Auteur : Chloochette
Disclaimer : Rien n'est à moi, personnages, contexte, histoire. Excepté le personnage de Eylin Vaun, qui sort tout droit de mon esprit torturé. Référence à toutes les saisons Stargate dans le désordre. Se situe à la fin de la saison 10, avant l'Arche de Vérité.
Genre : Spoiler Stargate INTEGRALITE.
Couple : Indéfini.
Chapitre 7
Amour et Désillusions
Daniel mit cinq jours avant de regagner son bureau. Il se sentait epuisé, quelque chose en lui s'était cassé. Il avait mal. Mais la douleur était comme un bruit de fond couvert par le son du reste de sa vie. Elle était une sorte de signature, qui ne semblait pas vouloir disparaitre de sa vie. Pourtant, il chérirait le moment où, comme lorsque l'on coupe un bruit de fond, on peut murmurer avec aise : ça fait du bien quand ça s'arrete. Oh oui. Ce moment, il le chérirait.
Le jeune archéologue déambulait dans la base, il savait Vala allitée, et Eylin actuellement dans leur chambre. Il était près de trois heures du matin. Il déambulait, sujet à ses pensées. Comme sa jeune assistante pouvait lui manquer. Malgré le fait qu'elle ait passé plus de temps à l'infirmerie ces temps ci que jamais de toute sa vie, il ne pouvait qu'affirmer que ce n'était pas qu'un simple passage pour lui. Ce qui rendait ses doutes plus légers. Il l'aimait. Douter de la femme qu'on aime, est ce toujours l'aimer ? Il pensait à elle, incapable de l'imaginer avec la quelconque mauvaise intention en tête. Les coïncidences qui étaient apparues durant les trois mois de sa présence au SGC n'avait fait qu'illustrer le discours paranoïaque de Vala.
Tout comme les interprétations astrologiques, les mediums. Il avait suffit à Vala d'utiliser les faits en les arrondissants, rendant les choses plus compatibles. Les coïncidences n'étaient pas des certitudes.
Daniel secoua la tête, il fallait qu'il arrete de se tuer la santé à trop cogiter sur ce problème. Si problème il y avait. Il lui fallait pour le moment regagner son bureau, et achever la traduction du livre des Origines. Il ne lui restait plus que cinq pages. Celles traitant du châtiment destiné aux impies. Ce serait surement instructif.
La porte de son bureau glissa, comme de coutume, et il pénétra dans l'atmosphère chaleureuse de son bureau. Il aimait son environnement au SGC, l'impression d'etre utile tout en faisait ce à quoi il avait toujours aspiré. Oui, son bureau était un acquis. Un morceau de bonheur. Il s'y assit, saisissant l'exemplaire d'Origine et replongeant dans sa traduction. S'il se concentrait, d'ici une semaine les cinq dernieres pages seraient intégralement traduites. Il ne resterait plus qu'à en faire des copies, pour les autres équipes SG.
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Il était huit heures et demi lorsque la porte de son bureau coulissa de nouveau, un bruit de pas qu'il aimait tant depuis trois mois retentit agréablement dans ses oreilles. Il ne leva pourtant pas le regard de sa traduction, craignant de perdre le fil.
- Je te dérange Daniel ? demanda Eylin, sans bouger de l'entrée du bureau.
Ils s'étaient parlés à plusieurs reprises durant ses cinq jours de convalescence. Il savait que les retrouvailles au sein du bureau de l'archéologue qu'il était ne tenaient pas à coeur à la jeune femme. Elle serait simplement heureuse de le revoir dans un contexte moins médical.
- Non, non, viens, répondit il. Je suis en train de terminer la traduction, viens m'aider si tu veux.
- Avec plaisir.
Eylin vint s'asseoir sur le bureau de Daniel, ce qui fit lever les yeux à l'archéologue. Elle était sublimement bien habillée. Dans son manteau de cuir noir souple, son jean taille basse et son débardeur noir. Ses cheveux étaient presque coiffés, toujours indomptables apparement. Il sourit. Elle avait voulu lui plaire pour sa reprise. C'était réussi.
Intérieurement, il remarqua qu'elle était assise à la place qu'occupée Vala quelques mois plutôt. La jeune voleuse ne trainant plus dans le bureau de l'archéologue désormais.
Daniel embrassa la paume de la main de la jeune femme et traça une nouvelle ligne de traduction qu'il prononça à voix haute pour qu'Eylin puisse l'entendre. La jeune femme observait à la fois le texte original, qu'elle comprenait très sommairement désormais et les indications de texte de l'archéologue.
- « revenir sur la voie tracée par les Oriis demande une grandeur d'âme et une humilité rare à celui qui aura péché. Le pécheur devra offrir l'assurance de sa foi pour etre pardonné. », déclara Daniel.
- Çe ne me semble pas correcte, indiqua Eylin.
- Comment cela ?
- Je ne sais pas, tu as tradui « varenlal baruch » par "grande humilité"..., ce serait plutôt "dévotion absolue". Et ça donnerait quelque chose plus proche de : « revenir sur la voie tracée par les Oriis demande un abandon total des actes profanes pour la dévotion absolue aux Dieux, le pécheur devra se montrer humble et reconnaissant de la faveur qui lui sera accordée. L'assurance du pardon n'est pas acquise. »
Daniel leva les yeux vers Eylin. Elle n'avait pas changé d'expression. Un air mutin et innocent orné ses lèvres. Son regard pétillait toujours. Pourtant, il venait de donner une traduction presque parfaite, il le savait. Mais elle... elle venait de surtraduire. Comme les prêcheurs le faisaient. Rendant les leçons de morales plus violentes et intégristes.
- Non, il est bien question de grande humilité. Et de pardon accessible, rétorqua Daniel.
- Daniel. Penses tu honnetement qu'une telle Bible puisse annoncer pareille chose si elle veut conserver un quelconque crédit aux yeux des peuples qui s'y conforment ? Le texte n'aurait plus d'influence. Sois réaliste.
- Ton interprétation n'est pas bonne. C'est celle d'un prêcheur. Detourner les mots d'Origine pour servir les principes et les desseins sanglants de la Croisade actuelle.
- Je me mets dans la situation actuelle.
- Non, nous cherchons justement les incohérences entre les dires du prêcheur et le véritable contenu de l'ouvrage. Tu fais l'inverse.
- Pourtant, les mots sont là.
Daniel sursauta en l'entendant dire cela. Depuis quand Eylin était elle capable de traduire la langue des Oriis sans son aide quasi constante ? Il la regarda intensément, cherchant un quelconque démenti, une blague peut etre ? Elle semblait sérieuse, et parcourait du regard les lignes de la page dOrigine.
- Comment ?
- Comment quoi ?
- Tu as fais pour traduire...
- Oh. En fonction du contexte actuel, des mots dont tu m'as fais part, des textes que j'ai lu, du latin, du celte... ce n'est pas difficile.
- Eylin... c'est impossible. Tes informations sont insuffisantes. Il faudrait que tu maitrises l'écriture des anciens pour...
Daniel se redressa, comme électrocuté. Pourquoi avait il été aussi bete ? La jeune femme avait passé cinq jours dans ses quartiers, avec sous la mains plus d'informations sur les anciens qu'elle n'en aurait jamais. Elle avait évidemment bondi dessus. Pourtant quelque chose clochait. Même avec ces informations, la traduction qu'Eylin avait annoncé était identique a celle qu'il avait un jour entendu prononcer par un prêcheur. Ça faisait beaucoup trop de coïncidences tout à coup.
Eylin sembla suivre entièrement le changement d'état d'esprit de Daniel puisqu'elle fronça les sourcils.
- Daniel ? Quelque chose ne va pas ?
- Oui.
- Quoi donc ? s'étonna t-elle, mutine.
- Je t'avais demandé de ne pas lire mes carnets.
Eylin ne répondit pas à l'accusation. Daniel prit cette non réponse pour une confirmation. Ainsi il ne pouvait pas lui faire confiance. Il sentit son coeur se serrer. Il s'admonesta intérieurement, il aurait tout le temps de souffrir, pour le moment il lui fallait comprendre.
- Pourquoi les as tu lu ?
- Je...
- Non, ce n'est pas la bonne question. Qui es tu ?
- Tu es fou ? s'inquiéta Eylin.
- C'est impossible que tout soit si évident et pourtant faux. Tu en as conscience ? Vala m'avait prévenue, elle était inquiète. Je suis un imbécile, j'aurai dû lui faire confiance. Dieu sait qu'elle au moins avait gagné ma confiance...
- De quoi tu parles ? s'insurgea Eylin en se redressant, blessée.
- Oh, arrête ! Tu as vingt cinq ans et tes connaissances sont aussi élevées que les miennes qui en ai trente huit. Tu te passionnes pour tout ce qui touche aux anciens, avec moi ce sont les textes, ou mes souvenirs, avec Sam c'est la technologies. Il y a quatre semaines que tu as pris possession des informations concernant les missions du SGC, tu sais sur quelles planètes nous nous rendons, le jour où nous nous y rendons, l'heure et l'effectif. Depuis ses quatre semaines, nous sommes systématiquement attaqués par les Oriis. Tu m'as donnée les coordonnées de P2Y-312, prétextant une découverte sur un de mes textes. Tu as parlé d'une arme. Mais tu savais que ce serait un virus. Tu savais que si je ne le récupérais pas, Vala le ferait à ma place. Tu savais que si l'un ne mourrait pas, l'autre s'y risquerait. Et maintenant, tu m'apportes l'assurance d'être capable de traduire les textes Oriis à la manière des prêcheurs, sans mon aide, quoi que tu sembles en dire ! ALORS ENLEVE MOI CET AIR DE TON VISAGE !
Eylin soupira lorsque Daniel acheva sa diatribe. L'archéologue remarqua son expression changer, elle passa rapidement d'amoureuse à froide comme la glace, puis pris des accents de crauté que Daniel n'aurait jamais cru possible d'apparaitre. Sa bouche si rose, qu'il avait embrassée si souvent, se retrouvait étirée en un rictus méprisant. Ses yeux ne pétillaient plus de malice, mais de sadisme. Elle n'avait plus rien d'Eylin Vaun, la charmante assistante.
- Tout aurait tellement été plus simple pour toi si tu avais continué à entretenir de belles illusions d'amour éternel, Daniel. Maintenant tu me poses de sérieuses barrieres. Mais...
Son sourire sadique fit frémir Daniel.
- Tu m'as donnée ce que je voulais...
Daniel frémit de plus belle, ne comprenant pas de quoi la jeune femme parlait. Il ouvrit la bouche. Puis la referma, incapable de formuler une questions avec les mots qui se bousculaient violement dans sa tete.
- Tu as mené Vala droit dans le piège d'Adria... Oh, ne prend pas cet air choqué. A l'origine, tu devais etre celui qui subirais l'empoisonement. Mais cette idiote de Vala a fait l'erreur à ta place. Ensuite... tu m'as donnée le crédit nécessaire au sein du SGC, en rayonnant naïvement de bonheur à mes côtés, tu m'as ouvert les portes de la salle de contrôle de la porte, tu m'as permis d'obtenir un passe magnétique pour mes escapades nocturnes, tu m'as ouvert ton bureau et les secrets de Merlin, des Anciens. Tu m'as fourni le code de l'Iris. Les êtres qui vivent autour d'Adria ne sont pas tous des hommes à peine doués d'intelligence.
A chacun des mots qu'elle prononçait, Eylin se rapprochait d'un Daniel tétanisait. L'archéologue encaissait chacun des informations comme un coup de couteau. Il avait été réelement aussi idiot que l'avait annoncée Vala. Il avait avalé chacun des mensonges de cette... vipère. Il avait vendu la Terre pour conserver son bonheur et oublier les bases de la sécurité. Quel egoiste.
Le visage d'Eylin était désormais à quelques centimètres de celui de l'archéologue. Elle passa sa main sur la joue du jeune homme qui trembla de rage contenue.
- Tu devrais profiter de nos dernières minutes mon amour.
Daniel saisit les poignés de la jeune femme, les enserrant dans ses mains, fronçant les sourcils, tentant de la repousser du mieux qu'il le pouvait. Mais il ne put empécher les lèvres d'Eylin de se poser sur les siennes, la jeune femme avait bien plus de force qu'elle ne l'avait laissé paraitre. Oui, une parfaite espionne. A l'apparence fragile et intègre.
Le baiser fut violent, les lèvres de Daniel furent meurtries, abandonnées sanglantes. Eylin lui adressa un clin d'oeil et posa ses cinq doigts sur le visage de l'archéologue. Une lumière blanche aveugla le jeune homme qui s'effondra à terre. Inconscient.
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Dans la base personne ne put dire où avait disparut Eylin Vaun, mais la découverte du corps évanoui de Daniel Jackson suffit à posait les bases d'un doute immense.
A suivre...
