Mémoires d'une Exécutrice

Chapitre 7.

"Retrouvailles"

Chers lecteurs, me revoilà - avec beaucoup de retard, je sais, je sais, mais j'écris quand j'ai de l'inspiration. Chance, cette histoire continue de m'inspirer, et de vous plaire, au vu des reviews adorables que vous m'avez laissées - merci pour ça d'ailleurs ça me touche. Et puis il faut bien le dire, être encouragée et soutenue ça donne envie de continuer ! So, voici votre nouveau chapitre !

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer


«mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»

Alfred de Musset


« Avez-vous déjà eu l'impression que le monde entier était contre vous ? Que quoique vous puissiez faire, vous seriez dans d'une impasse ?

J'avais quitté les Volturi pour pouvoir me construire ma propre éternité, loin des conflits, de la mort et de la servitude, et j'avais trouvé une famille, fabuleuse. Jasper et Laurent. Mes chers, très chers amis. Mes frères. J'avais enfin la chance d'être chez moi, entourée de gens que j'aimais, quand ils étaient arrivés. Ces humains, faibles et lâches, qui prétendaient pouvoir nous chasser. Et ils avaient réussi ! Quelle ironie. Guidés par ceux qu'ils voulaient tuer. Cette Maria, lie des vampires... Si je la trouvais... Non ! J'aurais aimé l'avoir sous la main, pouvoir la démembrer, la torturer... Lentement. Vraiment doucement.

Ma précieuse maison allait être brûlée, mes terres détruites et volées...

Je soupirais, bien inutilement. Quelle catastrophe. Heureusement, les Volturi allaient m'aider à détruire la folle qui nous poursuivait. Non que je ne pouvais le faire moi-même ! Mais les traqueurs Volturi auraient été bien plus rapides. Et j'avais besoin de revoir ma chère Jane. Trop de temps avait passé depuis notre séparation. Il y avait déjà quelques années que je les avais quittés. Evidemment, cela représentait bien peu de temps au vu de la durée de notre existence mais c'était tout de même considérable, pour moi avait vécu à leurs côtés pendant des siècles. Evidemment, je n'avais pas toujours été avec eux. Ils m'avaient laissé le temps de les rejoindre, le temps de voir le monde. Puis, quand j'avais eu besoin de sureté, ils m'avaient accueillie. J'avais été heureuse, à leurs côtés. J'avais joué mon rôle, à la perfection. J'avais rencontré des vampires formidables. Donc Carlisle, que je voulais maintenant rejoindre. Il avait toujours été différent des autres, et nous avions toujours eu une relation particulière, dès son arrivée. Il était doué d'une sensibilité qui m'avait longtemps été inconnu, d'une douceur et d'une gentillesse impressionnantes. J'avais été amoureuse de lui, tout en sachant qu'il n'était pas mon âme sœur. Mais je l'avais aimé, à ma façon, ce vampire si jeune et pourtant déjà si sage. J'avais néanmoins compris son départ, même si il m'avait attristée. Il m'avait donné l'envie de partir à mon tour. Puis Jane m'avait retenue, et je m'étais consolée dans les bras d'Alec qui n'attendait que ça. Ces jumeaux avaient été mes raisons de vivre pendant tant d'années... Et si les Volturi répondaient à mon appel, je les reverrai surement bientôt. Ils m'aideraient. Mais tout d'abord, je devais parvenir à Chicago, et rejoindre ce cher Carlisle. »

Ils continuèrent de courir, sans s'arrêter, laissant derrière eux la paix qu'ils avaient connue. Jasper était désespéré. La peine de sa créatrice l'atteignait de plein fouet, mais aussi sa tristesse d'avoir été rejetée, encore une fois. Il ne comprenait pas comment quiconque pouvait la détester. Elle était pour lui une véritable sainte, et il ne supportait pas de la voir souffrir. La culpabilité de Laurent l'étouffait, mais il ressentait aussi tout son amour pour Isabella, et la colère qu'il ressentait envers ses humains, mais aussi envers lui-même, pour avoir échoué. Mais Jasper ne lui en voulait pas. Après tout, il n'avait jamais voulu que son bien, et il n'était encore qu'un nouveau né, comme lui l'était encore parfois. Il lui semblait que la présence si apaisante d'Isabella leur avait empêché de se déchainer bien plus encore, et il lui vouait un plus grand amour encore pour cette raison. C'était plus que de l'amour. Elle était sa créatrice, sa sauveuse. Il serait toujours là pour la, jamais rien ne pourrait rompre leur lien. Il accéléra pour arriver à sa hauteur et lui envoya en hésitant sa confiance, et ses sentiments. Il ne contrôlait pas encore parfaitement cet aspect de son pouvoir, mais il la vit sourire, et cela lui réchauffa le cœur.

-Alors, qui est ce Carlisle dont tu ne nous as jamais parlé ?

Isabella sourit doucement.

-Un bon ami. Il nous logera le temps que nous trouvions une solution à notre problème. Maria ne t'approchera pas, je peux te l'assurer.

Jasper fronça les sourcils. Il n'avait jamais compris pourquoi cette femelle voulait tant sa mort. Comme si elle anticipait sa question, Isabella soupira.

-Je suppose qu'elle voulait former une armée et qu'elle avait besoin de toi pour ce faire, et tu étais sans doute son chanteur.

-Son chanteur ?

Isabella rit doucement.

-Ton sang chantait pour elle. Comme une mélodie qui résonne, qui te rend fou, qui t'ensorcèle. Tu étais sa sirène, sa tentation. Et je l'ai empêché de te boire, alors que ton sang était son cadeau.

Sans qu'ils l'aient vraiment entendu, Laurent arriva à leur hauteur et attrapa la petite main de sa créatrice, en continuant de courir dans la nuit.

-As-tu déjà rencontré ton chanteur ?

La brune rit, et ce son si mélodieux fit sourire Jasper et Laurent, leur mettant du baume au cœur.

-Oui. Il était délicieux, son sang était un véritable nectar...

La mention du sang leur donna soif, mais il était rare que leur créatrice parle de sa vie d'avant, aussi en profitèrent-ils.

-L'as-tu tué ?

Bella baissa la tête.

-Oui. Je n'avais pas beaucoup de contrôle, à cette époque. J'étais seule, livrée à moi-même, misérable, sauvage.

La simple pensée de la savoir seule et potentiellement en danger les firent grogner et la poigne de Laurent se resserra. Mais Isabella leur adressa un sourire magnifique avant de reprendre.

-Mais je vous ais maintenant. Je ne suis plus seule.

Et Jasper sentit qu'elle le pensait vraiment. Ils étaient sa famille. Et Dieu, qu'ils l'aimaient. Ils courraient toujours, leurs deux imposantes statures encadrant celle, minuscule, d'Isabella.

Les heures passèrent, le paysage se modifia. La nuit masquait toujours leurs déplacements, mais ils commençaient à sentir de plus en plus d'humains, confirmant qu'ils s'approchaient de la ville, ce qui les rendit plus surs d'eux. Ils trouveraient de l'aide dans cette ville, c'était une certitude.

À l'aube, ils ralentirent et rabattirent leurs larges capes sur leurs visages. Les rues étaient encore désertes, mais il ne s'agissait pas d'attirer l'attention. Isabella, qui détestait paraître négligée, se sentait sale, et grimaça en voyant sa robe en lambeaux. La course dans les vois ne l'avait pas épargnée. Elle espéra que Carlisle aurait quelques affaires à lui prêter... Elle dirigea ses amis vers les quartiers les plus riches de la ville, alors que les rues s'éveillaient doucement, les domestiques commençant leurs tâches, généralement bruyamment. Partout, des chantiers fleurissaient. On construisait de nouvelles routes, de nouveaux bâtiments... Cette ville grandissait littéralement devant eux. Jasper s'émerveilla un instant devant tant de progrès, et devant la chance qu'il avait d'être immortel. Il aurait la chance de voir toutes ces réalisations, de voir le monde évoluer, les hommes changer. Même si lui ne changerait jamais, il verrait tout ces changements, il serait le témoin de ces transformation. Rien que pour cet aspect, être un vampire avait quelque chose de fascinant. Chicago serait un jour une ville immense... Il se promis qu'il y reviendrait. Avec Isabella. Et Laurent si il le voulait. Après tout, ce dernier était son frère de venin, et il aimait sa bonne humeur constante, et l'immense affection qu'il avait pour leur amie. Ils étaient sa famille.

-Nous y voilà !

Il sourit en sentant le soulagement d'Isabella. Elle se sentait enfin en sécurité, et avait hâte de pouvoir se changer. Jasper pouvait sentir le dégoût qu'elle avait pour elle-même. Même si il ne le comprenait pas vraiment, il se rappela qu'il ne l'avait jamais vue négligée, qu'elle était toujours parfaitement apprêtée, et portait rarement deux fois la même robe. Les siennes étaient d'ailleurs toutes splendides. Elle lui avait un jour dit qu'elle essayait de rattraper la laideur de son âme en se parant des plus belles choses. Dissimuler la monstruosité. Jasper ne comprenait pas vraiment, ne l'ayant jamais vue comme autre chose qu'une femme magnifique, mais parce qu'il savait qu'elle y accordait beaucoup d'importance, il s'habillait toujours parfaitement, ne sortait jamais sans chapeau, et essayait de forcer Laurent à faire de même, même si il ne sortait pas de leur maison. Laurent lui rappelait son petit frère, qu'il coiffait le dimanche avant l'office alors qu'il se débattait, lorsqu'il était encore humain. Il sourit distraitement et projeta sa joie à Laurent qui rit à son tour, sans vraiment de raison. Au moins, il était élégant, et Isabella n'aurait pas honte de le présenter à ses amis. Jasper avait terriblement peur qu'elle les rejette en retrouvant son clan. Mais même si elle le faisait, il savait qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer.

Isabella, comme si elle sentait sa tristesse, se retourna vers lui et fronça les sourcils. Mais avant qu'elle ai pu parler, la porte s'ouvrit et un vampire au sourire immense s'avança vers elle.

-Je pensais que tu ne viendrais jamais me retrouver, Isabella...

Elle se détourna et lui sauta au cou, maitrisant sa vitesse vampirique.

-Carlisle !

Il la serra contre lui un long moment, jusqu'à ce que des grondements le fassent lâcher prise. Il jeta un regard curieux à Jasper et Laurent qui se tenaient en position défensive, et sourit en reculant.

-Entrez, je vous en prie. Ma demeure est votre pour aussi longtemps que vous en aurez besoin.

Ils suivirent prudemment le vampire blond à l'intérieur. Tout était décoré avec goût, même si le mobilier restait sommaire, et très impersonnel. Mais le luxe affiché du salon fit baissa la tête à Laurent, jusqu'à ce que Bella vienne lui prendre la main.

-Carlisle, je te présente mes enfants, Jasper et Laurent. Laurent, Jasper, voici mon ami Carlisle.

Ils inclinèrent poliment la tête, sachant l'importance qu'Isabella accordait à ces coutumes humains. Elle aimait la politesse et la bienséance.

-Tu les as convertis à tes manières mondaines, ma chère.

Elle rit doucement.

-Mes enfants ne sauraient être des sauvages.

Elle fut reconnaissante à Carlisle de ne pas tiquer face à la couleur de peau de Laurent. Les vampires étaient parfois bien plus ouverts que les humains, malgré leur grand âge.

-Et une vieille dame se doit d'être entourée de gentlemen.

Carlisle fit mine de s'offusquer et lui présenta son bras.

-Madame, les siècles ne font que vous rendre plus belle.

Isabella éclata de rire, et cela les fit tous sourire. Puis Carlisle reprit son sérieux.

-Je suis si heureux que tu aies trouvé ce que tu cherchais... Je t'envie, Isabella. Je n'ai pas encore le courage de...

Le visage de son interlocutrice s'assombrit.

-Je n'ai rien décidé... Pour tout t'avouer, aucune de leurs transformations n'était préméditée. Je n'ai juste pas pu les laisser mourir...

Carlisle hocha simplement la tête avec compréhension.

-Je vais vous montrer vos appartements, et tu pourras te changer et te détendre. Ensuite, tu me raconteras tout ça.

Il l'embrassa délicatement sur le front, faisant gronder Laurent, et pria les trois vampires de le suivre. Le reste de la maison était tout aussi beau et froid, et on voyait aux livres posés dans toutes les pièces que Carlisle était un érudit.

Il laissa Isabella devant sa chambre et fit de même pour les deux autres, avant d'aller s'asseoir dans un fauteuil en ouvrant un livre. Il lisait tout en réfléchissant. Ou plutôt en se souvenant. D'Isabella, de leur vie commune, du couple qu'ils avaient un jour été. Elle était toujours aussi belle, aussi vulnérable. Enfin, semblait vulnérable plus qu'elle ne l'était. Mais elle lui avait manqué, et elle avait la seule chose qui l'avait parfois fait regretter d'avoir quitté les Volturi. Mais il était désormais plus en paix avec lui même, et commençait à réfléchir à un mode de se nourrir moins couteux en vies.

-Je suis prête.

Il leva les yeux de son traité d'astronomie et resta un instant muet. Elle avait retrouvé toute sa prestance, sa froide beauté. Sa robe, cramoisie, rappelait la couleur de ses yeux, une ceinture soulignait sa taille fine, et sa peau si pâle faisait ressortir les traits parfaits de son visage. Carlisle sentit remonter en lui le désir qu'il avait eu pour elle, des années plus tôt, mais un grondement venant de l'étage le ramena à la raison. Elle avait trouvé de formidables protecteurs. Il l'observa quelques instants, avant de la conduire à un divan. Il s'amusait beaucoup de retrouver leurs manières somme toutes très humaines. Mais les apparences n'étaient pas destinées qu'aux humains, et ils avaient parfois besoin de se sentir « normaux ».

-Bien, raconte moi tout maintenant.

Et elle se lança. Elle commença avec la rencontre de Jasper, puis sa transformation, leur vie commune dans le sud, leur lutte contre Maria, qui revenait sans cesse les hanter, puis lui parla de l'adoption de Laurent, le dernier membre de leur petite famille, de leurs entrainements, du véritable amour qu'elle avait pour eux, et aborda enfin la raison de leur départ et les dangers qui les menaçaient si cette Maria constituait une armée. Elle conclut en lui disant avoir demandé secours aux Volturi, sans vraiment savoir si et quand ils pourraient venir.

-Je ne savais pas où aller... Elle doit connaître mes autres demeures, je n'avais que toi...

En voyant ses yeux s'humidifier de larmes qui ne couleraient jamais, il sentit son cœur se serrer. Sans qu'il l'ai entendu, Jasper s'était approché et avait prit sa créatrice contre lui. Laurent, derrière lui, la couvait d'un regard protecteur.

-Les Volturi viendront Isabella, tu sais ce que tu représentes pour eux.

Puis sa voix se fit plus basse.

-Comment va Alec ?

Bella baissa la tête, comme une enfant prise en faute.

-Je ne sais pas, je ne lui ai pas reparlé depuis mon départ. Je voulais lui laisser le temps de m'oublier... mais je dois bien avouer qu'il me manque, souvent.

Carlisle hocha la tête, il ne savait que trop ce que signifiait une vie sans compagnon. Il s'était surpris à éprouver une pointe de jalousie quand il avait su qu'Isabella l'avait si vite remplacé, puis il avait été heureux pour elle. Il l'aimait trop pour vouloir son bonheur. Même si, à cette époque, il aurait aimé qu'elle le suive, qu'elle l'accompagne... Mais elle était encore soudée à ses maîtres. Il avait compris, il l'avait laissée, le cœur lourd, le vampire en lui rugissant de devoir laisser derrière une femelle qui lui convenait parfaitement. Mais son aspect humain avait toujours dominé, et il avait toujours refusé de laisser la bête le guider. Aussi avait-il repoussé son besoin de la faire sienne et de l'emporter pour qu'elle puisse décider elle-même de son éternité. Après tout, ils n'étaient pas âmes-soeurs. Ils s'étaient juste aimés.

-Tu le reverras. Ils viendront bientôt, j'en suis sur.

Recevoir les Volturi ne le gênait pas outre mesure. Après tout, ils l'avaient accueilli un bon nombre d'années sans rien lui demander.

Puis il se leva en souriant aux trois amis.

-Il va bientôt être 9h, et mon service à l'hôpital va commencer. Je vais vous laisser. Faites comme chez vous, je serai vite de retour.

Isabella lui lança un regard mi-surpris, mi-admiratif.

-Alors tu as réussi à soigner des humains ? À ne pas les boire ?

Carlisle hocha humblement la tête.

-J'y arrive de plus en plus. Un jour, ma résistance sera totale, je ne sentirai même plus la soif !

Isabella lui sourit tendrement. Il avait toujours été tellement... humain. Plus humain que vampire. Si l'un d'entre eux pouvait y arriver, c'était bien lui.

Il les quitta, les laissant vaguer à leurs occupations. Isabella décida, un grand sourire aux lèvres, de poursuivre l'instruction de Laurent et c'est ainsi qu'ils se mirent à étudier quelques livres de Carlisle, alors que Jasper les couvait d'un regard tendre. Laurent progressait vite, très vite, et adorait apprendre. C'était un vrai plaisir de le voir rire à mesure qu'il trouvait les exercices de lecture de plus en plus faciles.

-Isabella, bientôt je te ferai moi-même la lecture, c'est une promesse !

Isabella rit et embrassa sa joue, dans un geste très humain. Elle aimait être proche de ses créations.

-J'en suis sûre mon cher Laurent, et j'en suis impatiente !

Puis Jasper et Laurent commencèrent à se chamailler, Laurent exaspéré que Jasper s'entraîne à lui envoyer des émotions, et que son visage change de couleur toutes les deux minutes, sous le rire enthousiaste d'Isabella. Mais leurs jeux restaient bon enfant, et ils sortirent dans le jardin clos pour éviter de détruire le mobilier du docteur. Isabella gardait un œil sur eux, tout en admirant leurs progrès. Ils se battaient mieux. Jasper avait un esprit stratégique brillant et des réflexes plus que vifs, ainsi qu'une grande vitesse, alors que Laurent maitrisait l'art du combat au corps à corps et avait pour lui une force brute, immense. Isabella s'inquiétait tout de même de les voir se blesser : leur force était encore immense, et ils auraient pu s'arracher des membres sans même s'en apercevoir. Mais ils faisaient attention, et elle souriait avec une fierté non dissimulée. Cela lui rappela les combats entre ses frères, lorsqu'elle était encore humaine. Elle ne gardait pas beaucoup de souvenirs de cette époque lointaine, mais elle se souvenait d'eux, luttant l'un contre l'autre, sans merci, avec de longues épées, et de leur sang qui coulait, souvent.

En pensant au sang, la faim lui vint et sa gorge brûla vivement. Mais elle ne s'en soucia pas. Se nourrir n'était pas sa priorité. Quant à ses deux hommes, ils s'étaient nourris la veille dans les bois de deux paysans, pendant leur course, et devaient donc être rassasiés pour quelques jours. Elle était rassurée, au moins sur ce point. Elle caressa l'ourlet de sa robe en remerciant mentalement Carlisle d'être aussi prévenant. La femme qu'il épouserait aurait bien de la chance. Elle avait toujours rêvé de se marier avec un homme aussi bon et généreux, de porter ses enfants. Pour des raisons évidentes, cela ne se ferait jamais. Jasper, sentant sa tristesse, était revenu s'asseoir à ses pieds. Laurent passa derrière elle et l'entoura de ses bras musclés, la faisant presque disparaître dans son étreinte. Sa bonne humeur lui revint vite. Elle ne donnerait jamais la vie, mais elle avait donné l'immortalité, une seconde chance à deux hommes formidables.

-Tu es une créatrice formidable, Isabella.

Elle regarda Laurent, étonnée. Il n'était pas du genre à s'épancher sur ses sentiments, mais semblait vouloir la voir sourire, à tout prix.

-Le seul problème, c'est qu'ayant une mère immortelle, je n'hériterai jamais de rien.

Isabella éclata de rire, et le serra contre elle. Tout irait bien.

Alors qu'ils jouaient paisiblement aux cartes avec Carlisle, de retour, une odeur familière fit sursauter Isabella. Un sourire immense vint illuminer son visage.

-Ils arrivent...

Et effectivement, c'est une véritable tornade blonde qui jaillit dans la pièce quelques minutes plus tard, avant de s'arrêter, à quelques centimètres d'Isabella. Elle était encore plus petite qu'elle, et aurait pu facilement passer pour une enfant, si ses traits parfaits ne l'avait pas vieillie.

-Isabella.

-Ma Jane...

Isabella l'attira doucement contre elle, et ses trois amis virent à quel point elle semblait heureuse, complète.

-Le temps m'a paru bien long sans toi. Je ne savais pas si tu viendrais...

Jane haussa un sourcil, offensée.

-Je viendrai toujours, pour toi.

Puis elle se tourna vers Jasper et Laurent, qui avaient grogné lorsqu'elle était entrée, et qui maintenant ne pouvaient s'empêcher d'être en position d'attaque, leurs yeux noirs de colère. Elle réveillait leurs instincts monstrueux. Ils pouvaient littéralement sentir à quel point elle était dangereuse. Un mouvement d'Isabella les fit pourtant se redresser.

-Jane, voici Jasper et Laurent.

Ils se jaugèrent un instant, puis la petite blonde se détourna.

-Les autres arrivent. Toujours en retard.

Et effectivement, la porte s'ouvrit à la volée, laissant passer deux silhouettes floues. Isabella sourit en reconnaissant leurs odeurs, et enlaça Felix, alors que celui-ci embrassait son crâne.

-C'est un plaisir, petite sœur.

La haute stature de Felix et ces nouvelles arrivées avaient de nouveau effrayé Jasper et Laurent, mais ils se contentèrent d'airs menaçants. Puis le dernier arrivant s'avança, repoussant ses cheveux bruns d'un geste assuré. Son visage parfait se fendit d'un sourire infiniment tendre.

-Isabella, ma chère...

Isabella s'approcha doucement, réalisant à quel point il lui avait manqué. Elle n'avait pas été séparée de lui pendant des siècles...

-Alec...

Il posa ses mains sur sa taille en un geste possessif, et posa ses lèvres froides sur sa joue, la faisant frissonner de plaisir, puis sur ses lèvres, tout aussi lentement. Ils ne remarquèrent même pas l'arrivée du dernier protagoniste. Alors que Jasper et Laurent se retenaient de sauter sur Alec, qui caressait la joue de leur créatrice d'un air tendre, Carlisle observa le nouveau vampire. Demetri était beau. Même pour un vampire. Dans ses yeux brillait une lueur sauvage, et ses traits se tordirent en une grimace d'incompréhension en voyant le spectacle qu'il avait sous les yeux.

Il ne comprenait pas. Il avait déjà vu cette vampire. Sur des tableaux, bien sur, mais il l'avait déjà vue avant... Peut être lorsqu'il était humain ? Il ne se souvenait plus de rien. Mais sa présence l'obsédait. Il ne comprenait pas pourquoi Alec l'embrassait. Tous ses instincts lui criaient de tuer le vampire et de faire sienne la femelle. Mais pas seulement. Il voulait la protéger. Il voulait qu'elle soit heureuse. Il la voulait.

Il secoua la tête. Il ne savait pas d'où lui venaient ces étranges pensées qu'il n'arrivait pas à combattre. Il avait l'impression d'être envahi par les pulsions animales, de redevenir un vampire de quelques jours face à elle. Il serra la mâchoire et lui lança son regard le plus noir. Il ne savait pas qui elle était, mais il lui en voulait de lui faire perdre son précieux contrôle. Il lui en voulait tellement. Tout était confus, tout se mélangeait dans son crâne. Il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait, et il détestait ça.

Isabella se figea en voyant le regard que lui lançait le vampire. Elle se détacha d'Alec, comme si elle ne pouvait plus supporter son contact, et s'approcha de lui. Son vampire. Le premier qu'elle ai transformé. Un innocent. Qu'elle avait condamné. Et il ne savait même pas qu'elle était le monstre qui lui avait infligé une telle vie. Mais la haine qu'elle avait lu dans ses yeux lui brûlait le corps, la ravageait toute entière. Elle n'avait jamais ressenti une telle tristesse. Alors qu'elle avait mérité cette haine. Entièrement. Et pourtant, elle lui semblait mourir face à tant de colère.

Jasper vint se placer devant Isabella, aussitôt suivit de Laurent, et d'un grognement sourd, lui fit comprendre que sa haine à l'égard de sa créatrice ne lui plaisait pas. Laurent le regarda quelques secondes, menaçant, jusqu'à ce qu'Isabella se détourne tristement et retourne auprès des jumeaux et de Carlisle. Jane lança un regard noir aux vampires, et tira sa sœur de cœur vers l'étage, sans un mot. Une fois qu'elles furent dans une chambre, à l'abri des regards, Jane retourna dans ses bras, pour la réconforter cette fois.

-Il ne sait pas ce qu'il fait, il ne sait pas à quel point tu es formidable.

-Il me hait.

-Il t'aimera.


Voilàààà ! J'espère que cela vous a plu, j'attends vos reviews avec impatience!

XXX