Note : Bienvenue pour ce début d'acte 2 ! J'espère que la suite de l'histoire vous plaira ! :D


ACTE 2

Titre : La Forge

Genres : Action, aventure, amitié, espionnage/enquête

Personnages : Ootori Naru, Motoya Masakazu, Abarai Renji, Shinanji Katsuya, Kuchiki Byakuya, divers autres personnages.

Synopsis : Après le départ de Katsuya, la Sixième Division continue ses enquêtes dans le but de retrouver le groupe organisé qui leur a pris leurs camarades. Naru et Motoya partent faire leurs recherches, quand ils tombent sur une vieille connaissance. Apparaît alors une silhouette encapuchonnée de noir portant un masque d'or...


Chapitre 7 : Retrouvailles

Les événements étaient tout juste passés que la cellule d'enquête, chargée d'en apprendre plus sur le groupe organisé qu'avaient rejoint les déserteurs, était occupée, jours et nuits, à traiter le peu d'indices qu'ils parvenaient à récolter. Abarai Renji, désigné comme étant le chef et le représentant du petit groupe, devait osciller entre ses responsabilités de Lieutenant, son nouveau poste et les entraînements de Naru. Bien sûr, la jeune femme savait que ce n'était pas par gentillesse que le Capitaine avait ordonné à son second de la faire progresser, mais bien pour qu'elle ne soit pas un poids mort pour la cellule. Celle-ci, d'ailleurs, était composée d'une quinzaine de personnes, dont Renji, Naru, et le Lieutenant Motoya, qui s'était porté volontaire pour honorer la mort de Karen, ainsi que des Shinigamis venant des autres Divisions. Les cinq sections de la Sixième continuaient donc leurs investigations sans eux.

Le temps passa et emporta avec lui les semaines, puis les mois. Malgré l'assurance de Renji lors du combat contre Katsuya, ce-dernier restait quasiment introuvable. Son énergie spirituelle réapparaissait parfois sur les radars que leur avait fournis la Douzième Division, mais le temps qu'ils quittent le Seireitei, elle avait de nouveau disparu. Ils avaient beau fouiller les endroits, les quartiers où il semblait être allé, ils ne retrouvaient rien, pas une trace.

Après plus de six mois, ils commençaient à se demander s'ils ne chassaient pas un fantôme, qui errait, dans les campagnes de la Soul Society. Quand ils atteignirent la fin de la première année de recherche, ils avaient complètement perdu patience, et leur motivation ne tenait plus qu'à un fil.

Pour assurer des surveillances et des enquêtes perpétuelles, ils travaillaient en plusieurs équipes, qui se relayaient, dans les locaux qui leur avaient été attribués, ainsi qu'à l'extérieur. Et c'était actuellement Naru et Motoya qui arpentaient la cambrousse de la Soul Society, traquant un mince filet d'énergie spirituelle. Pour ne pas être repérés s'ils venaient à tomber nez à nez avec leurs ennemis, ils avaient troqué leur uniforme de Shinigami, très reconnaissable, contre une tenue beaucoup plus commune. Tuniques brunes, pantalons sombres, bottes, ils portaient également une longue cape de voyage couleur sable, qui ne leur servait, en réalité, qu'à cacher le sabre qu'ils avaient à la ceinture. Le col du manteau remonté, les cheveux, plus longs, coiffés en une queue-de-cheval haute, Naru sortit de sa poche un petit appareil de métal, gris, pour balayer l'endroit où elle se trouvait. Non loin d'elle se trouvaient quelques souches, de la terre toute juste retournée et un gros rocher brisé en deux. La cassure était nette, lisse, et la roche ne s'effritait pas. La jeune femme baissa son col pour passer les doigts sur l'émetteur autour de son cou.

- Ootori Naru.

- Je t'écoute, lui répondit la voix grave de Renji, désincarnée par la technologie.

- Le boîtier détecte une grande concentration d'énergie spirituelle ici.

- Pourtant, nos radars ne réagissent pas.

- C'est étrange... souffla-t-elle, la signature est différente, comme si elle n'appartenait pas à un Shinigami.

- Un Hollow ? fit la voix d'un autre homme à côté de Renji.

- Non, on nous aurait avertis, répondit celui-ci. Naru, envoie-moi tes données, nous allons les étudier.

La jeune femme acquiesça, puis coupa la communication. Elle appuya ensuite sur l'un des nombreux boutons du boîtier, afin de transmettre les relevés à la cellule d'enquête. A côté d'elle, Motoya étudiait la cassure dans la pierre. Il passait sa main sur la fente, lisse, très légèrement ondulée, tout en réfléchissant. Pensif, il se redressa et observa le lieu autour de lui.

C'était une large plaine d'herbes jaunies et de mottes de terre. La forêt s'étendait tout autour à perte de vue, hormis quelques arbres aux branches sèches cassées, qui se profilaient, morts, par endroits.

- Lieutenant, vous avez quelque chose ? demanda Naru en le rejoignant.

- On dirait qu'un combat a eu lieu ici, dit-il en regardant une branche qui ne tenait à son tronc que par quelques filaments de bois. Peu violent, il n'y a pas beaucoup de dégâts, mais il y avait une arme blanche, peut-être un Zanpakutô...

Il tapota de la main l'un des morceaux de roche brisée pour appuyer ses paroles tandis que la jeune femme réfléchissait avec lui. Le silence fut long, rompu par moment par le bruit du vent dans les branches des arbres ou le passage d'un oiseau. A qui pouvait bien appartenir cette énergie spirituelle ? Ce n'était ni un Shinigami, ni un Hollow, alors, qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Après un certain temps, une légère vibration se fit sentir dans l'émetteur qu'ils avaient au cou, et ils activèrent la communication d'un même mouvement.

- Motoya Masakazu, j'écoute, fit celui-ci.

- Nos analyseurs indiquent qu'il s'agit d'une énergie spirituelle dont la signature est proche de celle d'un Hollow, lui répondit un Shinigami de la Douzième Division, mais ça n'en est pas un, les radars l'auraient détecté.

- Nous avons trouvé une entaille qui ressemble très fortement à celle que pourrait infliger un Zanpakutô, expliqua l'officier en parlant dans son émetteur.

- On va chercher dans les archives si quelque chose correspond, intervint Renji. Poursuivez vos observations.

Les deux Shinigamis acquiescèrent puis suspendirent la communication. Motoya s'écarta alors du rocher pour se diriger vers la lisière de la forêt la plus proche, où il croyait apercevoir d'autres branches brisés et un tronc arraché de la terre. Naru le suivit en silence, balayant la plaine du regard. Ils arrivèrent quelques instants plus tard devant les hauts arbres, couverts de feuilles d'un vert éclatant, ainsi que la pénombre qu'ils projetaient sur le sol. Entre eux, un grand tronc fracassé répandait ses échardes sur le tapis de feuilles décomposées. La jeune femme approcha de nouveau le boîtier afin d'analyser les résidus d'énergie spirituelle, quand une vibration, plus forte cette fois, se propagea le long de sa nuque. D'un geste, les deux Shinigamis posèrent la main sur l'émetteur, alors que dans la cellule d'enquête, Renji avait les yeux rivés sur un écran, la main serrant le socle d'un petit micro.

- On a détecté Katsuya ! s'exclama-t-il. A cinq heures de votre position, quatre kilomètres, il se dirige vers l'ouest !

Ne prenant pas la peine de répondre, Naru coupa la communication, rangea précipitamment son matériel dans la sacoche qui pendait à sa hanche, puis elle s'élança dans la direction indiquée, Motoya sur ses talons. Son cœur battait fort, car elle espérait avoir suffisamment progressé pour pouvoir venger ses camarades tués insidieusement par le traître. Elle voulait le combattre, lui montrer qu'elle n'avait pas besoin de lui pour progresser, puis le vaincre. Dans son cœur, le souvenir de la trahison était encore présent, et même si elle ne l'avait pas connu longtemps, elle avait cru à leur amitié.

Ils traversèrent ainsi la large plaine, contournant les troncs morts, bondissant au-dessus des rochers, puis ils parvinrent de l'autre côté et pénétrèrent dans la forêt. Si elle se concentrait suffisamment, elle sentait l'aura caractéristique de son énergie spirituelle, et même si elle n'était pas très précise, cela lui était suffisant pour la suivre. Tous les deux, ils filèrent dans le sous-bois, ne faisant pas attention aux fougères et aux branches basses qui leur fouettaient les bras, ni les racines et les brindilles qui craquaient sous leurs pas. Après un certain temps de course dans la forêt, ils débouchèrent sur un espace dégagé. L'herbe y était verte, se faufilant parfois entre quelques fleurs sauvages, et une légère brise venait y souffler. En face d'eux, marchant d'un pas tranquille, se trouvait Katsuya. Celui-ci se retourna alors, d'un mouvement vif, comme s'il avait senti leurs énergies spirituelles, et il posa la main sur la poignée de son sabre. Il ne portait plus l'uniforme des Shinigamis, mais un ensemble de vêtements noirs, légers et pratiques. En silence, il les laissa approcher, alors que Naru le fusillait du regard, s'empêchant de bondir vers lui pour l'attaquer. La présence du Lieutenant Motoya la forçait à se contenir. Quand ils furent à portée de voix, le déserteur esquissa un sourire moqueur.

- Après tout ce temps, vous n'êtes que deux à ma poursuite ? ricana-t-il. Vous me décevez !

Masakazu ne répondit pas, se contentant de le toiser avec colère. Sous sa cape, il avait lui aussi saisi son sabre.

- Allez, détendez-vous, reprit Katsuya, je ne compte pas me battre avec vous.

- Cela fait un an qu'on te court après, on ne va pas te laisser t'enfuir une nouvelle fois ! s'exclama Naru en passant sa main dans son dos, sous sa cape, pour prendre en main Sekiko.

Son supérieur le détecta et il lui fit signe de se calmer. Avant la confusion du combat, il voulait réunir des éléments sur le groupe qu'il avait rejoint, lui et les autres déserteurs.

- Ma petite Naru, siffla Katsuya entre ses dents. Je ne pensais pas que tu t'acharnerais à me retrouver après ta défaite de l'année dernière.

- Te retrouver est le moins que je puisse faire pour venger ceux que tu as tués ! répliqua-t-elle, en colère.

Motoya tenta de nouveau de la calmer, mais bien vite, il comprit que c'était inutile. La jeune femme nourrissait pour lui une telle rancœur qu'elle ne l'aurait pas écouté. Il tenta alors de détourner la conversation de toutes ces affaires de vengeance et de trahison, subtilement.

- Katsuya, dit-il, tu es seul et nous sommes deux. Je pensais que tu t'étais fait des amis, à l'extérieur du Seireitei.

- Oh, bien plus que tu ne l'imagines, j'en suis certain, répondit le jeune homme dans un sourire froid.

- Pourquoi avoir fait tout ça ? Qu'est-ce qu'ils t'offrent de plus ?

Le regard du déserteur s'illumina d'une flamme de passion et d'espoir. Le visage éclairé, il écarta les bras, regardant le ciel bleu strié de nuages blancs et vaporeux.

- Mais pour la rédemption !

Les deux Shinigamis échangèrent des regards interdits, se demandant de quoi il parlait, puis ils furent glacés sur place par le rire froid, fou, de Katsuya. Un frisson se répandant le long de son échine, Naru déglutit, mal à l'aise, tandis que son supérieur revenait à la charge.

- Comment ça ? Tu sais très bien que quand nous mourrons, nous devenons l'énergie spirituelle qui compose la Soul Society. Qu'est-ce qui peut nous attendre d'autre ?

Le jeune homme baissa la tête et les regarda, tour à tour, un rictus tordu aux lèvres, avant de secouer l'index en signe de négation.

- Non, non, non, ça ne va pas, souffla-t-il alors. Vous ne méritez pas de savoir, ni d'être sauvés. Amaterasu-sama nous l'a dit : les Shinigamis doivent mourir.

Ne saisissant pas le sens de ses paroles, Naru fronça les sourcils. A côté d'elle, Masakazu voulut reprendre la parole, mais le déserteur tira sur sa poignée tressée, leva le coude, et dégaina lentement le fil étincelant de Kasatsu.

- Et maintenant, je vais vous tuer, murmura-t-il en détachant chaque syllabe. Tous les deux.

Puis il s'élança vers Naru, sabre en avant. Celle-ci bondit de côté tout en dégainant Sekiko, puis chargea, sa cape claquant dans son sillage. Les deux armes se rencontrèrent, claquèrent, se repoussèrent. Derrière lui, Masakazu tira son katana et se mêla au combat. Qu'importe que celui-ci ne soit pas égal, le but était de soutirer des informations au traître. Et il ne donnerait rien de son plein gré sans quelques blessures. Katsuya leva sa lame pour parer le coup qui venait dans son dos, tout en repoussant du pied le poignet de Naru, qui attaquait de nouveau. Légèrement déséquilibrée, elle se rattrapa, puis Sekiko fendit l'air. On entendait plus que le fracas des armes et les respirations haletantes. Il n'y avait plus de parole, plus que le combat.

Prenant appui du pied sur le plat de la lame de la dague qui se glissait vers lui, Katsuya referma le poing derrière son épaule, sur le col de la cape de Motoya, et s'élança. Il sauta, se courbant en arrière, se retourna, et se retrouva dans le dos de celui-ci, près à attaquer. Alors qu'il amorçait son geste, la pointe acérée d'un katana déchira le pan beige du vêtement, qu'il évita d'une esquive mal assurée.

- C'était vicieux... souffla le déserteur dans un demi-sourire.

- C'est tout ce que tu mérites ! lui répondit le Lieutenant en brandissant sa lame.

Derrière lui, Naru s'était arrêtée. Elle passa sa main sur le fil tranchant de sa dague, et laissa exploser son énergie spirituelle. Des brins d'herbe furent arrachés sous le coup, alors que la transformation de son arme s'effectuait. Deux longues griffes sur un gant de métal, elle prit son élan, et revint dans la bataille. Dans des pas rapides, elle contourna Motoya, prit appui sur le sol végétal, puis fit glisser sa jambe contre les chevilles de leur adversaire. Occupé à parer l'attaque du supérieur, Katsuya ne vit pas le coup venir et tomba en arrière, Naru déjà sur lui, le poing en avant. Il dressa in extremis son arme, qui put dévier le coup, puis il roula sur lui-même et se redressa, le souffle un peu court.

- Hé, c'est pas passé loin ! lança-t-il sur un ton joyeux.

Il essuya du revers de la main la sueur qui perlait sur son front, puis son regard s'assombrit et son sourire disparut de son visage. La voix beaucoup plus grave et menaçante, il reprit la parole, tandis que de violentes variations de son énergie spirituelle se faisaient sentir.

- Mais c'est fini de jouer, maintenant.

Il brandit son arme et laissa le soleil se réfléchir sur le métal brillant, lançant des éclairs rageurs. Amenant son sabre devant son visage, il leur adressa un regard plein de colère.

- Brûle, Kasatsu !

Alors le fil aiguisé sembla se fendre en trois, et deux autres lames apparurent, s'écartèrent, avant de s'enflammer. En réponse à cette provocation, le Lieutenant Motoya se redressa, ne tenant sa poignée que d'une seule main, il fit tournoyer son katana, tandis que, comme l'homme qui lui faisait face, son énergie s'élevait dans les airs avec violence.

- Fauche, Tenôgama ! s'exclama-t-il alors.

La poignée s'allongea, encore et encore, et la lame se courba, se plia, tout en semblant s'enfoncer dans le manche. Plus courte, elle luisit au soleil, et Masakazu fit un instant tourner son sabre libéré dans ses deux mains. Il tenait à présent une hallebarde.

- Oh, je vois que vous êtes sérieux, tous les deux, chantonna Katsuya. Mais c'est inutile, je suis bien plus fort que vous ne le serez jamais !

Sur ces mots, il s'élança, son sabre enveloppé de flammes, et bondit sur Naru. La jeune femme s'accroupit, prit son élan au sol, et, concentrant son énergie dans ses jambes, se lança à sa rencontre, Sekiko au poing. Elle vit les trois lames de Kasatsu se rapprocher tandis que ses griffes fusaient vers son épaule. Alors elle pivota, prenant appui de la main sur le long manche de Tenôgama que Motoya avait tendu, et se retourna. La chaleur du sabre de Katsuya passa tout prêt de son visage, brûlant l'extrémité de ses cheveux, mais sa course s'acheva dans le vide. Naru arriva sur la fin de son mouvement, et asséna, vers son adversaire situé en dessous, un vif coup de griffes. Entaillé à l'épaule, le sang perla sur l'herbe verte, et le déserteur se retourna, prêt à charger de nouveau. Mais cette fois-ci, il ne fit que relever son arme dont les flammes s'amplifiaient, et murmura, comme s'il lui adressait un secret.

- Jikokuga Hibun.

Apparut alors un immense tourbillon de feu, bien plus grand et bien plus chaud que celui que Naru avait vu un an auparavant. Immobilisée par la stupeur, la main devant le visage pour se protéger de la chaleur, elle fut sauvée au dernier moment par Masakazu qui la tira sur le côté. L'embrasement continua sur quelques mètres puis s'évapora dans les airs en répandant des cendres sur le sol.

- Laisse-moi m'en occuper un peu, dit Motoya à la jeune femme.

Celle-ci ne souhaitait pas rester en retrait, mais elle hocha tout de même la tête avant de s'écarter. Elle ne lâcha pourtant pas le combat des yeux, prête à intervenir ou à s'interposer s'il le fallait. L'homme se tourna alors vers le déserteur en dressant sa hallebarde.

- Nous ne sommes pas ici pour nous amuser, Katsuya. Je vais te vaincre, et ce sera ta punition pour nous avoir trahi !

Ne laissant pas le temps à son adversaire de répliquer, il saisit le manche de Tenôgama à deux mains et se concentra pendant une fraction de seconde. Une incroyable onde d'énergie spirituelle explosa alors tout autour de lui, emportant les pétales de fleur, le pollen, et la terre, faisant claquer les capes. Il fit ensuite tournoyer son arme dans ses mains, la fit voler dans son dos et au-dessus de lui, puis il la rattrapa et la brandit, bras tendus.

- Ban...

Katsuya le fixa, les yeux écarquillés. Il n'y avait plus l'ombre d'un sourire sur son visage, et on pouvait presque percevoir les flammes de Kasatsu devenir moins vigoureuses. Il déglutit, se disant qu'il devait mal entendre, que le vent qui sifflait à ses oreilles, provoqué par cette explosion d'énergie, devait lui jouer des tours. Pourtant, il ne bougea pas, resserrant sa prise sur sa poignée.

- -kai !

L'air sembla alors s'épaissir, s'alourdir, le ciel s'assombrit, et soudain, une nouvelle onde projeta tout autour. Katsuya vacilla légèrement mais se reprit, tandis que Naru se protégeait le visage des herbes qui étaient arrachés sous la violence du vent. Le manche de la hallebarde se recouvrit alors d'un noir d'encre, et sa lame s'allongea, courbée. A l'autre extrémité du manche poussa une longue épine siffla dans l'air quand Motoya fit tourner la présente faux pour l'appuyer sur son épaule.

- Tenbatsu Ôgama, prononça-t-il.

- C'est... ridicule, souffla le déserteur en s'efforçant de garder contenance. Je croyais que tu étais l'officier le plus naze de la Sixième !

- Quand tu y étais encore, j'étais Vingt-et-unième Siège. Maintenant, je suis Cinquième.

Katsuya déglutit, les dents serrées. Il ne s'attendait visiblement pas à ce que son adversaire puisse libérer le Bankai. Pour lui, le combat prenait une toute autre direction, et il n'était plus aussi sûr de vaincre. Il dressa néanmoins son sabre, et puisa dans toute son énergie restante pour que Kasatsu répande ses flammes jusqu'au sol. Il prit son appui, et, tentant le tout pour le tout, avant que Motoya n'ait eu le temps d'attaquer, il s'élança, la peur au ventre. Il murmura de nouveau le nom de sa technique, dirigea le brasier vers l'ancien chef de sa section, et pria. Malheureusement pour lui, Masakazu n'eut qu'à s'écarter pour éviter les flammes, et il fit ensuite tourner son immense faux dans sa main pour le faucher comme on fauche les blés. Prenant le coup de plein fouet, Katsuya fut projeté à terre, le corps entravé par une insidieuse paralysie qui s'insinuait dans ses membres depuis la large plaie béante tel un poison foudroyant. Ruisselant de sang, avachi à terre, il leva les yeux vers lui, et lui lança un regard hargneux.

- Qu'est-ce que... tu m'as fait ?

- Tenôgama paralyse tout ce qu'elle tranche. Lorsqu'elle te touche, tu t'apprêtes à mourir. Prie pour ta propre rédemption, Shinanji Katsuya.

Soudain, alors que le jeune homme ne parvenait plus à bouger un doigt, recroquevillé sur le sol, que garder les paupières ouvertes le faisait trembler, une silhouette drapée de noir apparut non loin d'eux. Mince, élancée, à la pression spirituelle imposante, elle s'approcha d'une démarche souple, pieds nus, le visage caché par un grand masque doré et peint avec délicatesse, les pans de sa cape volant dans son sillage. Motoya se tourna vers l'inconnu, les sourcils froncés.

- Qui êtes-vous ? lança-t-il, menaçant.

Celui-ci ne répondit pas. Katsuya peina à tourner le regard, mais quand il le vit, une impression effarée, quoique pleine d'admiration, apparut sur ses traits.

- Amaterasu-sama... murmura-t-il.

La silhouette ne prononça pas un mot et marcha en silence jusqu'au déserteur, agonisant, ruisselant de sang. Elle tourna la tête, toisa de son regard sans visage, les deux Shinigamis, puis s'accroupit. L'inconnu posa le bout des doigts sur l'épaule du blessé, puis ils disparurent instantanément, ne laissant sur les herbes brûlées qu'un filet de sang, épais.

Un nouveau silence, lourd, pesant, suivit cette action, puis Naru se redressa, sans voix, tandis que Masakazu scellait son Zanpakutô pour le ranger dans son fourreau, les mâchoires serrées. La jeune femme s'approcha de lui en faisant de même.

- Lieutenant...

- Bon sang ! explosa-t-il. On le tenait ! Une année de recherche pour rien !

- Il est gravement blessé, il va certainement mourir de ses blessures, dit-elle pour l'apaiser.

- S'ils ont des soigneurs, ça m'étonnerait ! répliqua-t-il, en colère.

Naru n'ajouta rien, attendant que son coéquipier et supérieur se calme. Quelques longues minutes s'égrainèrent avant que Motoya ne retrouve son comportement habituel, puis, tourné vers la jeune femme, il enclencha la communication de son émetteur.

- Abarai Renji, fit la voix désincarnée de celui-ci, emplie d'impatience.

- Il a filé, Renji-dono. On le tenait, mais une sorte de... de... je ne sais pas, un inconnu s'est pointé et il s'est tiré avec lui.

- Vous êtes blessés ?

- Quelques égratignures mais tout va bien. Nous rentrons.

Il coupa la communication, soupira, échangea un regard découragé avec Naru, puis ils se retournèrent et se dirigèrent ensemble vers le Seireitei afin de faire leur rapport. Des multitudes de questions fourmillant dans leur tête, il regagnèrent ensuite les locaux de la cellule d'enquête, alors que le soleil venait embraser le ciel dans ses derniers instants, avant de céder sa place à la lune.


Merci pour votre lecture ! J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Pour ma part, même si ça m'a prit du temps, notamment pour inventer le nom du Zanpakutô et du Bankai de Motoya, j'ai beaucoup aimé l'écrire ! A bientôt !

Comme d'habitude, quelques explications pour les nouveaux termes employés :D :

Amaterasu : Nom de la Déesse du Soleil dans la mythologie japonaise.

Tenbatsu Ôgama : 天罰大鎌 ten batsu ougama en japonais, à traduire en "Faux du Châtiment Divin"

Tenôgama : 天大鎌 ten ougama en japonais, à traduire par "Faux Céleste"