Me revoilà après des mois d'absence. L'inspiration à propos de cette fic m'avait un peu abandonnée, et surtout il s'est passé pas mal de choses dans ma vie (j'ai changé de région par exemple) qui ont fait que je n'avais plus beaucoup de temps à lui consacrer. Je suis bien consciente qu'il est difficile de reprendre la lecture d'une histoire interrompue depuis plus de 6 mois, je vous propose donc un petit résumé des événements les plus marquants. De même qu'un récapitulatif des différents personnages. En espérant que mes quelques lecteurs accepteront de se replonger dans cette fic, je vous dis « bonne lecture ».
Résumé :
Zeldia Hess, septième année à Serpentard, se voit contrainte de collaborer avec Sirius Black, septième année à Gryffondor, sur un exposé de Métamorphose. Au terme de leur première séance de travaux à la bibliothèque, Sirius met Zeldia face à la réalité qui est la sienne. Suite aux larmes qu'elle verse devant Casper Killwood, ce dernier menace Sirius. Les deux partenaires d'étude se disputent âprement et décident de travailler chacun de leur côté. Entre temps, Sirius Black invite Kara Livingston au bal d'Halloween et Zeldia reçoit une lettre de ses parents l'informant qu'elle rejoindra les rangs de Voldemort à l'occasion des fêtes de fin d'année. Zeldia partage cette information avec Severus Rogue qui ne réagit pas exactement comme elle l'aurait souhaité. Durant le bal Zeldia surprend des messes basses de la part de ses amis. Ils lui cachent quelque chose. Après la danse qu'elle partage avec Sirius, Zeldia s'évertue à l'ignorer en toutes circonstances. Ce qui se révèle difficile. Une bagarre éclate entre Sirius Black, James Potter, Severus Rogue et William Mulciber. Zeldia finit par se confier à Sirius qui lui promet de l'aider.
Récapitulatif des personnages :
Sirius Black : 7ème année, Gryffondor
James Potter : 7ème année, Gryffondor
Rémus Lupin : 7ème année, Gryffondor, préfet.
Peter Pettigrow : 7ème année, Gryffondor
Lily Evans : 7ème année, Gryffondor, préfète.
Miranda Hope : 7ème année, Gryffondor (personnage fictif)
Mélisandre Marsch : 7ème année, Gryffondor (personnage fictif)
Poppy Cartwright : 7ème année, Gryffondor, préfète-en-chef (personnage fictif)
Zeldia Hess : 7ème année, Serpentard (personnage fictif)
Casper Killwood : 7ème année, Serpentard, préfet-en-chef (personnage fictif)
Pandora Spire : 7ème année, Serpentard (personnage fictif)
Cyrus Nott : 7ème année, Serpentard
William Mulciber : 7ème année, Serpentard
Severus Rogue : 7ème année, Serpentard
Bellatrix Black : 6ème année, Serpentard
Narcissa Black : 7ème année, Serpentard, sœur de Bellatrix Black
Régulus Black : 6ème année, Serpentard, frère de Sirius Black
Kara Livinsgton : 6ème année, Poufsouffle (personnage fictif), petite amie de Sirius Black.
Andromeda Tonks : sœur de Bellatrix et Narcissa ayant terminé ses études à Poudlard.
Nymphadora Tonks : fille d'Andromeda, 5 ans.
Chapitre 6
Il n'avait encore rien dit à ses amis. Pas un mot. Ce qui, soyons francs, ne lui ressemblait absolument pas. Il savait bien qu'il ne tiendrait plus très longtemps. Leurs avis comptaient beaucoup trop à ses yeux. Surtout celui de James, et dans une moindre mesure celui de Remus. Non parce qu'il mésestimait l'opinion de ce dernier sur la question, mais en réalité Remus n'était jamais très loquace lorsqu'ils abordaient ce type de sujets. Peter, pour sa part, ne ferait que répéter ce que dirait James. C'était à chaque fois le même problème qui se posait, leur manque d'expérience dans le domaine. Dans le cas de Remus, c'était un choix volontaire, il faut dire que sa condition de loup garou ne facilitait pas vraiment les choses. Et Peter…enfin voilà quoi, c'était Peter.
Sirius poussa un profond soupir. Ce n'était pas non plus dans ses habitudes de négliger un cours. Encore moins lorsqu'il s'agissait de celui de Défense Contre les Forces du Mal. Mais il ne pouvait rien y faire, trop de pensées se bousculaient dans sa tête. L'une des plus persistantes concernait Hess. Après ce qu'elle lui avait dit trois jours plus tôt, il ne pouvait en être autrement. Il avait beau retourner la situation dans tous les sens, les issues qui s'offraient à la Serpentarde étaient peu nombreuses et toutes plus dangereuses les unes que les autres. Mais il avait dit qu'il l'aiderait, et il n'était pas de ceux qui reviennent sur leurs paroles. Il espérait juste qu'il ne s'agissait pas d'un piège, elle aurait très bien pu l'embobiner. Après tout, la ruse était le propre des Serpentards. Hess lui aurait menti ? Il avait du mal à l'envisager, elle lui avait paru tellement sincère…
Il jeta un coup d'œil discret dans sa direction. Quelques tables derrière lui, la jeune fille regardait pensivement par la fenêtre. Il distinguait ses cernes d'un mauve délicat pourtant camouflées avec soin. Elle manquait de sommeil, probablement que ses tourments l'empêchaient de dormir. Sirius se souvenait très bien des nuits blanches qu'il avait passé avant de décider finalement de quitter sa « famille ». Sans doute qu'elle sentit son regard sur elle, car très doucement elle l'observa à son tour. Elle était belle. Les autres ne le voyaient-ils pas ? Le petit sourire qu'elle lui adressa ne fit que renforcer son impression. Il se contenta de lui tourner le dos. Même s'il brûlait d'envie de lui répondre par un clin d'œil ou un petit geste amical, la moitié des Serpentards présents dans la classe s'en apercevrait également, il valait donc mieux éviter toute démonstration d'affection.
Affection.
Voilà on y était. Il ne pouvait plus nier qu'il commençait sérieusement à éprouver des choses pour Hess. Le mot « Sentiment » avait un poids particulier or Sirius n'était pas certain de vouloir l'utiliser. Ça aurait été synonyme d'engagement. Disons donc que son corps et son esprit se déréglaient momentanément lorsqu'il se retrouvait face à elle. Tout cela le déstabilisait plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. C'était si désarçonnant qu'il avait parfois l'impression de rêver. Qu'avait-il donc à voir avec cette fille ? Cette fille qu'il avait tenue dans ses bras. Quand il se mettait à y repenser ne serait-ce que quelques secondes, il sentait à nouveau son parfum, il revoyait ses joues rosies par l'embarras, il retouchait le soyeux de sa peau.
Elle lui avait demandé de l'aider.
Lui.
C'était vers un Gryffondor prétentieux et arrogant (Spire aimait à le répéter de temps à autre) qu'elle s'était tournée, implorante. Bon n'exagérons rien, Sirius était à peu près certain qu'il ne verrait jamais Hess se jeter à genoux pour le supplier. Non, jamais elle ne ferait une chose pareille. Mais il fallait bien reconnaitre qu'il avait du lui en coûter de venir le trouver pour lui parler Tatouage et Voldemort.
Il risqua un nouveau coup d'œil dans sa direction mais fut stoppé dans son élan par le regard réfrigérant de Casper Killwood. Sirius était presque certain que si on ordonnait à ce type de tuer la fille assise à côté de lui, il le ferait sans hésitation. Quoique son air féroce et sa main, posée sur celle de Zeldia de manière clairement possessive, voulaient peut-être dire quelque chose. Le Gryffondor sentit une minuscule pointe de jalousie lui percer l'estomac.
Il était vraiment temps qu'il mette fin à sa relation avec Livinsgton. Ne serait-ce que par égard pour elle. Ça n'allait pas être une partie de plaisir, surtout étant donné la manière dont Kara lui sautait au cou chaque fois qu'ils se croisaient dans les couloirs de Poudlard. Une vraie sangsue.
- Tu as un souci ? Chuchota Remus, le visage inquiet.
- Voyons, intervint aussitôt James. Tu ne devines pas ce qui tracasse notre cher Patmol ? On en est pourtant à trois semaines.
- Ah, je vois.
- Trois semaines ? Répéta Peter un peu trop fort.
Il eut droit à un coup d'œil foudroyant de la part du professeur Bloom. C'était une belle sorcière, les maraudeurs étaient tous d'accord là-dessus, mais elle était vraiment trop autoritaire.
- Oui, souffla James après quelques secondes. Enfin Pete, ce n'est pas comme si on n'en avait pas l'habitude.
- Ça fait trois semaines que Sirius sort avec Kara, expliqua Remus à un Peter toujours perdu.
- Oh, le stade des trois semaines ! S'écria ce dernier.
- Monsieur Pettigrow, vous souhaitez partager quelque chose avec la classe ? Interrogea le professeur Bloom d'un ton aiguisé.
Peter s'enfonça sous sa table en rougissant et bégayant de façon incompréhensible.
- Bien ! Que je ne vous y reprenne plus. A moins que vous ne souhaitez tant récolter une retenue.
Peter bredouilla encore un peu puis se tut, accablé par tous les regards posés sur lui.
oooOOOooo
- Comment vas-tu lui annoncer la bonne nouvelle ? Demanda James dès que la cloche eut retenti.
- Aucune idée, avoua Sirius d'un ton renfrogné.
- Elle risque de te jeter un sort.
- Merci de me mettre en garde, Peter. Comme si je n'étais pas au courant que cette fille peut se transformer en furie.
- Tu l'as cherché, dit Remus doctement.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Demanda James en haussant les sourcils.
Remus ne répondit pas, avivant ainsi leur curiosité à lui et Peter. Sirius, quant à lui, était presque certain que son ami avait deviné que Hess occupait une place non négligeable dans l'équation.
James regarda alternativement Sirius puis Remus, tandis que son estomac émettait un puissant grondement.
- Vous nous cachez quelque chose tous les deux, s'exclama-t-il en se plaçant devant eux et avançant à reculons pour ne pas les bloquer dans leur progression.
Sirius fit mine de contempler le plafond et les murs pour éviter le regard soupçonneux de son ami. Il avait totalement oublié que Remus était capable de ressentir les émotions des autres à l'aide de ses facultés de lycanthrope. Qu'avait-il perçu ?
James ouvrit une nouvelle fois la bouche pour les inciter à répondre mais il n'eut pas le temps d'en faire plus. Le « Attention ! » de Remus n'y changea rien. Le maraudeur percuta violemment une de ses condisciples de Gryffondor qui arrivait en sens inverse sans regarder devant elle. Lily Evans perdit l'équilibre et se retrouva sur les fesses. C'est de peu et grâce à de bons réflexes qu'elle put éviter James qui manqua alors de lui tomber dessus.
- Potter ! S'écria-t-elle moitié rieuse, moitié exaspérée.
- Désolé, Lily, s'excusa James avec fébrilité tandis qu'il l'aidait à se relever. Tu ne t'es pas fait mal ?
- Non, dit-elle en époussetant sa robe. J'ai oublié mon livre dans la classe de Défense Contre les Forces du Mal, expliqua-t-elle.
- Je vais te le chercher, proposa Sirius saisissant ainsi une occasion pour éviter de se faire encore harceler par James. Je vous rejoins dans la Grande Salle.
Et avant que quiconque ait pu dire un mot, il faisait demi-tour.
Les couloirs étaient déserts puisque tous les élèves s'étaient hâtés d'aller manger avant d'attaquer l'après-midi. Sirius marchait en silence. C'est ainsi qu'il entendit des éclats de voix bien avant d'avoir atteint la salle de classe. Deux personnes se disputaient. Il n'eut aucun mal à reconnaitre la voix de Zeldia,
- Je ne suis pas ta chose, gronda-t-elle.
- Tu seras bientôt ma femme, répondit Killwood d'un ton austère. Et je refuse que tu ailles te balader toute seule dehors avec Black.
- McGonagall nous a donné son autorisation. Que crains-tu donc ? Que je me précipite dans les bras de Sirius dès que tu auras le dos tourné ?
- Tu l'appelles par son prénom maintenant ! Ne t'étonne pas ensuite si je t'interdis de rendre visite à ces traites à leur sang !
Casper Killwood faisait bien entendu référence à Andromeda et Nymphadora, respectivement sœur et nièce de Bellatrix.
- Comment une fillette de cinq ans peut-elle trahir son sang ! S'énerva Zeldia.
- C'est une Sang-Mêlée. Depuis quand côtoies-tu ce genre de vermine ?
Sirius serra les dents mais resta silencieux, il était curieux de connaitre l'issue que prendrait la dispute. Et tandis que Zeldia répliquait, il jugea qu'il n'aurait pu espérer meilleure preuve de sa bonne foi.
- Tu sais très bien que je n'ai jamais considéré les Sang-Mêlés et les descendants de moldus de cette façon.
- Ah oui bien sûr, se moqua-t-il. C'est sûrement pour ça que tous tes amis sont des Sang-Purs.
- Severus est un Sang-Mêlé.
Il y eut un long silence, durant lequel Sirius se demanda s'il ne ferait pas mieux de s'éclipser. Il serait préférable qu'il ne se fasse pas surprendre, étant donné l'humeur de Killwood et sachant qu'il y était pertinemment pour quelque chose. Alors qu'il envisageait une retraite, il vit apparaitre Kara à l'autre bout du couloir. Horrifié, il la vit s'élancer vers lui, radieuse.
- Siriussss ! Cria-t-elle.
Le silence dans la salle de classe fut entrecoupé par une série de pas qui se rapprochèrent fermement de la porte.
Sirius recula un peu sous le regard surpris de Kara puis il fit mine de marcher vers elle comme s'il venait lui-aussi de surgir dans le département de Défense Contre les Forces du Mal. Il sentit plus qu'il ne vit la tête de Killwood passait par l'ouverture, il ne se retourna pas et se dirigea tout naturellement vers sa copine.
- Que fais-tu là ? lui demanda-t-il le plus normalement du monde.
- Je te cherchais, James m'a dit que …
-Oui. Le livre de Lily, elle l'a oublié en partant tout à l'heure.
Il déposa un léger baiser sur les lèvres de Kara, attrapa sa main et feignit de se retourner pour aller récupérer le manuel.
Là, tout aussi spontanément, il simula la surprise à la vue de Killwood. Ce dernier les observait d'un air soupçonneux, mais Sirius nota une once d'apaisement sur les traits du Serpentard lorsqu'il remarqua leurs mains entrelacées.
Tout compte fait, il valait peut-être mieux ne pas rompre immédiatement avec Kara. Elle servirait de couverture. Sirius s'en voulu un peu d'avoir cette idée mais d'un autre côté si cela pouvait faciliter ses contacts avec Zeldia…
A son tour, elle apparut à la porte, et tendit à Sirius le livre de classe de Lily.
- Merci, dit-il simplement.
Il resserra sa prise sur la main de Kara et l'entraîna en direction de la Grande Salle. Et alors que sa petite amie rejoignait ses amis à la table des Poufsouffle, Sirius extirpa discrètement le minuscule morceau de parchemin glissé dans le livre de cours de Lily. Il avait compris que Zeldia voulait lui transmettre un message lorsque lui donnant le bouquin, elle avait subtilement frôlé ses doigts. Sa main était bouillante. Il ne savait pas comment elle s'y était prise pour faire ça mais une chose était sure, elle voulait le prévenir de quelque chose.
Ce soir, 18h. Même endroit.
Faisait-elle allusion à la pièce où elle lui avait tout avoué ? Il relu les quelques mots griffonnés à la hâte. Qu'avait-elle de si urgent à lui dire ?
oooOOOooo
L'après-midi lui parut interminable. Ses amis tentèrent bien de lui tirer les vers du nez, mais il les trompa en avouant qu'il réfléchissait à propos de Livingston. Seul Remus ne sembla pas dupe mais il ne dit rien, ce dont Sirius lui fut reconnaissant. Il sentit l'impatience le gagner à mesure que la journée tirait à sa fin. Et c'est presque en courant qu'il rejoignit enfin la salle de classe déserte où elle avait partagé son secret avec lui.
Elle était là bien sûr. Tournant le dos à la porte, le regard plongé dans la pénombre du parc. Il vint se poster à ses côtés. Pendant un très long moment, ils ne dirent rien du tout. Puis elle se tourna légèrement vers lui, et se rapprocha un peu. Il aurait pu la toucher.
- J'ai pris une décision, souffla-t-elle.
A peine plus qu'un murmure mais son ton était clair et ferme.
- Je vais recevoir la marque.
Sirius resta silencieux. C'était un peu comme si on lui avait asséné un coup de massue sur la tête. Et pourtant, il aurait agit pareillement s'il avait été dans sa situation. Qui a dit que le courage n'était révolu qu'aux seuls Gryffondor ?
- Tu as une idée derrière la tête ou tu te refuses simplement à vivre cacher durant un temps indéterminé ? demanda-t-il.
- Un peu des deux, j'imagine.
Quelques secondes s'écoulèrent.
- Tu es bien consciente de ce que tu t'apprêtes à faire ?
- Comme si ma conscience pouvait me sauver, ironisa-t-elle.
En temps normal, l'ironie seyait plutôt bien à Hess, mais Sirius remarqua que pour l'heure sa tentative avait quelque chose de pathétique. Elle n'y mettait pas assez de cœur.
- J'ai omis de te parler d'une chose l'autre fois.
Sirius sentit sa méfiance rappliquer au grand galop. Un oubli volontaire ?
- Qui est ?
- Une sorte d'épreuve…
- Ça a un lien avec la marque, je suppose.
- Oui… en réalité il nous faut passer quelques tests lors de la cérémonie de marquage. Dans mon cas, je présume qu'IL me demandera d'enflammer quelque chose.
- Je vois.
- Mais ce n'est pas à ça que je faisais allusion en parlant d'épreuve.
Elle chercha son regard. Mais Sirius continua à fixer obstinément le terrain de Quidditch qui se dessinait au-delà des serres du château. La conversation était trop sérieuse pour qu'il prenne le risque de se faire engloutir par ses deux saphirs. Il attendit qu'elle poursuive.
Après un petit soupir à peine distinct,
- Les serpentard qui sont au courant vont vouloir tester ma loyauté. C'est une sorte de tradition qui s'est instaurée depuis quelques années.
Sirius ne put se retenir davantage, il se tourna vers elle passablement horrifié. Il lut la peur et l'incertitude sur le visage pâle de la jeune fille. Le charme magique pour camoufler ses cernes violette s'était fané. Elle ne ressemblait plus vraiment à cette fille froide et prétentieuse qu'elle s'employait à présenter au reste de l'école.
- Tester ta loyauté, répéta-t-il en guise de constatation.
- Comme tu t'en doutes, ça n'a rien de réjouissant. En règle générale, il s'agit de malmener un peu un élève, parfois un animal.
- Pas réjouissant ! C'est même carrément barbare ! Tu gagnes plus de points si ta victime n'en réchappe pas ?
- Il n'y a jamais eu de morts, répondit-elle en baissant les yeux.
- Voilà qui est rassurant.
Sirius se sentit bête de réagir ainsi alors que Zeldia n'y était pour rien dans ces pratiques affreuses, cependant il était incapable de compatir convenablement quand on lui racontait des choses aussi répugnantes.
- On en reparlera plus tard, décida-t-elle.
Sirius hocha la tête, ils finiraient bien par trouver une solution, il se ferait même un devoir d'y penser le plus souvent possible. Une idée assez folle germait déjà dans son esprit, bien sûr ce serait prendre de gros risques… mais n'était-ce pas ce qu'il voulait ? Prendre des risques. Ne l'avait-il pas clairement laissé entendre aux Trois balais lorsqu'ils avaient revu leurs vieux camarades maintenant membres de l'Ordre du Phénix ?
- Il y'avait autre chose?
- Je préfèrerais rencontrer Dumbledore après les vacances de Noël.
- Qu'est-ce que tu crains ? S'étonna-t-il.
- Eh bien, je doute qu'il approuve mon choix. Il tenterait plus sûrement de me convaincre de rester planquer quelque part.
- Crois-tu vraiment que la solitude soit pire que les ordres d'un psychopathe ? Demanda Sirius.
Zeldia acquiesça. Peut-être était-ce vrai. Malgré tout, il aurait préféré la savoir prisonnière au sommet d'une tour, elle aurait été en sécurité là au moins. Il n'était plus que contradictions. D'un côté, il la comprenait et de l'autre il ressentait le besoin irrépressible de la protéger.
Le repousserait-elle s'il la serrait dans ses bras ? Peut-être que oui… Il n'eut pas le loisir de s'interroger plus longtemps sur le sujet car elle amorça un mouvement vers la sortie.
- Je viendrai demain, ajouta-t-elle.
- Hé, attends ! Dit-il en l'attrapant par le bras.
Il la relâcha presque aussitôt, non parce qu'il ne voulait pas la toucher mais simplement parce qu'il sentit une force invisible le repousser. Il trébucha un peu en reculant.
- Désolée, grimaça-t-elle avec un sourire d'excuse. J'ai réagi instinctivement.
- C'est toi qui as fait ça ? demanda-t-il en ouvrant des yeux ronds.
-Oui, je ne l'ai pas fait exprès, se défendit-elle.
Sirius nota qu'elle avait l'air sincèrement navrée.
- Peut-être que ça veut dire qu'inconsciemment tu souhaites m'envoyer balader, plaisanta-t-il pour détendre un peu l'atmosphère.
- Peut-être, répondit-elle d'un ton mauvais.
Mais il voyait bien qu'elle souriait.
- Alors pourquoi tu voulais que je reste encore ?
Incroyable ! Elle rougissait à présent. Ça la rendait encore plus jolie aux yeux de Sirius. Il faut dire que voir les joues de Hess prendre quelques couleurs n'était pas quelque chose à laquelle il était habitué.
- J'ai entendu votre dispute tout à l'heure.
Il regretta immédiatement d'avoir abordé le sujet lorsqu'il vit le visage de la jeune fille se refermer.
- Tu vas vraiment l'épouser alors? Persista-t-il cependant.
Sûrement qu'une part de sadisme l'habitait, quoi d'autre sinon ? Elle ne souriait plus du tout à présent, on aurait même dit qu'elle semblait en colère.
- Ça ne te concerne pas Black, pesta-t-elle en reprenant ce ton hautain qui était le sien d'ordinaire. Je ne te pose pas de questions sur Kara Livingston, tu ne m'en poses pas sur Casper Killwood.
Le dégoût qui transparut dans sa voix lorsqu'elle prononça les noms de la Poufsouffle et du Serpentard n'échappa pas à Sirius.
- J'y vais maintenant. A demain.
- Attends ! S'écria-t-il une nouvelle fois.
Il ne pouvait pas la laisser partir après ça, ou il n'en fermerait pas l'œil de la nuit. Il la contourna pour l'empêcher de sortir de la pièce.
- Ecoutes, je suis désolé, d'accord ? Je n'aurais pas du te parler de ça.
Elle était encore furieuse, mais il vit aussi ses traits fins se détendre un peu.
- Si je te préviens à l'avance, tu ne me repousseras pas ? Tenta-t-il en cherchant son regard.
Elle détailla son expression tandis qu'il sentait ses entrailles se nouer dans l'attente.
- Tu prendrais ce risque ? Demanda-t-elle d'une voix douce qu'il ne lui avait jamais entendu.
Légèrement tremblant, il l'attira à lui. Et exactement comme la dernière fois, lors du bal, il sentit un fourmillement intense parcourir toutes les cellules de son corps. Une douce chaleur émanait d'elle, il la serra plus fort.
Délicatement, elle referma ses bras autour de sa taille.
oooOOOooo
- Tu as les questions ? Demanda la Serpentarde tandis qu'ils franchissaient la grille du château.
- Oui. Elles sont justes là.
Sirius tira de son sac une feuille de parchemin noircie d'une dizaine de lignes qu'il montra à Zeldia. Cette dernière opina du chef et embraya sur un sujet qui lui tenait apparemment à cœur étant donné le léger malaise perceptible dans sa voix.
- Tu disais que ta cousine Andromeda ne ressemble pas du tout à Bella…
- C'est vrai. Elles n'ont strictement rien en commun, je t'assure.
Zeldia poussa un petit soupir de soulagement, et lui adressa un petit sourire timide. Il était quasiment sûr qu'elle repensait comme lui à leur étreinte de la veille au soir. Il s'était senti si bien dans ses bras… Et il n'avait pas besoin qu'elle le lui dise pour comprendre qu'elle avait vécu la même chose que lui. Chaque fois qu'il l'avait croisé au cours de la journée, il s'était retenu de l'imaginer contre lui.
Ils ne dirent plus rien jusqu'au moment où ils passèrent la porte des Trois Balais. Zeldia laissa alors échapper un petit cri de stupeur, mais elle se reprit si vite que Sirius cru avoir rêvé. Et qu'est-ce qui lui prenait à présent ? Pourquoi le fusillait-elle du regard ? Il chercha ce qu'il avait pu faire de travers mais tout ce que ses yeux rencontrèrent furent ceux, un peu soucieux, de sa cousine Andromeda. Elle tenait par la main la petite Nymphadora. Sirius trouva que la fillette avait bien grandi depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, un an auparavant. Elle avait perdu ses joues de bébé, et à dire vrai elle était très différente du souvenir qu'il avait gardé d'elle. Ses cheveux blonds étaient maintenant d'un noir intense et ses yeux autrefois bleus tiraient désormais sur le vert. Elle n'avait, en revanche, rien perdu de son air malicieux. Il la souleva de terre pour la regarder bien en face, elle se tortilla un peu mais il comprit bientôt qu'elle voulait simplement lui faire une bise.
- Bonjour mes cousines, dit-il dans un sourire.
Il était vraiment content de les revoir après tout ce temps. D'un geste, il invita Zeldia à les rejoindre. Elle s'avança lentement et, après une brève hésitation, elle tendit sa main pour serrer celle d'Andromeda. L'espace de quelques secondes, les deux sorcières se jaugèrent du regard. Sirius, qui avait gardé la petite dans ses bras, ne perdit pas une miette de leur échange. Pour lui, si Andromeda acceptait Zeldia, cela aurait une signification particulière. Comme lui, sa cousine avait tourné le dos à sa famille, rejetant en bloc les effluves de magie noire qui suintaient de tous les côtés. En dehors de ses amis, elle était la seule famille qu'il lui restait, et à cet instant sans pouvoir véritablement en expliquer la raison, il attendait son approbation. Elle sourit faiblement. Et tout pris une teinte plus lumineuse aux yeux de Sirius.
Ils commandèrent trois chopes de bièraubeurre et un jus de groseille pour la petite fille qui grimpa d'office sur les genoux de sa mère alors qu'ils s'installaient autour d'une table près de l'entrée. Sirius sortit la liste de questions qu'il posa à plat devant lui. Zeldia ne quittait pas l'enfant des yeux. Cette dernière s'amusait avec sa paille, inconsciente du regard posé sur elle.
- Quel âge a-t-elle ? Demanda Zeldia.
- Elle aura cinq ans en janvier, répondit Andromeda en rattrapant de justesse le verre de jus de groseille.
- C'est marrant je pensais qu'elle les avait déjà, dit Sirius avec un sourire d'excuse à l'intention de Zeldia qui le regardait d'un air soupçonneux.
Il griffonna la réponse à la première question, et c'est à peine s'il pu éviter de se prendre la feuille en pleine figure lorsque Zeldia la souleva brusquement sans même un mouvement, la sauvant ainsi de l'inondation. Le verre de jus de groseille se répandit généreusement sur la table, les aspergeant au passage.
- Dora ! La gronda sa mère visiblement exaspérée.
La fillette prit un air coupable, tandis que ses cheveux viraient au rouge vif et que ses joues se coloraient d'un rose soutenu. Sirius remarqua que Zeldia suivait la scène, bouche bée. C'était toujours impressionnant de voir un métamorphomage à l'œuvre la première fois.
- Elle se métamorphose en fonction de ses émotions, fit-elle remarquer, amusée.
- Oui. Elle devenait même violette lorsqu'elle était bébé et qu'elle avait faim, dit Andromeda en faisant disparaitre le jus de groseille d'un coup de baguette magique. C'est déstabilisant au début.
- Vous avez su tout de suite ce qu'elle était ? Demanda encore Zeldia en observant la fillette reprendre progressivement une carnation plus ordinaire.
- Dès sa naissance. Elle changeait constamment de couleur de cheveux. Les médicomages n'en croyaient pas leurs yeux. Apparemment, ce n'est pas un don très répandu. Non, Dora, tu n'en auras pas d'autre, tu n'avais qu'à faire attention, ajouta Andromeda à l'adresse de sa fille qui réclamait un nouveau verre.
- Est-ce que tu as repéré chez elle un signe qui pourrait annoncer qu'elle s'apprête à changer d'apparence ? Enchaîna Sirius.
- Quand elle se concentre, elle a tendance à froncer le nez. Mais ça dépend des situations, tout à l'heure par exemple lorsqu'elle a rougit, elle ne maitrisait rien.
- D'après nos recherches, les métamorphomages savent gérer entièrement leur pouvoir à partir de l'adolescence, indiqua Zeldia.
- C'est ce qu'on nous a dit. Mais dans le cas de Dora, rien n'est moins sûre, elle est d'une maladresse peu commune, affirma Andromeda en jetant un regard navré à sa fille.
Sirius surprit le sourire de sympathie que Zeldia eut pour sa petite cousine. La fillette louchait sur sa chope de bièraubeurre, et alors que sa mère ne regardait pas elle poussa son verre vers l'enfant qui s'en saisit avec joie.
L'entretien se poursuivit durant encore une bonne demi-heure, puis après la promesse de se revoir bientôt, ils prirent finalement congé.
- Tu as envie de rentrer immédiatement ? Demanda Sirius sans oser la regarder.
Ça ressemblait beaucoup trop à un rendez-vous. Elle allait sûrement refuser.
- On pourrait faire le tour du lac, proposa-t-elle au bout de quelques secondes interminables.
Il se retint de pousser un cri de joie, mais se permit toutefois un sourire qui ne passa pas inaperçu il en était sûr.
- Tu disais qu'Andromeda et Bella ne se ressemblaient pas, lui rappela-t-elle tandis qu'ils s'engageaient sur le sentier contournant le lac.
- C'est vrai, reconnut-il, désarçonné. Tu trouves que oui ?
- De caractère, il est évident que non. Mais tu aurais pu me prévenir que Bella était le portrait craché de sa sœur ! Grogna-t-elle.
Sirius se sentit profondément idiot, il comprenait à présent le petit cri d'effroi qu'elle avait poussé au début de la rencontre.
- Désolé, souffla-t-il. J'oublie parfois qu'elles ont des physiques quasiment identiques.
- J'ai eu la vision d'une Bellatrix de vingt-cinq ans, dit Zeldia, pensive. Mais j'imagine qu'à cet âge-là, elle aura d'autres préoccupations. Peut être même qu'elle aura disparu, ajouta-t-elle.
Elle tourna brusquement la tête dans sa direction pour observer sa réaction. Il la dévisagea avec insistance. Elle avait bien parlé de disparition. Est-ce qu'elle sous-entendait … ? Ma foi, il n'éprouverait pas de vifs regrets si Bellatrix venait à passer l'arme à gauche. Bien au contraire.
Il lui sourit et, peu à peu le visage de la serpentarde s'éclaira en retour. Oui, assurément elle pensait bien à cela.
Maintenant que tout est en place, je peux vous dire que les choses sérieuses vont commencer dès le prochain chapitre. J'espère que ça vous a plu. A la prochaine avec un chapitre 7 qui ne devrait pas être aussi long à arriver que celui-ci ^^
