Je voulais remercier les personnes qui commentent cette fiction surtout Wandha, fanny et Ccilia

Une semaine plus tard, Arizona est dans la chambre de Zola pour préparer le départ de l'enfant car sa santé va beaucoup mieux et l'hospitalisation n'est plus obligatoire puis la pédiatre préfère qu'elle se repose chez elle dans un lieu qu'elle connait et qu'elle aime plutôt qu'à l'hôpital. Ces sept jours n'ont pas été de tout repos pour la blonde, le père de James a tenté le tout pour le tout qu'Aaron et elle soient renvoyés, heureusement le chef a pris l'affaire en main et l'a réglé très vite pour éviter des crises d'angoisses chez ses deux employés puis Arizona a dû passer beaucoup de temps avec Ayanna pour que l'adolescente comprenne réellement qu'elle ne l'abandonnerait pas et qu'elle sera toujours présente pour elle. Arizona a aussi passé beaucoup de temps à l'hôpital, à cause du temps et des vacances de nombreux accidents ont eu lieu sur les routes.

Du coup, elle a peu vu Callie et dès qu'elles passent du temps ensemble, une tension les empêche de profiter du moment, Arizona sent de l'anxiété émaner de Callie et elle ne cherche pas à comprendre la raison, si la latina souhaite lui en parler, elle le fera pourtant cela la refroidit un minimum et elle ne peut jouir de ces instants partagés. Callie est toujours heureuse de retrouver son amour mais son esprit n'est jamais serein et à chaque fois, elle attend qu'Arizona se confie à elle, qu'elle lui propose d'autres rendez-vous et ses espérances s'écroulent tout le temps. La latina a conscience qu'elle a retrouvé son amour depuis peu, qu'elle lui a promis de lui donner du temps malgré cela elle est sur les nerfs car elle rêve de renouer des liens forts avec Arizona, de revoir une complicité sans limite naitre et de pouvoir se réveiller de nouveau à ses côtés. Callie en se levant a pris une décision parler avec Arizona pour lui faire part de ses ressentis.

Arizona salue une dernière fois les Shepherd puis elle file vers les infirmières pour déposer des dossiers, puis elle va dans la salle de repos pour se poser quelques minutes, elle sort son téléphone portable pour lire les sms qu'elle a reçu.

« Bonjour, j'espère que ça ne te dérange pas que je t'écrive. Je voulais prendre de tes nouvelles et savoir si tu accepterais de me rencontrer. » Kate.

« Coucou, c'est moi. Je sais vu l'heure tu dois être au bloc ou autre… Juste pour te rappeler de ne pas oublier de prendre les places pour ce fameux concert. » Ayanna.

Arizona sourit, il lui tarde aussi d'assister à ce concert et de se défouler sur la musique puis elle décide de répondre à Kate, elle hésite quand même sur la réponse à fournir car elle a eu un bon contact avec Kate mais si Callie l'apprend, elle risque de subir ses foudres. Elle soupire en se frottant le front, elle répond en acceptant la proposition de la femme, elle ne fait rien de mal car elle n'ira pas la voir en ayant des idées perverses ou autres, juste pour discuter. Arizona pose son téléphone, elle se sert une tasse de café mais son bipeur la coupe dans son élan, elle le prend et elle est surprise du message, personne ne doit sortir de l'hôpital, chaque personne doit rester là où elle se trouve car un tireur est dans le bâtiment. Le cœur d'Arizona manque un battement, elle se précipite dans le couloir et s'engouffre dans la chambre de Sofia sous l'œil inquiet de Callie et Mark, elle descend les stores et se tourne sur les deux.

« Vous ne bougez pas d'ici, c'est un ordre. Je reviens très vite. »

Arizona va sortir de la pièce mais Callie lui attrape le bras pour l'arrêter.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Je te dirai plus tard. Pour le moment, vous restez dans cette chambre et vous faites le moins de bruit possible. »

« Mais où vas-tu ? Je ne comprends rien. »

« Ne cherche pas à comprendre, je te promets que je reviens. »

Arizona embrasse Callie puis quitte la pièce, elle court jusqu'au bureau des infirmières, elle les voit toutes par terre blotties les une contre les autres.

« Vous allez prendre en charge chaque patient, on est assez nombreux pour s'en occuper et c'est de notre devoir d'être près d'eux. Si un souci survient vous me bipez et je viendrai. Allez debout et au boulot. Nos patients avant tout. »

Arizona repart en courant, elle va vers une machine pour prendre à boire et de quoi manger, elle tourne la tête de gauche à droite pour s'assurer d'être seule et surtout pouvoir réagir si le tireur arrive, elle voit Aaron qui se précipite vers elle, il a l'air affolé et perdre son sang froid.

« Qu'est-ce que tu fais là, Arizona ? »

« Ce que j'ai à faire. Va dans la chambre de Zola et fais en sorte que les Shepherd ne s'inquiètent pas et que la petite soit bien. »

« Mais…mais… »

« Ne discute pas, je suis ton chef alors tu suis mes ordres. »

Arizona prend tous les aliments et retourne dans la chambre de Sofia, elle bloque la porte avec une chaise et pose le tout, elle se tourne sur Mark et lui fait un signe de la suivre vers la salle de bain, elle jette un coup d'œil à Callie puis s'enferme avec son ami.

« Un tireur est dans l'hôpital, on a pour ordre de rester là où on est. Je risque de devoir vous quitter à plusieurs reprises pour aller voir mes autres patients, je te demande de prendre soin de Callie que je m'absenterai… »

« Tu dois écouter les ordres donc tu dois rester avec nous… »

« Mark, calmes-toi. Je sais ce que je fais, je ne peux pas abandonner les enfants, ils comptent sur moi et vu l'état des infirmières et de mes collègues, j'ai peur qu'ils paniquent. Les patients passent avant tout et tu le sais, leur vie est entre nos mains quand ils sont hospitalisés. »

« Je sais…Je sais mais pourquoi c'est toi qui doit gérer la situation ? »

« Car je suis capable de la gérer. Maintenant, on va retourner dans cette chambre et faire en sorte que Sofia aille bien. »

Arizona entre dans la pièce avec Mark, elle arbore un sourire pour rassurer Callie mais le plasticien est très pâle ce qui ne rassure pas la latina, elle s'approche de son amour et d'un ton énervé qui prouve son inquiétude.

« Je peux avoir des explications maintenant ? Tu ne me dis jamais rien, tu restes toujours dans le silence avec moi alors que les autres sont au courant de tout. Je peux espérer avoir de la considération pour toi et qu'enfin tu te confies à moi. J'en ai marre, je ne supporte plus cette situation. »

Arizona pose ses deux mains sur les épaules de Callie.

« J'allais te parler et te les donner ces explications mais pas en présence de Sofia alors viens avec moi dans la salle de bain. »

Encore une fois, Arizona s'enferme dans la salle de bain mais avec Callie, elle prend cette dernière dans ses bras et lui caresse délicatement le dos.

« Tout va bien se passer, je te le promets. Un homme armé est dans le bâtiment… »

« Quoi ? Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas possible. »

« Chut. Je suis là… »

Callie pousse violemment Arizona et la pointe du doigt.

« Tu vas être là ? Et tu comptes faire quoi ? Retrouver cet homme et l'arrêter ? Tu es chirurgien, pas flic. On doit sortir d'ici, on doit partir pour être en sécurité, on ne l'est pas ici…Je vais préparer Sofia et on part tous ensemble. »

Arizona bloque Callie contre un mur et l'embrasse langoureusement puis elle se recule un minimum, elle pose son front contre celui de la latina.

« Nous devons rester ici, si on prend le risque de parcourir les couloirs jusqu'à la sortie, on peut croiser le tireur et se faire tirer dessus. Le mieux est qu'on s'enferme dans cette chambre et qu'on attende tranquillement, enfin vous… »

« Nous, comment ça ? »

« Fais-moi confiance, je te demande juste de me faire confiance. Je te promets que tu ne risques rien comme Mark et Sofia. »

« Et toi ? »

« Ne t'inquiète pas pour moi. Tu dois penser à ta fille et à toi. »

« Je ne veux pas te perdre, je t'aime et j'ai besoin de te parler, de comprendre. »

« Tu ne me perdras pas, ne t'en fais pas. Je t'aime aussi. »

Arizona prend encore Callie dans ses bras puis elles retournent dans la chambre, la latina se précipite vers sa fille et la colle contre elle, Mark fait les cents pas en jetant des regards vers la pédiatre, cette situation le dépasse et dès qu'il entend un bruit, il sursaute donc il se demande comment la blonde peut être si calme. Arizona va vers les stores, elle les monte par moment pour avoir un aperçu sur le couloir, elle doit s'assurer que le tireur ne vienne pas et qu'il ne soit pas une menace pour Callie, Sofia et Mark.

Au bout d'une demi-heure, Arizona s'assoit sur le sol, elle prend un paquet de chips pour répondre à la faim qui tiraille son estomac, le silence est lourd et pesant, personne n'ose prendre la parole de peur que leurs nerfs lâchent, heureusement Sofia c'est très vite endormie dans les bras de sa mère et Mark ne peut s'empêcher de fixer Arizona pour tenter de lire en elle, la manière dont elle gère la situation, le surprend, son calme lui fait se poser de multiples questions et cela la frustre au plus haut point car lui l'homme est à bout et son angoisse au summum. Il se lève d'un coup.

« Comment peux-tu manger alors qu'un fou se balade avec un flingue ? »

« Je ne sais pas. »

« Mark a raison, tu es là et je n'ai pas l'impression que tu t'inquiètes, tu regardes à travers la vitre puis tu fixes ton bipeur et maintenant, tu manges comme ci de rien était. »

Arizona se met sur deux jambes, elle soupire et soulève le store une nouvelle fois, elle ne répond pas à Callie, ni à Mark. Pourquoi elle angoisserait ? Ce n'est qu'un homme en colère, juste un et qui n'a qu'un pistolet, elle ferme les yeux une demi-seconde mais le temps dure plus longtemps qu'elle le pense.

Arizona court vers une tente, les hurlements atteignent ses oreilles et cela la rend folle, elle n'en peut plus de vivre dans telle circonstance, des cadavres gisent à même le sol, les mouches en profitent pour se nourrir de la chair qui se décomposent très vite à cause du soleil qui tape fort sur les terres arides, la puanteur est telle que beaucoup ne peuvent s'empêcher de régurgiter le peu qu'ils ont mangé. Durant sa course, elle vérifie que personne ne la poursuit et qu'aucun Homme ne surgisse avec une hachette ou une mitraillette, depuis deux semaines, une guerre a éclaté dans divers villages les citoyens se massacrent car la famine, la maladie et le manque d'espoir les ont rendus fou, une folie qui a pour conséquence des centaines de morts, des massacres sans nom et du sang versé. Le dictateur de ce pays qui sombre a décidé de taire les événements, de protéger son statut pour cette raison, Arizona est sans cesse suivi par des hommes ainsi elle ne peut dévoiler les faits, elle est soumise à la volonté d'un homme qui ne soucie guère des vies qui sont en jeu. La pédiatre ouvre la toile pour entrer dans la tente, un enfant crie et sa mère tente de le calmer, Arizona demande à la femme de se reculer et la blonde est de nouveau face à l'horreur, un petit être humain va mourir dans ses bras et le sang va s'imprégner en elle comme du poison qui détruit les cellules du corps. Elle se force pourtant à essayer de sauver la vie de ce petit garçon, de lui administrer des soins mais l'état de cet être est trop grave pour qu'elle puisse réussir, elle se doute de la souffrance de l'enfant et elle ne supporte pas de lutter pour lui donner encore des minutes de douleurs. Au bout d'un moment, elle se tourne vers la mère pour lui annoncer la mort de son fils, lui infliger une blessure si grande que cette femme n'oubliera jamais son visage. Cette mère s'écroule en pleurant la mort de son enfant, Arizona se baisse pour la réconforter et le désespoir de cette personne la pousse à enfoncer un couteau dans le dos de la pédiatre, elle verse sa douleur et sa rage sur Arizona. Un soldat entre en trombe dans la tente, il attrape la mère et la jette sur le sol, la pédiatre est couchée sur le sol sablonneux en se tenant le bas du dos en appuyant sur sa blessure, elle hurle quand le soldat pointe son fusille sur la mère et qu'il tire. Arizona ferme ses paupières car cette vision lui fait horreur, une pauvre femme vient de perdre la vie par sa faute…

Arizona ouvre ses yeux, des larmes coulent le long de ses joues et comme un rappel elle passe sa main sur sa cicatrice.

« Ari, tu nous entends ? »

La pédiatre se tourne sur Mark et Callie, cette dernière en voyant l'état de son amour accourt vers elle et le prend dans ses bas, Arizona est surprise de ce geste puis elle sent de l'eau salé sur sa bouche et elle se rend compte qu'elle pleure, elle s'essuie les yeux et embrasse Callie.

« Qu'est-ce que tu as ? »

« De mauvais souvenirs qui sont survenus… »

« Tu veux en parler ? »

Arizona se blottit contre le corps chaud de la latina, cette dernière resserre son étreinte totalement perdue.

« Je t'en parlerai, je te le promets mais ce n'est pas le moment. »

Un coup de feu résonne, Arizona plaque Callie contre le mur pour la protéger et lève le store, elle écarquille les yeux quand elle aperçoit M. Jackson avec une arme en main, le père de James est le tireur et s'il est présent, qu'il tire sur les blouses blanches, c'est sûrement de sa faute.

« Mark, tu vas m'écouter attentivement et faire ce que je vais te dire. »

Mark acquiesce de la tête car il ne se doute pas de ce qu'Arizona va lui annoncer.

« Tu vas prendre Callie, tu vas l'allonger près de Sofia et tu vas la tenir très fort dans tes bras. Quoi que tu entendes, tu restes avec elles et tu fais ton maximum pour que Callie reste dans la chambre… »

« Pourquoi ? Que comptes-tu faire ? »

« Ne pose pas de questions et agis. »

Arizona embrasse Callie passionnément puis elle se recule pour que Mark prenne sa place mais la latina se retient de toutes ses forces à la blonde, sans un mot, cette dernière se retire doucement et sort de la chambre en jetant un dernier regard sur la femme qu'elle aime. Mark comprend afin les intentions d'Arizona et qu'il ne peut pas l'en empêcher, alors il pose sa main sur la bouche de Callie pour qu'elle ne puisse pas hurler et ainsi éviter le tireur les repère. La latina veut crier pour ordonner à Arizona de revenir, de ne pas l'abandonner mais Mark l'en empêche, elle assiste au départ d'Arizona et son angoisse est telle que les larmes coulent en abondance, elle est morte de peur pour la vie de sa blonde et elle la maudit de prendre un tel risque. Elle se concentre pour entendre ce qui se déroule dans le couloir et elle prie pour le son d'une balle ne retentisse pas de nouveau.

Arizona est en face de M. Jackson les mains au-dessus de sa tête, son cœur bat la chamade et ses membres tremblent mais elle fait son maximum pour contrôler son corps. L'homme pointe son arme vers la pédiatre.

« Vous avez tué mon fils, vous êtes une meurtrière, à cause de vous, j'ai tout perdu et je suis seul. »

« Vous saviez depuis longtemps qu'un jour ce moment arriverait, j'ai fait mon maximum et grâce à notre travail, James a pu vivre des mois et des mois. Je comprends votre souffrance mais ce n'est pas une raison pour tuer des gens… »

« Taisez-vous, vous ne savez rien… Que pouvez-vous savoir de l'horreur et de la perte ? »

Arizona s'approche doucement de M. Jackson, son regard est fixé dans celui de l'homme.

« J'en sais bien plus que vous le pensez. J'ai vu des parents s'effondrer à cause la mort de leur enfant, des enfants assassinés par des Hommes, des enfants en sang, qui souffraient le martyre à cause de la folie qui peut nous dominer à tout instant. Vous voulez que je vous ouvre les yeux pour vous montrer que vous agissez comme un fou… »

« Taisez-vous, je vous interdits de m'adresser la parole… »

« Je ne me tairai pas, je refuse de vous laisser agir de la sorte. Vous avez eu de la chance car votre fils a pu vivre plus longtemps qu'il n'aurait dû. Vous avez eu de la chance de vivre dans un pays où les soins vous sont offerts, où des personnes nous protègent et font en sorte qu'on vive en sécurité. Vous êtes enfermé dans votre douleur du coup vous ne voyez rien, vous ne comprenez rien. Des enfants sont tués, des enfants meurent de faim, des enfants meurent à cause des maladies qui n'existent plus chez nous. Des mères voient leurs enfants ensanglantés, elles les voient se faire trancher le corps par des hachettes, elles les voient s'écrouler par des balles et elles en deviennent folles car là où elles vivent, personne n'est présente pour qu'elles soient en sécurité, personne ne peut prodiguer les soins adéquates. On a de la chance et vous en avez pas conscience, j'en suis désolée. Vous rendez compte que vous avez tiré sur des femmes, des hommes, qu'ils ont une famille et qu'à cause de vous ces familles vont être en deuil »

« Je…Je… »

M. Jackson s'écroule contre un mur mais son arme vise toujours Arizona, il pleure et tremble.

« Vous quoi ? Je refuse d'entendre vos remords ou autre chose… Je vous ai offert du temps avec votre fils, Aaron aussi et vous nous remerciez en venant ici avec un flingue. »

L'homme appuie sur la gâchette, Arizona tombe lourdement sur le sol et du sang s'écoule de sa blessure puis un autre coup de feu retentit dans les couleurs silencieux de l'hôpital puis un hurlement se fait entendre suivi par des pas. Callie s'est dégagée de Mark quand elle a entendu le coup de pistolet, elle avait suivi la conversation d'Arizona et elle a pu prendre conscience de certains faits sur le passé de sa blonde. Elle se précipite vers la pédiatre, tout ce sang la rend malade et elle angoisse, elle n'ose regarder le corps inerte de M. Jackson.

« Callie ? »

« Mon ange, tu vas bien ? Je ne trouve pas ta blessure. »

« Ca va. La balle a atteint mon épaule… Je vais bien. »

Arizona se redresse en tenant son épaule ensanglanté, Callie la prend dans ses bras ce qui réveille la douleur de la pédiatre mais elle serre ses dents pour ne pas lâcher de bruit significatif. La latina embrasse Arizona avec tout l'amour qu'elle lui porte, elle a eu si peur, elle s'est tant inquiétée qu'elle ne peut se décoller de sa blonde.

« Ari ? »

Arizona rompt le baiser, elle esquive un sourire à sa brune puis lui caresse la joue avec tendresse et se tourne vers son collègue.

« Je vais bien. Préviens le chef et la police que M. Jackson est mort. »

Callie aide Arizona à se redresser pendant qu'Aaron suit les recommandations de la pédiatre, un médecin fait son appariation et vient à la rencontre du couple.

« Dr Robbins, je vais vous soigner… »

« Non, je vais le faire. Indiquez-moi une pièce où je peux prendre soin de ma copine. »

« Hein ? »

« Dr Mackensie, vous n'avez pas entendu. Indiquez une salle à ma compagne pour qu'elle puisse recoudre mon épaule. »

Vingt minutes plus tard, Arizona est assise sur un lit et Callie s'occupe soigneusement de la blessure de la pédiatre, la balle est sorti heureusement. La blonde ne peut s'empêcher de fixer la latina et d'être heureuse d'être toujours vivante.

« J'ai entendu ce qui tu as dit à cet homme. »

« Ha ? »

« Veux-tu m'en parler ? »

« Il n'y pas grande chose à raconter. »

Callie stoppe ses gestes et lève ses yeux vers Arizona.

« Pourquoi refuses-tu de te confier à moi ? Je peux te soutenir, t'écouter et être présente pour toi… »

« Quand je suis partie là-bas, c'était calme. Je faisais comme à Seattle avec les moyens du bord, j'étais avec des personnes formidables et on travaillait bien ensemble. Puis, un jour, une guerre a éclaté, les villageois tuaient leurs voisins, les soldats s'en sont mêlés en tuant des villages entier. Je n'étais plus là-bas pour apporter mon aide aux enfants, je suis devenue médecin de guerre sous surveillance constante. J'ai vu des gens et des enfants se faire égorger, tirer dessus et massacrer… »

Arizona retient ses larmes le plus qu'elle peut et Callie est figée par la déclaration de sa pédiatre.

« Ils ont tous perdu la tête, ils prenaient un plaisir malsain à faire couler le sang et à prendre la vie d'être humain. Un jour, des hommes nous ont pris en otage car ils avaient faim et qu'ils n'en pouvaient plus, ils étaient armés et ils menaçaient de tous nous tuer si on ne répondait pas à leur demande, ils voulaient juste de la nourriture, survivre…Mais le chef du pays n'a pas voulu les écouter, les soldats ne faisaient rien alors les hommes ont commencé à tuer certaines personnes de notre groupe, ils riaient de notre peur, riaient du sang qui giclaient. Puis tout d'un coup, les soldats ont tiré sans faire attention à leur cible, j'ai eu de la chance, je n'ai reçu aucune balle mais certains de mes amis sont morts et je vis avec chaque jour. »

Callie culpabilise car c'est elle qui a demandé à Arizona de partir, de la quitter pour sauver des africains, elle prend la pédiatre dans ses bras et murmure.

« Je suis désolée… »

« Ce n'est pas de ta faute. Je ne pouvais pas t'en parler car je n'en avais pas le courage, les souvenirs sont trop douloureux, je fais des cauchemars toutes les nuits, je vis avec mais en parler c'est différent, dire à haute voix et mettre des mots sur ces évènements affreux, c'est trop dur… »

La porte de la salle s'ouvre en grand, Ayanna court vers Arizona et l'adolescente attend que Callie se recule pour prendre la blonde dans ses bras, elle pleure à cause du soulagement qu'elle ressent de voir la pédiatre vivante puis elle se retourne vers la latina et la prend dans ses bras au grand étonnement des personnes présentes.

« Je suis trop contente que vous allez bien. J'ai vraiment eu peur et ne nous refaites plus jamais ça. »

Ayanna pleure à chaude larme dans les bras de Callie sous l'œil attendrit d'Arizona et Teddy, la cardiologue s'assoit près de son amie et lui tape le crâne.

« La prochaine fois que tu risques ta vie en allant à la rencontre d'un meurtrier, c'est moi qui te tires dessus et fais-moi confiance, je ne te raterai pas. »

« Teddy a raison. »

« Callie a raison. »

Arizona rigole suivi des trois autres femmes ainsi elles évacuent la pression.

« Je n'avais pas le choix et comment tu sais ça toi ? »

« Mark nous a tout raconté et je peux te dire que le pauvre il n'en mène pas large. Ha et l'hôpital va être fermée pendant deux semaines, donc on a deux semaines de vacances, c'est génial. »

« Trop bien, vos vacances forcées sont en même temps que les miennes. On va pouvoir faire flambée vos cartes bleues. »

Callie tient toujours l'adolescente dans ses bras, elle est heureuse qu'Ayanna soit contre elle, elle a l'impression que sa famille s'agrandit et qu'avec l'adolescente tout se déroulera au mieux.

« D'ailleurs, j'ai réservé nos places. »

Ayanna se sépare de la latina et fixe son corps en face d'Arizona.

« Quand ? Tu n'as pas eu le temps aujourd'hui avec ce qui est arrivé. »

« Hier, je voulais te faire la surprise. »

L'adolescente saute de joie en frappant dans ses mains puis elle se tourne d'un coup sur Callie.

« Tu viendras avec nous ? »

« Heu…Où ? Et pour ? »

« Dans trois semaines, on va au concert des Factory 81. Ils n'ont pas joué ensemble depuis 2003 et pour leur fan, ils donnent ce concert unique. On part deux jours entiers, chambre d'hôtel et tout.»

Callie est touchée de la proposition d'Ayanna cependant elle hésite car elle est mère de famille et sa fille n'est pas en bonne santé, elle ne peut pas la quitter deux jours consécutifs.

« Je ne sais pas, j'ai Sofia… »

« Oh mais tu peux demander à Mark et Teddy de la garder, ils vont être ravis. »

« Je dois y réfléchir car ma fille est hospitalisée. »

Ayanna fouille la pièce des yeux, elle prend un papier puis un stylo et elle gribouille sur la feuille.

« Tiens-moi au courant, c'est mon numéro. »

Arizona assiste à cet échange en silence, elle est touchée du comportement d'Ayanna et soulagée, il est important pour elle que l'adolescente s'entende bien avec Callie. Suite à cette pensée, elle réalise que la latina doit avoir les mêmes espoirs la concernant par rapport à Sofia. Elle doute pourtant de sa capacité à accepter l'enfant, à la prendre en considération et de la chérir car la petite représente la trahison de Callie même si elle est innocente et n'a pas demandé à venir au monde.

« Vous pouvez nous laisser seule ? Je dois discuter avec Callie. »

« Mais…Mais… »

« Ayanna sortons. Par contre, dépêchez-vous car les policiers vident l'établissement. »

« Merci, Teddy. »

Ayanna embrasse sur la joue Arizona et Callie, cette dernière fixe son amour en s'interrogeant sur cette soudaine demande, elle se rassoit et prend les mains d'Arizona.

« Qu'est-ce qui se passe ? C'est l'invitation d'Ayanna qui te déplait. »

Arizona ne passe pas par quatre chemins, elle ne porte même pas attention aux phrases de Callie.

« Pourquoi tu as gardé Sofia ? Je veux dire, tu aurais pu avorter et ainsi cacher pour toujours le fait que tu m'ais trompée. »

Callie reste sans voix, elle ne s'était pas attendu à cette question sortit de nulle part. Elle baisse ses yeux et tente de trouver les mots justes.

« Je sais que tu voulais des enfants, que ton rêve était de fonder une famille mais on aurait pu le faire ensemble, construire cet avenir côte à côte. On aurait pu chercher un donneur pour que tu puisses être enceinte…Je…En revenant d'Afrique, je comptais te demander en mariage et te parler du projet bébé… »

La latina écarquille les yeux, les projets d'Arizona lui était inconnus comme les envies de sa compagne, elle avait toujours cru que jamais la blonde aurait voulu fonder une famille, la culpabilité est plus grande à présent.

« Je suis désolée. J'ai hésité à avorter, je me posais la question tous les jours, la garder ? Ne pas la garder ? Je prenais un gros risque si je n'avortais pas et en fait, je n'ai pas pris la décision. A force de trop réfléchir, le temps est passé, les mois se sont écoulés et à partir d'un moment, je n'avais plus le choix. Je…J'ai très mal vécu cette grossesse car elle représentait physiquement mon erreur, je n'ai pas réussi à aimer ce bébé qui grandissait en moi. Mais quand Sofia est venue au monde, quand je l'ai tenu dans mes bras, je n'ai pas pu rejeter l'amour que je ressentais pour elle. C'est ma fille, ma chair, mon sang… Tu sais quand les gens ont appris pour ma grossesse, beaucoup m'ont tournée le dos, je me suis retrouvée presque toute seule et Mark se forçait à être présent, il m'en voulait et ne supportait pas ma tromperie, il a pris ton parti. Il m'a souvent engueulé, il m'a fait la tête…Mais le pire, c'est que je t'ai perdue et que j'ai conscience que même si on est ensemble, ce n'est pas comme avant, tu es moins présente, tu as mis une barrière et je ne suis plus ta priorité. Cela est dur et très douloureux pour moi, je te promets que le prix à payer est très fort. Je ne voulais pas te faire du mal, je n'ai rien calculé…Je sais que j'aurais pu tout t'avouer au téléphone mais je me suis piégée toute seule et je vivais avec ce poids sur le cœur…Pourras-tu me pardonner un jour ? »

Arizona reste silencieuse, elle ne peut pas répondre à la question, elle n'a pas réussi à passer le cap durant ces trois ans et elle ne sait pas si elle pourra oublier et pardonner réellement, la blessure est trop profonde et elle saigne toujours. Callie angoisse, le silence d'Arizona la pétrifie, elle ne peut plus bouger, les larmes coulent sans qu'elle puisse les stopper. La pédiatre prend la latine dans ses bras et la berce.

« Le pardon que tu me demandes, je ne sais pas si je serai capable. Je…J'ai perdu beaucoup d'être cher à mon cœur, mon frère en premier et ensuite des amis d'Afrique, je t'ai perdu aussi, tu es encore en vie et je remercie le ciel pour ça. J'ai trop souffert à cause de toutes ces pertes et quand je suis rentrée d'Afrique, je me suis sentie soulagée et j'ai cru pouvoir revenir à la vie grâce à toi, oublier mes terreurs et les visions d'horreurs car quand tu es près de moi, je me sens en sécurité, je me sens vivre et je suis en paix… J'étais devant la porte de l'appartement et j'ai découvert tes mensonges, ta tromperie, mon cœur s'est brisé en mille morceaux, la noirceur est revenue m'emprisonner et un torrent m'a emporté. Ma destruction a été totale, tu étais la dernière personne en qui j'avais vraiment confiance, celle dont je n'aurais pu imaginer une trahison aussi grande… Mais c'est arrivé, tu m'as trompée, tu as fait un enfant derrière mon dos et le pire c'est que tu comptais me cacher la vérité encore un moment en cachant Sofia. Tu as renforcé ton mensonge, tu as enfoncé plus profond le couteau. Peut-être qu'avec le temps, je te pardonnerai, peut-être qu'avec le temps, la blessure cicatrisera mais je peux pas te le promettre car je ne sais pas… »

Arizona prend le visage de Callie entre ses mains et lui sourit.

« Mais ce que je sais, c'est que je t'aime d'un amour puissant et ravageur, c'est que malgré ce passé, cet enfant, je te veux à mes côtés, je ne peux pas imaginer ma vie loin de toi, un avenir sans toi est sans saveur, sans couleur. Tu as mon cœur, tu as mon avenir, mon bonheur entre tes mains, je t'aime et cet amour ne partira jamais car il n'est jamais parti. Oui, j'ai ma vie ici, j'ai ma famille, j'ai mes priorités et tu en fais partie, Sofia en fera parti aussi. »

Callie se redresse, elle force Arizona à s'allonger sur le lit et elle se met sur elle, elle part à la conquête de ses lèvres, les mots de la blonde l'ont touché, l'ont marqué à vie. La pédiatre est sa vie et son amour, elle passe ses mains sous le haut de la blonde pour pouvoir retoucher à sa peau, marquer de nouveau son corps et inscrire ses marques, Arizona est à elle et elle va le prouver. Elle a besoin d'un moment très intime avec la pédiatre, elle a besoin de retrouver son corps, sa peau, sa chaleur, elle veut entendre sa respiration se saccader, elle veut l'entendre hurler son prénom et l'amener le plus loin possible. Ses mains caressent le ventre d'Arizona, elle peut sentir les frissons de son amour et cela la renverse, sa bouche part embrasser le cou de la blonde, cette partie du corps qui enivre ses sens l'a tellement manqué, elle peut se gorger de son parfum renversant.

Arizona s'agrippe au dos de Callie, la chaleur de son corps augmente et plus les mains de la latina se balade plus l'envie est forte, sentir Callie contre elle empli son cœur de joie, sentir ses caresses la rend ivre mais quand son haut commence à monter et qu'il est à deux doigts de l'abandonner, elle pousse gentiment la latina. Elle n'est pas prête à se donner. Callie la regarde surprise et sa frustration pointe le bout de son nez.

« Désolée Callie mais pas maintenant, pas comme ça… »

« Comment alors ? Je ne comprends pas, tout se passait bien. Je sais que tu en as envie aussi alors pourquoi ? »

Arizona plaque ses deux mains sur le buste de Callie pour pouvoir se redresser.

« Je sais qu'on l'a déjà fait, c'était magique, bestiale mais je veux qu'on prenne notre temps. »

« Je…Je pense que c'est normal qu'on le… »

Le portable d'Arizona coupe Callie ce qui l'énerve, elle le cherche dans le pantalon de sa compagne pour connaitre l'identité de celui qui la dérange et sa stupéfaction s'agrandit quand elle lit « Kate », elle tend l'appareil devant les yeux d'Arizona.

« Je peux savoir pourquoi elle t'appelle ? »

Arizona prend son téléphone et le range.

« Je ne sais pas car je ne suis pas elle… »

« Tu es toujours en contact avec elle ? »

Arizona soupire, ses nerfs jouent avec elle à présent car dès qu'un moment se déroule très bien avec Callie, il faut qu'un élément vienne tout gâcher et la jalousie de la latina n'aide pas.

« Elle m'a envoyé un sms ce matin… »

« Ha oui et qu'est-ce qu'elle voulait ? Je croyais que tu avais rompu alors pourquoi elle reste en contact avec toi. »

Arizona se lève d'un coup, le geste trop rapide a réveillé la douleur de son épaule, elle grimace et serre les dents.

« Calliope Torres, tu vas arrêter d'être jalouse pour un rien et de douter de tout. »

Callie croise ses bras et fixe Arizona.

« Si je restais en contact avec un ou une ex, ça te ferait plaisir. »

« Très bonne question. Dis-moi, ton meilleur ami n'est pas ton ex par hasard ? »

La latina ouvre sa bouche pour répondre mais les mots ne sortent pas, Arizona vient de lui clouer le bec en beauté puis elle se rend compte de la stupidité de la scène et se met à rire. Elle attrape la taille de la blonde et la colle contre elle.

« Tu as raison. Je vais calmer mes ardeurs et toutes. Et j'irai voir Ayanna pour lui dire que je viens à votre concert, je pense que ça nous ferait du bien de s'éloigner un peu pour profiter. »

Callie remet en place une mèche de cheveux d'Arizona et l'embrasse tendrement. La pédiatre est perdue par ce nouveau revirement de situation, Callie l'engueulait et maintenant, elle l'embrasse décidemment Arizona n'arrivera jamais à la comprendre totalement. La latina se recule, elle prend la main d'Arizona dans la sienne puis elles sortent de l'hôpital, elles sont étonnées de l'agitation qui règne à l'extérieur, elles avaient oublié que la vie continuait et les évènements tragique de la journée. Elles avancent à travers la foule allant vers la voiture d'Arizona, les deux sont étonnées quand elles voient Ayanna, Teddy, Mark et Alex devant le véhicule entrain de rire aux éclats, elles les rejoignent en souriant. Callie va vers Mark pour lui demander des nouvelles de Sofia tandis qu'Arizona passe des bras de Teddy, d'Ayanna et d'Alex, elle entame une discussion avec eux jusqu'à que son téléphone se remette à sonner, elle s'écarte du groupe profitant que Callie soit occupée avec Mark.

« Allô ? »

« Arizona, je suis heureuse de t'entendre. J'ai vu aux infos ce qui s'est passé et je voulais savoir si tu allais bien. »

« Je vais bien. »

« Tu n'es pas blessée ? »

« Si mais ce n'est rien, j'ai pris une balle dans l'épaule mais il n'y a aucune séquelle et je suis contente que tout soit fini. »

« Je voulais venir mais je me suis dit que Callie serait présente et donc qu'il fallait mieux que je t'appelle. »

Arizona surveille toujours sa compagne du coin de l'œil, elle n'a rien à se reprocher mais elle ne veut pas encore subir les foudres de sa jalousie.

« Je crois que tu as eu raison mais dès que j'ai un moment, je te contacte pour qu'on aille boire un café ou se faire une soirée. »

« J'en serai ravie. Mais, je ne veux pas compromettre tes rapports avec Callie. »

« Ne t'en fais pas, je m'occupe de Callie et elle devra apprendre à me faire confiance. »

Arizona s'allume une cigarette et s'installe contre le tronc d'un arbre.

« Alors, tu es avec elle ? »

« Hum…Je ne vais pas te mentir car je déteste les mensonges donc oui, je lui donne une seconde chance. »

« J'espère que tout ira bien dans ce cas et si un jour, tu as besoin de parler, je serai là. »

« Merci et dis-toi que c'est pareil pour moi. Je vais devoir raccrocher. »

« A bientôt. »

Arizona retourne près de ses amis, elle a vu le regard de Callie, un regard qui en disait long et un regard qui prouvait que la latina la surveillait. Arizona se blottit dans ses bras, son corps face à sa famille.

« Et si on rentrait, la journée a été longue et fatigante. »

« Je suis d'accord avec mon ange. »

Arizona, Callie et Ayanna vont dans la voiture de la pédiatre, la latina prend le volant en main et l'adolescente angoisse, elle s'installe derrière la blonde pour passer ses bras autour de son cou, Arizona comprend vite l'état de sa protégée, elle pose sa main libre sur l'avant-bras de l'adolescente et la caresse. Callie par moment tourne sa tête vers sa compagne, de la savoir si proche d'Ayanna la touche et l'émeut car ça lui prouve qu'Arizona est prête à s'occuper d'enfants et qu'elle est capable d'être présente, de donner de l'amour à un petit être. Callie a confiance en l'avenir, elle va vivre près d'Arizona, fonder leur famille avec les membres déjà présents et jouir du bonheur parfait, elle a réussi à reconquérir la femme qu'elle aime, certes il faudra du temps pour que son couple soit solide et qu'Arizona lui fasse confiance mais Callie sent qu'elle est sur la bonne voie et que l'orage est passé.