Je continue sur ma thématique Bubus. J'aime Albus.

Ce 11e drabble :
Personnages : Albus et Minerva
Thème : affection.

Sieste

Minerva McGonagall était le loyal bras droit d'Albus Dumbledore. Le bras, la main, le gant (de fer, à l'occasion), tout. Elle serait allée jusqu'à se jeter au feu pour une cause défendue par son supérieur (après avoir attentivement vérifié toutes les autres options). Elle lui obéissait au doigt et à l'oeil (après avoir, toujours et invariablement, soumis à discussion une idée si elle lui paraissait un rien saugrenue (c'était le cas de la plupart des idées du directeur de Poudlard (qui toute saugrenues qu'elles étaient n'en étaient pas moins brillantes (la plupart du temps)))).

Minerva connaissait bien Albus elle travaillait avec lui depuis si longtemps. Il avait été son professeur avant d'être son collègue, puis son supérieur. Elle l'avait dans la peau, aucune de ses manies ne lui était inconnue, aucune de ses pensées ne lui était étrangère, et à propos de ses idées lumineuses si elle en était parfois choquée, elle en comprenait rapidement la logique interne. Elle connaissait Albus comme elle se connaissait elle-même : il la surprenait toujours comme elle arrivait encore à se surprendre elle-même, mais leurs petites mécaniques personnelles lui étaient si familières qu'elle n'y songeait point.

Elle entra dans le bureau du directeur à dix-huit heures pour lui porter un gentil thé citronné, avec une heure de retard mais l'homme ne s'en étonnerait pas, Minerva était une femme occupée, et le thé était gentil, et non rituel.

Elle se figea plateau en main dès qu'elle fut entrée, et entendit la lourde porte du bureau se refermer en grinçant derrière elle.

Albus faisait la sieste.

Reprenons : affalé sur son fauteuil, les pieds dans ses chaussettes dépareillées trônant sur son sous-main en cuir de dragon, sa longue barbe argentée rejetée sur le côté comme une couverture qui aurait glissé, les paupières blanches et ridées lâchement closes, la respiration paisible, Albus faisait la sieste.

Albus ne faisait jamais la sieste. Il avait tout d'un hyperactif, doublé d'un insomniaque. Minerva se secoua mentalement (sa mâchoire inférieure remonta docilement) et déposa silencieusement le plateau devant son supérieur, attentive à son environnement. A demi inquiète, elle s'approcha de l'homme, posa deux doigts sur son poignet, pendant au bout de son bras ballant, pour mesurer le poux.

Il vivait. Pas d'empoisonnement, a priori. Bon. Bon. Bon. Il dormait, se résolut à constater Minerva, déboussolée par cette nouveauté inattendue. Et puisque lui rendre service était ce qu'elle savait faire de mieux, elle le borda affectueusement avec sa propre barbe et lui retira les mèches grises qui lui chatouillaient les joues.

-BOUH ! hurla soudain le vieux babouin en bondissant sur son siège. AH AH AH AH AH !

Minerva, écroulée par terre, se redressa une main sur le cœur.

-Je vous ai eue ! s'exclama tout guilleret le respectable sorcier.

Il continua à rigoler comme un enfant en venant l'aider à se relever, tandis que Minerva, totalement kaput, avalait de l'air à grandes goulées.


Le mot de l'auteur :

Nigaud, grasdouble, bizarre, pinson !