Merci beaucoup pour vos review s :hug: et désolée si les chapitres ne sont pas assez longs ou de longueur différente, mais à la base, c'était un bloc donc je coupe aux moments importants, maintenant ainsi le suspense ;)
[b]POV de Sarah[/b]
Jane tentait de me distraire depuis plusieurs minutes, voire une heure maintenant, et je ne pouvais que lui en être reconnaissante. Il me permettait d'oublier un peu, et de retrouver une part de mon âme d'enfant lors de ses tours de magie, bien que je n'eusse jamais vraiment aimé ça.
Le « ding » de l'ascenseur nous stoppa dans mon apprentissage de la magie, et avec horreur je vis mon beau-père avancer vers nous ! Instinctivement je me blottis contre Jane, mon visage contre son torse, les mains me cachant la tête. Je refusais de le voir, je refusais qu'il me voie. Je ne voulais pas !
Un peu décontenancé, Jane comprit très vite et se tourna tout en me serrant contre lui de façon à ce que Ed' ne me voie pas. Je ne pouvais empêcher mon corps de trembler, le sang battait dans ma blessure, comme si celle-ci avait également reconnu son auteur.
« C'est bon, il est parti, dit Jane en me relâchant. Ca va ? » Encore secouée, je hochai la tête, ne pouvant détourner mon regard du couloir où il venait de disparaitre. L'agent Lisbon sortit de son bureau, et s'approcha.
- Tout va bien ? S'enquit-elle inquiète.
- Ca va aller. Sarah a revu son beau-père, répondit Jane.
- Quoi, il est déjà arrivé ? ! Mais Grace vient juste de me prévenir qu'ils étaient en route !
Embêtée, voire gênée, elle se mit à mon niveau. Je n'avais pas bougé, les yeux toujours braqués vers l'endroit de sa disparition, m'attendant à ce qu'il arrive sans prévenir, comme souvent.
« Sarah ? »
Silence. Je l'entendais, mais je n'avais pas la force de la regarder, pas la force non plus de lui dire quoi que ce soit.
« Sarah… »
Elle glissa sa main sous mon visage, et le tourna vers elle. Je fixai ses yeux émeraude m'envoyant le reflet de ce qu'elle voyait sûrement dans les miens, de la tristesse, de la peur, une blessure refoulée tant bien que mal.
- Je suis désolée. Je ne voulais pas que ta route recroise la sienne. Si j'avais su Cho et Rigsby si près du CBI, je t'aurais appelée dans mon bureau. Quoi qu'il arrive, tu ne retourneras pas avec lui, je t'en fais la promesse, d'accord ?
- D'accord, murmurai-je.
Elle essuya l'une des dernières larmes qui coulaient en souriant, et, mue d'une impulsion subite, je me jetai à son cou.
Surprise, elle mit quelques secondes à me rendre mon étreinte, et lorsqu'elle souffla « je suis là, tout va bien » inaudible pour quiconque si ce n'était pour moi, je me laissai totalement aller, sanglotant dans ses bras. Je savais que ce n'était pas ma mère, que jamais plus je ne retrouverais la douceur de l'étreinte maternelle, mais avec elle, l'agent Lisbon, c'était différent. Nous nous ressemblions.
Nous restions ainsi, elle tentant d'apaiser mes pleurs, et moi, m'efforçant de profiter au maximum de cette marque d'affection. Nous n'étions plus que toutes les deux, une mère et sa fille… Une mère ? Avais-je vraiment pensé à l'agent Lisbon comme à une mère ?! A cette idée, je me sentis honteuse. Maman venait de mourir, et j'envisageais d'avoir une autre mère ?! Je n'en avais pas le droit, pas le droit… mais envie ? Ca, peut-être, oui.
- Je dois te laisser maintenant, fit-elle au bout de quelques instants, tout en se détachant de moi avec un sourire contrit. Est-ce que ça ira ? s'enquit-elle tout en plongeant un regard soucieux dans le mien.
- Oui, fis-je d'une petite voix.
- S'il y a le moindre problème, viens me voir d'accord ? Il te suffira de frapper à la porte et je saurai que c'est toi.
J'acquiesçai, puis elle ajouta, afin de me rassurer totalement : « Jane restera avec toi. » Elle tourna la tête vers lui, et il approuva dans un sourire tendre et un regard perçant. Elle se releva et s'éloigna.
« Agent Lisbon ? » fis-je avant qu'elle n'atteigne le couloir, ce qui la fit se retourner. « Merci. Pour tout. » Elle sourit en guise de réponse et reprit sa marche.
Après cela, il me fut impossible de me concentrer sur quoi que ce soit, et Jane l'avait compris. Il eut soudain une idée, du moins c'est ce qu'il me sembla lorsque son sourire s'agrandit.
- Ca te dirait de jouer les enquêteurs ?
- Qu.. quoi ?
- Oui, nous aider à trouver le meurtrier de ta mère.
- Jane…
Je savais ce qu'il tentait de faire, il pensait qu'une fois l'homme arrêté, je me sentirais capable de faire mon deuil, mais comment pouvais-je les seconder dans une affaire ? C'était leur job, pas le mien. Je n'étais qu'une victime, rien de plus.
- Tu nous as dit n'avoir entendu que la voix de l'agresseur, crois-tu pouvoir l'identifier ?
- Oui, mais tu oublies un détail : je refuse de revoir mon beau-père.
- Il ne te verra pas, viens ! Répliqua-t-il en se levant et me tendant la main.
Sceptique, je soupirai en la saisissant, et me laissai guider à travers le couloir. Il ouvrit une porte, et me fit signe d'entrer. L'agent Rigsby était là, lui aussi. Il avait l'air d'un gros nounours, et ne m'impressionnait pas autant que Cho, mais je n'arrivais pas à avoir confiance. Pas encore. Derrière la vitre se tenait Ed', assis à une table, face à l'agent Lisbon. Il n'avait plus rien de l'homme fier et sûr de lui que j'avais connu, il semblait comme… détruit.
Malgré cela, sa stature était toujours aussi impressionnante, et je ne pus retenir un frisson. Jane s'en aperçut et posa ses mains sur mes épaules. Il s'approcha de mon oreille et murmura « détends-toi, il ne te voit pas, il ne se doute pas que tu es là, derrière cette glace à le regarder. Ferme les yeux et concentre-toi sur sa voix. Respire lentement, tu es en sécurité, rien ne peut t'arriver. »
Bien que dubitative, j'obéis et me laisser tranquillement envahir par le calme et la sérénité que dégageait Jane. Il était là, derrière moi, et je savais que j'étais en sécurité. Lentement, je me détendis, et me concentrai sur la voix du suspect.
[b]
POV de Jane[/b]
J'avais songé à l'hypnotiser, mais si Lisbon l'avait su, elle m'aurait tué. Alors, de mon mieux, je l'avais rassuré, lui rappelant qu'elle était en sécurité, et, à voir son visage relaxé, j'avais réussi. Je cessais de parler afin qu'elle cerne la voix de son beau-père, et que son inconscient lui rappelle s'il était ou non le tueur.
Cinq minutes passèrent durant lesquelles Lisbon posaient des questions sur son passé, questions auxquelles l'homme répondait, visiblement mal à l'aise. A l'observer, je notai qu'il cachait quelque chose, mais qui ne relevait certainement pas de l'enquête.
Un soupir se fit entendre. Sarah venait de rouvrir les yeux. « Ce n'est pas lui, murmura-t-elle, j'en suis sûre. » Le regard baissé, elle semblait abattue et plus triste que jamais. « Ce n'est pas grave, ça enlève au moins un suspect de la liste », lançai-je d'un ton léger afin de la dérider un peu.
L'interrogatoire se prolongeait, et nous étions toujours debout dans la pièce à écouter. Sarah avait voulu rester pour entendre ce qu'il avait à dire, malgré les tentatives de Rigsby pour la faire sortir.
Lisbon venait d'évoquer le couteau quand Sarah releva soudain la tête, et demanda à voir une photo de l'arme. Je l'emmenai dans l'open-space, et demandai à mon tour un cliché de l'arme du crime à Van Pelt.
- Jane, je connais ce couteau, dit-elle en blêmissant.
- Tu sais à qui il appartient ?
- Oui. A Maman et à moi.
Je jetai un œil à Grace, et sans un mot me dirigeai vers la salle d'interrogatoire, où je frappai. Lisbon en sortit quelques secondes plus tard, et fus surprise de me trouver là.
- Jane, que se passe-t-il ? Un problème avec Sarah ?
- Non, elle vient d'identifier le couteau. Les initiales ne sont pas celles d'Eddy ! Le « E » est pour Emma, et le « S » pour Sarah. C'est un de leurs couteaux !
Sous le coup de l'étonnement, Lisbon ne dit rien, et rentra de nouveau dans la pièce, puis en ressortit quelques minutes plus tard, le dossier dans les mains.
- Vous êtes sûr de ce que vous dites, Jane ?
- Demandez à Sarah, elle l'a formellement reconnu. Pourquoi mentirait-elle ?
- Vous avez raison.
Une fois arrivés dans l'open-space, elle proposa à Sarah de venir dans son bureau. Je les suivis, et, en fermant la porte, je vis Lisbon lever les yeux au ciel. Elle ne m'avait pas invité, bien sûr, mais je voulais satisfaire ma curiosité.
Elle interrogea Sarah au sujet de cette arme, dans les moindres détails : pourquoi y avait-il ces initiales, qui les avait faites, depuis quand l'avaient-elles ?
Sarah raconta le jour de la fête des mères, la première fois où elle avait économisé assez d'argent de poche pour faire un cadeau à sa mère, quelques temps avant de quitter Eddy. Elle avait appris qu'Emma voulait avoir de vrais couteaux de cuisinier, et Sarah avait finalement réussi à en trouver six. Le troisième dans l'ordre de grandeur était celui-ci. Emma l'avait gravé lorsque sa fille lui avait déclaré que ce cadeau n'était pas personnalisé.
- Réfléchis bien, Sarah, est-ce que vous receviez des voisins, des amis, chez vous ? Des gens qui auraient pu porter un quelconque intérêt à ces couteaux ?
- Non, personne. Maman n'avait pas d'amis, et elle refusait que j'invite mes copines. Et pour les voisins, on ne les a invité qu'une fois, pour la pendaison de crémaillère, mais ils étaient dans le salon, et la cuisine est à l'autre bout, ils n'ont pas pu les voir.
- Tu t'en servais souvent ? s'enquit-elle ensuite.
- Jamais. Elle… elle ne voulait pas que je fasse la cuisine, elle disait que c'était son petit plaisir, fit-elle d'une voix étranglée.
Les sanglots revenaient au fur et à mesure que les vagues de souvenirs affluaient. Elle les repoussa aussi loin que possible, mais les larmes atteignirent ses yeux. L'agent Lisbon posa sa main sur son bras, et lui fit un sourire compatissant.
- Avec un peu de chances, l'homme aura laissé ses empreintes dessus, et nous pourrons l'identifier et l'arrêter.
- Non, il n'y aura pas d'empreintes, il avait des gants. Mais, s'il avait ce couteau, ça veut dire qu'il est entré dans notre maison et qu'il nous connaissait, réalisa-t-elle soudain avec horreur.
- Tu es certaine que ta mère ne parlait avec personne ? Une collègue, une amie d'enfance ? Intervins-je.
- Maman était solitaire, et à moins qu'elle ne voyait quelqu'un en cachette, non, il n'y avait personne.
Nous soupirâmes tous les trois en même temps, ce qui nous arracha un sourire sans joie. On frappa à la porte, et Grace entra après l'accord de Lisbon.
- Patron, l'assistante sociale est ici, fit-elle.
- Faites-la entrer, déclara Lisbon, reprenant un visage impassible, et retournant à son bureau, tout en ignorant le visage indigné de la jeune fille.
- Jane, Sarah, vous pouvez me laisser quelques minutes s'il vous plait ?
J'acquiesçai et fis sortir l'adolescente en posant la main sur son épaule. Nous avions à peine esquissé quelques pas que la porte s'ouvrit de nouveau sur une jeune femme. Tailleur, lunettes, sacoche en main. L'assistante sociale, évidemment. Sarah la toisa puis rejoignit l'open-space sans un mot. Je la saluai, et m'assit à mon tour sur le canapé. [/justify]
