Elle s'assit sur le banc de pierre et regarda les visages inconnus des passants défiler devant elle. C'était son passe-temps préféré ces derniers temps. Peu importe où elle allait, elle s'apercevait que tous les gens se ressemblaient finalement. Un pas urgent et un visage fermé en Occident. Un air solennel au Japon, souriant et tranquille en Amérique du Sud. Elle avait beaucoup voyagé. Et ce n'était pas nécessairement parce qu'elle le voulait. Si ce n'avait été que d'elle, elle habiterait une jolie petite maison retirée, pas trop loin de Poudlard. Elle aurait plusieurs de ces enfants aux cheveux pâles et au visage encore plus blanc. Elle n'aspirait qu'au calme et à une petite vie tranquille, mais ce n'était pas le cas.

Après la guerre, elle avait été accusée du meurtre d'un ministre important. Elle avait beau plaider qu'il était en fait un Mangemort, appuyée par ses deux meilleurs amis, l'accusation flottait encore au-dessus de sa tête.

Elle avait donc dû s'enfuir. Elle vivait en reclus depuis. Le plus surprenant était que son mari et que la famille de celui-ci étaient en liberté malgré le rôle qu'ils avaient joué durant la guerre. D'ailleurs, ses parents, Harry, Ron et Ginny étaient les seuls à savoir qu'elle était mariée. À l'homme qu'elle aurait due détester. Elle avait essayé. Vraiment. Du moins pendant un moment. Puis, il lui avait sourit.

C'était d'ailleurs à cause de ce sourire qu'elle était dans ce petit café en plein cœur du Londres moldu, un endroit beaucoup trop dangereux pour elle. Elle l'attendait, comme elle l'attendait tous les samedis à un endroit de la planète.

-Bonjour mon cœur.

Sa voix. Elle se retourna et le regarda. Il souriait.

-Bonjour mon petit furet en sucre.

Elle savait qu'il détestait ce surnom, mais seulement pour voir sa grimace, ça valait la peine.

-Alors, les nouvelles?

Il l'embrassa à pleine bouche, puis s'assit en face d'elle avec deux tasses de café. L'homme parfait.

-Mes hommes et Saint-Potter travaillent fort sur ton cas. Je dirais que d'ici deux mois maximum, je vais décevoir toutes les Sang Pures encore célibataires en leur présentant officiellement ma femme…et la future mère de mes enfants.

Elle ne put s'empêcher de sourire.

-Et elles sont nombreuses ces pauvres femmes déçues de ne pas pouvoir t'avoir?

Il prit un faux air dramatique et soupira.

-Haaa, tu n'as pas idée.

-Et toi, tu laisses tes hommes travailler sur mon « cas », mais tu ne fais rien?

-Mon amour, moi je suis trop occupé à tenter d'être ami avec la Belette et à tester tous les sorts de protection pour la nouvelle maison que je nous ai trouvée à deux minutes en balai de Poudlard et qui contient six chambres à coucher.

Elle se leva rapidement, renversant la moitié de son café par la même occasion, et se jeta à son cou.

-Je t'aime, je t'aime, je t'aime.

Il riait franchement maintenant, sans se soucier pour le moins du monde des autres clients du café qui les regardaient d'un drôle d'air. Hey, il avait quand même le droit de faire plaisir à sa chère et tendre parfois. Ce n'était pas de sa faute si elle ne pouvait jamais s'empêcher de lui sauter dessus.

Hermione se figea un moment, à califourchon sur son mari qui la retenait par la taille.

-Tu as bien dit six chambres à coucher. Tu n'as quand même pas l'intention que je serve de productrice à bébés en série quand même, demanda-t-elle avec un doute évident dans la voix.

Le sourire gêné de son époux, sembla lui donner raison.

-Dray!

-Bien sûr que non, mon amour, répondit-il beaucoup trop vite. Il y a quand même notre chambre dans le décompte et une éventuelle chambre d'invités, donc nous avons maintenant assez de place pour quatre chambres d'enfants.

Devant son regard réprobateur, il se mit à murmurer pour lui-même.

-Ha et puis, si ça ne te fais pas plaisir d'avoir autant de pièces qu'on va « devoir » baptiser, tu n'as qu'à le dire, moi je ne pensais qu'à ton bien-être.

-Baptiser tu dis?

Regard coquin, petit sourire en coin.

-Alors ma petite lionne en chocolat, qu'est-ce que tu en dis?

Hermione prit un air sérieux et le regarda dans les yeux.

-Je dis que tu es mieux de me laisser avoir mon mot pour la décoration. Comme je te connais, tu es capable de tout mettre en vert et argent juste pour me « prouver » que ta maison est la meilleure.

-Hey, qu'est-ce qui me dis qu'il n'y aura pas du rouge et or partout, demanda-t-il soupçonneux.

-Je n'ai aucun complexe d'infériorité, moi. Donc je n'ai pas toujours besoin de me prouver que les Gryffondors sont la meilleure maison, je le sais déjà.

Et elle lui tira la langue.

-Pfff, j'ai épousé une vraie gamine.

-Oui, mais une gamine qui doit partir bientôt parce que le polynectar va arrêter de faire effet dans les prochaines minutes et je n'ai pas envie de me faire repérer avant d'avoir été innocenté par ces merveilleux hommes qui travaillent très fort avec mon meilleur ami pendant que toi tu imagines les galipettes qu'on va faire dans notre future maison.

Elle l'embrassa une dernière fois et se leva.

-En passant mon petit dragon en chocolat, la prochaine fois, on se rejoint à Pékin, dans le restaurant voisin où tu m'as emmené déjeuner à notre premier rendez-vous. Tu sais quand tu as joué le frimeur à fond.

Il rougit, incapable de se décidé si s'était parce qu'il ne détestait pas tant que ça les surnoms ridicules qu'elle lui donnait ou parce qu'il avait eut l'air totalement idiot lors de ce premier rendez-vous.

-Oui, oui je m'en souviens, grommela-t-il.

Et alors qu'elle partait, juste avant de faire disparaître le sort qui permettrait aux Moldus autour d'eux d'entendre leur vraie discussion au lieu d'une distorsion ridicule, il lui cria :

-Et puis, mon amour, peux-tu faire un effort pour ne pas trouver une personne ridicule en qui te transformer? Tu sais que je ne veux plus jamais que tu me déclares ton amour sous les traits de Longbottom, mais est-ce que tu étais obligée de te transformer en McGonnagal cette fois-ci?

Seul le sourire de la lionne lui répondit, alors qu'elle fit un discret Finite Incantatum.