~ Pardonne-moi ~
§ Chapitre 06 : Les conséquences de nos choix §
O
- Aahh…
La température était élevée dans la pièce.
- T-Touche-moi là, Ichigo.
- Ça m'a manqué de t'entendre gémir mon prénom, Hime. Continue.
- Um…
- Plus fort.
- Oui…
- Je veux t'entendre et je sais que j'y arriverai en te caressant… ici.
- Aaah ! ICHIGO !
Elle se cambra, pleurnichant presque contre lui. Il la torturait, Ichigo savait ce qu'elle voulait mais il la faisait languir alors qu'elle sentait qu'il n'attendait qu'une chose lui aussi. Tandis qu'il portait toujours sa chemise détonnée ainsi que son pantalon au bas des hanches, il ne l'avait autorisée qu'à retirer son jean, gardant ainsi son pull et ses sous-vêtements alors qu'elle avait très chaud !
- Ichi, s'il te plaît…
Pour s'empêcher de trembler, elle pressa ses jambes contre les siennes. Chevaucher Ichigo quand elle ne désirait faire qu'un avec lui était vraiment dur, d'autant plus qu'il était dur lui-même.
- Tu as chaud, visa-t-il juste en respirant ses cheveux tout en lui caressant le dos.
- O-Oui, et j'ai mal…, rosit la belle, pressant ses seins douloureux contre son torse.
Le roux se retint de gémir pendant qu'elle se frottait elle-même contre sa main logée entre ses cuisses. Elle était si mouillée qu'il ne serait pas surpris que son désir liquide traverse le coton de sa culotte.
- Tu es tellement excitée, Orihime, lui murmura-t-il à l'oreille, sa tempe contre la sienne.
La pauvre poussa une plainte traduisant sa honte.
- Ne sois pas gênée. Tu n'imagines pas ce que ça me fait de te voir dans cet état juste pour moi après tant d'années.
- Ichigo, je t'en prie, ça fait plusieurs minutes que tu joues avec moi…
- Je ne joue pas avec toi, je profite de toi.
- Ah oui, et comment ?
Elle recula la tête pour le regarder et il sauta sur l'occasion pour l'embrasser passionnément en pressant sa nuque, son poing serrant ses doux cheveux auburn. Accrochée au col lâche de sa chemise, la sœur de Sora s'efforça de suivre son rythme, leurs langues tournoyant ensemble dans un mélange de salive et de geignements.
- Comme ça.
Le jeune homme mit fin au baiser et pressa ses seins dans chacune de ses mains. Elle miaula de plaisir.
- En sentant tes formes, dit-il d'un ton lascif.
Ses orbes ambrés firent frissonner Orihime qui se mordit la lèvre lorsqu'il pinça ses tétons à travers son pull. Elle voyait sa question venir…
- Tu n'aurais pas oublié quelque chose ? lui demanda-t-il dans un souffle.
- Je n'en ai pas mis exprès cette fois, lui avoua-t-elle sans ciller, les joues roses. Je savais que tu me le déchirerais alors je l'ai rangé dans mon sac.
Un vif éclat traversa les yeux du roux.
- A t'entendre, tu avais prévu de te lier à moi en venant ici, je me trompe ? Le fait que tu aies volontairement choisi de venir me voir sans soutien-gorge le prouve.
- T-Tu n'as pas fini de me dire comment tu profites de mon corps, le pressa-t-elle, le souffle rapide.
Tout en parlant, Ichigo agaçait sa généreuse poitrine qu'il palpait sans retenue.
- Tu… Tu n'étais pas aussi taquin les autres fois où on l'a fait.
- Nous étions adolescents, fit-il en empoignant l'ourlet de son pull et de son t-shirt. On était inexpérimentés et maladroits.
Il déshabilla le haut de son corps, jetant les vêtements par terre. Se tenait à présent sur ses genoux une Orihime en culotte, seins nus. Ça se réchauffa comme une fournaise sous son caleçon.
- Ces dernières années, je n'ai cessé de penser à comment j'aurais aimé sentir ta peau glisser sous mes doigts…
Il laissa sa main voyager sur son dos moite. Elle se tortilla d'impatience.
- Ton corps me réclamant pressé contre le mien.
Il la rapprocha de lui en appuyant au creux de ses reins.
- Ton goût et tes cris résonnant à mes oreilles, livra-t-il avec tant de sincérité que la jeune femme s'empourpra profusément, avant de crier dès que sa bouche chaude se referma sur l'un de ses mamelons qu'il suça bruyamment. Là, c'est comme ça que je veux t'entendre, Hime, articula le fils Kurosaki, les yeux sur elle.
En proie au plaisir, Orihime se pencha en arrière, offrant ainsi totalement son buste à son Shinigami qui entourait sa taille d'un bras alors qu'elle empoignait fermement sa touffe orange. Le visage levé vers le plafond, la déesse ne le voyait pas, uniquement concentrée sur la bouche, les dents et la langue d'Ichigo la ravissant sur cet endroit hyper sensible. Peinant à respirer, elle cria plus fort quand il se chargea de l'autre sein sans cesser de masser l'autre. A force de ployer son corps dans cet angle, elle finit par glisser sur ses longues jambes sous elle et son intimité rencontra directement son érection. Il gémit tout en mordillant son sein.
- Merde, Orihime.
Il n'en pouvait plus et malgré ça, sans libérer sa taille et sa poitrine, il permit à sa main libre de voyager encore entre eux pour aller la caresser sous sa culotte cette fois.
- Nyaah… I-Ichigo ! N-Non, arrête ! l'implora-t-elle, les larmes au yeux.
Elle ne souffrait pas à proprement parler sauf qu'être excitée sur deux zones érogènes en même temps, c'était trop pour elle et elle ne voulait pas atteindre la jouissance à part, mais avec lui en elle.
- Pourquoi ? demanda Ichigo en insérant un doigt dans son coeur inférieur chaud, son pouce excitant sa perle gonflée.
Bon sang, c'est qu'elle fuyait carrément sur sa main. Ce phénomène ne fit que grossir davantage son membre qui en devint douloureux. Orihime avait réellement envie de lui.
- J-Je ne veux pas être la seule à… Aah ?!
Sans signe avant-coureur, le Shinigami suppléant la bascula sur le canapé, le dos dans l'angle de l'accoudoir et du dossier. A peine eut-elle le temps de cligner des yeux qu'il avait déchiré sa culotte avant de placer ses jambes galbées sur chacune de ses épaules. La belle ouvrit grands les yeux.
- Non, ne fais pas ça ! s'écria-t-elle.
Il haussa les sourcils.
- Tu aimais que je te fasse ça, Hime.
S'il voulait la faire rougir, c'était réussi. Surtout qu'elle était entièrement nue contrairement à lui, et qu'elle était ouverte sous ses iris brûlants.
- C-Ce n'est pas que je n'aime pas que tu me fasses ça. C'est juste que je ne veux pas.
Son air perdu la força à se montrer plus claire. Elle dut inspirer en détournant les yeux.
- Je n'ai jamais réussi à en avoir deux en une seule fois alors quitte à en avoir un, je veux que ce soit avec toi en moi.
Complètement largué, il fallut un certain temps au fils d'Isshin pour décrypter le message codé caché derrière ces paroles. En particulier quand tout son être lui hurlait de plonger la tête entre les cuisses de la femme qu'il aimait. Enfin, par miracle peut-être, il saisit où elle voulait en venir : durant leur vie intime, ni Orihime ni lui n'avaient pu avoir deux orgasmes par rapport. Ichigo comprenait et était même touché qu'elle souhaite avoir le sien en étant possédée par lui. Néanmoins…
- Rassure-toi. Vu ton état et l'énergie que j'ai en réserve, je te garantis que tu jouiras deux fois, tu as bien réussi avec moi tout à l'heure et regarde-moi. Je suis prêt à me lier à toi de nouveau.
- C'est pas pareil ! protesta-t-elle. Et ne parle pas de manière si crue, ajouta la princesse avec une moue gênée. Tu as eu le temps de te remettre de la séance de tout à l'heure, je te dis que moi je suis incapable d'en enchaîner deux d'un… AAAH !
Évidemment, elle aurait dû se douter qu'il ne la laisserait pas finir. Il venait de se pencher pour enfin la goûter là, cette partie la plus ardente de son anatomie. La pression était trop forte pour Orihime qui écarta davantage les jambes, ses pieds sur les omoplates d'Ichigo agenouillé devant elle. Elle ne pouvait pas s'exposer plus à lui, totalement à sa merci alors qu'il la léchait sensuellement, sa langue entrant et sortant comme pour piquer sa perle féminine, tourbillonnant autour de son entrée luisante avant de la pénétrer aussi loin qu'il le pouvait. Une fois encore, elle tira ses cheveux hérissés. Il grogna à son goût sur sa langue, le son se répercuta en Orihime à l'image des vagues se dessinant sur l'eau quand on y lance un caillou.
- N'a… N'arrête surtout pas, Ichi ! s'exclama-t-elle, le cou penché vers l'arrière dans le vide.
Tout s'estompa autour d'elle que ce soit les couleurs de la pièce, les meubles, l'environnement entier. Ses sens uniquement focalisés sur la crinière orange appartenant à l'homme lui faisant l'amour de la façon la plus délicieuse qui soit. C'était si bon ! En l'entendant presque pleurer son nom, Ichigo sourit, sa fierté renforcée, décuplée. Ce n'était pas le nom de l'autre bâtard qu'elle hurlait, là. Elle n'était ici que pour lui corps et âme.
Tenant jusque-là les hanches de sa Hime pour l'empêcher de trembler trop vivement, il libéra l'une d'elles pour de nouveau glisser son majeur dans son ouverture de plus en plus contractée et humide. Elle se rapprochait du septième ciel.
En sentant un second doigt, puis un troisième se frayer un chemin en elle, la beauté auburn baissa la tête pour lui demander s'il avait l'intention d'y entrer sa main entière quand, soudain, il se mit à grignoter son clitoris tout en laissant ses doigts aller et venir à leur guise.
Les jambes d'Orihime gigotèrent de plus belle, son corps s'enfonçant puis se soulevant du canapé dans des gestes incontrôlés. Ses seins devinrent plus lourds sous le poids du bonheur couplé au plaisir, la forçant à s'en saisir pour les pétrir elle-même, sans parvenir à stopper ses geignements. Ichigo alternait entre la mordiller, la lécher, la sucer et lorsque sa bouche se referma sur son petit bouton sensible tout en l'aspirant et le caressant du bout de la langue, elle vola en éclats, des larmes sur les joues. Le fils Kurosaki avala tout ce qui sortait de son corps, ne laissant rien et profitant de l'odeur de son essence.
Les membres hors d'usage, la jeune femme reprit ses esprits quand il lui frôla la joue, les lèvres encore enduites de la preuve de son orgasme.
- Tu vas bien ?
Elle hocha la tête, Ichigo lui caressa l'intérieur des cuisses.
- Tu as été parfaite.
- Je n'ai rien fait…
Il se redressa légèrement en s'appuyant sur le dossier.
- Si : tu t'es donnée à moi, murmura-t-il sur ses lèvres.
Sur quoi, il s'empara de sa bouche et la belle perçut sa propre saveur lorsqu'il insinua sa langue presque au fond de sa gorge. Ichigo l'embrassait comme s'il était affamé, ses lèvres s'ouvrant et se refermant rapidement sur les siennes qui devaient suivre la cadence. Parallèlement, il palpa ses seins et retourna caresser son entrejambe dans des mouvements de plus en plus rythmés en s'attardant sur la boule de nerfs au sommet de sa féminité.
- I-Ichi, ça monte…, chuchota-t-elle, la chaleur l'envahissant.
- Ouais, je le sens, dit-il en mordant son cou avant de laper la rougeur. Je savais que tu serais facile à exciter, Orihime.
- Ne dis pas ça, rougit celle-ci en maintenant sa tête rousse contre elle tout en pressant son épaule. C-C'est juste que… que je…
- Que tu as envie de moi, acheva le roux en lui refaisant face. Viens avec moi.
- Hein ? Où ça ?
- Dans ma chambre, répondit-il, penché pour la prendre dans ses bras.
- Non, refusa-t-elle.
- Quoi ?
- Je… restons ici.
- Mais je ne te vois pas bien, Hime, répliqua-t-il en plissant les yeux pour mieux distinguer ses jolies courbes. Je veux voir l'expression de ton visage quand tu crieras encore mon nom parce que je t'aurais libérée de ce poids que tu portes. Il fait sombre et on sera mieux dans mon lit. Remarque, je peux aussi allumer la lumière mais…
- Non, Ichigo, tu ne comprends pas, lâcha plus fermement la demoiselle. Je veux qu'on le fasse ici pour vérifier si… si c'est aussi intense qu'on le dit.
Il haussa un sourcil.
- Hein ?
- Si…
Elle grignota sa lèvre.
- Si c'est aussi intense de le faire dans l'obscurité.
Ichigo se demanda vaguement qui avait bien pu lui mettre cette idée en tête.
Rangiku san, songea-t-il, blasé.
- Et puis…, enchaîna Orihime.
Elle reporta ses prunelles argentées sur lui.
- La dernière fois qu'on l'a fait, nous étions debout. Essayons assis cette fois.
Il resta immobile un moment avant de gémir, le souffle court, quand Orihime attrapa la bosse sous son pantalon.
- Ne réfléchis pas, Ichi, le pressa-t-elle en le caressant. Tu ne tiens plus et moi non plus.
OK, elle avait raison et de toute manière peu importe où ils feraient l'amour tant qu'ils le faisaient et qu'elle était d'accord. Dans des gestes rapides, Ichigo baissa son jogging et son caleçon à ses genoux et reprit sa place antérieure sur le canapé. La princesse vint à quatre pattes vers lui, sa poitrine se balançant sous elle, et passa une jambe par-dessus les siennes. Ichigo la tint par la taille tandis qu'elle se plaçait dans l'axe de son érection, ses petites mains sur ses épaules recouvertes de sa chemise.
- Je peux y aller ? se renseigna-t-elle, visiblement à bout.
- Oui, l'autorisa-t-il.
C'est ainsi qu'elle s'empala sur lui d'un seul mouvement.
- Hime ! cria le jeune homme, la tête en arrière, les dents serrées. J-Je ne pensais pas que tu me prendrais d'un coup, parvint-il tant bien que mal à dire, ses doigts enfoncés dans sa peau crémeuse.
- Tu l'as dit tout à l'heure, Ichi kun, nous étions adolescents à l'époque, nous avons gagné en assurance maintenant, lui chuchota-t-elle à l'oreille.
Elle avait étouffé sa stupéfaction en se laissant pénétrer. Ichigo était en elle jusqu'à la garde et elle avait oublié à quel point il la remplissait. Oh, bien plus que son mari auquel elle ne préférait pas penser. Ses muscles internes durent s'étirer pour prendre complètement son membre qu'elle sentait palpiter. Orihime se redressa un peu.
- Attends, la stoppa le Shinigami.
Prenant son délicat visage en coupe, il l'embrassa. Cela attisa la flamme du désir entre eux.
- Laisse-moi encore profiter de la sensation de ton corps m'engouffrant. Ça fait des années que j'attends ça.
Hime ne dit pas non, elle put ainsi caresser son torse, ses abdominaux, ses biceps. Ne faire qu'un avec Ichigo, le toucher, l'aimer de la sorte n'avait pas de mots. Il s'agita.
- Vas-y, ne te retiens pas, la prévint-il de ses iris ambrés magnifiques.
Il n'en fallut pas plus à la guérisseuse pour recommencer à onduler sur lui. Honnêtement, Ichigo était prêt à relâcher sa semence tout de suite mais s'il le faisait, il n'était pas certain de permettre à Orihime d'avoir le deuxième orgasme qu'il lui avait promis. Il se força donc à se retenir, profitant du spectacle unique s'offrant à lui même s'il ne le voyait pas bien : appuyée sur ses genoux derrière elle, sa déesse montait et descendait son sexe, ses seins rebondissaient à chaque coup de bassin, son souffle erratique et ses petits cris sexy sortaient de sa bouche un peu gonflée à cause de leurs baisers ardents, sa peau luisait de sueur sous l'effort…
- Plus vite, Hime, l'encouragea-t-il en pressant ses seins ensemble.
Elle se cabra à l'extrême, les pointes de ses sublimes cheveux chatouillant les pieds nus d'Ichigo.
- Je sais que tu peux mieux faire.
- Oui, Ichi.
Il se pencha en avant, traça son cou fin de sa langue et suçota son téton le plus sensible.
- Aaaah ~ ! Ichigo !
- C'est ça, Orihime.
Le regard brumeux, elle le repoussa sur le dossier du canapé, colla ses seins aux pointes durcies contre son torse ferme et bougea ses hanches d'avant en arrière cette fois. Le visage dans son cou, elle répétait inlassablement son nom, ses ongles dans sa nuque. Peu après, Ichigo la sentit se resserrer de plus en plus autour de sa virilité. C'est en lui baisant la joue qu'il faufila sa main jusqu'à leur étroite union et pinça doucement sa perle humide excitée. Les muscles d'Orihime se crispèrent si vivement qu'ils jouirent en même temps dans un gémissement synchronisé.
Comme touchée par un courant à haute densité, elle redressa le dos, agrippant toujours Ichigo mais les bras tendus, et laissa son second orgasme mitrailler son corps. Il n'était pas aussi puissant que le premier mais pas moins plaisant, surtout qu'elle sentait son Ichi se déverser si violemment en elle qu'elle en ressentit les longs jets chauds qu'il expulsa dans son ventre, pendant qu'il pressait ses fesses. Il tremblait de la tête aux pieds et s'accrochait à elle aussi fermement qu'à une bouée.
Ichigo ne se souvint pas avoir jamais atteint un tel plaisir, ni avoir jamais crié si fort. Jusqu'à aujourd'hui, ils n'avaient jamais atteint le paroxysme ensemble, c'était toujours l'un avant l'autre. La nouvelle sensation resterait gravée en lui, surtout que les parois d'Orihime le comprimaient, le poussant à se libérer de sa semence encore et encore jusqu'à épuisement et la chute progressive après avoir touché le pic du plaisir.
Sans aucune force désormais, la sœur de Sora se laissa aller contre lui en l'enlaçant mollement.
- Merci, Ichigo. C'est ce dont j'avais besoin. Tu m'as consumée…
Le sommeil gagna la bataille et elle dériva sur ces mots, apparemment pas troublée d'avoir toujours le membre d'Ichigo fiché en elle. Ce dernier ne dit rien, il voulait ça, lui aussi, bien sûr. Toutefois, en réalité, il désirait bien plus que ce qu'elle venait de lui donner.
{…}
Miaou.
- Mmh…
Miaouuu ~
- Um ?
Orihime frissonna en sentant quelque chose de mouillé sur son oreille.
- Kokoro chan ? fit-elle d'une voix pâteuse en ouvrant difficilement les yeux.
Son petit compagnon lui léchait l'oreille. Content qu'elle soit réveillée, il bondit sur elle pour se pelotonner sur sa poitrine. La belle fronça les sourcils, détaillant son environnement. Elle se trouvait dans un lit imposant, la chambre était sombre en raison des stores non relevés mais de toute façon, cet endroit ne lui disait absolument rien du tout. Enfin…
- Ah ! Je suis dans la chambre d'Ichigo...
Elle regarda instinctivement de l'autre côté du lit… qui était vide. Un trou se forma dans son estomac mais ses joues se colorèrent, réveillant des souvenirs.
- Ici aussi, ça sent son odeur, dit-elle dans un soupir en effleurant l'oreiller d'Ichigo.
Lentement, son chat sous le bras, la princesse quitta les couvertures pour s'aventurer dans l'appartement. C'est une fois debout qu'elle capta qu'elle était vêtue d'un t-shirt trop grand pour elle et d'une culotte qui n'était assurément pas la sienne puisqu'il l'avait déchirée. En passant devant le miroir, elle préféra sagement ignorer son reflet échevelé et marcha dans le couloir. A qui donc appartenait cette culotte ? Pour le t-shirt, elle connaissait la réponse car il sentait comme son Ichi.
- Ichigo, tu es là ?
Lorsque ses orbes gris se posèrent sur le canapé inondé de soleil à présent, Orihime s'empourpra avant de secouer la tête. Un mot plié en deux posé sur la table basse attira son attention.
Bonjour Hime,
Je suis parti travailler, j'aurais préféré passer du temps avec toi avant d'y aller mais tu dormais si bien que je n'ai pas osé te réveiller. Kokoro dormait aussi quand j'ai dû filer mais j'ai fait monter une petite bouteille de lait pour lui, sur le comptoir de la cuisine, et tu trouveras de quoi manger dans le frigo alors n'hésite pas cette fois. Et comme je devine que tu te poses la question, sache que la culotte que je t'ai enfilée est neuve, je te l'ai achetée avec le soutien-gorge que tu trouveras dans le premier tiroir de ma commode, sur la droite. Hors de question que tu te balades encore « seins nus » dans Tokyo. On se voit bientôt.
Ichigo.
Orihime relut cette note plusieurs fois et son cœur chavira. Il avait pensé à elle, à son estomac et à son chat. Que demander de plus ? Elle ne s'était pas sentie aussi bien depuis fort longtemps.
- Viens Kokoro chan.
Ce dernier trottina dans ses pas, se frotta autour de ses chevilles en ronronnant pendant qu'elle cherchait un bol puis sauta sur le comptoir.
- Tiens, bois ton lait et nous rentrerons ensuite à la maison.
Bien qu'il soit un peu plus de 11h et qu'elle ne commençait pas son service avant 13h, elle préférait ne pas trop s'attarder ici. La guérisseuse avala donc rapidement un verre de jus d'orange ainsi qu'un bol de céréales et alla se changer, optant pour se doucher chez elle. Sauf qu'en voulant remettre son pull…
- Kokoro chan, tu as fait pipi sur mon pull ! constata-t-elle, les sourcils froncés.
Le chaton s'assit sur la table basse et la regarda innocemment en penchant la tête, la queue en mouvement. Comment lui en vouloir avec une tête pareille ?!
- Pff, c'est pas grave, dédramatisa sa maîtresse avec un sourire en caressant sa douce petite tête. Je vais garder le t-shirt d'Ichigo sous mon manteau. Allons-y.
Son chat au chaud contre elle, sous son écharpe, Orihime ramassa son sac, se chaussa et sortit de l'appartement pour rejoindre sa voiture et retrouver sa villa.
{…}
Ailleurs, la journée commençait aussi plutôt bien pour l'instant.
- Matsumoto san ! Abarai san ! Quelle surprise de vous revoir ~, les accueillit Urahara avec un large sourire.
Au sous-sol de sa boutique avec Tessai, il était debout devant le Senkaimon duquel venaient d'apparaitre les deux vice-capitaines.
- Que nous vaut le plaisir ? reprit le vendeur en s'éventant. J'imagine qu'aucun de vous n'est venu parce que je lui manquais ?
- Ah nan, aucun risque, le cassa l'ami d'enfance de Rukia avec une grimace de dégoût. Tu sers juste d'intermédiaire pour nous permettre de faire nos affaires.
- Charmant. Rappelle-moi de te faire arriver par la voie des airs la prochaine fois, Abarai san, marmonna le gérant du magasin en le pointant avec son éventail. Jinta serait ravi de t'accueillir avec sa batte.
Une veine pulsa sur le front du cheveux rouges.
- Je viens voir Orihime, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue cette petite ! s'enthousiasma Rangiku, aussi pétillante qu'à l'accoutumée et ignorant leur échange.
- Elle n'est plus une adolescente, tu sais, souffla Renji, blasé. Le Capitaine Hitsugaya sait que tu es ici d'ailleurs ?
- Non. Mais je lui dirai à mon retour, dit-elle avec un haussement d'épaules.
- Je vois vraiment pas l'intérêt !
- Allons, allons, les interrompit l'homme au bob qui tapait dans ses mains. D'après ce que je viens d'entendre, j'en déduis que toi, tu es là pour voir Kurosaki san, Abarai san. Décidément, il finit toujours par te manquer quand tu restes un certain temps loin de lui, ajouta-t-il derrière son éventail.
Rangiku se raidit. Renji s'empourpra.
- Ne raconte pas de conneries, ce boulet ne me manque pas du tout ! s'écria-t-il en brandissant un poing à la veine apparente. Je m'ennuyais et j'ai décidé de venir faire un tour ici, c'est tout !
- Oui, oui, comme le revoir et dévaliser sa cuisine.
- Exactement !
Il réalisa ce qu'il venait d'entendre.
- Urahara san ! Je viens de dire qu'il ne me manquait p… !
- Tais-toi, Renji ! lui ordonna Matsumoto.
Le concerné, Kisuke et Tessai se tournèrent vers elle. Elle était de toute évidence en colère à en juger par sa sombre aura.
- Ah. Je crois avoir fait une gaffe, conclut le blond, absolument pas désolé. Je croyais qu'Abarai san t'avait mise au courant ~
- Merde, j'ai oublié, soupira le tatoué en se grattant la tête.
- Ichigo est ici et tu ne m'as rien dit !? Comment as-tu pu oublier de me dire ça ! Voilà pourquoi tu tenais tant à venir dans le monde des humains !
- R-Rangiku san, bafouilla-t-il en reculant et agitant les mains, une goutte de sueur coulant sur sa tempe. Calme-toi, Ichigo est là depuis des mois et il… Mais putain, je vous ai déjà dit que ce boulet ne me manquait pas !
- On t'a pourtant plus vu depuis son retour qu'au cours des quatre dernières années, lança Tessai, les lunettes étincelantes, la moustache frémissante. Même quand je t'invitais à manger mon ragoût.
Une veine cocha la tempe de la seule femme présente dont la patience maigrissait.
- Tu vas pas t'y mettre toi aussi ! C'est une pure coïncidence, voilà tout ! se défendit le vice-capitaine de Byakuya. J'ai le droit d'aller et venir à ma guise où ça me chante jusqu'à preuve du contraire, et puis je vois vraiment pas pourquoi j'accepterais une invitation qui camouffle des corvées !
- Un repas pour te caler en échange de tes bras pour frotter, c'est équitable, la ramena Urahara qui souriait niaisement.
- C'est de l'arnaque !
Agacé, le maître de Zabimaru toussota dans son poing pour se calmer.
- Je disais, Rangiku san, Ichigo est de retour depuis…
Les magnifiques yeux bleus de Rangiku lançaient des éclairs et Renji jura qu'elle troua son torse lorsqu'elle y enfonça un index rageur. De plus, son aura était vraiment flippante. Le vendeur en écarquilla un œil sous son chapeau. Cela lui rappelait la bombe à retardement que pouvait également être Yoruichi.
- Ça m'est égal depuis combien de temps il est là, c'est surtout pourquoi il est là qui m'intéresse ! hurla presque la belle femme, l'autre main sur la garde de Haineko. Je ne lui ai pas pardonné ce qu'il a fait à Orihime ! J'étais là, je l'avais prévenu qu'Orihime avait besoin de lui ! Et il a choisi de partir mais le voilà de retour du jour au lendemain ?
- Rangiku san…
- Et qu'espère-t-il au juste ?! Ça ne se passera pas comme ça, ignora-t-elle Renji, avant de disparaître en un shunpo.
Le silence régna quelques secondes.
- Bordel, elle en veut un max à Ichigo, marmonna l'estomac sur pattes en se frottant la nuque. Je vais attendre avant d'aller le voir, elle risque de méchamment le déchirer.
- Je n'aimerais en effet ne pas être là.
Les trois hommes se tournèrent vers Yoruichi qui venait d'apparaître au bas de l'échelle et marchait vers eux, les bras croisés, les yeux clos.
- Rangiku a vite repéré le reiatsu d'Ichigo et vu les pilules bleues que tu as laissées sur la table, Kisuke. On pourrait presque penser que tu as prévu ce qui allait arriver et mis les pilules à disposition exprès, dit-elle en plissant ses yeux perçants.
- Que dis-tu ? répliqua son ami de longue date, son éventail cachant la moitié de son visage. Je ne ferais jamais ça, voyons.
Renji lui jeta un regard suspect. La femme-chat fixa le plafond sans le voir.
- Quoi qu'il en soit, Ichigo va devoir faire face à Rangiku et si ses arguments ne sont pas convaincants, la rencontre sera explosive, anticipa-t-elle.
- Prions pour son salut dans ce cas.
- Tch, t'es aussi crédible que la camelote que tu vends, Urahara san.
- Camelote que tu m'as achetée pour aller voir ton ami qui ne te « manque pas » à plusieurs reprises, Abarai san.
- La ferme !
{…}
Assis à son bureau, Ichigo signait un document qu'il rangea ensuite dans un épais dossier. En jetant un œil à sa montre, il constata qu'il avait le temps d'aller manger quelque chose en ville. Il se leva en s'appuyant sur le bureau avant de se figer et se tourner vers la fenêtre.
- Ce reiatsu…
Ses beaux yeux bruns s'écarquillèrent légèrement au moment où une forme noire apparut en un shunpo par la fenêtre ouverte, près du canapé. Son corps s'engourdit.
- … Rangiku san.
Il avala sa salive et se reprit en devinant tout de suite qu'elle n'était pas là pour lui souhaiter un bon retour. Elle se redressa et l'observa avec un regard dur, indifférente au fait qu'il soit en costume couleur crème dans son rôle d'homme d'affaires et que ça faisait des années qu'ils ne s'étaient pas revus.
- Bonjour, Ichigo, dit-elle froidement.
- Tu viens d'apprendre que j'étais de retour au Japon, n'est-ce pas.
Ce n'était pas une question.
- Que fais-tu là ?
- Je crois que tu le sais, Rangiku san.
Sans détacher ses prunelles de lui, la vice-capitaine vint se placer à sa hauteur. Quoi qu'elle ait décidé de lui réserver, Ichigo savait qu'il le méritait. Il repoussa donc sa chaise et choisit de lui faire face. Lui, le visage baissé, elle, le sien levé, ils se regardèrent en silence comme pour se défier.
- Les regrets t'ont poussé à revenir, lut-elle dans ses iris. Je t'avais prévenu que tu en ressentirais et te mordrais les doigts. Rompre avec une fille comme elle laisse des traces.
- Oui, confirma-t-il avec un puissant sentiment de honte. Je m'en souviens.
- Je t'ai demandé de ne pas partir parce qu'Orihime avait besoin de toi, et toi d'elle.
- Je sais, répondit le roux à voix basse.
- Tu as malgré tout choisi de partir en prenant bien soin de piétiner son cœur et ses sentiments avant de mettre les voiles ! s'emporta Rangiku, les larmes aux yeux, sa voix augmentant à chaque mot.
- Je…
- Comment as-tu pu lui faire ça, Ichigo ! évacua-t-elle en martelant son torse avec ses paumes. Lui faire l'amour avant de la jeter, c'est ignoble et indigne de toi ! Oui, elle m'a tout raconté, précisa-t-elle en le voyant surpris. Tu savais à quel point Orihime tenait à toi mais ça ne t'a pas arrêté ! L'amour est un sentiment s'étendant sur une route semée d'embûches, mais s'il est véritable, il résiste à tout !
Le jeune homme ne dit rien, la laissant déverser cette colère dormant en elle depuis des années.
- Le vôtre avait résisté deux ans et le pouvait encore ! enchaîna la jolie Shinigami, les joues humides. C'est moi qui ai consolé la pauvre petite qui a pleuré plus de larmes qu'il n'est permis, elle dépérissait, n'était qu'une ombre ! Elle était enfoncée si profondément dans la dépression que je peinais à l'en voir sortir un jour…, continua Matsumoto en frissonnant au souvenir, sans cesser de marteler sa poitrine. Votre rupture ne l'a pas libérée, c'est même l'inverse ! Il a fallu beaucoup de courage à Orihime pour se reprendre en main et aller de l'avant pendant que tu continuais ta vie loin d'elle sans prendre de ses nouvelles.
Elle serra la veste d'Ichigo des deux mains et fixa le sol en se mordant la lèvre inférieure.
- Sa rencontre avec Jin lui a été bénéfique et l'a sortie de l'enfer qui la consumait jour après jour. Elle a commencé à t'oublier et vivre sa propre vie.
Ces paroles étaient difficiles à entendre pour le fils Kurosaki qui ferma les poings, mais parvint à garder sa bouche close.
- Mais ce n'est qu'une illusion, souffla-t-elle.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
L'adepte du saké resta silencieuse. Le frère des jumelles saisit ses poignets pour l'inciter à recroiser ses orbes marron, ce qu'elle fit.
- Je m'étais jurée de te réduire en morceaux si tu revenais dans la vie d'Orihime et… m'en voilà incapable, confessa-t-elle avec colère.
Ichigo lui rendit sa liberté de mouvement et rangea ses mains dans les poches de son pantalon.
- Je suis désolé.
- Tu peux l'être. Si je n'arrive pas à le faire, c'est pour une raison et une seule.
- Laquelle ?
Son amie le scanna intensément.
- Orihime est toujours amoureuse de toi, son mariage ne t'a pas effacé de son cœur. Te voir maintenant me fait réaliser qu'au fond de moi j'avais toujours entretenu l'espoir qu'un jour tu réalises ta bêtise et que tu reviennes la supplier de reformer un couple avec toi.
- C'est en quelque sorte ce qui est arrivé et ce n'est pas la première fois que j'essaie, avoua-t-il en détournant le regard. J'ai dit à Hime que je regrettais et que je la voulais vraiment à mes côtés.
Matsumoto fit un pas en arrière et sécha son visage. Lorsque ce fut fait, son expression redevint sérieuse, ferme, presque menaçante.
- Je ne te pardonnerai jamais cette immense blessure que tu lui as infligée, mais je t'apprécie en tant qu'être humain, Ichigo. Tu es quelqu'un de bien et je ne crois pas que ton intention était de blesser intentionnellement Orihime en dépit des apparences. Pour cela, je vais t'accorder le bénéfice du doute.
L'intéressé n'en crut pas ses oreilles.
- Merci, Rangiku san.
- Ne me remercie pas. La vérité, c'est qu'Orihime t'aime sincèrement et ne pourra jamais pleinement être heureuse avec un autre homme que toi, c'est un fait, déclara Rangiku, les bras croisés sur ses seins. De ton côté, je doute que son statut de femme mariée t'empêche de te rapprocher physiquement d'elle.
Il rosit. Si elle savait jusqu'à quel stade lui et sa princesse s'étaient « rapprochés »…
- Je t'accorde en quelque sorte une deuxième chance, fais-en bon usage, l'avertit la belle femme, les yeux plissés mais laissant voir une vive lueur. Parce que si tu venais à briser le cœur d'Orihime une seconde fois, je m'occuperais personnellement de toi, jura-t-elle d'un ton acéré en serrant fermement son zanpakuto.
Sur ces mots, Rangiku disparut en un flash. Ichigo fixa l'emplacement qu'elle occupait avant de se passer une main sur le visage. Ça aurait vraiment pu mal tourner mais il était content qu'une personne de plus le soutienne dans sa quête qui consistait à atteindre totalement le cœur d'Orihime. L'esprit chargé, il opta pour enfin aller déjeuner quand son portable sonna. Il décrocha sans vérifier le nom de l'émetteur.
- Allô ?
- Ah, tu es en vie ! Tu parles normalement en plus, j'en déduis qu'il ne te manque pas de dents et que ton nez n'est pas cassé.
Une veine palpita sur la tempe du roux.
- Renji, tu savais que Rangiku san viendrait me passer un savon…
- Ouais, comme tu le recevrais tôt ou tard, je t'ai pas prévenu.
- Enfoiré.
- De toute façon, je ne t'appelais pas pour ça. Tu viens me rejoindre à Karakura ?
- J'ai pas que ça à faire, j'ai du boulot contrairement à toi et…
- Si tu refuses, je me verrai dans l'obligation de dévaliser ton frigo, le menaça Renji.
- Ça changerait pas de d'habitude ! Et je vois pas comment tu rentrerais chez moi de toute manière.
- Zabimaru peut exploser des vitres, tu sais.
- … ! Renji, t'es vraiment un… !
Il se massa le front. Mais quel salaud.
- Je serai là dans dix minutes, se résigna Ichigo, sa veine doublant de volume.
Là-dessus, il raccrocha et appela Christie pour la prévenir qu'il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte. Puis, il s'enferma dans son bureau et avala l'une des pilules bleues d'Urahara en laissant son corps sur la chaise, avant de partir par la fenêtre à l'image de Matsumoto.
{…}
- TU AS QUOI ? s'égosilla Renji en tranchant un Hollow en deux alors qu'Ichigo atterrissait au sol après en avoir explosé deux avec Getsuga Tensho pour en finir vite.
Ce dernier venait de lui avouer avoir passé une nuit avec Orihime -Renji lui avait tiré les vers du nez et il avait fini par craquer- et que Jin l'avait agressé.
- J'aurais dû me douter que tu ne résisterais pas à l'envie de lui sauter dessus malgré l'espace que tu lui as accordé, soupira le vice-capitaine en plaçant son sabre sur sa robuste épaule.
- Je ne lui ai pas sauté dessus ! s'indigna Ichigo. Bordel mais tu t'es passé le mot avec ce bâtard d'Ishida ou quoi ? C'est plutôt elle qui... Quoi, pourquoi tu fais cette tronche ? ajouta-t-il, les sourcils très froncés. T'as l'air de penser que c'est impossible qu'elle m'ait désiré mais on a formé un couple, je te rappelle !
- Elle est mariée, je vois surtout qu'elle a trompé son mari, répliqua son ami qui atterrit à côté de lui.
- Onhime et moi, on serait encore ensemble s'il n'y avait pas eu certaines... circonstances. Ou plutôt, si on ne s'était pas immiscé entre elle et moi, dit-il en baissant la tête pour cacher son expression avec sa frange orange.
Renji le regarda avec perplexité.
- Tu ne voulais pas rompre avec Orihime san ? C'est ça que tu me dis ?
- Laisse tomber, lâcha le PDG en replaçant Zangetsu sur son dos.
L'autre Shinigami soupira en se craquant le cou. Toujours aussi loquace cet Ichigo...
- Pff... Et à propos de l'agression de son mari ?
- Je refuse toujours de porter plainte, Hime se retrouverait mêlée à cette histoire et ça aboutirait à un scandale, déclara le frère de Karin et Yuzu en lui jetant un regard perçant par-dessus son épaule. Je peux supporter les médias mais pas elle, paraître dans la presse après notre sortie au restaurant l'a déjà bouleversée. Je ne veux pas lui faire revivre ça.
- Tu devrais oublier les journalistes et plutôt prier pour que son mari ne découvre jamais qu'elle a récemment partagé ton lit. S'il t'a déjà arrangé pour on ne sait quelle raison, c'est carrément ce qui t'a servi à combler sa femme qu'il risque de t'arracher, mon vieux.
- Renji !
- Quoi ? C'est la vérité, non ?
Ichigo se souvint de quelque chose.
- Orihime m'a dit que tu n'es allé qu'une fois chez elle et que Jin te mettait mal à l'aise ?
- Ouais, confirma Renji en rengainant Zabimaru. Il y a un truc chez ce type qui me donne des frissons.
- Ça viendrait de quoi ?
- J'en sais rien, mais je ne lui fais pas confiance.
Ses paroles similaires à celles de Yuzu firent réfléchir son ami impulsif jusqu'à ce qu'un estomac gargouille.
- Tch, ça m'ouvre toujours l'appétit de combattre des Hollows.
- Tu as faim en permanence, tu veux dire. Si tu pouvais bouffer en dormant, tu le ferais !
- Ta gueule, Ichigo ! Suggère-moi plutôt un endroit où je pourrais avaler quelque chose.
- Pff… Allons chez mon père, c'est pas loin d'ici.
Ils s'y rendirent en shunpo au-dessus des habitants de Karakura vacant à leurs occupations quotidiennes.
- Au fait, comment va Rukia ? Pourquoi tu n'es pas venu avec elle ?
- Elle va bien, un peu fatiguée, répondit l'ami d'enfance de la brunette en haussant les épaules. Le Capitaine Ukitake est retombé malade, elle s'occupe donc de sa division mais elle te salue. Elle viendra vous voir bientôt.
- Tch, je me demande ce qu'elle me dirait si elle savait qu'Orihime et moi on s'est rapprochés à ce point..., expira le roux.
- Elle te cognerait sous le coup de la colère parce qu'elle est mariée mais serait aussi contente, je pense, assura Renji.
- Ah ? Tu crois ?
- Ouais. Rukia n'a rien contre Jin mais elle espère depuis longtemps que toi et Orihime san vous remettiez ensemble. Comme Rangiku san en fait, même si elle ne me l'a pas avoué.
- Hm...
Ils arrivèrent en moins de cinq minutes à la clinique. Renji resta bouche bée devant l'établissement médical à la façade toute neuve, colorée et possédant un étage de plus.
- Wow, ton père a bien rénové les lieux !
- Je trouve aussi.
Avant qu'il ne puisse frapper à la porte de la maison de son enfance, la porte d'entrée s'ouvrit à la volée laissant sortir une chose floue fonçant sur lui, et qu'Ichigo ne parvint pas à esquiver totalement.
- J'ai senti ta présence à proximité et j'espérais bien que tu me rendes une petite visite, fiston ! cria Isshin qui coinçait sa tête orange sous son bras tout en frottant le sommet de son crâne avec l'autre poing.
Son fils étouffa rapidement, sa tension augmentant.
- Lâche-moi, vieux fou !
Il lui écrasa le pied, enfonça son coude dans son ventre et lorsque son vieux le libéra, il lui envoya un coup de pied dans le dos qui força le médecin à retourner à l'intérieur de la maison par la voie des airs.
- Vos retrouvailles sont toujours bruyantes, commenta Renji, le petit doigt dans l'oreille.
- Ferme-la, c'est à cause de ton appétit insatiable qu'on est là.
Tous deux entrèrent et refermèrent derrière eux.
- Alors, pourquoi cette visite ? leur demanda Isshin, debout, en se frottant la mâchoire. N'es-tu pas supposé être au travail, Ichigo ?
- Je vais y retourner, on est là parce que Renji crève la dalle pour changer, répondit-il en pointant son ami du pouce d'un air blasé.
- Oh, ça tombe bien. Ma petite Yuzu est passée tout à l'heure m'apporter des spécialités qu'elle a faites à l'école, annonça le paternel, les mains sur la taille. Il y a presque de quoi nourrir une armée.
- Donc Renji, quoi, souffla le roux.
Le tatoué lui lança un regard noir.
- Viens Abarai san, l'invita l'ex-capitaine en se dirigeant vers la cuisine.
Son fils se retrouva seul dans le salon. Il était plusieurs fois venu ici depuis son retour et il devait admettre que son géniteur avait rénové la clinique avec goût. De sa position, il voyait le couloir menant aux chambres réservées aux malades, la salle d'attente et le bureau de son père dont l'ordinateur avait été changé pour un plus performant. Des pièces avaient été repeintes, le papier peint refait, les instruments plus modernes et les murs décorés. Seul le revêtement du sol fut conservé mais ciré comme remis à neuf.
Ichigo s'avança vers le manteau de la cheminée où reposaient des tas de photos de sa famille et une de lui et Orihime tendrement enlacés, le regard plongé dans celui de l'autre. Il soupira au moment où une main ferme se posait sur son épaule. Il ne sursauta même pas.
- Orihime chan regarde cette photo avec la même expression que toi chaque fois qu'elle vient ici.
- Où est Renji ?
- Il mange dans la cuisine.
- Et Kon ? Chaque fois que je viens, il me fait chier celui-là.
- Il est sorti il n'y a pas longtemps.
- Ouais, ces trois rayons de soleil ont dû le pousser à partir à la chasse aux décolletés, supposa-t-il en roulant les yeux.
Le jeune homme se détourna des photos, appuya Zangetsu dans un coin et alla s'assoir sur le canapé. Isshin vint prendre place à son côté.
- Ça se passe comment avec Orihime chan ? se renseigna-t-il avec hésitation, conscient que son enfant pouvait exploser.
- Je progresse, résuma ce dernier. Rangiku san est sur mon dos mais ne me met pas de bâtons dans les roues, et je suis dans le collimateur de Jin.
- Je vois. Et toi, comment tu vas ?
- Franchement, cette situation me les brise, admit-il en grattant sa tête orange. J'ai envie d'y mettre un terme mais tous les chemins que je vois pour y arriver s'accompagnent d'emmerdes.
Ichigo demeura silencieux un moment avant de reprendre la parole.
- Orihime ne me repousse plus autant qu'avant, dit-il, ses iris ambrés frappés par le soleil inondant la pièce. Comme tu le vois, elle m'a soigné et… enfin, on se rapproche mais son mari demeure un problème, siffla-t-il, le poing fermé sur sa cuisse. Ishida pense qu'un truc va mal tourner et ça me fait chier de l'admettre, mais je pense qu'il a raison.
- Que comptes-tu faire ? demanda son père.
Il avait deviné qu'Ichigo avait couché avec Orihime récemment, c'était écrit sur le visage de son fils qu'il savait lire si aisément, toutefois il préféra ne pas aborder ce sujet. Isshin n'approuvait pas cela, il ne l'avait pas élevé pour qu'il assouvisse ses désirs avec une femme mariée. Mais leur situation était compliquée après tout.
- Je ne sais pas encore, expira-t-il en se pinçant l'arête du nez, ne soupçonnant pas ce qui se tramait dans la tête de son paternel. Quand je m'éloigne de Hime, je la blesse, elle me l'a dit. Mais en restant à ses côtés, je risque de l'entraîner dans les problèmes que je m'attire.
Le Shinigami remplaçant expira à nouveau.
- Donc, tu n'as toujours pas l'intention de porter plainte contre Jin san.
Son père était au courant de leur altercation (il avait surtout deviné l'identité de l'auteur qui avait massacré son aîné), mais Yuzu et Karin ignoraient tout, elles, sur ordre de leur grand frère.
- Non, papa. Orihime n'est pas au courant de notre bagarre et c'est mieux ainsi. Je n'ai pas revu ce salaud depuis ce jour-là, mais il viendra forcément un moment où elle devra choisir entre lui et moi. Quand ça arrivera, les choses prendront un tournant radical.
Il s'interrompit, sentant l'aura l'entourant diminuer.
- Je dois y aller, l'effet des pilules d'Urahara san ne dure qu'une heure, lâcha-t-il en se relevant pour récupérer son zanpakuto. Je repasserai bientôt, ajouta-t-il avant de s'en aller au moment où Renji revenait de la cuisine.
- Qu'est-ce qu'il voulait dire par « les choses prendront un tournant radical » ? interrogea-t-il le père Kurosaki.
Celui-ci se leva en cachant son expression, le visage baissé.
- … Lui seul le sait.
Il passa devant le vice-capitaine et se dirigea vers le couloir donnant accès à la clinique.
- Je retourne travailler, reste autant que tu le souhaites, Abarai san, affirma-t-il, sans se retourner.
Renji le regarda s'éloigner en se grattant la tempe, puis son regard se posa sur la photo de ses amis enlacés sur la cheminée.
- Pourquoi j'ai l'impression que la véritable colère d'Ichigo est endormie au fond de lui sans qu'il n'en ait lui-même conscience ? murmura-t-il en plissant les yeux. Merde, si Ishida a raison, tant que Jin représentera un obstacle, Ichigo est à considérer comme une bombe à retardement.
Pas du tout rassuré par son hypothèse, il salua et remercia Isshin à distance pour le repas et quitta la maison à son tour.
Quelques minutes plus tard à la tour Kurosaki, Ichigo réintégra son corps et déverrouilla sa porte pile à l'instant où Lee, un classeur à la main, s'apprêtait à frapper. Il sut direct que quelque chose ne cadrait pas.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Patron, nous avons un problème avec l'un de nos fournisseurs, lui apprit-il en lui tendant le classeur, l'air grave.
{…}
Orihime avait quitté le travail tôt aujourd'hui. Elle s'était rendue au foyer dans lequel elle faisait toujours du bénévolat avant de rentrer chez elle finir le ménage. Elle fut interrompue par la livraison des courses qu'elle rangea tandis que Kokoro dormait tranquillement dans l'un de ses paniers en osier dans le salon. La villa était si grande que la princesse tenait à ce qu'il n'ait pas à traverser vingt pièces s'il voulait se reposer. C'est pourquoi son chaton disposait d'un cousin de différentes couleurs un peu partout ici.
Actuellement, elle nettoyait la salle de bain quand un visiteur s'annonça. Surprise, la sœur de Sora s'essuya le front avec l'avant-bras, enleva ses gants en caoutchouc et descendit ouvrir. Elle resta immobile avant de bondir de joie.
- RANGIKU SAN ~ !
Sans attendre davantage, elle sauta au cou de son amie dans un gigai.
- Salut, Orihime ! la salua vivement la mentionnée en répondant à son étreinte.
- Quelle surprise ! Combien de temps allez-vous rester ?
- Je vais séjourner ici quelques jours, répondit la Shinigami en la détaillant du regard.
- Jin kun peut rentrer à n'importe quel moment mais vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous voulez ! gazouilla la déesse, ravie.
- Merci, c'est gentil ! la remercia-t-elle dans une autre étreinte de mort.
- R-Rangiku san, j'ai du mal à res… pirer !
- Oh ! Désolée, s'excusa celle-ci en l'écartant de son énorme poitrine.
- Ce n'est rien, sourit Orihime qui frottait son nez douloureux. Entrez, entrez !
Pendant que Matsumoto se déchaussait, la belle fila à la cuisine leur préparer un petit encas, et elles s'installèrent dans l'un des salons privés, assises sur leurs jambes dans des fauteuils se faisant face.
- Alors, comment allez-vous ? questionna la jeune femme, attrapant sa tasse de thé.
- Je vais bien, déclara Rangiku qui se servait du saké. Bien que j'ai appris une nouvelle qui m'a choquée en arrivant ce midi.
- Ah ? Quoi donc ? demanda la beauté auburn en penchant la tête dans la confusion.
- Le retour d'Ichigo à qui j'ai rendu une petite visite, dit-elle en surveillant sa réaction par-dessus le bord de son verre.
Orihime lâcha sa tasse dont le contenu se répandit sur le superbe tapis. Elle ne s'en préoccupa pas
- Vous ne lui avez pas fait de mal, hein ? s'affola-t-elle. Il ne le mérite pas.
La vice-capitaine démêla sa chevelure d'une main en soupirant.
- J'avais dans l'idée de lui refaire le portrait.
La princesse se crispa. Elle se souvenait d'à quel point son amie était furieuse quand Ichigo l'avait quittée et elle comprenait qu'elle lui en veuille encore au point de lui exprimer sa façon de penser. Mais d'un autre côté, savoir Ichigo mal en point lui était toujours aussi insupportable, elle n'y pouvait rien. De plus, elle ne l'avait pas soigné pour qu'il se fasse battre de sitôt.
- Mais je ne l'ai pas défiguré, continua l'autre femme comme si elle lisait en la guérisseuse. Je lui ai dit tout ce que je pensais et je l'ai frappé mais pas au point de lui faire verser une goutte de sang.
Hime respira de nouveau, si soulagée qu'elle en eu le vertige.
- Tu aurais dû m'avertir de son retour, Orihime, lui reprocha-t-elle.
Cette dernière se recroquevilla sur elle-même.
- Le revoir m'a fait un choc, je n'ai pas pensé à vous le dire. Je n'y croyais déjà pas moi-même.
Matsumoto but une nouvelle gorgée d'alcool sans ciller, le regard indéchiffrable.
- Comment a réagi Tatsuki ? Si je me souviens bien, elle était plutôt soulagée qu'Ichigo se soit envolé ailleurs, ce que je trouve toujours aussi étrange. Et puis, je sais que tu es toujours amoureuse de lui mais je ne comprends pas comment tu peux avoir pardonné si facilement à Ichigo, siffla-t-elle. Lors de ma dernière visite ici, tu lui en voulais tellement qu'entendre son prénom t'était insupportable et voilà que tu te mets à le défendre. Il t'a rendue méconnaissable durant des mois, enfin !
Orihime se tendit deux fois plus, ses petits poings serrés sur ses genoux, les larmes menaçant de couler. Son amie disait vrai, ces souvenirs étaient d'autant plus pénibles qu'elle y pensait chaque jour.
- Tatsuki chan et moi… nous sommes fâchées depuis des jours justement à cause d'Ichigo.
Rangiku jura avoir mal entendu.
- Hein ? Je le vois mal tenter et réussir à semer le trouble entre vous.
C'était impossible, elle n'avait jamais vu des meilleures amies aussi soudées que ces deux-là.
- Et pourtant, il a réussi indirectement. Tatsuki chan… elle m'a tout révélé…, l'informa la belle, la tête rentrée entre les épaules.
Comprenant la gravité de la situation, la subordonnée de Toshiro posa son verre sur la table basse et se redressa, tout ouïe.
- Raconte, je t'écoute.
C'est ainsi que l'ex-petite amie du roux déballa tout ce qui reposait sur son cœur : sa cascade de sentiments contradictoires lors de son face à face avec Ichigo après quatre ans, la jalousie de Jin qui la pesait, les tentatives stressantes d'Ichigo pour la récupérer, l'agression dont il avait été victime, le rôle de Tatsuki dans leur rupture, son amour pour Ichigo aussi fort qu'au premier jour bien qu'elle s'efforçait de le nier, la culpabilité qu'elle ressentait à son égard…
Lorsqu'elle termina d'exposer ses émotions avec une sincérité déchirante, Rangiku était stupéfaite, les yeux ronds.
- Tu supportes tout ça depuis des mois sans en parler à personne. Tu aurais dû te décharger sur moi bien avant !
- Je ne voulais pas vous embêter avec mes problèmes, Rangiku san, gémit-elle en essuyant ses trainées salées. Vous m'avez suffisamment soutenue après notre séparation.
- Les vraies amies se soutiennent continuellement et non en choisissant des moments parmi d'autres ! s'insurgea la femme plantureuse qui vint la rejoindre en enjambant la tasse au sol. Je veux être là pour toi quand tu en as besoin, Orihime, acheva-t-elle plus calmement puisqu'elle avait effrayé la pauvre fille en criant.
Orihime sentit d'autres larmes arriver. Ce qu'elle venait d'entendre la touchait et pourtant, elle ne pouvait tout confier à son amie pour diverses raisons dont la crainte. Tels que le secret qu'elle cachait à Ichigo ou encore le fait que son mari la battait ou la violait parfois. Une étreinte réconfortante la ramena sur terre.
- Je t'aime beaucoup, Orihime. Je déteste te voir souffrir, lui chuchota à l'oreille la reine mère du saké.
Et une nouvelle tournée de larmes.
- Je vous aime beaucoup aussi, Rangiku san, pleura-t-elle sur son épaule.
L'intéressée s'assit sur l'accoudoir de son fauteuil.
- Ainsi donc, Tatsuki est en grande partie responsable de la fin de votre relation alors que tout accusait Ichigo.
- Um. Je n'arrivais pas à le croire non plus. Quand j'ai su ça, j'ai mieux compris son comportement comme quand elle m'a empêchée de le rejoindre en Amérique.
- Mais tu m'as dit qu'une autre raison a poussé Ichigo à garder ses distances.
- Oui, mais je ne la connais pas.
- Toute cette histoire prend un virage inattendu, marmonna la vice-capitaine, la main sur le menton. J'en viens à moins en vouloir à Ichigo. Quant à Tatsuki, je comprends qu'elle ait voulu te protéger, mais ce qu'elle a incité Ichigo à faire t'a fait plus de mal que de bien. C'était risqué, tu aurais pu ne pas remonter la pente et puis, elle a mis en péril votre amitié.
- Elle a aussi mis Ichi kun dans une situation très délicate, il s'est longtemps senti oppressé avant de craquer, dit Orihime, le cœur serré et agrippant sa jupe sur ses cuisses. Je sais que Tatsuki chan voulait me protéger et Ichi aussi mais…
Des larmes se réunirent dans ses prunelles argentées, les battements de son cœur devinrent douloureux.
- C'est plus fort que moi, j'en veux plus à ma meilleure amie qu'à mon ex-petit ami parce que si elle ne lui avait pas dit ces paroles ridicules, Ichigo n'aurait jamais eu cette pression sur les épaules et songé à rompre.
Elle s'entoura de ses bras afin de s'empêcher de trembler.
- Ce n'est pas pour rien que je ne lui ai pas dit que j'allais mal, et si je voulais mettre fin à notre histoire, je lui aurais dit moi-même, pleura-t-elle, toujours touchée par ces souvenirs. Ichigo m'a appelée une semaine après notre séparation et écrit une lettre, et Tatsuki chan ne m'en a pas soufflé un mot alors qu'elle me voyait souffrir de son absence ! Elle a préféré insulter son ami d'enfance au téléphone et intercepter le courrier qui m'était destiné !
- Orihime…, commença Rangiku, triste de la voir ainsi.
En même temps, ces sentiments qu'Orihime gardait en elle depuis trop longtemps devaient sortir sous peine de l'étouffer sous leur poids. Matsumoto lui frotta le dos pour lui témoigner son soutien moral.
- Si Tatsuki chan m'avait avoué tout ça bien avant, peut-être que je serais mariée à Ichigo actuellement. Sa femme comme il me l'a proposé et non celle de Jin kun…
Son amie lui laissa le temps de se reprendre.
- Tu dois discuter avec Tatsuki. Je ne cautionne pas ce qu'elle a fait mais elle pensait agir dans ton intérêt.
- Je sais, répondit Hime en séchant ses joues humides. J'ai besoin d'avoir les idées claires pour ça. J'en suis encore à me dire que je savais au fond de moi qu'Ichigo ne voulait pas rompre ce jour-là, et que j'aurais dû insister plus. Mais j'avais si mal…
- Tu as lu la lettre qu'il t'a envoyée ?
- Non, j'ai peur d'en lire le contenu, répliqua-t-elle en détournant ses orbes mouillés. Ça pourrait… changer les choses.
Elle se tut tandis que la Shinigami fronçait les sourcils. Orihime lui cachait quelque chose. Sans oublier Ichigo qui avait rosi dans son bureau…
- T'es-tu rapprochée de lui, Orihime ?
- Oui, on s'appelle et s'envoie des SMS.
- Je ne parlais pas de ça mais de « rapprochement » au sens propre. Sous la couette si tu préfères. Quoi que je ne doute pas qu'Ichigo puisse te prendre ailleurs.
Une paire de joues vira au rouge écarlate.
- R-Rangiku san ! Q-Que… enfin, j-je… pourquoi vous… je n'ai pas… !
- Inutile, j'ai ma réponse, la coupa celle-ci en retournant dans son fauteuil et agitant la main.
La sœur de Sora devint encore plus cramoisie. Si possible. Elle songea à nier mais à quoi bon connaissant Rangiku. De plus, son visage si sérieux ne la rassurait pas du tout.
- Comment…
Elle déglutit difficilement.
- Comment savez-vous que lui et moi nous avons… nous avons…
- Je l'ai su à ta manière de l'appeler.
La princesse cligna des yeux.
- Eh ?
- « Ichi kun », je ne t'avais pas entendue l'appeler ainsi depuis des années. Et puis ta manière de le dire… Ta voix débordait d'amour.
La jeune femme resta bouche bée. Sa voix trahissait-elle vraiment son amour pour Ichigo ? Oh, se pourrait-il que Jin l'ait remarqué ?!
- C'est mauvais, Orihime, reprit Matsumoto en finissant son verre. Tu es mariée, coucher avec deux hommes et dans ces conditions pour rien arranger est très mauvais. Ichigo t'a sans doute toujours désirée mais il aurait dû résister. Même si je conçois que ce n'est pas évident vu ton calibre.
La déesse baissa la tête, honteuse et joua avec ses doigts.
- J-Je l'ai provoqué.
Rangiku haussa un sourcil interrogateur.
- Je me suis rendue chez Ichigo pour le soigner, je lui ai dit ce que je ressentais et… j'en ai eu envie d'un coup, comme ça. I-Il ne voulait pas au début mais je connais son corps alors je… je l'ai…
Ce qu'elle avait fait lui donna chaud mais elle aimait tant le toucher ainsi, lui faire de l'effet, le faire basculer dans la jouissance, cet état le rendant vulnérable et tellement sexy quand il s'abandonnait à elle…
- C'est plus de ma faute que de la sienne, abrégea finalement Orihime, sa rougeur s'étendant jusqu'à son cou.
La vice-capitaine la détailla quelques secondes, analysant ses paroles.
- Vous avez déjà fait l'amour ici ?
- Non, ce n'est arrivé qu'une fois chez lui.
- Ça risque de se reproduire.
- Non.
- Tu débordes de désir pour lui, Orihime. Je le sens d'ici et je parie que si Ichigo serait là, la tension sexuelle entre vous serait palpable.
La concernée se couvrit le visage de ses mains.
- Arrêtons de parler de ça, s'il vous plaît. Ça me gêne.
- Tu ne pourras pas continuer ça longtemps, l'ignora Rangiku. Ton mari n'est pas idiot et Ichigo ne se contentera pas d'être ton partenaire sexuel occasionnel. Il est revenu pour toi, ce qui signifie qu'il te veut entièrement corps et âme.
La guérisseuse se découvrit le visage, la lèvre entre les dents.
- Il te faut commencer à réfléchir à lui et à ton mariage, la raisonna Matsumoto avec un sérieux déstabilisant. Tu ne peux pas les avoir tous les deux.
Un miaulement perça l'atmosphère, elles tournèrent la tête vers l'entrée du salon.
- Mon Kokoro chan, tu es réveillé ~ ! gazouilla sa maîtresse.
Le chaton passa sa petite tête dans l'embrasure, la repéra très vite, courut vers elle et bondit sur ses cuisses pour y prendre appui afin de se blottir dans son cou où il bâilla.
- Tu es tellement mignon ! craqua-t-elle en lui caressant le dos, sa joue contre lui. Tu as l'air d'avoir bien dormi.
- Depuis quand tu as un chat ? demanda l'autre femme en s'approchant avec curiosité.
- Ichi me l'a offert pour mon anniversaire afin que je me sente moins seule dans cette grande maison ! Je l'ai appelé Kokoro chan ~
Kokoro jeta un œil à Rangiku sous le menton d'Orihime.
- Oooh, mais il est vraiment craquant ! s'extasia-t-elle. Ses yeux sont presque aussi bleus que les miens, Ichigo l'a vraiment bien choisi !
- Uhum !
Kokoro sauta sur l'accoudoir, flaira l'inconnue et atterrit en un bond dans ses bras.
- On dirait qu'il vous a adoptée ! rit la beauté auburn qui se leva également. Il a aussi adopté Sado kun, il me reste à le présenter à Ishida kun, Kuchiki san et Renji kun !
- Ils vont l'adorer, même ce coincé d'Ishida ne pourra pas lui résister ! assura la Shinigami en frottant le chat sur sa joue comme s'il s'agissait d'une peluche.
Deux estomacs grondèrent bruyamment et Kokoro dressa une oreille.
- Il semble que nous soyons synchro, Orihime, plaisanta Matsumoto.
- Haha, oui !
- Allons déployer nos talents culinaires dans la cuisine !
- D'accord, laissez-moi juste éponger le thé.
{…}
- Essayons de mettre du caramel, Rangiku san !
- Oh oui, et pourquoi pas du bœuf séché et quelques pépites de chocolat !
- Vous avez raison ! Je n'y aurais jamais pensé !
- Ha ! Ha ! Ha !
Les deux femmes s'amusaient à faire la cuisine dans la joie et la bonne humeur depuis plus d'une heure, sous les yeux de Kokoro perché sur le frigo en tant que spectateur. Lorsqu'une orange roula sur le plan de travail, il sauta avec souplesse pour jouer avec, atterrissant en plein dans la farine, ce qui fit exploser de rire les deux amies. Orihime s'apprêtait à le nettoyer mais on sonna à la porte.
- Va ouvrir, lui dit Rangiku en attrapant délicatement le chaton qu'elle appliqua contre sa poitrine. Je vais le nettoyer ce petit excité qui semble avoir vingt ans de plus, s'amusa-t-elle.
Kokoro poussa un miaulement aigu, à croire qu'il comprenait et protestait suite à la remarque peu flatteuse.
- Um, d'accord.
Orihime s'essuya les mains dans un torchon et marcha vers le hall. Encore une fois, elle tomba sur un visiteur inattendu.
- Ichigo !?
Sa réaction était sensiblement différente de la dernière fois cependant.
- As-tu perdu l'esprit ? Jin kun pourrait être là ! lui reprocha-t-elle en sortant sous le porche et fermant derrière elle.
Il revenait de toute évidence du travail d'après son costume couleur crème qui le mettait bien en valeur. Elle essaya de ne pas rougir en songeant à ce qui se cachait dessous.
- Bonsoir à toi aussi, Orihime.
- Oh, euh… Excuse-moi, bonsoir, se reprit-elle, mal à l'aise en raison de son impolitesse. Mais ça ne change rien au fait que tu…
- Kokoro est encore réveillé ? l'interrompit-il. J'aimerais le remercier.
- Quoi ? répliqua-t-elle, les sourcils levés.
- Il m'a laissé un souvenir particulièrement odorant sur ma moquette, lui expliqua Ichigo en se grattant la tête, visiblement ennuyé.
La princesse rit nerveusement en frottant l'arrière de son crâne, sa rougeur accentuée.
- Héhé, désolée. Je l'ai grondé mais il a juste voulu marquer son territoire.
Elle reçut un regard incandescent en guise de réponse, suffisant pour la faire frissonner.
- Ça sous-entend que tu reviendras chez moi ? se renseigna le jeune homme d'affaires en penchant la tête comme pour avoir un meilleur angle sur elle.
Ça ressemblait plutôt à une invitation habilement camouflée.
- Ichigo, ne parlons pas de ça ici, le supplia-t-elle, gênée.
- Je vois pas pourquoi tu rougis autant, je n'ai rien dit de gênant.
Elle fronça les sourcils cette fois.
- J'ai compris que tu faisais allusion à ce qu'on a fait alors ne joue pas les innocents.
Le roux s'approcha d'un pas et elle fut tentée de reculer mais ses orbes bruns lui intimèrent silencieusement l'ordre de ne pas oser le défier sur ce terrain. La déesse resta donc clouée sur place, les poings fermés, l'odeur de son eau de toilette mélangée à son odeur corporelle brouillant déjà ses sens.
- Tu savais que je reviendrais sur ce sujet, Orihime, déclara à voix basse Ichigo.
- C'est vrai, mais…
- Ça te dérange que je le fasse moins de 24h après les faits ?
La questionnée inspira pour se détendre au moins un peu.
- Pas spécialement, c'est simplement que…
- Que quoi ? l'encouragea-t-il en traçant sa joue avec l'index avant d'attraper son menton pour plonger dans ses océans gris.
Posture tout aussi dangereuse, la belle le savait.
- Pourquoi es-tu là ? Fais vite, s'il te plaît, articula-t-elle, le cœur tambourinant.
- Tu esquives ma question, souffla-t-il sur sa bouche. Et ton cœur bat à vive allure d'après ta manière de parler. Je te fais tant d'effet, Hime ?
L'intéressée savait qu'il souriait, ce qui gonfla son malaise. Elle essaya de détaler loin de lui mais une main agrippa fermement sa taille.
- Reste là.
Le Shinigami colla le bas de leurs corps. Il n'était pas excité mais sentir son intimité contre son ventre n'aida pas du tout la beauté auburn à se détendre.
- Comme si j'allais te laisser filer sous mes yeux. Tu me connais mieux que ça.
- Ichi, s'il te plaît…
- On ne fait rien de mal.
- Nous n'avons pas la même conception de ce mot.
- Oublie ça. Tu persistes à marcher sur ma question, remarqua-t-il, moins patient.
La demoiselle recula la tête de quelques centimètres. De par sa position, elle penchait un peu vers l'arrière.
- Tu connais ma réponse alors pourquoi tu insistes autant ? commença-t-elle elle-même à se fâcher.
- Parce que je veux te l'entendre dire, renforça le frère des jumelles en caressant ses cheveux sur son dos. J'en ai besoin, savoir que tu n'es pas venue chez moi juste pour le sexe.
Cette phrase électrisa Orihime qui ouvrit grands les yeux. Que venait-il de dire ?!
- Comment tu peux croire que… Je ne suis pas venue chez toi pour le… juste pour ça ! s'empourpra-t-elle.
- J'aime toujours autant te voir rougir, se moqua-t-il en chopant une mèche auburn barrant son visage délicat.
Elle claqua sa main pour avoir son attention.
- Ne change pas de sujet et écoute-moi.
- Ça te va bien de dire ça…, expira le fils Kurosaki.
- Ichigo ! Ne parle pas comme si je t'avais utilisé comme un médicament, tu sais bien que ce n'est pas mon genre ! répliqua la jeune femme, choquée qu'il pense cela.
- Je sais que tu n'es pas ainsi, assura-t-il sérieusement. Mais mets-toi à ma place : tu n'es pas très bien, tu viens chez moi, on le fait et à la fin, tu me remercies car tu vas mieux.
- Ce n'est pas supposé être flatteur pour un homme ? Ça veut dire que tu as, euh… bien « pratiqué », non ? rougit-elle toute seule.
Ichigo se frappa le front. Elle ne venait pas de dire ça ?
- Rangiku san parle à travers ta bouche, là. N'écoute pas tout ce qu'elle te dit parce que sur moi, ça ne marche pas. Ce n'est pas flatteur quand je sens que tu me caches des choses.
- Tu te fiches donc de ta performance ?
- Orihime, arrête, prononça-t-il sèchement.
Hime se mordit la lèvre. Il avait raison.
- Très bien. Si tu as vraiment besoin de l'entendre, sache que je te désirais vraiment, lui avoua-t-elle sans oser croiser ses iris.
- Tu ne peux pas me le dire en me regardant ? l'interrogea-t-il, fronçant les sourcils.
- Non.
- Pourquoi ?
- Tu voulais l'entendre et je te l'ai dit alors quelle importance que je croise tes beaux yeux ou non ?
- Pourquoi, Orihime ? insista le concerné, à croire qu'elle n'avait pas ouvert la bouche.
- Ichi, je t'en supplie, craqua la princesse en l'observant à nouveau.
- Tu es réellement... Attends, mes beaux yeux, tu as dit ?
Aah, certaines choses ne changeaient pas. Comme le temps de réaction de son cher Ichi.
- Oui, j'ai dit ça, confirma Orihime, retrouvant son teint naturel.
- C'est le premier vrai compliment que tu me fais depuis mon retour au Japon, mit-il en avant en se frottant la nuque et regardant ailleurs.
Elle sourit malgré elle en notant qu'il était gêné.
- Tu sais que j'ai toujours aimé tes yeux et d'autres choses chez toi. Tu sais également que ton entêtement peut m'exaspérer alors ne parlons pas de l'autre sujet ici.
Le jeune homme la dévisagea avec intensité.
- D'accord, je me contenterai de ta réponse pour l'instant.
Elle soupira de soulagement.
- Merci. Maintenant dis-moi vite la raison de ta venue car Jin kun…
- Il n'est pas rentré apparemment.
- Non, mais…
- Tch, ce type passe le plus clair de son temps hors de chez vous qu'à l'intérieur, siffla Ichigo entre ses dents. Je comprends vraiment pas ce que tu fais encore mariée avec ce…
- Ah non, ne m'entraîne pas sur un autre terrain aussi glissant que le précédent, l'avertit-elle.
- Il n'y a qu'un terrain sur lequel j'ai envie que tu m'accompagnes.
- Lequel ? demanda la sœur de Sora, méfiante.
- Tu le sais, sourit-il.
- Ne me dis pas…
Ce sourire qu'il affichait n'était lié qu'à une chose qui lui redonna chaud.
- Attends, pas dehors comme ç… !
- Économise plutôt ton souffle, lui conseilla-t-il, mi-amusé mi-sérieux.
A peine sa phrase achevée qu'Ichigo écrasa ses lèvres sur les siennes la seconde suivante. Orihime tenta de résister mais finit par fondre dans ses bras en empoignant son col. Une main pressant sa nuque, Ichigo l'incita à séparer ses lèvres, permettant ainsi à sa langue de virevolter à l'intérieur de sa bouche au goût exquis. Quand il s'écarta près d'une minute plus tard, la pauvre était à bout de souffle. Son conseil avait été utile.
- Tu as vraiment cru que je te prendrais dehors ? fit-il, sincèrement intrigué.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la déesse en avait plus que marre de rougir surtout que la phrase de Rangiku : « Quoi que je ne doute pas qu'Ichigo puisse te prendre ailleurs. » lui revint en mémoire.
- Non, je n'ai pas cru ça, jura-t-elle, espérant être convaincante.
- Je vais faire semblant de te croire.
- Je ne mens pas.
- L'envie ne me manque pas, tu sais, l'ignora-t-il.
Oh, Kami. Orihime n'avait jamais eu autant de conversations sur le sexe en si peu de temps. C'était trop entre Rangiku et Ichigo !
- Mais je ne te manquerais pas de respect à ce point, encore moins devant chez toi et à la vue de tous, enchaîna le Shinigami suppléant.
Elle haussa un sourcil, sans libérer le col de sa chemise.
- On l'a bien fait chez toi cette nuit et dehors quand on était plus jeunes.
- C'est pas pareil, la contra le roux qui attrapa une longue mèche cuivrée sur son front pour la caler derrière son oreille.
- Et en quoi est-ce différent ?
- Laisse tomber, dit-il en jetant un œil à sa montre. Je n'avais pas prévu de m'éterniser mais je suis déjà là depuis un petit moment.
- Pourquoi tu…
- Je vais te répondre, la coupa le fils d'Isshin en se rendant à son oreille et dessinant des cercles sur son dos. Je suis simplement venu te dire au revoir, je prends l'avion demain matin.
Il descendit jusqu'à son cou en frottant son nez sur sa peau satinée. Sa Hime sentait si bon…
- Tu as beau t'être douchée, je sens encore mon odeur sur toi, releva-t-il avec satisfaction en l'embrassant sous la mâchoire.
La princesse était trop choquée par sa précédente déclaration pour rougir cette fois, ou même être apeurée à l'idée que Jin puisse sentir l'odeur d'un autre homme sur elle. Au lieu de ça, son cœur loupa un battement et chuta quelque part dans son ventre tandis qu'elle faisait un pas en arrière pour le tenir à bout de bras par les épaules. Quoi ? Quoi ?! Elle cauchemardait encore, ce n'était pas possible ! Pourquoi lui répétait-il presque la même chose que le jour de leur rupture ?
- Tu repars aux États-Unis ? comprit-elle avec une moue attristée, les larmes au bord des cils. Mais pourquoi ?!
Elle s'entoura de ses bras, se retenant visiblement de le serrer contre elle. Elle ne devrait pas réagir de la sorte, elle était mariée ! Mais le fait demeurait : elle était éperdument amoureuse d'Ichigo. Il avait rompu, oui, seulement ça n'avait pas brisé ses sentiments pour lui comme on coupe un ruban avec une paire de ciseaux. A sa réaction, le Shinigami écarquilla les yeux avant de sourire doucement en lui caressant la joue.
- Non, Hime. Je ne repars pas là-bas, la rassura-t-il d'une voix apaisante.
- M-Mais tu viens de dire…, amorça-t-elle, les lèvres tremblantes, sa petite main saisissant la sienne.
- Je pars à Fukuoka, je serai absent une semaine.
Elle le regarda avec surprise et inquiétude.
- Ce n'est rien de grave, n'est-ce pas ?
- Non. Il me faut juste régler un problème sur place avant que cette galère devienne ingérable. Lee part avec moi, et Christie va temporairement prendre ma place dans l'entreprise.
- Alors tu vas revenir ? renifla la demoiselle, les prunelles toujours baignées de larmes.
- Oui.
- Promets-le. Promets-le-moi, Ichigo, chuchota-t-elle.
Sa demande choqua presque son ex-petit ami. Depuis leur rupture, c'était la première fois qu'elle lui demandait de lui promettre quelque chose. Ce qui n'avait rien d'étonnant après toutes les promesses qu'il n'avait pas tenues. Il posa sa main sur l'arrière de son crâne auburn afin de la rapprocher et se pencha pour lui déposer un baiser sur le sommet de sa tête. Cette demande signifiait aussi que sa confiance en lui revenait.
- Je te le promets, murmura-t-il dans ses cheveux parfumés.
Il la sentit se détendre progressivement.
- Merci de m'avoir prévenue de ton départ, bon voyage, lui sourit-elle en séchant ses joues mouillées.
Le frère de Karin et Yuzu redevint sérieux.
- Je pars mais je n'oublie pas que tu m'évites, Orihime.
Et c'est reparti. Il n'avait pas menti en disant qu'il se contenterait de sa réponse « pour l'instant », ce répit n'aura pas fait long feu. Existait-il plus borné qu'Ichigo sur cette terre nom d'un kami ?
- Je ne t'évite pas.
- Ne me mens pas. Depuis qu'on a fait l'amour tu n'es pas entrée en contact avec moi, je te l'ai dit tout à l'heure et...
- On ne se parle pas tous les jours de toute façon, s'entêta également la belle.
Il souleva son menton avec l'index, s'immergeant ainsi dans ses bassins argentés comme il aimait tant le faire.
- Je sens que tu m'évites.
Elle détourna les yeux.
- Dois-je vraiment te rappeler que c'est toi qui m'as demandé de te faire l'amour ?
La guérisseuse rougit violemment, ce qui l'intrigua.
- Quoi encore ?
Ils s'étaient franchement suffisamment étendus sur le sujet pour qu'elle n'ait plus à rougir de la sorte, non ? La beauté auburn rangea une mèche derrière son oreille et fuit ses orbes marron chauds.
- Tu dis toujours… enfin, tu n'emploies jamais le mot « c-coucher », bégaya-t-elle, le visage enflammé car les souvenirs de leur sublime nuit défilaient dans sa tête.
Le regard d'Ichigo s'adoucit.
- Je ne considère pas « coucher » avec toi, Hime, lui expliqua-t-il. On fait « l'amour », il y a des sentiments et de la passion quand on ne fait qu'un. On en reparlera à mon retour, parce que je ne souhaite pas être ton amant. Je veux être le seul homme de ta vie et te partager avec personne.
Le silence régna un moment tandis qu'elle enregistrait ses paroles en mordillant sa lèvre.
- Je t'appellerai quand j'arriverai à Fukuoka. Ah, et dis à Kokoro que je lui ai acheté un panier dont j'espère qu'il aura l'usage. Quant à toi, profite de mon absence pour réfléchir, termina Ichigo d'un ton à la fois calme et ferme.
Sur cette déclaration, il retourna à sa voiture qui brillait sous l'éclat de la lune. Orihime la regarda disparaître dans la nuit avant de rentrer chez elle en se collant dos à la porte. Sa relation avec Jin et Ichigo arrivait à un tournant décisif et ça l'effrayait.
{…}
- Au revoir, Arisawa sensei !
- Salut, Akinari ! Rentre bien !
C'était le lendemain, en fin d'après-midi. Tatsuki salua son élève avant de prendre le chemin de sa maison située à quelques minutes à pied. Aujourd'hui encore fut une bonne journée sur le plan professionnel. Son esprit par contre était loin d'être aussi clair et joyeux.
Avec un soupir, la championne franchit le seuil de sa maison, prit une douche rapide et se prépara à regarder une compétition à la télévision. Elle venait de s'asseoir avec son bol de chips quand des coups résonnèrent. Elle grogna. Dérangée maintenant, comme par hasard !
- J'arrive !
Sans détacher ses yeux de l'écran montrant son favori sur le point de décalquer son adversaire, la brune ouvrit la porte à son visiteur.
- Bonsoir, Tatsuki chan.
Un bruit sec se fit entendre lorsque le bol de chips s'écrasa au sol dans l'indifférence des deux femmes. Tatsuki fit volte-face et accrocha ses yeux sur sa meilleure amie dont elle n'avait pas de nouvelles depuis plus de trois jours. L'émotion s'empara d'elle et sans pouvoir résister, elle la serra fortement dans ses bras.
- Orihime ! Je ne m'attendais pas à… Je me demandais vraiment si tu allais me reparler un jour…
Le fait que celle-ci ne réponde pas à son étreinte la blessa mais la karatéka s'efforça de le cacher quand elle recula, les mains sur ses épaules pour mieux la détailler.
- Tu as l'air d'aller. Comment va ton mari ? Et Kokoro ?
- Kokoro chan va bien, il est à la maison avec Rangiku san, répondit Orihime, neutre.
- Hein ? Rangiku san est ici à Karakura ?
- Oui, je suis d'ailleurs là sur ses conseils. Je peux entrer ? Je ne serai pas longue.
Une tension planait dans l'air, Tatsuki la sentit aussi nettement qu'une décharge. Ajouté à cela, Orihime n'avait pas esquissé un sourire ce qui ne lui ressemblait pas.
- Bien sûr, je regardais une émission sportive, accepta-t-elle en s'écartant.
La déesse se déchaussa, plaça sa veste sur le porte-manteau et suivit son amie dans la salle à manger. Le garçon manqué baissa le volume de la télévision et elles s'installèrent face à face à la table. Elle jugea inutile de proposer à boire à Orihime car d'après son expression, elle souhaitait entrer dans le vif du sujet.
- Tu es là pour me parler du rôle que j'ai joué dans ta relation avec Ichigo, c'est ça ?
- En effet, approuva la princesse, l'estomac noué. Je t'en veux énormément.
- Je comprends que tu m'en veuilles mais à ta façon de parler, tu n'as plus l'air d'en vouloir à Ichigo, saisit Tatsuki, sa colère grimpant.
C'était injuste ! C'est lui qui était parti séjourner ailleurs en laissant sa petite amie dépérir à des milliers de kilomètres !
- Je sais à présent qu'Ichi ne cherchait qu'à me protéger et…
- Ichi ? se bloqua l'autre femme. Ne me dis pas…
- Je ne suis pas venue parler de l'évolution de ma relation avec Ichigo depuis son retour, précisa la sœur de Sora, les sourcils froncés. Je suis là parce que sans toi…
- Arrête, Orihime, tu n'en sais rien ! Tu ne peux pas savoir ce qui se serait passé si je ne m'en étais pas mêlée ! s'emporta-t-elle. Tu serais peut-être morte à cause de la dépression qui te rongeait par sa faute, je t'ai protégée pour éviter ça.
Tatsuki crispa sa mâchoire et ferma brièvement les yeux pour mieux se rappeler ces désagréables souvenirs.
- Ichigo a été difficile à convaincre mais il a fini par comprendre ce que je voulais dire en choisissant de te quitter.
Cette phrase hérissa la guérisseuse qui s'était pourtant jurée de rester calme.
- Mais qu'est-ce que tu crois, Tatsuki chan ? s'écria-t-elle, agacée, le souffle saccadé. Tu l'as soumis à une pression énorme en lui balançant que notre bonheur dépendait de ma santé, voire de ma vie ! Ichigo m'aimait mais dans la balance, ça ne pesait pas aussi lourd que le poids de ma vie à ses yeux alors évidemment qu'il a opté pour la préserver !
Enfin, enfin elle se libérait d'une partie du poids de ses sentiments qui l'écrasaient.
Les yeux ronds, la brune, elle, resta scotchée par sa vivacité. Rares étaient les fois où Orihime lui avait crié dessus, celle-ci était l'une des pires.
- En tant que ma meilleure amie, tu aurais dû me demander des explications et non harceler Ichigo à distance et lui sauter à la gorge à peine eut-il posé un pied ici, finit la beauté auburn d'un ton plus sec.
Son amie secoua la tête pour se reprendre.
- S'il était resté à tes côtés, je n'aurais pas eu à…
- Tu parles sans savoir, l'interrompit une nouvelle fois Hime. Ichigo m'a plus d'une fois suggéré de revenir étudier au Japon que ce soit dans ses mails ou même lors de son dernier séjour ici, mais j'ai fermement refusé.
Tatsuki la regarda bouche bée.
- Tu as refusé ? Mais pourquoi ?
- Parce qu'il méritait sa place dans cette fac et surtout de penser à lui pour une fois. Je n'avais pas le droit de l'exiger à mes côtés, moi qui n'avais pas le courage de tout laisser comme il l'a fait, l'éclaira Orihime avec le plus grand sérieux. Nous ne sommes pas le seul couple à avoir souffert de la distance, et choisir une université loin de celui ou celle qu'on aime ne veut pas dire qu'il ou elle ne compte plus à nos yeux. Pour être honnête, en choisissant ma fac à Tokyo, j'ai songé à moi et à mon avenir professionnel. Non à Ichigo.
En parlant, ses souvenirs remontaient à la surface.
- En voyant le puissant homme d'affaires qu'il est devenu, je me dis que j'ai eu raison de le pousser dans cette voie, sourit-elle en ne fixant rien de particulier.
Tatsuki ne voyait pas les choses ainsi.
- Ichigo s'est quand même senti coupable, ce qui veut dire que j'avais raison : votre relation à distance détruisait peu à peu votre couple et éteignait ta vie.
- Il s'en est voulu parce que tu lui as dit des choses dont il n'avait pas conscience et parallèlement, il t'en a voulu parce que tu lui as rabâché qu'il n'y avait pas d'autre option que de rompre.
La belle soupira en se passant une main sur le visage. Évoquer tout cela drainait son énergie.
- Rangiku san m'a en plus avoué qu'elle-même avait fait pression sur Ichigo pour qu'il ne me quitte pas car j'avais besoin de lui, continua-t-elle, son poing fermé sur la table. Tu imagines ce qu'il a dû ressentir ? Deux de ses amies lui demandant des choses contradictoires, cela associé à l'éloignement de sa famille difficile à gérer même s'il ne le disait pas, le fait que lui et moi nous ne nous voyions pas aussi souvent que nous le voulions, les gens qui le jalousaient dans sa fac…
Elle perçut les larmes pas loin et battit des cils pour les repousser.
- Il n'y a qu'à Karakura qu'il se sent chez lui et tu l'en as chassé en le poussant à s'éloigner de moi sous des prétextes stupides.
- Prétextes stupides ? avala de travers la karatéka, son irritation revenant au galop. Je considère que frôler la mort n'est pas… !
- Tu n'avais pas à t'interposer ! la coupa Orihime, les yeux brillants. Ça ne concernait qu'Ichi et moi, c'est à nous et nous seuls de gérer notre relation. Oui, il me manquait mais il n'est pas responsable de tous les problèmes que j'ai eus. Je ne suis pas blanche comme la neige, j'ai commis des erreurs moi aussi ! Trop occupée à trouver un coupable, tu as fait porter le chapeau à Ichigo alors que la source n'était autre moi et moi seule, confessa-t-elle à mi-voix en se mordant la lèvre.
Elle inspira pour calmer la course effrénée de son cœur.
- C'est ça que je te reprochais le jour où on s'est disputées sur cette terrasse. Tu as compris que j'allais voir Ichigo le soir où j'ai eu cet accident qui m'a plongée dans le coma, mais tu ne t'es pas demandé pourquoi. Si tu l'avais fait, je peux t'assurer que ce n'est pas ma défense que tu aurais prise mais celle d'Ichi, acheva-t-elle dans un chuchotement en détournant ses prunelles cendrées.
La championne s'était raidie sur sa chaise, sa fréquence cardiaque doublée. Elle dut déglutir avant de réussir à poser sa question. Cette discussion prenait un tournant inattendu et... effrayant.
- Orihime, qu'est-ce que tu as fait ?
Cette dernière se leva pour se rendre à l'entrée remettre ses chaussures.
- Je t'ai dit que je ne resterais pas longtemps, je dois y aller à présent.
Tatsuki bondit de sa chaise pour la rattraper par l'épaule.
- Tu ne peux pas t'en aller comme ça, tu n'es pas rancunière à ce point !
La belle lui jeta un regard si triste et las par-dessus son épaule que la brune la libéra, un frisson la traversant. Le temps qu'elle se reprenne, l'autre jeune femme avait déjà enfilé ses chaussures et remis son manteau.
- Ce n'est pas par rancune que je choisis de ne rien te dire, Tatsuki chan, assura-t-elle dégageant ses longs cheveux de son col.
- Tu me l'aurais dit il y a quatre ans si je te l'avais demandé ?
- Oui.
- Qu'est-ce qui t'en empêche alors cette fois ?
- La maturité.
Tatsuki fronça les sourcils à cette réponse pas claire. La sœur de Sora le vit mais ne décida pas de parler pour autant. En fait, elle lui montra son dos, prête à s'en aller.
- Attends ! Je… Je te répète être désolée pour ce que j'ai fait, ça n'a pas été simple de prendre la décision de briser le couple que formaient mon ami d'enfance et ma meilleure amie, souffla Tatsuki en saisissant son coude, ses yeux humides rivés sur le dos de la déesse à un mètre d'elle. Mais si grâce à cette décision tu es en vie aujourd'hui, alors je recommencerais sans hésiter.
Orihime ne dit rien.
- J'imagine que c'est beaucoup te demander mais… tu penses parvenir à me pardonner un jour ?
Sa meilleure amie ferma brièvement les yeux, son petit poing serré sur la poignée de la porte.
- En toute honnêteté, je l'ignore, Tatsuki chan. Ce que je sais en revanche, c'est qu'Ichigo, lui, n'y parviendra pas. Ni maintenant ni jamais.
Sur ces paroles dures à entendre, elle sortit à l'extérieur sans un regard en arrière. Tatsuki fixa la porte close avec inquiétude.
« Ce jour-là, quand Ichigo est revenu et que j'ai eu cet accident… il y a quelque chose que tu as compris mais que tu n'as pas pris en compte, et c'est ta plus grosse erreur en tant que ma meilleure amie supposée me connaître par coeur. »
« Tu as compris que j'allais voir Ichigo le soir où j'ai eu cet accident qui m'a plongée dans le coma, mais tu ne t'es pas demandé pourquoi. Si tu l'avais fait, je peux t'assurer que ce n'est pas ma défense que tu aurais prise mais celle d'Ichigo. »
Deux disputes, deux déclarations similaires.
- Merde, Orihime, mais qu'est-ce que tu as fait ? se demanda Tatsuki, très inquiète.
{…}
Deux jours passèrent et une nouvelle semaine commença.
Rangiku dormait profondément dans une chambre d'amis tandis qu'au même étage, Orihime faisait de même, Kokoro sur son ventre. Cette image attendrissante se brisa lorsque le téléphone sonna. Le chaton sursauta en miaulant bruyamment, alors que la princesse gémissait faiblement en tâtonnant la table de chevet à l'aveuglette. Elle dormait si bien qu'une certaine colère se réveilla en elle, mais elle préféra ne pas la laisser transparaitre en décrochant.
- Bonjour, résidence Ashimura, Orihime à l'appareil, annonça-t-elle d'une voix ensommeillée, sans décoller sa tête de l'oreiller.
- Bonjour, Ashimura san, dit une voix féminine.
- Qui êtes-vous ? marmonna la belle qui se frottait les yeux, le cerveau flottant dans le sommeil.
Le réveil affichait 10h et elle travaillait de 13h à 22h30 aujourd'hui.
- C'est le Docteur Shimiaruko, je suis contente de parvenir à vous parler.
Orihime émergea instantanément.
- Bonjour, Docteur Shimiaruko ! gazouilla-t-elle en caressant son chaton revenu près d'elle.
Elle évitait de parler trop fort pour ne pas réveiller Rangiku.
- Pourquoi êtes-vous heureuse de me parler ?
- Comment allez-vous ? demanda le Docteur Shimiaruko Tsugumi. Vous ne souffrez plus ?
Sa patiente cligna des yeux. Pourquoi devrait-elle souffrir ?
- Euh… non, je vais très bien. En tout cas physiquement, aurait-elle aimé ajouter.
- Tant mieux, j'en suis ravie, se réjouit l'autre femme. Après que votre mari m'ait avertie de votre accident le mois dernier quand je vous ai téléphonée, je n'ai pas voulu faire pression sur vous.
Orihime cessa de caresser son chat, estomaquée.
- Jin kun vous a informée de mon « accident » le jour de votre dernier appel ? répéta-t-elle d'une voix blanche.
- C'est exact, mais le fait que vous ne m'ayez pas recontactée m'inquiète alors je me permets de le faire.
La guérisseuse sentit son cœur faire une embardée. Elle se redressa brusquement, attrapa son portable près de la lampe et fouilla dans son « mémo ». Elle se souvenait à présent… Comme à chaque fois, elle entrait de manière codée ses rendez-vous chez sa gynécologue et… il n'y avait aucune trace de celui prévu le mois dernier, et elle ne l'avait pas supprimé. C'était certain.
Horrifiée, Orihime lâcha son portable et plaqua une main sur sa bouche. Pour elle ne savait quelle raison, Jin avait décroché à sa place le jour de ce rendez-vous raté, et fourni le mensonge de l'accident à Shimiaruko san. Il devait encore fouiller dans son portable à cette époque et avait fait le lien avec son « mémo », il était assez intelligent pour ça. Dans tout ça, la princesse ne retenait qu'une chose : pourquoi Jin avait-il prétendu qu'un accident l'empêchait de se rendre à son rendez-vous ?
- Ashimura san, vous êtes toujours là ?
Celle-ci secoua la tête.
- O-Oui.
- Votre injection ne fait plus effet depuis un moment, reprit le Docteur Shimiaruko d'un ton ferme. Il est impératif que nous nous voyons le plus vite possible. Je suis malheureusement débordée, la clinique est en manque d'effectifs et ma consœur est partie en congé maternité. Comme je suis ses patientes en attendant son remplacement, je ne peux vous proposer un rendez-vous que dans trois semaines environ… Le vendredi 2 novembre à 14h30 vous conviendrait-il ?
Des larmes se réunirent dans les prunelles de la beauté auburn qui ne l'avait écoutée qu'à moitié. Oh mon Dieu, elle venait de comprendre.
« Il est temps de relancer l'entraînement et tu reviendras dormir avec moi dès ce soir. Dès que je t'aurai fait cet enfant, tu ne pourras plus me quitter pour ce salaud de Kurosaki parce que tu seras liée à moi à jamais. »
Cette menace de son mari peu après le scandale dû à sa sortie au restaurant avec Ichigo. L'appel inattendu du Docteur Shimiaruko quelques mois plus tard avait permis à Jin de transformer ses paroles en actions, sans aucune barrière… Le cœur de la jeune femme se compressa si fort qu'elle en avait mal, sa respiration elle-même irrégulière.
- Ashimura san ? la ramena sur terre la voix de son médecin, inquiète par son silence. Êtes-vous sûre d'aller bien ?
- D-Docteur, articula-t-elle péniblement, une paume tremblante sur sa forte poitrine pour calmer son cœur emballé. L'injection ne fait plus effet depuis un mois m'avez-vous dit…
- Oui, mais j'ai averti votre mari d'utiliser des préservatifs si vous veniez à avoir des rapports une fois remise de votre accident.
Orihime perçut les trainées salées sillonner ses joues et elle pressa sa main sur ses lèvres pour étouffer ses sanglots. Après sa rupture avec Ichigo, elle ne songeait pas toujours à prendre sa pilule, ce qui n'avait pas trop d'importance étant donné qu'elle était célibataire. Mais depuis sa rencontre avec Jin, elle jugea qu'elle ne pouvait plus se permettre d'oublier ce rituel et opta pour changer de moyen de contraception : par injection, ce qui lui convenait très bien.
Ces derniers temps, elle se croyait sous contraceptif alors que ce n'est plus le cas. Probablement poussé par sa colère en découvrant qu'elle faisait ce qu'il fallait pour ne pas concevoir un enfant avec lui, Jin lui avait fait rater son rendez-vous du mois dernier et raconté comme mensonge un prétendu accident au Docteur Shimiaruko pour que celle-ci ne rappelle pas sa femme de sitôt. Voilà pourquoi Jin avait tant augmenté la fréquence de leurs rapports intimes et il n'utilisait bien sûr jamais de préservatifs.
Ichigo devait supposer qu'elle continuait de prendre la pilule puisque c'était déjà le cas à l'époque où ils étaient en couple. En conséquence, il n'avait pas non plus eu recours au préservatif lorsqu'ils avaient fait l'amour il y a quelques jours.
Le cœur d'Orihime battait follement et sa tête lui tournait dangereusement. Oh, Seigneur… Elle avait couché avec Jin trois jours avant d'aller soigner Ichigo et s'unir passionnément à lui la semaine précédente.
Elle avait eu des rapports sexuels avec deux hommes différents la même semaine et sans aucune protection.
Son cœur frôla l'arrêt cardiaque, toutes les émotions ressenties depuis le retour de son ex il y a des mois lui parurent trop à endurer pour le pauvre être humain qu'elle était.
- Et dans le… le cas contraire ? parvint à demander la guérisseuse, au bord de l'évanouissement.
Sentant son mal-être, Kokoro pencha son adorable tête puis vint se pelotonner sur ses cuisses recouvertes de la couverture, et la fixa de ses yeux bleus en miaulant doucement.
- Vous voulez dire si votre mari et vous avez eu des rapports sexuels non protégés ces dernières semaines ? Est-ce le cas, Ashimura san ? se renseigna Tsugumi, très sérieuse. Si oui, je dois vous avertir que le risque de grossesse est particulièrement élevé surtout si vous étiez en période d'ovulation. Et d'après les tests que nous avons effectués vous et moi, et votre dossier que j'ai sous les yeux, cette période était la semaine dernière.
Orihime lâcha le téléphone.
O
Salut à tous ! Encore une fois, je poste à une heure pas possible. Navrée pour les fautes, hein, je ne vois plus clair à cette heure-ci mais n'étant pas là la journée... bref. Alors ce chapitre, je l'aime beaucoup et j'espère qu'il vous a plu aussi. Concernant le lemon, je ne vais pas vous mentir : je ne me suis pas foulée. Je l'ai écrit d'une traite alors que je mets plus de temps que ça d'habitude pour m'attarder sur les détails. Mais là, j'avais la flemme. Il ne s'agit que d'un bout du chapitre de toute façon. Vos avis ? =D
Le chapitre 7 est entièrement tapé sauf que je n'ai pas le temps de le corriger pour le moment. Il pourrait, en tout cas un passage, être émotionnellement difficile à lire pour certains d'entre vous, je préfère vous prévenir. Même moi, écrire ces scènes m'a fait quelque chose. En attendant sa parution, je vous remercie pour la lecture de ce chapitre 6 et je fais un gros bisou à mes fidèles lecteurs qui me laissent des reviews ! Petit coucou à Aya-chan60 ! Je vais bien, merci et j'espère que toi aussi ! Ta review m'a fait très plaisir ! Tu as dû vraiment aimé le chapitre précédent pour le relire 3 fois XD Oui, je fais de mon mieux pour poster rapidement mais ça reste difficile. Pas de quoi en tout cas pour les infos sur les fictions ^^ A bientôt !
P.S : pas mal de lecteurs qui suivent mon blog le font également ici et me demandent régulièrement si je ne connais pas de bonnes fics ! Vous savez qu'il n'y en a pas des masses en français sur ce site mais je conseille à tous ceux qui ne l'ont pas fait de foncer lire les textes de "FreedomPen" que vous trouverez dans mes auteurs favoris pour ceux qui ont la flemme de chercher ! xD Sa fic est géniale et son premier OS (IchiHime également) est un vrai coup de coeur alors foncez ! =)
