Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent à J.K.Rowling, je ne gagne aucun argent en m'appuyant sur ses oeuvres.
Merci à mon amie Sploutch pour son aide et ses corrections.
Chapitre 7 – Rêves et Souvenirs
Cher Harry,
Je suis heureux de te savoir de nouveau dans le monde de la sorcellerie. J'avoue en avoir longtemps voulu à Dumbledore de t'avoir placé chez des moldus. Même si je comprenais ses motivations, il me semblait possible de t'assurer une protection suffisante contre les serviteurs de celui que tu as détruit. Certes tu avais de nombreux ennemis, mais le plus puissant d'entre eux a aujourd'hui disparu.
Je comprenais également qu'un enfant peut être dépassé par une célébrité trop grande et que cela risque de lui tourner la tête, mais il me semblait possible de te trouver une famille et une éducation qui ne t'auraient pas permis de t'égarer sur ces chemins hasardeux. Et puis, j'avais confiance en toi.
Malheureusement, j'étais loin à l'époque, et j'ai du m'estimer heureux de recevoir des nouvelles. J'espère simplement que tes années loin du monde magique t'ont été profitables, et que tu n'as pas été trop submergé par cette nouvelle vie, cette nouvelle popularité.
Tu comprendras qu'il est difficile d'écrire en quelques lignes qui étaient tes parents. Sache que c'étaient des personnes formidables, notamment ton père, à qui je dois plus que la vie.
Je serais heureux de te parler d'eux, et de savoir qui tu es devenu, mais je suis loin et je peux difficilement revenir dans l'immédiat. Pourras-tu attendre mon retour pour ce récit ? D'autres que moi les ont connus. Je pense que tu pourras trouver dans ton entourage des personnes pour te parler d'eux. Le professeur Dumbledore est un grand homme, et je pense qu'il pourrait également prendre un peu de son temps si tu as des questions à lui poser.
Amuse toi bien à Poudlard, lieu de toutes les aventures, et promets moi de tout me raconter quand l'on se verra.
Avec toute mon affection,
Remus J. Lupin
Hedwige était revenue avec la lettre après avoir fait manifestement un long et éprouvant voyage. Harry comprenait mieux pourquoi elle avait mis autant de temps à revenir. Toute contente d'avoir accompli une telle mission avec succès, elle montrait sa joie de le revoir et de lui apporter satisfaction. Harry la cajola et lui offrit quelques friandises avant de s'intéresser à une autre lettre qui était arrivée au même moment, par un des hiboux de l'école. C'était Hagrid qui se plaignait de ne pas avoir eu de ses nouvelles après qu'il se soit rétabli. Harry décida que, plutôt que de lui écrire une lettre, il passerait le voir pour se faire pardonner.
Un peu plus tard, après les cours, il se rendit en compagnie de Neville, Ron et Hermione rendre visite au garde chasse. Et sur le chemin, alors qu'il répondait à une question de Neville qui lui demandait comment il avait connu Hagrid, Harry se rappela comment celui-ci s'était présenté.
Interrompant sa narration, il demanda à ceux qui l'accompagnaient :
- Au fait, Hagrid n'est pas que le garde chasse, n'est-ce pas ? Lorsqu'il s'est présenté, il m'a dit qu'il était le gardien des clés et des lieux à Poudlard...
- C'est vrai, mais garde chasse c'est plus facile à dire, lui répondit Ron. Et puis, c'est surtout un titre, ça ne porte pas beaucoup à conséquence ...
Oh si, songea Harry, cela porte beaucoup à conséquence. Premièrement, il doutait que la fonction de gardien de Poudlard se réduise à la fonction de garde chasse. Et ensuite, le serpent dont il avait rêvé avait précisé que le favori du gardien n'était pas suffisamment puissant. S'il ne se trompait pas, le gardien désignait Hagrid. De quel favori s'agissait-il ?
Mais ils arrivaient à la cabane et Hagrid se fit une joie de les recevoir. Après avoir discuté quelques temps sur ce qui était arrivé à Harry peu auparavant, ils parlèrent de tout et de rien, jusqu'à aborder les monstres que Hagrid trouvait affectueux.
Harry, comprenant soudain qu'il tenait sa solution, demanda :
- Et vous ne possèderiez pas un monstre de cet acabit ? Genre ... un chien à trois têtes ?
Ses camarades le regardèrent d'un air horrifié. Ron et Neville parce qu'ils craignaient qu'ils se fassent punir pour avoir essayé d'entrer dans le couloir interdit, Hermione parce qu'il osait insinuer que Hagrid pouvait être assez fou pour introduire un tel monstre dans le château. Mais Harry sut qu'il avait vu juste quand Hagrid s'exclama :
- Vous avez vu Touffu ?
- Touffu ? Demanda Harry, intéressé.
- Je l'ai acheté à un ami grec l'année dernière. Je l'ai prêté à Dumbledore pour garder ...
Hagrid s'interrompit, conscient de dévoiler un secret du directeur. Mais Harry ne lui laissa pas le temps de chercher comment ils pouvaient être au courant.
- Garder quoi ? S'enquit-il.
- Non, ça suffit, plus de questions. C'est top secret. Vous ne devriez même pas être au courant pour Touffu.
- Il n'est pas suffisant pour garder ce qu'il doit garder, Hagrid. Il faudrait des protections supplémentaires.
- Ne dis pas de bêtises, seuls le professeur Dumbledore et moi savons comment passer devant lui. Et personne ne se risquerait à vouloir le combattre alors que le directeur est dans les parages. Alors cessez de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas. C'est une histoire entre le professeur Dumbledore et Nicolas Flamel.
- Nicolas Flamel ? Cela me dit quelque chose ... releva Harry.
Et Hagrid finit par les jeter dehors, prétextant qu'il les avait assez vus et qu'ils pourraient revenir quand ils ne se mêleraient plus des affaires de l'école. Sur le chemin, Hermione lui demanda :
- Pourquoi veux-tu absolument savoir ce que garde ce chien ? Pourquoi dis-tu que ce n'est pas une protection suffisante ?
- Cela a un lien avec celui qui veut me tuer. Je sais qu'il veut aussi récupérer l'objet dont Touffu a la garde.
- Mais comment sais-tu tout cela ?
- Je dois vérifier certaines choses avant de te répondre, mais j'aimerais bien que vous m'aidiez pour trouver qui est ce Nicolas Flamel.
Finalement, Harry n'avait pas trouvé de moyen d'empêcher le professeur Rogue d'accéder à ses souvenirs, par accident ou intentionnellement. La seule chose qu'il pouvait faire était de l'empêcher de divulguer ses secrets, mais il doutait que celui-ci accepte une telle contrainte.
Il alla tout de même trouver le maître des potions pour lui faire part de ses conclusions. Lorsqu'il frappa à la porte, son professeur le fit entrer sans un mot, et, une fois la porte fermée, il demanda :
- Alors Potter, avez-vous trouvé une solution à vos problèmes ?
- Rien qui vous empêche d'avoir accès à mes souvenirs, malheureusement. Le mieux que je puisse imaginer est de vous empêcher de dévoiler mes secrets. Et je ne suis pas sûr que vous accepteriez cela professeur.
- En effet, ce serait un trop grand risque. Il y a trop de moyens pour arracher les secrets à quelqu'un, même si cela comporte des conséquences néfastes pour leur détenteur.
Il y eut un silence et, avant que Harry ait pu proposer qu'il lui enseigne la théorie et lui donne quelques conseils, le professeur Rogue reprit :
- En fait, j'ai moi aussi cherché ce qui pourrait convenir à votre souci. Voyez-vous, le professeur Dumbledore et ses proches vous trouvent trop mystérieux et ont peur de ce dont vous pourriez être capable. Si bien que même si vous ne voulez pas vous confier, il serait toujours bénéfique d'avoir quelqu'un à vos cotés pour éviter que vous ne vous égariez.
Ils veulent quelqu'un pour me surveiller, comprit Harry. Donc ils sont prêts à aller dans mon sens plutôt que de savoir que je suis hors de tout contrôle. La peur de Voldemort est encore trop présente j'imagine.
- Ainsi donc, continua Rogue, j'ai retrouvé parmi les trésors familiaux un objet qui pourrait vous convenir. On l'appelle l'œil de l'atoskr. Il permet de sceller des souvenirs d'une manière extrêmement efficace, mais comporte de nombreux inconvénients. Tout d'abord, les souvenirs scellés sont autant cachés à leur propriétaire qu'à n'importe qui d'autre. Ils sont toujours présents, mais inaccessibles. Ensuite, il faut un certain éloignement entre l'objet et son utilisateur. Vous ne pourrez donc pas le garder sur vous, où il risque de ne pas fonctionner correctement. Ensuite, quiconque le touche s'approprie les souvenirs qu'il contient et enfin, c'est une porte ouverte sur votre esprit : même un moldu pourrait vous contrôler s'il le trouvait.
- Il suffit donc de le cacher suffisamment bien pour que personne ne le trouve ? Demanda Harry.
- Hélas, ce n'est pas si simple. Plus le temps passe, plus il émet une aura puissante, attirant tous ceux qui passent à sa portée. Et la puissance contenue dans les souvenirs est grande, en puisant dans cette force, il peut atteindre une zone de la taille de l'Angleterre au bout de plusieurs années.
- A quelle vitesse sa zone d'attraction se déploie-t-elle ?
- Ce n'est pas une vitesse constante. Elle s'accroît au fil du temps. En un mois elle ne dépassera pas les deux mètres de diamètre. Mais en trois, elle pourra contenir tout l'espace de ce bureau.
- Bien. Je trouverai une cachette suffisante. Laissez moi un peu de temps pour la préparer. Autre chose : je suppose que cet objet est basé sur la magie noire. N'y a-t-il pas un risque que l'on détecte son utilisation dans le château ?
- En effet. Au moment de déposer ou de reprendre ses souvenirs on peut détecter son utilisation. Aussi je vous conseillerais de le faire ici, je peux en cacher les effets. De plus, sa nature apparaîtra clairement si son aura magique se déploie trop.
- Il ne me reste plus qu'à trouver la cachette idéale donc. Quelle taille fait l'objet ?
Le professeur Rogue lui tendit un petit objet, finement ouvragé. C'était une boule de verre, contenant un filament métallique. La boule était emprisonnée dans des tiges de métal et reposait sur le socle d'où partaient ces branches, dans une caricature d'arbre. L'œil de l'atoskr aurait pu tenir dans un cube de dix centimètres de coté.
Noël arrivait à grands pas. Ils n'avaient toujours pas trouvé de piste sur Nicolas Flamel malgré l'acharnement qu'ils y mettaient. C'était leur seule piste pour trouver qui pouvait être celui qui avait voulu tuer Harry, et les Wealeys, Hermione et Neville l'avait aidé à feuilleter tous les livres (ou presque) de la bibliothèque.
Ils ne pouvaient malheureusement pas réclamer de l'aide auprès d'un professeur, de peur de prévenir par la même occasion le coupable. En fait, personne ne savait ce qu'ils cherchaient.
En plus de cela, Harry cherchait des informations sur les dragons ainsi qu'une cachette suffisamment sécurisée pour y cacher l'œil de l'atoskr. Inutile de dire que son emploi du temps était donc bien chargé. Malheureusement, pas plus que pour Nicolas Flamel, il ne trouvait d'idée de cachette ou d'informations sur des dragons particuliers. En fait, il allait bientôt savoir comment s'occuper d'un dragon, quelles étaient leurs habitudes et toutes sortes d'autres connaissances sur ces formidables animaux, mais aucune précision sur un dragon plus puissant ou plus intelligent que les autres.
Un jour, alors qu'il sortait de métamorphoses, dernier cours de la journée, le professeur McGonagall le rappela. Le professeur Dumbledore voulait le voir. Elle le mena donc de par les couloirs et s'arrêta devant une gargouille. Il s'agissait apparemment d'une entrée puisqu'elle s'écarta lorsque son professeur de métamorphose lui adressa la parole, citant un nom de sucrerie. Ils entrèrent dans le bureau du directeur par un escalier tournant sur lui-même, s'arrêtant devant une porte en chêne.
- Professeur Dumbledore, je vous ai amené Harry Potter, annonça le professeur McGonagall.
- Merci Minerva, dit Dumbledore, relevant la tête.
Assis à son bureau, il attendit que McGonagall reparte pour s'adresser à Harry.
- Bonsoir Harry. J'ai fait quelques recherches et l'homme que tu m'as décrit est très particulier. Je serais très intéressé de savoir où tu l'as vu.
Il marqua une pause, espérant peut-être que Harry lui fournirait quelques indications. Mais devant le silence de celui-ci, il reprit :
- En fait, il m'a été impossible de déterminer son origine. Les traits spécifiques que tu as pu remarquer chez lui ont disparu depuis longtemps et n'ont pas grand chose à voir en commun à part le fait qu'ils sont tellement anciens qu'ils appartiennent presque à la légende.
Harry conservait un visage impassible et ne faisait pas mine de vouloir intervenir. Le professeur Dumbledore dut donc préciser ce qu'il avançait.
- Vois-tu, peut-être que l'homme dont tu parles pourrait nous fournir des éléments importants pour comprendre l'histoire, et peut-être retrouver des secrets perdus.
- J'aimerais moi aussi savoir de qui il s'agit, dit Harry, prenant pour la première fois la parole. Vous imaginez bien que je vous ai fourni tout ce qui me paraissait pouvoir indiquer sa nature.
- Oui, oui, en effet. Et j'imagine également que tu n'as pas dialogué avec lui, car cela aurait pu nous être utile pour savoir d'où il venait.
- Effectivement professeur, je n'ai aucune idée de la langue qu'il pourrait employer.
- Et je ne suis pas sûr que même si tu l'entendais tu serais capable de l'identifier. En fait, les légendes qui parlent d'hommes à la peau bleue désignent soit la région de l'Himalaya, soit celle de l'Atlantide. Bien sûr il existe de nombreux peuples à la peau bleue, même de nos jours, mais aucun ne fait partie de l'espèce humaine. Et les autres signes distinctifs que tu m'as décrits ont tendance à confirmer qu'il s'agit bien d'un homme plutôt que d'un croisement.
- Donc un himalayen ou un atlante ? Plutôt lequel selon vous ?
- Je ne peux pas te dire. On n'a aucune idée de l'existence ou non d'un de ces peuples. De plus, dans un cas comme dans l'autre, son apparence ne concorde pas avec les descriptions que l'on en fait. Ses yeux, tout d'abord : les seuls à avoir des yeux entièrement noirs sont des animaux. Les seuls textes qui font état d'un peuple avec des yeux comme ceux-ci parlent d'une légende encore plus improbable que celle de l'Atlantide. La légende de Babylone.
- J'imagine qu'un peuple comme celui-ci, ainsi que ceux que vous avez cités précédemment, devait être puissant ? Demanda Harry
- Il est vrai que les légendes concernant l'Himalaya ou de l'Atlantide font état d'une grande puissance magique. Toutefois, cela n'est pas sûr pour les babyloniens. Ils étaient puissants, à ne pas en douter, mais rien n'est dit au sujet de leur capacité à user de magie. Enfin, je voudrais te parler des dessins que tu as vus sur ses bras : es-tu sûr qu'il s'agissait d'une caractéristique physique, ou cela pouvait-il être un tatouage, par exemple ?
- Je n'en ai aucune idée, malheureusement. Tout ce que je peux vous certifier, c'est qu'il n'y avait plus aucun artifice magique quand je l'ai vu ainsi.
- Parce que là encore, les pistes sont incertaines. Je pense que l'on peut affirmer qu'ils viennent d'Amérique, et que l'on peut les rapprocher des peintures indiennes. En fait, pas grand chose à voir avec ceux que l'on connait, mais les incas s'en approchaient beaucoup. Cependant, si l'on veut se replacer à la même époque que les autres civilisations citées, il faut remonter plus loin dans le temps et s'intéresser aux peuples qui étaient présents avant les annexions massives des incas.
- N'y a-t-il pas d'autres possibilités ? Ils sont bien loin de la supposée Babylone. L'Himalaya pourrait encore être compréhensible question proximité, mais il s'agit tout de même d'un autre continent. A moins qu'il n'y ait un moyen oublié de faire le lien entre les deux.
- Bien sûr, aucune piste n'est à écarter, mais il s'agit cependant de la plus pertinente. Pour pouvoir creuser plus loin ces pistes, il faudrait plus de précisions. Peut-être une image, un souvenir ? Le mieux serait de nous confier tout ce que tu sais sur cet homme évidemment ...
- Eh bien, professeur, vous saurez peut-être un jour, pour le moment je dois mener mes propres recherches. Je vous remercie d'une telle précision dans vos renseignements, je sais maintenant que je n'aurais eu la moindre chance de trouver tout cela par moi-même.
- Je t'en prie, mais je pourrais également t'aider dans ces autres recherches si tu le souhaites.
- Certaines circonstances me font préférer mener seul ces recherches. Mais peut-être requerrai-je votre aide à ce sujet une autre fois ...
- Bien, bien, je vois qu'il est inutile d'essayer de te faire changer d'avis. Si tu me disais alors le rapport qu'il y a avec ta survie miraculeuse à une chute telle que la tienne ?
- Oh ! Aucun rapport, professeur. J'ai eu beaucoup de chance pour cet accident. En fait, j'étudie pendant mes temps libres la magie corporelle, et il s'avère que ce choix m'a sauvé la vie. Vous savez qu'en frappant le sol lors d'une chute, le bras absorbe une grande partie du choc, j'ai donc appliqué le même principe en m'aidant de la magie.
- La magie corporelle !? Mais auprès de qui apprends-tu cela ?
- J'étudie seul. En fait, avant de vous rencontrer, je m'en servais déjà pour augmenter la force de mes coups. J'ai fait des recherches depuis, mais il semble que cette pratique soit tombée en désuétude. Je me base donc sur mon expérience et sur les effets décrits dans les livres, mais vous vous en doutez, les progrès sont minces. Peut-être pourriez-vous me renseigner à ce propos ?
- Je pourrais faire beaucoup plus en fait. Mais tu comprends que j'utilise le même moyen que toi et que je te demande des renseignements en échange de ce service ? Cet homme m'intéresse au plus haut point ...
Harry réfléchit quelques instants. A vrai dire la proposition de Dumbledore valait bien qu'il livre son rêve. Mais quelque chose lui disait que c'était très important. Le dragon de jade, essentiel.
- Je propose que vous développiez votre idée pour que je puisse juger quelle quantité d'information je puis vous échanger contre cela.
- Soit, je te fais confiance. Suis moi, dit Dumbledore en se levant.
Harry se leva à sa suite et ils marchèrent en silence jusqu'à ce que Dumbledore s'arrête, sans aucune raison apparente. Il vérifia que la voie était libre, lança quelques sortilèges pour préserver leur intimité, et fit les cents pas devant un pan de mur.
Alors que Harry se demandait quelle mouche le piquait, une porte en bois verni apparut dans le mur. Dumbledore ouvrit la porte et lui fit signe d'entrer.
- Voici la Salle sur Demande, lui dit celui-ci. Tu as là à ta disposition des manuels en quantité suffisante pour satisfaire ta curiosité, ainsi qu'un terrain d'entraînement approprié. Je t'avoue que je serais plus rassuré de savoir où tu t'entraînes plutôt que tu te caches pour devoir le faire. J'imagine que ce serait trop te demander de me rapporter ce que tu apprends, mais promets moi de ne jamais t'essayer à quoi que ce soit de dangereux sans m'avertir, ou un de tes professeurs, auparavant.
- Je vous le promets professeur. Mais je vais devoir vous demander un autre service. Deux en fait. Cette salle vaut bien que je vous transmette tout ce que je sais ayant un lien à cet homme, mais il me faudrait la garantie que vous tairez ce secret.
- Tu peux compter sur moi, Harry, j'y veillerai comme s'il s'agissait d'un des miens. Je peux en faire le serment si tu veux.
Harry décida que la parole de son professeur était suffisante et que quand il saurait de quoi il retournait, il n'en parlerait pas avant d'avoir eu quelques éclaircissements. Et un serment magique était un lourd fardeau. Cela pourrait mettre le directeur dans de mauvaises dispositions à son égard.
- Ce n'est pas la peine d'aller si loin. Au lieu de cela, j'aimerais que vous me fassiez part de vos découvertes sur le deuxième élément important que je vais vous confier. J'ai bien pensé à vous le cacher, mais vous ne pourrez pas comprendre l'importance que j'attache à cela sans lui.
- Cela me va, à condition que tu en fasses de même si tu continues tes recherches sur le sujet.
- D'accord. Avez vous une pensine ? Je pense que le mieux est de vous confier le souvenir lui-même. Si je vous en faisais le récit, vous risquez de ne pas saisir la portée de celui-ci.
- C'est une bonne idée, mais j'avoue ne pas comprendre pourquoi je douterais d'une telle information.
- Eh bien en fait, c'est qu'il s'agit d'un rêve. Mais seul le fait qu'il s'est passé à un moment où j'étais inconscient le rapproche du rêve. Autant sa précision que les connaissances qui le caractérisaient m'empêchent de le considérer comme un produit de mon imagination. Je pense que vous comprendrez une fois que vous l'aurez étudié.
- Je veux bien te croire. Mais quand as-tu fait ce rêve ? Parfois les circonstances sont aussi importantes que le rêve en lui-même.
- Juste après ma chute de balai. C'est aussi une des raisons qui me poussent à en savoir plus à son propos. Non seulement c'était des circonstances exceptionnelles, mais j'étais dans un tel état d'épuisement que cela change probablement la donne.
De retour dans le bureau de Dumbledore, Harry lui confia l'intégralité de son rêve. Il n'en conservait plus maintenant que le souvenir du souvenir. Sensation très étrange. Il pouvait se rappeler du contenu de celui-ci, mais seulement avec un effort considérable. Il s'agissait probablement de souvenirs de lorsqu'il avait repensé à ce rêve.
Dumbledore quant à lui était songeur. Il était vraiment très difficile de dialoguer avec Harry. Pouvait-on réellement former un enfant ainsi ? Qui pouvait être assez fou pour rendre un gamin aussi dangereux ? Celui qui avait appris à Harry à réfléchir et à agir ainsi devait pourtant savoir les dégâts que pourrait causer sa jeunesse avec de telles armes. Et évidemment, Jack Larsen n'existait pas. Difficile de trouver des indices avec un faux nom. Cependant, il avait obtenu une victoire aujourd'hui. Les rêves des sorciers pouvaient receler bien des mystères. Les rêves que l'on savait particuliers encore plus. Et Harry n'était pas un sorcier ordinaire. Il n'était pas assez fou pour laisser de coté de telles informations, qui pourraient s'avérer cruciales par la suite. Harry avait tort de s'inquiéter. Il saurait reconnaître à sa juste valeur ce qu'il lui avait confié. Et il ne manquerait pas de suivre toutes les pistes qui pourraient lui permettre de mieux le comprendre.
