Bonjour/Bonsoir, un autre épisode plus court cette fois-ci (je promet que les prochains seront plus long, parole d'Assassin).
Hélie doit quitter l'Amérique car les Templiers ont reçu des informations sur elle. Sur les conseils d'Achilles, elle va faire ses adieux à son peuple qu'elle n'a pas vu depuis plus de dix ans. Là-bas, la matriarche lui confie une boite cachée depuis sa naissance. Celle-ci contient un fragment d'Eden... Hélie décide de faire une halte avant de retourner au domaine...
N'hésitez pas à mettre un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez. Ó:nen ! (à plus)
Chapitre VII
Hélie regarda le temple. Ou plutôt, regardait-elle son entrée. Une porte étrange, avec un trou plus gros qu'un poing à l'intérieur. Elle était recouverte de diverses peintures représentants différentes histoires ou croyances de son peuple. Hélie ouvrit la boite, elle n'hésita pas et pris la pomme. L'artefact brilla vivement lorsqu'elle la saisit et son bruit étrange s'intensifia, comme si elle s'apprêtait à imploser. Elle brillait d'une lumière ambrée au contact de ses mains et elle la plaça dans la serrure du temple.
La porte s'ouvrit, Hélie n'était nullement impressionnée. Elle connaissait les temples, mais elle n'y était jamais entrée. C'est ce qu'elle fit ce jour : elle pénétra dans l'enceinte du site des précurseurs après avoir remis la pomme dans sa boite.
L'endroit était sombre, elle dévala une petite pente assez rude avant d'arriver dans un couloir. Sur les pierres lisses et noires brillaient des veines lumineuses, qui s'éteignaient et se rallumaient de façon régulière, comme si le temple respirait. Elle continua son chemin et déboula dans une vaste pièce.
Tout était immense, pharaonique. Et malgré toutes ses connaissances sur les milieux des précurseurs, Hélie ne put être qu'impressionnée par cette incompréhensible architectures. D'énormes blocs de matières venues d'ailleurs étaient empilés dans des angles compliqués, improbable. Des faisceaux lumineux venus de nulle part traversaient la pièce. Tout brillait, éclairé par des lumières bleutées étranges qui s'allumaient et s'éteignaient doucement. Et au fond de la pièce, une sorte de barrière cristalline coupait l'accès au fond du temple.
C'était ici…
Hélie avança d'un pas mais s'immobilisa aussitôt. Là-bas, près de cette barrière, se tenaient deux silhouettes. Elles ne bougeaient pas. Elles étaient toutes deux vêtues de longues tenues blanches… Les spectres la fixaient de loin, l'attendant. Hélie savait qui ils étaient, mais jusqu'à présent, elle ne les avaient vu que dans ses rêves.
Elle se senti mal. Ces silhouettes, d'habitudes rassurantes, lui faisaient froid dans le dos. Elle sentit la peur l'envahir. Une sueur glacée coula le long de son dos. Elle ne pouvait pas aller plus loin, elle était comme figée, pétrifié par toute cette structure qui l'écrasait par sa grandiloquence.
Le Temple bourdonna, les lumières se firent plus éclatantes.
Le cœur d'Hélie battait la chamade, les silhouettes ne bougeaient toujours pas et cela l'angoissait. Pourquoi étaient-elles là, ce n'était pas le jour !
Elle se rendit compte que le bourdonnement se répercutait dans sa tête, lui brouillant le cerveau. Des larmes de peurs coulèrent lentement de ses yeux, sans qu'elle s'en rende compte.
La panique et la peur l'emporta, elle ne put rester plus longtemps. Elle fit volte-face et partit en courant, le plus vite possible, abandonnant derrière elle les silhouettes, les lumières et ce foutu bourdonnement. Pourtant elle se sentit poursuivit, rattrapé par ces fantômes et le bourdonnement envahit son cerveau. Elle remonta avec peine la petite pente, trébuchant à plusieurs reprises, haletant et s'agrippant à ce qu'elle avait sous la main pour s'en sortir.
Hélie sortit du temple hors d'haleine, la porte se referma avec fracas derrière elle. Ses jambes tremblaient et des larmes silencieuses inondaient son visage. La peur l'avait submergée. La boite était toujours dans sa main. Elle tenta de se calmer mais ses larmes lui brouillaient la vue. Il était trop tôt…
Elle s'assit avec difficulté et resta là, la tête dans ses genoux laissant ses larmes couler pour qu'elle puisse se calmer plus facilement.
Hélie franchit la porte du manoir, l'air triste et noirci. Son cheval c'était enfuit devant le temple et elle avait mis près d'une heure pour le retrouver. Elle ne voulait plus penser à rien. Elle aurait dû aller voir Achilles pour lui raconter ses retrouvailles avec son peuple, mais elle ne voulait pas lui parler. Elle monta le plus discrètement possible les marches qui menaient à sa chambre. Une fois la porte refermée, elle s'écroula dans son lit.
Allongée sur le dos, les yeux fixés sur le plafond, elle respira calmement. Elle aimait cette position, cette sorte de méditation qui l'aidait à se ressourcer mentalement. Elle la pratiquait souvent.
Après quelques minutes, elle se leva calmement. Elle ne pensait plus au temple, elle ne voulait pas y penser. C'était un mauvais souvenir désormais. Il était temps de songer à ce qu'elle devait emporter en France…
On toqua à sa porte et Connor entra.
-Pourquoi n'es-tu pas venu voir Achilles ? Tes retrouvailles se sont mal passées ?
Hélie regarda son ami et sourit.
-Si, cela c'est très bien passé. Bien que je m'en veuille d'avoir abandonné mon peuple et de le faire de nouveau…
Elle avait pris le sac de toile qui lui servirait de valise pour son voyage à Paris et tournait dans sa chambre à la recherche d'objets importants.
-Penses-tu retourner voir ton peuple un jour, Ratonhnhaké:ton ? demanda-t-elle.
Sans même le voir, elle sut qu'il faisait la grimace.
-Pour revoir mon père ?... Non, je suis bien ici.
-Je ne te parle pas d'aller voir ton père, je te parle de ton peuple, ta famille, tes origines. Et puis ton père ne fait plus le poids face à toi désormais.
Elle faisait des allers-retours, prenant des livres, des vêtements, des objets de décorations… Tout en adressant un sourire narquois à Connor.
-Tu as probablement raison. soupira-t-il en s'asseyant sur le lit. Mais je reste tout de même retissant à cette idée. Néanmoins, j'aimerais retrouver ma mère…
Hélie s'arrêta. Regardant son ami avec stupéfaction.
-Mais Connor… murmura-t-elle. Si tu souhaites retrouver ta mère, il te faudra forcément aller parler à ton père.
Le jeune homme acquiesça sombrement, comme s'il avait déjà réfléchit à cette déplaisante étape.
-Connor, Hélie ? Où êtes-vous ?
Hélie remercia intérieurement Achilles de l'avoir ainsi sortit de cette délicate situation. Les deux jeunes gens descendirent retrouver leur mentor et Hélie fit promettre à son ami de ne jamais faire quelque chose qu'il regretterait par la suite.
Le vent vint frapper le visage d'Hélie et fit valser ses cheveux dans tous les sens. Elle haïssait cela et essaya de se mettre dans le sens du vent pour ne pas trop être gênée. Achilles et Connor étaient là aussi. Le navire sur lequel Hélie devait embarquer se nommait L'Ardent. C'était un trois mats à fier allure, certains de ses marins parlaient anglais, d'autres baragouinaient une autre langue qu'Hélie devina comme étant du français. Elle trouva cette langue très belle, mais restait retissante à l'idée de passer plusieurs mois coincée sur ce navire avec tous ces hommes.
-Vous n'auriez pas dû m'accompagner, dit Hélie à son mentor et son ami, il n'est pas prudent de s'afficher ainsi en publique.
-Ne t'en fais pas, les Templiers ont bien d'autres choses à faire que venir inspecter des navires… dit Achilles
La jeune femme sourit et étreignit sa famille. Elle ressentait le même sentiment qu'elle avait éprouvé lorsqu'elle était partit de son peuple onze ans plus tôt.
-Tu as intérêt de bien t'occuper d'Achilles durant mon absence, sinon, je le saurais. glissa-t-elle à l'oreille de son ami avec un sourire.
Puis elle se tourna vers son mentor, Achilles. Il était vieux désormais. Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas vu au combat ? Elle eut un pincement au cœur à l'idée de ne peut être plus le revoir.
Après ces adieux, Hélie monta à bord de L'Ardent et regarda sa terre natale devenir un petit point au loin alors qu'elle voguait vers de nouveaux horizons. Elle était de nouveau partie…
