Disclaimer : les persos ne sont pas à moi et je ne me fais pas d'argent avec cette fic
Nda : Cette fic avait été écrite en réponse à un défi de Kokoroyume, il y a de cela un petit moment, bien avant la sortie du dernier tome. Elle suit donc l'avant dernier tome d'Harry Potter.
CHAPITRE VII
EPREUVE
Harry
se trouvait à la lisière de la forêt, enveloppé
dans sa cape d'invisibilité. Il avait fait monter en
pendentif la pierre magique qu'Hermione lui avait donnée.
Elle commençait déjà à émettre une
faible lueur bleutée. Il se sentait minuscule face à
cette immensité sinistre. Pourtant, il y était déjà
entré de nuit, mais là, seul, c'était encore
autre chose.
Il prit son courage à deux mains, et pensa à
Albus. Ce dernier s'était sacrifié pour qu'il
puisse vaincre Riddle, il n'était plus question d'avoir
des états d'âme. Surtout pas maintenant.
Il
s'enfonça au plus profond des bosquets, marchant à
toute allure.
Il fallait qu'il arrive au milieu des bois,
tout pourvu qu'il ne se perde pas ! Il repensa à ce qu'il
avait vu dans la Boule du Sphinx, et ses pensées étaient
toujours étonnamment claires. Il marcha, marcha, marcha…
Ne
prêtant pas attention aux bruits lugubres, aux bruissements
inquiétants, aux ombres fantomatiques qui l'entouraient.
Ni
à la peur qui lui tordait l'estomac.
Il serrait sa
baguette à s'en faire pâlir les jointures.
Une
espèce de murmure le fit sursauter. Il tendit l'oreille,
haletant. Même avec sa cape d'invisibilité, que
pouvait-il contre des créatures au flair aiguisé ?
Un
grognement étrange se fit entendre derrière lui. Il se
retourna, pointant sa baguette.
Un bébé ours…
?
Harry marqua un temps d'arrêt. La mère n'était
sans doute pas loin. C'était évident.
Un
grondement déchira l'air, et Harry se trouva face au plus
grand grizzly qu'il n'eut jamais vu.
Et sans doute au plus
furieux !
Il fit un bond en arrière, évitant de
justesse un coup de griffes acérées. L'animal
semblait furibond.
Il battait l'air de ses immenses pattes, et
Harry se faufila derrière un arbre.
Bien sûr,
l'animal le sentait, mais ne le distinguait absolument pas. Voilà
ce qui le rendait hors de lui. Protéger son petit contre des
odeurs la rendait folle furieuse.
Harry se
rappela alors sa baguette, qui commençait à faire
partie intégrante de sa main. Il sortit de derrière
l'arbre et lança un Stupefix sur l'animal.
L'ourson
se mit à renifler sa mère et commença à
geindre. Harry s'éloigna de plusieurs mètres, hurla
un Finite Incantatem, et se sauva à toutes jambes.
Il
avait complètement perdu son chemin. Il avançait,
sentant qu'il s'éloignait plus qu'il ne le fallait,
depuis environ une heure. Mais il ne voulait pas faire marche
arrière. Des hurlements de loups le firent
frissonner.
Complètement désorienté, il se
laissa tomber au pied d'un arbre. Il soupira. Il n'osait pas
allumer sa baguette, ne voulant pas attirer de prédateurs.
Une sorte de murmure s'éleva alors dans sa tête.
Pas une voix, mais une pensée étrange, une sensation
plutôt.
Quelque chose lui disait de continuer.
La Boule
du Sphinx commença à chauffer doucement à
travers le petit sac de cuir, et Harry se releva.
Il voyait
maintenant clairement le chemin qu'il devait prendre. Il courut,
courut, guidé par le murmure, et s'enfonçait de plus
en plus profondément dans le cœur de la Forêt
Interdite.
Puis, son pendentif se mit à devenir d'un
bleu intense, la lumière qui s'en dégageait devenant
presque aveuglante. Harry le glissa sous son pull.
Puis il y fut.
La clairière.
L'arbre mort.
Pas un bruit
alentours.
Comme s'il n'y avait plus une once de vie sur tout
le périmètre de l'horcruxe. Car il était bien
là. Harry le ressentait au plus profond de lui.
Un pas en
avant, puis deux. Qu'allait-il se passer… ? Une pensée
fugitive l'atteignit. La horde de zombies dans le lac. La coupe, et
le liquide empoisonné versé dans la bouche d'Albus.
Soudain, une main se posa sur son épaule, lui arrachant la
cape. Il fit volte-face, la baguette pointée sur
l'intrus.
Rogue.
Rogue, qui le fixait d'un air bizarre.
Inquiet ? Non, impossible. Harry fit quelques pas à reculons.
- Ne m'approchez pas. Où je vous tue.
- Arrêtez,
Potter. Ne faites pas ça.
- Je le savais, murmura Harry, je
savais bien que vous cherchiez la même chose que moi…
Rogue
voulut esquisser un geste de la main, mais Harry reprit tout son
aplomb.
- Ne bougez pas !
- C'est pour la même raison
que vous Potter, que je les cherche.
- Menteur !
La Boule de
Sphinx se mit chauffer plus fort, et l'esprit de Harry fut envahi
d'une émotion intense, dévastant toute autre
pensée.
Il courut vers l'arbre, et plongea la main dans
le creux.
- Arrêtez ! Hurla Rogue.
Sa main se referma sur
la pierre. Il la sortit du trou, la prenant à deux mains. Puis
tomba sur les genoux. Il se sentit transporté, apaisé
et tourmenté en même temps, rassuré et
effrayé…
Tout devint blanc…
« C'est le jour de la rentrée à Poudlard. Un petit garçon brun sort du train, l'air dubitatif. Une petite fille, aux longs cheveux de jais, cachée derrière un garçon plus vieux, le dévore des yeux.
Le bureau
de Dumbledore. Fumseck se lisse les plumes, jetant de temps en temps
un regard sur le petit garçon.
- Tom, j'espère que
tout se passe bien ici. Ce sera bientôt Noël, tu devras
retourner à l'orphelinat sorcier pendant les vacances.
-
Je le sais bien, répond l'enfant en triturant nerveusement
ses manches.
La petite fille brune se fait insulter par des
serpentards. Tom jette un œil sur le groupe de gamins.
- Sale
orpheline, sale pauvre ! Comment tu peux être à
Serpentard ? Il n'y a que de grands noms ici, tu n'as pas ta
place.
Les robes des jeunes s'enflamment. La petite fille court
se cacher derrière Tom.
Ce dernier passe un bras autour de
ses épaules et l'emmène discrètement à
l'abri des regards. Des professeurs arrivent en courant pour
éteindre les flammes.
La petite fille se pend à son
cou.
- Merci Tom, merci, lui dit-elle en pleurant.
Il lui
sourit et essuie ses larmes.
- Je vais t'apprendre à être
plus forte, Séléné, ne t'en fais pas. Tu
pourras faire ça toi-même.
C'est le printemps. Tom et sa petite compagne sont au bord du lac. Il lui apprend à faire des ricochets. La petite bat des mains. Ils restent toujours ensemble. Les autres ont peur de Tom. La petite l'admire tellement. Il est comme son grand frère.
Les vacances d'été. À l'orphelinat sorcier, Tom apprend sa magie à Séléné. Pour qu'elle non plus n'ait besoin de personne. Ils ont été abandonnés, tous les deux. Ils devront se débrouiller par eux-mêmes. Mépriser tous les autres, qui sont tellement stupides. C'est ce que Tom répète en leitmotiv à la fillette qui boit ses paroles.
Tom est
dans un couloir. Il attend à la porte du bureau, que Séléné
sorte. Il écoute tout ce qui se dit.
- C'est une chance,
pour une grande fille comme toi. Rares sont les personnes qui veulent
bien adopter des enfants de plus de 8/10 ans. Tu partiras demain.
-
Mais… et Tom ? Il peut venir avec moi ? S'ils veulent de moi, ils
voudront bien mon frère ?
- Tom n'est pas ton frère,
et tu le sais. Il a une mauvaise influence sur toi. Dans ta nouvelle
famille, pas de magie sans parole, c'est bien clair ?
Le
jeune garçon part dans sa chambre. Même elle, ils
veulent lui enlever. Ils n'ont pas le droit.
Sélèné
arrive dans la chambre, en pleurs. Elle lui tend un petit paquet.
-
C'est pour toi, j'ai cherché longtemps avant d'en
trouver une aussi jolie.
C'est une pierre pour faire les
ricochets. Verte et bleue. Il la met dans sa poche. Essaie de
consoler la petite.
- Tu verras, ça ira, on pourra toujours
se parler non ?
- Je ne sais pas… Je pars loin, c'est la
directrice qui l'a dit. Une nouvelle école. Mais elle ne m'a
pas dit où…
Une longue
voiture garée devant l'orphelinat. Des américains.
Séléné part dans un autre pays. Tom ne la verra
plus. Elle pleure, refuse d'entrer dans la voiture. Veut le
voir.
Mais il s'est caché. Il ne veut pas lui dire au
revoir. Il n'en a pas la force. Il décide de ne plus avoir
d'amis.
Après tout, pourquoi se donner des peines
supplémentaires ? Si les amis servent à avoir mal un
jour, autant éviter d'en avoir. »
Une lumière
vive entoura Harry. Cet objet était donc relié aux
souvenirs d'enfance. À cette partie de son âme ? Il
devait détruire ces souvenirs… ? La Boule de Sphinx
s'insinua à nouveau dans sa tête.
« Fais-le…
Maintenant ! »
Harry se concentra. Ses mains le brûlaient
incroyablement. Les résistances de l'artefact sautaient, une
à une. Des sentiments haineux, vengeurs s'insinuaient dans
son esprit. La colère, la rage, le dégoût,
jusqu'au déni de soi-même…
Il hurla. La pierre
explosa dans ses mains. En mille morceaux. Le sang gouttait sur le
sol. Il était profondément brûlé. Il avait
mal, tellement mal…
Rogue s'était précipité
sur lui, et il sentit qu'il le prenait dans ses bras.
- Laissez…
moi…
- Taisez-vous, je vais vous soignez. Ne regardez pas vos
mains. Elles sont dans un état trop pitoyable. Ne dites plus
un mot.
Il était bien trop fatigué de toute façon… Sa tête retomba contre le torse de Rogue. Il ferma les yeux. Plus rien n'avait d'importance.
Lorsqu'il
se réveilla, il était installé sur une chaise,
et quelqu'un se tenait derrière lui.
- Enfin réveillé
? Vos mains ont subi des dégâts horribles. Evitez de
poser vos yeux dessus. J'ai mis dans cette cuvette une potion que
j'ai mise au point récemment. Je l'ai testé sur
moi, elle est parfaite. Je vais plonger vos mains dedans. Mais ça
va être extrêmement douloureux. Elle agit comme l'acide,
mais à l'envers. Elle va reconstituer vos tendons, vos
muscles, votre peau.
Harry jeta un coup d'œil sur ses mains.
Un haut le cœur le prit. Elles étaient complètement
brûlées, les os étaient apparents, à
travers les chairs sanguinolentes. Rogue eut juste le temps de le
pencher sur le côté, et il vomit sur le sol.
- Voilà
pourquoi je ne voulais pas que vous regardiez… !
Harry referma
les yeux.
- Pourquoi… vous voudriez… me soigner… ? C'est…
un piège ?
Il se remémora alors ce qui s'était
passé dans la clairière. Un sourire se plaqua sur son
visage. Il avait réussi, il avait eu un des derniers horcruxes
!
- Pas de piège, Potter. Respirez un grand coup, et ouvrez
la bouche.
Il fit docilement ce qu'il lui disait. Il s'en
fichait après tout. Il aurait pu le tuer dans la forêt
il ne l'avait pas fait. Allez savoir pourquoi. Ce n'était
sûrement pas pour le tuer ici. Il se sentait tellement las…
Le
professeur de potion lui enfonça un bout de caoutchouc dans la
bouche. Il voulut le recracher, mais ce dernier garda une prise ferme
sur l'objet.
- C'est pour mordre. Je vous ai dit que vous
alliez souffrir. Pour ne pas vous mordre la langue, c'est le
meilleur moyen. Je ne peux pas vous endormir. Il faut être
conscient pour que ce liquide agisse. C'est barbare je sais, mais
si vous voulez retrouver l'usage de vos mains…
Harry cessa de
bouger sa tête, et ferma les paupières. Par Merlin,
qu'allait-il donc lui faire ?
Sans prévenir, Rogue
plongea les mains dans la bassine. Un affreux gargouillis sortit de
la gorge du jeune homme.
Une douleur irradiante le cloua au
siège. Sa tête s'enfonça dans le ventre de
Rogue, qui le tenait fermement par derrière. Il mordit de
toutes ses forces. Pareil à l'acide… Maintenant il
comprenait ce qu'il avait voulu dire. Même le Doloris de
Voldemort ne l'avait pas frappé d'une pareille douleur.
Il pouvait
sentir chaque fibre, chaque cellule se reconstituer, les peaux et les
muscles à vifs, les tendons s'attacher, se tordre, ses os se
régénérer un à un…
Des gouttes de
sueur perlaient sur son front, puis serpentaient doucement jusque son
menton, pour aller mourir sur le sol, ou se perdre dans son pull.
Des gémissements épouvantables s'égaraient
contre le caoutchouc, semblable à un mors. Rogue maintenait
ses mains dans le liquide, l'encerclant de ses bras de fers, lui
interdisant tout mouvement. Seul son cou bougeait violemment en tout
sens. Il cru qu'il allait briser les côtes de son professeur
à force de projeter sa tête en arrière.
Une
éternité passa, ou peut-être dix ou même
une minute ? Il ne savait pas. Ne savait plus.
Puis ses mains
furent retirées de la bassine. Passées dans l'eau.
Huilées longuement. Et bandées. Il avait recraché
le morceau de caoutchouc à l'instant même où
ses mains avaient été libérées du liquide
bouillonnant.
Il ne pouvait s'empêcher de trembler et
d'hoqueter. Compulsivement. N'arrivait plus à s'arrêter.
Puis il se sentit partir contre un corps chaud et rassurant. Une main
douce et fraîche passa dans ses cheveux, sur son front.
-
Là… Là, c'est fini maintenant…
Il s'endormit
contre Rogue. Sans plus penser à rien.
À Suivre…………
