Montant dans la pièce qui avait été sa chambre, John ne put s'empêcher de sourire en voyant les draps propres sur son lit. Mme Hudson avait su le coup venir et avait pris les devants.
Il se mit au bord de son lit et soupira de bien-être. Il était enfin rentré chez lui. Et il esperait aussi que Mary comprendrait sa décision.
Assis dans le fauteuil du salon, le blond regarda la jeune femme entrait, les bras portant un plateau qui contenait deux verres d'alcool doux. Elle tendit une coupe au médecin et prit la seconde avant de s'écrouler dans le canapé, soupirant de fatigue.
- Quel journée. Entre Mme Sulivan qui s'est fracturé le poignet, Mr Foyan s'est déboité la hanche et
- Mary j'aimerais te parler de quelque chose d'important.
Joignant le geste à la parole, le blond sorti de sa poche la boite où était la bague sous le cri de la blonde qui le rejoignit en lui prenant la main.
- Mary écoute moi, je le voulais vraiment. Je te le jure. Je le voulais. Avoir une vie normale, une femme qui serait là dès que je rentrerais mais..
- Mais ce n'est pas ce qu'il te faut … ?
Lui jetant un regard désolé, le médecin secoua la tête, des larmes traitresses quittant ses joues.
- Pourquoi alors ? C'est ce que je voudrais savoir John…Qu'est-ce que ce Sherlock Holmes à de plus ?
- Il est bourré de défauts Mary. Il est froid, égoïste, distant, toujours à se sentir supérieur aux autres, à raconter la vie de tout le monde sans se tromper et en divulguant le moindre secrets mais…
Le soldat se mit devant la cheminée, montrant son dos à la blonde qui regardait le sol, trop peinée par ce qu'elle entendait.
- Quand j'avais cette ceinture d'explosif, quand il m'a vu, ces yeux toujours rempli de glace se sont animés de peur. J'ai compris qu'il tenait à moi. Et quand il me l'a retiré cette bombe, il m'a tenu contre l'espace d'une seconde et j'ai senti son cœur battre un rythme d'enfer. Et on a eu à faire à Irène Adler et je la détestais pour avoir réussi à attiser son attention. Et puis, je me suis rendu seulement compte que cette femme l'intriguait. Il n'arrivait pas à la lire. Et… ca il ne le sait pas, mais après qu'il ait vu le chien à Baskerville, on dormait dans la même chambre, dans son sommeil il s'est accroché à moi comme si sa vie en dépendait. C'est là que j'ai compris.
Le blond se tourna vers la seule personne présente à part lui et lâcha son verre dans le vide qui se brisa dans un tintement mélodieux.
- Je l'aime. C'est aussi simple que ça. Je l'aime.
La gorge sèche, Mary glissa sur le canapé et respira trois longues fois avant d'affronter le regard de son ancien compagnon.
- Alors va le rejoindre s'il est pour toi si important. Je veux que tu sois heureuse John. Le reste n'a que peu d'importance à mes yeux. Mais sache le, je serais toujours là si tu as besoins de moi.
Un dernier sourire et la blonde sorti de la pièce.
Après avoir réussi à mettre ses habits dans une valise, le décoré de guerre parti de la maison de banlieue, se prenant au passage une pluie à grosses cordes, et s'arrêta devant la voiture noire qui semblait l'attendre. Sans hésitation, il monta à l'intérieur, ses habits trempés inondant le cuir de la banquette.
Il fut cependant surpris en voyant une femme aux cheveux orangés lui sourire tel le Chat de Cheshire avant de démarrer et de prendre le trafic.
Plusieurs minutes passèrent avant que le blond ne remarque un sachet contenant du thé où était inscrit : Smile Dream.
- Vous connaissez Heaven Holmes Mlle ?
- Bien sûr que oui, sinon je ne serais pas là à vous conduire au 221B, vous ne croyez pas ?
Sans quitter le volant des mains, la rousse regarda l'homme dans le rétroviseur et ria légèrement en le voyant si tendu.
- Du calme Docteur Watson. Je ne vais rien vous faire, si ce n'est vous emmenez retrouver votre tendre et chère moitié.
- Que que quoi ?! S'écria John, les joues en feu
- Ne vous inquiétez pas. Je ne dirais rien. Jamais niet. Parole de la propriétaire du Sourire de Cheshire.
- Le quoi ?
- Vous êtes bien allé au Thé du Chapelier. Alors sachez mon bon monsieur, que la rue où il se situe est la rue des Merveilles. Tous les commerces qui s'y sont, ont un lien avec l'œuvre. Je tiens une boite de nuit appelé le Sourire de Cheshire. Voilà tout. Et nous sommes arrivés aussi.
S'arrêtant à l'angle de la rue, la jeune femme regarda le blond et se pencha un peu vers l'extérieur pour lui tapoter l'épaule.
- Courage.
Se redressant comme s'il allait combattre, le blond sorti de sa chambre afin d'avoir sa discussion avec le brun.
Descendant l'escalier, le blond s'arrêta quelques marches avant le seuil du salon en entendant le son du violon. Fermant les yeux, il laissa la musique le submerger, réveillant des vieux souvenirs enfouis en lui.
L'instrument à cordes tira les dernières notes et le silence revint dans la pièce centrale.
- Tu peux venir John.
Revenant dans le monde réel en sursaut, le blond descendit les dernières marches et entra dans le salon pour faire face au bouclé qui reposait son violon sur un tas de livre.
Le regard d'azur du détective survola le visage du médecin, s'attardant quelques secondes sur les traces rouges autour des yeux avant de repartir sur des livres ouverts.
- Je crois qu'il est l'heure que nous parlions pour de bon John.
Le détective s'allongea sur le canapé et regarda le plafond tandis que le soldat se mit dans son fauteuil.
- Par où commencer voyons.
- Peut-être, par le moment où tu m'as appelé sur le toit de l'hôpital. Répondit le blond, la voix tremblante à ce souvenir.
- … J'étais coincé. Sans issue. Il m'avait eu. Si je ne sautais pas, les snippers tiraient.
- Les quoi ?
Calmement, Sherlock expliqua en long, en large et en travers, ce qu'il s'était passé sur le toit. La discussion avec Moriarty. Le coup de feu et puis la chute.
Une heure passa durant laquelle, seule la voix du brun répercuta les murs. Les doigts blanchis à force de serrer les accoudoirs de son fauteuil, John ferma les yeux, revoyant encore le saut d'ange de Sherlock, les paroles avant la chute et maintenant qu'il savait la vérité, il comprenait le détective.
Le silence revint entre les deux hommes quand les craquements de marches se firent entendre. La porte d'entrée de l'appartement s'ouvrit et un parapluie entra en premier suivit de Mycroft qui tenait dans sa main une lettre encore sous sceau.
-Comme convenu voici la nouvelle lettre que cette femme nous a envoyée.
Tendit le papier à son frère, le roux tourna la tête et afficha un petit sourire en voyant le blond le dévisageait.
- Tiens vous avez coupé votre moustache.
- Bonjour à vous aussi Mycroft.
Les yeux rivés sur Sherlock qui regardait le papier, les sourcils froncés, John sursauta en le voyant sauter sur place pour attraper un petit couteau et ouvrir l'enveloppe.
Tictac l'heure tourne
Le train arrive
Le temps se détourne
La vie passe sur l'autre rive.
A sept, tout est détruit
Les Merveilles sombre dans la folie.
Même le Chapelier, le Lapin Blanc ou Cheshire
Ne peuvent prédire le pire.
Enfin viens l'heure
De la Reine de Cœur.
Respirant trois fois, Sherlock attrapa son manteau et tendit la main vers le blond.
- Une petite dose de danger dans le monde des Merveilles ?
Sans réfléchir, John attrapa la main de Sherlock et sans le lâcher sorti. La main libre posée sur la poignée de la porte du 221B, Sherlock se retourna vers lui et colla son front au sien, liant ses yeux à ceux du soldat.
- Bon retour à la maison John.
