06
Because Of You

Stiles se redressa douloureusement de son lit d'hôpital et grimaça sous la douleur de sa chute.

Il avait été un imbécile doublé d'un crétin. Sous le coup de la colère encore fraîche de sa dispute avec son paternel, il avait entassé dans sa valise toutes ses affaires. Voulant punir son père pour l'avoir ignoré pendant des années il avait pris la décision idiote et complétement stupide de partir chez sa tante qui vivait à Boston.

Malheureusement pour lui, sa voiture chérie en décida autrement. Après avoir rangé ses affaires dans le coffre, mademoiselle avait jugé bon de ne pas vouloir démarrer. Encore plus énervé, il décida de marcher et de se calmer en prenant la direction du cimetière où reposait sa défunte mère adorée. Mais bien sûr, à 20h le lieu de repos était fermé et Stiles se trouva encore plus idiot.

Fatigué, énervé et éreinté, Stiles se posa sur un banc à côté de la grille du cimetière et repensa à sa journée. Après coup, il lui revint en mémoire le visage de son père et l'éclat de peine qui scintillait doucement dans ses yeux.

Peut-être regrettait-il l'éloignement qu'il lui avait imposé ? Peut-être avait-il des raisons a son geste ? Mais pourquoi le faire souffrir alors qu'il n'était qu'un enfant à l'époque ? Un enfant qui avait besoin de son père. Un enfant qui venait de perdre sa mère.

Mais quand Stiles y repensait vraiment, son père venait aussi de perdre la femme de sa vie. Il avait perdu celle qui comptait le plus pour lui. Mais pourquoi repousser son fils alors qu'ils en souffraient tous les deux. Il faut dire que Stiles ne lui avait pas parler pendant des mois. Il n'avait parlé à personne. Pourtant lorsqu'il était sorti de son mutisme, c'est son père qui s'était éloigné. Peut-être voulait-il lui laisser du temps pour digérer et faire son deuil. On ne fait pas son deuil de la même façon à 10 ans qu'à 32.

Stiles souffla de dépit. Il aurait tellement aimé ne pas dire toutes ces choses horribles qu'il avait balancé à son père, mais ça lui faisait tellement mal de tout garder qu'il n'avait pu s'en empêcher. Le jeune homme ne s'en sentit pas plus soulagé que ça, au contraire. Maintenant il culpabilisait d'avoir été horrible et s'en voulait de faire souffrir son père encore plus. Il voulait simplement ouvrir le dialogue perdu des années avant. Seulement, il n'avait fait qu'empirer leur relation.

Il avait peur. Peur de se retrouver tout seul. Il avait perdu sa mère, il ne voulait pas perdre son père. Il était toute la famille qui lui restait. Bien sûr, il avait une tante et un oncle à Boston mais ne les voyait qu'une fois par an. Et encore cela faisait trois ans qu'il ne les avait pas vu. Il faut bien dire qu'un neveu pédé dans une famille ultra catholique pratiquante ça faisait tâche.

Stiles ricana en pensant à ce qui allait bientôt arriver quand Leonard, son cousin, leur annoncera qu'il est gay et en couple depuis 2 ans. Leonard âgé quand même de 23 ans qui va bientôt se marier avec Ryan son compagnon alors que ses parents pensaient qu'il était en couple avec une certaine "Léa". Il aimerait tellement être une petite souris pour voir ça.

Quand il se leva, sa tête se mit à tourner et son estomac hurla à la mort. Il n'avait rien avalé de la journée et son corps se rappela à lui dans un gargouillis phénoménal. Se maintenant au dossier du banc, Stiles sortit son téléphone pour commander un taxi vu qu'il avait laissé "baby" devant la maison et qu'il n'avait pas envie ou le courage de marcher encore une longue heure pour rentrer chez lui.

— Ce n'est pas vrai ? Râla Stiles en s'apercevant qu'en plus de n'avoir rien dans l'estomac, ni même son portefeuille, la batterie de son téléphone était déchargée. Donc il était dans la merde et allait quand même devoir marcher.

Mais le pire dans tout ça, c'était la fatigue. En plus d'être affamé, sans téléphone et sans papier, toute sa nervosité s'était envolée pour laisser place à la fatigue d'après surmenage. Il pria pour que quelqu'un passe en voiture et s'arrête pour aider un pauvre adolescent stupide. Même si c'était Jackson.

Ah ! Jackson ! Il ne savait pas comment interpréter son carnet, ni même comment se comporter avec lui la prochaine fois qu'il le verrait. Déjà il s'excuserait de l'avoir frappé. Pour commencer c'est bien. Même très bien. C'est un bon début. Ensuite il lui roulera une galoche de l'enfer et lui remettra une droite pour laquelle cette fois-ci il ne s'excusera pas.

Non mais quelle idée de sortir avec une harpie pour soi-disant le protéger. Est-ce qu'il avait une tête de quelqu'un qui a besoin de protection ? Et pourquoi en plus ? Parce que son père prenait du bon temps avec son proviseur. Ouais, bon, il aurait pu lui en parler et voir avec Allison, c'est surtout avec elle qu'il fallait voir ça. Parce que Stiles se fichait que son père sorte ou couche avec des mecs. Il pourrait dire les chiens ne font pas des chats. Sa mère n'est plus là et puis c'était une femme très ouverte d'esprit.

Elle avait déjà dû remarquer des choses sur lui quand il était petit car un jour elle lui avait parlé comme s'il était un adulte. Des gens qui s'aimaient. Des gens qui aimaient des gens comme eux. Des hommes aimant des hommes comme des femmes pouvaient aimer d'autres femmes. Elle lui avait dit que l'amour n'avait pas de sexe ni de genre. Sur le coup, Stiles n'avait pas tout compris mais en grandissant il en avait saisi le sens.

Certes, il trouvait l'attitude de Jackson un peu touchante et chevaleresque. Pour le coup il sortait de sa zone de film gore mais Jackson en valait le coup.

Alors que Stiles tanguait sur la route, crevé plus qu'il ne l'avait pensé, des lumières aveuglantes surgirent de nulle part et le jeune homme tenta de reprendre le contrôle de ses jambes qui le lâchaient. Malheureusement, il marcha sur un caillou pointu et hurla de douleur quand il s'effondra au sol sur son bras.

Pour une fois dans son malheur il avait de la chance. Vernon Boyd, camarade de classe et joueur de Lacrosse dans l'équipe de Jackson sortit de la voiture et vint lui porter secours. Ce garçon ne parlait presque jamais sauf pour répondre à des questions et encore il y répondait par des phrases courtes et concises, pas de fioriture ni même de palabres inutiles comme lui.

C'est ce qui avait charmé Erica. Elle le trouvait "Chocolat miam miam" et " trop choupinou avec son regard de nounours en guimauve". Faut pas croire, Erica sous sa couleur blonde, son maquillage noir charbon et ses ongles aussi acérés qu'une louve défendant son territoire, se cachait une jeune fille avec un énorme cœur d'artichaut.

— Tout va … Stiles Stilinski ? Demanda le jeune homme à la peau d'ébène.

— Oui c'est bien moi et si tu le veux bien, j'aimerais que tu m'emmènes à l'hôpital, je crois qu'en me cassant la gueule je me suis fait mal au poignet. Déclara Stiles en grimaçant sous l'effet de la douleur que lui infligeait sa main droite.

— Bien sûr ! Répondit Boyd en l'aidant à se relever doucement pour ne pas aggraver sa douleur.

Pendant la courte durée du trajet, Boyd ne cessa de s'inquiéter pour lui et lui demanda s'il n'avait besoin de rien. Stiles en fut touché mais lui répondit qu'il avait juste besoin qu'un médecin vérifie son bras. Il n'y avait rien de grave en soi et le jeune black n'y était pour rien dans l'histoire. Il aurait dû faire attention à sa consommation de nourriture et à la batterie de son téléphone.

Quand ils arrivèrent sur le parking de l'hôpital, les deux jeunes assistèrent à un étrange spectacle. Le cœur de Stiles fit des bons bizarre et un sourire naquit sur ses lèvres quand il entendit Jackson répondre à Mlle Martin en la menaçant de tout révéler si elle s'en prenait encore à eux ou à Stiles.

Il avait surtout été estomaqué de voir Scott s'en prendre à Isaac. Il ressentit une bouffée de bonheur quand ce petit con arrogant s'était pris une branlé qu'il ne risquait pas d'oublier. Mais il ne devait pas montrer son sentiment de fierté. Pas encore, il avait des choses à régler d'abord. Surtout avec une certaine Allison qui était au courant de tout et qui ne lui avait rien dis.

— Bon ! Souffla Allison qui avait l'air soulagée.

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda-t-elle

— Maintenant ? Tous sursautèrent et comme un seul homme se tournèrent vers lui alors que Boyd l'aidait à marcher car il venait encore de se vautrer et sa cheville lui faisait mal.

— Maintenant vous allez m'expliquer qu'est-ce que c'est que ce bordel ! Exigea-t-il.