Coucou!

Merci à tout le monde pour vos commentaires! Ça me fait super plaisir et je suis contente de voir que cette histoire plaît ;-)

Rogue avait donc soigné Angélique après son combat avec le troll, il avait vu ses cicatrices laissées par son directeur d'orphelinat, il avait un peu parlé avec elle et, finalement, il lui avait même proposé son aide pour maîtriser sa baguette magique.

Bonne lecture!


Chapitre 7 : Orgueil et châtiment.

Le lendemain, après ses cours de la journée, Angélique se dirigea vers les cachots. Rogue lui avait en effet demandé de passer le voir avant le souper pour l'aider à canaliser ses pouvoirs et à se servir de sa baguette magique.

C'était plutôt étrange de penser ça mais Angélique était ravie que ce troll des montagnes, qui avait bien failli les tuer, Harry, Ron, Hermione et elle, se soit introduit dans le château car, grâce à ça, la petite Serpentard s'était fait trois nouveaux amis – ils étaient venus la trouver à la récréation pour la remercier, pour lui demander si elle n'avait pas eu d'ennuis avec le professeur Rogue et pour lui dire qu'ils la considéraient désormais comme une amie – et elle avait en plus eu la chance que le professeur Rogue lui propose son aide pour la faire progresser en magie.

Elle arriva donc, heureuse, devant le bureau du directeur des Serpentard, frappa trois coups à la porte en bois et attendit. Elle patienta cinq minutes, dix minutes, un quart d'heure, une demi-heure, trois-quart d'heure, une heure, … sans oser bouger de peur que son professeur de potions n'arrive alors qu'elle serait partie à sa recherche.

Finalement, il fut l'heure du souper et elle se décida à rejoindre la Grande Salle, en se disant qu'il était certainement très occupé, comme elle le lui avait fait remarquer la veille, et qu'il avait probablement oublié ce qu'il lui avait dit.

En marchant vers la Grande Salle, elle se disait que le professeur Rogue lui avait peut-être simplement proposé son aide par pitié pour essayer de la réconforter un peu mais qu'il n'avait nullement l'intention de le faire réellement. Ce n'était sans doute qu'une sorte de formule de politesse que les gens disaient sans le penser vraiment, des paroles en l'air que personne ne prenait au sérieux… Mais elle, naïve comme elle l'était, elle l'avait cru et l'avait pris au mot…

Elle ne lui en voulait pas du tout mais elle se rendait compte qu'elle était bien sotte de penser que le professeur Rogue s'intéressait vraiment à elle et à ses problèmes : elle n'était qu'une petite orpheline que personne n'avait jamais voulu adopter et dont même ses propres parents n'avaient pas voulu… Elle devait se débrouiller toute seule avec ses problèmes de magie, comme elle l'avait toujours fait, et elle ne devait pas trop compter sur les autres.

C'est dans cet état d'esprit qu'elle arriva dans la Grande Salle et qu'elle s'assit à la table des Serpentard entre Sally-Anne et Daphné, après avoir fait un signe de la main à Harry, Ron et Hermione, qui lui répondirent chaleureusement depuis la table rivale des Gryffondor. Elle s'attira par ce geste les regards noirs de Malefoy, Crabbe et Goyle mais elle haussa les épaules et dégusta tranquillement son repas en papotant avec ses camarades de chambre.

Elle jetait de temps en temps des regards vers la table des professeurs mais elle ne vit pas le professeur Rogue ; d'ailleurs, il n'était pas le seul à être absent : les professeurs Chourave, Flitwick, McGonagall, et Quirrell manquaient également à l'appel, tout comme le directeur de Poudlard et Hagrid, le garde-chasse.

En retournant vers sa salle commune en compagnie des autres Serpentard, Angélique se fit interpeller par le professeur Rogue :

« Miss Sparks, pourrais-je vous parler un instant ? »

La petite fille, qui s'était retournée en entendant son nom, acquiesça et entra à sa suite dans son bureau.

Il referma la porte derrière eux et déclara :

« Je suis navré pour cet après-midi, miss, mais une affaire importante m'a retenu jusqu'à maintenant et je n'ai pas eu l'occasion de vous prévenir de mon absence.

- Ce n'est rien, professeur, je comprends très bien, répondit-elle, sincère.

- J'espère que vous n'avez pas patienté devant cette porte pendant trop longtemps, ajouta-t-il.

- Non, je suis partie lorsque j'ai vu que vous n'étiez pas là », mentit-elle.

Rogue la dévisagea quelques instants, voyant dans son esprit qu'elle l'avait attendu pendant des heures, puis il lui dit :

« Venez me voir demain après votre journée de cours. Je vous aurais bien proposé ce soir mais j'ai quelques Gryffondor en retenue.

- Oh, je vous remercie, professeur, mais vous avez déjà tellement de choses à faire… Je ne voudrais pas représenter une surcharge de travail pour vous, déclina-t-elle poliment.

- Vous pensez peut-être que ce sont des paroles en l'air ? Que je ne désire pas réellement vous aider ? interrogea-t-il, vexé de ce qu'il avait trouvé dans son esprit, en haussant le ton.

- Heu… Mais non ! répliqua Angélique, surprise.

- Sachez que je tiens toujours mes promesses, miss, et que je ne parle jamais pour ne rien dire !

- Mais je… je n'ai jamais dit ça, professeur ! répondit-elle, paniquée par la tournure que prenait leur conversation.

- Soit ! Si vous ne voulez pas de mon aide, je ne vais pas vous forcer ! ajouta-t-il, irrité.

- Mais, professeur, je ne… tenta-t-elle de s'expliquer.

- Taisez-vous et allez-vous-en ! » ordonna-t-il fermement.

Angélique l'observa avec de grands yeux, dans lesquels des larmes commençaient à affluer, le souffle coupé, la poitrine gonflée et oppressée par le chagrin, puis elle se détourna bien vite en s'apercevant qu'elle n'allait pas pouvoir retenir ses larmes plus longtemps et elle sortit précipitamment du cachot.

Rogue s'en voulut immédiatement de s'être emporté de la sorte contre elle…

Ce n'était pas de sa faute mais il avait eu une journée plutôt pénible : le troll qui avait pénétré la veille dans le château était censé être l'un des moyens de protéger la pierre philosophale que Dumbledore avait cachée dans une pièce du troisième étage qui était interdit d'accès.

Les professeurs chargés de la protection de cette pierre avaient donc eu aujourd'hui une longue réunion avec le directeur afin de s'assurer que la substance inventée par Nicolas Flamel n'avait aucune chance d'être dérobée. Puis Dumbledore l'avait retenu après la réunion pour lui demander de veiller de près sur le professeur Quirrell en qui il n'avait pas confiance.

Severus était tout simplement épuisé et quand il avait constaté que la gamine qu'il voulait aider pensait qu'il n'était pas sérieux et que ses paroles étaient vides de sens, il n'avait pas pu contenir sa colère devant une telle injustice et il s'était énervé sur elle.

Maudite orpheline ! Il avait su dès le départ qu'elle ne lui causerait que des ennuis !

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Angélique, qui ne voulait pas qu'on la voit pleurer, se réfugia dans les toilettes que le troll avait saccagées la veille.

Pleurer deux fois en deux jours, cela ne lui ressemblait vraiment pas ! Il fallait qu'elle se ressaisisse et qu'elle arrête de se laisser abattre comme ça !

Si Rogue ne voulait plus l'aider, c'était entièrement de sa faute ! Elle n'avait qu'à lui dire : « Oui, merci, professeur, je viendrai demain », au lieu de refuser poliment son aide en lui disant qu'il était trop occupé.

Quelle gourde ! Elle avait laissé filer une belle occasion de progresser… En plus, elle avait cru remarquer que le directeur des Serpentard était beaucoup plus "gentil" avec elle qu'avec les autres mais maintenant c'était sûrement terminé…

Après un long moment passé à pleurer, une fois ses larmes séchées, elle ressortit des toilettes et faillit trébucher sur quelque chose de petit et poilu…

« Oh ! Non ! Miss Teigne ! » pesta-t-elle.

Elle essaya de se dépêcher pour retourner au plus vite dans sa salle commune, car le couvre-feu était déjà tombé depuis quelques temps, mais en tournant à l'angle d'un mur elle se cogna malencontreusement contre Monsieur Rusard…

« Tiens, tiens, tiens… Une élève hors de son dortoir qui rôde dans les couloirs… dit le concierge en agrippant son bras. Une petite Serpentard… ajouta-t-il en observant son uniforme. Nous allons bien voir ce que le professeur Rogue pense de tout ceci, miss…

- Oh non… » soupira Angélique, avant de se laisser entraîner vers les cachots par Rusard.

C'est dépitée et morte de honte qu'elle arriva, escortée par le concierge, devant le bureau en ébène de son directeur de maison, qui avait terminé de surveiller sa retenue et la fixait d'un air impassible, en remarquant les traces de larmes sur ses joues.

« Professeur Rogue ! s'exclama Argus. J'ai trouvé cette jeune fille qui se promenait dans les couloirs du château après le couvre-feu.

- Que faisiez-vous dans les couloirs à cette heure, miss Sparks ? demanda froidement Rogue.

- Rien, se contenta-t-elle de répondre, découragée, les yeux baissés sur ses mains.

- Oh ! Et insolente avec ça ! s'offusqua Rusard en la pointant du doigt.

- Très bien. Vous passerez la soirée de demain en retenue, miss. Je vous attends à dix-neuf heures devant la classe de potions, décréta le maître des cachots.

- Oui, professeur… répondit Angélique, toujours tête baissée.

- Monsieur Rusard, veuillez raccompagner cette jeune fille jusqu'à sa salle commune, je vous prie, je ne voudrais pas qu'elle s'égare en sortant d'ici. »

Rusard acquiesça vigoureusement, ravi de la punition dont la Serpentard venait d'écoper pour sa scandaleuse transgression du règlement, l'attrapa par un bras, la conduisit devant le mur nu et humide qui dissimulait l'entrée de sa salle commune, et partit lorsqu'elle l'eut traversé.

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Le jour suivant, après le souper, Angélique se rendit dans les cachots pour la retenue que le professeur Rogue lui avait infligée. Elle patienta une dizaine de minutes devant la classe de potions et vit son directeur de maison arriver à dix-neuf heures piles.

Il l'invita à entrer dans la classe d'un signe de tête, partit s'installer à son bureau et sortit sa baguette pour faire venir à elle une vingtaine de chaudrons crasseux.

« Vous allez récurer tous ces chaudrons sans parler et sans magie, ordonna-t-il d'une voix calme et neutre. Voici une éponge et du produit nettoyant », ajouta-t-il en les faisant léviter vers elle.

Puis il plongea dans la correction des devoirs des cinquième année, tandis qu'Angélique s'emparait sans rien dire de l'éponge et du Nettoie tout magique de la mère Grattesec qu'il avait mis à sa disposition.

La petite Serpentard avait bien failli rire lorsque son professeur avait précisé qu'elle devait nettoyer ces chaudrons sans magie car, même s'il le lui avait permis, elle en aurait été bien incapable et elle aurait eu bien plus vite fini à la main sans s'échiner à essayer de faire de la magie.

Rogue perçut ses pensées et fut peiné de découvrir qu'elle avait pris ses consignes pour une attaque personnelle : c'était tout simplement ce qu'il disait à tous ses élèves et il n'avait plus pensé qu'elle ne savait pas utiliser la magie…

Néanmoins il ne comptait pas s'excuser pour autant et il n'avait plus l'intention de lui proposer son aide ! Même si elle le regrettait désormais, c'était trop tard, il en avait assez de courir après elle. Qu'elle se débrouille toute seule ! Après tout, ce n'était vraiment pas son problème.

Il avait d'abord été tenté de profiter de sa retenue pour lui apprendre à canaliser ses pouvoirs à travers sa baguette magique puis il s'était dit que ça aurait été la récompenser pour avoir enfreint le règlement de l'école et, ça, il ne pouvait décemment pas le cautionner.

Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Encore un peu et il se serait laissé prendre d'affection pour cette petite chose étrange, malheureuse et sans défense…

Angélique, qui en était à son treizième chaudron, frottait, nettoyait, récurait et astiquait, en y mettant toute son énergie pour décrasser et faire briller les chaudrons, sans se plaindre et sans faire le moindre commentaire.

Elle essayait de ne penser à rien et de concentrer toute son attention sur la tâche que le professeur Rogue lui avait dévolue mais depuis plusieurs minutes elle sentait que ses mains et ses avant-bras piquaient et commençaient à lui faire mal.

Elle observa alors furtivement ses mains et vit des plaques rouges qui étaient apparues à leur surface. Elle releva ensuite un peu ses manches, en continuant de nettoyer les chaudrons, et remarqua les mêmes plaques sur ses avant-bras : elle faisait sûrement une réaction allergique au produit nettoyant ou alors les marques étaient apparues à cause du frottement…

La Serpentard jeta un rapide coup d'œil à son professeur de potions, qui était plongé dans ses copies, mais décida de se taire et de finir le travail qu'il lui avait donné. Elle ne voulait ni le déranger ni passer pour une pleurnicharde qui saisissait la moindre occasion pour couper court à sa punition.

Lorsque Angélique eut terminé de récurer tous les chaudrons, ses mains et ses avant-bras la brûlaient atrocement : elle avait l'impression qu'ils étaient en feu. Elle baissa les yeux vers ceux-ci et vit que les jointures de ses doigts et ses paumes étaient en sang : sur ses mains, de petits lambeaux de chair se détachaient d'un peu partout et ses avant-bras, moins en contact avec le produit et n'ayant pas subi beaucoup de frottement, étaient rouge vif.

La petite fille, qui n'avait aucunement l'intention de se plaindre à son professeur, rabaissa ses manches, cacha ses mains derrière son dos, et déclara d'une voix égale :

« Professeur, j'ai terminé de nettoyer tous les chaudrons. »

Rogue leva le nez de ses copies et posa les yeux sur Angélique.

Sans un mot, il déposa sa plume, se leva de sa chaise et vint inspecter son travail. Il examina méticuleusement les chaudrons un par un puis, quand il les eut tous passés en revue, il annonça :

« Bien, miss Sparks. Votre revenue est terminée. Prenez vos affaires et partez.

- Oui, professeur, merci », répondit-elle en tendant la main vers son sac à dos.

À cet instant, Rogue remarqua l'état de la main d'Angélique et lui saisit le poignet.

« Aïe ! » ne put-elle s'empêcher de s'exclamer.

Le maître des cachots tira son bras vers lui et releva sa manche pour découvrir son avant-bras. Tenant la main de la fillette dans les siennes, il la fit pivoter pour voir l'envers.

« Donnez-moi votre autre main ! » ordonna-t-il fermement.

Angélique la lui tendit sans attendre et il l'examina comme la première.

« Vous n'êtes qu'une petite idiote ! s'exclama-t-il, irrité. Asseyez-vous là et ne touchez à rien ! » ajouta-t-il en lui désignant un tabouret, avant d'aller chercher quelque chose dans sa réserve.

La Serpentard obéit et attendit qu'il revienne vers elle, penaude.

« Vous aimez souffrir, miss Sparks ? demanda Rogue en revenant avec une fiole et une petite boîte.

- Non, monsieur… » répondit-elle, honteuse, en regardant le bout de ses souliers.

Le maître des cachots posa ce qu'il avait dans les mains sur la table de travail, prit le menton de la fillette dans sa main, sans lui faire de mal, pour l'obliger à le regarder, la fixa droit dans les yeux et lui demanda fermement :

« Alors pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Vous ne comptiez tout de même pas rentrer comme ça dans votre salle commune ?!

- Vous m'aviez demandé de ne pas parler et je ne voulais pas que vous pensiez que j'essayais d'échapper à ma punition. Je ne voulais pas vous embêter ni que vous me grondiez ni que vous ne me détestiez encore plus ! Alors si, je comptais rester comme ça ! » répondit Angélique en se forçant à ne pas pleurer.

Rogue était déstabilisé : elle avait souffert en silence tout ça parce qu'elle pensait qu'il la détestait et qu'elle risquait de le déranger. Mais, malgré ça, il resta de marbre et rétorqua, acerbe :

« Vous m'embêtez beaucoup plus maintenant que je dois vous soigner ! Et je ne vous déteste pas ! Vous m'indifférez simplement comme le reste des élèves de cette école. »

Ensuite, le professeur de potions appliqua de l'essence de dictame aux endroits où elle saignait puis, quand les plaies se furent refermées, il massa les mains et les avant-bras de la petite fille avec un baume apaisant contre les rougeurs et les irritations cutanées.

Pendant qu'il faisait patiemment pénétrer la crème dans sa peau, il l'entendit murmurer :

« Pardon… Excusez-moi, professeur… »

Il releva la tête vers elle et vit deux énormes larmes rouler sur ses joues. Un étrange sentiment s'insinua alors dans sa poitrine et il s'en voulut terriblement d'avoir été aussi méchant et cruel avec elle…

Néanmoins il ne voulut toujours pas reconnaître son erreur et il la reconduisit jusqu'à sa salle commune en silence quand il l'eut soignée.