Part II - Chapitre 1 - Meilleurs Amis


La formation de Milo pour devenir chevalier était finie, elle avait apprit de ses maîtres tout ce qu'elle devait savoir au niveau des bases. Ses propres techniques, c'était par instinct qu'elles lui étaient venu. Son Scarlet Needle comme elle l'avait appelé était son attaque la plus rapide. Une attaque particuliètement douloureuse dont elle était plutôt fière. Cependant, si sa formation était finie, elle n'était toujours pas chevalier, et c'était bien la seule à ne toujours pas l'être.

Son armure la rejettait, et l'attaquait. A chaque tentative c'était la même chose, elle devait se montrer rapide pour éviter les piqûres du Scorpion qui étaient mortelles. Ce n'était pourtant pas la motivation à le devenir qui lui manquait. C'était ce qu'elle désirait le plus au monde, devenir chevalier. Cette motivation qui s'était renforcée lorsqu'elle avait recontré Athéna.

Milo l'avait vu qu'une seule fois, elle avait quatre ans de moins qu'elle, et pourtant se révélait très responsable, elle avait pleinement conscience du rôle qu'elle avait dans ce sanctuaire, et les responsabilités que ça impliquait. Son cosmos l'avait tout de suite atteint, tant de bonté et de chaleur, Milo voulait la protéger, tout comme ses confrères. Les seules personnes que voyait Athéna était Saga et Aioros, comme elle était relativement jeune pour le rôle qui lui était confié, ils étaient là pour l'épauler, ainsi que le Grand Pope.

Athéna avait dix de ses chevalier d'or, gardant les maisons qui leur étaient attribuées. Seules les maisons de la Balance et du Scorpion étaient vide. Personne n'avait vu le chevalier de la balance, personne ne savait qui il était. Sauf Shion. Le Grand Pope leur avait toujours dit de ne pas s'inquiéter de cela, que le porteur de cette armure était digne de confiance. Personne n'avait remit en cause ses dires.

Milo était en promenade autour du sanctuaire, elle avait encore échoué, et cela la frustrait énormément. Fatiguée, sale, et quelque peu démotivée, elle avait préféré se stopper pour la journée. Elle s'assit sur le reste d'une colonne de temple, pensive. Elle essayait de savoir ce qui la bloquait, mais ne trouvait pas. Le cosmos de Camus s'approchant d'elle la tira de ses pensées.

"Salut Camus. Lança-t-elle.
-Tu n'a toujours pas réussi. Remarqua-t-il.
-Ouais, comme tu peux le voir... J'en ai marre! Pourquoi je n'y arrive pas?! Vous avez tous réussi, tous sans exception! Même cette orgueilleux sur pattes de Masque de Mort! Pourquoi pas moi?! Des fois j'aimerais...
-Abandoner. Je sais que tu n'aimerais pas. Oublie ta colère et ta frustration, tu n'en sera que plus sensé. La coupa Camus en s'asseyant sur le sol au pied du reste de la colonne.
-Tu as raison... Comme à chaque fois. Fit-elle en rigolant légèrement. Mais je n'arrive pas à comprendre. Même des chevaliers d'or expérimentés comme Saga et Aioros n'ont pas su m'aider à cerner le problème. Qu'est ce que je dois faire? Elle ne veux pas de moi.
-Si elle veut de toi, tout le monde au sanctuaire l'a senti. Mais il lui manque quelque chose.
-On parle de la psychologie d'une armure, ha ha... Rigola-t-elle ironiquement. Il est évident qu'elle me rejette. C'est injuste, pourquoi je dois encore me retrouver à être la personne la plus en difficulté dans son apprentissage. Qu'est ce que j'ai fais?
-Je pense que quoi que je te dise, tu ne m'écoutera pas, tu es trop frustré.
-Excuse moi Camus. Fit-elle en baissant la tête.
-La frustration de ne pas pouvoir avoir ce qu'on désire, je connais ça en quelque sorte.
-Comment t'arrive à en garder ton sang froid?
-Parce que je suis différent de toi.
-Bah j'aimerais pouvoir être comme toi.
-Pas moi, je te préfère comme tu es."

Cette phrase, les pensées de Milo se bloquèrent dessus. Elle était persuadée d'y déceler une sorte de sous entendu quelconque... qu'elle décida de balayer en déclarant:

"C'est un peu bizarre de dire ça entre gars.
-Tu trouves? Peut être..."

Elle avait encore une fois affaire au Camus évasif dans ses dires. Chose qui arrivait de manière beaucoup plus fréquente ces derniers jours. Lui qui habituellement allait toujours droit au but, cela la surprenait.

Ils discutèrent quelques heures, puis au moment où la nuit tomba, Milo rentra chez elle, raccompagnée par Camus. Ils aperçurent Aiolia qui attendait devant la porte. Un large sourire se dessina sur son visage quand il la vit arriver. Il avait quelque chose à lui raconter, il avait du mal à tenir en place, et son sourire le trahissait. Milo savait déjà de quoi il allait lui parler. Avant qu'ils n'arrivent à sa hauteur, Camus déclara:

"Bon je te laisse, bonne soirée.
-Quoi déjà? Tu pars comme ça?"

Mais Camus ne répondit que d'un signe de main en s'en allant. Milo était surprise, ce n'était pas dans son comportement habituel de partir ainsi, presque sans rien dire, et encore moins sans saluer l'un de ses confrères. Quelque chose devait le tracasser, Milo en était sûre et comptait bien lui demander le lendemain. Une fois à la hauteur d'Aiolia, celui ci lui dit:

"Il a quelque chose contre moi en ce moment Camus?
-J'en sais rien, il m'a à peine salué en partant. Il est bizarre ces derniers temps...
-Ouais bah si il a un truc contre moi, il a qu'à venir me le dire! On va régler ça entre homme!
-Mais non Aiolia, ne dis pas ça. Tu dois t'imaginer des choses, puis j'aimerais pas vous voir vous battre l'un contre l'autre. Déclara Milo.
-C'est pas moi, c'est lui qui me snob là!
-Fais pas le gamin Aiolia.
-Toute façon ça durerait 1000 jours cette affaire, franchement pas envie d'affronter l'inexpressif pendant tout ce temps!"

Milo n'aimait pas quand Aiolia surnommait Camus ainsi. Elle avait l'impression qu'il considérait qu'il n'avait pas de sentiment, alors que ce n'était pas le cas. Puis 1000 jours, cette légende qui voulait qu'un combat entre deux chevalier d'or dure autant de temps, Milo avait du mal à y croire. Cependant une choses était sûre, elle refusait de les voir s'affronter l'un l'autre. Elle tenait beaucoup trop à eux pour les voir se blesser mutuellement, elle en souffrirait elle aussi. Voir les deux personnes auquelles elle tenait le plus se battre, non jamais, elle ne voulait pas que ça arrive. En plus ils défendaient tous la même cause, ils n'avaient aucune raison de se battre entre eux.

"Bon, rentre et dis moi ce que tu as à me dire." Lança-t-elle pour changer de sujet.

Ouvrant la porte, Milo fit entrer son frère chez elle. Puis elle alla préparer un peu de thé, de la cuisine elle déclara:

"Laisse-moi deviner, c'est à propos de Marine?"

En général quand Aiolia était aussi joyeux, qu'il ne tenait plus en place, c'est qu'il avait vu Marine. Milo le connaissait trop bien, et savait que c'était ça, ce qu'Aiolia confirma immédiatement.

"Et donc, ça y est, tu lui as parlé de tes sentiments?
-T'es folle! Je peux pas faire ça. Puis tu sais il y a cette règle du masque, comme elle ne m'a jamais montré son visage, je ne sais pas ce qu'elle ressent pour moi... Se lamenta-t-il.
-Bah si c'est pas de l'amour, vaut mieux pas que tu vois son visage. Rigola Milo.
-C'est pas drôle! S'écria Aiolia vexé.
-Ça va, je plaisantais. Et donc dis moi tout."

Elle posa les deux tasses de café sur la table, puis Aiolia se mit à raconter.

"Tu sais, elle entraînait son disciple Seiya puis à un moment par caprice, il s'est enfuit.
-Comme d'habitude.
-Du coup on l'a cherché partout ensemble. Puis aujourd'hui, elle m'a beaucoup plus parlé d'elle, elle s'est complètement ouverte à moi, j'ai vraiment senti une connexion entre nous deux. Ce qui a...
-Renforcé tes sentiments. Finit Milo.
-Oui, tu sais elle est vraiment très gentille, et sensible. Elle a beaucoup d'affection pour son disciple, même si il n'est pas très obéissant. Puis c'est une puissante chevalier d'argent. J'aimerais tellement voir son visage, qui doit être aussi beau que je l'imagine. Et sa voix elle est..."

Milo écoutait l'éloge que faisait Aiolia de Marine, elle en était presque habituée maintenant. Cela faisait un certain temps que le chevalier du Lion s'était éprit par la femme chevalier de l'Aigle. Et ce qu'elle savait de Marine, c'est qu'elle n'était pas indifférente à Aiolia. Le peu qu'elle avait discuté avec elle, elle lui avait dit qu'avec la règle du masque, elle ne voulait pas prendre de décision hâtive, et voulait se dévoiler quand elle serait sûre d'être amoureuse. Ce qui n'était pas le cas lors de leur discussion. Pour Aiolia non plus à vrai dire, il était intéressé, mais pas encore amoureux à ce moment là. Cette réaction de Marine, Milo trouvait ça quelque part très noble. Depuis, Aiolia et Marine avaient passé beaucoup de temps ensemble car Aiolia supervisait l'entraînement de Seiya, par conséquent ils s'étaient beaucoup rapprochés. Dans le sanctuaire, la rumeur commençait déjà à circuler à leur sujet, ce dont Aiolia ne semblait pas au courant.

Milo était assez envieuse. Voir Aiolia parler ainsi de Marine la touchait, car elle savait la profondeur des sentiments qu'il lui portait. Elle le trouvait adorable dans ces situations. Si Aiolia savait être des plus sérieux lors de son devoir de chevalier, dans sa vie privée, il se montrait plus mignon et affectueux. Milo l'enviait, elle enviait Marine d'avoir quelqu'un qui l'aime ainsi. Quelqu'un qui l'aime amoureusement en temps que femme, Milo se disait que c'était peut être pas si mal. Quand l'idée lui effleurait l'esprit, elle avait l'impression qu'elle se sentirait différente. Cependant, elle redescendait vite sur Terre quand elle se rappelait que c'était impossible, elle ne vivait pas en temps que femme comme elle l'était, mais en temps qu'homme. Baser une relation amoureuse sur ce mensonge, où la vérité éclaterait forcément un jour, elle ne voulait pas.

"Ça doit être bien d'être amoureux. Aimer et être aimer... Soupira t-elle.
-Bah t'es entourée d'hommes, t'as l'embarras du choix. Plaisanta-t-il.
-Même avec ça, tu sais que c'est pas possible...
-Hey c'est ton choix, tu as aussi la possibilité de leur dire la vérité pour être toi même.
-Non! Je refuse de dire la vérité à Camus!
-Pourquoi lui directement? Interrogea Aiolia suspicieux.
-Parce que c'est mon meilleur ami.
-Ou plutôt qu'il te plait.
-Oui, bah ça change pas qu'il n'est que mon meilleur ami."

Milo avait bien insisté sur le "que", parce que oui elle trouvait Camus attirant, mais elle pouvait clairement pas dire qu'elle en était amoureuse. C'était pas ce qu'elle ressentait pour le moment, et avait bien l'intention de voir disparaître cette attirance au fil du temps, pour que ça ne lui pose plus de problème...