Chapitre 7 : règlement de compte
Son service venait de prendre fin, Oscar entrait dans son bureau, referma la porte et posa son épée sur la chaise face à son bureau. Elle allait rejoindre son fauteuil quand un bruit la fit se retourner. « André ? » demanda-t-elle. Mais en se retournant, elle reconnut Alain qui semblait l'attendre, dissimulé dans un coin de la pièce près de la porte.
ALAIN : non Commandant, c'est moi.
OSCAR : vous n'êtes pas encore parti ? La plupart de vos collègues sont retournés dans leur famille pour leur congé.
ALAIN : je voulais vous voir
OSCAR : très bien, je vous en prie, asseyez vous.
Mais Alain venait d'immobiliser la main gauche du commandant qui avait retiré l'arme de la chaise pour le laisser prendre place. A présent le soldat faisait front à son supérieur, le dépassant d'une bonne tête et le fusillant du regard. La main d'Alain serrait fort le bras d'Oscar qui sentait son poignet s'engourdir.
OSCAR : arrêtez, Alain, vous me faîtes mal…
ALAIN ne cachant pas son antipathie : le pauvre petit commandant a mal…
OSCAR ne comprenant pas ce changement de comportement chez Alain : que vous arrive-t-il Alain ?
ALAIN sourd aux remarques : alors qu'est ce que ça fait de se sentir dominé ? Vous voyez, vous les nobles, vous nous traitez comme du bétail, mais le bétail sait se montrer plus fort quand on ne s'y attend pas !
OSCAR : Je ne vous ai jamais traité comme du bétail. Vous déraisonnez.
Le jeune commandant avait du mal à contenir la douleur de cet étau qui emprisonnait son poignet. Pourquoi Alain agissait il ainsi ? Elle savait qu'il n'avait jamais accepté sa défaite lors de sa prise de commandement et qu'il s'était toujours montré réticent à obéir aux ordres. Mais cette fois il allait beaucoup trop loin !
Il était inutile d'énerver davantage Alain qui, au moindre geste déplacé, s'apprêtait à lui faire voir trente six chandelles. N'avait il pas envoyé le dernier commandant visiter l'infirmerie plusieurs semaines ? Elle ne tiendrait pas longtemps face à ce colosse, surtout à mains nues. Elle devait tenter de le raisonner.
Pour commencer, elle ouvrit sa main gauche et lâcha son épée qui vint choir sur le sol. Puis elle essaya de se calmer et de détendre autant que possible ses muscles, afin que son corps n'offre plus de résistance à la force d'Alain. L'homme saisit le col du commandant, le souleva légèrement ; Oscar se retrouva alors « suspendue », sur la pointe des pieds, dans la ligne de mire de son poing.
OSCAR essayant de conserver un peu d'assurance : Pourquoi ? Que me reprochez vous ? Vous voulez encore que je quitte mon commandement ?
ALAIN : sachez que j'agis pour elle, pour cette femme dont vous vous êtes tant joué.
OSCAR : Sofia ? Qu'est ce que Mademoiselle de Fersen vient faire dans cette histoire ?
Malgré sa position inconfortable, elle avait envie de rire. Elle croyait depuis le début qu'elle avait causé du tort à son sous-lieutenant or il était question de femme !
OSCAR : vous êtes jaloux !
ALAIN la main tremblante : taisez vous !
OSCAR persistant dans cette faille : ainsi vous êtes tombé sous le charme de Mademoiselle Sofia
ALAIN la relâchant légèrement : la ferme, ou je…
OSCAR saisissant sa chance : c'est étrange je ne vous imagine pas avec elle… elle si douce, aimer un homme si…
N'y tenant plus, Alain laissa exploser sa fureur et poussa violemment Oscar qui tomba au sol.
OSCAR calmement, en regardant Alain droit dans les yeux : vous l'aimez !
