Auteur : Mandi1
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Romance/Drama
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Mandi1. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
- Chapitre 7 : Une réponse affectueuse et convenable (1) -
En un instant, l'homme fut mort, et son cadavre ne fut plus soutenu que par Jasper. Comme cet homme, je découvris que je ne pouvais plus bouger. Et alors que j'étais figée par le choc, tous mes sens semblèrent s'aiguiser. L'odeur...et le goût...du sang s'évaporaient dans l'air alors que le liquide chaud glissait dans la gorge de Jasper. J'entendais tout ce qui se passait autour de nous, des assiettes qu'on débarassait aux grincements des matelas, en passant par les ronflements des clients déjà endormis. Les couleurs étaient plus vive, et les dimensions autour de moi semblaient changer. Ma concentration vacilla jusqu'à ce que la seule chose que je sois en mesure de voir soit le visage de Jasper, satisfait et horrifié, une dichotomie d'expression sur un seul visage.
Un autre son atteignit mes oreilles : l'approche d'un ascenseur. Il ne nous restait plus que quelques secondes pour quitter le couloir. J'attrapai la main de Jasper et le tirai vers notre chambre aussi rapidement que l'éclair. J'ouvris la porte de notre suite et on s'y précipita avec le cadavre.
Oh Seigneur...
"Qu'est-ce qu'on fait, Jazz ?" sifflai-je. "Qu'est-ce qu'on fait ?"
Jasper resta silencieux. Attrapant le cadavre sous les bras, il traversa la chambre et ouvrit les portes du balcon. Je le vis sortir sur le balcon, lever le corps au-dessus de sa tête, et le lancer dans la mer. Le cadavre n'était plus qu'un souvenir qui coulerait bientôt sous la lune. Je pris une profonde inspiration lorsque Jasper se tourna vers moi, ses yeux féroces, assoiffés, troublés et à nouveau rouge-sang.
"On ne dit rien," dit-il en réponse à ma question paniquée. On se tint face à face à travers la pièce, lui toujours près du balcon, et moi, près de la porte qui menait au couloir, plaqué contre le bois avec la poignée dans le bas de mes reins. Je vis la langue de Jasper sortir récupérer une dernière goutte de sang au coin de sa bouche, et je frissonnai. Il était terrifiant, se tenant là, dans la lumière de la lune, avec une petite tâche rouge sur le col de sa chemise comme unique rappel de son acte. J'étais choquée et effrayée et je doutais de tout ce que j'avais pensé auparavant, et Jasper le savait.
"Je...Je suis désolé." Sa voix trancha le silence comme un couteau. Je relevai la tête et le regardai dans les yeux. La faim avait disparue, laissant place au dégoût et au regret.
J'ouvris la bouche pour parler mais découvris qu'aucun mot ne voulait sortir. Je croisai les bras sur ma poitrine, les serrant fermement et souhaitant pouvoir disparaître. Une part de moi ne voulait même pas regarder Jasper, et encore moins être dans la même pièce que lui. Ce n'était pas mon Jazz...c'était quelqu'un de froid et d'inconnu. Peut-être que j'avais eu tort. Peut-être que toutes ces visions n'avaient été que des souhaits de mon subconscient. Peut-être qu'il était vraiment le Second de Maria, encore et encore. Je voulais faire demi-tour et courir. Ça ferait peut-être disparaître la douleur qui m'avait submergé.
Je savais que je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas l'abandonner, pas maintenant, pas quand il avait besoin de moi. L'amour qui brûlait mon âme ne me le permettrait pas, même si cet amour était submergé par le choc que je ressentais pour le moment.
"Tu dois me prendre pour un monstre."
Tout le choc...l'horreur...la tristesse que j'avais ressentis s'envolèrent par la fenêtre lorsque j'entendis la voix de Jasper, plaintive et douloureuse, se briser au milieu de sa phrase. Aussi affectée que j'ai pu être par ses actions, il était évident qu'il était encore plus affecté que moi. Je quittai le réconfort de la porte et m'approchai de lui, mon coeur mort souffrant pour lui.
"Non, Jasper," lui assurai-je, "pas un monstre."
Maintenant que je pouvais voir à quel point il regrettait ce qu'il avait fait, je me sentais horrible d'avoir penser du mal de lui. Je savais pourquoi il avait fait ça; il avait ressentit les émotions de cet homme. Il avait compris ce qu'il voulait faire. Il avait essayé de me protéger. Je m'avançai jusqu'à ce que je sois à côté de lui.
Jasper fut de l'autre côté de la pièce en un instant, levant ses mains de manière défensive devant lui.
"Ne t'approche pas de moi," siffla-t-il; Je m'attendais à ce qu'il se sente mal, mais pas à ce point-là.
"Jazz, franchement-"
"Je suis un meurtrier, Alice ! Encore une fois !"
Sa voix s'était transformée en un cri qui fut suffisamment pour réveiller nos voisins, qui commencèrent rapidement à taper dans les murs, pour nous demander, vulgairement, de baisser d'un ton. J'étais surprise par sa voix, n'ayant jamais rien entendu de ce genre auparavant.
J'essayais de contredire ses mots. "Jasper, tu sais ce qu'il ressentait, tu voulais juste me -"
"Te protéger ? En assassinant un homme ? Je ne peux pas...Juste..."
Jasper se laissa glisser contre le mur, se laissant tomber au sol avant de se rouler en boule.
"Je ne veux pas être ce genre d'homme avec toi," chuchota-t-il. "Je pensais que j'avais abandonné cette...cette vie. Et maintenant, je découvre que je ne vaux pas mieux qu'un vulgaire criminel. Pas mieux que cet homme, avec ses horribles...meurtrières..."
Je vis ses poings se serrer de là où j'étais dans la pièce, je pus entendre ses phalanges craquer si fort que ça me fit sursauter.
Jasper releva la tête vers moi, repentant et triste. "Je ne suis plus le soldat de Maria, Alice, et je voulais te le prouver. Je voulais être différent."
"Tu es différent," insistai-je, en m'approchant lentement de lui, à peine plus vite qu'un humain. "Tu as empêché cet homme de faire Dieu seul sait quoi...et tu penses que s'il s'en était sortit avec son plan, il aurait éprouvé le moindre regret ?"
J'avais avancé dans la pièce au point de n'être plus qu'à deux pas de lui. Il ne bougea pas, il se tendit cependant, comme s'il s'attendait à ce que je le touche mais qu'il ne supportait pas cette idée.
"Je...on aurait pu l'arrêter autrement," murmura Jasper. "J'ai juste...craqué."
Il enfouit son visage dans ses mains, et je m'agenouillai à côté de lui, sans vraiment savoir quoi lui dire. Je ne savais pas si j'aurais réussi à me retenir si une femme avait menacé de blesser Jasper. J'admirai le fait qu'il ait voulu me protéger. J'aimai me dire que c'était un sentiment romantique et possessif qui l'avait submergé. Mais comment pouvais-je encourager cette action sans approuver son meurtre ?
"Tu n'as pas besoin de le dire," dit amèrement Jasper. "Je peux sentir que tu es...déchirée. Tu souhaites me pardonner mais tu es confuse en même temps."
"Si tu peux ressentir mes émotions, alors tu sais que je ne te considère pas comme un monstre," insistai-je. Jasper releva la tête, abasourdi. Je fus surprise par la lueur de dévotion qui brillait dans ses yeux rouges et encore plus par ses paroles.
"Qu'est-ce que j'ai fait de bien dans ma vie pour te trouver, Alice ?"
Aurais-je eu du sang dans les veines, je suis sûre que j'aurais rougi en entendant sa voix de velours qui exprimait de la surprise. Même dans son dégoût de lui-même, il était magnifique, et je remontai rapidement ma garde avant que Jasper ne puisse ressentir mes émotions. Je baissai les yeux et me concentrai sur ma respiration à la place.
Malheureusement, mes poumons semblèrent oublier comment fonctionner lorsque Jasper posa sa main sur ma joue, attirant mon visage vers le sien.
Je revis toute ma vie au moment où nos lèvres se rencontrèrent. Chaque chose que j'avais faite auparavant apparut furtivement dans mon esprit. Tout ce que j'avais fait dans ma vie m'avait mené à cet instant, j'en étais sûre. La main de Jasper était glacée contre ma joue froide lorsqu'elle m'attira plus près. Mes yeux rencontrèrent les siens, et on échangea un regard enflammé avant que nos paupières ne se ferment en même temps.
Notre premier baiser fut comme notre première rencontre : silencieux, timide , destiné et connaisseur à la fois. Ses lèvres étaient douces et gentilles, comme deux rubans de satin effleurant délicatement ma bouche, laissant une traînée de feu sur leur passage. Le feu que j'avais vu aujourd'hui dans ses yeux...lorsqu'on s'était disputé, lorsqu'il avait bu, lorsqu'il m'avait regardé quelques secondes plus tôt...n'était rien comparé à la chaleur qui traversait maintenant mon corps, en partant de mes lèvres pour se répandre dans tout mon corps.
Sa main reposait sur ma joue, ses baisers étaient aussi légers qu'une plume - la douceur de tout cela me rendait folle. J'avais voulu Jasper depuis si longtemps que nous retenir comme ça nous rendait fous. Je voulais plus, et Jasper, ressentant mon désir, me donna ce que je voulais. Sa langue commença à tracer le contour de mes lèvres, son goût incroyable emplissant ma bouche lorsque je l'ouvris.
Si j'avais pu mourir, j'aurais voulu que ce soit maintenant. J'étais déjà au paradis de toute façon. Toutes pensées de cadavres chauve, de sang, de jeu d'argent ou du New Jersey disparurent de mon esprit alors que je faisais courir ma main dans ses cheveux soyeux. Les lèvres de Jasper quittèrent les miennes pendant un instant, et je laissais échapper un petit gémissement déçu, son contact me manquant pendant la miliseconde où il disparut.
Je sentis Jasper rire contre ma gorge. Ses lèvres voyagèrent sur ma peau, suçotant doucement le creux de ma gorge avant de remonter effleurer mon menton. Prenant sa tête dans mes mains, je levai son visage pour embrasser sa bouche magnifique, souriant alors qu'à mon tour j'explorai sa gorge. Sa mâchoire, toujours rasée de près bien qu'il n'ait jamais touché un rasoir de sa vie, était dure et forte, presque coupante, et très différente de la douce peau d'ivoire de son cou. Alors que j'embrassai sa pomme d'Adam, Jasper laissa échapper un petit soupir satisfait, et je me reculai légèrement, mes lèvres s'arrêtant pendant un instant à cause du son inhabituel. C'est à cet instant que cette pensée me frappa : Jasper était le premier homme dont j'étais aussi proche.
Regrettant sans aucun doute mon arrêt, Jasper me releva le menton et me regarda avec curiosité. "Qu'y a-t-il ?" demanda-t-il, en me caressant la joue de ses longs doigts fins.
Je baissai les yeux au sol pour confesser honteusement, "C'est mon premier baiser."
Je l'observai digérer cette information avec un large sourire. J'étais contente et légèrement embarassée qu'il trouve ça aussi amusant. Je n'étais certainement pas son premier baiser, et je fronçais les sourcils alors qu'une nouvelle pensée de Jasper et Maria ensemble me traversait l'esprit. Jasper se pencha en avant et embrassa mes sourcils froncés, réchauffant mon visage pendant une brève seconde.
"Tu te débrouilles bien pour une débutante," murmura-t-il contre ma bouche. J'aurais bien ri, mais mon esprit était ailleurs, pensant toujours à cette beauté aux cheveux sombres de son passé. Jasper ressentit ma distraction et s'appuya contre le mur, sachant que notre moment de passion était fini jusqu'à ce que j'ai la réponse à ma question. En attendant, il se contenta de me tenir la main à la place, traçant toujours ces petits cercles apaisants.
J'étais toujours agenouillée devant lui, ma main droite dans sa main gauche. J'écoutais nos respirations lentes, mes propres poumons absorbant son odeur lourde et entêtante qui semblait avoir été intensifiée par nos baisers. J'observai sa bouche parfaite, me demandant comment quelque chose qui avait prit la vie d'un homme quelques minutes auparavant pouvait me donner vie à présent. Détournant à nouveau les yeux, je pris une profonde inspiration, trouvant du courage dans l'odeur masculine de Jasper.
"Est-ce que c'est Maria qui t'a donné ton premier baiser ?" demandai-je courageusement, fixant nos mains liées plutôt que son visage.
Jasper rigola. "Pourquoi es-tu aussi interessée par ce monstre ?"
J'haussai légèrement les épaules en me mordant les lèvres. Parce que je veux être ce qu'elle était autrefois, songeai-je, incapable de le dire à voix haute. Jasper, ressentant mon hésitation, poursuivit.
"Non, ce n'était pas elle," répondit-il. "C'était Anna Mae Burton...J'avais douze ans, et c'était la plus jolie fille de la communauté."
Je ne pus pas m'empêcher de rire, et Jasper porta ma main à sa bouche, embrassant gentiment le bout de mes doigts.
"Alice," murmura-t-il contre mes doigts, "est-ce que je peux te demander quelque chose ?"
J'hochai la tête et il continua.
"Est-ce que tu peux ne plus jamais mentionner cette femme ?"
"Je...oui. Bien sûr," répondis-je, surprise. Il soupira et relâcha ma main. Son contact me manqua immédiatement.
"Je suis désolé, c'est juste...tu vois ce qu'elle m'a fait." Il pencha la tête vers les portes toujours ouvertes du balcon, là où il s'était débarassé de sa victime. Son visage s'assombrit et il devint amer pendant un instant. "Je n'arriverais jamais à effacer ce que j'ai fait avec elle, mais je peux essayer d'oublier, ne serait-ce qu'en ne mentionnant pas son nom." Sa main se serra à nouveau autour de la mienne alors qu'il éprouvait de la haine pour l'effrayante Maria. "C'est comme si elle avait prit une part de mon âme en faisant un tel monstre de moi. Durant toute ma vie, quelque chose m'a manqué, sans même que je le sache."
Il s'arrêta, et je sentis l'ambiance de la pièce s'alléger alors qu'il éprouvait du bonheur.
"Et ensuite je t'ai rencontré, Alice, et ce fut comme si j'étais à nouveau entier. Te rencontrer, ce fut comme marcher vers le soleil sans aucune crainte."
Je ne savais pas quoi dire. Chaque souhait que j'avais fait pour Jasper et moi semblait être devenu réel. Que restait-il à dire ?
"Vide à nouveau ?" me taquina Jasper. Je plissai les yeux, éprouvant de la colère, et il leva les yeux au ciel. "Comme si tu pouvais être en colère après moi."
Je souris et me penchai en avant pour l'embrasser, plaçant ma main sur son torse, juste en dessous de la tache rouge sur sa chemise. Je commençais à jouer gentiment avec son col.
"On va devoir partir, et rapidement. Avant que le soleil se lève," dis-je en faisant un signe du menton vers la tache sous mes doigts.
Jasper baissa la tête. "Tu sais que je ne voulais pas -"
"Je sais," l'interrompis-je, en plaçant mes mains sur son visage. Il plaça ses propres mains par-dessus les miennes, et je m'émerveillai de leur grandeur comparé à mes propres petites mains. Aussi grand qu'il soit, aussi féroce qu'il puisse être, mon Jazz ne serait jamais un monstre. Il n'avait fait que me protéger. Je devais continuer à me dire ça ou je risquais de laisser mes sentiments d'amour être violés par le doute.
"Je suis si désolé, Alice," s'excusa-t-il à nouveau. "J'ai fait ça pour toi. S'il avait essayé de te blesser..."
Je rigolai un peu, juste pour apaiser sa douleur. "S'il avait essayé de me blesser, il aurait fait face à deux vampires durs comme la pierre et son destin aurait été le même, même si les moyens auraient été différents."
"Alors...tu me pardonnes ?"
"De m'avoir protégé ? Oui." J'hochai la tête. "Mais d'avoir bu son sang...Jazz, tu dois me promettre que ça n'arrivera plus."
Il soupira lourdement, en regardant la mer à travers les portes vitrées. Était-ce là que son ultime sacrifice humain reposerait ?
"Pour toi, je te le promet," jura-t-il, en serrant ma main avant de sauter sur ses pieds, marchant rapidement vers le balcon, et fermant les portes, nous plongeant dans des ténèbres que nos yeux perçants transpercèrent facilement.
"Alors, où devrions-nous aller ?" me demanda Jasper en ouvrant l'armoire pour commencer à empaqueter tous mes vêtements. Je me levai pour l'aider, pliant les vêtements qu'il posait sur le lit et avant de les glisser dans ma valise.
"Je ne suis pas sûre," répondis-je. "Je n'ai toujours pas vu où étaient Carlisle et sa famille."
"Alors," dit lentement Jasper, "que dirais-tu de Boston ?"
Je scannai mes pensées.
Une grande maison en pierre brune. Cinq personnes pâles et magnifiques...des vampires...rassemblés dans une pièce éclairée par un feu de cheminée, leurs yeux rouges reflétant les flammes.
Je me mordis les lèvres. "Est-ce que tu es sûr que c'est ce qu'il y a de mieux, Jazz ?"
Jasper me fit un sourire tendre. Il semblait avoir une signification différente maintenant que nous étions des gens différents. "Je pense que c'est le seul endroit où l'on pourrait avoir quelques indices sur l'endroit où se trouve Carlisle. J'ai des contacts qui pourraient nous aider."
J'étais toujours incertaine jusqu'à ce que Jasper m'envoie une vague de calme. Je plissai les yeux et soupirai. "Très bien, on ira à Boston, mais à une seule condition."
"Laquelle ?" Jasper haussa un sourcil blond.
"Dès qu'on arrive, je t'emmène faire du shopping !"
(1) "A Loving and Fair Reply", Hamlet, Acte I Scène 2, William Shakespeare
Prochain chapitre : Vous m'appellez belle.
[Mode Saw-v2 ON]
Vous voulez la suite ? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire !
[Mode Saw-v2 OFF]
