Titre : La couleur des souvenirs
Résumé : « Je n'ai jamais raconté mon histoire auparavant. Pourquoi l'aurais-je fait ? J'étais bien trop occupée à la vivre. Pourquoi maintenant ? Peut-être parce que je suis seule. Parce que je ne vis plus rien. Parce que je veux les revoir une dernière fois, ces instants avec lesquels j'ai passé la plus grande partie de ma vieillesse. Parce que je veux boire, encore, les couleurs qui composent le tableau de ma vie. » SS/HG
Disclaimer : Rien à moi !
Rating : M, pour la suite
Note d'auteure : Sitôt le chapitre précédent publié, je me suis attelée à la rédaction de celui-ci... Peut-être pour alléger ma conscience ! ^^ Ou pour éviter d'avoir encore six mois de retard ! Désolée pour les adeptes de l'amour « pratique » (oui, c'est à toi que je m'adresse, gwendogg ^^), mais un rapprochement plus... physique entre nos deux tourteraux n'est pas encore pour ce chapitre ! Ledit rapprochement n'arrangera pas forcément les choses entre Severus et Hermione, d'ailleurs puisque, comme le dit si bien Dumbledore, lorsqu'il s'agit de relation sociale pour Severus, c'est « un pas en avant, deux pas en arrière »... Désespérant, n'est-ce pas ? Mais c'est comme ça qu'on l'aime, ce cher maître des cachots ! Bref bref bref. Je vous laisse donc à la lecture en espérant que vous apprécierez ce chapitre que j'ai eu beaucoup de mal à écrire, soit dit en passant...
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Nuit vermeille
Severus se réveilla en sursaut. Grimaçant, il porta la main à son bras droit. La douleur fulgurante l'avait tiré de son sommeil aussi efficacement que le meilleur des réveils. Il faudrait penser à remercier Voldemort pour ça un jour ! Le maître de potions jeta un oeil à sa montre. Trois heures et demi. Deux petites heures qu'il était endormi et voilà que le mage noir le plus cinglé de tous les temps le réveillait pour une réunion surprise ? Décidément, la nuit d'Halloween ne lui avait jamais réussi...
Il se remémora les évènements de la veille en enfilant sa robe. La douceur des lèvres de miss Granger contre sa joue. Son corps si féminin pressé contre lui. Son odeur acidulée et sa respiration si douce... Il se gifla mentalement.
« Vide ton esprit, Severus, ou tu es perdu ! Garde tes pensées d'adolescent prépubère pour quand tu seras rentré ! »
Il finit de boutonner son col, vérifia que tout était en place et s'empara de sa baguette. Il fit quelques pas dans son salon et se planta devant sa cheminée. Il frôla du boût des doigts les pierres du manteau dans un ordre précis, et la tête de Minerva apparut dans les flammes.
« Severus ? Vous avez intérêt à avoir une bonne raison pour me réveiller au beau milieu de la nuit... »
L'écossaise, en robe de chambre, les cheveux ébourriffés, semblait prête à l'étrangler.
« Je tenais simplement à vous prévenir, ma chère Minerva, que je viens à l'instant d'être convoqué par le Lord Noir, répondit le professeur avec une courtoisie feinte. Alors si vous voulez bien avoir l'aimable obligeance d'en informer Albus, je vous en serais infiniment reconnaissant... Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais gentiment répondre à son appel avant de devenir fou sous l'intensité de la douleur qui me saisit le bras... »
D'un geste élégant de la main, il coupa la connexion, laissant les derniers mots de la directrice mourir avec les flammes.
« Faites attention, Severus... »
Attention ? Il faisait toujours attention... Sinon, il ne serait plus de ce monde depuis bien longtemps ! Grommelant après la vieille chouette stupide, il se servit un verre de Whisky pur Feu. Il aurait bien besoin de ça pour affronter le Legilimens en puissance qu'était lord Voldemort. Il prit une grande inspiration avant de s'approcher à nouveau de la cheminée. Il pressa trois nouvelles pierres et disparut dans un claquement sonore.
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Hermione se redressa sur son lit, toute en sueur. Elle était incapable de se rappeler du cauchemar qui l'avait mise dans un état proche de la panique, mais elle sentait encore la peur couler dans ses veines... Lorsqu'elle eut retrouvé une respiration normale, elle s'aperçut que le dortoir était étrangement lumineux. A côté de son lit, le miroir de Sirius brillait d'une lueur claire. Elle s'en empara et le visage d'Harry apparut. Il semblait essouflé et jetait de nombreux coups d'oeil alentour, comme pour vérifier qu'il était en sécurité.
« Hermione ! Il faut que je fasse vite... Nous avons détruit le dernier Horcruxe...
- Quoi ?
- Il est probable que Tu-Sais-Qui l'ait senti et...
- Pourquoi ne l'appelle-tu pas par son nom, Harry ? Tu m'as toujours répété que la peur d'un nom...
- Hermione ! Je n'ai pas le temps ! Pour faire court, les mangemorts ont instauré un tabou sur ce nom. Quiconque le prononce est immédiatemment repéré par la Brigade... Tu-Sais-Qui est probablement en route pour Poudlard. Il sait que nous savons... Il est faible et vulnérable maintenant que tous les morceaux de son âme sont détruits : son seul espoir est de frapper un grand coup à la tête de l'Ordre. Et puis Halloween a une signification particulière pour lui. Ron et moi sommes en route...
- Harry ! Vous êtes recherchés par l'ensemble des forces de Tu-Sais-Qui !
- ... mais il faut que vous teniez jusqu'à ce que nous arrivions. Tu dois avertir McGonagall, elle saura quoi faire. Elle te dira probablement de te mettre à l'abri, mais je doute que qui que ce soit reste à l'abri avec Tu-Sais-Qui dans les parages. Préparez-vous à combattre. Réveille les anciens de l'AD, organisez la résistance et protégez les plus petits. Nous tentons de rallier un maximum de gens à notre cause, mais nous n'avons plus beaucoup de temps...
- Harry ? Fais attention, s'il te plaît. Vous avez tendance à faire des bêtises lorsque je ne suis pas là pour veiller sur vous...
- C'est promis, Mione... »
Sitôt le miroir éteint, Hermione se jeta hors de son lit. Elle enfila une robe de chambre et secoua Lavande et Parvati. Celles-ci grognèrent, insultant à demi la jeune gryffondore. La jeune fille finit par les convaincre de rassembler tous les gryffons dans la salle commune en promettant de tout leur expliquer à son retour puis elle se rua dans les escaliers...
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« Sssssseverusssss. Bien. Tu es le dernier arrivé. »
Le sorcier s'inclina devant son maître et rejoint les rangs des mangemorts, en dissimulant son dégoût. Tout jeune, il avait aimé ça. La puissance, la suprématie du sang, la magie noire... Il avait adhéré à toutes les idées de Voldemort. Il ne pouvait nier encore aujourd'hui qu'il était attiré par le côté sombre de la magie, mais il nourissait une profonde aversion pour le cercle d'Initiés qui croyait encore en la supériorité des Sangs-Purs.
« Alors Severus, on prenait du bon temps avec une Sang de Bourbe ? »
Le maître des potions sursauta. Lucius Malefoy, facilement reconnaissable à ses cheveux blonds qui dépassaient de son masque de Mangemort, avait saisi le bras de Snape. On pouvait presque deviner le rictus méprisant qui déformait son visage.
« Et oui, que veux-tu ! On n'est jamais à l'abri d'un espion caché derrière une tapisserie. A Poudlard, les murs ont des oreilles. Tu devrais le savoir mieux que personne, Servilus... »
Le professeur dégagea brusquement son bras et saisit celui du blond, l'emprisonnant dans un étaut de fer. Lucius réprima un gémissement.
« Ne t'avise plus jamais de m'appeler comme ça, Lucius, ou tu le regretteras pour l'éternité, gronda le maître de potions. »
Voldemort avait assisté à l'altercation entre ses deux fidèles avec un plaisir plus qu'évident. Il encourageait ce genre de démonstration de force. Il mit cependant fin à la lutte entre les deux mangemorts.
« Lucccciussss, il me semble que tu n'es pas le mieux placé pour donner des leççççons à ce cher Severus sur ses goûts doûteux... Il me semble que tu fréquente sssssouvent les maisons de passsssse de l'allée des Embrumes, ccccces derniers temps ! »
Lucius blêmit derrière son masque. Il se dégagea sèchement et fit un pas en arrière.
« Je suis désolé, maître. Cela ne se reproduira plus...
- Bien. Maintenant que vous êtes tous là, nous pouvons commencer. »
Les yeux du lord des Ténèbres s'enflammèrent alors et ses prunelles rougeoyantes enflammèrent l'esprit du maître des potions.
« Nous attaquons Poudlard. Ce soir. »
Des murmures surpris s'élevèrent dans les rangs. Le poul de Severus s'accéléra. Il avait laissé le château sans surveillance, et la plupart des membres du corps professoral étaient dans un état tel qu'ils seraient incapables de tenir leurs baguettes. Ou du moins de réagir de manière organisée à une attaque menée par Voldemort.
« Potter a, une fois de plus, bravé mon autorité. Je ne tolérerai pas sa présence une minute de plusssss. Le bal d'Halloween vient juste d'être célébré à l'initiative du vieux fou. Le château est vulnérable. Frappons ce ssssssoir et frappons fort, à la tête de la résistance. Profitons-en pour... purger l'école de ssssorcellerie Poudlard de toute la vermine qui y est hébergée depuis des années, termina le lord Noir dans un ricanement rauque »
La plupart des mangemorts éclatèrent de rire à leur tour. Severus, nauséeux, se contenta d'avancer d'un pas en direction de Voldemort.
« Maître, que dois-je faire ? La directrice s'attend à ce que je rentre au château d'une minute à l'autre. Il paraitrait suspect que je ne sois pas à mon poste lorsque la bataille commencera... Il s'agirait d'un bon moyen de bénéficier d'un meilleur effet de surprise !
- Si fait, Severus. Il est normal que tu te soucie tant de ta couverture et j'aurais écouté tes consssseils avisés, seulement ... »
Le professeur de potions retint son souffle. Voldemort quitta son siège et s'avança vers ses fidèles, un air mauvais peint sur le visage. Un coup d'oeil à la moue satisfaite de Lucius, et Severus sut qu'il se passait quelque chose de grave. Inconsciemment, ses doigts se refermèrent sur sa baguette.
« … je sais que si je te laisse partir, tu t'empresseras d'aller prévenir cette chère McGonagall de l'imminence de notre visite. Mes chers amis, si je vous ai convoqué ce ssssoir, ça n'est pas uniquement pour organiser l'attaque de Poudlard. Si je vous ai convoqué ce sssssoir, c'est avant tout parce que j'ai de bonnes raisons de pensssser qu'il y a un espion dans nos rangs. »
Severus recula d'un pas mais Voldemort se rapprocha de lui.
« Severusssss, cher Severus... Je suis très déçu. J'avais placé de grands espoirs en toi. Il s'avère que j'avais faux sur toute la ligne. Ce cher Severus ici présent, continua-t-il en se tournant vers les autres, est un esssspion pour le compte de l'Ordre du Phénix. Il ssssse trouve que, il y a quelques années, il s'est épris d'une... Sang de Bourbe. Que j'ai tuée. Severus a alors décidé de retourner sa vessssste. Et de me trahir. »
Le lord noir continua son monologue comme si de rien n'était.
« Seulement... On ne trahit pas Lord Voldemort impunément. Endolorissss ! Cria-t-il en se tournant brusquement vers celui qui était, jusqu'il y a peu, son plus fidèle bras droit. »
Severus, s'attendant à une attaque de la part du maître des Ténèbres, avait tendu tous ses muscles à bloc, résistant de son mieux au doloris lancé par le lord Noir. Il ressentait la douleur au plus profond de ses os, réprimant chaque seconde une envie de crier. Pourtant, il resta debout, défiant du regard le plus grand mage noir de tous les temps. Celui-ci, surpris, hésita un instant à réitérer son sortilège. Severus mit à profit ce petit instant d'inatention pour transplaner, avant que les mangemorts ne réagissent. Le hurlement rageur du seigneur des Ténèbres fut la dernière chose qu'il entendit avant de s'effondrer devant sa cheminée.
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« Miss Granger ? Que faites-vous ici à cette heure ? Et dans cette tenue ?
-Professeur McGonagall, il faut que je vous parle ! C'est très important ! »
Hermione avait suivi les conseils de Harry. Elle s'était précipitée jusque dans le bureau de la directrice, frappant la gargouille jusqu'à ce que celle-ci daigne lui ouvrir. Le professeur McGonagall l'attendait en haut des marches, en robe de chambre écossaise, un air étonné peint sur le visage.
« Le château est en danger ! Voldemort... Les mangemorts... Harry et Ron... »
La directrice, alarmée par les propos décousus de la jeune gryffondore, pourtant toujours maîtresse de ses émotions, l'invita à s'asseoir. Derrière elle, Albus Dumbledore, l'air grave, prêtait également une oreille attentive aux paroles de la jeune fille.
« Harry et Ron ont détruit le dernier Horcruxes. Voldemort est au courant. Il s'apprête à attaquer le château. Il sait qu'il est maintenant mortel... Il faut organiser la défense de l'école, tenir jusqu'à l'arrivée d'Harry ! »
Un bruit de pas précipité se fit entendre dans l'escalier qui menait au bureau directorial.
« Minerva ! Le château est menacé ! »
La silhouette tremblante de Severus Snape se dessina dans l'encadrure de la porte. Calmement, la directrice lui répondit.
« Oui, nous sommes au courant... dit-elle en désignant la jeune gryffondore. Asseyez-vous, Severus. »
Non sans avoir lancé un regard étrange à la jeune fille, le maître des potions s'assit en face de sa supérieur.
« Vous savez déjà que j'ai été convoqué ce soir... Vous-Savez-Qui a commencé par nous annoncer l'attaque de Poudlard. La plupart de mes... collègues, raconta Severus en grimaçant, étaient plus qu'enthousiastes. J'ai aussitôt proposé au seigneur des Ténèbres de me rendre à Poudlard. Mon absence paraitrait plus que suspecte, lui ai-je dit... »
Severus frissonna. Il regarda Dumbledore dans les yeux.
« Il sait, Albus. Il sait pour... Lily. Il sait pour l'Ordre et il sait pour vous.
- Severus...
- Je vais bien, Albus. Juste un petit doloris. Je me suis échappé à temps, ajouta-t-il.
- Minerva, il faut que Poudlard se prépare à repousser les mangemorts. Je vous charge de réveiller le château, et vos collègues par la même occasion. Miss Granger, accompagnez d'abord Severus aux cachots et faites lui avaler une potion de regénération, de force s'il le faut. Ensuite, vous vous occuperez de mettre les élèves à l'abri. Je compte sur vous pour ne pas faire de bêtises... Severus, mon garçon, je pense que tu sais ce que tu dois faire ! Elle est toujours au même endroit... Enfin, si Tom n'est pas passé avant toi ! »
La jeune fille sourit en entendant les mots qu'elle avait dit à ses deux amis quelques minutes plus tôt. Le maître de potions, quant à lui, se contenta d'un hochement rapide de la tête. Saisissant le bras de la jeune gryffondore, il se pressa dans l'escalier. Il prenait la direction de la Grande Salle lorsqu'Hermione l'arrêta.
« Une minute, professeur. Vous devez vous faire soigner, c'est le directeur qui l'ordonne... »
Il soupira. Inutile d'argumenter. Il la suivit en grommelant vers les cachots.
« Je vous ai connue moins respectueuse du règlement, miss Granger. »
Le trajet jusqu'aux cachots se fit dans un silence pesant. Arrivés devant la porte de ses appartements, Severus murmura le mot de passe. Il s'effaça et laissa la jeune fille entrer. Son salon était tout ce qu'il y avait de plus serpentard. Pourtant, elle avait une furieuse envie de se jeter sur son canapé et d'y passer le reste de sa vie. Il s'engouffra dans une pièce à droite et en sortit quelques instants plus tard une fiole à la main. Il la présenta à la jeune fille qui acquiesça. Le professeur de potions porta alors le breuvage à ses lèvres. Fascinée par le mouvement de ses lèvres autour du goulot, Hermione retint un instant sa respiration. Lorsqu'il reposa le flacon, il restait une goutte de liquide au coin de sa lèvre. La jeune fille ne put s'empêcher de lever la main et de l'essuyer du boût du doigt. Lorsqu'elle retira son doigt, les joues de Snape étaient légèrement roses.
« Probablement la chaleur, se dit-elle avec une pointe de regret. Il a probablement oublié le bal d'hier soir et lorsqu'il s'en rappelera, il me mettra en retenue jusqu'à la fin de ma vie... »
Elle baissa les yeux. Un coup d'oeil à sa montre lui permit de se souvenir que la situation restait grave. Elle suivit Severus hors de ses appartements. Celui-ci, plongé dans ses pensées, sursauta lorsque la jeune fille posa une main sur son bras.
« Severus ? Faites attention, voulez-vous... Je... Vous manquerez beaucoup trop à l'Ordre si vous disparaissez. »
Le serpentard sentit son coeur se serrer. Il étai rare qu'on s'inquiète pour lui. Il s'approcha donc d'elle et, avant de réfléchir, la serra contre lui. Elle plongea sa tête dans son cou et s'accrocha à lui comme à une bouée. Le professeur soupira de bien-être et la rapprocha un peu plus de son torse, lui murmurant des mots rassurant d'une voix douce. Lorsqu'ils se séparèrent, leurs lèvres étaient à quelques centimètres à peine. Il suffisait d'une seule respiration pour que l'équilibre soit brisé. Les yeux mi-clos, la jeune fille tentait de maîtriser son coeur qui battait à toute allure. Jamais elle n'avait ressenti pareille chose auparavant. Un raclement de gorge les fit sursauter. Ils s'éloignèrent précipitamment l'un de l'autre. Albus Dumbledore leur souriait narquoisement du haut de son cadre, dont il avait délogé l'occupant précédent.
« L'heure est grave, mes enfants... Vous reprendrez plus tard où vous en étiez ! »
Severus étouffa un juron. Il avait presque oublié Voldemort et les mangemorts avec... L'odeur d'Hermione vint chatouiller ses narines alors qu'elle se serrait à nouveau contre lui.
« Professeur, soyez prudent. S'il vous plaît...
- Prenez soin de vous, Hermione. Et pas de choses stupides ! »
Il lui caressa la joue et s'éloigna d'elle d'un pas rapide. Une larme roula sur la joue de la jeune fille. Hermione l'essuya rageusement.
« Je suis vraiment désolé, miss Granger. J'attend depuis des années de lire le bonheur dans les yeux de Severus, mais c'est l'avenir du monde sorcier qui est en jeu ici... »
Hermione lui adressa un sourire triste.
« Bien sûr professeur, je comprend. J'ai juste peur pour lui...
- Ne vous inquiètez pas. Il s'en sortira. Il s'en sort toujours ! Maintenant, courez auprès de vos camarades. Et n'oubliez pas d'enfermer les serpentards dans leurs dortoirs. Mieux vaut ne pas courir le risque d'être frappé dans le dos ! »
La jeune fille tourna les talons, se dirigeant vers le dortoir des Gryffondors.
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Severus courait dans les couloirs de Poudlard. Il se sentait léger, presque libre même. Il aurait pu voler si on lui en avait donné l'occasion. Il était enfin complet, comme si une partie de lui-même qui lui avait été volé lui avait été retournée. Comme si Lily l'avait enfin pardonné. Le sourire du maître des potions s'accentua. Penser à Lily le laissait indifférent. Depuis quand cela ne lui était-il pas arrivé ?
Se secouant mentalement, il reprit sa course. Ne pas penser. Ne plus penser. Se focaliser sur son but. Il accéléra. Il pria pour ne pas croiser un quelconque élève qui aurait décidé de braver le règlement cette nuit-là. Il aurait définitivement ruiné son image de maître des cachots acariâtre. Si l'élève en question n'avait pas fait une crise cardiaque après l'avoir vu courir, ses capes noires volants derrière lui, il aurait à coup sûr trépassé en constatant qu'il souriait.
Le serpentard sortit du château, courant toujours. Il modéra son allure une fois dans le parc. Ça n'était pas le moment de se fouler une cheville. Il parvint enfin devant la tombe du directeur de Poudlard, son mentor, celui qui l'avait recueilli, qui lui avait pardonné, qui l'avait accepté et conseillé.
« Pardonnez-moi, Albus. Je sais que c'est vous-même qui me l'avez ordonné, mais... »
Il sortit sa baguette et murmura quelques mots. La pierre qui couvrait la dernière demeure d'Albus Dumbledore se fissura. Se penchant en tentant d'éviter les yeux grands ouverts qui le fixaient par delà la mort, Severus s'empara de la baguette du directeur. Il fourra celle-ci dans la poche de sa robe et murmura de nouveau quelques mots. La pierre se reconstitua sous ses yeux, de nouveau intacte. Satisfait, Severus fit volte-face, marchant d'un bon pas vers le château.
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« Ecoutez-moi, vous tous. Ceci n'est pas un exercice. Voldemort s'apprête à attaquer le château... »
Des murmures affolés s'élevèrent dans les rangs des Serdaigles.
« Du calme ! Ce n'est pas le moment de céder à la panique ! J'ai déjà prévenu les Gryffondors et les Poufsouffles. Les Serpentards sont enfermés dans leurs dortoirs. Les plus jeunes d'entre vous devront suivre Ginny jusqu'à la salle sur demande. Ceux qui sont majeurs, vous avez la possibilité de combattre pour protéger le château. Seulement ceux qui sont majeurs, Jonas... »
Les deux groupes se formèrent rapidement. Les cinquièmes années intrépides ne manquaient pas. Ils furent cependant rapidement rappelé à l'ordre par Hermione. Le groupe des plus jeunes suivit donc Ginny hors de la tour des Serdaigles. La brunette invita les autres à la suivre afin de retrouver les élèves des autres maisons.
Tandis qu'elle alertait ses camarades, les professeurs avaient mis en place la défense du château. Les fantômes, Peeves à leur tête, attendaient plus ou moins sagement derrière la grande porte. Pomfresh avait fait de la Grande Salle une gigantesque infirmerie. Des rangées d'armures se tenaient sur les créneaux, armes au point, tandis que le professeur Chourave avait édifié de véritables défenses de verdure. La directrice avait alerté l'Ordre, qui patrouillait dans le château, murant toutes ses issues. Flitwick mettait la dernière touche au sortilège qui protégeait le château des attaques magiques.
Hermione s'approcha de McGonagall, prête à se défendre bec et ongle si la directrice lui repprochait sa présence. L'écossaise se contenta d'un regard où pointait une nuance de fierté.
« Je n'en attendais pas moins de vous, miss Granger. Je suppose que vous avez fait le nécessaire pour que les reste des élèves soit en sécurité ?
- Evidemment, professeur ! S'exclama la jeune fille. »
La directrice pressa doucement l'épaule de sa jeune élève.
« Et bien dans ce cas, il ne nous reste plus qu'à attendre. »
Un bruissement de cape les fit se retourner brusquement. Elles pointèrent de concert leur baguette vers la gorge de l'agresseur. Celui-ci fit un pas en arrière.
« Du calme, ce n'est que moi. Si j'avais vraiment voulu approcher sans bruit pour vous tuer par derrière, vous n'auriez rien vu venir, croyez-moi ! Se moqua Severus. Je l'ai, Albus, ajouta-t-il en se tournant vers le tableau dans lequel le directeur avait pris place.
-C'est parfait, mon garçon. Tout est en place, on dirait. Il ne manque plus que la moitié des acteurs pour que le spectacle commence... Minerva ? Il faut que je vous parle... »
La directrice se tourna vers le vieil homme tandis que celui-ci lançait un clin d'oeil à Hermione. Severus se rapprocha de la jeune gryffone.
« Miss Granger, vous ne devriez pas être là, gronda-t-il.
- Hermione. Je suis Hermione. Et que je sois là ou non ne change pas grand chose. Je ne laisserai pas les autres combattre tandis que je me cache. C'est hors de question ! Et ce n'est pas vous qui m'en empêcherez, professeur Snape.
- Severus. Je suis Severus. »
Il lui sourit. Elle lui rendit son sourire en glissant sa main dans la sienne.
« Je pense que la situation le permet, Severus... Et puis nous sommes hors période scolaire ! »
Il pressa sa main plus fort tandis que son sourire s'accentuait.
« Je... Je sais que je n'arriverai pas à vous convaincre de rester à l'écart, mais faites au moins attention. Soyez prudente ! Vous-Savez-Qui peut tout à fait se servir de vous pour atteindre Potter. »
Ou moi, songea-t-il intérieurement.
« Je ne voudrais pas que nous perdions la guerre à cause de votre inconscience, ajouta-t-il plus sèchement. »
La jeune fille tressaillit. Elle tenta de dégager sa main mais le serpentard la retint.
« Je... J'ai peur pour vous, Hermione. »
Hermione sourit intérieurement, attendrie malgré elle par le spectacle qu'il offrait. Il avait l'air d'un enfant. C'est probablement ce qu'il était à l'intérieur, un enfant qui avait besoin d'être rassuré. Il dissimulait simplement ce besoin derrière une façade de pierre et des manières rugueuses. Elle l'entoura de ses bras.
« Moi aussi j'ai peur, Severus. Mais nous sommes ensemble, après tout. »
Le « nous » désignait-il l'Ordre dans son entier ou lui seulement ? Severus n'eut pas le temps de répondre à cette question. Une déflagration retentit à l'extérieur. Hermione se dégagea brusquement. Baguette brandie, sur ses gardes, elle ressemblait à une vraie tigresse. Comme ils s'étaient un peu éloignés du reste des troupes, ils regagnèrent les rangs.
Une deuxième explosion se fit entendre, puis des cris. Les mangemorts avaient percé la première ligne magique de défense. Hermione retint son souffle. Un premier éclair rouge apparut, puis un second, vert celui-ci. La jeune fille sursauta lorsque la porte commença à griller. Elle résista à la tentation d'aller jeter un coup d'oeil à ce qui se passait dehors : s'exposer sur les remparts su château n'était sûrement pas une bonne idée à l'heure actuelle.
Ils devaient être à plusieurs contre la porte, se dit Severus. Celle-ci résistait de moins en moins : elle se fendait par endroit, devenait rouge au centre. Un hurlement retentit. Probablement un sous-fifre qui s'était approché sans prudence d'un filet du diable. Qu'apprenaient les jeunes de nos jours ?
« Hermione... »
La brune se retourna brusquement, se retrouvant nez à nez avec son meilleur ami.
« Harry ? Mais... Que... Comment ?
- Le chef ne dévoile pas ses sources... répondit-il avec un sourire charmeur. »
Devant l'air blasé de son amie, il se fit forcé d'ajouter :
« La carte, Hermione, la carte !
-Mais je croyais que tous les passages secrets...
-Tous les passages secrets CONNUS ont été murés. Ce cher Remus Lupin a eu l'aimable obligeance de nous laisser une entrée de secours, comme on dit chez nous... »
La jeune fille se jeta dans les bras de son ami.
« Oh Harry, je suis tellement heureuse de vous voir ! Surtout ici et maintenant !
-Et moi, alors ? Je compte pour du beurre ? »
La jeune gryffondore se tourna vers Ron qui venait d'apparaître derrière le survivant. Le jeune Weasley la garda un peu plus longtemps contre lui, et le maître des potions eut un petit pincement au coeur en constatant que la jeune fille prenait tant plaisir à l'étreinte. Il se gifla mentalement.
« Potter ? J'ai quelque chose pour vous...
- Mione ? Qu'est-ce qu'il fait là, lui ?
- Ecoute Harry, je pense qu'il est temps de mettre les vieilles rancoeurs de côté...
- Vieilles rancoeurs ? Il a tué Dumbeldore ! C'est un meurtrier et on le laisse entrer dans le château et combattre à nos côtés ?
- Calmez-vous Potter, et laissez-moi faire... »
Le professeur Snape s'approcha du survivant et placa le boût de sa baguette sur la tempe du jeune gryffondor. Les yeux de celui-ci se vidèrent avant qu'il n'ait eu le temps de dire « Ouf ! ».
« Mais qu'est-ce qu'il lui fait ? Laissez-le tranquille ! Mione, il est en train de le tuer !
- Calme toi, Ronald ! Il est juste en train de partager une partie de son passé avec Harry... Et tu ne sais pas combien il lui en coûte de faire ça ! »
Le maître des potions rompit le lien et Harry tomba au sol.
« Harry ! Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Je... Merci, dit-il en regardant Snape dans les yeux. Il est avec nous, Ron. Je t'expliquerai.
- Bien, maintenant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, que nous voilà tous amis au pays des bisounours, il y a quelque chose que je dois vous donner, Potter, railla Snape. »
Il sortit alors de sa poche un morceau de tissu qu'il déplia lentement, ménageant le suspens.
« Severus, le pressa Hermione. Les mangemorts sont à la porte !
- Severus ? Intervint Ron. »
Il n'eut pas le temps de poursuivre : une explosion plus rapprochée lui coupa la parole. Harry s'empara de la baguette magique que lui tendait son ancien professeur de potions. Elle était patinée par l'usage des ans, mais facilement reconnaissable.
« La baguette du professeur Dumbledore ? Mais pourquoi ?
- Il aurait voulu que vous l'ayiez, Potter. Elle vous revient. Maintenant, si vous le permettez, je crois que nous avons d'autres soucis plus graves que vos questionnements existenciels... »
Le professeur de potions fit quelques pas en arrière, s'approchant du reste du corps professoral. Les bruits de combat semblaient plus proches et l'on entendit rapidement les noms des sorts qui n'étaient pas informulés. Severus inspira profondément. Dans un craquement sinistre, la porte du château céda.
Une horde de mangemorts déferla alors sur les membres de l'Ordre et les élèves qui attendaient dans le hall d'entrée. Severus resta figé. Depuis quand le lord Noir avait-il pris le temps d'initier toutes ces nouvelles recrues ? Dans la mêlée, il distingua le visage aristocratique de Malefoy fils, la moue pleine de morgue de Pansy Parkinson et les yeux cruels de Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Un sortilège frôla la joue du maître des potions. Il se mit alors en mouvement. Lançant sortilège sur sotrilège, il se rapprocha petit à petit de Ginny Weasley, en mauvaise posture. Combattant dos à dos avec elle, il lui évita de mourir une bonne dizaine de fois.
Il se rapprocha d'Hermione qui combattait comme une lionne aux côtés de Ronald. Ils avaient réussi à convaincre Harry de rester en dehors du combat au début. Le survivant, caché sous la cape d'invisibilité, lançait de temps à autre un sort qui touchait rarement sa cible au coeur de la mêlée.
« Poudlard, Poudlard, Poudlard... »
La voix de Voldemort raisonna dans toutes les têtes. Severus grimaça.
« Vous ne pouvez pas nous battre ! Evitez les pertes tant que c'est encore possible : soumettez-vous. Lord Voldemort saura se montrer magnanime. Je ne tuerai que les Sangs de Bourbe... Je ne vous promet que je ne toucherais pas un seul cheveu à vos chers élèves si vous me livrez les Nés Moldus. Et Potter. »
Des exclamations offusquées s'élevèrent des rangs des combattants pour la liberté. Hermione blêmit. Si elle venait à être capturée, elle mourrait sans aucun doute. Severus se promit intérieurement que cela n'arriverait jamais. Ce fut au tour de Minerva de s'exprimer.
« Tom, mon cher Tom. Tu n'as pas changé. Toujours aussi prétentieux ! Tu crois vraiment que tu as une chance de gagner, maintenant que tu as laissé quelques morceaux derrière toi ? »
Severus grimaça de nouveau. Provoquer le seigneur des Ténèbres de cette façon n'était sans doute pas la meilleure chose à faire, mais Minerva était une grande fille, après tout. Remarque, l'idée venait plus probablement du vieux fou. Le professeur de potions secoua la tête. Il ressera sa main sur sa baguette. Le vrai combat commençait maintenant.
« Vous refusez ce que je vous propose ? Dans ce cas, mourrez ! »
Les jets de lumière fusèrent de tous les côtés et tous se jetèrent à nouveau dans la mêlée. Tout était flou. Il s'agissait de tuer pour ne pas être tué. Les prodigieux reflexes de Severus lui sauvèrent la mise à plusieurs reprise, et il évita des blessures graves à de nombreux membres de l'Ordre. Un éclair vert le frôla de près et il pivota brusquement, cherchant son adversaire. La chevelure blonde de Malefoy Père attira son regard. Il leva alors sa baguette et le duel commença.
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Hermione combattait contre Pansy Parkinson. Elle s'en débarassa d'un Stupéfix qui laissa la jeune Serpentard à terre. Respoussant la mèche de cheveu qui tombait sur son front, la jeune fille jeta un coup d'oeil autour d'elle. Les deux camps étaient plutôt équilibrés, et les défenseurs de Poudlard combattaient comme des lions. La directrice, les cheveux en bataille, virevoltait entre les mangemorts. Ron et Luna combattaient l'un à côté de l'autre et Rémus Lupin faisait des ravages dans les rangs adverses. Severus semblait quant à lui en mauvaise position. Il tentait tant bien que mal de résister aux attaques combinées de Bellatrix Lestrange et de Lucius Malefoy. Son bouclier faiblissait un peu plus à chaque sortilège, et le rictus de Bellatrix s'agrandit lorsque le maître des cachots trébucha sur un débris au sol.
La gryffondore sentit son souffle s'accélérer et, avant même de réfléchir, elle courut à son secours. L'éclair rouge la frappa de plein fouet alors qu'elle se jetait devant lui pour le protéger, et elle s'écroula en arrière. La dernière chose qu'elle entendit fut le rire sardonique de Bellatrix Lestrange. Puis tout devint noir.
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Elle flottait dans le vide.
« Tiens ! Je vole comme un poisson ! Se dit-elle en riant légèrement. »
Elle n'avait plus conscience de rien. Elle était si légère et pourtant si puissante. Elle n'avait plus aucune limite, sinon celle de sa pensée. Les contours de son corps lui paraissaient flous, comme effacés par le temps. Comme si elle flottait dans ce vide depuis une éternité. Ou deux.
« Mais qu'est-ce qu'une éternité dans cet endroit !
- Bien trop longtemps. Il est temps de revenir, maintenant, miss Granger. »
La voix semblait venir de partout à la fois. Les nuances veloutées du timbre de son interlocuteur faisaient remonter à la surface des souvenirs jusque là oubliés, relégués au fond d'une mémoire millénaire. La jeune fille se sentit tirée en arrière par une force invisible. Elle tenta de résister, en vain. Petit à petit, son corps se fit plus lourd, plus réel. Le décor devint plus tangible, plus vrai. La brume qui l'environnait laissa place à un blanc tout aussi lumineux, sur lequel se découpaient des silhouettes souriantes.
Elle avait l'impression de revenir d'un long voyage. Un de ceux qui marquent à vie.
Hermione Granger tenta de se redresser sur ses oreillers. Elle déchanta rapidement. Tout son corps la faisait horriblement souffrir. Comme si elle était passé sous un rouleau compresseur. A plusieurs reprises. La grimace de douleur qui traversa vivement son visage dut suffir à alerter l'infirmière puisque celle-ci se précipita vers sa patiente, une quinzaine de fioles à la main.
« C'est toujours pareil avec vous tous ! Vous voulez toujours en faire trop ! Incapables de rester allonger deux minutes... Je devrais vous attacher !.. »
Poppy Pomfresh était connue dans tout Poudlard pour ses monologues sans fin sur l'inconscience de ses patients. Hermione s'abandonna au son de sa voix tandis qu'elle ingurgitait toute sortes de mixtures plus étranges les unes que les autres. Petit à petit, elle sombra dans un sommeil réparateur.
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Le professeur Snape était assis auprès de la jeune fille endormie dans son lit d'hôpital. Il ne l'avait pas quittée depuis qu'il l'avait ramenée du champ de bataille, évanouie. Elle avait pris de plein fouet le sort de Lestrange et s'était effondrée sous ses yeux. Il avait profité de la diversion offerte par la Gryffondore – mais à quel prix ! - pour se ressaisir, et lancer un éclair vert en direction de Bellatrix qui s'était écroulée sans un mot, un air stupéfait peint sur le visage.
Un coup d'oeil autour de lui lui avait permis de constater que, si les mangemorts avaient toujours l'avantage du nombre, la plupart des défenseurs de Poudlard étaient encore debout. Ils combattaient avec rage et vaillance, et les Mangemorts semblaient battre en retraite. S'il ne se trompait pas, ça serait le moment que choisirait Voldemort pour...
« Poudlard, Poudlard, Poudlard... Vous êtes trop fiers pour admettre votre défaite, et vous combattrez jusqu'à la mort, je le sais. »
La voix du Lord Noir avait raisonné dans tout le château.
« Pourtant, je vous offre une dernière chance. Ou plutôt je t'offre à toi, Potter, une dernière chance. Viens me rejoindre si tu veux éviter de voir tous ceux qui te sont chers mourir devant tes yeux. Quant à toi Severus... Je saurais me montrer magnanime. Si tu me rejoins maintenant, j'épargnerai ta Sang-de-Bourbe !
- Comme la dernière fois ? cracha le maître des potions. »
Il avait cherché Potter du regard. Celui-ci avait enlevé sa cape d'invisibilité. Il semblait indécis, en proie à des questionnements intérieurs.
« Potter ! C'est le moment d'utiliser encore une fois ce don surprenant qui vous permet de survivre à toutes les mauvaises rencontres ! N'abandonnez pas ! Le Lord Noir n'a aucune parole ! »
Severus avait crié. Le Survivant avait sursauté et la lumière de doute qui brillait dans son regard s'éteint, rapidement remplacée par une lueur décidée.
« Tom, mon cher Tom, tu es bien trop faible pour venir combattre en personne, je le sais. Pourtant, je t'offre une dernière chance. Viens me combattre en face, si tu ose. Ah, au fait, pas trop triste pour tes Horcruxes ? Je sais que tu y tenais beaucoup, mais enfin... »
La provocation ? Ces gryffondors ne changeraient jamais !
« Harry Potter ! Siffla celui qui se faisait appeler « Le Seigneur des Ténèbres ». Je suis là. Vois et prépare-toi à mourir ! »
Voldemort venait juste de transplaner devant le survivant. Severus avait levé les yeux au ciel. Finalement, les Serpentards ne changeraient jamais non plus... Les combats alentours avaient cessé et tous s'étaient regroupés autour des deux adversaires. Ceux-ci semblaient se jauger.
« Et bien et bien, Potter. Que vois-je ? Ne manque-t-il pas un des piliers du Trio d'Or ? Où est la Sang-de-Bourbe ? Où est Hermione Granger ? »
La lumière paniqué brillant à nouveau dans les yeux du Survivant, Severus s'était rapproché de lui, non sans s'être assuré que la jeune fille était en sécurité.
« Elle va bien, Potter. Maintenant, servez-vous de la baguette. Et de tout votre Amour. »
Le regard surpris que lui avait lancé le Gryffondor valait tous les Gallions du monde. Effectivement. Aux yeux de Severus, « Amour » était un Absolu si fort qu'il valait toutes les batailles. Le jeune homme à la cicatrice s'était mis en position, baguette levée.
« Et toi, Tom, pas trop seul sans ton Moldu de père ? »
Dans un hurlement de rage, Voldemort avait lancé l'éclair vert mortel en direction du Gryffondor. Sans perdre une seule seconde, Harry avait répliqué. Un éclair rouge vif sortit de sa baguette, et les deux sorts s'étaient percutés au centre du cercle. Et l'impossible s'était produit. Une explosion de magie brute. Elle avait retenti aux oreilles des combattants pour la liberté comme la plus douce des musique. Lorsque la brume dorée avait disparu, une seule silhouette se tenait encore debout.
Harry Potter, titubant, avait émergé du brouillard.
« C'est fini. »
Puis il s'était écroulé, épuisé.
Voldemort était mort. Il avait disparu, simplement. La magie avait fait son choix. Et elle avait choisi Potter.
Tous les mangemorts restant avaient été capturés.
Un état des lieux du château avait été réalisé par la directrice. La plupart des salles tenaient encore debout, mais il y aurait beaucoup à reconstruire.
Les blessés avaient été portés dans la Grande Salle où s'activait l'infirmière. Hermione avait eu droit à une chambre à part.
Severus la veillait depuis lors.
La veille, elle avait brièvement repris connaissance. Selon le diagnostic de Pomfresh, en effet, elle était perdue dans un univers intérieur connu d'elle seule. Et refusait d'en sortir. Elle avait donc supplié Severus d'aller la chercher. Il avait grommelé, tempêté, protesté, mais Poppy Pomfresh était une ancienne Gryffondore. Et l'opiniâtreté des Gryffons étant sans limites, il avait préféré obéir. Par instinct de survie. Pourtant, il ne pouvait nier le lien qui s'était formé entre lui et la jeune Granger. Il ne pouvait nier la tendresse qui étreignait son coeur lorsqu'il posait ses yeux sur la masse de cheveux broussailleux qui surplombait le visage si doux de son élève. Il ne pouvait nier non plus qu'il se sentait coupable. C'était sa faute si elle était allongée dans ce lit. Sa faute. Elle l'avait sauvé, après tout. Il était peut-être temps de lui rendre la pareille.
Alors il avait plongé dans l'esprit de la Gryffondore. Il l'avait cherchée longtemps dans le brouillard de sa conscience, et s'était servi de sa voix pour la ramener dans le monde des vivants. Puis, lorsqu'elle avait ouvert les yeux, il était parti.
Il n'était revenu qu'une fois certain qu'ils seraient seuls. Et qu'elle serait endormie.
Severus sursauta. Des éclats de voix se rapprochaient de la chambre de la jeune fille. Avant de quitter le chevet d'Hermione, il prit le temps de contempler le visage de sa jeune élève. Elle semblait si calme ainsi, si apaisée.
Lentement, obéissant à une envie qu'il regretterait peut-être plus tard, il se pencha vers Hermione et déposa brièvement ses lèvres sur les siennes. Si douces et si jeunes. Il savoura un instant la chaleur des lèvres de la jeune fille puis il tourna les talons et quitta la pièce. Sans se retourner. Sans s'apercevoir que, sur le lit derrière lui, Hermione Granger était parfaitement réveillée.
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Qui a eu envie de tuer Dumbledore la première fois qu'il est intervenu ?
Voilà le chapitre 6 qui prend fin, et avec lui le règne de lord Voldemort...
J'espère que vous avez apprécié ce souvenir-ci.
C'est le chapitre le plus long que j'ai jamais écrit, ça se fête !
Champagne !
Dans le prochain épisode, les choses avancent un peu plus vite ^^
Alors à bientôt les enfants, et...
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