Bonjour tout l'monde! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël et que vous vous êtes gavés de bûche. Moi oui.

Bref, voici aujourd'hui le chapitre 7, et ça fait drôle de poster Success toutes les semaines. Contrairement à ce que je pensais, j'ai pas du tout avancé sur les autres chapitres en fait (parce que j'ai re-regardé l'anime à la place) mais vu que j'ai un peu d'avance j'pense que ça ira. Au pire, je vous préviendrai. (Les dates de publication des chapitres sont dans ma bio).

Bon, comme la fin du dernier chapitre était assez hardcore, je vais pas vous retenir plus longtemps, petite séance de réponses aux reviews et je vous laisse aller lire:

Yure: Hey hey hey! Merci beaucoup! Je suis contente si tu trouves qu'elle est réussie car elle m'a donné pas mal de boulot x) Malheureusement ouais, Katsuki se renferme sur lui-même et renvoie avec perte et fracas tous ceux qui essaient de l'aider... Pour ce qui est de ses anciens camarades de lycée, les chapitres qui vont suivre ne s'y prêtent pas tout de suite mais à voir pour après ! ;) Et hahaha (c'est supposé être un rire sadique) si, j'adore les fins horribles du genre qui laissent imaginer le pire... Merci à toi pour ta fidélité, ça me fait grave plaiz' de recevoir tes reviews à chaque fois! :D Bonnes fêtes à toi aussi et bonne lecture!


Chapitre 7 - Sincerely

La Ferrari arriva en trombe, se garant de travers sur le parking. La portière claqua si fort que la voiture sembla rebondir sur ses suspensions, et ses phares clignotèrent lorsque les portières furent verrouillées. Katsuki entra dans l'hôpital, le visage sombre et menaçant, montant les étages pour se rendre immédiatement au deuxième palier.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent en face de lui, et il enfonça le bouton 2 d'une main tremblante. Cette fois, ce n'étaient pas les sanglots qui lui faisaient perdre le contrôle, mais la colère sourde qui brûlait en lui. Un instant plus tard, les pans métalliques s'ouvrirent de nouveau, le laissant au second étage. Il reconnaissait les lieux, il n'avait pas oublié le chemin qui menait au bureau du Docteur.

D'un pas rapide, les poings serrés à tel point que ses articulations devenaient blanches, il longea le couloir jusqu'à apercevoir, fixé en hauteur sur le mur, la plaque qu'il cherchait des yeux dans tout l'étage.

Docteur Sawamura – Bureau 201

Il poussa brutalement la porte, sans frapper, sans se poser la question de savoir si le Docteur était disponible ou non, ni même si elle était en consultation. Il ne pensait plus à rien, seule la rage le faisait marcher, ayant éradiqué sa raison au plus profond de lui.

La femme sursauta sur sa chaise lorsque sa porte se fracassa presque contre le mur adjacent. Elle était en pleine conversation téléphonique et fixa Katsuki d'un regard d'abord étonné, qui se transforma rapidement sous ses sourcils froncés. Elle reprit le combiné, qu'elle avait éloigné d'elle :

« Je suis désolée, j'ai une urgence. Je vous rappelle. »

Elle raccrocha en même temps qu'elle se leva de sa chaise, le regard noir. Ses mots furent froids, presque agressifs.

« Monsieur Bakugo. Ne vous a-t-on jamais appris à frapper ? Vous savez que vous n'avez pas le droit de venir dans mon bureau comme bon vous chante ? Vous êtes dans un hôpital ici, pas dans un moulin. »

Katsuki, les doigts agrippés à la poignée, explosa littéralement suite à ses paroles :

« Et vous, vous avez le droit de débrancher Eijiro, peut-être ?! »

Il cria si fort que sa voix était devenue étonnamment sourde. Une veine pulsait sur son front et ses yeux étaient injectés de sang. Ses mains tremblantes lui donnaient l'aspect d'un meurtrier fou. Encore un peu et il se serait jeté sur elle pour la réduire en pièces. Le docteur fit un pas en arrière et réajusta la monture de ses lunettes sur son nez. Elle ne se laissa pas impressionner.

« Voulez vous ne pas hurler de la sorte ! Fermez la porte et asseyez-vous. »

Elle lui désigna la chaise en face de son bureau. Katsuki, décontenancé par son autorité, redevint silencieux. Il resta à la fixer pendant quelques secondes, ils se jugèrent tous les deux sans baisser le regard, comme deux chiens immobiles prêts à se jeter l'un sur l'autre, se mesurant à distance. Les prunelles noires d'en face ne cillèrent pas une seule fois, et il finit par refermer la porte pour venir s'asseoir en face du bureau.

Le Docteur s'assit à son tour, elle soupira, retira ses lunettes qu'elle déposa en face d'elle, et frotta ses yeux comme si elle était épuisée. Elle commença :

« Écoutez, l'appel que vous avez reçu hier n'est pas anodin, j'en suis consciente. Ce genre de chose n'est jamais facile à entendre et encore moins à accepter. Seulement, si nous même prenons cette décision difficile, c'est qu'il y a des raisons valables.

-Vous ne le débrancherez pas. C'est absolument hors de question. »

Katsuki avait baissé d'un ton, mais sa voix grondait au fond de sa gorge comme s'il proférait des menaces. Il ne la quittait pas du regard et ses doigts s'enfonçaient dans les accotoirs du fauteuil sur lequel il était assis.

Le docteur garda ses yeux plantés dans les siens de longues secondes, son air sévère s'était changé en un regard désolé.

« Son hémisphère gauche est endommagé, et cela fait dix sept jours que M. Kirishima n'a montré aucun signe de vie. Certes, il n'y a pas de délais avant de choisir de devoir 'débrancher' un patient ou non, mais plus un coma dure longtemps, plus les chances de voir un réveil sans handicap sont rares. »

Elle fit une pause. En face d'elle, Katsuki devenait livide.

« Si nous continuons à la maintenir en vie de la sorte, il pourra certes survivre pendant autant de temps que nous continuerons à l'alimenter, mais il restera totalement dépendant de l'assistance respiratoire jusqu'à la fin de ses jours… Peut-être qu'il ne se réveillera jamais, vous savez.

-Il se réveillera. »

La voix de Katsuki était lointaine.

« Oui, c'est une éventualité… Seulement, il se pourrait que sa qualité de vie soit grandement altérée. Il pourrait souffrir de troubles sévères de la mémoire et devrait suivre de longues années de rééducation. Son corps ne s'en remettra jamais totalement. Ses chances de survie sont faibles, nous les estimons à moins de deux pourcent. Nous ne pouvons pas maintenir le fonctionnement indéfiniment… »

Elle s'arrêta. Katsuki avait baissé les yeux. Le silence envahit la pièce avant qu'elle ne termine :

« Nous avons fait tout notre possible, nous l'avons opéré plusieurs fois, mais nous ne pouvons plus rien faire à présent. Le mieux est de le laisser partir. Je suis profondément désolée. »

Bakugo resta immobile, la tête basse. Son regard s'était perdu dans le vide à l'image de ses pensées, il n'avait sûrement même pas entendu les dernières paroles du Docteur qui le regardait d'un air concerné. Elle sembla surprise lorsqu'un filet de paroles presque inaudibles se firent entendre :

« … Je veux le voir.

-Pardon ?

-Je veux le voir ! »

Il s'était redressé d'un coup, posant ses paumes sur le bureau. Ses mains étaient toujours tremblantes. Sawamura reprit ses lunettes et les essuya à l'aide de sa blouse avant de les remettre.

« Je suppose que vous ne me laissez pas le choix, fit-elle enfin. Suivez-moi. »

Elle se leva et alla ouvrir la porte, l'invitant à sortir en premier. Katsuki suivit ses mouvements avec méfiance avant de se lever à son tour. Ils sortirent du bureau pour longer le long couloir qui menait jusqu'aux chambres des patients en réanimation.

Il suivait la femme qui marchait devant lui, fixant le sol. Il sentit une horrible douleur d'appréhension lui tordre l'estomac. Il ne savait pas à quoi s'attendre en revoyant Eijiro, il ne savait pas s'il le reverrait en vie un jour et son impuissance le rendait fou. Il déglutit difficilement, mais la boule dans sa gorge se faisait de plus en plus lourde à porter.

Puis, le docteur s'arrêta. Ils étaient devant la chambre 216. Katsuki releva les yeux, et, à travers la vitre, il put de nouveau le voir. Il sentit son cœur s'emballer au creux de sa poitrine, l'angoisse qui l'envahissait lui donnait le tournis.

À l'aide du badge qu'elle portait autour du cou, le Docteur déverrouilla la porte. Elle poussa la poignée et se décala pour laisser entrer Katsuki. Elle le regarda et lui fit un signe de tête. Il fit un pas à l'intérieur, et elle referma derrière lui.

La pièce était plongée dans le silence le plus total. Seul un sifflement électronique se faisait entendre, un bruit de fond lointain, presque irréel. La chambre avait l'air minuscule, tout l'espace était envahi par les machines qui maintenaient Eijiro dans un état de vie artificielle. Seule une petite lumière blanchâtre était projetée par un néon au dessus de son lit qui éclairait à peine l'espace, faisant se refléter les tons verts et bleus, fades, des murs et du mobilier.

Katsuki fut incapable de bouger. Il était tétanisé. Ses yeux s'étaient accrochés au corps d'Eijiro allongé entre ses draps et entre les nombreuses perfusions qui sortaient de son corps et ne s'en décollaient plus. Pendant quelques secondes et sans même qu'il ne s'en rende compte, il avait retenu sa respiration. Lorsqu'il inspira de nouveau, il sentit un désagréable frisson lui courir tout le long de l'échine.

Il fit un pas de plus pour se rapprocher du lit. Il n'osait pas venir trop près. Il avait l'impression que tout ce qu'il pourrait toucher dans la pièce volerait en éclat au moindre contact.

Pourtant, il avait en face de lui celui qui ne quittait pas ses pensées une seule seconde depuis des jours, celui dont la simple évocation lui tordait le ventre, celui pour qui il aurait donné sa vie sans hésiter, si seulement ça aurait pu lui permettre de rouvrir les yeux une dernière fois…

Eijiro n'avait pas bougé d'un centimètre depuis la dernière fois qu'il avait pu le voir, séparé par une vitre. Mais maintenant, le fait de se retrouver en face de lui sans obstacle, si proche, lui faisait presque peur. Ses yeux étaient toujours clos, et le masque à oxygène qui lui mangeait la moitié du visage était toujours là. Sur ses bras et son torse, les ecchymoses s'étaient presque résorbées, mais il restait des marques. Ses cheveux retombaient épars sur l'oreiller, encadrant son visage terne.

Katsuki fit un pas de plus, et s'assit doucement sur la chaise qui était disposée auprès du lit. Il fixait encore Eijiro, il ne l'avait pas quitté des yeux et plus il le regardait, plus une pensée épouvantable germait dans son esprit.

Il avait l'air mort. Hormis son torse qui se soulevait d'une manière quasi-imperceptible grâce au respirateur, Eijiro n'avait plus la moindre once de vie en lui. C'était à peine s'il le reconnaissait. Lui qui était si solaire était devenu aussi atone qu'une nuit sans étoiles.

Il leva sa main, très lentement, peu sûr de son geste. Et doucement, il la posa par dessus celle de son compagnon. Elle était glacée. Il eut un mouvement de recul, mais il finit par la serrer dans la sienne.

À l'extérieur, le Docteur Sawamura, qui s'était éloignée, gardait un œil sur lui. Lorsqu'elle vit les épaules larges de l'homme se mettre à trembler, comme secouées par des sanglots, elle soupira et s'éloigna, quittant le couloir, seul le bruit de ses pas résonnant dans les lieux déserts.

Penché au dessus du corps de l'homme qu'il aimait, Katsuki n'essayait même plus de retenir le flot de larmes qui roulaient sur ses joues, tombant sur les draps immaculés, les tâchant de petites gouttes sombres. Il serrait la main d'Eijiro toujours plus fort dans la sienne, entrelaçant leurs doigts comme si sa vie en dépendait. La douleur qui le traversa à ce moment là était indescriptible.

Entre deux sanglots, il parla, sa voix éraillé raisonna dans la petite chambre :

« … Eijiro… Réveille-toi, je t'en supplie… Je suis tellement désolé, j'ai été un monstre avec toi alors que tu… Tu m'as toujours tiré vers le haut… C'est moi qui devrait être là, à ta place… Pardonne-moi de ne pas avoir pu te protéger, j'ai pas été un vrai héros… Je t'aime, me laisse pas… »

Lentement, il pencha son buste jusqu'à venir se serrer contre lui, et il posa la tête sur son épaule. Elle était froide et osseuse, mais il ne le releva même pas. Il voulait un contact. Juste un dernier contact. Il voulait le sentir contre lui une dernière fois.

§§§

Deux heures après être parti de chez lui en trombe, Katsuki était de retour dans son appartement. Le Docteur Sawamura était venue le chercher après l'avoir laissé seul un long moment avec Eijiro. Avant qu'il ne quitte l'hôpital, il s'était retourné vers elle et malgré ses paupières rougies par les larmes, il avait planté dans ses yeux un regard dur, menaçant. Il lui avait dit qu'il refusait qu'ils le débranchent, qu'ils n'avaient aucun droit de prendre cette décision sans lui et que même si, malgré son refus, ils décidaient de passer à l'acte, il leur collerait au cul le plus gros procès de toute l'histoire du Japon. « Je vous rappelle dans deux jours pour en rediscuter avec vous », lui avait simplement répondu la femme.

Et voilà comment il se retrouvait de nouveau entre ces quatre murs qui le rendaient dingue. À peine avait-il passé la porte qu'une odeur fétide lui avait fait froncer les sourcils. L'appartement était dans un état lamentable, crasseux et dans un désordre tel qu'il avait l'air d'une de ces maisons abandonnées dans lesquelles le propriétaire était décédé, laissant derrière lui son cadavre en décomposition prendre racine jusqu'au plus profond du sol.

Il ne s'en formalisa pas. Il finit même par oublier l'horrible odeur de renfermé et de pourri qui flottait entre les murs. Il ne voyait même plus le sol taché et poisseux, les éclats de verre éparpillés aux quatre coins de la pièce, les tapis et la moquette souillés. Il était devenu insensible à tout ça, son désespoir semblable à des œillères qui obstruaient sa vue, l'éloignant de toute réalité.

Il s'affala sur le canapé sans même prendre la peine d'enlever sa veste et ses bottes, balançant sur le sol un journal qu'il n'avait même pas souvenir d'avoir ramené ici, sa photo en première de couverture, en dessous d'un titre en gros caractères, « Ground Zero, le numéro deux, disparu de la circulation depuis l'hospitalisation de Red Riot ». La revue tomba mollement sur le sol dans un bruit de papier froissé, glissant sous le canapé.

Il ne soupira même pas, comme s'il n'avait la force de rien. Il avait seulement le regard dans le vague, comme un fou qui viendrait de sortir d'une session d'électrochocs. Une phrase tournait en boucle dans sa tête depuis qu'il avait quitté l'hôpital.

« Il est mort. Il est mort. Il est mort… »

Son assurance de tout à l'heure, face au Docteur, avait disparue. Il ne l'acceptait pas. Il ne pouvait pas se résoudre à assimiler une telle chose. Pourtant, d'un autre côté, il lui était impossible de penser autrement après l'avoir vu. Une partie de lui, celle qui aimait Eijiro, refusait catégoriquement d'accepter ça, mais une autre, la partie rationnelle, qui avait du mal à se faire entendre mais qui réussissait à s'imposer peu à peu, lui soufflait que c'était fini depuis longtemps. Ça ne servait plus à rien de se leurrer.

Eijiro était mort. Son corps n'était plus maintenu en vie que grâce à l'aide d'une machine, mais lui avait rendu son dernier souffle sur le champ de bataille.

Katsuki se pencha légèrement en avant, tendant son bras avec lenteur jusqu'à pouvoir saisir une bouteille d'alcool qui se trouvait en face de lui, simplement posée sur le sol, son bouchon gisant un peu plus loin derrière. Il la porta à ses lèvres avant d'en prendre une grosse gorgée, suivie d'une deuxième, puis laissa son corps s'enfoncer dans le cuir souple du canapé.

Après cette réalisation, son esprit tournait à vide. C'était comme si, à la fin d'un film, on avait laissé la cassette dans le magnétophone, affichant un écran bleu. Sans message, sans image, juste cet écran immobile qui signifiait que la bande était arrivée au bout. Lui aussi était arrivé au bout. Il était à la limite de ses émotions, à la limite de sa douleur. Il avait épuisé toute sa réserve de sentiments durant ces dix sept jours d'enfer et maintenant il était comme cet écran dénué de tout message. Il n'était plus rien, rien qu'une coquille vide ravagée par la tristesse qui l'avait rongé jusqu'à l'os.

Lentement, la bouteille se vidait jusqu'à ne contenir plus qu'un fond qui valsait entre ses parois de verre. Katsuki descendait le liquide cristallin à grandes gorgées à mesure que le discours du Docteur lui revenait en mémoire, lui retournant complètement le cerveau.

Il n'allait pas vivre. Il n'allait pas se réveiller. De toute façon, attendre avait toujours été inutile. Eijiro était mort et c'était ainsi, même toute sa peine et tout son chagrin ne le ramèneraient jamais à la vie. Maintenant, il se retrouvait seul. Seul… Alors à quoi bon essayer de continuer ? Il était épuisé. Sans Eijiro, rien n'avait de sens. Il préférait en finir à son tour.

La bouteille toujours à la main, il se leva difficilement du canapé. Il avait l'impression que son corps pesait une tonne et que ses membres étaient en coton. Il s'appuya sur l'accoudoir qui s'enfonça sous son poids, et tituba jusqu'à la salle de bain. Il poussa violemment la porte, et posa maladroitement la bouteille sur le rebord de l'évier, le verre tintant contre la faïence. Il se pencha, tâtonna, et fit glisser le bout de ses doigts sur les portes du petit meuble qui était encastré en dessous du lavabo. Il l'ouvrit, et sa main chercha une trousse qu'il revint poser en face de lui.

Il y voyait trouble, autour de lui, les murs tournaient. La trousse, ouverte, se vida de son contenu dans l'évier lorsqu'il la déposa sur le rebord. Une demie douzaine de boîtes de médicaments ouvertes et à peine entamées, des somnifères, des anti-douleurs, des sédatifs, des pots aux parois sombres à moitié remplis de pilules blanches. Il laissa planer sa main au dessus des médicaments quelques secondes, avant de se saisir du pot qui avait roulé près de la bonde. Les somnifères. Il en prenait encore il y avait peu, mais ce là pot était neuf. Il était plein.

Il dévissa le bouchon qui fermait le petit récipient. De sa main libre, il prit appui sur le rebord de l'évier. L'opercule tomba sur le sol et roula sur lui même avant de s'immobiliser. Katsuki jeta un œil à l'intérieur de la boîte, et d'un coup, il porta le rebord du pot contre ses lèvres, renversant la tête en arrière, avalant difficilement une grosse gorgée de pilules. La main sur laquelle il prenait appui se décolla de la faïence pour se saisir de la bouteille, et il fit passer les derniers cachets avec une grosse gorgée d'alcool. Il la vida et la reposa aussitôt, s'essuyant la bouche d'un revers de main. Le goût était infect, il grimaça, se penchant au dessus de l'évier comme s'il allait vomir. Il sentait l'amas de médicaments glisser douloureusement jusque dans son estomac, et sa nausée s'aggrava. Son corps fut projeté en avant par une première vague qu'il retint tant bien que mal, les dents serrées, les mains tremblantes, une sueur froide dégoulinant le long de son dos et de ses tempes.

La sensation s'estompa légèrement, assez pour qu'il reprenne une bouffé d'air. Il releva la tête, croisant son reflet dans le miroir brisé qu'il n'avait finalement pas fait réparer. Il ne se reconnut pas.

Difficilement, il se redressa, et sortit de la salle de bain en prenant appui sur les murs et sur l'encadrement de la porte, mais le vertige qui le prit fut si soudain qu'il tomba en avant. Il se heurta violemment contre le sol, son bras amortissant sa chute, mais son visage frappa le carrelage froid d'un coup sec, laissant sur sa pommette une large marque rouge.

Il se traîna jusqu'au salon où il s'aida du canapé pour tenter de se relever, mais ses membres ne voulaient plus le porter. Il perdait ses forces, et il retomba en arrière, s'affalant sur le dos, sa main glissant lentement le long du cuir blanc, s'agrippant tant bien que mal à ce à quoi elle pouvait se raccrocher, mes ses doigts n'avaient plus de forces.

Ses yeux se fermaient malgré lui à mesure que la vague revenait à toute allure. Elle serait inévitable cette fois, il sentait déjà le mélange brûlant de l'alcool et des médicaments en bouillie remonter le long de son œsophage. Sa vue se troublait, se noircissait, et il eut l'impression de se faire engloutir par le vide. Au bord de ses lèvres commençait à couler un filet épais de mousse et bientôt, sa respiration sifflante diminua peu à peu jusqu'à s'épuiser totalement. Katsuki était étendu, immobile, sur le sol de son immense appartement, plongé dans le silence.


Bon, eh bien, cette fin n'est pas mieux que la précédente. Vous avez le droit de me donner un (1) coup de pied pour ces cliffhangers à répétition.

Je vous donne rendez-vous l'année prochaine (allez, une blague de merde, une) le 5 janvier pour le chapitre 8, "Heartbeat"! Soyez au rendez-vous, vous risquez d'être surpris ;)

Comme d'hab', j'attends vos reviews avec impatience, je vous avoue que ça me peine un peu de voir qu'il y a beaucoup moins de retours qu'au début de la publication, peut-être que certains ont délaissé parce que ça ne leur plaisait plus ou pour d'autres raisons, mais si vous me lisez, faites-moi signe, ça me mettra du baume au cœur :')

À la semaine prochaine!