Disclaimer: ni les personnages de Harry Potter, ni l'histoire ne m'appartient.

Auteur: whitedwarf

Traductrice: Cassis Blake

Pairing: slash HP/LV

Note: persona = autre soi, différente personnalité.

Même si je ne prends pas toujours le temps de répondre à vos commentaires (méchante Cassis) sachez qu'ils m'encouragent à poursuivre mon travail de traduction et me font immensément plaisir. Merci à tous et bonne lecture!


Les talons des bottes en peau de dragon de Hadrian heurtèrent le sol en marbre blanc dans un bruyant claquement comme celui-ci transplanait dans le hall d'entrée. Il gravit prestement l'escalier en pierres sculptées, avançant d'un pas vif vers sa destination.

« Jeune Maître Hadrian ! Vous êtes à la maison ! Ils vous attendent dans le… » la voix aigüe d'un elfe de maison nerveux s'estompa rapidement alors qu'il passait en trombe devant la créature.

Il savait exactement où ils étaient. Sa magie avait repérée dès son arrivée les présences humaines dans le boudoir du deuxième étage.

Les battements de son cœur commençaient seulement à reprendre un rythme normal.

Il arrivait à peine à croire qu'il était encore en vie.

« Alors, M. Walker ? Pourquoi vous cachez-vous ? » la voix de Voldemort était désintéressé mais ses yeux témoignaient de sa curiosité.

Hadrian s'adossa au mur qui était derrière lui, adoptant volontairement une position plus détendue, mais s'assura de garder ses bras libres le long du corps au cas où il devrait dégainer sa baguette pour se défendre. Il réprima un rictus de dérision; comme s'il avait vraiment une chance de quitter cette pièce vivant si le Seigneur des Ténèbres souhaitait réellement sa mort.

« J'ai mes raisons. » articula-t-il avec raideur.

Les yeux écarlates s'illuminèrent brièvement en signe d'amusement. « Et si vous étiez intelligent, vous partageriez ces raisons avec moi. »

Hadrian réprima son envie de fusiller l'homme du regard, ce serait ridiculement immature de sa part.

« C'est intéressant. » dit-il.

Voldemort arqua un sourcil, étonné par sa réponse, et l'assurance de Hadrian en fut légèrement renforcée. L'homme n'avait pas connaissance de tous ses secrets.

« Je vous en prie, » la voix du Seigneur Noir était douce, « développez. » Dangereuse.

Hadrian se demanda ce qu'il convenait de dire et quelle explication il pouvait donner. Il ne voulait pas dévoiler par mégarde à l'homme plus qu'il n'en savait déjà sur sa vie et ses secrets. Cependant, on ne pouvait pas mentir au Seigneur des Ténèbres, aussi décida-t-il de se montrer honnête, du moins en partie.

« Ecoutez, j'aime que l'on me sous-estime; j'aime avoir le sentiment de connaître les autres, d'être conscient de leurs faiblesses comme seul le peut un être perçu comme inférieur. Quand les gens autour de vous vous pensent faible et stupide, ils ne s'embarrassent pas de ménager leurs mots ou leurs actions. Même si Poudlard ne semble pas réunir les individus les plus passionnants, je préfère de loin me tenir dans l'ombre et savoir tout d'eux tout en étant sous-estimé plutôt que d'être trop confiant et faible en me pensant fort pour la simple raison que je suis meilleur que l'insignifiante population estudiantine de Poudlard. »

Quand il eut fini de parler Voldemort resta silencieux, se contentant simplement de porter son verre en cristal à ses lèvres et d'en prendre une gorgée avant de reposer celui-ci, ses yeux ne quittant pas une seule seconde ceux de Hadrian. « Tu te montres une nouvelle fois plus intriguant que je ne l'avait imaginé, enfant. Je vois la logique et le pouvoir d'attraction derrière ce raisonnement… » Hadrian sentit une inexplicable appréhension lui nouer les tripes devant le sourire moqueur de l'homme. Il ne savait pas comment c'était possible mais il était sûr qu'il venait juste de révéler à l'homme quelque chose à son sujet qu'il ne souhaitait pas être connu et qu'il viendrait à regretter plus tard. « D'un autre côté, as-tu déjà songé à la possibilité de laisser filtrer au grand jour une partie savamment dosée de ta force dans le but de montrer ton pouvoir, tout en cachant l'étendue de celui-ci ? »

Hadrian se renfrogna. L'homme jouait avec lui.

« Non. » déclara-t-il franchement. « Pourquoi ? Est-ce que c'est ce que vous avez fait ? » s'enquit-il témérairement.

Le Seigneur Noir rit tout bas, « Nul besoin de vous sentir insulté M. Walker, ce n'était qu'une simple question. » Le sombre sourire et les yeux menaçants démentaient néanmoins ces propos. Et l'homme ne faisait aucun effort pour le cacher.

Hadrian serra étroitement les poings.

« Alors la seule raison pour laquelle vous vous cachez si pleinement est juste…par curiosité et par ruse ? » railla le Seigneur des Ténèbres, « Et l'hypothèse très réelle de vous voir retirer de la garde de votre tutrice si son identité venait à être découverte n'a rien à voir avec votre masque. »

Hadrian cessa de respirer.

Raven.

Les yeux écarlates s'obscurcirent et perdirent toute trace d'amusement alors que le Seigneur Noir se penchait en avant dans son siège à haut dossier. « Je crois que nous savons tous deux que c'est là la vrai raison pour laquelle vous caché qui vous êtes. »

Hadrian s'efforça de ravaler la boule d'angoisse qui lui obstruait la gorge mais son expression ne bougea pas d'un iota. Il était crucial à cet instant de ne pas faire preuve de faiblesse, de ne pas craquer. Si le Seigneur des Ténèbres pensait qu'il n'avait rien à offrir, rien d'incomparable, l'homme le mettrait en pièces.

« C'est une possibilité. » dit calmement Hadrian, en apparence confiant et composé, mais intérieurement profondément paniqué. Qu'était en train de préparer l'homme ?! Hadrian savait que le Seigneur des Ténèbres ne se souciait nullement de Raven Nadine mais les pro magie blanche non plus. Que comptait faire le Seigneur Noir de cette information ? Il préférait se damner que de rester assis les bras croisés à regarder Raven être jeter aux loups, même si cela signifiait devoir se battre contre l'homme face à lui.

Les lèvres du Seigneur s'étirèrent lentement en un sourire de prédateur. « C'est certain. »

Voldemort sountint le regard de Hadrian avant de lever lentement son bras droit et d'effectuer un petit mouvement du poignet. Le léger clic synonyme de déverrouillage de la porte résonna dans la pièce silencieuse.

« Partez, M. Walker. Et je compte sur votre présence à la célébration de demain. Ce sera notre dernière après tout. »

« Bien sûr, » répondit Hadrian d'une voix trainante, agacé par cette perspective, tandis qu'il se dirigeait vers la sortie, « parce que ce genre soirée est toujours au plus haut point captivante. » murmura-t-il pour lui-même.

« Oh, et enfant… »

Hadrian serra les dents mais s'obligea pivoter sur lui-même. Il était anxieux de quitter la pièce; il se sentait complètement dépassé par les évènements et avait besoin de temps pour analyser la situation. Voldemort se tenait debout devant une fenêtre massive qui tapissait le mur du sol au plafond, son dos faisant face à Hadrian et ses yeux rivés au paysage magnifique qui s'offrait à lui.

« Oui ? » il faillit aboyer sa question mais se domina au dernier moment. A en juger par le rictus moqueur plaqué sur les lèvres de l'homme, il n'avait pas su masquer sa frustration.

« Viens en tant que toi-même, veux-tu ? » Ces yeux écarlates étincelèrent soudainement d'une gaieté sadique à travers la réflexion de la fenêtre.

Ses yeux s'agrandirent. « Quoi ?! » Il ne put contenir son alarme et sa colère.

Voldemort se retourna et le fixa d'un regard froid. « Ne sois pas irrespectueux envers moi, enfant. » La voix était basse et létale et Hadrian inspira profondément pour regagner son d'ordinaire inébranlable contrôle de lui-même.

Cette fois il lança un regard noir à l'homme. « Cela vous embêterait de clarifier ? » se moqua-t-il d'une voix exagérément douce, incapable de contenir sa fureur.

Soudainement, l'imposante silhouette de Lord Voldemort fut devant lui, « Certainement. » L'homme lui adressa un sourire carnassier comme s'il s'amusait de sa réponse. « Je t'autorise à apparaître sous ton glamour demain soir aussi longtemps que tu relâche de sa cage ta vrai personnalité. »

Hadrian plissa les yeux en considérant l'homme. Pourquoi le Seigneur des Ténèbres lui permettrait-il de paraitre au bal sous le masque physique de sa persona mais pas son masque intellectuel ? A quel jeu jouait-il ?

« D'accord. » dit-il lentement, ne faisant pas le moins du monde confiance à l'homme diaboliquement séduisant face à lui.

« Bien. » Le Seigneur Noir fit un grand pas en arrière et le congédia d'un geste de la main, son expression à nouveau calme et désintéressé comme si cette rencontre n'était en rien sortie de l'ordinaire.

Hadrian ne s'attarda pas. Tandis qu'il quittait la pièce il jeta vivement sur lui-même le sortilège d'invisibilité le plus puissant qu'il connaissait. Il n y avait aucune chance en enfer pour qu'il passe une minute de plus en l'intoxicante compagnie du Seigneur des Ténèbres alors son masque pouvait attendre. Il passa sans s'arrêter devant les rares Mangemorts encore présents dans le hall d'entrée et quitta les confins de l'habitation.

Agrippant sa baguette fermement il pivota et se concentra sur sa destination. Il transplana dans un bruyant claquement, incapable de se concentrer suffisamment pour étouffer le son.

Hadrian, préoccupé qu'il était, ne remarqua pas la manière dont d'intenses et flamboyants yeux écarlates suivaient ses moindres mouvements sans faillir en dépit de son invisibilité.

Hadrian tenta de maîtriser sa rage montante tandis qu'il traversait les couloirs de la demeure. Il perdait rarement le contrôle de son tempérament mais à cet instant il se savait dangereusement prêt de le faire.

Les sons assourdis de voix qui criaient lui parvint comme il s'approchait de la porte en bois sombre.

Il n'hésita pas.

Empoignant fermement la poignée en bronze, il tourna celle-ci et ouvrit la porte.

Cinq têtes pivotèrent dans sa direction et tous tombèrent silencieux alors qu'il entrait dans la pièce, refermant doucement la porte derrière lui.

« …Hadrian. » Gabriel souffla son nom avec soulagement, ses yeux bleus devenant momentanément clos comme si son corps se trouvait subitement privé de toute énergie.

« Douces ténèbres, merci tu vas bien. » chuchota Raven du siège duquel elle était assise près d'un grand feu de cheminée.

Il ne souffla mot.

« Hadrian ? » questionna prudemment Demetri comme s'il s'adressait à un animal effarouché et prompte à l'énervement. « Est-ce que tu vas bien ? Que s'est-il passé ? »

« Oui. » la voix de Julian était acérée, le ton vicieux « J'aimerais moi aussi savoir ce qui s'est passé après que tu aies brutalement torturé et assassiné l'homme avec lequel tu as débarqué. »

« Julian. » siffla furieusement Demetri en guise d'avertissement.

« Non, il a raison. Nous avons le droit de savoir pourquoi la personne que nous protégeons avec tant de dévouement a tuée et torturée quelqu'un ce soir. » déclara sèchement Marionnette et Hadrian leva les yeux vers elle pour croiser son regard bleu accusateur.

« Nous ne savons pas si Hadrian est celui qui a torturé cet individu. » Demetri vint à nouveau à sa rescousse malgré la manière dont ses yeux noirs le fixait empreints de doute.

Il resta cependant silencieux. Il se contenta simplement de s'adosser contre la porte, surveillant les occupants de la pièce avec un visage vide de toute expression.

« Hadrian ? » Raven se leva lentement de son siège, l'expression de soulagement qu'elle arborait la quittant, remplacé par une profonde appréhension mêlée à un sentiment de peur. « Que s'est-il passé ? »

« …Avant ou après que j'ai jeté le sortilège de la mort Raven ? » s'enquit calmement Hadrian.

Les yeux violets de Raven, bien que toujours empreints de peur, brillèrent d'une affectueuse exaspération, « Après, bien sûr. »

Le froid glacial de ses yeux perdit un peu en intensité et il la gratifia d'un regard reconnaissant. Elle l'acceptait comme il était. Le bon comme le mauvais.

« Madame Nadine ! » s'écria Marionnette d'une voix aigüe et horrifiée.

« Marionnette ! Silence ! » aboya Demetri les yeux rivés sur la silhouette de son ami. Quelque chose n'allait pas ici, réalisa-t-il. Il jeta un coup d'œil furtif en direction de Dalton et remarqua que ces yeux bleus observaient Hadrian avec une expression qu'il n'avait encore jamais vue chez le blond.

« Et bien, Hadrian ?! » intima durement Julian, ses yeux lançant des éclairs.

« Raven ? Tu veux bien nous excuser ? » demanda doucement Hadrian

La femme aux yeux violets adressa un regard à son fils qui indiqua à celui-ci qu''il vaudrait mieux pour lui qu'il s'expliqua plus tard avant de hocher la tête et de quitter la pièce.

Hadrian s'éloigna à pas lent de la porte et vint s'adosser au mur en pierre qui était le plus distant de chacun d'eux.

« Oh, au nom de Merlin, Walker ! Arrête de faire comme si tu étais blessé et plein d'apitoiement envers toi-même pour pouvoir gagner notre sympathie et notre soutien ! Ça n'arrivera pas ! Tu es devenu un meurtrier ce soir, en es-tu conscient ?! Tu as tué quelqu'un ! Et je me fiche de ce que disent les autres, je sais que tu as également torturé cet homme ! Alors arrête avec ton numéro d'orphelin, arrête de jouer à la personne tourmentée et à l'âme en peine. Cela ne t'aideras pas ! » les boucles brunes de Marionnette volaient follement autour d'elle comme elle perdait finalement toute contenance et commençait à hurler.

Hadrian se contenta de la regarder muettement, prenant note de l'air satisfait dans les yeux de Julian, de la furieuse colère dans ceux de Demetri et de la rage, froide et dangereuse, qui émanait de Gabriel.

« Quoi ? Tu n'as rien à dire ? Rien que tu ne puisses avancer pour te défendre Hadrian ? » C'était une cruelle provocation.

« Julian. » s'indigna Demetri profondément choqué par l'attitude de sa sœur et celle de son ami. Hadrian venait juste de revenir d'une confrontation avec le Seigneur des Ténèbres !

« Quoi Demetri ?! Quoi ?! » hurla Julian.

« Julian… » les vociférations du blond cessèrent immédiatement.

Le monde de Julian semblait s'être littéralement arrêté à ce doux appel de son nom. Lentement, il se retourna pour regarder Gabriel et eut un violent mouvement de recul devant le dégoût et la colère que renfermait ces yeux bleus. Il pivota brusquement et tourna le dos aux quatre autres personne dans la pièce. Il ne pouvait pas plongé une nouvelle fois le regard dans ces yeux bleus glacials. Il ferma étroitement les yeux et pressa un poing contre son estomac. Cela faisait mal que Gabriel puisse le regarder de cette manière. Le regarder avec autant d'aversion quand il avait vu la manière dont Gab regardait Hadrian depuis qu'il avait franchi le seuil de la pièce. Hadrian était un meurtrier ! Gabriel avait enduré le sortilège de torture pour lui et il regardait toujours Hadrian avec cette expression dans les yeux ! L'héritier des Dalton n'avait pas prononcé un mot depuis qu'ils étaient partis; il n'avait rien dit tandis qu'ils attendaient deux heures durant au Manoir Nadine que Hadrian réapparaisse. Peu importe les questions, peu importe qui parlait…rien. Et ensuite…Hadrian apparaissait simplement dans l'embrasure de la porte et Gabriel brisait son silence.

Julian avait envie de hurler contre la peine et la jalousie qui le consumait, ses pensées ne cessant de le tourmenter. Gabriel, l'homme qu'il aimait depuis des années, avait brisé son silence pour une personne qui ne l'appréciait pas. Une personne qui ne l'avait jamais apprécié comme il le méritait.

Hadrian observait et écoutait tout cela en essayant de réprimer sa rage. Elle bouillonnait sous la surface, attendant d'exploser, et les personnes devant lui ne l'aidaient en rien à la contrôler.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » sa voix était à peine plus audible qu'un murmure mais ils l'entendirent tous.

Les épaules de Julian se raidirent et Marionnette le regarda avec des yeux ronds qui trahissaient son absolue incompréhension.

« Qu'est-ce qui s'est passé putain avant que je sois déposé sans cérémonie au beau milieu du cercle intérieur du Seigneur des Ténèbres avec celui-ci à moins de dix pas de moi ? Qu'est-ce que vous avez bien pu foutre ? » Hadrian s'exprimait d'une voix posée mais qui tremblait d'intensité.

« Hadrian… » Demetri semblait perdu.

« Gabriel ? » Hadrian toisa du regard son ancien amant, se désintéressant du sorcier russe. Il savait que quoiqu'il ait pu se passer, tout avait commencé et c'était terminé avec l'héritier des Dalton et il connaitrait le fin mot de l'histoire avant de laisser l'un d'eux quitter cette pièce.

« Walker ! » s'exclama Marionnette, outragée.

Des yeux verts, étincelants de fureur, balayèrent la pièce avant de se poser sur la jeune femme.

« Oui Marionnette ? » Hadrian s'approcha, ses muscles bandés, avide de se bagarrer. « Y a-t-il quelque chose de constructif que tu souhaiterais ajouter ? Es-tu réellement consciente de ce qui vient juste de se produire ? Es-tu d'une quelconque manière, aussi insignifiante soit-elle, capable de faire la lumière sur la situation ? Parce que si tu ne l'es pas, et je n'arrive pas à t'imaginer jamais réellement au courant de qui se passe autour de toi, tu vas t'asseoir, la fermer et garder tes idées arrogantes et ton avis mal informé pour toi-même…est-ce que ce c'est bien clair ? » Sa voix était basse et menaçante. Il n'était pas d'humeur à supporter ses insécurités pas plus qu'il n'était d'humeur à la dorloter, non pas qu'il l'ait jamais fait, mais si elle ne se décidait pas à garder sa bouche fermée il savait qu'à cet instant il était incapable de s'empêcher de s'en prendre à elle.

Marionnette dansa d'un pied sur l'autre en tentant de stopper les mots qu'elle avait sur le bout de la langue. Elle se sentait furieuse à l'égard de Hadrian pour ses ordres présomptueux mais son instinct lui disait que la terrible frayeur qui s'était emparée d'elle n'était pas sans fondement. Pas au vu de la façon dont il la regardait.

« Est-ce que c'est clair ? »

« …Oui. » murmura-t-elle en baissant la tête. Elle ne put s'empêcher à cet instant de se haïr d'avoir abandonné, même en sachant que c'était la bonne décision.

Hadrian pouvait sentir l'intensité du regard noir de Demetri dans son dos pour avoir fait peur à sa petite sœur mais présentement il n'en avait cure.

« Maintenant… je me fous de ce que vous pensez que j'ai fait ou quel genre d'enfer je rejoindrais quand je serais mort! Je veux que quelqu'un me dise ce qu'il s'est passé ce soir ! » Hadrian se retenait à grand peine de crier et Gabriel le savait. Il l'avait su dès que le jeune homme avait silencieusement pénétré dans la pièce, le visage impassible et sa magie immobile. Hadrian avait atteint sa limite.

« Il était au courant. » la voix de Gabriel était ferme et ses yeux ne quittaient pas l'attractive silhouette de l'autre. « J'ai accepté la requête du diner de ce soir sachant que j'aurais à endurer un châtiment pour avoir si ouvertement ignoré le Seigneur des Ténèbres. Il avait entendu…des rumeurs à ton propos Hadrian, mais il n'avait pas suffisamment d'information en sa possession pour te figurer. » Gabriel s'interrompit quelques instants mais Hadrian resta silencieux, sans une once de réaction, alors il poursuivit, « Je crois que ta présence ce soir était de prime abord censée être un moyen de me punir. » Hadrian leva imperceptiblement le menton à ces mots mais il ne commenta pas. « Mais…ils ont découverts au sujet de Raven et je pense que le Seigneur des Ténèbres est devenu curieux à ton sujet. »

Hadrian plissa les yeux, songeur, si c'était vrai alors Voldemort ne devait pas être au courant à propos de Poudlard et le fait qu'il y était scolarisé. Quelle suprême malchance ! Si ces idiots de Serpentards ne s'étaient pas trouvés là ce secret en particulier n'aurait peut-être pas été révélé ce soir. Il aurait eu plus de temps !

« Et pourquoi Dalton as-tu utilisé le portoloin pour m'amener là-bas ce soir ? » siffla-t-il d'une voix trompeusement calme, gratifiant le séduisant blond devant lui d'un regard noir.

Gabriel grimaça intérieurement face à l'utilisation de son nom de famille mais la culpabilité qui le taraudait ne l'autorisait pas à se défendre. Il avait livré l'homme qu'il aimait au Seigneur des Ténèbres, l'avait littéralement jeté aux loups. C'était un miracle que Hadrian ait même pu quitter la pièce vivant.

« Parce que Lord Voldemort a menacé de tuer Demetri, Marionnette et moi-même si Gabriel ne faisait pas l'impossible et ne trouvait pas un moyen de te faire apparaître devant lui ! » explosa Julian. « Toi ! Gabriel a subi l'endoloris par Morgane, pour toi ! Il a été torturé pour avoir protégé ta misérable carcasse d'assassin ! Et tu as l'audace de venir ici et d'exiger de lui des réponses ! Toi bâtard ! »

« Julian ! Cela suffit ! Ce n'est pas la faute de Hadrian ! » cria Demetri.

C'était totalement illogique. Absolument ridicule de sa part de réagir de la sorte mais, alors même que Julian perdait tout contrôle sur la fureur et la rancœur qu'il ressentait, Hadrian sentit sa propre colère se tarir. Il était de nouveau capable d'appréhender la situation de façon raisonnée et ce qu'il vit le choqua à un point tel qu'il s'en trouva même quelque peu amusé.

« …Tu es amoureux de lui. » murmura Hadrian d'une voix abasourdie. Comment était-il possible qu'il ne soit pas au courant de ça ?!

« Quoi ? » s'exclama Demetri, totalement déconcerté, de quoi donc Hadrian parlait-il ?

Julian sentit le sang refluer de son visage et son cœur s'emballa dans sa poitrine comme des yeux verts écarquillés le scrutaient.

« Je n'arrive pas à croire que je ne l'ai jamais vu avant. » déclara Hadrian comme pour lui-même mais ses mots résonnèrent dans la pièce.

Julian tenta de récupérer le contrôle de ses nerfs mais cela semblait être une tâche impossible. Il cachait ce secret depuis des années, personne n'était au courant ! Mais…ses yeux s'agrandirent légèrement devant sa hardiesse. Peut-être…peut-être que maintenant était sa chance. Il sentit l'espoir et l'excitation enfler en lui. Gabriel et Hadrian se disputaient, il défendait l'héritier des Dalton et…il releva les yeux pour voir des yeux bleus suspicieux pointés sur lui. Sur lui, pas sur Hadrian. Gabriel était vraiment en train de le regarder lui. Il secoua vivement la tête, ses yeux mordoré agrandis par la réalisation. Peut-être que maintenant, il tenait réellement sa chance.

« Walker…de quoi es-tu en train de parler ? » Marionnette parvint enfin à réunir assez de courage pour verbaliser sa confusion devant l'expression étonnée du jeune homme qui se tenait en face d'elle.

Gabriel se leva de sa chaise, se sentant assailli par une appréhension d'un tout autre ordre. Merlin, faites que ce ne soit pas ce à quoi il pensait.

Hadrian ne souffla mot, continuant simplement à regarder Julian comme s'il ne l'avait jamais vu auparavant.

Demetri ne voulait pas croire à ce qui était juste sous ses yeux, ce qui venait à peine d'être déclaré si ouvertement. Il pouvait comprendre le choque ressenti par Hadrian, c'était totalement inattendu, mais au vu des émotions déchaînées de Julian et du regard si implorant qu'il lançait en direction de Dalton…Demetri ne pu s'empêcher de rejoindre Hadrian dans sa stupéfiante réalisation.

Hadrian ferma brièvement les yeux et effaça promptement toute émotion de son visage, mais intérieurement, il était toujours ébahi. Julian et Gabriel…il n'avait jamais pensé…Gabriel ressentait-il la même chose ? Cet été s'était-il déroulé dés le départ exactement comme il l'avait voulu et avait-il juste imaginé des choses à partir de rien ? Confusion et doutes l'habitait mais il garda son calme.

« De rien Marionnette. » répondit-il d'une voix assurée, luttant contre l'envie inexplicable de rire. C'était juste si inattendu.

Gabriel savait parfaitement ce qui venait juste de se passer mais contrairement à Hadrian et Demetri il n'en était pas surpris. Il savait que Julian était épris de lui. Il connaissait les sentiments du sorcier à son égard depuis précisément deux ans mais celui-ci n'avait jamais abordé le sujet avec lui, alors il s'était contenté de l'ignorer et de faire comme si de rien n'était. Il ne souhaitait pas blesser son ami mais c'était ce qui arriverait s'il se trouvait dans une situation où il aurait à éconduire Julian.

…Il pouvait admettre qu'à un certain moment il avait considéré la possibilité d'entamer une relation avec lui, qu'à un moment il avait même été prêt à essayer, mais ça c'était avant cette nuit. La nuit où il avait vu Hadrian attirer dans sa chambre un sorcier Grec de trois ans son ainé depuis le corridor où il se tenait, choqué. Sa jalousie avait été le premier signe. Gabriel lui-même avait eu plusieurs partenaires au lit, féminins et masculins, mais il ne s'était jamais émotionnellement attaché à aucun d'eux. Il devint rapidement conscient que l'opinion favorable de Hadrian était celle qu'il estimait le plus. Que l'idée de la situation précaire de son ami et de ses dangereux jeux politiques faisait s'emballer son cœur de peur et faisait naître en lui un ardent désir de protection qu'il n'avait plus ressenti depuis la mort de ces parents.

L'éventualité d'une relation avec Julian s'était évanouit de son esprit alors qu'il regardait, pétrifié, Hadrian guider la bouche de l'homme méditerranéen vers la sienne et refermait la porte derrière eux. Gabriel savait que ce qu'il éprouvait pour Hadrian n'était pas temporaire et que ses sentiments ne s'estomperaient pas de sitôt. Il savait aussi que ces quelques semaines où il avait envisagé la possibilité d'être en couple avec Julian n'avait invoqué chez lui aucune émotion sincère et il ne ferait pas ça à son ami. Il ne prétendrait pas ressentir pour lui plus que ce qu'il ressentait réellement. Il refusait de le blesser comme cela.

Plongeant le regard dans ces implorants yeux dorés, Gabriel décida d'épargner à son ami la douleur d'un rejet et adopta habilement une mine déconcertée tandis que ses yeux bleus glaciers laissaient filtrer sa confusion. Demetri se détendit et il eut envie de sourire avec satisfaction quand même les yeux de Julian trahirent sa déception et son ressentiment devant son 'occasion manquée'. Marionnette resta muette, comprenant que quelque chose d'important venait juste d'être révélé mais frustrée envers elle-même car elle était incapable de mettre le doigt dessus et réticente à demander un nouvel éclaircissement.

Hadrian regarda avec amusement le masque de Gabriel se mettre en place, observant les réactions des autres avec une pointe de contrariété qu'ils se soient tous fait bernés aussi facilement. Il se rappela que Gabriel Dalton était l'un des meilleurs, l'un des plus dangereux joueurs sur la scène politique et que l'on pouvait donc s'attendre à ce qu'il soit capable de les manipuler avec une telle aisance. Il laissa ses lèvres s'étirer en un petit sourire narquois quand des yeux bleus se posèrent furtivement sur lui, certainement Gabriel n'avait pas réellement escompté lui avoir fait avaler cette couleuvre ? Son sourire s'agrandit et ses yeux se firent rieurs à l'intention du blond.

« …Qu'est-ce que le Seigneur des Ténèbres voulait Hadrian ? Que s'est-il passé ? » demanda finalement Gabriel, irrité mais pas surpris de voir que Hadrian n'avait pas été dupe de sa performance d'acteur.

Hadrian soupira et se passa une main dans les cheveux. Penser à l'intoxicant Lord Voldemort ne l'aidait pas. Cela avait été terrifiant, troublant, suffocant et inconfortable mais aussi…vivifiant.

Son expression ne trahit rien de ses pensées ou des battements effrénés de son cœur, « Le Seigneur des Ténèbres a découvert mon glamour et m'a ordonné d'assister au bal de demain sous ma vrai personnalité. » annonça-t-il d'une voix monocorde ce qui indiqua aux autres qu'il ne désirait pas en discuter d'avantage présentement.

« Ta vrai personnalité… ? Il ne souhaite pas que tu de départes de ton glamour ? » poursuivit Gabriel, ne tenant nullement compte du vœu de Hadrian. Ses yeux s'étrécirent et ses pensées se bousculaient dans sa tête comme il tentait de décoder les motivations derrière l'ordre donné par le Seigneur Noir.

« Correcte. » la voix de Hadrian était tranchante ce qui incita Gabriel à abandonner son questionnement à ce propos pour le moment. Il sondait le jeune homme aux cheveux d'ébène avec des yeux brillants de suspicion, quelque chose s'était définitivement produit lors de cette entrevue.

Julian n'adressa pas un regard en direction de Hadrian, il ne pouvait effacer l'expression renfrognée de son visage et il savait qu'il devait bientôt sortir de là avant de dire quelque chose qui ferait vraiment éclater l'atmosphère tendue qui régnait dans la pièce…mais…il devait savoir.

Il avait eu des soupçons au sujet d'une liaison entre Hadrian et Gabriel mais au fond de lui, il n y avait pas réellement cru, ils étaient trop différents. Ils étaient meilleurs amis depuis des années, Gabriel connaissait Hadrian mieux que quiconque à l'exception de Raven mais…il n y avait pas vraiment cru…pas jusqu'à ce soir. Pas jusqu'à ce qu'il voit le pendentif. Les portoloins en forme de pendentifs jumeaux étaient l'un des trésors familial des Dalton et ils étaient fanatiquement convoités, destinés à n'être utilisés que par les membres de la famille. Que Gabriel ait donné l'un de ses colliers à Hadrian…il était malade à la simple idée de ces deux là ensemble mais…peut-être que ce n'était pas le même pendentif. Il priait pour que ce ne le soit pas.

« C'est une chance que tu aies porté le collier ce soir Hadrian…pardonne-moi mon audace mais…comment les avez-vous obtenus Gabriel et toi ? » interrogea lentement Julian ne sachant pas s'il désirait véritablement obtenir une réponse.

Il releva finalement les yeux quand sa question fut accueillie par du silence. La tête de Hadrian était tournée en direction de Gabriel attendant clairement que celui-ci réponde.

« C'est une commande que j'ai faite auprès des Gobelins de Gringotts. » répondit avec assurance Gabriel et Julian sentit son cœur reprendre une rythme normal et ses muscles se détendirent. Merci Morgane.

« Et bien, je suis content que tu ailles bien Hadrian mais je ferais mieux de ramener Marionnette à la maison. Tu lui as donné de belles frayeurs. » réprimanda Demetri mais Hadrian ignora le sorcier russe. Marionnette avait le même âge que lui et ne devrais pas avoir constamment besoin de la protection de son frère. Il ne s'excuserait pas quand il n'était pas dans son tort.

« Bonne nuit. » dit poliement Gabriel répondant dans le même temps pour Hadrian tandis que Julian hochait la tête en signe d'acquiescement à l'intention de Demetri avant de les suivre tous deux.

« Gab ? » demanda Julian avec un froncement de sourcils en pivotant sur lui-même pour regarder Gabriel quand il remarqua que celui-ci n'avait pas esquisser un mouvement pour le suivre.

Les yeux verts se tournèrent brièvement vers le ciel en signe d'agacement devant l'attitude immature de Julian. Le sorcier aux cheveux blond foncés refusait toujours de le regarder.

« Vas y Julian, je te verrais au bal demain. » déclara Gabriel d'un ton guindé, n'appréciant guère le fait que Julian pensait avoir le droit de s'enquerrir de ses faits et gestes.

« Mais… »

« Bonne nuit Julian. » le congédia Gabriel mais ses yeux restaient rivés sur Hadrian tandis qu'il prenait gracieusement place dans un fauteuil de cuir face au feu.

Julian les regarda tour à tour avant d'opiner finalement de la tête et de fermer la porte derrière lui plus bruyamment qu'il ne l'était nécessaire.

« … »

« Est-ce que tu vas bien ? » demanda à voix basse Gabriel.

Hadrian laissa échapper un petit rire. « Je suis toujours en vie pas vrai ? Au vu des circonstances, je pense que cela signifie que je vais bien. »

Gabriel se contenta de sourire en guise d'agrément quand les yeux verts se posèrent sur lui.

Tous deux étaient assis en silence, observant les flammes. L'atmosphère n'était ni confortable ni inconfortable juste présente, réelle.

« Je n'avais aucune idée que Julian était amoureux de toi. » murmura doucement Hadrian, une partie de lui en était encore surpris et cela s'entendit dans sa voix.

Gabriel haussa les épaules. « Jusqu'à ce qu'il trouve le courage de m'en parler, je n'ai pas à lui faire du mal, alors je prétends de ne pas savoir. »

Hadrian répondit par un 'humhum' mais ses pensées refusaient d'obéir à ses désirs et le ramenaient continuellement à de dangereux yeux écarlates amusés et de soyeux cheveux noirs et lisses.

« Tu ne leur a rien révélé d'important. » remarqua Gabriel.

Hadrian haussa les épaules, « Ils sont peut-être mes amis mais cela ne leur donne pas le droit de m'interroger. Certainement pas après une telle scène. »

Gabriel gloussa devant la déclaration brutale de Hadrian mais ne pu s'empêcher d'être d'accord avec lui. Ils ne s'étaient pas comportés d'une manière qui suscitait la confiance.

Tous deux étaient immobiles, prenant en compte tout ce qui était arrivé durant la soirée et tout ce qui avait désormais changé avant que la voix douce de Hadrian ne rompe à nouveau le silence.

« …J'étais inquiet à ton sujet Gabriel. » Sa voix ne contenait aucune trace de condamnation mais la légère réprimande fut accueillie par un sourire sombre du blond.

« Comment aurais-je pu attirer ton attention sinon ? »

Les yeux verts s'étrécirent, « Il faudrait mieux que ce ne soit pas la raison pour laquelle tu as ignoré le Seigneur des Ténèbres Gabriel ou je te torturerai moi-même. » gronda-t-il.

Le blond rit. « Non, ce n'était pas la raison… » il inclina la tête en direction de son amour. « Est-il arrivé quelque chose Hadrian ? Après que nous soyons partis ? »

Rouge et noir.

La magie noire qui rampait, si attrayante, sur sa peau.

Le cœur qui battait de peur et d'excitation mêlées.

« Non. »

Gabriel observa Hadrian tandis que celui-ci prenait son temps pour répondre, quelque chose s'était produit. Il le savait. Bien, si Hadrian ne voulait rien lui dire, il n'aurait qu'à découvrir la réponse par ses propres moyens. En attendant, il y avait une autre question qu'il voulait lui poser.

« …qui était cet homme ? Celui que tu as tué ? »

Hadrian se raidit, son esprit le ramenant instantanément en arrière, évoquant le souvenir du décès de M. Shields. Il n'était pas préparé aux sentiments de soulagement et de contentment qui explosèrent en lui. Il ne s'était pas autorisé à réfléchir à autre chose au-delà de son inattendue survie de cette nuit pour apprécier pleinement ce qu'il avait accompli.

M. Shields était mort.

Parti.

Il ne lui ferait plus jamais de mal.

« …Ça n'a pas d'importance. » souffla-t-il doucement avant de reprendre contenance. Les yeux d'émeraude s'assombrirent mais il y avait en eux une sombre satisfaction qui captivait et attirait le blond, « Juste une vieille connaissance. »

Gabriel hocha la tête. Le fait que Hadrian ait assassiné un individu ce soir ne le dérangeait pas, il avait lui-même tué auparavant, torturé auparavant…et il avait aimé ça. C'était la noirceur en eux. Vous pouviez soit l'accepter et la contrôler soit vous battre contre votre nature et sombrer dans la folie.

« Arrête de me regarder Gabriel. » murmura avec irritation Hadrian. Les yeux du blonds rivés fixement sur lui le distrayait.

Des lèvres roses s'étirent en un sourire de contentement.

« C'est bon de savoir que je peux encore t'affecter. »

Hadrian lui lança un regard dégoûté. « Vraiment ? C'est tout ce que tu as à dire ? »

Le sorcier français éclata d'un rire qui contenait une once d'amertume, « Ce n'est pas comme si tu acceptais quoique ce soit venant de moi. »

Hadrian soupira et ferma les yeux à ces mots.

« Gabriel… » commença Hadrian mais des mains fortes agrippèrent soudainement ses épaules et le mirent debout.

Les yeux d'émeraudes s'ouvrirent instantanément pour se trouver face à deux yeux bleus glacier brûlants d'émotion à quelques centimètres de lui.

« J'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir Hadrian. Beaucoup de temps. J'ai fait une erreur en te laissant me quitter, une erreur que je ne compte pas refaire, jamais. Je veux être avec toi. Je te trouve exaspérant, brillant, stupéfiant, déviant et incroyable. Je ne voudrais plus jamais d'un autre maintenant que j'ai eu un avant-goût de toi Hadrian. Je te veux et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela arrive. »

Le blond respirait fort et Hadrian sentit un frisson d'appréciation le parcourir. Il doutait que quiconque avant lui ait jamais vu l'héritier des Dalton aussi passionné et aussi imprudemment candide. Mais…

« …Gab… » chuchota-t-il en levant une main pour enserrer la nuque du jeune homme. « Gab… » Il inspira profondément. « Je ne peux pas. Je ne te ferais pas ça à toi. »

Les mains qui le tenaient se ressèrent presque douloureusement autour de ses épaules mais il n y paya aucune attention, il était trop occupé à regarder dans ses grands yeux bleus brillants de désir et d'obstination.

« Tu ne me feras pas ça à moi… » Gabriel fit lentement écho de ses mots en s'inclinant plus prés de lui. Hadrian parvint à grand peine à arracher ses yeux des lèvres de l'homme. Le blond était intensément désirable à cet instant et Hadrian s'efforçait de ne pas s'emparer du présent incroyablement tentant qui lui était offert. Il ne pouvait pas lui faire ça. Pas une nouvelle fois. « …Mais moi je le ferai. »

Hadrian eut tout juste le temps de comprendre les mots avant que ses lèvres ne soit clamées dans un baiser torride. Ses mains qui jusque là tenaient gentiment Gabriel se mirent à tirer douloureusement sur les mèches blondes tandis qu'il prenait rapidement le contrôle du baiser. Il tremblait alors que les mains de Gabriel repoussait sa veste verte le long de ses bras, plongeant sous son tee-shirt blanc pour pouvoir effleurer son torse de savantes caresses.

« Gab… » haleta-t-il tandis qu'il s'arrachait à sa bouche.

Il gémit sans pouvoir s'en empêcher comme une main froide s'engageait dans son pantalon et enserrait fermement son sexe.

« Ne pense pas Hadrian. Arrête de penser. Prends juste du plaisir. » chuchota Gabriel à son oreille et il se mordit la langue pour réprimer un grognement guttural alors que sa main commençait à bouger.

D'ordinaire, il n'aurait pas mis autant d'efforts à dissuader quelqu'un qui ne voulait aussi clairement pas être dissuader mais quelque chose lui soufflait d'essayer avec plus de détermination. De ne pas laisser les choses aller plus loin. Et cela le mettait en rogne. Il ne s'était jamais senti comme ça auparavant et à la façon dont le noir et le rouge flashaient continuellement devant ses yeux il avait l'effroyable pressentiment de savoir pourquoi.

Se sentant furieux contre lui-même et espérant désespérément que ce ne soit pas vrai, il tira brusquement sur les cheveux de Gabriel et clama brutalement les lèvres de celui-ci. Sa bouche vibrait au rythme des gémissements de Gabriel et les siens le joignirent bientôt comme la main de celui-ci se mettait à bouger de plus en plus vite.

« Hadrian… »

Ses hanches butèrent contre la main de Gabriel et il mordit l'épaule de celui-ci, appréciant le goût inattendu du sang alors qu'une incisive pénétrait dans le muscle.

Il pouvait sentir la chaleur qui l'envahissait grandir, la pression s'élever et sa vision se rétrécir.

« Hadrian… » Gabriel répétait son nom encore et encore, embrassant et mordant le long de son cou.

Il attira la tête de Gabriel vers lui pour un dernier baiser brûlant comme les muscles de son ventre se contractaient et que dans une dernière pression de la main sa jouissance vint.

Tous deux restèrent ainsi en silence pendant quelques instants, respirant intensément contre le visage de l'autre tandis qu'ils reprenaient leurs esprits

« Je te veux Hadrian. » dit d'une voix forte Gabriel, le souffle court, alors qu'il retirait lentement sa main.

« … »

« Je veux ça. Je te veux toi. »

Hadrian prit une longue, une profonde, inspiration tandis que les mots le traversaient. Il murmura un sortilège pour éliminer toute trace de ce qui venait de se produire avant de se détourner et de se pencher pour récupérer sa veste du tapis rouge sang.

Rouge.

Ecarlate.

« …Je sais. » murmura-t-il doucement.