Désolées pour le gros retard de ce chapitre… Nous sommes toujours deux à écrire cette fic !Le chapitre 8 arrivera très vite puisqu'il est presque terminé, je vais essayer de me dépêcher ! Ce chapitre est assez long puisqu'une partie est écrite par loulouloute34 et l'autre par moi !

Chapitre 7 : Révélations derrière le voile…

La porte s'ouvrit à la volée. Les deux jumeaux s'engouffrèrent dans la maison, bouleversés. Ginny, qui était en train d'écrire un article dans le salon, releva la tête d'un air surpris. Elle allait lancer une phrase cinglante à son époux, qui venait d'interrompre son travail, lorsqu'elle vit l'air grave et le visage fermé des deux arrivants. Elle posa sa plume et se leva, les yeux interrogateurs. Elle attrapa la main de son mari avec douceur et il murmura d'une voix blanche :

- On sait comment parler aux parents …

- Ils m'avaient laissé une lettre où ils m'indiquaient comment je pouvais faire si je voulais avoir des explications sur notre abandon.

- Votre abandon ? Mais Harry n'a pas été abandonné !

- Ils avaient l'intention de le faire, mais ils sont morts avant.

- Il faut aller au Département des Mystères. Clandestinement.

Ginny les regarda avec effarement puis dit faiblement :

- On ferait mieux d'appeler Ron et Hermione. Ils pourraient nous aider.

Harry hocha la tête avec lenteur puis se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche. Lucy s'assit à son tour, ses jambes ne la portant plus. Ginny fit apparaître son Patronus cheval et le chargea d'un message vocal à l'intention des Weasley. Ces derniers arrivèrent quelques minutes plus tard, alarmés pas le message de Ginny.

Harry allait commencer à raconter leurs découvertes quand la porte du salon s'ouvrit. Teddy Lupin entra dans la salle, puis se figea en voyant tout ce monde réuni.

- Je vous dérange ? demanda t-il. Je peux repasser plus tard, si vous préférez…

Ginny allait l'approuver quand Harry intervint.

- Non, reste, ça te concerne aussi.

Teddy entra, pas très à l'aise, et s'assit sur le canapé.

- Il y a une petite chance que tu puisses parler à tes parents, dit Lucy d'une voix douce.

Teddy remua sur son canapé et attendit la suite.

- On est allé à l'orphelinat de ma sœur…

- La directrice m'a donné un médaillon et une lettre.

Elle sortit les objets en même temps qu'elle les mentionna.

Les trois invités se penchèrent sur la lettre. Leurs visages étaient de plus en plus étonnés à mesure qu'ils avançaient dans leur lecture.

- Derrière le voile…dit Hermione, pensivement. Je pense que j'ai déjà lu quelque part cette expression…

Elle se leva comme pour aller chercher le livre en question mais Harry l'arrêta en lui attrapant le poignet.

- Ne te fatigue pas, dit-il, je sais ce que c'est.

Hermione se rassit, visiblement déçue que son ami ait trouvé la solution avant elle.

- Alors ? Demanda Ron avec impatience.

- C'est au Ministère de la Magie, dans le Département des Mystères.

- La salle de l'arcade, là où j'entendais des voix.

- Là où tu avais l'impression d'entendre des voix, corrigea Hermione.

- Non ! Luna aussi les entendait ! s'irrita Harry.

Hermione le regarda d'un air moqueur.

- Luna ? Elle ne raconte que des bêtises ! s'exclama-t-elle. Elle est très gentille mais question fiabilité…

Ginny fronça les sourcils et jeta un regard noir à sa belle-sœur. Elle n'aimait pas que l'on critique son amie un peu spéciale.

- Ne me regarde pas comme ça Ginny…dit Hermione doucement. Tu te rappelles des Ronflaks Cornus ? Avant d'entrer au Département des Mystères, elle a passé 10 ans à chercher en vain ces créatures qui sortaient tout droit de l'imagination de son père.

- Elle voyait les Sombrals, elle, et elle m'a cru, remarqua Harry, pas comme vous qui m'avez pris pour un idiot avant même de chercher à comprendre.

Hermione et Ron rougirent et baissèrent les yeux d'un air honteux.

- Lucy et moi, on va aller voir ce voile. Je vais aller demander l'autorisation pour y aller demain.

- On vient ! S'exclamèrent les autres d'un ton catégorique.

- De toute façon, vous ne pourrez pas y aller car l'accès est interdit, continua Hermione d'un air important.

- Et depuis quand on respecte le règlement ? s'insurgea Harry.

- C'est pour cela que l'on te propose notre aide, soupira Ginny d'un air las.

Elle se tourna vers Teddy qui n'avait pas prononcé un mot depuis le début.

- Teddy, mon grand, tu es sûr que tu veux venir, en transgressant la loi ?

Le garçon hocha la tête et sourit à celle qu'il considérait comme sa tante.

- Si tu savais le nombre de fois où j'ai enfreint le règlement de Poudlard…

Ginny éclata de rire puis se leva et tapa dans ses mains.

- Il faut faire des préparatifs. On va pas y aller comme ça quand même !

- Et Lily et Hugo ? demanda alors Teddy.

Les adultes se regardèrent.

- Euh…On va dire qu'ils vont passer la nuit chez leur oncle George, proposa Ron à tout hasard. Je vais régler ça.

Il se dirigea vers la cheminée et alluma un feu d'un léger coup de baguette. Puis il prit une pincée de Poudre de Cheminette dans un pot accroché sur le côté et la jeta dans les flammes. Le feu devint vert et Ron passa sa tête dans l'âtre.

- George ? T'es là ? beugla-t-il en apparaissant dans la cheminée de son frère.

Angelina entra dans son champ de vision.

- Ron ? C'est toi ?

- Oh, salut Angie !

- Tu veux parler à George ?

- Non, je voulais juste savoir si ça te dérangeait si on te confiait Lily et Hugo ce soir.

- Vous partez à l'aventure, c'est ça ? demanda Angelina d'un air complice.

- Euh, oui, en quelque sorte.

- Bon, je vois. Tu me les envoies vers 8 heures.

- OK, c'est sympa de les garder. Merci.

- Aucun problème, de toute façon c'est George qui s'occupera d'eux, répondit-elle en lui faisant un clin d'œil d'un air malicieux.

Ron sourit puis se répandit en remerciements jusqu'à ce qu'Angelina le gronde.

- Ron, ça suffit. C'est un plaisir de les avoir à la maison. Ce sont de vrais petits anges.

- Euh, tu mens un peu là…commença Ron.

- Bon, c'est vrai que ce ne sont pas des anges, admit Angie. Mais ce sont mes neveux !

Ron hocha la tête d'un air vaincu.

- Bon, je te laisse. À 8 heures alors.

- Oui. Passe les bonjour aux autres !

- OK. À plus, Angie !

Ron se releva et s'épousseta puis il dit à ses amis :

- C'est bon, on les envoie là-bas vers huit heures.

- C'est parfait, s'exclama Hermione. On pourra partir vers neuf heures. Il faut qu'on prenne ta cape Harry, puis aussi les gadgets d'invisibilité de Fred et George. Un nécessaire de crochets de cambrioleurs.

- Pourquoi un trousseau de cambrioleurs ? demanda curieusement Lucy.

- Les portes sont protégées contres les « Alohomora », mais pas contre les objets Moldus, donc ça peut être utile, répondit Hermione qui écrivait sur un parchemin une liste des objets utiles.

Une demi-heure après, la liste fut complète et les objets furent répartis à chercher.

La porte d'entrée claqua, et les adultes rangèrent en vitesse les parchemins qui jonchaient la table.

- Me…de, il est déjà cinq heures ! s'exclama Ginny.

- Lily arrive ! Vite, trouvez un sujet de conversation, chuchota rapidement Teddy.

Aussi, quand Lily entra dans la pièce les bras chargés de cahiers, livres et autres, elle trouva autour de la table ses parents, oncles, tantes et compagnie parlant de météo d'un air un peu trop décontracté. Mais la fillette, qui était pressée de finir ses devoirs pour aller jouer avec Hugo, ne perdit pas de temps à faire remarque comme elle l'aurait sûrement fait dans d'autres cas.

- Lily ! Tu iras dormir chez George et Angie avec Hugo, lui dit son père en guise de salut.

La rouquine sourit d'un air ravi et monta faire ses devoirs.

* * * * *

Après avoir expédié les petits chez leur oncle, les adultes se regroupèrent dans le salon devant une tasse de thé. Teddy sortit de son sac un vieux grimoire poussiéreux. Les autres le regardèrent d'un air interrogateur.

- C'est un vieux livre que j'ai trouvé dans le grenier de ma grand-mère il y a longtemps. Il appartenait à mon père.

Il ouvrit le livre et montra le coin d'une page où étaient tracés d'une écriture petite mais lisible : « Remus LUPIN, 7° année à l'école de sorcellerie de Poudlard »

Hermione prit le livre et lut le titre à voix haute :

- Réflexions sur la Mort...

- J'ai pensé qu'il pourrait nous être utile. Il est très intéressant.

- Surtout que ce n'est pas un livre qui a été publié ! Il ne doit exister qu'en un seul exemplaire ! s'enthousiasma Hermione. Bonne idée Teddy !

Le jeune homme sourit puis déballa le reste des affaires pour voir si elles convenaient. Après avoir fait le tour des objets utiles, Harry se leva en s'étirant.

- Bon, il est temps d'y aller !

- On transplane jusqu'à la porte du Ministère ? interrogea Lucy.

- Oui, et on se retrouve là-bas. On devra sûrement devoir crocheter la porte comme des cambrioleurs Moldus.

Lucy hocha la tête pour montrer qu'elle avait compris puis elle transplana, suivie par les autres.

Le Hall du Ministère était encore grouillant de sorciers affairés, malgré l'heure avancée. Il fut difficile à la troupe de se retrouver, mais après 10 minutes à se chercher, le groupe fut de nouveau rassemblé.

- Pfou ! Je ne savais pas qu'il y avait encore tant de monde à cette heure-ci ! s'exclama Ginny.

- Ça nous aidera à pénétrer plus facilement au Département des Mystères, dit Hermione. Généralement il n'y a personne là-bas même en pleine journée.

Ils s'avancèrent vers l'ascenseur et descendirent au sous-sol. Lorsqu'ils sortirent de l'élévateur, l'air froid du couloir désert s'engouffra dans leurs vêtements. Lucy frissonna puis demanda en claquant un peu des dents :

- Et maintenant ?

Harry ne dit rien mais commença à marcher vers la porte qu'il y avait au fond du couloir. Les autres le suivirent, respectant son silence. Tous savaient qu'Harry se rappelait à l'instant les événements qui s'étaient déroulés à cet étage. Devant la porte, il s'immobilisa. Hermione qui le suivait de près regarda par dessus son épaule puis quand elle vit ce qu'avait vu Harry, elle ouvrit de grands yeux.

- Que se passe-t-il Hermy ? s'impatienta Ron.

Il repoussa en avant ses amis et pénétra à son tour dans la salle

Une femme blonde leur tournait le dos. Elle avait les cheveux tordus dans un espèce de chignon bizarre et un gros tournesol jaune était fixé dedans. Des radis étranges pendaient à ses oreilles. Elle portait une robe blanche avec des grands motifs rouges.

- Luna ? demanda Ginny d'un air pas très sûr.

La femme blonde se retourna, montrant son visage. L'étonnement se peignit sur la figure de Luna Lovegood.

- Ginny ! s'exclama-t-elle d'un ton joyeux, ça faisait longtemps ! Tiens ! Bonjour Harry, Ron et Hermione !

En reconnaissant la jeune femme, les trois anciens Gryffondor s'étaient approchés pour saluer leur camarade Serdaigle.

- Par contre, vous, continua Luna en montrant Teddy et Lucy, je ne vous connais pas…Mais je crois deviner. Toi, dit-elle en pointant du doigt Teddy, tu dois être le fils du professeur Lupin. Tu as les mêmes yeux et le même nez que lui. Quant à cette couleur violette de tes cheveux, ça ne peut venir que de Tonks.

Teddy hocha la tête, ébahi. Luna continua dans sa lancée en regardant Lucy de ses yeux argentés.

- Je suppose que tu es la sœur d'Harry. Je suis contente qu'il t'ait enfin trouvé

Ron, Hermione et Ginny la regardaient avec étonnement. Harry, lui, n'était même plus surpris par cet esprit inébranlable. Elle ne semblait même pas étonnée qu'il puisse avoir une sœur. Il se tourna vers sa soeur et son filleul et dit :

- Teddy, Lucy, je vous présente Luna Lovegood. Elle était de la même promotion que Ginny et était à Serdaigle. Luna, voici Teddy Lupin, comme tu l'as deviné il est le fils de Remus Lupin et de Tonks. Et elle, c'est ma sœur jumelle, Lucy Webster.

Luna sourit gentiment puis se retourna vers l'arcade.

- Maman, je crois que je vais te laisser. Je viens de retrouver des amis que j'avais perdu de vue.

L'image d'une femme très semblable à Luna hocha la tête.

- Va, ma Luna, mais reviens vite me voir.

- Promis maman.

La mère de Luna sourit une dernière fois puis disparut dans un tourbillon argenté.

- Tu parlais à ta mère là ? demanda Hermione d'un air curieux.

- Oui. Les Langues de Plomb sont les seuls qui ont le droit.

- Tu travailles ici ? demanda Harry, surpris.

- Je te l'ai déjà dit hier, soupira Hermione exaspérée.

- Ah oui ?

- Et comment tu fais ? demanda Ron, intéressé. Il faut qu'on parle à des personnes mortes.

Luna sembla réfléchir.

- Normalement, c'est contraire à la loi…

Puis elle vit les regards désespérés des jumeaux.

- Mais, je crois que je peux faire une exception pour vous. Entre membres de l'AD, on s'entraide !

Un immense sourire éclaira les visages d'Harry et de Lucy.

- Ah oui, j'aime mieux quand vous souriez.

Elle se tourna vers l'arcade et invoqua l'esprit de Sirius.

- C'est qui que tu as appelé, là ? demanda Ron.

- Stubby Boardman, le parrain d'Harry.*

*Harry Potter et l'Ordre du Phénix, chapitre 10, article du Chicaneur. Luna et son père pensent que Sirius est en réalité le chanteur très connu Stubby Boardman.

- Stubby quoi ? demanda Harry, interloqué.

- Le chanteur des Croque-Mitaines, celui qui avait pris le pseudonyme de Sirius Black.

Hermione lança un regard du genre "je te l'avais dit qu'elle racontait n'importe quoi" à Ginny qui évita soigneusement de la regarder.

- Luna, dit calmement Harry, tandis que Ron s'étranglait de rire, Sirius Black s'appelait vraiment Sirius Black, et pas Stubby machin comme tu dis. C'était mon parrain et il n'a jamais su chanter correctement.

La femme blonde haussa les épaules puis s'écria :

- Oh ! Regardez, il arrive ! On lui demandera qui a raison. Les morts ne mentent pas.

Dans les volutes de fumée blancs, une vague forme floue commença à apparaître. Harry s'approcha de l'arcade, et les autres le laissèrent seul, restant en arrière. Peu à peu, une silhouette se dessina, révélant le visage étonné de Sirius, dont les yeux brillèrent lorsqu'il aperçut Harry.

- Harry ! Mon filleul adoré ! T'as pris un sacré coup de vieux dis donc !

Harry rit légèrement et sourit à son parrain, avant de l'observer plus attentivement. Il paraissait jeune, ayant l'âge de sa mort depuis 21 longues années. Il avait donc – Harry calcula rapidement – 35 ans très exactement.

- Sirius ! Content de te voir !

Le jeune homme attrapa le bras de sa sœur et la poussa devant lui. Les yeux de Sirius s'arrondirent et il balbutia :

- Lu…Lu…Lucy ? Ma petite ! Putain qu'est-ce que t'as grandi !

- C'est sûr que depuis 35 ans…répondit la concernée avec un sourire mi-amusé mi-moqueur.

- Je vais chercher James !

Sirius disparut derrière un voile imaginaire, parmi les tourbillons de fumée. Pendant quelques minutes qui lui semblèrent des heures, Lucy se demanda comment seraient ses parents. Auraient-ils l'âge de leur mort ? Auraient-ils vieilli ? Harry, pendant ce temps, trépignait d'impatience.

Son parrain finit par revenir, aux côtés de James et Lily, et par la même occasion de Tonks et Lupin. Teddy s'approcha à son tour, fasciné. Il avait reconnu ses parents et, obnubilé, ne pouvait plus parler. Il était dans l'ombre pour eux, qui ne le remarquèrent pas tout de suite. James s'avança d'un pas vif vers son fils, qu'il observa attentivement, pendant qu'Harry faisait la même chose de son côté. Comme l'avait imaginé Lucy, ils avaient l'âge auquel ils étaient morts.

Lily se précipita vers celle qu'elle avait reconnue comme sa fille et tenta de la serrer dans ses bras, en vain. Elle sourit alors d'un air triste.

- Oui…C'est vrai que je suis morte…Et vous, vous êtes vivants…Je ne pourrais donc plus jamais vous serrer dans mes bras…

Remus posa alors sa main sur le bras de son amie et murmura :

- Je n'en suis pas si sûr…Mais n'aie pas de faux espoirs, Lily, attention ! Il existe une potion qui peut faire revenir les morts à la vie…

- La potion de résurrection…, interrompit son fils.

Remus se tourna vers la voix et ouvrit grand la bouche. Tonks se mit à pleurer, bien vite suivie par Lily.

- Teddy ? Mon Teddy chéri ? Remus, c'est notre Teddy !

- Teddy…J'espérais que tu aurais une vie plus calme lorsque tu es né. Et nous sommes morts tous les deux. Pardon Ted. Nous aurions dû penser d'abord à toi, à ta vie…Nous sommes de mauvais parents. Enfin, comment être des mauvais parents quand on n'en est pas vraiment…

- Ce qui est fait est fait, papa. Ne te morfonds pas sur ton passé et pense plutôt au futur. Tu nous parlais de la potion de résurrection, mais j'ai encore une question. Pourquoi êtes-vous ici ? Et si tous les morts sont réunis ici, pourquoi ne pas tous les faire revenir à la vie ?

James prit alors la parole, les yeux fermés, comme pour se remémorer ce qu'il avait oublié.

- C'est beaucoup plus compliqué que ça. Ici, seules les personnes qui n'ont pas terminée leur mission sur Terre peuvent rester et tenter de changer le passé par le biais du futur.

- Et c'est quoi votre mission ?, demanda Harry.

Sirius eut un léger sourire et murmura :

- J'étais chargé de t'informer de l'existence de ta sœur, Harry. Tes parents devaient t'apprendre certaines choses, et Lupin et Tonks devaient normalement transmettre…- Il soupira – …certaines choses à leur fils.

- Et…En clair vous êtes coincés ici. C'est ça ? interrogea la voix de Ron qui s'était approché.

À son tour, Lily prit la parole, d'une voix douce, fluide et détachée, bien que chargée de tristesse.

- Oui, et nous essayons de changer le futur, et de réparer ce que nous devions faire par le passé.

Soupçonneux, Harry fronça les sourcils.

- Tu mens Sirius, n'est-ce pas ? Ta mission, ou en tout cas celle que tu nous as présentée est terminée, alors que fais-tu encore ici ?

Le visage de Sirius s'assombrit, et lorsqu'il répondit, ce fut d'une voix durcie par les remords.

- Désolé Harry, tu as raison, mais je ne te le dirai pas. Même Cornedrue ne le sait pas.

Le visage de James s'assombrit aussi, et Lily prit sa main pour le consoler. Remus, le visage anxieux, se planta entre les deux hommes. Pour éviter la bagarre, il commença à raconter.

- La potion de résurrection est presque irréalisable. Je dis bien presque. Certains ingrédients sont uniques. Teddy ?

Le jeune homme leva les yeux en signe d'interrogation.

- Tu as le livre ?

- Il est là, attends une minute.

Il ramena son sac vers l'avant d'un coup sec de l'épaule, et fouilla dedans. Il en sortit un gros volume, qu'il ouvrit.

- Tu as tous les ingrédients écrits là. C'est Rogue qui a inventé cette potion.

Au nom de leur ennemi, James et Sirius esquissèrent une grimace, mais Harry interrompit :

- Rogue m'a sauvé la vie.

Son père se figea, et sa mâchoire tomba d'elle-même pour aller s'arrêter quelques centimètres plus bas. Sirius eut exactement la même expression d'horreur.

- C'est long à expliquer, mais en résumé s'il n'avait pas fait ce qu'il a fait, je serais sûrement mort.

Ginny s'approcha à son tour, lui prit doucement la main et posa sa tête sur son épaule. Harry lui sourit et James se mit à rire.

- Toi tu es une Weasley à coup sûr non ? Et toi aussi j'imagine, continua-t-il en se tournant vers Ron. Alors c'est toi la femme de mon fils ? Je suis fier de toi Harry, tu as fait un bon choix.

- Les Potter ont toujours aimé les rousses. La mère de James était rousse, remarqua Remus avec un léger rire.

Lily rit à son tour, et demanda curieusement :

- Vous avez des enfants ?

- Trois ! Et vous ne devinerez jamais comment ils s'appellent !

Sirius leva la main comme un enfant et cria joyeusement :

- Je suis sûr que vous en avez appelé un Sirius ! N'est-ce pas ?

- Pas exactement, mais il y a James Sirius. Il a treize ans. Albus Severus a onze ans, et Lily Luna en a sept.

Sirius eut un ait navré, et subitement, Tonks demanda à son fils :

- Tu as une petite amie, Ted ?

Le jeune homme rougit et Hermione répondit à sa place :

- Victoire Weasley. C'est ma nièce.

Suspicieux, Remus questionna :

- Elle sort d'où celle-là ?

- La fille de Bill et de Fleur. Elle a 17 ans et Teddy et elle sont très très proches…Dans les deux sens, sourit Ginny.

- Vous m'enfoncez ou je rêve ?

Ils éclatèrent de rire à la remarque de Teddy, et James reprit la parole pour s'adresser à Harry :

- Ils sont à Gryffondor tes enfants au moins …?

- Ouais ! Et James est un as du Quidditch !

Hermione murmura à l'oreille de son ami :

- Harry, tu devrais peut-être leur dire que tu vis à Godric's Hollow, non ?

- Bonne idée ! Papa, maman, j'ai quelque chose à vous dire ! Ginny, les enfants et moi, nous vivons à Godric's Hollow ! Chez vous, enfin chez nous !

Les visages de James et Lily brillèrent d'émerveillement, et James murmura :

- Cette maison se transmet de Potter en Potter depuis la nuit des temps…

- C'est magnifique, s'enthousiasma Lily. Est-ce qu'il y a toujours ce si beau massif de rhododendrons ?

Teddy grimaça et répondit :

- J'ai failli ne pas sortir vivant de ce putain de massif de rhododendrons !

- Ted ! gronda son père.

Le jeune homme le nargua en chantant :

- Je suis majeur-euh ! Nananananèreuh ! Je dis ce que je veux !

Tonks souffla, agacée, et interrompit :

- Tu es majeur mais je suis encore ta mère, que je sache !

- D'accord, je me tais, mais c'est uniquement parce que James a l'air de nous trouver particulièrement pathétiques…

James cacha maladroitement son sourire et reçut un regard noir de son ami Lupin. Ron, inquiet, les interrompit dans leur échange silencieux.

- Et cette potion alors, c'est quoi ?

- Ah, la potion. Et bien, à vrai dire, je doute que vous puissiez la réussir.

La déception s'inscrivit sur tous les visages, mais Remus reprit :

- Certains ingrédients sont uniques au monde, et de plus vous aurez besoin d'un objet qui ait appartenu à chacun de nous. Mais surtout, vous aurez besoin de la Pierre de Résurrection.

- Quoi ? hurla Harry, mais elle doit être sous des dizaines de mètres de terre dans la Forêt Interdite !

Tandis qu'il parlait, une silhouette de femme aux cheveux blonds se découpa derrière les ex-Maraudeurs. Luna s'approcha d'elle avec un sourire et la présenta, même si le petit groupe l'avait déjà vue :

- Perle, ma mère. Harry, est-ce que…est-ce que je pourrais la faire ressusciter, elle aussi ?

Précipitamment, Hermione répondit :

- Bien sûr Luna ! C'est en grande partie grâce à toi que Lucy, Harry et Ted ont pu retrouver leurs parents !

- Merci.

Lupin reprit, une main autour de la taille de Tonks :

- Comme je le disais, cette potion est très compliquée. Tout d'abord parce qu'il faut la laisser mijoter pendant 6 mois, et la plupart des ingrédients se trouvent dans d'autres pays.

- Sangsues mexicaines, crin de licorne dorée du Brésil, compléta Teddy. La flemme de les énumérer tous, mais il y en a d'autres.

- Et bien, nous n'avons plus rien à faire ici. Qu'attendons-nous pour rentrer ? proposa Hermione.

- Attendez ! Une dernière petite chose ! s'écria Luna.

Elle se tourna vers Sirius et demanda, attentive :

- Vous êtes Stubby Boardman ?

Harry fit discrètement un signe de tête négatif à son parrain, dont les yeux brillèrent un instant.

- Oui oui, c'est moi.

Luna arbora un sourire triomphant, et demanda encore :

- Vous pouvez me chanter une de vos chansons ?

Sirius parut gêné, et Harry éclata de rire.

- Euh…Bien sûr, pas de problème !

Il se mit à chanter d'une voix discordante, et tout ce que trouva à faire James pour l'arrêter fut de lui donner un coup de pied, puis de se tourner vers Luna :

- De toute évidence, il a menti. Désolé mais Sirius n'est pas Stubby Boardman, et il est encore moins chanteur. Bon, dépêchez-vous, plus vite vous aurez fini cette satanée potion et plus vite on vous reverra ! Non ! Attends Harry ! C'est quoi cette histoire comme quoi Servilus t'aurait sauvé la vie ?

- C'est incroyablement compliqué...D'abord, en première année, il a empêché Quirell de me faire tomber de mon balai, et ensuite...en sixième année, il a tué Dumbledore - Lily eut un hoquet, et les autres eurent des expressions d'horreur - Vous n'êtes pas sensés tout voir, d'ici ?

- Pas tout, corrigea James. Mais vas-y, continue.

- C'est Dumbledore qui le lui avait demandé lui-même. De cette façon, la baguette de Sureau, qu'avait Dumbledore, ne pouvait pas fonctionner avec quelqu'un d'autre, car il ne l'aurait pas vraiment gagnée. C'est pour ça que quand Voldemort a réussi à se la procurer dans le tombeau de Dumbledore, elle n'a pas eu la totalité de sa puissance. Si Rogue avait vraiment voulu du mal à Dumbledore, son plan n'aurait pas marché. Grâce à lui, j'ai pu vaincre Voldemort. Et aussi parce qu'il m'a aidé à trouver un des Horcruxes.

- Mais ça veut dire qu'il est repassé du bon côté ? interrogea Lily.

- Par amour pour toi. Il s'est souvenu que la dernière chose qu'il se soit promise était de veiller sur toi. C'est pour ça qu'il s'est rallié aux Mangemorts : il espérait qu'il pourrait convaincre Voldie de ne pas te tuer. Ça n'a pas marché, alors il s'est promis de veiller sur moi. Ce qu'il a fait jusqu'à sa mort malgré sa haine pour toi, papa.

A présent, Lily pleurait à chaudes larmes. James la prit dans ses bras. Il comprit qu'elle était éminemment émue : elle venait de découvrir que son meilleur ami avait fait tout ce qu'il pouvait pour elle...

- Vous devriez y aller, dit Remus. A bientôt !

Le petit groupe sortit alors de la salle, quelque peu à contrecoeur, heureux mais éreintés. Ginny donna rendez-vous à son ancienne amie pour le lendemain, chez eux à Godric's Hollow. Enfin de retour dans le hall, ils transplanèrent.