Disclamer : Les personnages et le monde HARRY POTTER sont à J.K. Rowling.

Bêta : Zarbi et gwenillo


NdA : Alors, je suis tombé sur la fic d'ANOKADE il y a deux/trois jours de ça et l'idée m'a plu. Comme je trouvais que l'histoire est allée un peu trop vite ainsi que la fin, j'ai eu l'envie de la reprendre. Bien entendu, j'ai demandé l'autorisation de l'auteur avant. Et je la remercie pour ça. Alors, voici ma réécriture du fic Aider pour tout Changer d'ANOKADE. Un lien vers la fic se trouve dans mes favoris pour ceux qui seraient intéressés par elle. N'hésitez pas à me faire part de vos avis.


Mon fils bien-aimé

Chapitre 7

_ C'était incroyable ! s'écria Tom en courant vers Harry qui descendait du balai sur lequel il venait de faire des loopings à rendre verts de jalousie les meilleurs joueurs de Quidditch du monde.

Les deux sorciers se trouvaient à l'heure actuelle dans le magasin de Quidditch où ils avaient l'intention d'acheter des balais. En fait, ils se trouvaient dans l'arrière-cour de la boutique où un petit terrain de vol permettait aux clients qui le voulaient de tester les balais avant achat. Harry avait immédiatement demandé à faire quelques essais pour déterminer quel était le meilleur le balai de cette époque. Certes, le sorcier ne s'attendait pas à quelque chose d'aussi performant que son regretté Éclair de Feu, ni même un balai s'en approchant un tout petit peu, mais il tenait à acheter ce qu'il y avait de mieux en la matière en attendant de pouvoir en créer un digne de ce nom ; car il n'allait pas attendre sagement que son Éclair de Feu arrive sur le marché.

Et vu que ce dernier ne serait commercialisé qu'en 1993, il avait le temps de se faire des cheveux gris. Et même si les sorciers avaient une plus longue longévité que les moldus, il se voyait mal faire des cabrioles aériennes à presque 80 ans. Il était téméraire, mais pas à ce point. De plus, avec sa chance légendaire, il risquait de casser sa pipe bien avant d'avoir atteint les 30 ans. Bref, pour en revenir aux essais d'Harry, ce dernier, après avoir sélectionné 3 balais, avait suivi l'un des vendeurs en compagnie de Tom derrière le magasin pour les tester. Avec un sourire aux lèvres, il avait retiré son manteau qu'il avait confié à Tom en lui disant de bien regarder.

Ensuite, il s'était saisi du premier balai, le Brossdur 1. Harry avait choisi de commencer les tests avec ce modèle, car c'était le premier balai de course spécialement destiné au sport à avoir été produit en masse. Il s'était donc dit qu'il devait être un minimum performant de ce fait. Le sorcier, après avoir fait un clin d'œil à Tom, avait lâché le balai. Et avant que ce dernier n'ait touché le sol, il avait dit sur un ton ferme : ''Debout !'' en tendant la main en direction du balai paume vers le bas. Le balai avait alors sauté dans sa main sous le regard émerveillé de Tom. Harry l'avait alors enfourché et donné un coup de pied à terre pour décoller.

Il était lentement monté vers les airs. Lorsqu'il fut à dix mètres du sol, il avait fait quelques mouvements pour s'habituer au balai. Puis, sans aucun avertissement, il avait pris brusquement de l'altitude et de la vitesse. Harry avait ensuite entrepris de faire plusieurs figures complexes et extrêmement dangereuses même pour un joueur professionnel. Tom avait cru que son cœur allait lâcher la première fois qu'Harry s'était laissé tomber comme une masse en direction du sol, donnant l'impression qu'il avait perdu le contrôle de son balai, avant de se redresser à la dernière seconde. Mais une fois passé l'instant de frayeur, Tom avait poussé des cris d'excitation en encourageant son papa.

Les cris avaient attiré du monde. Et rapidement, plusieurs personnes s'étaient agglutinées dans l'arrière-cour pour observer Harry. Après cinq minutes d'acrobaties, Harry était redescendu. Et sans faire cas de son public qui l'applaudissait en sourdine, il avait posé le Brossdur 1 et prit un autre des 3 balais qu'il avait sélectionnés. Et avec un petit sourire en direction de Tom qui ne le quittait pas des yeux, il était retourné dans les airs. Le second balai était le premier Comète à avoir été mis en vente, le Comète 140. Et tout comme avec le Brossdur 1, il avait fait plusieurs figures dignes d'un sportif de haut niveau avant de redescendre et de se saisir du dernier balai qui, contrairement aux deux premiers, n'était pas fabriqué en masse, mais était une production artisanale du nom de Friselune.

Et là aussi, il avait fait comme avec les deux premiers sous les applaudissements des spectateurs. Malheureusement, comme il s'y était attendu, aucun des trois ne pouvait rivaliser ou s'approcher un tout petit peu de son Éclair de Feu. La vitesse et les temps de réaction n'avaient rien à voir avec celles des balais dont le sorcier avait l'habitude. S'il ne voulait pas mourir d'une frustration due aux performances médiocres des balais de sa nouvelle époque, il allait devoir rapidement y remédier en investissant dans la fabrication de balais de course.

Ce fut donc un peu déçu et avec cette pensée en tête qu'il rejoignit Tom qui courait vers lui, un sourire lumineux aux lèvres. Quand Harry arriva à sa hauteur, il dut retenir Tom qui manqua de s'étaler par terre après s'être pris les pieds dans le manteau d'Harry. Ce dernier lui dit de faire attention en lui retirant son vêtement des bras après s'être assuré qu'il ne s'était pas blessé. Tom, surexcité, le noya ensuite sous un flot de paroles. Il le félicita pour ses performances qui étaient tout simplement 'INCROYABLES' et ''HALLUCINANTES''. Il lui demanda ensuite si lui aussi pourrait faire des pirouettes aussi ahurissantes quand il volerait.

_ J'en suis certain, mais cela te prendra beaucoup de temps pour parvenir à faire ce que j'ai fait là, lui répondit Harry.

_ Oh ! Et combien de temps ? demanda Tom légèrement déçu.

_ Je ne sais pas vraiment, un à trois ans seront nécessaires, peut-être même plus.

_ Tant que ça ? soupira Tom encore plus déçu.

_ Oui. Tant que ça. Mais comme tu vas avoir le meilleur professeur de tous les temps comme professeur particulier, je suis certain que tu vas progresser très vite, le rassura Harry en passant son bras autour de ses épaules pour le diriger vers le vendeur qui regardait Harry avec des étoiles dans les yeux.

_ Vous êtes impressionnant, monsieur ! s'exclama le vendeur dès qu'Harry fut à sa hauteur. Je n'ai encore jamais vu quelque chose d'aussi incroyable ! Je crois que même les joueurs de haut niveau ne sont pas capables d'exécuter les figures que vous venez de réaliser. Vous êtes vraiment extraordinaire, termina le vendeur en regardant Harry avec de l'admiration dans les yeux.

_ Il est fort mon papa, dit alors Tom avec orgueil, un sourire immense lui mangeant tout le visage.

Le jeune sorcier ne s'était même pas rendu compte de la portée de ses mots. Il était tellement soufflé par ce qu'il venait de voir, qu'il avait oublié sa méfiance et sa réserve habituelles. De toute sa vie Tom ne s'était jamais senti aussi heureux qu'à cet instant. Et dire qu'il n'y avait même pas deux jours, il était en train de broyer du noir en maudissant les habitants de son orphelinat tout en imaginant ce qu'il pourrait faire pour se venger de ses tortionnaires. Tom était presque prêt à réviser ses croyances et croire à l'existence d'un Dieu. Mais comme il est dit, il était presque, pas tout à fait prêt à le croire, car l'enfant refusait de croire à la même chose que Madame Cole et l'horrible homme d'Église qui prenait un plaisir malsain à le torturer tous les dimanches.

_ Tu as raison d'être fier jeune homme, car c'est certain qu'il est fort ton papa, dit l'un des spectateurs en se dégageant de l'attroupement qui s'était formé devant le terrain de Quidditch pour s'approcher d'Harry.

Lorsqu'il fut à leur hauteur, il tendit la main en direction d'Harry et lui dit :

_ Je suis Randolph Keitch, enchanté de faire connaissance, monsieur...

_ Smith, Harry Smith, répondit Harry en prenant la main avec un zeste de timidité la voix. Randolph Keitch, comme le joueur de Quidditch des Faucons de Falmouth ? demanda-t-il ensuite.

_ C'est bien moi, répondit le sorcier en souriant.

Le sorcier n'arrivait pas à croire qu'il avait le fameux Randolph Keitch devant lui. Non seulement c'était l'un des meilleurs joueurs de Quidditch de l'histoire du sport sorcier, mais il était aussi l'un des fondateurs de l'une des plus célèbres compagnies de fabrication de balai conçu spécialement pour les joueurs, la Compagnie de la Comète, en association avec un autre joueur, Basil Horton. Harry se demanda ce que le joueur lui voulait.

_ Je suis l'un de vos plus grands admirateurs, Monsieur Keitch, dit Harry qui n'arrivait pas à croire qu'il venait de dire un truc pareil.

Lui qui avait horreur des groupies qui lui couraient après en lui chantant ses louanges, le voilà qui faisait pareil.

_ Je suis flatté de le savoir, dit le sorcier en souriant à Harry.

_ Que puis-je faire pour vous ? demanda ensuite Harry.

_ Jeune homme, durant ma carrière, j'ai affronté et vu des joueurs faire des exploits incroyables sur un balai, mais je n'ai encore jamais vu l'un d'eux exécuter des figures aussi fabuleuses que celles que vous venez de faire. Je ne pensais pas qu'il était possible d'exécuter de tels exploits avec un balai pour tout dire. Vous êtes vraiment hallucinant.

_ Merci, lui dit Harry en rougissant.

C'était la première fois que le sorcier rougissait après avoir reçu un compliment en lien avec ses exploits sur un balai. En effet, il avait toujours pensé que ceux qui les lui faisaient n'étaient pas honnêtes avec lui Et qu'ils lui disaient cela seulement parce qu'il était Harry Potter, le garçon qui a survécu, puis le Survivant. Donc, que le joueur le plus connu de toute l'histoire du Quidditch le complimente était le plus beau cadeau que l'on puisse lui faire.

_ Je ne fais que dire la vérité, répliqua Keitch avant de poursuivre. Votre accent ne m'est pas familier, puis-je savoir d'où vous êtes si ce n'est pas indiscret ?

_ Je viens des Amériques, répondit Harry en souriant de contentement.

Son stratagème avait l'air de bien fonctionner, car jusqu'à présent personne ne sembla se douter qu'il était un Anglais de pure souche.

_ Des Amériques. Je ne pensais pas être connu de l'autre côté de l'océan.

_ Vous êtes un grand joueur, c'est normal que vous soyez aussi connu. De plus, je suis un passionné de Quidditch, il est donc tout à fait normal que je connaisse les noms des meilleurs joueurs de l'Histoire.

_ Vous me flattez, monsieur Smith, dit Keitch avec une pointe de fierté dans la voix.

Pendant qu'Harry discutait avec Keitch, Tom lui, se demandait pourquoi son père avait l'air si impressionné par le monsieur qui se tenait devant lui. Il ne voyait pas ce qu'il y avait d'impressionnant dans ce monsieur grisonnant. Bon, il n'était pas vraiment grisonnant, mais c'était tout comme, se dit Tom contrarié par l'attention que son père accordait à l'homme. Il lança un regard noir en direction de celui-ci tout en pinçant les lèvres d'un air contrarié. Le petit sorcier voyait l'échange entre les deux adultes d'un mauvais œil. Il le voyait d'un très mauvais œil.

En fait, Tom n'aimait pas ça. Il n'aimait vraiment pas ça. Il n'aimait pas que son père soit intéressé par quelqu'un d'autre que lui. Il n'aimait pas cette pointe d'estime qu'il pouvait voir dans le regard d'Harry et qui transparaissait dans sa voix. Eh oui ! Notre petit Tom n'était pas partageur. Pour lui, même s'il ne connaissait Harry que depuis deux jours, qu'il ne lui faisait pas entièrement confiance et qu'il s'attendait à tout moment à se voir renvoyer dans son orphelinat malgré les assurances d'Harry, Tom considérait ce dernier comme étant à lui et à lui seul. Le petit garçon avait été si seul durant tant d'années, qu'il avait peur de le redevenir. Pour lui, toute personne s'approchant de son oncle et père était une menace qu'il devait garder à l'œil. Et cet homme semblait en être une. Tout en fusillant Keitch du regard, il se colla à Harry, décidé à marquer son territoire.

_ Donc, vous êtes un passionné de Quidditch, reprit Keitch. Devrais-je en déduire que vous appartenez à une équipe ? questionna-t-il ensuite.

_ Oh non ! s'empressa de dire Harry. Certes, j'aime le Quidditch et y jouer, mais pas au point d'en faire un métier. Je préfère de loin être simple spectateur.

_ C'est vraiment dommage, car avec le talent que vous avez, vous pourriez faire une carrière remarquable. Vous pourriez devenir en peu de temps une célébrité internationale.

_ Cela ne m'intéresse vraiment pas de devenir célèbre, lui dit Harry.

_ Vraiment dommage, souffla Keitch avant de s'adresser à Harry. Monsieur Smith, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais je suis l'un des Fondateurs de la Compagnie de la Comète.

_ Je suis au courant de cela. Vos balais sont connus même outre-Atlantique.

_ Vraiment ? dit l'homme très content et fier comme un paon.

_ Vraiment.

Tom poussa un soupir d'exaspération et se rapprocha un peu plus d'Harry. Quel vaniteux, se dit-il méchamment.

_ Comme je vous disais, je suis l'un des Fondateurs de la Compagnie de la Comète, reprit le sorcier. En vous voyant faire ces figures sur ces balais, une idée m'est venue.

_ Quelle idée ? questionna Harry curieux.

_ Notre compagnie est actuellement en train de travailler sur un nouveau modèle de balai et je pense que vos compétences pourraient nous être très utiles.

_ En quoi ?

_ Cela vous intéresserait-t-il de devenir testeur pour notre compagnie ?

_ Et cela consisterait en quoi ?

_ À tester les limites et les fonctionnalités de nos balais.

Harry ne prit même pas le temps de réfléchir à la proposition et accepta. Keitch lui donna rendez-vous pour le lendemain matin dans leurs bureaux. Et avant de partir, il offrit deux balais à Harry : un pour lui et l'autre pour Tom., un modèle conçu spécialement pour les enfants. Harry accepta le cadeau sans se faire prier avant de remercier le sorcier. Tom quant à lui, remercia l'ancien joueur du bout des lèvres. Étrangement, il n'avait plus du tout envie d'acheter un balai. Tout ce qu'il voulait, c'était retourner à la maison avec son oncle. Loin des états d'âme de Tom, Harry alla acheter les deux autres balais qu'il avait testés. Ensuite, ils se rendirent côté moldu où ils achetèrent des vêtements, chaussures et jouets pour Tom.

Après ces achats, ils retournèrent chez eux. Tom fut très heureux de rentrer à la maison, sa maison. L'enfant n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait enfin un endroit qu'il pouvait appeler ainsi. Et il espérait de tout son être que cela ne lui soit jamais retiré. Tout en se rendant dans sa chambre pour déposer ses nouveaux livres, il se promit une fois de plus de tout faire pour que son oncle ne regrette jamais son geste. Il ferait tout pour que ce dernier soit fier de lui. Tout en se faisant cette promesse, Tom s'allongea sur son lit pour se reposer quelques minutes. Mais la journée avait été si épuisante, qu'il s'endormit sans s'en rendre compte.

Et lorsqu'Harry monta à l'étage pour voir ce que son fils faisait, il ne put s'empêcher de sourire en le voyant. Il pénétra dans la chambre, alla installer Tom plus confortablement dans le lit puis le recouvrit avant de se saisir du serpent qu'ils venaient d'acheter pour le poser sur la tête du lit. Ensuite, il passa ses doigts dans la chevelure de l'enfant avant de quitter la chambre en refermant doucement la porte. Harry retourna à la cuisine d'où il avait laissé Dobby. Et tout en l'aidant à préparer le repas du soir, il lui conta leur journée.

_ Harry Smith semble très heureux, dit Dobby à la fin du récit d'Harry.

_ C'est parce que je le suis, répondit Harry.

_ Cela va bien à Harry Smith d'être heureux. Dobby est très content de notre venue ici ainsi que de la venue du petit maître Tom.

_ Ne l'appelle pas maître Dobby, dit Harry. Cela me rappelle un peu trop Voldemort. Tout comme avec moi, appelle-le par son prénom. Nous sommes une famille et dans la famille, on s'appelle par nos prénoms.

_ Très bien Harry Smith, je ferai comme vous voulez.

_ Merci Dobby. J'ai hâte de pouvoir commencer les leçons de vol avec Tom, dit ensuite Harry. Je suis vraiment curieux de voir si Voldemort, même si Tom n'est pas lui, était doué en vol.

Après avoir dit cela, Harry s'imagina le mage noir sur un balai. L'image fut si ridicule qu'il explosa de rire. Dobby le regarda étrangement, mais il ne dit rien. Lorsque le sorcier parvint finalement à se calmer, il dit à l'intention de Dobby.

_ C'est bientôt l'anniversaire de Tom ainsi que le Nouvel An. À ton avis, devrait-on fêter les deux en même temps ou bien les fêter séparément ? Sans oublier que Noël est la semaine prochaine. Ah ! Il faut que je pense à lui acheter des cadeaux. Je me demande ce qui lui ferait plaisir ?

_ Je suis certain que le jeune Smith serait heureux de recevoir n'importe quel cadeau venant de vous, dit Dobby en souriant. Pour ce qui est du Nouvel An et de son anniversaire, Dobby pense qu'il serait plus pratique de fêter les deux en même temps. Cela ne sera que plus mémorable.

_ Oui, tu as raison. Demain, j'irai faire un tour à Londres pour lui acheter des cadeaux. Je vais aussi me renseigner pour l'école du village afin de l'inscrire pour l'année prochaine. Je voudrais que Tom ait une éducation moldue, tout comme une éducation sorcière ; ou du moins, les bases d'une éducation moldue. De plus, je voudrais qu'il puisse se faire des amis, de vrais amis. Je sais que cela ne va pas se faire facilement au vu de son passif et de sa méfiance envers les autres, mais je voudrais qu'il tente tout de même le coup. Il faut aussi que nous allions nous présenter aux autres habitants du village. Je n'aimerais pas attirer leur curiosité malsaine en jouant aux mystérieux. Et puis...

Dobby écouta Harry faire ses projets en souriant de contentement. L'elfe de maison était vraiment heureux de voir Harry aussi enthousiaste, ce qui n'avait plus été le cas depuis qu'il avait vu les vrais visages de ceux qu'il avait toujours considérés comme sa famille. Tom se réveilla quelques minutes avant de passer à table. Il n'avait pas dormi longtemps, mais il ne s'était jamais senti aussi bien qu'à cet instant. Quand le petit garçon ouvrit les yeux, il fut légèrement désorienté. Il pensait être encore dans sa petite chambre/cellule. Il lui fallut quelques secondes et les sifflements agacés de son serpent, pour lui rafraîchir la mémoire. Lorsque ce fut fait, il étira ses lèvres dans un sourire éclatant, avant de quitter son lit en attrapant le serpent grognon pour se rendre à la salle de bains.

Alors qu'il se dirigeait vers cette dernière, il se dit qu'il devait trouver un nom à son serpent, car il ne pouvait pas continuer à l'appeler le serpent. Ce fut pourquoi il coupa ce dernier dans ses sifflements de mécontentements, pour lui demander s'il avait un nom ou s'il devait lui en trouver un.

§ _ Bien entendu que j'ai un nom, lui répondit le serpent avec arrogance. Un nom que le Grand Salazar en personne m'a donné, ajouta-t-il en se redressant de tout son long. §

§ _ Et quel est ce nom ? questionna Tom en Fourchelang. §

§ _ Apophis est mon nom ! §

Alors que Tom allait se laver la figure, il suspendit son geste et observa le serpent avec doute.

§ _ Je ne savais pas que les serpents étaient aussi prétentieux, dit-il au bout d'une longue minute. §

§ _ Pourquoi dis-tu cela ? demanda le serpent qui ne comprenait pas pourquoi le petit sorcier lui disait ça. §

§ _ Parce qu'il faut bien l'être pour se donner soi-même le nom d'un dieu. §

Effectivement, même si Tom ne croyait pas aux dieux, il croyait en la magie. Et il avait toujours été fasciné par la mythologie. Quand il avait 7 ans l'enfant était tombé sur un livre d'Histoire sur les mythologies grecque et égyptienne qui était caché parmi le peu de livres qui constituaient la minuscule bibliothèque de l'orphelinat. Et depuis, il avait développé une fascination pour les dieux égyptiens ; et plus particulièrement pour le dieu-serpent, Apophis. C'était vraiment une étrange coïncidence que son serpent dise s'appeler ainsi.

§ _ Mais je suis un dieu ! répliqua le serpent avec l'arrogance que Tom commençait à bien connaître. §

Et tout en se passant de l'eau sur le visage, Tom se dit qu'il n'avait vraiment pas de chance d'être tombé sur un serpent qui passait son temps à inventer des histoires à dormir debout et doublé d'une vanité à faire rougir le plus vaniteux des hommes. Après s'être débarbouillé, Tom se dirigea vers la cuisine attiré par l'odeur alléchante de petits plats. Il avait une faim de loup. Lorsque l'enfant franchit le pas de la porte, Harry qui était en train de mettre la table à la manière moldue, car il trouvait ça bien plus convivial, invita Tom à venir l'aider après lui avoir demandé s'il avait bien dormi. L'enfant fut très heureux de donner un coup de main à son papa. Et c'est avec le sourire aux lèvres qu'ils passèrent tous les trois à table. En effet, Dobby mangeait avec eux.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Poudlard, dans le temps où se trouve Harry actuellement.

Albus Dumbledore, professeur de Transfiguration de l'école de sorcellerie de Poudlard, était dans son bureau quand un hibou vint taper à sa fenêtre. Le sorcier se leva et alla ouvrir à l'oiseau pour lui permettre d'entrer. Le hibou se posa sur le bureau du sorcier avant de lui tendre la patte. Sur cette dernière, il y avait un petit parchemin roulé en boule. Albus s'en saisit avant de donner quelques graines spéciales hiboux. Ensuite, le sorcier se rendit près de la fenêtre et profita des dernières lumières du jour pour lire le papier. À la fin de sa lecture, Albus prit un air songeur avant de se diriger vers son bureau. Là, il se mit à fouiller frénétiquement dans les tiroirs.

Au bout de trois minutes de recherche, le sorcier poussa un cri de victoire en soulevant une boîte noire avec des runes dorées dessus. Il l'observa durant de longues minutes avant de la poser sur la table et de prendre sa baguette. Il frappa les quatre coins de la boîte en prononçant des incantations aux airs sinistres. Il finit les incantations en faisant des mouvements gracieux et complexes au-dessus de la boîte. Lorsqu'il cessa ses mouvements et ses enchantements, la boîte se tordit tel du caoutchouc avant de prendre la forme d'un épais livre noir sans la moindre gravure ou écriture sur la couverture.

_ Voyons donc, murmura Dumbledore en parcourant le livre après l'avoir ouvert. Si mes souvenirs sont bons, c'est à la lettre G.

Son doigt parcourut une liste de noms jusqu'à la lettre G.

_ Ah ! Voilà, s'exclama Albus. Galway, Gane, Garman..., non, ce n'est pas ça, marmonna Dumbledore en lisant les noms de Familles. Gauger... non ce n'est pas ça non plus. Gaunt. Gaunt ! Oui c'est bien lui ! s'exclama le sorcier. Alors, page 122.

Dumbledore s'empressa d'ouvrir le livre à la page 122. Il la parcourut du regard rapidement, mais attentivement. Il fonça plusieurs fois les sourcils durant sa lecture. Après avoir lu ce qui était écrit trois fois pour être certain que ses yeux ne lui jouaient pas de tour, il ferma le livre, replaça le charme qui le cachait avant de le ranger dans son bureau. Puis, le sorcier se leva et se rendit à la cheminée, se saisit d'une poignée de poudre de cheminette avant de la jeter dans les flammes. Lorsque les flammes devinrent bleues, il s'agenouilla devant la cheminée, passa sa tête à l'intérieur des flammes et dit : L'envol du Phœnix. Ensuite, il retira sa tête et attendit quelques minutes.

_ Albus, qu'y a-t'il pour que tu prennes le risque de me contacter depuis Poudlard ? demanda un homme qui devait avoir une bonne quarantaine ou cinquantaine d'années, dont on ne voyait que la tête au milieu des flammes mais dont les cheveux étaient tout de même d'un blond doré.

L'homme était séduisant sans être un mannequin. Il se dégageait de lui un charme incroyable ainsi qu'une puissance magique qui inspiraient respect et crainte.

_ Je crois qu'il y a un autre dont nous ne connaissions pas l'existence, dit Albus.

_ Un autre quoi ? demanda le nouvel arrivant.

_ Un descendant de Salazar.

_ En es-tu certain ?

_ Flint, le sorcier qui tient l'animalerie du chemin de Traverse vient de me faire parvenir une lettre m'indiquant qu'un enfant en compagnie d'un jeune homme ayant un accent étrange se sont rendus dans son magasin aujourd'hui.

_ Et qu'est-ce que cela a à voir avec Salazar ? questionna le sorcier.

_ Il semblerait que l'enfant est Fourchelang.

_ En es-tu certain ?

_ D'après ce que dit la note, ce serait le cas.

_ Cela pourrait-il être l'enfant de cette laideronne qui s'était entichée d'un moldu et qui est venue nous demander notre aide en échange de la traduction du carnet de sortilèges et de potions de Salazar ?

_ Je ne sais pas, mais il se pourrait bien.

_ Cela serait intéressant de voir quel genre d'enfant c'est ? Si c'est bien le fils de cette sorcière ou vraiment un autre héritier d'une branche inconnue de Salazar. Et peut-être que contrairement aux autres héritiers du Fondateur, celui-ci aura hérité du don caché de son ancêtre.

_ La capacité de scinder son âme en plusieurs morceaux afin d'échapper à la mort, souffla Dumbledore avec respect et envie.

_ Oui, et il pourrait peut-être nous aider à créer des Horcruxes pour notre propre usage, suggéra le sorcier.

_ S'il s'avère que c'est bien un héritier de Salazar, je vais m'assurer qu'il emprunte la même voie que son ancêtre, déclara Dumbledore.

_ Et comment comptes-tu t'y prendre ?

_ Si l'enfant est bien un héritier capable de créer des Horcruxes, je m'arrangerai pour lui lancer le Tenebris Meam.

_ C'est un grand risque que tu vas prendre, car si l'enfant est résistant, il risque de devenir une grande menace pour nous à l'avenir.

_ Si c'est le cas, je m'occuperai de lui.

_ Bien, je te fais confiance. Je sais que je peux compter sur toi, dit le sorcier avant de s'exclamer. Mais j'y pense ! As-tu consulté le Livre pour voir si l'enfant est bien celui de cette femme ou bien s'il est vraiment lié à Salazar ?

_ Non, pas encore, mentit Dumbledore sans aucune hésitation.

_ Pourquoi ne l'as-tu pas encore fait ? questionna l'autre en fonçant les sourcils.

_ Je l'ai placé en lieu sûr. Et l'endroit où il se trouve n'est pas tout proche. Il me faudra attendre les vacances de Noël pour m'y rendre sans attirer l'attention sur moi.

_ Bien, tiens-moi au courant des résultats et en attendant de pouvoir confirmer le lien de l'enfant avec le livre, tente de te renseigner sur lui et sur l'homme qui l'accompagnait. Qui sait, ils pourraient nous être utiles même s'il s'avère qu'ils n'ont aucun lien avec Salazar.

_ Je vais faire ça, approuva Dumbledore. Je dois y aller maintenant. J'ai une réunion de professeurs.

_ Très bien, moi aussi je dois y aller, dit l'homme avec regret. Je tenterai de venir te voir durant les vacances. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas retrouvés rien que tous les deux. Et étonnamment, tu me manques énormément, vieil homme.

_ Ne me traite pas de vieil homme, lui siffla méchamment Dumbledore. Tu sais à quel point je déteste ça !

_ Et c'est bien pour cela que j'aime te le dire encore et encore, mon bien-aimé.

Sur ces mots, le sorcier coupa la communication. Dumbledore fixa les flammes avec un mélange de rage et de tendresse. Le sorcier n'arrivait pas à comprendre son comportement de ces dernières années. Pourquoi se sentait-il obligé de mentir à son amant après toutes ces années de complicité ? Parce que c'était bien ce qu'il venait de faire à l'instant, car il avait non seulement regardé le Livre, mais il savait que l'enfant en question était sans aucun doute possible celui de Mérope Gaunt et du Moldu dont elle s'était amourachée. De plus, il avait omis de lui parler de l'étrange phénomène qu'il avait relevé dans le Livre.

En effet, un nom, un nouveau nom, un nom qui n'était pas présent dans le Livre lorsqu'ils avaient tous les deux épluché ce dernier à la recherche des descendants de Salazar dans l'espoir d'en trouver un capable de fractionner son âme, et par la même occasion, la leur. Le nom en question était Harry Vlad Smith Gaunt, fils d'Elvis Marvolo Gaunt. Dans d'autres circonstances l'ajout du nom n'aurait pas posé de problème à Dumbledore, car le sorcier aurait été encore en mesure de concevoir un enfant, mais dans ce cas précis, c'était l'âge du dénommé Harry qui posait problème. Celui-ci avait, d'après le livre, vingt ans. De ce fait, son nom aurait dû être présent dans le livre dès sa naissance, et cela, que son père l'ait reconnu ou pas. Alors, pourquoi son nom n'apparaissait-il que maintenant ?

Une autre chose intriguait le sorcier. Cette chose concernait l'enfant Fourchelang, Tom Elvis Jedusor Vlad Smith Gaunt. En effet, le Livre indiquait qu'il était l'enfant légitime de Mérope Gaunt, de Tom Jedusor et d'Harry Vlad Smith Gaunt. Comment cela était-il possible ? De ce que le sorcier savait, jusqu'à présent, un enfant ne pouvait avoir que deux parents biologiques et non trois. Et le plus important de tout, qui était ce jeune sorcier et d'où venait-il ? Albus devait absolument tout faire pour apprendre le plus d'information possible sur ce dernier, tout en se rapprochant de l'enfant pour vérifier s'il possédait ou non la capacité de créer des Horcruxes.

Tout en se disant cela, Albus quitta son bureau pour se rendre à la réunion des professeurs qu'il ne pouvait pas manquer. Et alors qu'il longeait les couloirs menant au bureau du directeur Armando Dippet, son esprit se détourna d'Harry Smith pour revenir à son amant. Plus précisément à une série de questions qui ne cessaient de le tourmenter depuis plusieurs mois déjà. Des questions du genre : Pourquoi, malgré l'amour qu'il avait pour ce dernier, désirait-il autant le soumettre, le battre ? Pourquoi voulait-il garder le fruit de leur dur labeur pour lui seul ? Et surtout, pourquoi ressentait-il le désir irrépressible de le mettre plus bas que terre ?

Et pour finir, d'où lui venait cette immense jalousie qu'il éprouvait à chaque fois qu'il voyait le beau visage de son amant ? Un visage qui ne semblait pas connaître les ravages du temps, alors que le sien soulignait la moindre ride. Cette pensée le rendit coléreux et envieux. Lui aussi voulait paraître plus jeune que son âge. En fait, ce qu'il voulait réellement, c'était ne plus vieillir. Non, ce qu'il voulait vraiment c'était retrouver sa jeunesse perdue ; redevenir un jeune homme dans la fleur de l'âge et ne jamais plus quitter cet état. Il ne faut pas croire que Dumbledore voulait la vie éternelle, car pour lui, tout ce qui vit est amené à disparaître un jour. Non, tout ce qu'il voulait s'était retrouver sa jeunesse et rien de plus.

Et pour cela, le sorcier était prêt à faire beaucoup de sacrifices. Et cela semblait inclure l'amour qu'il avait pour son amant. Dumbledore était prêt à tout pour redevenir jeune, même pour quelques secondes. Rien qu'une seconde lui suffirait amplement. Ensuite, il pourrait mourir heureux. Et c'est cette envie dévorante et déraisonnable qui le conduirait à trahir son amant et le pousserait à commettre des actes innommables ; des actes qui avaient par la suite conduit à la création de Voldemort, mené le monde sorcier anglais à la guerre, causé des centaines et des centaines de morts, divisé ou décimé des familles entières et finalement, condamné Harry à une vie malheureuse remplie d'épreuves et de souffrances.

Oui, Albus Dumbledore était prêt à tout pour redevenir jeune, quel qu'en soit le prix.