Regina allait travailler dans ses différentes enseignes de la ville. Elle donnait parfois des conférences aux férus de cuisine lors de la sortie d'un de ses nouveaux livres. Aujourd'hui, elle allait honorer sa nouvelle carte dans son tout premier restaurant. Il était tout de bois, façonné par des ébénistes qui avait su faire sortir du cœur de l'arbre les ornements qui donnaient aujourd'hui au restaurant tout son cachet.
Elle donnait les ordres en cuisine, gérant à la perfection tout ce petit monde afin de satisfaire les clients en salle. Elle mettait elle aussi la main à la pâte, au sens strict du terme. Elle avait toujours particulièrement affectionné la pâtisserie. Elle contrôlait les plats qui sortaient de la cuisine d'un œil et d'un palais experts.
Elle ne trouvait plus la cannelle. Elle jura et maudit le commis qui n'en avait pas remis à disposition. Elle se rendit dans la pièce où les ingrédients étaient entreposés. Elle chercha la cannelle mais ne trouva que celle en poudre. Il devait forcément y avoir de la cannelle en bâton quelque part. Elle poursuivit son exploration, absorbée par sa recherche.
Elle sentit une odeur de brulé et entendit des bruits d'agitation. Elle fronça les sourcils. L'alarme incendie se déclencha. Le bruit strident perça le brouhaha des conversations et du bruit des cuisines.
Regina essaya d'ouvrir la porte. Elle demeurait close. Son cœur se mit à battre la chamade. Les mains soudain tremblantes elle essaya de nouveau d'ouvrir la porte. Elle frappa, appela à l'aide. Mais la porte demeura close. Personne n'entendit son appel. Les gens étaient sortis. Elle était seule et le feu dévorait tout sur son passage.
Emma avait eu un coup de fil signalant une agression. Elle s'était rendue sur les lieux mais il n'y avait rien. Elle avait soupiré, agacée.
« Les gens n'arrêteront donc jamais de mentir sur des trucs pareils ? »
Son collègue Graham lui fit remarquer qu'on s'agitait plus loin, dans la rue. Il y avait le feu. Les flammes se laissaient entrevoir par les fenêtres du restaurant, fendant l'obscurité de ses lueurs rougeoyantes.
Emma accourut et fit reculer les curieux. Elle mit en place les barrières de sécurité. Elle demanda si tout le monde était sauf. Graham appela les pompiers.
- « Shérif, il y a notre chef Mills à l'intérieur, informa un commis dont la tenue si blanche originellement était noircie par endroits.
- comme Regina Mills ?! »
Son sang ne fit qu'un tour. Les pompiers étaient encore loin. Ils avaient eu un autre incident plus au Nord de la ville et les travaux deux rues plus loin les forceraient à faire un détour. Les flammes grandissaient, plus chaudes, plus menaçantes.
Emma prit la bouteille d'eau qui était dans sa voiture et s'en aspergea afin de mieux se protéger de la chaleur. Elle mit ses cheveux sous son t-shirt et fonça dans les flammes.
Elle n'y voyait rien. Elle trouva la cuisine aisément qui était encore relativement épargnée par le brasier incandescent. Elle mit sa manche devant sa bouche afin de ne pas s'intoxiquer avec la fumée. Elle appela Regina mais n'entendit aucune réponse à son appel. Elle plissa les yeux afin de mieux discerner la pièce et ouvrit toutes les portes.
Une demeura fermée. Elle se saisit de l'extincteur et frappa la poignée. Elle jura et donna des coups plus francs. Elle donna un violent coup de pied dans la porte qui gémit. Elle allait bientôt céder. Prise par la peur et l'adrénaline, la blonde donna un énième coup qui fit céder la porte qui s'ouvrit à la volée.
Regina gisait sur le sol. Emma s'approcha et prit son pouls. Elle était en vie. Elle laissa échapper un léger soupir de soulagement à ce constat. Elle essaya de lui faire reprendre conscience mais en vain. La blonde s'accroupit. Elle plaça les bras de Regina autour de sa nuque. La Shérif mit un bras sous ses genoux, l'autre dans son dos. Elle inspira profondément et souleva la brune d'un mouvement. La pulsion de vie avait décuplé sa force. La tête de la brune tomba avec lourdeur sur l'épaule de la Shérif.
Celle-ci reprit brièvement conscience. Elle discerna les boucles blondes qui lui permirent de reconnaître Emma. Une lueur brillait dans les yeux de la Shérif mais Regina ne savait si c'était sa détermination ou le simple reflet des flammes. Elle savait qu'elle était son seul espoir. Dans un dernier élan de conscience elle attrapa le col de la veste rouge et la serra de toutes les forces qui lui restaient encore. Il ne fallait pas qu'elle l'abandonne.
Emma contourna le centre de la pièce dont le plafond s'était effondré. Elle prenait garde à ne pas approcher la brune des flammes. Elle se brula la jambe au passage. La flamme avait léché son pied, quémandant une dernière étreinte funeste. La Shérif courut à toutes jambes les derniers mètres qui la séparaient de la sortie, de la rue, de l'air frais.
Elle posa finalement la brune sur le sol froid de la chaussée. Elle grimaça et lança un juron accompagné d'un cri de douleur. S'accroupir ravivait sa brûlure à la jambe. Les secours arrivèrent quelques instants après. Ils prirent en charge Regina. Il lui placèrent un masque à oxygène sur le visage. Elle reprit doucement conscience, les yeux encore perdus dans le vague.
« Mais laissez-moi passer ! Bordel ! »
Du coin de l'oeil, Regina vit Emma se débattre avec un médecin pour passer. La brune l'appela faiblement mais Emma l'entendit distinctement. Ayant acquis à ses yeux toute la légitimité, elle s'approcha de celle qu'elle avait sauvée. Regina retira son masque et lui demanda ce qui s'était passé.
La Shérif lui expliqua doucement les faits et la brune fut prise d'un léger étourdissement. Alerte, la Sauveuse la saisit avant qu'elle ne retombe lourdement sur le brancard. Regina essaya de se redresser et posa une main sur l'épaule d'Emma dans ce but.
Un grand flash les illumina. Un photographe. La blonde reposa Regina sur le brancard et s'approcha du malheureux journaliste qui continuait à s'évertuer à prendre les clichés. Regina se cachait le visage pour essayer de se protéger de l'agression de la lumière trop vive.
- « Je te conseille d'arrêter avec ton putain d'appareil sinon je te le fais bouffer.
- Mais c'est pour le Boston Mirror, se justifia le journaliste.
- Mais j'en ai rien à foutre ! »
Un nouveau flash fendit l'obscurité. C'en était trop pour Emma. Elle se jeta sur le photographe, lui arracha son appareil des mains, le jeta au sol. Et sous le regard médusé des curieux, des secours mais surtout du propriétaire de l'appareil, elle le brisa d'un coup de talon bien placé.
La blonde avait lutté pour rejoindre la chambre de Regina. Elle était finalement assise sur une chaise près du lit. Fatiguée par les évènements de la soirée, la Shérif s'endormit, tenant la main de Regina dans la sienne. La brune était gardée en observation pour la nuit. Elle s'était réveillée quelques instants avant de replonger dans un sommeil sans rêve.
Peu de temps après, les deux femmes furent réveillées en sursaut par le claquement violent de la porte. Emma se redressa et retira prestement sa main. Ce ne fut qu'à ce moment que Regina réalisa que la blonde n'avait pas dû la lâcher depuis qu'elle était à l'hôpital.
Lucie se jeta sur le lit et pleura dans les bras de sa mère. La brune caressa doucement les cheveux de sa fille et essuya les larmes qui roulaient sur son doux visage. Voir sa Lucie dans un tel état lui serrait le cœur. Zelena s'approcha de sa sœur et posa doucement une main sur son épaule. D'un regard, elle s'assura qu'elle était entière. Elle n'avouerait jamais à haute voix qu'elle s'était inquiétée mais la brune savait ce qu'il en était aussi elle lui répondit dans un sourire que tout allait bien.
Zelena plissa les yeux en regardant la blonde.
« Je croyais que seule la famille pouvait entrer » lui fit-elle remarquer.
Regina tourna le tête vers Emma. La blonde mit du temps avant de répondre qu'elle avait fait valoir qu'elle était Shérif pour passer.
Cora fit son entrée, suivi par son mari, en rien perturbée par ce qu'avait subi sa fille plus tôt dans la soirée. Bien au contraire, elle s'extasia sur la couverture médiatique qui s'offrait ainsi à elle. Cora parlait avec joie de ce malheureux incident. Elle prenait la situation avec bien trop de désinvolture pour y être totalement étrangère.
- « Attendez, vous y êtes pour quelque chose ?!, réalisa la Shérif.
- Vous alliez la sauver, répondit la mère de Regina sur le ton de l'évidence.
- Mais vous êtes barge !, s'emporta-t-elle. Et si j'y étais pas allée ?
- C'est ce que les gens bien font.
- Et envoyer sa fille au bûcher c'est ce que font les gens mauvais ?
- J'ai peur que vous ne soyez en train d'insinuer quelque chose de regrettable, lança Cora, menaçante en se dressant de toute sa hauteur.
- Et moi j'ai peur de vous foutre mon poing dans la gueule » cracha Emma, la mâchoire serrée.
La Shérif s'était levée et semblait faire rempart de son corps entre Regina et Cora. Les deux femmes se jetaient des regards noirs. Cora s'était avancée vers la blonde afin de la défier d'avantage mais cette dernière ne se laissait pas impressionner. Regina attrapa la main d'Emma et lui fit non de la tête. Se battre avec sa mère ne servirait à rien. Emma serra doucement la main de sa fausse petite amie pour lui signaler qu'elle avait compris son message et elle partit. Elle repasserait le lendemain, quand Cora ne serait pas là.
Henry Senior, après s'être lui-même enquit de l'état de sa fille, prit Lucie par les épaules et lui intima de dire aurevoir à sa mère. Elle devait se reposer. La jeune fille dormirait chez ses grands-parents ce soir. Elle prit sa mère une dernière fois dans ses bras et se sépara d'elle à regret, le temps d'une nuit.
Zelena resta encore un peu avec sa sœur. Elle était aussi choquée qu'on pouvait l'être par la tournure des évènements de la soirée mais ce n'est pas sur cela qu'elle voulait s'attarder.
« Je pense que tu devrais jeter un œil à ceci. Tu verras, c'est plutôt drôle. »
La rousse prit la télécommande de la télé de la chambre et commença à zapper. Elle cherchait quelque chose sans trouver. Se succédaient dessins animés, films à l'eau de rose, documentaires et émissions de télé réalité. Zelena s'arrêta sur une chaîne d'informations locales.
Regina put lire, malgré son état de fatigue, en bas l'écran : « Un incendie ravage le restaurant Mills »
« Un incendie dont l'origine n'a pas encore été identifiée a fait rage dans les rues de Boston. Le restaurant très côté et appartenant à Regina Mills, grande cuisinière et femme d'affaire, s'est retrouvé en cendres. Prise dans les flammes, elle ne doit son salut qu'au courage du Shérif de la ville, Emma Swan, récemment promue à ce poste. »
Les images de l'incendie laissèrent place à son portrait et à celui d'Emma. Regina fronça les sourcils : elle ne voyait pas où sa sœur voulait en venir. Puis on voyait des images d'Emma prendre Regina dans ses bras et sortir du restaurant, pour la déposer sur le sol. La brune rougit de gêne et de honte. Zelena sourit. Le meilleur était à venir. Cora apparut à l'écran. Regina déglutit.
« L'incident de ce soir est tragique. Ma fille aurait pu périr. Je dois sa vie au Shérif de la ville et petite amie de ma fille. Lorsque Regina me l'a présentée, j'ai su que c'était une femme qui saurait prendre soin de ma fille. »
Cora essuya du revers de sa main quelques larmes factices. La journaliste lui posait d'autres questions sur cette relation et Regina vit avec horreur sa mère y répondre avec grande joie. Elle allait faire part à sa sœur de son mécontentement quand celle-ci la fit taire et l'invita à reporter son attention sur l'écran.
On y voyait à présent Emma se battre avec un médecin pour rester aux côtés de Regina. Ce dernier la repoussait, prétextant que seule la famille pouvait rester. Emma se mit à hurler que Regina était sa petite amie et que de ce fait elle avait la meilleure raison du monde pour entrer dans l'ambulance.
La brune rougit de plus belle et se tassa dans son lit, espérant sans doute s'ensevelir sous les draps blancs.
L'écran, tel un beau miroir enchanté, montra d'autres faits, comme pour expliciter à Regina que ce n'était pas tout. Emma se précipita vers un photographe, l'agita comme un prunier avant de piétiner l'appareil de ce dernier.
Zelena éclata d'un rire franc. Cette femme blonde était un sacré numéro. Elle se tourna vers sa sœur :
« Tu es sûre que vous deux c'est juste du bluff ? »
Emma était repassée aux aurores. Elle avait même attendu le feu vert des dames à l'accueil pour se ruer vers la chambre 815. Elle y trouva une Regina déjà réveillée qui fixait son petit poste de télévision d'un air las. Elle ne fut pas mécontente de trouver la blonde. Même si cette dernière était éreintée et pour cause. L'incendie avait été le bon prétexte pour les casseurs de faire leur entrée en grandes pompes. Emma n'avait pas arrêté de courir et n'avait que très peu dormi.
Elle lui donna de vagues détails de sa nuit et s'enquit naturellement de l'état de Regina.
« Il ne veulent pas me laisser sortir avant cet après-midi », soupira-t-elle.
Cependant, Emma approuva cette décision. Ceci lui permettrait de se reposer d'une part et de voir si l'incendie n'avait pas laissé des problèmes quelconques. Elles parlèrent de Cora et de son complot. La blonde en parla avec violence. Elle était révoltée et choquée. Regina essaya de défendre sa mère, bien que les excuses soient minimes et guère convaincantes. La rage d'Emma laissa peu à peu place à de longs bâillements. Les larmes perlèrent aux coins de ses yeux. Elle frissonna de fatigue.
- « Viens t'allonger, ordonna doucement Regina.
- Non c'est bon. T'inquiète pas.
- Viens je te dis. »
Elle tapota doucement la place à côté d'elle. Elle se décala pour laisser une place décente et Emma s'y logea docilement. Elle chercha une position confortable et opta finalement pour se mettre sur le flan. Regina s'ajusta contre elle de sorte que la tête de la blonde repose sur la sienne. Elle prit ensuite le bras d'Emma et le plaça sur son ventre. Emma la serra contre elle, trop heureuse que cette bouillotte si gentiment offerte.
« Je reste cinq minutes, après il faut que j'aille travaiiiiiiller. »
Le bâillement mangea le dernier mot et lui intima silence et repos. Toutes deux s'endormirent paisiblement.
La porte de la chambre s'ouvrit sans qu'on eut toqué préalablement. Zelena ouvrit la bouche pour saluer sa sœur avec tout le dynamisme qui la caractérisait. Cependant, quand elle vit la scène qui se déroulait sous ses yeux, elle n'eut pas le cœur à briser ce moment de quiétude. Elle posa son sachet de viennoiseries sur la table et quitta la pièce sans un mot.
L'incident avait rendu Regina populaire d'une certaine manière. Certains la mettaient sur un piédestal, d'autres la charriaient mais le fait est qu'on ne cessait d'en parler.
Regina avait longuement travaillé son discours mais devant sa soudaine notoriété, elle commençait à douter.
Elle avait demandé à sa sœur de bien vouloir prendre Lucie le temps d'un après-midi et Zelena s'y était pliée de bonne grâce.
Regina ouvrit donc la porte à son père. D'un tempérament calme et discret, Henry Senior cachait des réelles capacités littéraires et oratoires. Vivre avec Cora permettait de développer certaines capacités.
« Tiens, je n'avais pas remarqué ce tableau avant ».
D'un signe de tête il désigna le cadre dans lequel se trouvait une peinture. On y distinguait quatre personnes. Le père de Regina reconnut sans grande difficulté sa fille et sa petite-fille dont les traits étaient très fidèles.
- « Oui c'est une peinture d'Emma.
- Elle peint ?
- Oui c'est une artiste. N'était-elle pas douée ?, demanda Regina les yeux brillants d'admiration. Je trouve qu'il y a un peu de Renoir dans son style. D'un coup de pinceau elle arrive à nous faire voir un visage.
- C'est vrai qu'elle est douée. »
Henry observa plus longuement la peinture et reconnut le jeune Henry avec ses cheveux bruns en batailles et sa mère avec sa chevelure dorée en les deux autres protagonistes du tableau. Des touches de verts suggéraient arbres et végétation. Des pointes de blancs révélaient la lumière du soleil. On y voyait quatre personnes visiblement heureuses dans un parc. Tant dans la forme quand dans le fond, le tableau était remarquable.
« Regarde, Papa,le reflet du soleil qu'elle a retranscrit dans les yeux. Henry, Lucie et moi avons les yeux marrons donc la beauté du reflet y est moindre, en mon sens. Mais regarde ses yeux. Elle a des yeux verts mais on peut y voir des reflets bleus avec la lumière vive. C'est absolument magnifique. »
Henry regarda successivement sa fille et le tableau avant de s'attarder sur Regina. Un sourire peut-être naquit sur son visage. Il était sans aucun doute quelque peu moqueur.
« Dois-je te laisser seule en tête à tête avec le tableau ? » demanda-t-il en peinant à cacher un rire.
Regina roula des yeux et son père poursuivit : « Je pense tout de même qu'il faut avoir un certain sens de l'observation pour noter certains détails. Tu es peinte avec ta cicatrice à la lèvre et ce petit grain de beauté sur ta joue gauche. Je le sais parce que je suis ton père. Cette Emma semble de porter grande attention, n'est-ce pas ? ».
Cora s'évertuait à planifier la vie de Regina. Elle avait fait tout un agenda visant à promouvoir ce qu'elle appelait une « néo version moderne de la famille » dans le but de « donner une vision éclairée et positive visant à rassembler une large population d'électeurs ».
La fille de Cora était tout simplement atterrée par ce que disait sa mère. Il était trop tard pour changer d'avis. Elle s'était engagée dans ces élections pour lui faire plaisir alors elle devrait tout faire pour gagner.
Emma s'y pliait de bonnes grâces. Cette vieille bique rousse était une sociopathe qui était allée jusqu'à risquer la vie de son amie pour grandir ses chances de victoire. Si elle s'était mise sur la touche au début, cela ne serait plus le cas à présent. Les intérêts de la Shérif étaient aussi personnels : cela lui permettait de défier sa propre mère et dégouter son ex encore plus si des fois c'était encore possible.
Cora leur fit part de leur impact mondial depuis l'incendie dont elle se félicitait intérieurement d'en être la cause. Ce sauvetage incroyable avait été retransmis dans de nombreux pays dont le Japon qui est très friand de ce genre de spectacles. Lors de shows télévisés, ils avaient diffusé des images et des photos, fait des parallèles avec différents animes... Il faut dire que le sauvetage héroïque est monnaie courante dans le monde en 2D. Jusqu'à nommer le couple « Swan Queen ».
- « C'est quoi ce nom ? J'ai pas une tête à porter un tutu, murmura Emma.
- En effet, s'amusa Regina. Quoique, ceci serait assez divertissant.
- Ta...copine, commença Cora, a été nommée ''Le Chevalier Swan'', ''Le Chevalier Blanc''...jusqu'à n'être finalement nommée que par son nom de famille et...
- Oh je vois, l'interrompit sa fille. Ils ont fait le parallèle avec la critique culinaire ? »
Cora acquiesça et la blonde ne comprit pas un mot. Devant son air perdu, Regina expliqua : « Mon prénom signifie ''Reine''. Dans une critique, à mes débuts, j'ai été surnommée ''la Reine de la cuisine américaine'' et le surnom est plus ou moins resté. Les Japonais se plaisent à fusionner les noms de deux personnes. Remma ou Emmina n'ont pas du bien sonner à leurs oreilles, d'où ''Swan Queen'' ».
« Donc vous voulez qu'on fasse quoi ? » demanda la blonde d'un ton las à la despote qui servait de mère à son amie.
Un large sourire naquit sur le visage de Cora et Emma se dit que ce n'était pas vraiment bon signe.
Regina n'avait pas eu l'occasion de la remercier convenablement pour ce qu'elle avait fait. Elle avait posé des congés pour avoir la fin de sa semaine. Elle utilisa ce temps libre en cuisine, sur les bons conseils de sa fille.
La brune traversa les bureaux sous les regards des policiers à leurs bureaux. Elle toqua au bureau du fond. Emma délaissa sa montage de paperasses et fit signe à Regina d'entrer.
- « Comme tu es débordée cette semaine, je t'ai apporté ton repas. Et je t'ai fait un café aussi.
- Ah. C'est le ciel qui t'envoie ! J'en voyais plus le bout. Tu manges avec moi ?
- Non, j'ai mangé avant. »
Emma ouvrit le sachet et découvrit deux pains au curry. Elle les engloutit avec une telle rapidité que Regina se demanda si elle n'allait pas finir par s'étouffer. La brune s'était assise sur son bureau et elles discutaient, du moins Emma répondait quand elle n'avait pas la bouche pleine.
La blonde vit de l'agitation de l'autre côté de la vitre. Regina était dos à la vitre aussi elle ne pouvait pas voir. Deux des collègues d'Emma faisaient mine de danser ensemble et de s'embrasser tandis que d'autres leurs lançaient des bouts de papiers de la même manière qu'on jètent du riz sur les mariés. Ils ricanèrent du moins le devina-t-elle. Elle secoua la tête d'un air blasé et leur fit un doigt d'honneur ce qui les fit rire de plus belle. Regina se retourna juste assez rapidement pour apercevoir un bout du spectacle.
- « Qu'est-ce que c'est ?
- Ca, répondit Emma. C'est mes collègues qui expriment leur soutien au « Swan Queen ». Et encore tu aurais du les voir hier : pour mon anniv, ils se sont tous achetés un t-shirt avec un cygne et une grosse couronne au-dessus. Un truc vu sur internet a priori. Ils ont lancé la chanson du Lac des Cygnes quand je suis arrivée hier matin.
- Quoi ? C'était ton anniversaire hier ? Pourquoi tu l'as pas dit ?
- C'était pas si important.
- Je te rappelle que tu m'as offert cette peinture pour mon anniversaire.
- Crois-moi ce repas vaut bien plus qu'une peinture. »
Dans les faits, Cora avait seulement demandé à ce qu'Emma joue le parti parfait pour Regina. Un moindre mal en somme.
En attendant les ordres de la marâtre, leur vie demeurait égale à elle-même rythmée par les entrainements de hand, le travail, les sorties.
Regina se répétait son discours depuis qu'elle avait quitté la chaleur de son habitacle. Elle toqua doucement et Emma lui ouvrit quelques secondes plus tard.
« Quand tu disais que Henry ne mangeait pas sainement, je ne m'attendais pas à ce que tu viennes pour le dîner afin de t'assurer que je mette plus de légumes dans son assiette, commença Emma avec humour.
Je ne suis pas venue pour le dîner.
Pour quoi alors ?
Toi. »
Notes :
A priori, dans le livre officiel de Once Upon a Time, Emma porte littéralement Regina dans ses bras. J'ai donc repris la chose ici (quelqu'un ici aurait le livre et pourrait confirmer ? Parce que si c'est le cas, c'est un blasphème de pas l'avoir fait dans la série).
La ministre de la Justice de la Crimée a été comparée, par les Jpaonais, à un personnage du manga Full Metal Alchemist . Il s'en est suivi beaucoup de fanarts et même un petit fanclub. J'ai repris cet événement et j'ai calqué l'incendie dessus.
Dans les ships japonais, le nom du ship est la contraction des deux personnages comme Yui-Azusa = YuiAzu. Et normalement, c'est la personnalité la plus forte (souvent la plus masculine) qui est mise en premier. Ici, c'est modifié pour arriver au nom Swan Queen.
