Plutôt que d'attendre sans rien faire que les évènements suivent leur court, Seiya et ses compagnons, à l'exception de Hyoga qui était déjà partit pour la Sibérie, décidèrent d'occuper le temps utilement. Shun poursuivit son entraînement dans les locaux de la fondation tout juste remis à neuf pendant que Shyriu se rendait aux Cinq pics, en Chine. Il avait dit vouloir demander plus amples renseignements à son maître au sujet de cette affaire, alors que Seiya se rendait d'un pas confiant à l'orphelinat. C'est dans la cour de récréation, où une vingtaine d'enfants s'agitaient joyeusement, qu'il rejoignit Mylène : son amie d'enfance et également celle de sa sœur. Le sourire affiché deux minutes plus tôt se voilât. Ne pas penser à ce genre de choses… rester positif à tout prix.
-« Eh ooh ! Seiya ! Et bien où étais-tu passé ? Tu en as mit du temps pour revenir !»
Le sourire qui l'accueillit était éclatant. Amour, stabilité, vie normale, sécurité… il se gratta nerveusement le crâne d'un air gêné.
-« Surtout ne pas l'inquiéter… ne rien lui dire… »
-« Oui… et bien… tu sais que nous devons vraiment beaucoup nous entraîner ! Et puis tu sais bien ce que c'est avec Mademoiselle Kido, elle ne nous laisse pas un moment de répit… »
Mylène fronça les sourcils, l'air tout à coup très sérieux. Elle se retourna en direction du petit groupe qui jouait au ballon.
-« Allez maintenant c'est finit ! Tout le monde rentre, vous avez assez joué ! »
Des protestations multiples accueillirent ses propos mais elle ne s'en soucia pas. Les enfants firent la moue, puis finir par rentrer pour reprendre les cours. Mylène se retourna vers Seiya.
-« Je te trouve tout à coup bien dure avec eux. J'ai dit quelque chose de mal ? »
-« Seiya. Suit moi s'il te plaît, j'aimerais te parler… »
Perplexe, il la suivit jusqu'à la plage. Seiya avait toujours considéré Mylène comme une pâle jeune femme comparée à des personnalités charismatiques comme la princesse ou Marine, mais il prit tout à coup conscience qu'elle aussi avait une force, quelque chose qu'il avait sous estimé. Bien que ne possédant aucun don ou cosmo énergie, elle était intuitive et il l'avait jugé un peu vite. Il s'en voulu et se sentit mal à l'aise. Il y avait un monde en dehors du Sanctuaire, il l'avait semble t-il oublié… Elle s'arrêta face à la mer et s'assit sur le sable doré. Le soleil commençait à décliner un peu, la brise était légère. Seiya était de moins en moins dans son élément. Il allait briser le silence, quand ce fut elle qui se lança.
-« Tu me prends pour une idiote n'est-ce pas ? »
-« Mais enfin ? Pourquoi est-ce que tu dis ça ? »
-« Je ne suis pas née de la dernière pluie ! Tu vas encore partir et risquer ta vie, pas vrai ? »
Inutile de nier plus longtemps. Il comprit très vite qu'elle ne lâcherait pas le morceau. Il s'assit à ses côtés et fixa l'horizon. Elle attendit patiemment.
-« Oui, nous allons repartir. Je ne peux rien te cacher ! Ça ne m'enchante guère mais… Comme tu le sais je n'ai pas vraiment choisit mon destin ! Et puis… la princesse a changé depuis quelques temps »
Mylène eut un frisson…
-« Ah oui vraiment ? En quoi aurait-elle changé ? Elle ne vous a jamais tellement accordé d'intérêt je crois !»
Il y avait une pointe d'amertume et d'ironie dans sa phrase.
-« Écoute… tu ne peux pas dire ça… En tout cas plus maintenant ! »
-« Oui bien sur ! C'est pour elle que vous allez là bas, n'est-ce pas ? Elle a bien de la chance ! Belle, riche, entourée d'hommes autant qu'elle le souhaite !… et… elle t'a toi ! »
Elle se prit à rougir et cela n'échappa pas au jeune homme. Seiya ne connaissait pas grand-chose à l'amour. Plusieurs fois il avait eu l'occasion d'apercevoir des femmes au camp, mais elles portaient toujours un masque. Les seules jeunes filles « normales » au Sanctuaire étaient les concubines du Pope ou les servantes. La plupart du temps, elles habitaient au village qui fournissait le domaine sacré en denrées. Rodario n'était pas un lieu très étendu, mais les personnes qui y habitaient étaient rarement choisies au hasard. Toutes savaient plus où moins ce qu'il y avait derrière l'Acropole, mais la règle était la discrétion. Parfois, des rumeurs circulaient. Tel ou tel chevalier aurait fait une faveur à la fille de tel marchand. Ou encore… tels parents auraient été favorisés par le Pope et auraient offert leur fille ou leur fils pour le service de la déesse. Et les enfants en question devenaient serviteurs de l'autel sacré. Les jeunes femmes elles… disparaissaient mystérieusement ou finissaient dans le lit du Pope. A bien y réfléchir, il ne savait pas ce qu'était une relation « normale ». Intimidé, il ne sut quoi faire pour la rassurer. Pourtant, la souffrance se lisait sur le visage de la jeune femme. Il passa un bras autour des frêles épaules et l'attira contre lui. Ses joues prirent une teinte rosée… elle était bien.
-« Écoute moi bien, je ne laisserais rien arriver de mal. Marine m'a bien formé, je ne serais pas là si mon étoile ne m'avait guidé… la mort attendra encore longtemps avant de me prendre ! Je te le promets ! »
-« C'est présomptueux ce que tu dis… Personne ne peu prétendre connaître son destin ! »
La remarque le fit sourire.
-« C'est vrai ce que tu dis ! Mais je crois en la volonté humaine et le libre arbitre sert à ça! Je ne croyais pas à tout ça au début, mais je t'assure que désormais nous avons un noble but. Si je ne me rends pas en Grèce, je risque de vous perdre aussi »
-« Nous ? Mais comment ça ? »
-« Ce serait trop long à t'expliquer et … »
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Un pressentiment négatif de menace directe le frappa de plein fouet. Un danger menaçait, un danger immédiat !
-« Écoute Mylène… tu devrais rentrer te mettre au chaud. Le jour baisse, il fera bientôt nuit. Ne t'inquiète pas, dès que possible je te donnerais des nouvelles !»
Un peu secouée par ce brutal changement d'attitude, elle ne comprit pas tout mais acquiesça. Seiya se dépêcha de la raccompagner, mais avant d'avoir pu la mettre en sécurité, trois chevaliers apparurent sur la plage derrière lui. Parmi eux il reconnu sans mal son maître. Elle avait revêtu son armure d'argent.
-« Seiya mais ! Mais qui sont-ils ? Qu'est-ce qui se passe ? »
-« Mylène… tu dois te mettre à l'abri je t'en prie ! »
-« Bien… mais fait attention à toi ! »
-« C'est promis ! »
Elle courut se mettre à l'abri. Rassuré, Seiya rejoignit ses étranges visiteurs.
-« Marine ! Que fais-tu là ? Depuis quand es-tu au Japon ? »
-« … »
-« Et bien ! On ne peu pas dire que tu sois très bavarde aujourd'hui ! Et vous. Vous êtes ? »
Les trois hommes se concertèrent du regard avant de l'attaquer de front. Seiya se prit les coups de plein fouet. Trop sonné pour réagir, il mordit le sable, la tête coincée sous le pied d'un de ses attaquants… qui pour le coup, se fit un point d'honneur à se présenter.
-« Misty, chevalier du Lézard… accompagné de Moses de la Baleine blanche et d'Astérion. Nous sommes venus ici pour te tuer ! »
Seiya s'y attendait… il déclencha son cosmos et le combat s'engagea. Saisissant le pied de son adversaire, il le repoussa violemment. Sans armure une fois de plus… le combat serait inégal. Marine restait en retrait. Aucune expression, aucun moyen de savoir ce qu'elle pensait, aucune réponse à sa question. Que faisait-elle ici ?
-« Par tous les saints, allez vous répondre ? Qui vous envoie ? »
-« Question inutile… le Pope bien entendu ! Tu es considéré comme un traître, une menace à la paix du Sanctuaire ! Nous devons tuer les chevaliers de bronze qui ont osé fomenter un complot pour nous envahir et défier la déesse Athéna ! »
-« Encore ces maudites accusations ! Marine ! Dit leur que c'est faux ! Pourquoi ne leur dis-tu pas ? »
La jeune femme fit un bond vers lui et lui porta un coup de pied d'une violence impressionnante, couchant à terre les ultimes réflexions de son ancien disciple. Les trois autres, médusés par la puissance du coup qu'elle venait de porter, se contentèrent d'admirer le travail. Mysti sonda ses pensées… le néant…
-« Tu ne voulais pas lui laisser la vie sauve ? Ce fut ton disciple pourtant ? »
-« Nul disciple ne survit lorsqu'il devient un traître à sa patrie ! Il aurait du être plus attentif ! Sa garde était relâchée, il n'était donc pas digne de porter l'amure »
Gisant sur le sable, Seiya n'arriva pas à se relever…
Oo Pendant ce temps, en Grèce… oO
Le soleil brûlant illumine le ciel d'azur. Il s'agit d'un jour spécial. Le grand Pope, gardien du Sanctuaire parlant au nom d'Athéna, vient de convoquer les chevaliers d'or. Tous sans exception pressentent quelque chose d'inhabituel. L'atmosphère est lourde et l'inquiétude est de mise. Le premier à se rendre dans la maison du Pope est Shura chevalier du Capricorne, suivi de Camus, Milo, Masque de mort et Mü. Le reste des douze n'arrive que plus tard, dans un silence rituel impressionnant. Tous se regardent avec appréhension, chacun se demandant ce quelle important nouvelle va leur être révélée. Le premier à prendre la parole est le Pope.
-« Chevaliers, vous êtes réunis ici aujourd'hui par ordre d'Athéna ! Celle-ci a expressément demandé d'accroître la sécurité du Sanctuaire en raison des mouvements de rébellion que nos espions ont pu constater en se rendant aux quatre coins du monde. On m'a rapporté notamment qu'au Japon, siège de la puissante famille des Kido, s'était constitué un groupe de jeunes chevaliers rebelles qui auraient prit la bannière de la justice sous les ordres d'une prétendue princesse. En vérité cette fille qui n'est pas grand-chose, prétend vouloir me parler et se présente non pas comme l'héritière de son empire financier mais en tant que réincarnation divine !»
Mü du Bélier prit la parole le premier.
-« Monseigneur, comment Athéna pourrait-elle ordonner une chose pareille ? Comment pourrions-nous être méfiants vis-à-vis de nos compatriotes ? Les chevaliers de bronze ne semblent pas être agressifs, en tout cas rien ne le prouve… »
-« Je t'arrête tout de suite chevalier ! Les ordres de la déesse sont formels, douterais-tu de ses dires ? »
-« Non grand Pope, mais cette décision me paraît précipitée et au vu de la véracité toute relative de la soit disant révolte des chevaliers de bronze je… »
-« Il suffit ! Tu affirmes cela car tu es de leur côté et parce que Seiya et ses compagnons ont déjà eu recourt à tes services. Bien… si toi tu ne consens pas à obéir sans discuter, d'autres que toi le feront ! Cancer, Camus, Shaka ! Quel est votre opinion ?»
Le chevalier de la Vierge prit la parole.
-« Maître, je pense que nous aurions raison de nous méfiez de ces chevaliers de bronze. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'ils viennent tout juste d'obtenir leurs armures. Que pouvons-nous attendre de jeunes guerriers farouches sans expérience réelle ? Ne devrions-nous pas leur montrer ce qu'est véritablement la chevalerie ? Ils se rendent ridicules et par là même… nous déshonorent !»
-« Oui, je ne peux qu'approuver ce que tu viens de dire. C'est une honte pour notre ordre ! Mais cette prétendue déesse n'est rien à mes yeux. Et des chevaliers de bronze ne sont pas censés faire le poids face à des armures d'or ! »
-« Vous semblez être certain qu'ils vont attaquer ? »
-« Les ordres que j'ai reçus sont formels et émanent de la véritable Athéna… dont la statue sacrée est depuis toujours scellée ici, sur les dalles de ce sanctuaire ! Honte à ceux d'entre vous, qui douteraient de la véracité de mes propos ! Si cela était, cela ne voudrait dire qu'une chose. Que des traîtres sont parmi nous, ce qui m'obligerait à prendre des mesures draconiennes afin de purger les lieux de cette infamie ! »
Certains chevaliers approuvèrent les paroles du Pope, d'autres étaient partagés. Le doute et la suspicion commençaient à porter leurs fruits. Les chevaliers d'or pour la première fois de leur histoire, se trouvaient tout à coup divisés. Après le discours sans équivoque du Pope, Aiolia chevalier du lion, s'en retourna comme ses compagnons.
Il se rendit non pas à sa maison « officielle » mais bel et bien dans sa maison personnelle, petite cabane grecque au confort sommaire, à flanc de montagne derrière le roc imposant du Sanctuaire. A chaque fois qu'il y entrait, la présence de son défunt frère étreignait son cœur. C'est ici qu'ils habitaient petits... A l'abri des regards, ce lieu lui permettait de méditer et de récupérer. Pensif, préoccupé, indécis. Tel était son état à cet instant précis. Devait-il croire le Pope ou douter de lui ? Devait-il faire confiance au disciple de Marine ? Celui qu'il avait connu enfant, qu'il avait entraîné et sur qui il veillait…
« Comme mon frère l'aurait fait pour moi… »
Oui, son frère Ayoros, chevalier d'or du Sagittaire qui de son côté, s'était toujours montré confiant envers la déesse et avait toujours tout fait pour que son petit frère devienne quelqu'un d'accompli.
« C'est grâce à lui que je suis devenu ce que je suis. Comment aurait-il réagit envers moi si je lui avait dit… si je lui disais que je suis tenté de croire le Pope ? Non !… non je ne peux pas croire que Seiya et ses compagnons puissent être des traîtres. Il y a forcément quelque chose qui fausse la donne dans cette histoire !…»
Il décida que la pause avait assez duré. Il emporta avec lui son armure, précieusement rangée dans son urne d'or et rejoignit la cinquième maison, imposante bâtisse antique ornée de métopes et de colonnes doriques. Lorsqu'il atteignit le porche en marbre, les deux lions sculptés à l'entrée semblaient lui sourire… Gloire et solitude pensa t-il…
Une fois l'armure posée sur son socle, il s'assit un moment dans le sofa. Alors qu'il s'y attendait le moins, une main douce et chaude se posa sur son épaule droite. Sur ses gardes, il se leva et fit volte face, surprit par l'intrusion. Son regard se figea lorsqu'il découvrit Shaïna. Il soupira et s'assit à nouveau…
« Que fais-tu là ?... Les femmes chevaliers ont le droit de quitter leur camp maintenant?"
« Toujours aussi impulsif n'est-ce pas ? J'en déduis que tu as eu une journée difficile !… Je suis venue parce que j'ai senti que quelque chose n'allait pas ».
«Désagréable habitude que celle d'une femme, à toujours vouloir lire dans les pensées ! Que me veux-tu ? Tu n'es pas censée être là, encore moins après ce qui s'est passé il y a dix jours !»
« Oui… oui ce fut un regrettable incident mais… je suis venue pour m'excuser. Et… pour te dire aussi que… Marine est partie au Japon. Le savais-tu ? »
Le lion fronça les sourcils, profondément contrarié. Elle était maligne, mais il en fallait plus pour le troubler.
-« Et alors ? Elle est assez grande pour savoir ce qu'elle a à faire, tu ne crois pas ? »
-« Réponse intéressante! Je croyais que vous étiez très proches tous les deux ? »
-« Où veux-tu en venir ? »
-« Un chevalier aussi noble que toi ne devrais pas attendre qu'une poupée de porcelaine lui accorde un geste tendre. Toi ce qu'il te faut c'est de la fougue, de la rage, de la passion !… »
Tout en susurrant ces mots à son oreille, elle fit glisser ses mains sur les épaulettes de cuir du chevalier. Aiolia commençait à être mal à l'aise… mais son corps lui… réagissait.
-« Les hommes… tous sensibles aux caresses… ne voudrais-tu pas… revoir ton jugement ? »
-« Hors de ma vue, ça suffit ! »
Il s'était levé d'un coup, la repoussant un peu violemment, d'avantage dégoûté par sa réaction involontaire que par son geste à elle. Tenté ?... non ! Il n'aimait que Marine. Et Shaïna lui était en tout opposée. Que lui arrivait-il ? Il se ressaisit en allant chercher un verre d'eau.
-« Tu tombes très mal, je ne suis pas d'humeur ! Et ta proposition ne m'intéresse pas ! »
-« Comme tu voudras… mais… tu verras que tu changeras d'avis, peut être plus vite que tu ne l'imagines ! »
Shaïna semblait sure d'elle. Aiolia était méfiant… qu'entendait-elle par là ? Elle lâcha un rire, tout ce qu'il y a de plus naturel, puis sortit de la cinquième maison avec nonchalance. Le chevalier explosa… son poing s'en alla valser dans une dorienne, brisant du même coup le peu de meubles alentour, ainsi que la moindre parcelle de vie ayant eu le malheur de se trouver sur sa trajectoire. Ses pensées se troublèrent…
-« Marine… je t'en prie, reviens moi vite ! »
oOo Sur la plage de Tokyo oOo
-« Et bien… mission accomplie ! Nous devrions rentrer au Sanctuaire »
-« Je te trouve bien pressée Marine, aurais-tu oublié quelque chose là bas ? Ou plutôt… quelqu'un ? »
-« Je n'ai que faire de tes sarcasmes Astérion ! Contente toi plutôt d'améliorer ta technique de combat, ça vaudra mieux pour toi ! »
-« Ca suffit maintenant ! Si vous voulez rentrer libre à vous ! Quant à moi j'aimerais rester un moment… je vous rejoindrais… »
Misty avait parlé. Après que Marine ait mit son disciple à terre, il ne s'était plus relevé mais il avait des doutes. Pourquoi Seiya aurait-il vaincu autant de chevaliers auparavant si c'était pour mourir bêtement maintenant? Il n'était pas du genre à sombrer sous les effets d'un simple coup de pied, même si Marine était puissante. Il voulait en avoir le cœur net…
La jeune femme eut un pressentiment.
-« Trop tard !... s'il découvre la supercherie je suis perdue ! »
Misty s'avança en direction du corps inerte de Seiya, alors que Moses et Astérion quittaient les lieux. Marine ne bougea pas…
-« Eh bien, qu'as-tu Marine ?... tu ne pars pas avec les autres ? Je te croyais pressée de rentrer… »
-« Tu lis mes pensées n'est-ce pas ? Tu sais que Seiya est toujours vivant ! »
-« Je te félicite ! Gracieuse petite idiote ! Mais ton subterfuge a fonctionné semble t-il, puisque nos deux compagnons ont pris le large ! »
-« Ne t'attend pas à ce que je te le laisse ! Il est mon disciple ! Je ne l'abandonnerais pas ! »
-« Alors tu as choisit le mauvais côté et j'en suis navré pour toi ! Prépare toi à mourir toi aussi ! »
-« Pas si vite ! »
Seiya s'extirpa du sable où on l'avait quasiment enterré pour surgir face au chevalier d'argent. Mysti ne bougea pas d'un pouce et le toisa avec un air détaché.
-« Ne soit pas ridicule Pégase… je te connaît de réputation… mais je te le dis dès maintenant : tu n'es pas à la hauteur »
-« Tu ne porteras pas la main sur elle ! Et je vais te faire ravaler tes paroles ! »
Il déclencha les météores qui prirent leur vitesse de croisière, avant d'atteindre leur cible comme autant de flèches lancées à la vitesse de la lumière. Mysti ne chercha même pas à éviter le coup, l'attaque s'en alla mourir quelque part au creux de sa main. Seiya n'en cru pas ses yeux ! Quelle puissance ! Marine étudiait la situation… à mesure que ses idées se bousculaient elle chercha une issue possible, une échappatoire, mais rien ne venait. Pour la première fois elle réalisa que venir au Japon était une folie, et que sans doute le Pope l'y avait envoyé exprès. Séparée d'Aiolia, condamnée à ne plus pouvoir y retourner, à moins de chercher la mort. Elle sentit la peur s'insinuer en elle… quitte à choisir, le choix était fait. Elle se battrait.
-« Meurt imbécile ! »
Mysti attaqua Seiya qui se trouva rapidement en difficulté. Marine se mêla au choc à son tour. Son maître, le chevalier d'argent d'Altaïr, lui avait apprit de nombreuses choses mais la technique la plus efficace restait l'aigle de feu, le porteur du foudre de Zeus. Il lui avait toujours dit qu'elle possédait en elle quelque chose de sacré. Une chose dont elle ne devrait parler à personne, pas même à un homme… le septième sens…
-« Seiya, écarte toi ! »
Elle repoussa son disciple, prêt à s'effondrer, et fit un bond magistral avant d'aller nicher son pied droit dans l'omoplate du Lézard. Mysti accusa le coup, reculant de plusieurs mètres en se tordant de douleur. Mais dans sa peine il eut un éclair de lucidité. Il saisit la jambe de l'aigle au dernier instant et la mit à terre, lui tordant les chairs de la plus désagréable façon. Marine hurla. Seiya tenta de se relever mais l'attaque qu'il avait reçue le brûlait encore.
-« Mariiine ! Accroche toi ! Tiens bon ! »
Elle ne répondit pas, prisonnière de la poigne de fer du chevalier d'argent.
-« Va t-en Seiya ! C'est ta chance tu m'entends ! Va t-en ! »
-« Et te laisser mourir ? Mais tu es folle ma parole ! Plutôt me faire pendre ! »
-« Soit raisonnable Seiya !... »
Les mots se faisaient plus rares à mesure que Mysti resserrait ses mains autour de son cou.
-« Fait ce qu'elle te dit Seiya !... de toute façon j'aurais vite fait de te rattraper pour te mettre en pièces si elle mourrait… Ah ah ! Vous êtes pathétiques tous les deux ! Et par ta faute, l'honneur de la caste d'argent aura été souillé ! »
-« Je ne partirais pas ! Jamais ! »
Seiya avait mal, terriblement mal. Voir Marine prisonnière de ce monstre éveilla en lui une multitude de sentiments contradictoires. Incapable de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. La voyait-il comme une sœur ? Comme une attache précieuse sans laquelle sa route ne serait pas aussi facile à arpenter ? La voyait-il comme une femme, courageuse et volontaire ? L'essentiel était ce qu'elle lui avait apprit, et il ne lâcherait pas le morceau.
Seiya fit croître sa cosmo énergie à son maximum, comme Aiolia le lui avait apprit. Mysti continuait de serrer la nuque de la jeune femme, un craquement léger se fit entendre. Seiya réagit au quart de tour.
-« Noooooooon ! »
Il fonça vers son ennemi, plus déterminé que jamais et porta son coup directement sur les bras. Mysti lâcha prise, Marine avait perdu connaissance. Son corps retomba lourdement sur le sable alors que le lézard sentait poindre en lui la panique.
-« Non… c'est impossible ! Pas toi ! Comment as-tu fais chevalier ? »
-« Apprends pour ta gouverne que l'amitié est un bien précieux. Bien plus fort que ton orgueil ! Je te laisserais pas retourner vivant là bas ! »
-« Pauvre fou ! Tu es incapable de mesurer l'ampleur de ce qui vous attend. Même si vous réussissiez à pénétrer l'enceinte du Mont étoilé, vous n'obtiendriez rien ! Si tu me tues il en viendra d'autres… et d'autres encore ! Peu importe le sang qui sera versé ! Mais vous êtes tous condamnés ! »
Il fallait faire vite, Marine était mal en point, il pouvait le sentir. Elle avait perdu beaucoup de sang et son souffle était faible. Il s'en était fallut de peu qu'il ne l'asphyxie. Mysti se mit en position d'attaque, Seiya fit de même. Le chevalier d'argent tenta de brouiller les pistes, son corps se décuplant à l'infini. Utiliser sa perception extra sensorielle pour voir l'être de chair parmi les illusions, ne pas voir avec les yeux mais avec le mental…
-« Cette fois c'est la fin Mysti ! Par les météores de Pégaaase ! »
-« Pauvre fou ! Tu ne peux rien contre moi ! IIIIIIIIIaaaahhhhh ! »
Un choc d'enfer se fit entendre, résonnant en écho sur les parois rocheuses. Un silence de mort régna pendant encore quelques minutes, avant qu'un corps brisé ne s'effondre sans bruit sur les grains devenus couleur lune. Le soleil s'était couché… Mysti était vaincu. Seiya tenait à peine sur ses jambes. Sa première pensée fut pour elle.
-« Marine… Marine je vais t'aider… je… »
Épuisé, à bout de forces, le jeune homme s'effondra à son tour. Lorsqu'il reprit conscience, deux visages familiers s'imposèrent à lui, ceux de Shun et Mylène. Celle-ci l'avait prévenu que quelque chose de grave était arrivée. Shun avait fait aussi vite qu'il avait pu, sans grand succès cependant. Il était arrivé trop tard. Seiya était encore dans les vapes… en plein songe intérieur, il entendit à peine la voix de ses amis. Ses pensées uniquement fixées sur celle qui manquait à l'appel.
-« Mais où est-elle ? »
-« Quoi ? Mais de qui parles-tu ? Vient Seiya je vais te porter… la princesse a été prévenue, tu dois te faire soigner ! »
-« Non ! Non je n'ai pas besoin de ça, tout va bien ! Je veux la voir ! »
-« Voir qui enfin ? Tu délires ? Nous n'avons vu personne depuis notre arrivée sur l plage ! »
-« Mon maître… Marine… où est Marine ? »
oOoOoOo
A quelques kilomètres de là, une silhouette gracile se découpait dans la nuit. Assise sur le rebord d'une falaise, Marine soufflait un peu. Elle s'était volontairement éclipsée avant le réveil de Seiya, non sans s'être assurée auparavant, qu'il survivrait jusqu'à l'arrivée de ses amis. Elle ressentait certaines choses à l'avance, et avait sentit que quelqu'un viendrait. Sa présence n'était donc plus nécessaire… au final… c'est Seiya qui l'avait sauvé, pas l'inverse… Ses blessures lui faisaient mal… mais ça irait… elle avait l'habitude d'encaisser les coups. Néanmoins, il lui faudrait trouver un abri pour la nuit. Elle ne pourrait se cacher éternellement.
La victoire avait été durement obtenue. Elle était heureuse d'avoir pu éliminer un homme tel que Mysti. Cruel, égocentrique, sans sens de la fraternité. Un être méprisable à tout point de vue. D'un autre côté pourtant, elle appréhendait la suite… elle ne pouvait espérer rentrer à Athènes. A moins de se cacher, de vivre en fugitive, mais elle serait rapidement repérée. On n'échappe pas au Sanctuaire, surtout lorsqu'on y a vécu. Elle était connue là bas, et Shaïna s'en donnerait à cœur joie si elle apprenait son retour. Elle eut une pensée pour Aiolia. Que faisait-il ? S'était-il aperçu de son départ ? Pensait-il un peu à elle ? Elle regrettait soudain d'avoir toujours été fière et glacée derrière son masque. Il lui avait montré tant de chaleur et d'affection qu'elle s'en voulait. Là, tout de suite, face au couché de soleil rougeoyant qui disparaissait sur la ligne d'horizon, elle se fit la promesse de lui dire ce qu'elle ressentait… si elle avait la chance de le revoir un jour…
