-je posé mon autre semelle un pas devant qu'un violent vertige me fit dévier de ma trajectoire. Assez légèrement pour que je vienne me cogner au bar à ma droite, poser mes mains dessus pour ne pas encore tomber plus bas, faire un grand sourire à la serveuse qui me regarda en haussant un sourcil et … faire demi-tour en direction des toilettes.

Sachant parfaitement avoir été … disons assez drôle pour les témoins.

Les toilettes pour homme, hein, quand même.

ooo

Un truc mouillé mouilla soudainement ma lèvre tandis que j'observais très discrètement Sarah.

Je sursautais et me redressais vivement en me rendant compte, à mon grand désarroi, qu'il s'agissait de ma propre salive. J'en venais à me baver dessus. Inquiétant !

Sarah passa devant moi sans paraître avoir remarqué mes pommettes rougies, et je remarquais par la même occasion que Tony avait déjà disparu de mon champ de vision depuis pas mal de minutes. 5 ou 6. Ou 20, qui sait, j'étais occupé ailleurs.

Au moment où je commençais à évoquer sérieusement l'hypothèse d'une noyade dans un urinoir - en me demandant bien comment, quand même – il réapparu soudainement, frais comme un gardon.

Tout frétillant, un sourire d'une oreille à l'autre et plus encore.

Un voile trouble se faufila devant mes prunelles, me faisant voir quelques images psychédéliques sorties d'ont ne sait où qui me perturbèrent légèrement. Je fermis fort les yeux, chassant ces étranges images de mon esprit.

- Relax, c'est pas Jésus que tu viens de voir, c'est que moi. Fit Tony – c'est vraiment nécessaire de préciser qui a dit ça ? – en s'asseyant sur son siège.

Je dardais sur lui un regard blasé.

- T'es malade ? Me demanda-t-il en grimaçant.

Bon, OK, stop le regard blasé.

- Vous désirez quelque chose ? Questionna une voix pas très loin de mon oreille. A environ 1m70 du sol, pour être précis. Il faut toujours être précis. C'est Abbs qui m'a appris ça.

Je tournai la tête sur le côté puis la monta légèrement – eh oui, 1m70 – pour aussitôt me pétrifier telle une statue.

ooo

- B-Bonsoir … Babilla le bleu.

Héhé. Une allitération, z'avez vu ?

Bref. J'offris un sourire moqueur à McYeuxquipétillent et offris à Sarah une magnifique dentition parfaitement droite et blanche – j'ai vérifié dans les toilettes.

Elle m'en offrit un légèrement de biais en fronçant les sourcils.

- Heu … vous avez besoin de quelque chose ? Réitéra-t-elle.

J'attendis, laissant à McPro le soin de répondre à sa presque dulcinée.

Sauf qu'il décida visiblement de faire de même puisque quelques secondes très gênantes filèrent sans que l'un de nous n'ait ouvert la bouche.

Avant qu'elle ne lance un regard significatif à son patron, ainsi qu'un léger signe du menton nous désignant.

- Heu, dans ce cas, je … N'hésitez pas si vous avez besoin !

Et elle fuit vers d'autres horizons, nous laissant pantois.

- Le bleu. Commençais-je en grinçant des dents. C'était une occasion en or.

- Je … J'ai vu un truc bizarre.

- Quoi ?

- J'en sais rien.

- Non, quoi comme truc ?

- Heu … C'est dur à dire mais je vois des choses …

Ok. Génial. Il tournait fou.

- Super, McIrma, ta boule de cristal t'as informé à l'avance de la honte monumentale que tu viens de nous faire subir et tu as décidé de nous la faire subir quand même histoire de vérifier, c'est ça ? C'est quoi, la suite des réjouissances, le petit serveur boutonneux va nous filer rencard ? Dis-moi tout !

Il ne me répondit pas, une expression mi-étonnée, mi-dubitative au visage, et suivit du regard quelque chose qui passa sous mon nez puis le long de la vitre à côté de nous.

- Heu … Commençais-je en zieutant l'énième verre qui trônait devant lui.

Il tordit le cou pour suivre la chose, puis elle dû vraisemblablement s'évaporer dans le cyberespace puisqu'il redirigea son attention vers moi. Enfin, vers moi ou vers quelque chose sur mon épaule. Je regardais donc celle-ci, ce qui évidemment ne m'apprit rien.

McFou vint poser deux doigts de chaque côté de son nez, fermant les yeux.

- Tony, je crois que … On a été drogué.

Il posa ses mains à plat sur la table, sourcils froncés, m'offrit deux jolis yeux rougis et observa vivement les alentours. A cet instant, il ressembla furieusement à une souris épileptique.

A moins que … donc ce n'était pas réellement un écureuil rose que j'avais croisé dans les toilettes ?! Je fermis les yeux, le cerveau assailli par une vague de piques douloureux. Et quand je les rouvris, dirigés droit vers McEtrange, j'eu l'impression de le voir à travers un filtre pour photo. Mais si, ce genre de truc où on peut grossir un visage, le tournicoter, gonfler un œil, etc … Ces applications débiles sur portable dont je me sers parfois pour lui mettre la honte.

Ben là, j'eu l'impression qu'il s'était vraiment matérialisé en les photos que je prenais de lui. Sa tête se mit à tourner sur elle-même, me faisant écarquiller les yeux dans un léger mouvement de recul.

J'ai peur.

ooo

- N-Non, T-Tony ! Je te dis que c'est pas normaaal ! M'écriais-je doucement pour que personne ne nous écoute.

- Oui, bon, je te l'accorde. J'ai des visions même quand je ferme les yeux, et je ne veux surtout pas voir Palmer dans ce costume. Brr.

Il se mit à rire. Tout seul. Comme un idiot. Pour je ne sais quelle raison, les coins de ses lèvres s'étirèrent et il se mit à rire.

Je l'observais deux secondes, jetant un coup d'œil inquiet aux environs, et me mit à sourire doucement aussi.

Pour rapidement partir dans un franc éclat de rire, les zygomatiques tiraillés à force de me retenir. J'apercevais à travers les larmes qui brouillaient ma vue que quelques clients nous observaient en riant aussi, ou alors nous jetaient des coups d'œil inquisiteurs, ce qui ne fit qu'accentuer ma démence et par le même biais celle de Tony.

Je sentis vaguement une main me soulever par le bras, et je me levais comme un automate sans même réfléchir. Quelques secondes plus tard, je me retrouvais assis sur le sol. En même temps que mon hilarité s'effaçait, j'éprouvais un léger pincement au cœur lorsque je me rendis compte que nous n'étions plus dans le bar mais dans une rue, en témoignant les gravillons pointus et froids sur lesquels j'étais assis.

ooo

Je fronçais les sourcils, louchais, papillonnais des paupières et finalement me décidais à tourner la tête de droite à gauche, me rendant compte que je n'étais absolument plus dans le bar. Mon dos se redressa soudainement, mes sens reprirent un peu de leur alerte et je décidais de me lever d'un bond pour faire passer à nos kidnappeurs l'idée de nous avoir posés dans une ruelle déserte.

Sauf qu'à peine eu-je posé un pied sur le sol qu'aussitôt je me sentis chuter en avant.

- Ohla ! s'écria une voix, posant deux mains sur mes épaules pour me faire retomber au sol sans ménagement.

Bon, Ok, les réflexes de super agent, pas pour ce soir.

Des doigts s'agitèrent devant ma vision floue et un claquement résonna à mon oreille, m'obligeant à me concentrer sur la silhouette devant moi. Je frottais un instant mes yeux et les rouvris, toujours circonspect quand je découvris l'apparition de rêve campée devant moi, occupée à invectiver sa collègue.

Et non, cette apparition n'est pas McGee, je tiens à le préciser.

A moins qu'il n'ai fait de la chirurgie esthétique. Beaucoup, même.

- Hé, ça va ? Me demanda la brunette en reportant son attention sur moi, pauvre victime.

J'émis un grognement étouffé.

- Où est-ce que tu vas toi ! S'écria une autre voix féminine.

Je vis McFonceur passer devant moi, peu à l'aise sur ses deux jambes, marchant vers les néons colorés du bar.

-J'ai un truc à faire ! répondit-il sans s'arrêter, malgré le fait que la blonde soit cramponnée à son bras, talons fermement ancrés dans le sol, prêt à le retenir par tous les moyens.

Elle réussit même à la faire ralentir, bien que ses talons fussent en train de glisser sur le macadam. J'haussais un sourcil interrogatif et retournais mon attention vers la brune bouche-bée.

- Vous êtes qui vous ? Et qu'est-ce que je fais là ? Lui demandais-je.

- Heu, je … Il fallait vous faire prendre l'air, vous n'étiez pas très à votre aise là-dedans. Répondit-elle en louchant vers mon insigne de flic, les pommettes rosissant à vue de nez.

Je me levais difficilement, aidé par notre heu … sauveuse ? J'avais une intuition, mais impossible de mettre la main dessus dans le joyeux bordel qui régnait actuellement entre mes deux oreilles.

- Mais qu'est-ce qu'il fait … Marmonnais-je en voyant le bleu entrer dans le bar d'un air décidé.

Je posais mon nez sur la vitre, l'observant vaquer à l'intérieur du bar. La jeune femme m'imita, curieuse, observant son amie qui visiblement avait décidé d'abandonner la partie et le regardait, bras ballants, s'approcher dangereusement du bar où une serveuse servait.

Je rêvais ou … Non ? Non ? Il ne venait quand même pas d'essayer de l'embrasser ?!

J'écarquillais les yeux, incrédule, tandis que Sarah prenait une couleur rouge/violet – peut-être à cause de cette action imprévue ou de l'odeur d'alcool, qui sait – le fait est qu'elle récupéra ses réflexes plus vite que moi, et envoya ses phalanges rencontrer la joue de son agresseur pour s'enfuir dans la seconde.

J'entendis la brune jurer et entrer dans le bar. Elle récupéra sa copine et McPerdu et les fit sortir en un coup de vent.

ooo

Le vent frais du dehors vint raviva la douleur sourde qui avait blessée ma joue – et mon ego.

Je ne fis même pas attention aux élucubrations moqueuses de Tony, chancelant sur ses jambes presque autant que moi tandis que la brune l'empêchait tant bien que mal de se prendre tous les poteaux qu'ils croisaient.

Au moins, j'avais le mérite d'avoir essayé. Pas de la manière la plus classe qui soit. C'était ça ou la méthode Tony, et j'étais plutôt fier de n'avoir pas expérimenté la sienne au risque d'avoir créé une émeute.

Enfin, fier est un grand mot.

Hum.

- Je pense qu'il est temps qu'on vous explique … fit la brune alors qu'elles venaient de nous emmener dans une autre rue déserte.

Elle fusilla du regard son amie qui tenta d'émettre une objection et nous assit fermement sur un banc.

- En fait heu … On a voulu faire un test. On est élèves en médecine et … on voulait étudier en vrai les effets de heu … vous m'avez comprise.

La nouvelle mit quelques temps à monter jusqu'à mon cerveau. Visiblement encore plus pour mon acolyte, qui ne réalisa vraiment les choses qu'à ma reformulation.

- Vous nous avez drogués ?!

Elles échangèrent un coup d'œil et nous répondirent par une grimace contrite.

- Vous êtes au courant qu'il y a des souris de laboratoire pour ça ? Intervint Tony en sortant de son état de torpeur.

- Oui mais c'était mieux en vrai … Répondit la blonde en se dandinant.

Un silence de plomb s'abattit sur le quatuor que nous formions. Deux gênées, et deux autres émergeants lentement. Quoique. Ca venait, ça repartait, j'avais juste l'impression d'être dans une montagne russe.

Je clignais des yeux plusieurs fois tandis que la brune reprenait son plaidoyer.

- Et puis, demain vous n'aurez aucuns souvenirs de cette soirée et on était quand même dans le coin, au cas où … On vous surveillait à distance, vous étiez en sécurité !

En sécurité. Hahaha. Le ridicule, c'est vrai que ça ne tue pas remarquez …

- Et, on pourrait savoir vos noms, quand même ? S'enquit Tony.

- Non, quand même pas, maintenant qu'on sait que vous êtes flics … Répondit-elle avec une petite moue en désignant l'insigne de Tony.

- J'croyais qu'on allait plus se rappeler de rien le lendemain ? Et puis c'est à vous de voir si vous voulez continuer votre expérience en examinant les effets d'après … Répondit-il avec un certain bon sens, sans doute dû à un rare mais bienvenu éclair de lucidité.

- Heu … Emit simplement la blonde.

- Et mais, si on ne se rappelle plus de rien demain, alors pitié éloignez-moi de McPervers on sait jamais ! S'écria à nouveau mon très cher et bien-aimé collègue.

- Hé ! J'ai gagné l'action ! Repris-je à mon tour, sujet à un afflux de souvenirs.

- Quoi ?

- Action ou vérité !

- Ah non hein, là, jouer, ce serait profiter de mon état.

- Mais non ! Je te dis que j'ai gagné l'action que tu m'avais dis de faire.

- On a rien mis en jeu, le bleu, t'as rien gagné du tout. Par contre t'as perdu ta fierté.

Je me tus.

Du verbe se taire, mais aussi du verbe tuer.

Je m'auto-tuais silencieusement.

- Et dites, vous habitez où ? Demanda la brune, me faisant sortir de ma torpeur. Car on va vous ramener, ce sera, hum … plus simple.

- Dans un appartement. Répondit mon coéquipier.

- Je crois que le mien se situe dans un immeuble. Renchéris-je.

- Oui mais …

- C'est quoi mon prénom, au fait ? Demanda Tony.

Je le soupçonnais de vouloir les effrayer un peu, ce qui eu l'air de marcher puisque la blonde ouvrit des yeux comme des soucoupes et planta ses ongles dans le bras de son amie.

- Vous n'auriez pas quelqu'un à appeler qui pourrait vous ramener ? S'enquit cette dernière avec des trémolos dans la voix.

ooo

- Non.

Héhéhé.

- J'ai pas d'amis. Renchéris-je tandis qu'elles haussaient les sourcils.

- Moi non plus. Personne m'aime. Ajouta McVéridique.

Elles restèrent muettes un instant, hésitantes sur la marche à suivre.

- Y a bien mon poisson rouge, mais il ne risque pas de vous être d'un grand secours.

- Sinon, y a Leroy.

- Leroy ? S'enquit la blonde.

- C'est mon chien.

Elles se lancèrent un regard blasé, légèrement conscientes il me semble du fait qu'on se foutait d'elles.

La brune plongea sans ménagement la main dans le manteau de McGeek et en sortit son portable.

- Hé !

- Je regarde vos appels récents, il y a bien un d'eux qu'on pourra appeler.

La blonde tendit le nez par-dessus son épaule et elles inspectèrent tranquillement les numéros.

- Vous savez que du coup on pourra retrouver vos empreintes ? Dis-je avec un bon sens qui me surprit moi-même.

Elle haussa les épaules.

- On dira qu'on a porté assistance à personne en danger.

Elles s'éloignèrent quelques secondes tandis que la brune portait le téléphone à son oreille.

J'aurais du m'inquiéter de qui elles allaient appeler, je le savais.

Mais je n'avais pas le courage de le faire. Ou pas la lucidité.

Le fait est qu'elles revinrent rapidement, les joues légèrement roses et le souffle court, et qu'elles attrapèrent chacune notre manteau.

- Hééé. Riposta le bleu.

- Vous faites quoi là ?

Elles lièrent les manches de nos manteaux au banc sur lequel nous étions assis et se relevèrent.

- On va rester à bonne distance, pour vérifier que votre amie va bien venir vous chercher, et aussi pour vérifier que vous ne vous sauviez pas …

- Si vous bougez un orteil, on vous assomme. Ajouta la blonde légèrement à cran en observant les environs.

ooo

Nous nous retrouvâmes bientôt, moi et Tony, seuls et désœuvrés, attachés à un banc à 1h du matin.

Ou 2h, peu importe.

Je vis sa tête dodeliner, yeux fermés, et lui lançait un coup de pied dans la jambe.

- Tony ?

- Quoi, McChiant ? Dormir est le meilleur moyen de ne pas bouger. Et c'est ça où je te cite Fast and Furious en entier, à toi de voir.

- Bonne nuit.

Je restais donc seul, songeur, bercé par le ronronnement d'un moteur slalomant à toute vitesse.

Une voiture à toute vitesse ?!

Je me redressais légèrement, tendant le cou vers la droite. L'éclat de ses phares me fit fermer les yeux tandis que le conducteur se garait le long du trottoir.

Je les rouvris juste à temps pour voir une silhouette connue s'extirper du véhicule.

Oh oh.

Gibbs.


Muahaha, je vous avais prévenus que ça partirait loin … Aloooors ?

J'aurais certainement moins le temps d'écrire les prochains mois – faute des révisions du bac, et faute d'inspiration aussi, je dois l'admettre – alors les suites d'In Paris with love et de Jeu de piste risquent de se faire attendre … Je ne les oublierai pas pour autant, j'espère que vous non plus !

J'essaierai néanmoins de continuer à vous suivre et vous reviewer fréquemment, en plus, avec Skye, nous sommes en train de réfléchir au Concours « FanFiction Cup » (cf. Forum). Il se concrétise et sera normalement bientôt là. )

¡ Hasta la vista amigas ! Et encore une fois merci à toutes, vous n'imaginez pas à quel point chaque review me fait plaisir !