Oscar était allongée sur son lit. Elle n'arrivait pas à dormir. Elle ne pensait qu'à une seule chose à André. Elle prit son coussin et le serra fort contre elle. Une petite habitude qu'elle avait depuis bien des années et tout en le serrant fort, elle s'aperçut que cela faisait des années que ce petit coussin, incarné André.
« Je suis pathétique, toutes ses années c'était là devant mes yeux, quotidiennement en moi et jamais je n'avais fait le rapport. Fersen malgré sa gentillesse a du penser que j'étais une attardée mentale. Non, il ne penserait sans doute pas çela de moi par contrefaire avaler ça à André va être plus difficile ! Qu'est ce qui me prend, tu ne penses tout de même pas Oscar à le lui dire. Qu'adviendrait t'il de toi après ? »
Elle étreignit son coussin de plus belle. « Cependant ca ne peut plus durer comme cela, si il n'est pas question de lui dire, je veux savoir pourquoi il se conduit ainsi avec moi. Sa présence me manque tellement . Ca ne peut plus durer ! Courage Oscar, retourne lui parler et cette fois ci tu ne pars pas avant de savoir la vérité. »
Oscar se leva, se regarda dans le miroir, arrangea ses cheveux puis sortit.
Quelques instants plus tard, elle tapait à la porte de son bien aimé . Elle était pleine de courage jusqu'à ce que celui-ci lui ouvrit la porte et la regarda avec ses beaux yeux d'un vert intense.
« Que veux tu Oscar, il est tard »
Ca ne commençait pas bien. Elle sentait ses jambes flancher. Son instinct lui disait « Jette toi dans ses bras » sa raison « fuis pendant qu'il est encore temps ».
« J'ai à te parler »
« Ca ne peut pas attendre demain ? » demanda André qui n'avait aucunement envie ce soir là de parler du mariage d'Oscar avec Fersen et de sa joie.
« Non, ça ne peut pas, c'est important »
« Très bien » fit t'il en lui ouvrant la porte plus amplement et la laissant entrer ;
Il prit l'initiative de s'asseoir sur son lit. Il était silencieux, plongé dans ses pensés, absent.
Oscar le regardait tristement et pensa
« Oh pourquoi André me fais tu subir cela ? Tu ne me regardes même pas, tu ne me demandes rien, alors qu'avant tu étais celui de nous deux qui parlait le plus. Parles moi, je t'en prie.. » la colère d'Oscar montait quand elle lâcha soudain :
« Parles moi !» d'un ton autoritaire sa pensée était devenue parole. André releva la tête en sa direction, pas vraiment content d'avoir entendu un ordre sortir de la bouche d'Oscar.
« Tu veux que je te parle Oscar ? Mais je te rappelle que c'est toi qui vient de frapper à ma porte parce que tu avais quelque chose à me dire »
Ils se regardaient comme deux combattants prêts à se jeter l'un sur l'autre pour un duel à mort.
« Très bien ! » dit t'elle , après tout n'était t'elle pas venue la pour cela. « J'exige que tu m'expliques ton comportement de ses derniers mois, si ce n'est pas à cause de l'accident avec le masque noir , alors qu'est ce que c'est !? Parce que je ne supporte plus tes silences, tes regards fuyants ou bien plein de colère comme maintenant. Tu me fais vivre un enfer André ! Te rends tu compte de cela ? » hurla t'elle .
André se leva.
« Il n'y a rien à dire Oscar ? Je t'assure que tout vient bien, tu te fais des idées vraiment » dit t'il d'un tendrement, d'un ton faussement léger .
Si il y avait autre chose qu'Oscar détestait c'était lorsqu'il lui parlait ainsi. La prenant pour une idiote .
« Arrêtes de jouer la comédie André, ça a peut être marcher un temps mais c'est terminé ! »
Elle s'avança rapidement vers lui et commença à la secouer.
« Vas-tu me répondre André ! Qu'est ce que tu as ! Qu'est ce que je t'ai fait pour mériter ça ! Réponds ! »
C'en était trop pour André, Oscar voulait savoir, et bien soit se disait t'il. Et elle n'allait pas être déçue. Il la stoppa et l'empoigna par les poignets.
« Tu veux vraiment savoir Oscar »
« Oui ! »
« Alors , il ne faudra pas venir te plaindre après » le regard d'André était empreint d'assurance et de fureur. Soudain, elle n'était plus très sure de t'en vouloir connaitre ce qu'animait la fureur d'André à son égard. C'est à ce moment qu'il l'embrassa. Le baiser n'était point doux, mais sauvage, de son poids, il la bascula sur le lit. Elle sentit sa main sur son sein. Oscar se mit à paniquer.
« Non, André arrètes ! »
Elle essayait de le repoussait mais il était redoutablement fort.
« André je t'en prie » C'est alors que leur regard se croisèrent et saisissant toute l'horreur de ce qu'il venait de faire. André s'écarta d'elle en un éclair. Les larmes lui montaient aux yeux. Oscar reprenait son souffle et le regardait interrogée.
« Pardonnes moi Oscar »
Cette fois les larmes coulaient sur les
joues d'André.
Il avait la tête baissée, il n'osait pas la
regarder dans les yeux . Oscar se leva , s'approcha de lui et à sa
grande surprise lui prit la main.
Il releva la tête et vit qu'elle pleurait.
« Pourquoi André ? Me hais tu as ce point, au point de vouloir me faire du mal ? »
« Non Oscar »
« Alors pourquoi ? »
« J'étais poussée à bout, ce n'est pas une excuse je le sais. J'ai perdu la raison un instant pour céder à ma passion. Cette passion qui me dévore chaque jour un peu plus et contre laquelle je lutte sans espoir de la voir s'apaiser. Si tu savais comme je t'aime Oscar, je ne te hais pas, Je t'aime. Ce que je viens de faire est impardonnable, ce n'est pas la digne de l'amour que je te porte. C'était un acte fou et désespérer »
Oscar regardait ses larmes . Ainsi André l'aimait. Il l'aimait au point d'en perdre la raison. La peur et l'angoisse qu'elle ressentait s'étaient envolés à ses mots.
« C'est à cause de cela que tu m'évitais ? »
« Je suis désolée Oscar, Il était préférable que je m'éloigne, pour éviter justement l'acte effroyable que je t'ai fait subir ce soir, je n' y tenais plus t'aimer en silence, chaque jour t'aimer un peu plus, et chaque jour te voir languir pour Fersen. Cela me tuait Oscar. »
« Oh André, comme j'étais stupide de n'avoir jamais rien remarqué de tes sentiments. Je n'avais jamais imaginé que tu aurais pu me voir sous un jour différent ! »
« Il ne fallait pas que tu t'en rendes compte Oscar, c'est normal »
« Idiot ! »
« Quoi ? » fit t'il surpris
« Si tu m'avais montré un peu plus cette amour qui se consumait en toi, nous n'en serions surement pas arrivé là ! »
« Mais enfin, Oscar tu ne penses pas ce que tu dis ! Dois je te rappeler ton rang »
« Je sais, et Fersen avait raison »
« Fersen… » le regard d'André s'assombrit. Oscar le remarqua aussitôt.
« Oh non ne te méprends pas André ! Laisses moi t'expliquer »
« Tu ne me dois pas d'explications , je sais que tu l'aimes et que vous allez vous marier. »
« Tu trompres André, je ne vais pas épouser Fersen, pas plus que je ne suis amoureuse de lui »
« Comment ? » Cette fois ci André n'y comprenait plus rien.
« Je me sens si honteuse, d'avoir cru que je l'aimais. J'avais besoin de m'étourdir je crois et Fersen était parfait, séduisant, noble d'esprit et son cœur était pris irrémédiablement pour la Reine ? Qu'est ce qui pouvait mettre plus sécurisant que cela ? »
André fixait Oscar. Il commençait à en perdre son latin.
« Quand il m'a demandé en mariage, l'illusion de mes sentiments c'est tout de suite envolée. La première chose que j'ai pensé fut « oh non, pas ça ».
« Tu plaisantes »
« Non, je ne me suis jamais sentie plus stupide et honteuse de ma vie , d'autant plus que par je ne sais quel miracle Fersen avait demandé ma main . Je me trouvais dans un tel embarras. Je t'attendais pour parler et comme d'habitude tu m'as muré dans ton silence. Malgré tout, j'étais persuadée ce matin que tout était réglé entre nous. Ma bonne humeur était revenue, croyant que tout allait entre nous redevenir comme avant. Mais non, j'en étais dévastée. »
André écoutait Oscar perplexe. La joie qu'Oscar avait montré dans la matinée n'était pas du à la demande en mariage de Fersen mais à cause de lui ? Maintenant c'est lui qui commençait à se sentir honteux.
« Le pauvre Fersen, j'ai passé mon après midi à pleurer dans ses bras et à ne lui parler que de toi, lui qui cherchait une réponse à sa question. Je peux te dire qu'il n'a pas eu celle qui attendait »
« Que … Quoi ? Tu… » bégayait André « Mais je n'ai pas rêver quand je suis allée vous annoncer que le diner était prêt , vous échanger des fous rire. Vous aviez l'air très heureux. Je pensais que… »
« Ah oui, il se moquait de moi en fait, à cause de ce que je lui avait dit »
« Que lui avais tu dis ? »
« Que même lorsque j'étais enfin que je croyais être amoureuse de lui et que je fantasmais sur une vie future, enfin non, pas vraiment ça mais bon pour faire court, je lui ai dit que jamais je ne me serais marié avec lui sans toi »
André n'était pas sur d'avoir compris le sens de la phrase.
« Ce a quoi il a
répondu « comment cela Oscar , pensiez vous inviter André dans
notre couche ? Mais à quoi donc j'ai échappé » « C'est à
peu de choses près ce qu'il a dit »
André n'en revenait
toujours pas.
« Tu lui as dit ça ? »
« Oui »
Il se mit soudain à rire.
« Ah mais j'aurais aimé être une petite souris pour voir sa tête », maintenant André riait de plus belle. Toute la tension accumulée ses derniers temps, s'évacuait dans ce rire.
« André tu ne vas pas t'y mettre aussi » lâcha Oscar qui finit par rire elle aussi.
Leurs rires fusaient et le général qui passait par là ne put réprimer un sourire de contentement .
« Enfin » s'exclama t'il
A suivre
Oscar et André finirent par calmer leur fou rire.
André s'assis sur le lit pour se remettre de ses émotions. Oscar n'allait pas épouser Fersen, elle ne l'aimait pas non plus et … Et.. Il n'osait pas finir sa pensée de peur de se tromper.
Oscar vint s'installer près de lui.
« Je suis contente que cette fois ci tout est bien réglé entre nous , c'est bien la cas n'est ce pas » demanda t'elle.
André tourna la tête en sa direction et la regarda tendrement, d'un regard qui cette fois ci ne laissait aucune ambigüité sur la nature des sentiments de son ami . Elle lui fit un large sourire et le regarda intensément à son tour. André en fut troublé et pour la première fois il sentit ses joues devenir rouge.
« Tu rougis » dit Oscar doucement « Tu es trop mignon comme ça »
« Oscar, je, je , tu vas me trouver peut –être stupide ou bien présomptueux, je ne sais pas, mais je me sens encore un peu dans le flou »
« Qui a-t-il ? »
« Serais tu amoureuse de moi » dit t'il rapidement.
Oscar sourit
« Passionnément » dit t'elle fougueusement « je t'aime mon André » dit t'elle rougissante à son tour
André la fixait comme si tout cela n'était pas réel. Ce matin , il était le plus misérable des hommes et ce soir il sentait être le plus heureux de tous.
« Depuis quand Oscar ? Depuis quand es tu amoureuses de moi ? » demanda t'il curieux comme et pour se rassurer.
Oscar ne répondit pas tout de suite. Elle ferma les yeux pour se concentrer puis elle su.
Elle fit basculé André sur le lit et se laissa tomber avec lui. Il était l'un à coté de l'autre allongés sur le grand lit.
« Oscar ? » interrogea t'il intrigué. Elle ne le regardait pas.
« Prends moi la main André »
André obéit et saisit la main de la jeune femme.
Oscar pencha la tête pour plonger ses yeux dans ceux d'André.
« Depuis ce moment là, je t'aime depuis ce jours là »
Le seul soucis pour André était qu'il ne voyait pas de quel jour, elle parlait.
Oscar garda son calme , en constatant avec une petite frustration tout de même que son tendre amour n'avait pas la moindre idée de ce à quoi elle faisait référence.
« Allons André, quand on était enfant, tu me prenais souvent la main, mais une fois que nous sommes devenus adolescents, tu n'osais plus la prendre et pourtant un jour, après un mémorable combat ; alors que je devais choisir de porter l'uniforme , tu me l'as prise . Ta main était douce ,chaude et je me suis sentie protégé, j'ai su immédiatement le choix que je devais faire . Que même si cela allait être difficile, tu serais toujours là pour me prendre la main ainsi et que c'était après tout , tout ce qui m'importait »
André demeurait silencieux quelques secondes.
« Oscar, ca remonte à si loin, tu avais quoi, 14 ans »
« Et toi 15 ans ».
Elle s'approcha pour se blottir dans ses bras. André la serra contre elle.
« C'est nettement mieux que mon coussin » pensa t'elle.
« Je t'aime, André » répéta t'elle.
« Mon amour » fit André en posant ses lèvres sur les siennes pour un baiser mêlant tendresse et passion.
« André » soupira Oscar d'un air comblée. « Il va nous falloir être prudent maintenant, si jamais mon père venait à apprendre que nous nous aimons.. »
« Il est déjà au courant » interrompu André
« Quoi ? » fit Oscar choqué en se relevant.
« Tu vas être surprise aussi Oscar, pendant que tu parlais de ton amour pour moi a Fersen, j'étais convoqué par ton père qui exigeait des explications sur notre comportement. Me demandant si la raison de celle-ci était parce que je t'avais mise enceinte ! »
« QUOI !! »
André en souriait en y repensant.
« Imagine ma surprise, je devais faire à peu près la même tête que toi maintenant ! Il pensait que nous étions amants »
« Et il n'a pas essayé de te tuer ? »
«
Il m'a expliqué qu'il avait pensé à me mettre à la rue , mais
qu'il s'était fait à l'idée tant que nous restions
responsable et que l'on ne faisait pas de bébé. Il a dit aussi
avoir passé ses nerfs sur ta mère »
Oscar était incrédule.
« Tu me fais une plaisanterie, c'est cela ? »
« Non, je t'assures Oscar c'est la vérité, bien sûr j'ai démenti notre relation, lui disant que tu n'étais pas amoureuse de moi »
« Mon dieu, tu n'as pas parlé de Fersen, j'espère »
« Non, ce n'était pas à moi de le faire . »
« Tant mieux »
« Et c'est là , parce que tu ne sais pas la meilleure, qu'il m'a dit que je devais ouvrir les yeux, que tu te mourrais d'amour pour moi, et qu'il était grand temps que je prenne les choses en main »
« Ca parait surrealiste , je n'aurais jamais pensé ça de lui »
« Ton père est fou , je l'ai toujours su »
« Eh ! je te rappelle que c'est de mon père que tu parles »
« Il est fou de toi je voulais dire, il t'aime énormément et il est très fière de toi, c'est pourquoi il autorise notre relation, je pense, enfin tant qu'on »
« Ne fait pas de bébé » compléta Oscar encore médusée.
André acquiesça
« Enfin, pas encore, il ne semblait pas contre l'idée mais pas tout de suite »
« Quelle journée »
« Tu l'as dit »
« Tu sais quoi Oscar, je crois qu'il est grand temps de rattraper toutes ses années ou nous avons été amants sans jamais consommé »
« Oh le coquin ! »
André tira la langue malicieusement.
Oscar l'embrassa passionnément et cette fois ci ils basculèrent ensemble sur le lit pour enfin s'adonner corps et Ames à leur amour.
Fin..
Voila c'était le dernier chapitre ! j'espère que cette fic vous a plu jusqu'à la fin.
